HAL Id: jpa-00206541
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Submitted on 1 Jan 1967
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Interactions de paires et spectre de phonons dans les métaux
J.L. Deplante
To cite this version:
J.L. Deplante. Interactions de paires et spectre de phonons dans les métaux. Journal de Physique,
1967, 28 (5-6), pp.465-471. �10.1051/jphys:01967002805-6046500�. �jpa-00206541�
INTERACTIONS
DE PAIRES ET SPECTRE DEPHONONS DANS
LESMÉTAUX
Par
J.
L. DEPLANTE(1),
Laboratoire de Physique des Solides
(2),
Faculté des Sciences, 91-Orsay.Résumé. - Le modèle des interactions de
paires
estappliqué
au calcul des courbes dedispersion
dephonons 03C9(q)
dans les métauxcubiques.
On montre enparticulier
que la formeasymptotique
de cette interaction rendcompte
du caractère oscillant et décroissant en1/n2
des coefficients de Fourier ~n
de 03C92(q)
dans les directions de hautesymétrie.
Ce fait est étroitement lié à l’effet Kohn etcaractéristique
de l’étatmétallique.
L’ordre degrandeur
et l’alluregénérale
des coefficients calculés sont en bon accord avec les valeurs
expérimentales.
Abstract. 2014 The
pair
interaction model isapplied
to the calculation ofphonon dispersion
curves
03C9(q)
in cubic metals. It is shown that theasymptotic
form of the interaction exhibits oscillations and a decreasein 1/n2 for
Fourier coefficients ~n of03C92(q)
inhigh
symmetry directions.This fact is related to the Kohn effect and characteristic of the metallic state. The order of
magnitude
and thegeneral
behaviour of the calculated coefficients are ingood agreement
withexperimental
values.Introduction. - Les courbes de
dispersion
depho-
nons sont
susceptibles
de fournir desrenseignements
int6ressants sur les forces
interatomiques.
Dans uncristal
cubique,
lesphonons qui
sepropagent
dans des directions desym6trie correspondent
a des vibrations deplans
entiers d’atomesperpendiculaires
a la direc-tion de
propagation.
Leprobl6me
est alorsequivalent
a celui des vibrations d’une chaine lin6aire
[1],
et dansle cas d’un atome par maille la
frequence
desphonons
en fonction du vecteur d’onde est donnee pour
chaque
direction de
propagation
et pourchaque
mode depolarisation
par uneexpression
de la formeou M est la masse d’un atome, w
et q
lafrequence
etle vecteur d’onde du
phonon
et d la distances6parant
deux
plans
d’atomesperpendiculaires
a la direction depropagation.
Les coefficients cpn,appel6s
constantes de forceinterplanaire, repr6sentent
la forceagissant
surun atome
lorsque
les deuxplans
situ6s a la distance ndse trouvent
deplaces
de 1’unite delongueur
dans ladirection de
polarisation.
A
partir
des coefficients cpn determinesexp6rimen- talement,
il estpossible
de remonter aux forces inter-atomiques
a condition que celles-ci aient uneport6e
assez courte, c’est-a-dire si les cpn sont en nombre restreint.
Or,
dans les courbes r6centes dedispersion
de
phonons
dans les m6taux[2], [3], [4],
laprecision
est assez
grande
pourqu’on
doive determiner les cpnjusqu’à n
= 8 au moins afin dereproduire
les don-(1)
Cet article recouvre enpartie
le travail d’une these de Doctorat d’Etat 6s sciencesphysiques qui
sera soutenuea la Faculté des Sciences
d’Orsay
en 1967.(2)
Laboratoire associe au C.N.R.S.n6es
expérimentales
a l’aide d’une formule dutype (1).
Ceci montre bien que, dans un
metal,
les forcesinteratomiques
sont alongue port6e.
Deplus,
les q>n sont tantotpositifs,
tantotn6gatifs
et d6croissent a peupres
commeIln2.
Le but de cet article est de montrer, a la lumiere des theories r6centes des m6taux normaux
[5], [6], [7],
que le caract6re oscillant et d6croissant en
1 /n2
descoefficients ?n est
typique
d’un metal et 6troitementlie,
ainsi que 1’a annonc6
K0153nig [8],
a 1’effet Kohn[9], [10]
d6celable dans 1’Aluminium[11].
La
premiere partie
de cet article est consacrée a unbref
rappel
del’approximation
des interactions depaires.
Dans la secondepartie,
onapplique
ce modeleau calcul des constantes de force
interplanaire
9,,.On discute ensuite les relations entre ces cpn et 1’effet Kohn. La derni6re
partie
est uneapplication
num6-rique
au cas dequelques
m6tauxsimples.
I.
Approximation
des interactions depaires.
-Les travaux r6cents sur les m6taux normaux ont
montre que
1’energie
totale du cristalpouvait
s’écriresous la forme
et
qu’on pouvait negliger
les termes suivants dans led6veloppement (2).
Les deuxpremiers
termes nedependent
pas de laposition
des atomes, ils ned6pen-
dent que de leur nature et de la densite
6lectronique
moyenne.
W(Rii) repr6sente
une interaction effectiveentre
paires
d’atomes.L’expression (2)
est obtenuepar des m6thodes d’ondes
planes orthogonalisées
et depseudo-potentiels.
Cetteapproximation
est valable ausecond ordre en
perturbation [12]. L’expression (2)
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01967002805-6046500
466
ne tient pas
compte
desenergies d’6change
et decorrelation. Celles-ci
dependent
essentiellement de la densite6lectronique,
tout comme les deuxpremiers
termes de
(2)
danslesquels
onpourrait
faire entrerles
energies d’6change,
enpremiere approximation.
Dans une variation de structure a volume constant, seuls les
W(Rij) peuvent
varier. La m6thode est donc utile pour 1’etude des variations de structure sanschangement
de volume. Elle a ete utilis6e avec succ6s pour 1’etude des macles et des fautesd’empilement [13].
Dans le cas
present,
elle doitparticulierement
bienconvenir a 1’etude des modes transverses. Pour les modes
longitudinaux,
il existecertainement,
enplus
des termes que nous
calculerons,
des effetssupple-
mentaires dus a la
dependance
en volume despremiers
termes de
(2).
L’allure de la fonction d’interaction
W(R)
est assezbien connue pour un certain nombre de m6taux
[14].
Un de ses caract6res les
plus importants
est sa formeasymptotique
ou
kF
est le vecteur d’onde de Fermi.L’emploi
decette forme
asymptotique qui
semble convenir apartir
des seconds voisins a pu rendre
compte
d’un bon nombre depropri6t6s
des m6taux etalliages.
Le coefficient a
depend
du metalconsidéré,
enparticulier
de sa valence. 11 a ete determine numerl-quement
pourplusieurs
m6taux[14].
Onpeut
en donner une formeexplicite
dans le mod6le d’ionsponctuels
decharge
Z. Dans ce casou
E(K)
est la constantedi6lectrique statique
deHartree; e(K) possede
unesingularite logarithmique pour K
=2kF,
cequi
donne naissance a la formeasymptotique (3).
Dans cemod6le,
le coefficient oc est6gal
a2Z2/1tE2(2kF).
Les coefficients oc calcul6s de maniere self-consistante a l’aide d’ondesplanes
ortho-gonalis6es
sont engeneral
du meme ordre degrandeur,
sauf dans le cas du sodium ou oc est tres faible. C’est
pourquoi
la m6thode nepeut
etreappliqu6e
au casdu sodium.
II. Constantes de force
interplanaire.
- Dans1’approximation adiabatique,
onpeut
écrirel’énergie potentielle
sous la forme(2)
enremplaqant Ri
par ri =Ri +
ui, ou ui est unpetit deplacement.
Cette6nergie
estsuppos6e
minimumlorsque
les ions oc-cupent
les sites du reseauparfait. L’approximation harmonique
consiste ensuite ad6velopper
cette6nergie
au second ordre en ui et a
negliger
les termes d’ordresuperieur
En introduisant la transform6e de Fourier
w(K)
de
W(R)
Dans
(4),
on apose
Ë1
est1’energie
du metal au repos.L’énergie cin6tique
estLes
equations
du mouvement se r6solvent facilementet donnent
Cette
equation
se resout de la maniere habituelleen
posant
ou s est un vecteur unitaire dans la direction de
polarisation
ws etant la
frequence
associ6e a lapolarisation
s.Dans un cristal a un atome par
maille, chaque
siteest un centre de
sym6trie. (6) peut
alors s’6crire10 CALCUL DES cpn. - On suppose un cristal
cubique
a un atome par maille. Si la direction depropagation
de vecteurunitaire g
=q/q
est unedirection de
sym6trie,
onpeut
dans(7)
effectuer la sommation sur desplans perpendiculaires à ; ( fig. 1).
FIG. 1.
Posons
n est le nombre de
plans coup6s
parRi,
d la distanceentre deux de ces
plans,
p un vecteur du reseauplan
et
bn
un vecteur duplan ayant
pourorigine
l’extré-mit6 de
ndg
et pour extremite un sitequelconque
dureseau
plan
choisi commeorigine
des vecteurs p.Posons
6galement K = kg + k , (kT.; == 0).
L’expression (7)
s’6crit alors sous la forme :Soit X un vecteur du reseau
r6ciproque
du reseauplan.
On aou Q est l’aire de la maille 616mentaire du reseau
plan
direct. En
regroupant
lesplans
situ6s aux distances ndet - nd pour
lesquels
onpeut toujours
choisir lesvecteurs b de telle sorte que
b-n
= -bn,
on obtientfinalement une
expression
dutype (1)
enposant :
L’expression (8)
est valablequel
que soit letype
de la fonction d’interactionW(R).
Celle-ci est d6ter-minee en
pratique
par des m6thodes deperturbation
au second ordre : on
peut,
enpremiere approximation,
supposer la surface de Fermi
sph6rique.
Lesenergies
d’interaction
W(R)
ont alors lasym6trie sph6rique.
On supposera donc que
W(R)
et sa transform6e de Fourierw(K) pr6sentent
lasym6trie sph6rique.
L’expression (8) prend
deux formes distinctes pour les modes transverses et les modeslongitudinaux.
a)
Modes transverses. - Dans le cas des modestransverses, g. r,
= 0. En introduisanton obtient pour
cpn 1’expression
suivanteI1 faut remarquer que dans
1’expression (10)
leterme X = 0 ne donne aucune contribution. Ce fait
peut s’interpr6ter simplement.
En effetet y,, considere comme fonction de
b.
a laperiodicite
du reseau
plan.
cpn(0) repr6sente
alors la valeur moyenne de cpn sur tous les vecteursb.
de la maille 616mentaire du reseauplan.
Cette force moyenne est6videmment nulle pour une translation d’ensemble des 2
plans
a la distance ndparall6lement
aeux-memes,
ce
qui
est le cas des ondes transverses.b)
Modeslongitudinaux.
- Enprincipe,
le modèles’applique
moins bien au cas des ondeslongitudinales
car on
n6zliae
ladependance
en volume despremiers
termes du
d6veloppement (2)
de1’energie potentielle
du cristal. 11 est
cependant
int6ressant de connaitre la contribution des termes depaires
aux constantesde force CPn’ C’est certainement leur contribution
qui
sera
importante
pour lesgrandes
valeurs de n. Dans lecas des modes
longitudinaux
À. s === 0et g. r, = 1
Pour les modes
longitudinaux,
le terme X = 0 donneune contribution. Il
n’y
a en effet aucune raison pour que la force moyenne cr66e sur un atome par lesplans
distants de nd soit nulle
lorsque
cesplans
sontdeplaces perpendiculairement.
20 PROPRIETES
DE (X, z) (3).
- La transform6e de Fourierw(K)
de l’interaction depaires W(R) possede
une
singularite logarithmique
endue a 1’existence d’une surface de Fermi. Cette
singu-
larit6 se retrouve dans w
(,B/k2
+X2)
a conditionque À
soit inferieur a
2kF.
Ceci est tresimportant
pour lecomportement asymptotique
de§ (X, z) ;
en effetsi À>2kF:
w
(-B/k2
+X2 )
n’aplus
desingularite
et sa transfor-mée de Fourier a une
dimension t.J;(À, z)
aura uned6croissance en z du
type exponentiel ;
(3)
La discussion despropri6t6s de §(x, z)
est iden-tique
a celle faite dans Fetude desenergies
de fauted’empilement [13].
Dans les deux cas, c’est1’energie
d’interaction entre
plans qui joue
un roleimportant.
468
si X
2kF :
la
singularité
existe et entraine une d6croissanceplus
lente et detype
oscillantpour u(À, z).
Pour zgrand
Dans cette
expression,
Dans le calcul des y. pour les
grandes
valeursde n,
on pourra ainsi
negliger
les termes pourlesquels X
estsupérieur
a2k..
Les constantes de forceinterplanaire
sont
données,
pour ngrand,
parOn voit bien sur les
expressions (13)
et(14)
lesdifferences entre
CPJ
etcpn.
L’oscillationcorrespondant
a X =
0,
c’est-a-dire avec unelongueur
d’onden/kF,
n’existe pas pour les cpn transverses, contrairement à
ce que
Koenig
avaitsuppose [8].
En
pratique,
les termescorrespondant
a X >2kF qui
d6croissentexponentiellement
n’ontd’importance
que pour n = 1. Si la forme
asymptotique (3) repre-
sente bien l’interaction de
paires
apartir
des secondsvoisins,
1’essentiel des constantes de forceinterplanaire
est
donne,
pour n >2,
par lesexpressions (13)
et(14).
Les
expressions (13)
et(14)
montrent bien lecaract6re oscillant et la d6croissance en
1/n2
desconstantes de force
interplanaire.
C’est une cons6-quence directe de la nature oscillante et de la d6crois-
sance en
1/R3
de la fonction d’interaction depai-
res
W(R).
Cecomportement
est donc lie a 1’existence d’une surface de Fermi et doit etretypique
d’un metal.Nous allons voir dans le
paragraphe
suivant que l’anomalie de Kohn[9], [10], qui
a la memeorigine,
est naturellement mise en evidence a
partir
desexpressions (13)
et(14)
des CPn’30 ANOMALIE DE KOHN. - Les relations de
disper-
sion des
phonons
s’6criventPour n assez
grand, (13)
et(14)
montrent que cpn estune somme de termes en
1/n2
sin n8 cosnp
si l’onpose X. bn
=np,
cequi
esttoujours possible.
MC02 estdonc une fonction continue mais dont la
pente peut
devenir infinie. Eneffet, to(dco/dQ) peut
etre mis sous la forme d’une somme de series dont les termes sontproportionnels
àUne telle s6rie
diverge
pour toute valeur deQ,
telle queCette
divergence
est d’ailleurs dutype logarithmique
Cette
pente
infinie dans la courbe dedispersion
n’est autre que l’anomalie de Kohn. Il est facile de voir que le «
signe
» de l’anomalie[10]
est donnesimplement
par lesigne +
devant 6.L’expression (15)
est strictement6quivalente
a laformule habituelle
donnant la
position
des anomalies(K :
vecteur dureseau
reciproque tridimensionnel). (15) fait jouer
unrole
particulier
auxplans perpendiculaires
a la direc-tion de
propagation.
Ainsikx
est-il determine par l’intersection entre legrand
cercle de Fermi et les limites de zones de Brillouin du reseauplan [13].
L’intersection n’a pas
toujours
lieu. Ilpeut
arriverque le
grand
cercle de Fermi ne coupe pas les limites de lapremiere
zone de Brillouin du reseauplan ;
ilfaut pour cela que la valence Z soit assez faible. Dans
ce cas, les constantes y. transverses d6croissent expo- nentiellement et il ne
peut
exister d’effet Kohn dans la branchecorrespondante.
Il est int6ressant de remarquer que la
presence
desingularites
en(q
-qo) Log I q - qo I
dans la courbe dedispersion
dephonons
estcaractéristique
d’uneinteraction de
paires
en coskR/R3 (k
est une constantereli6e a
qo).
Une interaction en sinkR/R3
donneraitun
changement
depente.
S’il existe un facteur dephase
p dans la fonctiond’interaction,
soitles deux
types
desingularites
doivent sepresenter.
Enfin,
dans ce mod6lesimple,
les constantes de forceinterplanaire
nedependent
que de la structure et dela valence. Pour deux m6taux ayant meme structure
et meme
valence,
les valeursasymptotiques
des cpn sontproportionnelles.
Deux tels m6taux auront desspectres
dephonons
de meme allure et enparticulier
1’effetKohn se
produira
pour les memes valeurs de q.III.
Application
aux mdtauxcubiques.
- Nous nedonnerons ici de résultats d6taill6s que pour la struc-
ture
cubique
a faces centr6es et dans le cas Z = 3.DIRECTION
(100).
- Lagéométrie
des r6seauxplans
est
particulierement simple puisqu’il s’agit
de carr6s.I1 est facile de voir que, pour Z ==
3,
il y a trois valeurs de X inferieures a2kF (y compris
X =0).
Les coefficients
91
etcp
s’6criventOn a
pose cube)
(a
6tant le cote duDIRECTION
(110).
- Dans ce cas, les r6seauxplans
sont
rectangulaires
et il fautdistinguer chaque
modede
polarisation. T1
etT2 correspondent respectivement
a une
polarisation
dans les directions(110)
et(001).
On obtient
A a la meme valeur que
precedemment
etDIRECTION
(111).
- Les r6seauxplans perpendi-
culaires a cette direction sont
triangulaires
A a la meme valeur que
pr6c6demment
etRESULTATS
NUMERIQUES
DANS LE CAS DE L’ALUMI-NIUM. - La structure et la valence consid6r6es
plus
haut
correspondent
au cas de I’Aluminium. Dans cem6tal, I’approximation
des interactions depaires
doitetre assez bonne. C’est un metal normal avec trois electrons de valence par atome et dont la surface de Fermi ne diffère pas
trop
du mod6lesph6rique.
D’autrepart,
ondispose
de courbes dedispersion
mesur6esavec une bonne
precision [4], [15].
Il est donc int6-ressant d’6tablir une
comparaison
d6taill6e entre noscalculs et les résultats
expérimentaux.
Le tableau I donne les valeurs des constantes de forceinterplanaire exprim6es
en unites de 103dynes/cm.
Le coefficient ocdonnant
l’amplitude
des oscillations de1’energie
d’interaction de
paires (3)
a ete calcule par Pick[14]
et est
6gal
a1,70
uniteatomique.
Le mod6le utilise ne
comportant
aucunparamètre ajustable,
l’accord avec1’experience
est dans 1’en- semble satisfaisant. L’ordre degrandeur
des cpn estg6n6ralement
correct et meme pour n = 1 il n’est pas mauvais. Lessignes
sont souvent convenablementprédits, particulierement
pour les branches trans- versesauxquelles
le mod6le doit mieuxs’appliquer.
En
fait,
il 6tait difficile de s’attendre a un meilleur r6sultat avec leshypotheses
tresgenerales
et assezsimplifi6es
dont on estparti.
En
particulier,
la surface de Fermi esttoujours suppos6e sph6rique.
Il estpossible
d’am6liorer l’accordavec
l’expérience
enprenant
le rayon de FermikF
comme
paramètre.
Les deformations de la surface de Fermi peuvent etreimportantes
comme le fait sup- poser l’observation par Stedman et Nilsson[11]
d’uneanomalie dans la direction
(100)
aQ = 0,83,
alorsqu’on
l’attendrait aQ = 0,756
avec une surface deFermi
sph6rique.
TABLEAU I
470
AUTRES METAUX. - Dans le cas d’une structure
cfc,
les
expressions
des cpn sont tres voisines pour les autresvaleurs de Z avec une
exception
pour Z = 1. Dansce cas, et pour la direction
(111),
legrand
cercle deFermi est tout entier a l’int6rieur de la
premiere
zonede Brillouin du reseau
plan.
Onpeut
donc s’attendre pour les coefficients cpn transverses a une d6croissanceexponentielle
et sanschangement
designe.
Ceci serait lie a l’inexistence d’effet Kohn pour cette branche.Dans le cas des m6taux
cubiques centres,
les expres- sions cpn sont un peu differentes mais d’allureanalogue.
a)
Sodium. - Il est tentant d’étudier ce m6tal dont la surface de Fermi est tr6sproche
d’unesphere.
Expérimentalement [3],
on constate que les courbes dedispersion
sont correctement rendues avec unnombre limit6 de termes dans le
d6veloppement (1) :
trois pour la direction
(100),
deux pour la direc- tion(110),
six pour la direction(111)
et les interac- tions entrepremiers
et seconds voisins sontlargement preponderantes.
Pour la direction
(111),
lacomparaison
entre lesrésultats
exp6rimentaux
etth6oriques
est donnee dans le tableau II pour les modes transverses. Les cpn sontexprim6s
en 102dynes/cm.
Le coefficient a est6gal
a
0,01 [14].
TABLEAU II
L’accord est franchement mauvais. Ce d6saccord
ne
provient
6videmment pas de1’anisotropie
de lasurface de Fermi mais de
1’emploi
de la forme asymp-totique (3)
de l’interaction depaires.
Eneffet,
dans lecas du
sodium,
cette formeasymptotique
decrit tr6s mal 1’interaction depaires jusqu’aux
sixi6mes voisinsau moins. L’interaction de
paires
calcul6e dans unmod6le de
pseudopotentiels [14] pr6sente
des oscil- lations dontl’amplitude
sur les deuxpremiers
voisinsest nettement
sup6rieure
etqui
semblent etre enopposition
dephase
avec la formeasymptotique.
Ceciest en accord avec les résultats
expérimentaux.
b)
Plomb. - Dans le cas duPlomb,
onpeut
s’attendre a des distorsions de la surface de Fermiplus importantes
que pour 1’Aluminium et donc a des résultats dans 1’ensemble assez médiocres. D’autrepart,
il n’existe pas actuellement de determination de oc par une m6thode depseudopotentiels.
Onsupposera que ce coefficient a une valeur voisine de celle du mod6le d’ions
ponctuels qui
est de l’ordrede 8. Le tableau III donne les valeurs des coeffi- cients cpn pour la branche transverse dans la direc- tion
(100).
TABLEAU III
Pour les autres
directions,
les résultats sont a peupres equivalents.
L’accord avec les valeursexperi-
mentales ne porte
guere
que sur l’ordre degrandeur.
Conclusion. -
L’application
del’approximation
des interactions de
paires
a Fetude duspectre
dephonons
des m6taux est int6ressante a deuxpoints
devue. Elle
peut
etre consideree comme une preuveexp6rimentale
du caract6re oscillant et alongue port6e
des interactions entre atomes, et d’autre
part
elle permet dans certains cas unecomparaison quantitative
avec
l’expérience.
I. ASPECT
TH£ORIQUE.
-L’approximation
desinteractions de
paires
donne uneinterpretation
th6o-rique simple
de certains traitsparticuliers
aux courbesde
dispersion
dephonons
des m6taux. Enparticulier,
la forme
asymptotique
de l’interaction estresponsable
de la nature oscillante et de la d6croissance en
I1n2
desconstantes de force
interplanaire
y,,.Réciproquement,
ces traits
exp6rimentaux
montrent que les interactionsentre atomes ont un caract6re oscillant et d6croissant
en
1/R3.
Cesaspects
de l’interaction sont6galement
n6cessaires pour donner naissance a 1’effet Kohn. En
fait,
les oscillations amorties des cp" sont, comme 1’asoulign6 Koenig [8],
un effetbeaucoup plus
facilementobservable que les
changements brusques
depente
dans la courbew(q) qui
constituent aproprement
parler
1’effet Kohn.II. COMPARAISON AVEC L’EXPERIENCE. - Les calculs
num6riques
ont ete faits apartir
de la forme asymp-totique
de la fonction d’interaction. On nepeut
donc s’attendre a un accord vraimentquantitatif
pour cpnquand n
estpetit (1 ou 2).
Deplus,
les interactions depaires
sontsuppos6es isotropes,
cequi
restreint le domaine decomparaison
au cas des m6tauxayant
une surface de Fermiapproximativement sph6rique.
Avecces
approximations,
on obtiendrait pour les constantes61astiques
des relations dutype Cauchy qui, experi- mentalement,
ne sont pas v6rifi6es. On nepeut espe-
rer un bon accord avec les coefficients
exp6rimentaux
que pour les Yn d’ordre élevé du sodium ou du
potas-
sium. Ceux-ci sont malheureusement inaccessibles al’expérience.
L’accord devient
semi-quantitatif
dans le cas deI’Aluminium dont la surface de Fermi est assez peu distordue et ou la forme
asymptotique
rend assezbien
compte
ducomportement
de la fonction d’inter- action entreproches
voisins. Onpourrait
certaine-ment obtenir de meilleurs résultats en prenant une forme
plus
exacte de la fonction d’interaction et en tenant compte de la surface de Fermi r6elle.Enfin,
on peut certainement étendre ce mod6le auxm6taux non
cubiques,
enparticulier
auxhexagonaux compacts.
Onpeut
s’attendre a des résultatsanalogues,
le trait
principal
restant lalongue port6e
des interac-tions effectives entre atomes dans les m6taux. Des
mesures r6centes dans le
magnesium [17]
viennent de confirmer lalongue port6e
des forcesinteratomiques.
Remerciements. - L’auteur tient a remercier le Docteur A. Blandin
qui
lui asugg6r6
cetravail,
etdont les conseils ont ete tres
utiles,
et6galement
leDocteur S. H.
Koenig
pour lui avoircommunique
ses résultats avant
publication
et pour l’intérêtqu’il
a
port6
a cesujet.
Manuscrit reçu le 8 d6cembre 1966.
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