D´epartement de Math´ematiques Deuxi`eme partie du corrig´e de la s´erie 2.
Exercice 3. Soit An=
n
P
k=1
sin(kπ n ).
(1) V´erifier queAn = cos(2nπ) sin(2nπ). (2) Montrer que
n
P
k=1
ksin(kπ n ) = n
2An. (3) En d´eduire la valeur de Rπ
0 tsin(t)dt, par utilisation des sommes de Riemann.
Solution. L’objectif de cet exercice c’est de d´eduire la valeur d’une int´egrale par le calcul de la limite d’une somme de Riemann.
(1) Rappelons l’identit´e
2 sin(u) sin(v) = cos(u−v)−cos(u+v).
Nous d´eduisons que
2 sin(2nπ )·An =
n
P
k=1
2 sin(2nπ ) sin(kπn)
=
n
P
k=1
cos((2k−1)π2n )−cos((2k+1)π2n )
= cos(2nπ )−cos((2n+1)π2n )
= cos(2nπ )−cos(π+2nπ )
= 2 cos(2nπ ) D’o`u
An = cos(2nπ ) sin(2nπ).
Notons que l’identit´e pr´ec´edente est classique et on peut l’obtenir aussi en remarquant que An est la partie imaginaire de la somme :
n
X
k=1
exp(ikπ 2n).
(2) NotonsBn=
n
P
k=1
ksin(kπn). On a bien
Bn =
n
X
k=0
ksin(kπ n ).
Par le changement d’indice ”j =n−k” dans la somme pr´ec´edente on obtient : Bn =
n
P
j=0
(n−j) sin((n−j)πn )
=
n
P
j=0
(n−j) sin(π−jπn)
=
n
P
j=0
(n−j) sin(jπn).
D’o`u
2Bn =
n
P
k=0
ksin(kπn) +
n
P
k=0
(n−k) sin(kπn)
=
n
P
k=0
nsin(kπn)
= nAn. AinsiBn= n2An.
(3) Remarquons que
π2
n2Bn = π n
n
X
k=1
kπ
n sin(kπ n ).
On reconnait une somme de Riemann de la fonction continue f : [0, π]→R; x7→xsin(x).
Donc
Z π 0
xsin(x)dx= lim
n→∞
π2 n2Bn Calculons donc cette limite. On a
π2
n2Bn = π2
2nAn=π·
π 2n
sin(2nπ ) ·cos( π
2n)→π.
Exercice 4. A l’aide des sommes de Riemann, calculer les limites des suites suivantes : (1) un= 1
n
n
P
k=1
(1 + k
n)r, o`u r∈R∗ fix´e.
(2) tn= 1 n
(2n)!
n!
1/n
. (3) vn =
n
P
k=1
n k2+n2. (4) wn =n2
n
P
k=1
1
(k+n)(k2+n2). Solution.
(1) On voit queun est la somme de Riemann de la fonction continue f : [0,1]→R;x7→(1 +x)r.
Donc
limun= Z 1
0
(1 +x)rdx=
2r+1−1
r+ 1 si r 6=−1 ln(2) si r =−1.
(2) Observons que (2n)!
n! = (n+ 1)(n+ 2)· · ·(n+n) =
n
Q
k=1
(n+k). Donc on a
tn= 1 n
(2n)!
n!
1/n
= 1 n
n
Y
k=1
(n+k)
!1/n
=
n
Y
k=1
n+k n
!1/n
=
n
Y
k=1
(1 + k n)
!1/n
.
Ceci donne que
ln(tn) = 1 n
n
X
k=1
ln(1 + k n).
Ainsi ln(tn) est une somme de Riemann de la fonction continue g : [0,1]→R; x7→ln(1 +x).
D’o`u
n→∞lim ln(tn) = Z 1
0
ln(1 +x)dx= [(1 +x) ln(1 +x)−x]10 = 2 ln(2)−1.
Puisque la fonction exponentielle est continue on d´eduit que limtn = limeln(tn)=e2 ln(2)−1 = 4
e. (3) On a :
vn =
n
X
k=1
n
k2+n2 = 1 n
n
X
k=1
1 (kn)2+ 1. C’est une somme de Riemann de la fonction continue
f : [0,1]→R; x7→ 1 x2+ 1. Donc
limvn = Z 1
0
1
x2+ 1dx= [arctan(x)]10 = π 4. (4) Il est facile de voir que
wn= 1 n
n
X
k=1
1
(nk + 1)((nk)2+ 1). Donc wn est une somme de Riemann de la fonction
h: [0,1]→R; x7→ 1
(x+ 1)(x2+ 1).
Donc
limwn= Z 1
0
1
(x+ 1)(x2+ 1)dx.
Pour calculer cette int´egrale on passe par la d´ecomposition en ´el´ements simples suivante : 1
(x+ 1)(x2+ 1) = 1 2 · 1
x+ 1 +1
2 · −x+ 1 x2+ 1 D’o`u
limwn = R1 0
1 2 · 1
x+ 1 + 1
2· −x+ 1 x2+ 1dx
= 1
2ln(x+ 1)−1
4ln(x2+ 1) + 1
2arctan(x) 1
0
= 1
4ln(2) + π 8.
Exercice 5. Soit f : [0,1]→ R une fonction continue. Donner en fonction d’une int´egrale de Riemann et par deux m´ethodes la limite de la suite (un)n∈N∗ d´efinie parun = 1
n
n
P
k=1
f(2k−12n ).
Solution. Premi`ere m´ethode. Soient, pour tout 0≤ k ≤ n, xk = kn et yk = k−(1/2) n . On a (x0, x1, ..., xn) est une subdivision r´eguli`ere de l’intervalle [0,1]. De plusyk ∈ [xk−1, xk] pour tout k ∈ {1, ..., n}. Puisque f est continue, la somme de Riemann
1−0 n
n
X
k=1
f(yk)
tend vers R1
0 f(x)ds lorsque n tend vers l’infinie (pour voir ceci on pourra reprendre, comme exercice de cours, la d´emonstration du Th´eor`eme sur les sommes de Riemann page 61 du chapitre 2).
D’o`u
limun = lim
n
1 n
n
X
k=1
f(2k−1
2n ) = lim
n n
X
k=1
f(yk)(xk−xk−1) = Z 1
0
f(x)dx.
Deuxi`eme m´ethode. On pose
vn = 1 n
n
X
k=1
f(k n).
C’est une somme de Riemann de f. Par suite : limn vn =
Z 1 0
f(x)dx.
D’autre part
un+vn = 1 n
n
P
k=1
f(2k−12n ) + 1 n
n
P
k=1
f(2k2n)
= 1
n
2n
P
k=1
f(2nk)
= 2v2n. D’o`u
limn un = 2 lim
n v2n−lim
n vn
= 2R1
0 f(x)dx−R1
0 f(x)dx
= R1
0 f(x)dx.