Lycée Fénelon Sainte-Marie Classe de MP
Année 2017-2018 Mathématiques
Devoir maison n ◦ 7 (facultatif ) – correction
d’après Polytechnique 2006 PC
Première partie
1. • En considérant les séquencesa= (1; 1)etb= (1;−1)de longueur2, la seule condition de corrélation à écrire est a0a1+b0b1 = 0, qui est clairement vérifiée. Ces séquences constituent donc une paire complémentaire de longueur 2, donc2appartient àL.
• Supposons maintenant que3 appartient àL. Alors, il existea= (a0;a1;a2)et b= (b0;b1;b2), deux séquences de longueur 3, vérifiant les deux conditions de corrélation suivantes :
a0a1+b0b1+a1a2+b1b2= 0 (1) et
a0a2+b0b2= 0. (2)
Puisque lesai et lesbi valent tous soit1, soit−1, ils sont ou égaux ou opposés deux à deux. Discutons : B Sia0=b0, la relation (2) donnea0(a2+b2) = 0doncb2=−a2. En réinjectant dans la relation (1), il vient
alors
a0(a1+b1) +a2(a1−b1) = 0.
— soita0=a2, auquel casa1+b1+a1−b1= 0, soit2a1= 0, ce qui est impossible ;
— soita0=−a2, auquel casa1+b1−a1+b1= 0, soit 2b1= 0, ce qui est encore impossible.
Donca0 n’est pas égal àb0.
B Sia0=−b0, la relation (2) donnea0(a2−b2) = 0doncb2=a2. En réinjectant dans la relation (1), il vient alors
a0(a1−b1) +a2(a1+b1) = 0.
La même disjonction de cas que ci-dessus conduit alors à nouveau à des contradictions.
Donca0 n’est pas égal àb0.
Finalement, il n’existe aucun couple de séquences(a, b)de longueur3formant une paire complémentaire, donc 3 n’appartient pas àL.
2.a) Notonsfa,b la fonction associée aux séquencesaet b, qui àx6= 0associePa(x)Pa(x−1) +Pb(x)Pb(x−1).
Considérons une séquenceade longueur `et une séquenceb de longueurm.
Supposons la fonctionfa,b bornée.
Si ` > m, alors
• lim
x→+∞Pa(x) = lim
x→+∞a`−1x`−1;
• lim
x→+∞Pa(x−1) =a0;
• lim
x→+∞Pb(x) = lim
x→+∞bm−1xm−1;
• lim
x→+∞Pb(x−1) =b0;
avec m−1 < `−1 donc lim
x→+∞fa,b(x) = lim
x→+∞a`−1a0x`−1. Donc une condition nécessaire pour que fa,b soit bornée est déjàa`−1a0= 0, ce qui est impossible étant donné queai∈ {±1}.
On en déduit que `≤m. Mais en supposant` < m, on aboutirait par un raisonnement analogue àbm−1b0= 0, ce qui est impossible.
Finalement`=m.
On ainsi démontré que sifa,b est bornée,aet b sont des séquences de même longueur. Par contraposée, siaet b ne sont pas des séquences de même longueur,fa,b n’est pas bornée.
Pour démontrer que deux séquencesaetbde même longueur`forment une paire complémentaire si et seulement sifa,b est constante, commençons par expliciter différemmentfa,b(x). On a
Pa(x) =
`−1
X
i=0
aixi et Pb(x) =
`−1
X
i=0
bixi
donc
fa,b(x) =
`−1
X
i=0
aixi
!
`−1
X
j=0
ajx−j
+
`−1
X
i=0
bixi
!
`−1
X
j=0
bjx−j
fa,b(x) =
`−1
X
i=0
`−1
X
j=0
aiajxi−j+
`−1
X
i=0
`−1
X
j=0
bibjxi−j
fa,b(x) =
`−1
X
i=0
a2i +b2i +
`−1
X
i=0 i−1
X
j=0
aiajxi−j+
`−1
X
i=0
`−1
X
j=i+1
aiajxi−j+
`−1
X
i=0 i−1
X
j=0
bibjxi−j+
`−1
X
i=0
`−1
X
j=i+1
bibjxi−j
fa,b(x) =
`−1
X
i=0
a2i +b2i +
`−1
X
i=0 i−1
X
j=0
(aiaj+bibj)xi−j+
`−1
X
i=0
`−1
X
j=i+1
(aiaj+bibj)xi−j
Effectuons les changements d’indice k=i−j dans la deuxième somme, etk=j−idans la troisième somme.
En remarquant quea2i +b2i = 2pour touti∈ {0, . . . , `−1}, il vient :
fa,b(x) = 2`+
`−1
X
i=0 i
X
k=1
(aiai−k+bibi−k)xk+
`−1
X
i=0
`−1−i
X
k=1
(aiai+k+bibi+k)x−k
Intervertissons maintenant les sommes : fa,b(x) = 2`+
`−1
X
k=1
`−1
X
i=k
(aiai−k+bibi−k)
! xk+
`−1
X
k=1
`−1−k
X
i=0
(aiai+k+bibi+k)
! x−k
Effectuons enfin le changement d’indice i := i−k dans la première somme entre parenthèses. Après mise en facteur de ce qui peut l’être, on obtient :
fa,b(x) = 2`+
`−1
X
k=1
"`−1−k X
i=0
(aiai+k+bibi+k)
#
xk+x−k .
On reconnaît alors, en coefficient dexk+x−k, l’expression servant à écrire lak-ième condition de corrélation.
Il est maintenant clair que,
— siaetbsont deux séquences de même longueur et si elles forment une paire complémentaire, alors pour tout k∈ {1, . . . , `−1},
`−1−k
X
i=0
(aiai+k+bibi+k) = 0et doncfa,b(x) = 2`pour toutx6= 0.fa,b est bien constante ;
— sifa,b est constante, alorsfa,b(x)est indépendant dex, donc les coefficients des termes enxk+x−kdansfa,b sont nuls, ce qui donne les conditions de corrélation entreaetbdoncaetbforment une paire complémentaire.
2.b) Soientaet bdeux séquences de même longueur `. Alors : Pa(1) =
`−1
X
i=0
ai et Pb(1) =
`−1
X
i=0
bi.
Comme chaqueai etbivaut1ou−1, il est clair quePa(1)etPb(1)sont des entiers relatifs. De plus, on a, pour tout i∈ {0, . . . , `−1},ai≡1 (2)etbi≡1 (2)donc en effectuant la somme :
Pa(1)≡`(2) et Pb(1)≡`(2).
Ainsi,Pa(1)etPb(1)sont des entiers de même parité que`et donc de même parité.
Si`appartient àL, alors il existe deux séquencesaetbde même longueur`et formant une paire complémentaire.
D’après 2.a), on en déduit que la fonctionfa,b associée est constante et, plus précisément, que pour toutx6= 0, fa,b(x) = 2`. En particulier,fa,b(1) = 2`, c’est-à-dire
Pa(1)2+Pb(1)2= 2`. (3)
On sait par ailleurs quePa(1)et Pb(1)sont deux entiers de même parité.
B S’ils sont tous les deux pairs, on écrit Pa(1) = 2α et Pb(1) = 2β avecαet β entiers. Alors 2`= 4α2+ 4β2 donc`= 2α2+ 2β2= (α−β)2+ (α+β)2. Ainsi,`est bien somme de deux carrés d’entiers.
B S’ils sont tous les deux impairs, on écritPa(1) = 2α+ 1etPb(1) = 2β+ 1 avecαetβ entiers. Alors 2`= 4α2+ 4α+ 1 + 4β2+ 4β+ 1donc
`= 2α2+ 2α+ 2β2+ 2β+ 1 = (α2+β2+ 1 + 2α+ 2β+ 2αβ) + (α2+β2−2αβ) = (α+β+ 1)2+ (α−β)2. Ainsi,`est encore somme de deux carrés d’entiers.
Finalement, tout élément deLest somme de deux carrés d’entiers.
2.c) Un entiernest congru soit à0 soit à1 modulo2. Donc un carré d’entier est congru soit à0 soit à1 modulo4 et la somme de deux carrés d’entiers est congrue soit à0, soit à1soit à2 modulo4.
Comme tout élément de L est somme de deux carrés d’entiers, tout élément deLest congru soit à 0, soit à1, soit à2modulo4.
On en déduit que tout entier congru à3 modulo4 n’appartient pas àLmais à son complémentaire dansN. Ainsi,N− Lcontient au moins tous les entiers congrus à 3modulo4, et il y a une infinité de tels entiers. Donc le complémentaire deL dansNest infini.
3.a) Soient a et b des séquences de même longueur `. On définit les polynômes U et V par U = 1
2(Pa +Pb) et V = 1
2(Pa−Pb). La fonctionga,b définie sur R∗ par
ga,b(x) =U(x)U(x−1) +V(x)V(x−1) s’exprime aussi par
ga,b(x) = 1
4 Pa(x) +Pb(x)
Pa(x−1) +Pb(x−1) +1
4 Pa(x)−Pb(x)
Pa(x−1)−Pb(x−1) ga,b(x) = 1
4 Pa(x)Pa(x−1) +Pb(x)Pb(x−1) +1
4 Pa(x)Pb(x−1) +Pb(x)Pa(x−1) +1
4 Pa(x)Pa(x−1) +Pb(x)Pb(x−1)
−1
4 Pa(x)Pb(x−1) +Pb(x)Pa(x−1) ga,b(x) = 1
2fa,b(x)
D’après le 2.a), il est alors clair queaetbforment une paire complémentaire si et seulement siga,b est constante.
Sa valeur est alors, pour toutx6= 0,ga,b(x) =`.
3.b) On considère les séquences de longueur10
a= (1; 1;−1; 1;−1; 1;−1;−1; 1; 1) et b= (1; 1;−1; 1; 1; 1; 1; 1;−1;−1).
Pour savoir si elles forment une paire complémentaire, on applique le critère du 3.a). On a :
Pa(x) = 1 +x−x2+x3−x4+x5−x6−x7+x8+x9 et Pb(x) = 1 +x−x2+x3+x4+x5+x6+x7−x8−x9 donc
U(x) = 1 +x−x2+x3+x5 et V(x) =−x4−x6−x7+x8+x9. Par suite :
ga,b(x) = (1+x−x2+x3+x5)(1+x−1−x−2+x−3+x−5)+(−x4−x6−x7+x8+x9)(−x−4−x−6−x−7+x−8+x−9) et après calculs et simplifications, on obtient
ga,b(x) = 10
pour toutx6= 0. La fonctionga,b étant constante, on en déduit queaetb forment une paire complémentaire.
4. Soitvune séquence de longueur2m(m∈N∗). On cherche à démontrer l’équivalence des propositions suivantes : (i) 4 divise la sommev0+v1+· · ·+v2m−1.
(ii) Le nombre de coordonnées dev égales à−1 a la même parité quem.
(iii) v0v1· · ·v2m−1= (−1)m.
Notons k+ le nombre de coordonnées dev valant1et k− le nombre de coordonnées dev valant −1. On a bien sûrk++k−= 2m. Remarquons alors que
v0+v1+· · ·+v2m−1=k+×1 +k−×(−1) =k+−k−= 2m−k−−k−= 2(m−k−).
On peut maintenant démontrer facilement que (i)⇐⇒ (ii) :
Sik− a même parité quem, alorsm−k−≡0 (2)donc2(m−k−)≡0 (4), autrement dit4divisev0+v1+· · ·+ v2m−1.
Réciproquement, si4 divise v0+v1+· · ·+v2m−1, 2(m−k−)≡0 (4)puism−k− ≡0 (2)donc le nombre de coordonnées dev valant−1a la même parité quem.
Ceci démontre l’équivalence entre (i) et (ii).
Démontrons maintenant l’équivalence entre (ii) et (iii), en remarquant que les coordonnées dev valant1ou−1, on av0v1· · ·v2m−1= (−1)k− :
Si le nombre de coordonnées devégales à−1, c’est-à-direk−, a la même parité quem, alors il s’écritk− =m+2n.
D’où
v0v1· · ·v2m−1= (−1)m+2n = (−1)m.
Réciproquement, siv0v1· · ·v2m−1 = (−1)m, alors (−1)k− = (−1)m donc(−1)k−−m= 1et par suite k−−m≡ 0 (2): le nombre de coordonnées dev égales à−1 a la même parité quem.
On a finalement (i)⇐⇒(ii)⇐⇒ (iii).
5. Soit `∈ L, ` ≥1 et soient aet b deux séquences de longueur` formant une paire complémentaire. Pour tout i∈ {0, . . . , `−1}, on posexi=aibi.
5.a) Soitj∈ {1, . . . , `−1} fixé et soitv la séquence de longueur2(`−j)définie par :
v0=a0aj, v1=a1aj+1, . . . , v`−j−1=a`−1−ja`−1, v`−j=b0bj, v`−j+1=b1bj+1, . . . , v2(`−j)−1=b`−1−jb`−1.
Puisque aet bforment une paire complémentaire, on a
`−1−j
X
i=0
(aiai+j+bibi+j) = 0,
c’est-à-dire
`−1−j
X
i=0
aiai+j+
`−1−j
X
i=0
bibi+j = 0ou encore
`−1−j
X
i=0
vi+
2(`−j)−1
X
i=`−j
vi= 0. Finalement, la somme des coor- données de v est nulle. Comme v est une séquence de longueur paire, on peut appliquer les équivalences de la question 4. On en déduit que
2(`−j)−1
Y
k=0
vk= (−1)`−j, soit
`−1−j
Y
k=0
vi ×
2(`−j)−1
Y
k=`−j
vi= (−1)`−j,
ou encore
`−1−j
Y
k=0
akak+j ×
`−1−j
Y
k=0
bkbk+j = (−1)`−j, ce qui s’écrit enfin
`−1−j
Y
k=0
xkxk+j = (−1)`−j.
5.b) D’après le 5.a), on a, pour toutj0∈ {0, . . . , `−1},
`−1−j0
Y
k=0
xkxk+j0 = (−1)`−j0. Pour j0=`−1, cela donnex0x`−1=−1.
Pour j0=`−2, cela donnex0x`−2×x1x`−1= 1; or x0x`−1=−1 doncx1x`−2=−1.
Procédons alors par récurrence surj. Nous venons de vérifier que pourj= 0et j= 1on a bienxjx`−1−j=−1.
Supposons le résultat vrai pour tout j≤j0et appliquons la formule ci-dessus à j0=`−j0−2 :
j0+1
Y
k=0
xkxk+`−j0−2= (−1)j0+2
xj0+1x`−j0−2
j0
Y
k=0
xk
! j0+1 Y
k=1
xk+`−j0−2
!
= (−1)j0+2
xj0+1x`−j0−2 j0
Y
k=0
xk
! j0+1
Y
k=1
x`−1−(j0+1−k)
!
= (−1)j0+2.
En effectuant le changement d’indicek:=j0+ 1−k dans le dernier produit, il vient :
xj0+1x`−j0−2
j0
Y
k=0
xk
! j0 Y
k=0
x`−1−k
!
= (−1)j0+2
xj0+1x`−j0−2
j0
Y
k=0
xkx`−1−k= (−1)j0+2.
D’après l’hypothèse de récurrence, chacun desxkx`−1−k apparaissant dans ce produit vaut −1. On en déduit xj0+1x`−j0−2×(−1)j0+1= (−1)j0+2
et donc
xj0+1x`−1−(j0+1)=−1.
La propriété est donc encore vérifiée au rangj0+ 1, et finalement, pour toutj∈ {0, . . . , `−1}, xjx`−1−j=−1.
5.c) Si`est impair, on l’écrit`= 2p+ 1avecp∈N∗. Dès lors, en appliquant le résultat ci-dessus avecj =p, il vient x2p=−1, ce qui est impossible puisquexp ∈ {±1}!
Donc`est pair.
Deuxième partie On définit deux suites de polynômes(Pn)n∈
Net (Qn)n∈
Npar les conditions initiales P0(X) =Q0(X) = 1
et les relations de récurrence
Pn+1(X) =Pn(X) +X2nQn(X), (4) Qn+1(X) =Pn(X)−X2nQn(X). (5) 6.a) D’après les relations de récurrence :
P1(X) =P0(X) +XQ0(X) = 1 +X, Q1(X) =P0(X)−XQ0(X) = 1−X,
P2(X) =P1(X) +X2Q1(X) = 1 +X+X2(1−X) =−X3+X2+X+ 1, Q2(X) =P1(X)−X2Q1(X) = 1 +X−X2(1−X) =X3−X2+X+ 1.
6.b) Le calcul des deux premiers termes de chaque suite permet de deviner son expression. Ensuite, une simple démonstration par récurrence permet d’obtenir à moindre frais le résultat. Voici une méthode plus fastidieuse mais qui fonctionne à tous les coups.
En évaluant en1 les relations de récurrence données, on obtient le système suivant : Pn+1(1) = Pn(1) +Qn(1)
Qn+1(1) = Pn(1)−Qn(1) que l’on écrit sous forme matricielle :
Pn+1(1) Qn+1(1)
=1 1
1 −1
Pn(1) Qn(1)
.
NotonsA=1 1
1 −1
. On en déduit : Pn(1)
Qn(1)
=A
Pn−1(1) Qn−1(1)
=A2
Pn−2(1) Qn−2(1)
=· · ·=An
P0(1) Q0(1)
.
Donc, pour exprimerPn(1)etQn(1)en fonction den, il faut calculerAn. Pour ce faire, diagonalisonsA.
det(λI−A) =
λ−1 −1
−1 λ+ 1
= (λ−1)(λ+ 1)−1 =λ2−2 = (λ−√
2)(λ+√ 2).
Les valeurs propres deAsontλ1=√
2 et λ2=−√
2. PuisqueA admet deux valeurs propres distinctes, elle est effectivement diagonalisable.
RésolvonsAX=√ 2X :
x+y = √ 2x x−y = √
2y Il vienty= (√
2−1)x. On peut par exemple prendre comme premier vecteurX+= 1
√2−1
. On a alors
Ker A−√
2I
=Vect(X+).
Résolvons de même AX=−√ 2X :
x+y = −√ 2x x−y = −√
2y Il vientx= (1−√
2)y. On peut donc prendre comme deuxième vecteurX−=
1−√ 2 1
. On a alors
Ker A+√
2I
=Vect(X−).
On se place maintenant dans la nouvelle base(X+;X−)et on considère alors la matriceP = 1 1−√2
√
2−1 1
, qui est la matrice de passage de l’ancienne base deR2 à cette nouvelle base.
On a P−1= 1 4−2√
2
1 √2
−1 1−√
2 1
et
P−1AP = ∆ =√2 0
0 −√ 2
.
On a ainsi diagonalisé la matrice A. Pour calculerAn, on utilise cette diagonalisation. On a en effet : An= (P∆P−1)n=P∆P−1P∆P−1P∆P−1· · ·P∆P−1=P∆nP−1
et comme∆ est diagonale,∆n se calcule facilement :
∆n=√2 0
0 −√ 2
n
=√2n
0 0 (−√
2)n
puis
An=P
√2n 0 0 (−√
2)n
!
P−1= 1 4−2√
2
1 1
−√
√ 2
2−1 1
√2n
0 0 (−√
2)n
1 √2
−1 1−√
2 1
. Après multiplications matricielles, il vient
An=
√2n 4−2√
2
1 + (−1)n(3−2√
2) (1−√
2)((−1)n−1) (1−√
2)((−1)n−1) 3−2√
2 + (−1)n
puis
Pn(1) Qn(1)
=An
P0(1) Q0(1)
=An 1
1
. D’où
Pn(1) =
√2n 4−2√
2
1 + (−1)n(3−2√
2) + (1−√
2) ((−1)n−1)
Qn(1) =
√2n 4−2√
2
(1−√
2) ((−1)n−1) + 3−2√
2 + (−1)n
Pour expliciter davantage, distinguons les casnpair ou impair :
• Si n= 2k, aveck∈N, alors
Pn(1) = 2k= 2n2 et Qn(1) = 2k = 2n2.
• Si n= 2k−1, avecn∈N∗, alors
Pn(1) = 2k = 2n+12 et Qn(1) = 0.
On procède exactement de la même façon pour Pn(−1) et Qn(−1) en remarquant toutefois que pour tout n supérieur ou égal à 1, on a :
Pn+1(−1) Qn+1(−1)
=1 1
1 −1
Pn(−1) Qn(−1)
=A
Pn(−1) Qn(−1)
donc
Pn(−1) Qn(−1)
=An−1
P1(−1) Q1(−1)
=An−1 0
2
. On peut remplacer An−1 par son expression :
Pn(−1) Qn(−1)
=
√2n−1 4−2√
2
1 + (−1)n−1(3−2√
2) (1−√
2)((−1)n−1−1) (1−√
2)((−1)n−1−1) 3−2√
2 + (−1)n−1
0 2
et on en déduit
Pn(−1) =
√2n
2 ((−1)n+ 1) Qn(−1) =
√2n 2(√
2−1) 3−2√
2−(−1)n
Là encore, on peut donner des expressions plus condensées en distinguant les casnpair ou impair :
• Si n= 2k, aveck∈N, alors
Pn(−1) = 2k = 2n2 et Qn(−1) =−2k=−2n2.
• Si n= 2k−1, avecn∈N∗, alors
Pn(−1) = 0 et Qn(−1) = 2k = 2n+12 . 7. Justifions déjà par une récurrence que le degré des polynômesPn etQn est 2n−1:
• Pourn= 0, le degré deP0 etQ0 est bien0 = 20−1.
• Pourn= 1, le degré deP1 etQ1 est bien1 = 21−1 (voir 6.a)).
• Supposons le résultat vrai au rangn et démontrons le alors au rangn+ 1. Observons pour cela les relations de récurrence :
Pn+1(X) =Pn(X) +X2nQn(X), Qn+1(X) =Pn(X)−X2nQn(X).
Le degré dePn etQn est2n−1d’après l’hypothèse de récurrence. On en déduit que le polynômeX2nQn est de degré2n+ 2n−1 = 2n+1−1. Par conséquent le degré dePn+1 etQn+1 est bien2n+1−1.
Ainsi, pour tout entier natureln, le degré dePn etQn est2n−1.
Remarquons également, toujours à l’aide des relations de récurrence, quePn+1(0) =Pn(0) =· · ·=P0(0) = 1 et Qn+1(0) =Qn(0) =· · ·=Q0(0) = 1 donc les termes constants des polynômesPn etQn valent toujours1.
Justifions par une autre récurrence le fait que les polynômesPn etQn soient séquentiels.
• C’est clairement le cas pourn= 0et n= 1.
• Supposons le résultat vrai au rang n.
Observons à nouveau les relations de récurrence :
Pn+1(X) =Pn(X) +X2nQn(X), Qn+1(X) =Pn(X)−X2nQn(X).
Le terme dominant dePn est±X2n−1.
Le terme constant de Qn est 1. Donc le terme de plus bas degré de X2nQn est X2n; il est donc de degré consécutif au degré de Pn. Les coefficients des polynômes Pn et Qn ne sont donc jamais additionnés ou soustraits, mais simplement « juxtaposés ».
Par conséquent, siPn etQn sont séquentiels, alorsPn+1 etQn+1 aussi.
Finalement, pour tout entier natureln, les polynômesPn et Qn sont séquentiels.
Démontrons enfin quePn etQn forment une paire complémentaire. Pour cela, utilisons la caractérisation du 2.
de la première partie.
Notonsfn la fonction définie à partir dePn etQn commefa,b était définie à partir dePa etPb. Alors : fn+1(x) = Pn+1(x)Pn+1(x−1) +Qn+1(x)Qn+1(x−1)
fn+1(x) =
Pn(x) +x2nQn(x) Pn(x−1) +x−2nQn(x−1) +
Pn(x)−x2nQn(x) Pn(x−1)−x−2nQn(x−1) fn+1(x) = Pn(x)Pn(x−1) +x2nQn(x)Pn(x−1) +x−2nQn(x−1)Pn(x) +Qn(x)Qn(x−1)
+Pn(x)Pn(x−1)−x2nQn(x)Pn(x−1)−x−2nQn(x−1)Pn(x) +Qn(x)Qn(x−1) fn+1(x) = 2 Pn(x)Pn(x−1) +Qn(x)Qn(x−1)
= 2fn(x).
On en déduit que, pour tout entier naturel n,
fn(x) = 2nf0(x) = 2n(1×1 + 1×1) = 2n+1.
Ainsi, pour tout entier natureln,fn est constante, doncPn et Qn forment une paire complémentaire.
Les séquences associées àPn etQn sont de longueur2n(il y a2n coefficients dansPn etQn), donc on en déduit que2n appartient àLpour tout entier natureln.
8. On raisonne à nouveau par récurrence surn.
• Pourn= 0, on aP0(X) = 1,Q0(X) = 1et (−1)0z20−1P0(−z−1) = 1 =Q0(z).
• Supposons le résultat vrai au rang n.
évaluons enz la deuxième relation de récurrence définissant les polynômesPn etQn : Qn+1(z) =Pn(z)−z2nQn(z).
Or, par hypothèse de récurrenceQn(z) = (−1)nz2n−1Pn(−z−1)donc
Qn+1(z) =Pn(z)−z2n(−1)nz2n−1Pn(−z−1).
Calculons alors :
Pn+1(−z−1) =Pn(−z−1) + (−z−1)2nQn(−z−1) =Pn(−z−1) +z−2nQn(−z−1) d’où
z2n+1−1Pn+1(−z−1) =z2n+1−1Pn(−z−1) +z2n−1Qn(−z−1) puis
(−1)n+1z2n+1−1Pn+1(−z−1) = (−1)n+1z2n+1−1Pn(−z−1)−(−1)nz2n−1Qn(−z−1) (−1)n+1z2n+1−1Pn+1(−z−1) =−z2nh
(−1)nz2n−1Pn(−z−1)i
−(−1)nz2n−1(−1)n(−z−1)2n−1Pn(z) (−1)n+1z2n+1−1Pn+1(−z−1) =−z2nQn(z) +Pn(z).
Finalement
(−1)n+1z2n+1−1Pn+1(−z−1) =Qn+1(z).
La relation est donc encore vérifiée au rangn+ 1et ainsi pour tout entiern.
9.a) SoitT un polynôme quelconque deC[X], de degré exactementd,d≥1. On l’écritT(X) =t0+t1X+· · ·+tdXd, avectd6= 0.
Soitzune racine deT. AlorsT(z) = 0donct0+t1z+t2z2+· · ·+tdzd = 0, d’oùzd=−t0
td−t1
tdz− · · · −td−1 td zd−1. En passant aux modules et en utilisant l’inégalité triangulaire, il vient
|z|d ≤
t0
td
+
t1
td
|z|+· · ·+
td−1
td
|z|d−1.
• Si |z| ≤1, alors clairement|z| ≤1 + sup
0≤i≤d−1
ti td
.
• Si |z|>1, puisque pour touti∈ {0, . . . , d−1}, ti
td
≤ sup
0≤i≤d−1
ti
td
, on écrit
|z|d≤ 1 +|z|+· · ·+|z|d−1 sup
0≤i≤d−1
ti
td
|z|d≤
|z|d−1
|z| −1
sup
0≤i≤d−1
ti
td
et puisque|z|>1, en multipliant de chaque côté par|z| −1et en divisant par |z|d, il vient :
|z| −1≤
|z|d−1
|z|d
sup
0≤i≤d−1
ti td
< sup
0≤i≤d−1
ti td
et finalement
|z| ≤1 + sup
0≤i≤d−1
ti
td
.
9.b) Soit z une racine complexe du polynômePnQn. Alorsz est une racine de Pn ou une racine deQn. D’après le 9.a), appliqué àPn ouQn, on obtient
|z| ≤1 + sup
0≤i≤2n−2
ti
t2n−1
où lestireprésentent les coefficients du polynômePnouQn, selon. Or ces polynômes sont séquentiels, c’est-à-dire que tous leurs coefficients valent±1. Doncsup
i
ti
t2n−1
= 1 et par conséquent|z| ≤2.
Par ailleurs, on a démontré au 8. que
Qn(z) = (−1)nz2n−1Pn(−z−1).
Si (PnQn)(z) = 0, alors :
— soitPn(z) = 0(z= 0est impossible puisque le terme constant dePnest non nul), auquel casQn(−z−1) = 0;
— soitQn(z) = 0(là encorez= 0est impossible), auquel casPn(−z−1) = 0.
Dans tous les cas, −z−1 est une autre racine dePnQn. Elle vérifie donc| −z−1| ≤2 d’où|z| ≥ 1 2. Finalement, pour toute racine complexez dePnQn, on a
1
2 ≤ |z| ≤2.
Pour voir si l’on peut remplacer ces inégalités larges par des inégalités strictes, regardons déjà s’il existe des racines dePnQn de module exactement2.
Soitzune racine de PnQn. Comme tout à l’heure, c’est une racine dePn ou deQn, en tout cas d’un polynôme séquentiel. Pour certains coefficientsti égaux à ±1, on a donc
t0+t1z+· · ·+t2n−2z2n−2=−t2n−1z2n−1 et en tenant compte du fait que|ti|= 1pour touti, il vient
|z|2n−1≤1 +|z|+· · ·+|z|2n−2 soit
|z|2n−1≤|z|2n−1−1
|z| −1 . Ainsi, si|z|= 2, on obtient
22n−1≤22n−1−1 ce qui est absurde.
Il n’existe donc aucune racine de PnQn de module exactement2. Par la relation entrePn(−z−1) et Qn(z), on en déduit qu’il n’existe pas non plus de racine dePnQn de module exactement 1
2.
Dans l’encadrement obtenue de|z|, les inégalités larges peuvent donc être remplacées par des inégalités strictes.
10.a) Le polynômePn est la partie dePn+1tronquée à l’ordre2n−1, il existe donc une série entière,S(z) =
∞
X
p=0
upzp, dont lesPnsont des sommes partielles. Par ailleurs|up|= 1pour toutp, donc le rayon de convergence est égal à1 . 10.b) On aPn(z) =
2n−1
X
p=0
upzpavecup=±1.
Pour tout |z| ≤ 1
2, il vient |Pn(z)| ≥ 1−
2n−1
X
p=1
upzp
avec
2n−1
X
p=1
upzp
≤
2n−1
X
p=1
1
2p = 1−21−2n. Ainsi |Pn(z)| ≥ 2
1 2
2n .
Supposons que la somme de la sérieS ait un zéroz0 tel que|z0|< 1 2. On a |Pn(z0)|=|S(z0)−Pn(z0)| ≤
∞
X
p=2n
|z0|p= 1
1− |z0||z0|2n. On aboutit à une contradiction, puisque 1
1− |z0||z0|2n<2 1
2 2n
.
La somme de la série S n’a donc pas de zéros dans le disque ouvert de rayon1/2centré à l’origine .