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Interactions de paires et spectre de phonons dans les métaux

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00206541

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Submitted on 1 Jan 1967

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Interactions de paires et spectre de phonons dans les métaux

J.L. Deplante

To cite this version:

J.L. Deplante. Interactions de paires et spectre de phonons dans les métaux. Journal de Physique,

1967, 28 (5-6), pp.465-471. �10.1051/jphys:01967002805-6046500�. �jpa-00206541�

(2)

INTERACTIONS

DE PAIRES ET SPECTRE DE

PHONONS DANS

LES

MÉTAUX

Par

J.

L. DEPLANTE

(1),

Laboratoire de Physique des Solides

(2),

Faculté des Sciences, 91-Orsay.

Résumé. - Le modèle des interactions de

paires

est

appliqué

au calcul des courbes de

dispersion

de

phonons 03C9(q)

dans les métaux

cubiques.

On montre en

particulier

que la forme

asymptotique

de cette interaction rend

compte

du caractère oscillant et décroissant en

1/n2

des coefficients de Fourier ~n

de 03C92(q)

dans les directions de haute

symétrie.

Ce fait est étroitement lié à l’effet Kohn et

caractéristique

de l’état

métallique.

L’ordre de

grandeur

et l’allure

générale

des coefficients calculés sont en bon accord avec les valeurs

expérimentales.

Abstract. 2014 The

pair

interaction model is

applied

to the calculation of

phonon dispersion

curves

03C9(q)

in cubic metals. It is shown that the

asymptotic

form of the interaction exhibits oscillations and a decrease

in 1/n2 for

Fourier coefficients ~n of

03C92(q)

in

high

symmetry directions.

This fact is related to the Kohn effect and characteristic of the metallic state. The order of

magnitude

and the

general

behaviour of the calculated coefficients are in

good agreement

with

experimental

values.

Introduction. - Les courbes de

dispersion

de

pho-

nons sont

susceptibles

de fournir des

renseignements

int6ressants sur les forces

interatomiques.

Dans un

cristal

cubique,

les

phonons qui

se

propagent

dans des directions de

sym6trie correspondent

a des vibrations de

plans

entiers d’atomes

perpendiculaires

a la direc-

tion de

propagation.

Le

probl6me

est alors

equivalent

a celui des vibrations d’une chaine lin6aire

[1],

et dans

le cas d’un atome par maille la

frequence

des

phonons

en fonction du vecteur d’onde est donnee pour

chaque

direction de

propagation

et pour

chaque

mode de

polarisation

par une

expression

de la forme

ou M est la masse d’un atome, w

et q

la

frequence

et

le vecteur d’onde du

phonon

et d la distance

s6parant

deux

plans

d’atomes

perpendiculaires

a la direction de

propagation.

Les coefficients cpn,

appel6s

constantes de force

interplanaire, repr6sentent

la force

agissant

sur

un atome

lorsque

les deux

plans

situ6s a la distance nd

se trouvent

deplaces

de 1’unite de

longueur

dans la

direction de

polarisation.

A

partir

des coefficients cpn determines

exp6rimen- talement,

il est

possible

de remonter aux forces inter-

atomiques

a condition que celles-ci aient une

port6e

assez courte, c’est-a-dire si les cpn sont en nombre restreint.

Or,

dans les courbes r6centes de

dispersion

de

phonons

dans les m6taux

[2], [3], [4],

la

precision

est assez

grande

pour

qu’on

doive determiner les cpn

jusqu’à n

= 8 au moins afin de

reproduire

les don-

(1)

Cet article recouvre en

partie

le travail d’une these de Doctorat d’Etat 6s sciences

physiques qui

sera soutenue

a la Faculté des Sciences

d’Orsay

en 1967.

(2)

Laboratoire associe au C.N.R.S.

n6es

expérimentales

a l’aide d’une formule du

type (1).

Ceci montre bien que, dans un

metal,

les forces

interatomiques

sont a

longue port6e.

De

plus,

les q>n sont tantot

positifs,

tantot

n6gatifs

et d6croissent a peu

pres

comme

Iln2.

Le but de cet article est de montrer, a la lumiere des theories r6centes des m6taux normaux

[5], [6], [7],

que le caract6re oscillant et d6croissant en

1 /n2

des

coefficients ?n est

typique

d’un metal et 6troitement

lie,

ainsi que 1’a annonc6

K0153nig [8],

a 1’effet Kohn

[9], [10]

d6celable dans 1’Aluminium

[11].

La

premiere partie

de cet article est consacrée a un

bref

rappel

de

l’approximation

des interactions de

paires.

Dans la seconde

partie,

on

applique

ce modele

au calcul des constantes de force

interplanaire

9,,.

On discute ensuite les relations entre ces cpn et 1’effet Kohn. La derni6re

partie

est une

application

num6-

rique

au cas de

quelques

m6taux

simples.

I.

Approximation

des interactions de

paires.

-

Les travaux r6cents sur les m6taux normaux ont

montre que

1’energie

totale du cristal

pouvait

s’écrire

sous la forme

et

qu’on pouvait negliger

les termes suivants dans le

d6veloppement (2).

Les deux

premiers

termes ne

dependent

pas de la

position

des atomes, ils ne

d6pen-

dent que de leur nature et de la densite

6lectronique

moyenne.

W(Rii) repr6sente

une interaction effective

entre

paires

d’atomes.

L’expression (2)

est obtenue

par des m6thodes d’ondes

planes orthogonalisées

et de

pseudo-potentiels.

Cette

approximation

est valable au

second ordre en

perturbation [12]. L’expression (2)

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01967002805-6046500

(3)

466

ne tient pas

compte

des

energies d’6change

et de

correlation. Celles-ci

dependent

essentiellement de la densite

6lectronique,

tout comme les deux

premiers

termes de

(2)

dans

lesquels

on

pourrait

faire entrer

les

energies d’6change,

en

premiere approximation.

Dans une variation de structure a volume constant, seuls les

W(Rij) peuvent

varier. La m6thode est donc utile pour 1’etude des variations de structure sans

changement

de volume. Elle a ete utilis6e avec succ6s pour 1’etude des macles et des fautes

d’empilement [13].

Dans le cas

present,

elle doit

particulierement

bien

convenir a 1’etude des modes transverses. Pour les modes

longitudinaux,

il existe

certainement,

en

plus

des termes que nous

calculerons,

des effets

supple-

mentaires dus a la

dependance

en volume des

premiers

termes de

(2).

L’allure de la fonction d’interaction

W(R)

est assez

bien connue pour un certain nombre de m6taux

[14].

Un de ses caract6res les

plus importants

est sa forme

asymptotique

ou

kF

est le vecteur d’onde de Fermi.

L’emploi

de

cette forme

asymptotique qui

semble convenir a

partir

des seconds voisins a pu rendre

compte

d’un bon nombre de

propri6t6s

des m6taux et

alliages.

Le coefficient a

depend

du metal

considéré,

en

particulier

de sa valence. 11 a ete determine numerl-

quement

pour

plusieurs

m6taux

[14].

On

peut

en donner une forme

explicite

dans le mod6le d’ions

ponctuels

de

charge

Z. Dans ce cas

ou

E(K)

est la constante

di6lectrique statique

de

Hartree; e(K) possede

une

singularite logarithmique pour K

=

2kF,

ce

qui

donne naissance a la forme

asymptotique (3).

Dans ce

mod6le,

le coefficient oc est

6gal

a

2Z2/1tE2(2kF).

Les coefficients oc calcul6s de maniere self-consistante a l’aide d’ondes

planes

ortho-

gonalis6es

sont en

general

du meme ordre de

grandeur,

sauf dans le cas du sodium ou oc est tres faible. C’est

pourquoi

la m6thode ne

peut

etre

appliqu6e

au cas

du sodium.

II. Constantes de force

interplanaire.

- Dans

1’approximation adiabatique,

on

peut

écrire

l’énergie potentielle

sous la forme

(2)

en

remplaqant Ri

par ri =

Ri +

ui, ou ui est un

petit deplacement.

Cette

6nergie

est

suppos6e

minimum

lorsque

les ions oc-

cupent

les sites du reseau

parfait. L’approximation harmonique

consiste ensuite a

d6velopper

cette

6nergie

au second ordre en ui et a

negliger

les termes d’ordre

superieur

En introduisant la transform6e de Fourier

w(K)

de

W(R)

Dans

(4),

on a

pose

Ë1

est

1’energie

du metal au repos.

L’énergie cin6tique

est

Les

equations

du mouvement se r6solvent facilement

et donnent

Cette

equation

se resout de la maniere habituelle

en

posant

ou s est un vecteur unitaire dans la direction de

polarisation

ws etant la

frequence

associ6e a la

polarisation

s.

Dans un cristal a un atome par

maille, chaque

site

est un centre de

sym6trie. (6) peut

alors s’6crire

10 CALCUL DES cpn. - On suppose un cristal

cubique

a un atome par maille. Si la direction de

propagation

de vecteur

unitaire g

=

q/q

est une

direction de

sym6trie,

on

peut

dans

(7)

effectuer la sommation sur des

plans perpendiculaires à ; ( fig. 1).

FIG. 1.

(4)

Posons

n est le nombre de

plans coup6s

par

Ri,

d la distance

entre deux de ces

plans,

p un vecteur du reseau

plan

et

bn

un vecteur du

plan ayant

pour

origine

l’extré-

mit6 de

ndg

et pour extremite un site

quelconque

du

reseau

plan

choisi comme

origine

des vecteurs p.

Posons

6galement K = kg + k , (kT.; == 0).

L’expression (7)

s’6crit alors sous la forme :

Soit X un vecteur du reseau

r6ciproque

du reseau

plan.

On a

ou Q est l’aire de la maille 616mentaire du reseau

plan

direct. En

regroupant

les

plans

situ6s aux distances nd

et - nd pour

lesquels

on

peut toujours

choisir les

vecteurs b de telle sorte que

b-n

= -

bn,

on obtient

finalement une

expression

du

type (1)

en

posant :

L’expression (8)

est valable

quel

que soit le

type

de la fonction d’interaction

W(R).

Celle-ci est d6ter-

minee en

pratique

par des m6thodes de

perturbation

au second ordre : on

peut,

en

premiere approximation,

supposer la surface de Fermi

sph6rique.

Les

energies

d’interaction

W(R)

ont alors la

sym6trie sph6rique.

On supposera donc que

W(R)

et sa transform6e de Fourier

w(K) pr6sentent

la

sym6trie sph6rique.

L’expression (8) prend

deux formes distinctes pour les modes transverses et les modes

longitudinaux.

a)

Modes transverses. - Dans le cas des modes

transverses, g. r,

= 0. En introduisant

on obtient pour

cpn 1’expression

suivante

I1 faut remarquer que dans

1’expression (10)

le

terme X = 0 ne donne aucune contribution. Ce fait

peut s’interpr6ter simplement.

En effet

et y,, considere comme fonction de

b.

a la

periodicite

du reseau

plan.

cpn

(0) repr6sente

alors la valeur moyenne de cpn sur tous les vecteurs

b.

de la maille 616mentaire du reseau

plan.

Cette force moyenne est

6videmment nulle pour une translation d’ensemble des 2

plans

a la distance nd

parall6lement

a

eux-memes,

ce

qui

est le cas des ondes transverses.

b)

Modes

longitudinaux.

- En

principe,

le modèle

s’applique

moins bien au cas des ondes

longitudinales

car on

n6zliae

la

dependance

en volume des

premiers

termes du

d6veloppement (2)

de

1’energie potentielle

du cristal. 11 est

cependant

int6ressant de connaitre la contribution des termes de

paires

aux constantes

de force CPn’ C’est certainement leur contribution

qui

sera

importante

pour les

grandes

valeurs de n. Dans le

cas des modes

longitudinaux

À. s === 0

et g. r, = 1

Pour les modes

longitudinaux,

le terme X = 0 donne

une contribution. Il

n’y

a en effet aucune raison pour que la force moyenne cr66e sur un atome par les

plans

distants de nd soit nulle

lorsque

ces

plans

sont

deplaces perpendiculairement.

20 PROPRIETES

DE (X, z) (3).

- La transform6e de Fourier

w(K)

de l’interaction de

paires W(R) possede

une

singularite logarithmique

en

due a 1’existence d’une surface de Fermi. Cette

singu-

larit6 se retrouve dans w

(,B/k2

+

X2)

a condition

que À

soit inferieur a

2kF.

Ceci est tres

important

pour le

comportement asymptotique

de

§ (X, z) ;

en effet

si À>2kF:

w

(-B/k2

+

X2 )

n’a

plus

de

singularite

et sa transfor-

mée de Fourier a une

dimension t.J;(À, z)

aura une

d6croissance en z du

type exponentiel ;

(3)

La discussion des

propri6t6s de §(x, z)

est iden-

tique

a celle faite dans Fetude des

energies

de faute

d’empilement [13].

Dans les deux cas, c’est

1’energie

d’interaction entre

plans qui joue

un role

important.

(5)

468

si X

2kF :

la

singularité

existe et entraine une d6croissance

plus

lente et de

type

oscillant

pour u(À, z).

Pour z

grand

Dans cette

expression,

Dans le calcul des y. pour les

grandes

valeurs

de n,

on pourra ainsi

negliger

les termes pour

lesquels X

est

supérieur

a

2k..

Les constantes de force

interplanaire

sont

données,

pour n

grand,

par

On voit bien sur les

expressions (13)

et

(14)

les

differences entre

CPJ

et

cpn.

L’oscillation

correspondant

a X =

0,

c’est-a-dire avec une

longueur

d’onde

n/kF,

n’existe pas pour les cpn transverses, contrairement à

ce que

Koenig

avait

suppose [8].

En

pratique,

les termes

correspondant

a X >

2kF qui

d6croissent

exponentiellement

n’ont

d’importance

que pour n = 1. Si la forme

asymptotique (3) repre-

sente bien l’interaction de

paires

a

partir

des seconds

voisins,

1’essentiel des constantes de force

interplanaire

est

donne,

pour n >

2,

par les

expressions (13)

et

(14).

Les

expressions (13)

et

(14)

montrent bien le

caract6re oscillant et la d6croissance en

1/n2

des

constantes de force

interplanaire.

C’est une cons6-

quence directe de la nature oscillante et de la d6crois-

sance en

1/R3

de la fonction d’interaction de

pai-

res

W(R).

Ce

comportement

est donc lie a 1’existence d’une surface de Fermi et doit etre

typique

d’un metal.

Nous allons voir dans le

paragraphe

suivant que l’anomalie de Kohn

[9], [10], qui

a la meme

origine,

est naturellement mise en evidence a

partir

des

expressions (13)

et

(14)

des CPn’

30 ANOMALIE DE KOHN. - Les relations de

disper-

sion des

phonons

s’6crivent

Pour n assez

grand, (13)

et

(14)

montrent que cpn est

une somme de termes en

1/n2

sin n8 cos

np

si l’on

pose X. bn

=

np,

ce

qui

est

toujours possible.

MC02 est

donc une fonction continue mais dont la

pente peut

devenir infinie. En

effet, to(dco/dQ) peut

etre mis sous la forme d’une somme de series dont les termes sont

proportionnels

à

Une telle s6rie

diverge

pour toute valeur de

Q,

telle que

Cette

divergence

est d’ailleurs du

type logarithmique

Cette

pente

infinie dans la courbe de

dispersion

n’est autre que l’anomalie de Kohn. Il est facile de voir que le «

signe

» de l’anomalie

[10]

est donne

simplement

par le

signe +

devant 6.

L’expression (15)

est strictement

6quivalente

a la

formule habituelle

donnant la

position

des anomalies

(K :

vecteur du

reseau

reciproque tridimensionnel). (15) fait jouer

un

role

particulier

aux

plans perpendiculaires

a la direc-

tion de

propagation.

Ainsi

kx

est-il determine par l’intersection entre le

grand

cercle de Fermi et les limites de zones de Brillouin du reseau

plan [13].

L’intersection n’a pas

toujours

lieu. Il

peut

arriver

que le

grand

cercle de Fermi ne coupe pas les limites de la

premiere

zone de Brillouin du reseau

plan ;

il

faut pour cela que la valence Z soit assez faible. Dans

ce cas, les constantes y. transverses d6croissent expo- nentiellement et il ne

peut

exister d’effet Kohn dans la branche

correspondante.

Il est int6ressant de remarquer que la

presence

de

singularites

en

(q

-

qo) Log I q - qo I

dans la courbe de

dispersion

de

phonons

est

caractéristique

d’une

interaction de

paires

en cos

kR/R3 (k

est une constante

reli6e a

qo).

Une interaction en sin

kR/R3

donnerait

un

changement

de

pente.

S’il existe un facteur de

phase

p dans la fonction

d’interaction,

soit

les deux

types

de

singularites

doivent se

presenter.

Enfin,

dans ce mod6le

simple,

les constantes de force

interplanaire

ne

dependent

que de la structure et de

la valence. Pour deux m6taux ayant meme structure

et meme

valence,

les valeurs

asymptotiques

des cpn sont

proportionnelles.

Deux tels m6taux auront des

spectres

de

phonons

de meme allure et en

particulier

1’effet

Kohn se

produira

pour les memes valeurs de q.

III.

Application

aux mdtaux

cubiques.

- Nous ne

donnerons ici de résultats d6taill6s que pour la struc-

ture

cubique

a faces centr6es et dans le cas Z = 3.

DIRECTION

(100).

- La

géométrie

des r6seaux

plans

est

particulierement simple puisqu’il s’agit

de carr6s.

I1 est facile de voir que, pour Z ==

3,

il y a trois valeurs de X inferieures a

2kF (y compris

X =

0).

Les coefficients

91

et

cp

s’6crivent

(6)

On a

pose cube)

(a

6tant le cote du

DIRECTION

(110).

- Dans ce cas, les r6seaux

plans

sont

rectangulaires

et il faut

distinguer chaque

mode

de

polarisation. T1

et

T2 correspondent respectivement

a une

polarisation

dans les directions

(110)

et

(001).

On obtient

A a la meme valeur que

precedemment

et

DIRECTION

(111).

- Les r6seaux

plans perpendi-

culaires a cette direction sont

triangulaires

A a la meme valeur que

pr6c6demment

et

RESULTATS

NUMERIQUES

DANS LE CAS DE L’ALUMI-

NIUM. - La structure et la valence consid6r6es

plus

haut

correspondent

au cas de I’Aluminium. Dans ce

m6tal, I’approximation

des interactions de

paires

doit

etre assez bonne. C’est un metal normal avec trois electrons de valence par atome et dont la surface de Fermi ne diffère pas

trop

du mod6le

sph6rique.

D’autre

part,

on

dispose

de courbes de

dispersion

mesur6es

avec une bonne

precision [4], [15].

Il est donc int6-

ressant d’6tablir une

comparaison

d6taill6e entre nos

calculs et les résultats

expérimentaux.

Le tableau I donne les valeurs des constantes de force

interplanaire exprim6es

en unites de 103

dynes/cm.

Le coefficient oc

donnant

l’amplitude

des oscillations de

1’energie

d’interaction de

paires (3)

a ete calcule par Pick

[14]

et est

6gal

a

1,70

unite

atomique.

Le mod6le utilise ne

comportant

aucun

paramètre ajustable,

l’accord avec

1’experience

est dans 1’en- semble satisfaisant. L’ordre de

grandeur

des cpn est

g6n6ralement

correct et meme pour n = 1 il n’est pas mauvais. Les

signes

sont souvent convenablement

prédits, particulierement

pour les branches trans- verses

auxquelles

le mod6le doit mieux

s’appliquer.

En

fait,

il 6tait difficile de s’attendre a un meilleur r6sultat avec les

hypotheses

tres

generales

et assez

simplifi6es

dont on est

parti.

En

particulier,

la surface de Fermi est

toujours suppos6e sph6rique.

Il est

possible

d’am6liorer l’accord

avec

l’expérience

en

prenant

le rayon de Fermi

kF

comme

paramètre.

Les deformations de la surface de Fermi peuvent etre

importantes

comme le fait sup- poser l’observation par Stedman et Nilsson

[11]

d’une

anomalie dans la direction

(100)

a

Q = 0,83,

alors

qu’on

l’attendrait a

Q = 0,756

avec une surface de

Fermi

sph6rique.

TABLEAU I

(7)

470

AUTRES METAUX. - Dans le cas d’une structure

cfc,

les

expressions

des cpn sont tres voisines pour les autres

valeurs de Z avec une

exception

pour Z = 1. Dans

ce cas, et pour la direction

(111),

le

grand

cercle de

Fermi est tout entier a l’int6rieur de la

premiere

zone

de Brillouin du reseau

plan.

On

peut

donc s’attendre pour les coefficients cpn transverses a une d6croissance

exponentielle

et sans

changement

de

signe.

Ceci serait lie a l’inexistence d’effet Kohn pour cette branche.

Dans le cas des m6taux

cubiques centres,

les expres- sions cpn sont un peu differentes mais d’allure

analogue.

a)

Sodium. - Il est tentant d’étudier ce m6tal dont la surface de Fermi est tr6s

proche

d’une

sphere.

Expérimentalement [3],

on constate que les courbes de

dispersion

sont correctement rendues avec un

nombre limit6 de termes dans le

d6veloppement (1) :

trois pour la direction

(100),

deux pour la direc- tion

(110),

six pour la direction

(111)

et les interac- tions entre

premiers

et seconds voisins sont

largement preponderantes.

Pour la direction

(111),

la

comparaison

entre les

résultats

exp6rimentaux

et

th6oriques

est donnee dans le tableau II pour les modes transverses. Les cpn sont

exprim6s

en 102

dynes/cm.

Le coefficient a est

6gal

a

0,01 [14].

TABLEAU II

L’accord est franchement mauvais. Ce d6saccord

ne

provient

6videmment pas de

1’anisotropie

de la

surface de Fermi mais de

1’emploi

de la forme asymp-

totique (3)

de l’interaction de

paires.

En

effet,

dans le

cas du

sodium,

cette forme

asymptotique

decrit tr6s mal 1’interaction de

paires jusqu’aux

sixi6mes voisins

au moins. L’interaction de

paires

calcul6e dans un

mod6le de

pseudopotentiels [14] pr6sente

des oscil- lations dont

l’amplitude

sur les deux

premiers

voisins

est nettement

sup6rieure

et

qui

semblent etre en

opposition

de

phase

avec la forme

asymptotique.

Ceci

est en accord avec les résultats

expérimentaux.

b)

Plomb. - Dans le cas du

Plomb,

on

peut

s’attendre a des distorsions de la surface de Fermi

plus importantes

que pour 1’Aluminium et donc a des résultats dans 1’ensemble assez médiocres. D’autre

part,

il n’existe pas actuellement de determination de oc par une m6thode de

pseudopotentiels.

On

supposera que ce coefficient a une valeur voisine de celle du mod6le d’ions

ponctuels qui

est de l’ordre

de 8. Le tableau III donne les valeurs des coeffi- cients cpn pour la branche transverse dans la direc- tion

(100).

TABLEAU III

Pour les autres

directions,

les résultats sont a peu

pres equivalents.

L’accord avec les valeurs

experi-

mentales ne porte

guere

que sur l’ordre de

grandeur.

Conclusion. -

L’application

de

l’approximation

des interactions de

paires

a Fetude du

spectre

de

phonons

des m6taux est int6ressante a deux

points

de

vue. Elle

peut

etre consideree comme une preuve

exp6rimentale

du caract6re oscillant et a

longue port6e

des interactions entre atomes, et d’autre

part

elle permet dans certains cas une

comparaison quantitative

avec

l’expérience.

I. ASPECT

TH£ORIQUE.

-

L’approximation

des

interactions de

paires

donne une

interpretation

th6o-

rique simple

de certains traits

particuliers

aux courbes

de

dispersion

de

phonons

des m6taux. En

particulier,

la forme

asymptotique

de l’interaction est

responsable

de la nature oscillante et de la d6croissance en

I1n2

des

constantes de force

interplanaire

y,,.

Réciproquement,

ces traits

exp6rimentaux

montrent que les interactions

entre atomes ont un caract6re oscillant et d6croissant

en

1/R3.

Ces

aspects

de l’interaction sont

6galement

n6cessaires pour donner naissance a 1’effet Kohn. En

fait,

les oscillations amorties des cp" sont, comme 1’a

soulign6 Koenig [8],

un effet

beaucoup plus

facilement

observable que les

changements brusques

de

pente

dans la courbe

w(q) qui

constituent a

proprement

parler

1’effet Kohn.

II. COMPARAISON AVEC L’EXPERIENCE. - Les calculs

num6riques

ont ete faits a

partir

de la forme asymp-

totique

de la fonction d’interaction. On ne

peut

donc s’attendre a un accord vraiment

quantitatif

pour cpn

quand n

est

petit (1 ou 2).

De

plus,

les interactions de

paires

sont

suppos6es isotropes,

ce

qui

restreint le domaine de

comparaison

au cas des m6taux

ayant

une surface de Fermi

approximativement sph6rique.

Avec

ces

approximations,

on obtiendrait pour les constantes

61astiques

des relations du

type Cauchy qui, experi- mentalement,

ne sont pas v6rifi6es. On ne

peut espe-

rer un bon accord avec les coefficients

exp6rimentaux

que pour les Yn d’ordre élevé du sodium ou du

potas-

sium. Ceux-ci sont malheureusement inaccessibles a

l’expérience.

(8)

L’accord devient

semi-quantitatif

dans le cas de

I’Aluminium dont la surface de Fermi est assez peu distordue et ou la forme

asymptotique

rend assez

bien

compte

du

comportement

de la fonction d’inter- action entre

proches

voisins. On

pourrait

certaine-

ment obtenir de meilleurs résultats en prenant une forme

plus

exacte de la fonction d’interaction et en tenant compte de la surface de Fermi r6elle.

Enfin,

on peut certainement étendre ce mod6le aux

m6taux non

cubiques,

en

particulier

aux

hexagonaux compacts.

On

peut

s’attendre a des résultats

analogues,

le trait

principal

restant la

longue port6e

des interac-

tions effectives entre atomes dans les m6taux. Des

mesures r6centes dans le

magnesium [17]

viennent de confirmer la

longue port6e

des forces

interatomiques.

Remerciements. - L’auteur tient a remercier le Docteur A. Blandin

qui

lui a

sugg6r6

ce

travail,

et

dont les conseils ont ete tres

utiles,

et

6galement

le

Docteur S. H.

Koenig

pour lui avoir

communique

ses résultats avant

publication

et pour l’intérêt

qu’il

a

port6

a ce

sujet.

Manuscrit reçu le 8 d6cembre 1966.

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