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Estimations de la résolvante pour une molécule diatomique dans l'approximation de Born-Oppenheimer

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: hal-03213085

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Submitted on 30 Apr 2021

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Estimations de la résolvante pour une molécule

diatomique dans l’approximation de Born-Oppenheimer

Thierry Jecko

To cite this version:

Thierry Jecko. Estimations de la résolvante pour une molécule diatomique dans l’approximation

de Born-Oppenheimer. Communications in Mathematical Physics, Springer Verlag, 1998, 195 (3),

pp.585-612. �10.1007/s002200050403�. �hal-03213085�

(2)

Estimations de la r´ esolvante pour une mol´ ecule diatomique

dans l’approximation de Born-Oppenheimer.

Th.Jecko

1

Fachbereich Mathematik MA 7-2, Technische Universit¨ at Berlin,

D-10623 Berlin, Germany, e-mail : [email protected]

R´ esum´ e

Making use of an adiabatic operator, that takes several electronic states into account, we derive a Born-Oppenheimer approximation of the resolvent for a di- atomic molecule. This is an improvement of a result in [KMW1]. Such a resolvent approximation is useful to obtain an adiabatic approximation of total cross-sections (see [Jec2]). The strategy we use, based on Mourre’s commutator method and on a new kind of global escape function, may be carried over to control the resolvent of some matricial Schr¨ odinger operators. In the same way, we obtain a semiclassical estimate for the resolvent of the semiclassical Dirac operator with scalar electric potential, extending a result of [Ce].

1 Introduction.

En 1927, M.Born et R.Oppenheimer introduisaient ce qui allait devenir l’approximation de Born-Oppenheimer (cf. [BO]), une approche essentielle pour la chimie mol´ eculaire. En vue de d´ ecrire les niveaux d’´ energie mol´ eculaires, leur id´ ee consistait ` a profiter du fait que les rapports de la masse de l’´ electron ` a celles des noyaux sont tr` es petits, pour effectuer des d´ eveloppements en puissances de h, un petit param` etre li´ e ` a ces rapports. En th´ eorie de la diffusion, on peut reprendre cette id´ ee, se ramener ` a une ´ etude semi-classique et profiter ainsi des d´ eveloppements r´ ecents dans ce domaine.

Le pr´ esent travail est motiv´ e par l’´ etude de l’approximation de Born-Oppenheimer de sec- tions efficaces totales pour une mol´ ecule diatomique (cf. [Jec2]). Afin de pouvoir consid´ erer des processus de diffusion in´ elastiques, on am´ eliore ici l’approximation de la r´ esolvante ob- tenue dans [KMW1]. Au moyen d’un op´ erateur adiabatique, qui prend en compte plusieurs

´

etats ´ electroniques et sous une hypoth` ese de “non-croisement” des niveaux ´ electroniques correspondants, on ´ etablit la mˆ eme approximation de la r´ esolvante que dans [KMW1],

1

previous address : D´ epartement de math´ ematiques, Universit´ e de Nantes, 44072 Nantes cedex 03,

France, e-mail : [email protected]

(3)

dans une situation plus g´ en´ erale. Comme dans [KMW1], on en d´ eduit une approximation adiabatique pour certains op´ erateurs d’onde de canal.

Ces estimations semi-classiques de r´ esolvantes sont valables pr` es d’une ´ energie non-captive pour certains hamiltoniens classiques, qui ne sont pas, comme dans [W1], les sous-hamilton- iens du syst` eme ` a N -corps. Elles sont obtenues par la m´ ethode de Mourre (cf. [Mo]).

A la diff´ erence des estimations de r´ esolvantes (cf. [PSS]), utilis´ ees dans [Ra] pour l’´ etude d’op´ erateurs d’onde et dans [CT] pour celle de l’amplitude de diffusion, les poids, inter- venant dans les pr´ esentes estimations, ne contiennent pas toutes les variables (comme dans [KMW1]). D’autre part, on se limite ici au cas o` u les potentiels sont r´ eguliers alors que des singularit´ es coulombiennes sont permises dans [KMW2] et que les potentiels sont coulombiens dans [CT] et [Ra].

En ce qui concerne l’approximation de Born-Oppenheimer, introduite dans [BO], on ren- voie le lecteur aux r´ ef´ erences indiqu´ ees dans [KMSW] et [Jec1]. Pour l’approximation de Born-Oppenheimer d´ ependante du temps, de nombreux travaux ont ´ et´ e r´ ealis´ es. On peut consulter ` a ce sujet [H] ainsi que les r´ ef´ erences cit´ ees dans ce m´ emoire.

Les d´ etails de la m´ ethode du commutateur de Mourre figurent dans [Mo] et [JMP]. Dans [T] et [W2], on trouvera des informations sur l’op´ erateur de Dirac. Enfin, signalons un travail r´ ecent (cf. [No]) sur l’amplitude de diffusion pour l’op´ erateur de Dirac avec champ magn´ etique, o` u des estimations semi-classiques de la r´ esolvante sont ´ etablies.

D´ etaillons maintenant le syst` eme ´ etudi´ e. On consid` ere une mol´ ecule diatomique ` a N

´

electrons. La m´ ecanique quantique pr´ edit que le comportement de cette mol´ ecule est donn´ e par son op´ erateur d’´ energie, l’op´ erateur auto-adjoint agissant dans L

2

( R

3(N+2)

),

H ˜ = − 1

2m

1

x1

− 1

2m

2

x2

+

N+2

X

j=3

(− 1

2 ∆

xj

) + X

l<j

V

ij

(x

l

− x

j

),

o` u l’on a fix´ e la masse des ´ electrons (3 ≤ j ≤ N + 2) ` a 1 ainsi que la constante de Planck. Les masses respectives des deux noyaux, m

1

et m

2

, sont donc grandes devant 1, les fonctions r´ eelles V

lj

repr´ esentent les interactions bilat´ erales entre particules. Plus g´ en´ eralement, on suppose que l’espace des configurations, dans lequel se meuvent les particules, est de dimension n ≥ 2. L’op´ erateur pr´ ec´ edent agit donc dans L

2

( R

n(N+2)

).

Soit a = (A

1

, A

2

) une d´ ecomposition de {1, . . . , N + 2} en deux amas telle que j ∈ A

j

, pour j ∈ {1, 2}. En effectuant un changement de variables convenable et en retirant le mouvement du centre de masse, on se ram` ene ` a l’´ etude de l’op´ erateur

P (h) = −h

2

x

+ P

a

(h) + I

a

(h),

agissant dans L

2

( R

n(N+1)

) (voir la partie 2 pour les expressions pr´ ecises de P

a

(h) et I

a

(h)).

Le r´ eel positif h sera un petit param` etre (cf. (1)), l’hamiltonien interne P

a

(h) est la somme des op´ erateurs d’´ energie de chaque amas, consid´ er´ es comme isol´ es, et le potentiel inter- amas I

a

(h) rassemble les interactions entre particules appartenant ` a deux amas diff´ erents.

La variable x ∈ R

n

repr´ esente la position relative des centres de masse des amas. Ainsi

(4)

l’op´ erateur −h

2

x

correspond ` a l’´ energie cin´ etique du mouvement relatif de ces centres de masse.

Puisque le mouvement des particules l´ eg` eres, les ´ electrons, doit ˆ etre nettement plus rapide que celui des particules lourdes, les noyaux, il est naturel d’introduire un hamiltonien

´

electronique correspondant ` a l’op´ erateur d’´ energie du syst` eme constitu´ e des N ´ electrons, en interaction entre eux et plac´ es dans le champ ext´ erieur cr´ e´ e par les noyaux, dont la position relative est li´ ee au param` etre x. On consid` ere donc la famille d’op´ erateurs {P

e

(x; h), x ∈ R

n

, h ≤ h

0

} d´ efinis par

P

e

(x; h) = P

a

(h) + I

a

(x; h), ∀x ∈ R

n

, ∀h ≤ h

0

. On a

P (h) = −h

2

x

+ P

e

(h).

Les interactions bilat´ erales apparaissant dans ces op´ erateurs seront des fonctions V ∈ C

( R

n

; R ), v´ erifiant, pour un certain ρ > 0,

∀α ∈ N

n

, ∃C

α

> 0; ∀x ∈ R

n

, |∂

xα

V (x)| ≤ C

α

hxi

−ρ−|α|

(D

ρ

) (avec hxi = (1 + |x|

2

)

1/2

). On s’int´ eresse aux ´ etats du syst` eme dont l’´ evolution ressemble, asymptotiquement, ` a l’´ evolution libre d’´ etats li´ es dans A

1

et A

2

. Une telle ´ evolution est donn´ ee par la restriction ` a un sous-espace propre de P

a

(h) du propagateur de l’op´ erateur

P

a

(h) ≡ −h

2

x

+ P

a

(h).

Soient E

1

< . . . < E

r

les r premi` eres valeurs propres du spectre discret de P

a

(0), chaque E

j

´ etant de multiplicit´ e m

j

, pour j ∈ {1, · · · , r}. Pour chaque j , on suppose qu’il y a exactement m

j

“courbes” x 7→ λ

jl

(x; 0), pour l ∈ {1, · · · , m

j

}, de valeurs propres λ

jl

(x; 0) de P

e

(x; 0) (r´ ep´ et´ ees autant que leur multiplicit´ e), qui tendent vers E

j

lorsque |x| → ∞. De plus, on suppose que ces applications x 7→ λ

jl

(x; 0), ` a valeurs dans le spectre σ(P

e

(x; 0)) de P

e

(x; 0), sont globalement d´ efinies sur R

n

. Soit Π

j0

(0) le projecteur spectral de P

a

(0), associ´ e ` a E

j

, et, pour tout x ∈ R

n

, soit Π

j

(x; 0) celui de P

e

(x; 0), associ´ e aux λ

jl

(x; 0), pour l ∈ {1, · · · , m

j

}.

D´ efinition 1. Pour δ > 0 et pour tout j ∈ {1, · · · , r}, on consid` ere la condition (H

j,δ

) suivante : il existe des fonctions e

j,±

et E

j,±

et des nombres r´ eels h

j,δ

> 0 tels que, pour tout h ≤ h

j,δ

,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

x∈

inf

Rn

E

j,±

(x) − e

j,±

(x)

≥ δ.

∀x ∈ R

n

, e

j,−

(x) < E

j,−

(x) < e

j,+

(x) < E

j,+

(x),

∀x ∈ R

n

, λ

j1

(x; 0), . . . , λ

jmj

(x; 0) ∈ ]E

j,−

(x); e

j,+

(x)[,

∀x ∈ R

n

, σ

P

e

(x; h)

[e

j,−

(x); E

j,−

(x)] ∪ [e

j,+

(x); E

j,+

(x)]

= ∅.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(H

j,δ

)

(5)

Sous la condition pr´ ec´ edente, pour le mˆ eme δ et pour h

δ

= min

1≤j≤r

h

j,δ

, en notant par 1 I

]Ej,−(x),ej,+(x)[

la fonction caract´ eristique de l’intervalle ]E

j,−

(x), e

j,+

(x)[, on introduit la condition suivante. Il existe un R

0

> 0 tel que, pour tout |x| ≥ R

0

et tout h ∈ [0, h

δ

],

dim Im 1 I

]Ej,−(x),ej,+(x)[

P

e

(x; h)

!

= m

j

. (H

j,δ

)

0

Si ces conditions (H

j,δ

) et (H

j,δ

)

0

sont satisfaites, pour un certain δ > 0, on dira que E

j

v´ erifie l’hypoth` ese de stabilit´ e semi-classique.

Sous cette hypoth` ese de stabilit´ e semi-classique, pour tout j, on peut trouver une fa- mille (Γ(x))

x∈Rn

, de contours complexes ind´ ependant de h et entourant toutes les valeurs propres λ

jl

(x; 0) (1 ≤ l ≤ m

j

, 1 ≤ j ≤ r). Grˆ ace ` a ces contours, on peut exprimer, au moyen d’une formule de Cauchy, le projecteur spectral Π

0

(0) de P

a

(0), associ´ e aux valeurs propres {E

1

, . . . , E

r

}, et le projecteur spectral Π(x; 0) de P

e

(x; 0), associ´ e aux valeurs propres {λ

jl

(x; 0), 1 ≤ j ≤ r, 1 ≤ l ≤ m

j

}. Pour h suffisamment petit, on peut d´ efinir un projecteur spectral Π

0

(h) (respectivement Π(x; h)) de P

a

(h) (respectivement P

e

(x; h)) par la mˆ eme formule de Cauchy (cf. partie 2). Au moyen d’une int´ egrale directe, on d´ efinit un op´ erateur fibr´ e Π(h) par

Π(h) =

Z

⊕ Rn

Π(x; h) dx.

Maintenant, on peut introduire la partie adiabatique de P (h) P

AD

(h) = Π(h)P (h)Π(h).

Sous l’hypoth` ese (D

ρ

), pour ρ > 0, l’op´ erateur P

AD

(h) est auto-ajoint (cf. [CDS]). On note par R

AD

(z; h) sa r´ esolvante et par R(z; h) celle de P (h). L’objectif essentiel de ce travail est d’approcher la valeur au bord de la r´ esolvante R(z; h) par celle de R

AD

(z; h).

Avant d’´ enoncer le r´ esultat principal de ce travail, on introduit des notions importantes.

D´ efinition 2. Pour j ∈ {1, · · · , r}, on dit que E

j

v´ erifie la condition de “non- croisement” si les valeurs propres, qui tendent vers E

j

lorsque |x| → ∞, v´ erifient

∀x ∈ R

n

, λ

j1

(x; 0) < . . . < λ

jl(j)

(x; 0) pour un certain l(j ) ∈ {1, · · · , m

j

}.

D´ efinition 3. Etant donn´ ´ es un hamiltonien classique p : R

2n

−→ R et une ´ energie E ∈ R , on note par p

−1

(E) la surface d’´ energie E

p

−1

(E) ≡

(x, ξ) ∈ R

2n

; p(x, ξ) = E

.

On dit que l’´ energie E est non-captive pour l’hamiltonien classique p si l’on a

∀(x, ξ) ∈ p

−1

(E), lim

t→+∞

t

(x, ξ)k = ∞ et lim

t→−∞

t

(x, ξ)k = ∞,

(6)

Φ

t

d´ esignant le flot hamiltonien associ´ e ` a p et k · k la norme euclidienne sur R

2n

. Un intervalle I est dit non-captif pour l’hamiltonien classique p si toute ´ energie E ∈ I l’est.

Une fonction a : R

2n

−→ R , de classe C

1

, est une fonction fuite globale pour l’hamil- tonien classique p ` a l’´ energie E ∈ R , s’il existe > 0 et C > 0 tels que

∀(x, ξ) ∈ p

−1

]E − , E + [

, ∀t ∈ R , d dt

(a◦Φ

t

)(x, ξ)

≥ C.

Notons que, dans ce cas, l’´ energie E doit ˆ etre non-captive pour p.

Th´ eor` eme 4. On suppose que les potentiels v´ erifient (D

ρ

) pour ρ > 0. Soit E

1

< . . . <

E

r

∈ σ

disc

(P

a

(0)) les r premi` eres valeurs propres du spectre discret de P

a

(0). On sup- pose que l’hypoth` ese de stabilit´ e semi-classique (cf. D´ efinition 1) et la condition de “non- croisement” (cf. D´ efinition 2) sont satisfaites pour tout j. Soit E 6∈ {0} ∪ {E

j

, 1 ≤ j ≤ r}

une ´ energie non-captive pour chaque hamiltonien classique |ξ|

2

+ λ

jl

(x; 0), pour 1 ≤ j ≤ r et 1 ≤ l ≤ l(j) (cf. D´ efinition 3).

1. Pour tout voisinage compact Λ de E, assez petit, et pour tout s > 1/2,

khxi

−s

R

AD

(λ ± i0; h)hxi

−s

k = O(h

−1

), (1) pour h assez petit, uniform´ ement pour λ ∈ Λ.

2. On suppose que

E < E

AD

≡ inf

x∈Rn

inf

(

σ

P

e

(x; 0)

\ {λ

jl

(x; 0), ∀j, l}

)

. (2)

Pour tout voisinage compact Λ de E, assez petit, et pour tout s > 1/2, on a, pour h assez petit et uniform´ ement pour λ ∈ Λ,

hxi

−s

R(λ ± i0; h) − ΠR

AD

(λ ± i0; h)

hxi

−s

= O(1), (3)

pour ρ > 1, et

khxi

−s

R(λ ± i0; h)hxi

−s

k = O(h

−1

), (4) pour ρ > 0.

Remarque 5. Dans [KMW1], il est ´ etabli que l’estimation (1) implique l’approximation (3) (et donc aussi l’estimation (4)) pour des potentiels ` a courte port´ ee (ρ > 1). De plus, dans le Th´ eor` eme 3.2 de [KMW1], des conditions suffisantes relatives ` a un op´ erateur conjugu´ e sont d´ egag´ ees pour obtenir l’estimation (1) et cette derni` ere est d´ emontr´ ee dans le cas o` u r = 1. Ici, on obtient ces conditions suffisantes dans le cas o` u les valeurs propres E

j

, pour j > 1, ne sont pas simples (a priori).

D’autre part, signalons que la condition de non-capture sur E impose que, pour tout j , E 6∈ [inf

x,l

λ

jl

(x; 0); E

j

].

(7)

Pour l’´ etude semi-classique des op´ erateurs d’onde de canal (cf. Th´ eor` eme 17) et pour celle des sections efficaces totales (cf. [Jec2]), lorsque ρ > 1, il convient de pouvoir consid´ erer une ´ energie E telle que E > E

r

. Dans ce cas, on a besoin de la condition

E

r

< E

AD

≡ inf

x∈Rn

inf

(

σ

P

e

(x; 0)

\ {λ

jl

(x; 0), ∀j, l}

)

, (5)

pour avoir l’approximation (3) et donc l’estimation (4).

Remarque 6. En comparant ce r´ esultat avec les estimations semi-classiques de [W1], on est en droit de se demander si cette condition de “non-croisement” est superflue.

Si un croisement a lieu dans la zone classiquement interdite, c’est-` a-dire ` a une ´ energie strictement sup´ erieure ` a E, i.e.

∃k 6= l; C ≡

x ∈ R

n

; λ

jk

(x; 0) = λ

jl

(x; 0)

6= ∅

et il existe > 0 tel que, pour tout x ∈ C,

λ

jk

(x; 0) ≥ E + ,

il ne change pas le r´ esultat (mˆ eme si l’on doit introduire quelques modifications dans la preuve du Th´ eor` eme 4, cf. Remarque 16). En revanche, si des ´ energies du croisement sont inf´ erieures ` a E, il semble que l’on ne puisse pas toujours construire une fonction

“multi-fuite” globale.

Le probl` eme pourrait ˆ etre ´ eclairci par l’´ etude des r´ esonances pour des op´ erateurs de Schr¨ odinger ` a potentiel matriciel avec croisement des valeurs propres λ

j

(x) du potentiel, comme dans [Ne], mais pr` es d’une ´ energie non-captive pour chaque hamiltonien classique

|ξ|

2

+ λ

j

(x). Pour un autre aspect de ce probl` eme, voir la Remarque 1.3 dans [Jec2].

A partir de l’approximation (3) du Th´ eor` eme 4 (donc pour ρ > 1), on ´ etablit, dans la bande d’´ energie [E

r

, E

AD

], l’approximation des op´ erateurs d’onde de canal

±

(h) = s − lim

t→±∞

e

ih−1tP(h)

e

−ih−1tPa(h)

Π

0

(h) (qui existent, cf. [RS3]) par les op´ erateurs d’onde adiabatiques

AD±

(h) = s − lim

t→±∞

e

ih−1tPAD(h)

e

−ih−1tPa(h)

Π

0

(h).

Ce r´ esultat (cf. Th´ eor` eme 17) constitue une am´ elioration du r´ esultat correspondant dans [KMW1]. Signalons qu’une autre am´ elioration a ´ et´ e obtenue dans [KMW2], o` u des singu- larit´ es coulombiennes dans les potentiels sont permises.

Pour la preuve du Th´ eor` eme 4, on adopte la strat´ egie suivie dans [KMW1]. Cette strat´ egie

a ´ et´ e utilis´ ee pour la premi` ere fois dans [GM] pour obtenir une preuve rapide de l’esti-

mation semi-classique de la r´ esolvante d’op´ erateurs de Schr¨ odinger ` a deux corps, initia-

lement ´ etablie dans [RT]. Pour obtenir une estimation semi-classique de la r´ esolvante

(8)

d’un op´ erateur de Schr¨ odinger H, on utilise la m´ ethode du commutateur de Mourre (cf.

[Mo], [JMP]). Il s’agit donc de trouver un op´ erateur conjugu´ e A de sorte que le commu- tateur ih

−1

[H, A] soit strictement positif, dans un certain sens. L’id´ ee d´ evelopp´ ee dans [GM] consiste ` a construire une fonction fuite globale (cf. D´ efinition 3) pour l’hamilto- nien classique associ´ e ` a H et, en gros, de choisir comme op´ erateur conjugu´ e l’op´ erateur pseudo-diff´ erentiel de Weyl de symbole la fonction fuite globale.

Dans le pr´ esent travail, on introduit un type particulier de fonction fuite globale. ´ Etant donn´ ee une famille d’hamiltoniens classiques, on veut construire une fonction, qui soit une fonction fuite globale pour chaque hamiltonien classique, une fonction “multi-fuite”

globale. Pour les hamiltoniens classiques |ξ|

2

+ λ

jl

(x; 0) (1 ≤ j ≤ r, 1 ≤ l ≤ l(j)), in- tervenant dans le Th´ eor` eme 4, on utilise la condition de “non-croisement”, introduite dans la D´ efinition 2, pour prouver l’existence d’une telle fonction. Pourquoi ne pas sim- plement utiliser une fonction fuite pour chaque hamiltonien classique ? Parce que, dans ce cas, un terme particulier, figurant dans l’estimation de Mourre semi-classique, semble incontrˆ olable (cf. Remarque 14). A ce sujet, voir aussi la Remarque 21.

Une telle fonction “multi-fuite” globale semble ˆ etre un bon outil pour obtenir des estima- tions semi-classiques de r´ esolvante pour des op´ erateurs matriciels. Par exemple, on ´ etablit une telle estimation pour la r´ esolvante d’un op´ erateur de Schr¨ odinger ` a deux corps avec un potentiel matriciel ` a longue port´ ee. Pour l’op´ erateur de Dirac avec champ ´ electrique scalaire ` a longue port´ ee, on obtient ´ egalement un contrˆ ole semi-classique de la r´ esolvante, comme dans [Ce], mais sous des hypoth` eses plus faibles sur le potentiel. C’est l’objet du Th´ eor` eme 7. On utilise les notations de la partie 5. En particulier, on note par D l’op´ erateur de Dirac. On suppose que le champ ´ electrique scalaire V est r´ eel et satis- fait la condition (D

ρ

) pour un certain ρ > 0. Soit λ

0

> 1 une ´ energie non-captive (cf.

D´ efinition 3) pour l’hamiltonien classique hξi + V (x) telle que λ

0

>

x∈

inf

R3

V (x)

− 1. (6)

Pour tout voisinage compact Λ de λ

0

, assez petit, et pour tout s > 1/2,

hxi

−s

(λ ± i0)I

4

− D

−1

hxi

−s

= O(h

−1

), pour h assez petit et uniform´ ement pour λ ∈ Λ.

Remarque 8. Ce Th´ eor` eme 7 est encore valable si λ

0

< −1 est non-captive pour l’ha- miltonien classique −hξi + V (x) et v´ erifie

λ

0

<

x∈

inf

R3

V (x)

+ 1.

Ce travail est organis´ e de la fa¸con suivante. Dans la partie 2, on rappelle des propri´ et´ es

de base, obtenues dans [KMW1], sur les projecteurs Π(x; h). La partie 3 est d´ evolue ` a

la preuve du Th´ eor` eme 4. On obtient l’approximation adiabatique des op´ erateurs d’onde

(9)

de canal dans la partie 4. Enfin, dans la partie 5, on consid` ere le cas d’un op´ erateur de Schr¨ odinger matriciel et on am´ eliore le r´ esultat de [Ce] sur l’op´ erateur de Dirac.

REMERCIEMENTS.

L’auteur exprime sa profonde gratitude envers X.P. Wang, pour son soutient constant et ses nombreux conseils (en particulier, il signala que la m´ ethode utilis´ ee dans la partie 3 devait s’appliquer ` a l’op´ erateur de Dirac). L’auteur remercie J.M. Combes et A. Martinez pour leurs remarques et l’int´ erˆ et qu’ils ont port´ e ` a ce travail.

L’auteur tient aussi ` a remercier les membres du d´ epartement de math´ ematiques de la TU Berlin pour leur hospitalit´ e et en particulier V. Bach.

L’auteur est soutenu financi` erement par le programme europ´ een TMR de la Commission Europ´ eenne, intitul´ e :“ Network Postdoctoral training programme in partial differential equations and application in quantum mechanics”.

Table des mati` eres

1 Introduction. 1

2 Pr´ eliminaires. 8

3 Estimation semi-classique de la r´ esolvante de P . 13

4 Approximation semi-classiques des op´ erateurs d’onde de canal. 20 5 Autres utilisations d’une fonction fuite ou “multi-fuite” globale. 23

2 Pr´ eliminaires.

Dans cette partie, on introduit des notations et on ´ etablit quelques propri´ et´ es de l’hamilto- nien ´ electronique. En particulier, ces propri´ et´ es permettent de d´ efinir P

AD

comme op´ erateur auto-adjoint (cf. [CDS]). Les arguments utilis´ es ici proviennent essentiellement de [KMW1].

Tout d’abord, donnons l’expression exacte des op´ erateurs P

a

(h) et I

a

(x; h). Tandis que

la variable x ∈ R

n

rep` ere la position relative des centres de masse des amas, on prend des

coordonn´ ees atomiques dans chaque amas. On obtient ainsi N variables internes que l’on

d´ esigne par y ∈ R

nN

. Pour k ∈ {1, 2}, notons par A

0k

l’ensemble des ´ electrons de l’amas

A

k

, par |A

0k

| le cardinal de cet ensemble et par M

k

= m

k

+ |A

0k

| la masse totale de l’amas

(10)

A

k

. Le petit param` etre h est alors donn´ e par h =

1

2M

1

+ 1 2M

2

1/2

. (1)

On a

P

a

(h) =

2

X

k=1

 X

j∈A0k

− 1

2 ∆

yj

+ V

kj

(y

j

)

− 1 2m

k

X

l,j∈A0k

yl

· ∇

yj

+ 1 2

X

l,j∈A0k

V

lj

(y

l

− y

j

)

et

I

a

(x; h) = P

l∈A01,j∈A02

V

lj

(y

l

− y

j

+ x + f

2

− f

1

) + P

l∈A01

V

l2

(x − f

1

+ f

2

− y

l

)

+ P

j∈A02

V

1j

(x − f

1

+ f

2

− y

j

) + V

12

(x − f

1

+ f

2

), o` u les quantit´ es f

k

=

M1

k

P

j∈A0

k

y

j

, pour k ∈ {1, 2}, d´ ependent de h. Pour l < j, on a pos´ e V

jl

(z) = V

lj

(−z). Notons par P

HE

le terme de Hughes-Eckart suivant

P

HE

≡ −

2

X

k=1

1 2m

k

X

l,j∈A0k

yl

· ∇

yj

(le “ · ” d´ esigne le produit scalaire des gradients).

Comme l’op´ erateur P

a

(h) converge vers P

a

(0), lorsque h → 0, en norme des r´ esolvantes, il existe, pour tout j, m

j

valeurs propres E

jl

(h) de P

a

(h) qui convergent vers E

j

, quand h → 0. Soit Π

j0

(h) le projecteur spectral de P

a

(h) associ´ e ` a ces m

j

valeurs propres.

Rappelons que, dans l’introduction, on a suppos´ e que, pour tout j , m

j

valeurs propres λ

jl

(x; 0) de P

e

(x; 0) tendent vers E

j

.

Sous l’hypoth` ese de stabilit´ e semi-classique (cf. D´ efinition 1), pour tout j, on peut trouver (Γ

j

(x))

x∈Rn

, une famille de contours complexes, ind´ ependants de h, qui entourent tous les λ

jl

(x; 0) (1 ≤ l ≤ m

j

) de sorte que l’on ait

x∈

inf

Rn

d

σ(P

e

(x; h)), Γ

j

(x)

≥ δ/2,

pour tout h ∈ [0; h

δ

]. Comme λ

jl

(x; 0) → E

j

(|x| → ∞), on est en droit de choisir ces contours tels que

Γ

j

(x) =

z ∈ C ; |z − E

j

| = δ/2

≡ Γ

j

(∞), (2)

pour |x| ≥ R

1

, pour un certain R

1

≥ R

0

, ind´ ependant de j. Ainsi, pour δ et h

δ

assez petits, on peut ´ ecrire, pour tout h ∈ [0; h

δ

],

Π

j0

(h) = 1 2iπ

Z

Γj(∞)

(z − P

a

(h))

−1

dz (3)

(11)

et, pour tout x ∈ R

n

, le projecteur spectral de P

e

(x; 0), associ´ e aux valeurs propres λ

jl

(x; 0) (1 ≤ l ≤ m

j

), est donn´ e, grˆ ace ` a (H

j,δ

), par

Π

j

(x; 0) = 1 2iπ

Z

Γj(x)

(z − P

e

(x; 0))

−1

dz.

En s’appuyant encore sur (H

j,δ

), on d´ efinit, pour tout x ∈ R

n

et tout h ∈ [0; h

δ

], Π

j

(x; h) = 1

2iπ

Z

Γj(x)

(z − P

e

(x; h))

−1

dz. (4) D’apr` es (H

j,δ

)

0

, l’op´ erateur Π

j

(x; h) est, pour |x| assez grand, le projecteur spectral de P

e

(x; h), associ´ e ` a certaines valeurs propres λ

j1

(x; h), . . . , λ

jmj

(x; h), dont la multiplicit´ e totale est m

j

. Dans la Proposition 11, on montre que ces valeurs propres sont globalement d´ efinies et proches des λ

j1

(x; 0), . . . , λ

jmj

(x; 0).

De fa¸con analogue, on peut trouver (Γ(x))

x∈Rn

, une famille de contours complexes, ind´ ependants de h, qui entourent tous les λ

jl

(x; 0) (1 ≤ l ≤ m

j

, 1 ≤ j ≤ r). On peut ´ egalement les choisir de sorte que l’on ait, pour |x| assez grand,

Γ(x) =

z ∈ C ; inf

1≤j≤r

|z − E

j

| = δ/2

≡ Γ(∞). (5)

Comme dans l’introduction, on pose, pour h assez petit, Π

0

(h) = 1

2iπ

Z

Γ(∞)

(z − P

a

(h))

−1

dz, (6)

Π(x; h) = 1 2iπ

Z

Γ(x)

(z − P

e

(x; h))

−1

dz. (7)

En particulier, on a, pour tout (x; h), Π

0

(h) =

r

X

j=1

Π

j0

(h) et Π(x; h) =

r

X

j=1

Π

j

(x; h).

Donnons maintenant des propri´ et´ es de r´ egularit´ e et de d´ ecroissance ` a l’infini de ces pro- jecteurs. A partir des formules de Cauchy pr´ ec´ edentes, on voit que ce sont des fonctions C

car les potentiels le sont. Grˆ ace ` a la d´ ecroissance exponentielle des fonctions propres de l’op´ erateur P

a

(0) associ´ ees aux valeurs propres E

j

(cf. [A]), ces projecteurs poss` edent les propri´ et´ es suivantes.

Proposition 9. Sous la condition (D

ρ

) (ρ > 0) et sous l’hypoth` ese de stabilit´ e semi- classique (cf. D´ efinition 1), on a les estimations suivantes, pour tout 1 ≤ j ≤ r,

∀α ∈ N

n

, ∃D

α

> 0; ∀x ∈ R

n

,

xα

Π

j

(x; h) − Π

j0

(h)

≤ D

α

hxi

−ρ−|α|

,

∀α ∈ N

n

, ∃D

α

> 0; ∀x ∈ R

n

,

(∂

xα

I

a

)(x; h)Π

j0

(h)

+

(∂

xα

I

a

)(x; h)Π

j

(x; h)

≤ D

α

hxi

−ρ−|α|

,

(8)

(12)

Π

j

(x; h)P

e

(x; h)Π

j

(x; h) − Π

j

(x; h)P

a

(h)Π

j0

(h)

= O(hxi

−ρ

), (9) uniform´ ement pour h ∈ [0, h

δ

], h

δ

assez petit. Ici, k · k d´ esigne la norme de L(L

2

( R

nNy

)).

Les op´ erateurs Π(x; h) v´ erifient des propri´ et´ es analogues.

D´ emonstration : On suit essentiellement les arguments de [KMW1]. Voir [Jec1].

Remarque 10. Signalons une propri´ et´ e importante, commune aux fonctions r´ eguli` eres ` a valeurs projecteur. Pour tout (x; h),

Π(x; h)(∇

x

Π)(x; h)Π(x; h) = 0.

En effet, puisqu’il s’agit de projecteurs, on peut ´ ecrire 0 = Π(x; h)

x

Π

2

(x; h) − Π(x; h)

Π(x; h) = Π(x; h)(∇

x

Π)(x; h)Π(x; h).

Comme on l’a d´ ej` a signal´ e, on va voir que les valeurs propres λ

j1

(x; h), . . . , λ

jmj

(x; h) se prolongent ` a R

n

et que l’on sait les localiser. C’est l’objet de la

Proposition 11. Pour tout 1 ≤ j ≤ r, on suppose que E

j

v´ erifie l’hypoth` ese de sta- bilit´ e semi-classique (cf. D´ efinition 1) pour un r´ eel δ > 0. Pour h ∈ [0, h

δ

], h

δ

as- sez petit, pour tout x ∈ R

n

, il existe alors exactement m

j

valeurs propres de P

e

(x; h), λ

j1

(x; h), . . . , λ

jmj

(x; h), chacune r´ ep´ et´ ee autant que sa multiplicit´ e, telles que

∀l ∈< 1, m >, λ

jl

(x; h) = λ

jl

(x; 0) + O(h

2

),

uniform´ ement en x. Le spectre de l’op´ erateur P

e

(x; h) poss` ede donc la propri´ et´ e suivante.

Pour tout 1 ≤ j ≤ r, pour tout x ∈ R

n

et tout h ∈ [0, h

δ

], d {λ

j1

(x; h), . . . , λ

jmj

(x; h)}, σ

P

e

(x; h)

\ {λ

j1

(x; h), . . . , λ

jmj

(x; h)}

!

≥ δ/3. (10)

D´ emonstration : On reprend la preuve de [KMW1] et on renvoie pour certaines ´ etapes

`

a l’annexe D de [Jec1]. Cette proposition est bas´ ee sur l’estimation

j

(x; h) − Π

j

(x; 0)k = O(h

2

), uniform´ ement en x. (11) D’apr` es la relation (4), on est ramen´ e ` a ´ etudier, pour z ∈ Γ

j

(x), l’op´ erateur

P

e

(x; h) − P

e

(x; 0)

z − P

e

(x; h)

−1

. Notons tout de suite que, uniform´ ement en x et z ∈ Γ(x),

P

HE

z − P

e

(x; h)

−1

= O(h

2

).

(13)

Il reste donc ` a examiner la contribution du potentiel inter-amas I

a

qui est du type

V

x + L

h

(y) + L(y)

− V

x + L(y)

z − P

e

(x; h)

−1

o` u L

h

, L sont des applications lin´ eaires de R

nN

dans R

n

avec kL

h

k = O(h

2

) et L ind´ ependant de h, et o` u V v´ erifie (D

ρ

). On pense utiliser une formule de Taylor en h. On voit alors apparaˆıtre un terme L

h

(y) que l’on “absorbe” en projettant sur ImΠ

j

(x; h), grˆ ace ` a la d´ ecroissance exponentielle des fonctions propres de P

a

(0), associ´ ees ` a la valeur propre E

j

(cf. [A]). On obtient ainsi

Π

j

(x; h) − Π

j

(x; 0)

Π

j

(x; h)

+

Π

j

(x; h) − Π

j

(x; 0)

Π

j

(x; 0)

= O(h

2

), d’o` u l’on tire (11), puisque l’on manipule des projecteurs.

Pour h assez petit, Π

j

(x; h) et Π

j

(x; 0) ont mˆ eme rang, pour tout x ∈ R

n

. Le projecteur Π

j

(x; h) est donc le projecteur spectral de P

e

(x; h) associ´ e ` a λ

j1

(x; h), . . . , λ

jmj

(x; h), m

j

valeurs propres, chacune r´ ep´ et´ ee autant que sa multiplicit´ e. L’hypoth` ese de stabilit´ e semi- classique implique la propri´ et´ e (10) pour P

e

(x; h).

On montre maintenant que les λ

jl

(x; h) sont proches des λ

jl

(x; 0). Des arguments pr´ ec´ edents r´ esulte aussi l’estimation

P

e

(x; h) − P

e

(x; 0)

Π

j

(x; 0)

+

P

e

(x; h) − P

e

(x; 0)

Π

j

(x; h)

= O(h

2

), qui permet, conjointement avec (11), d’´ ecrire

Π

j

(x; h)P

e

(x; h)Π

j

(x; h) − Π

j

(x; 0)P

e

(x; 0)Π

j

(x; 0)

= O(h

2

).

En utilisant une formule de “minimax”, on obtient le r´ esultat cherch´ e (cf. [Jec1]).

Sous l’hypoth` ese de “non-croisement” pour chaque j , il y a l(j) fonctions λ

jl

(·; 0) qui tendent vers E

j

` a l’infini et chaque λ

jl

(·; 0) est de multiplicit´ e constante. On peut donc contruire une famille {Γ

jl

(x), x ∈ R

n

} de contours dans C telle que

Π

jl

(x; 0) = 1 2iπ

Z

Γjl(x)

(z − P

e

(x; 0))

−1

dz

soit le projecteur spectral associ´ e ` a λ

jl

(x; 0). Ces projecteurs sont aussi de classe C

ainsi que les valeurs propres correspondantes en vertu de la relation

λ

jl

(x; 0) = 1 m

j

T r

Π

jl

(x; 0)P

e

(x; 0)

o` u T r d´ esigne la trace. A la diff´ erence des contours pr´ ec´ edents, le p´ erim` etre de ceux-ci tend vers 0 lorsque x tend vers l’infini (si la valeur propre E

j

est multiple). Malgr´ e cela, ces valeurs propres λ

jl

(x; 0) v´ erifient la condition (D

0ρ

) suivante

∀α ∈ N

n

; |α| ≤ 1, ∃C

α

> 0; ∀x ∈ R

n

,

xα

λ

jl

(x; 0) − E

j

≤ C

α

hxi

−ρ−|α|

, (D

0ρ

)

(14)

(il s’agit du ρ de l’hypoth` ese (D

ρ

) v´ erifi´ ee par les potentiels). Pour confirmer ce point, on va s’appuyer sur [K]. Comme dans la preuve de la Proposition 11, les λ

j

(x; 0) sont, pour

|x| assez grand, les valeurs propres de la matrice sym´ etrique M(x) repr´ esentant P

e

(x; 0) dans la base (Π(x; 0)φ

k

)

1≤k≤m

, o` u (φ

k

)

1≤k≤m

est une base orthonorm´ ee de ImΠ

0

(0). Les coefficients a

kl

(x) de M (x) v´ erifient

xα

a

kl

(x) − δ

kl

= O(hxi

−ρ−|α|

)

pour tout α ∈ N

n

grˆ ace ` a la Proposition 9. D’apr` es [K] page 111, les λ

j

(x; 0) v´ erifient la condition (D

0ρ

).

Enfin, l’op´ erateur P (h) est auto-adjoint sur le domaine du laplacien dans L

2

( R

n(N+1)

), not´ e D(P (h)). En utilisant la Proposition 9 et les arguments de [CDS], on v´ erifie (cf.

[Jec1]) que les op´ erateurs

P

AD

(h) = Π(h)P (h)Π(h) et P

jAD

(h) = Π

j

(h)P (h)Π

j

(h), pour tout j, sont auto-adjoints sur les domaines respectifs

φ ∈ L

2

( R

n(N+1)

); Π(h)φ ∈ D

P (h)

,

φ ∈ L

2

( R

n(N+1)

); Π(h)φ ∈ D

P (h)

.

3 Estimation semi-classique de la r´ esolvante de P .

L’objet de cette partie est d’´ etablir, dans les conditions de la partie 2 pr´ ec´ edente, l’approxi- mation adiabatique de la r´ esolvante totale pour certaines ´ energies (cf. Th´ eor` eme 4). A la diff´ erence de [KMW1] o` u le projecteur Π est de rang 1, on est amen´ e ici ` a construire une fonction “multi-fuite” globale, c’est-` a-dire une fonction qui est simultan´ ement une fonction fuite globale pour plusieurs hamiltoniens classiques.

Pour obtenir le Th´ eor` eme 4, on montre l’estimation de Mourre suivante.

Proposition 12. On suppose que les potentiels v´ erifient (D

ρ

) pour un r´ eel ρ > 0. Soit E

1

< . . . < E

r

∈ σ

disc

(P

a

(0)) v´ erifiant chacune l’hypoth` ese de stabilit´ e semi-classique (cf.

D´ efinition 1) et l’hypoth` ese de “non-croisement” (cf. D´ efinition 2). Pour toute ´ energie E 6∈ {0} ∪ {E

j

, 1 ≤ j ≤ r}, non-captive pour chaque hamiltonien classique |ξ|

2

+ λ

jl

(x; 0) (cf. D´ efinition 3), 1 ≤ j ≤ r et 1 ≤ l ≤ l(j), il existe un op´ erateur F

AD

(h) tel que

[P

AD

(h), F

AD

(h)], F

AD

(h)

(P

AD

(h) + i)

−1

= O(h

2

), (1) qui v´ erifie l’estimation de Mourre

χ

P

AD

(h)

i[P

AD

(h), F

AD

(h)]χ

P

AD

(h)

≥ αhχ

2

P

AD

(h)

(2)

avec χ = 1 I

]E−δ,E+δ[

, δ > 0 et α > 0 ind´ ependants de h.

(15)

D´ emonstration : L’hypoth` ese de non-capture impose, pour tout j, E 6∈ [inf

x,l

λ

jl

(x; 0); E

j

].

Soit s le plus grand entier j tel que E

j

< E. On adopte la strat´ egie utilis´ ee dans [KMW1].

Pour chaque hamiltonien classique |ξ|

2

jl

(x; 0)−E

j

, il est naturel de construire une fonc- tion fuite globale (cf. D´ efinition 3) comme dans [GM]. Cependant, on pr´ ef` ere construire ici une fonction a qui soit une fonction fuite globale pour chaque hamiltonien classique

|ξ|

2

+ λ

jl

(x; 0) − E

j

(j ≤ s) ` a l’´ energie E − E

j

> 0. Sous les hypoth` eses de cette Proposi- tion 12, l’existence d’une telle fonction “multi-fuite” globale est donn´ ee par le

Lemme 13. On consid` ere des potentiels (V

j

)

1≤j≤q

de C

( R

n

; R ), v´ erifiant (D

ρ0

) pour un r´ eel ρ > 0. Pour tout j, soit λ

j

> 0 une ´ energie de non-capture pour l’hamiltonien classique p

j

(x, ξ) = |ξ|

2

+ V

j

(x). Sous l’hypoth` ese de “non-croisement”

j 6= k = ⇒

∀x ∈ R

n

, V

j

(x) − λ

j

6= V

k

(x) − λ

k

(3) il existe une fonction qui est, simultan´ ement pour tout j , une fonction fuite globale ` a l’´ energie λ

j

pour l’hamiltonien p

j

(cf. D´ efinition 3).

D´ emonstration : D’apr` es [GM], il existe R > 0, C

0

> 0 et > 0 tels que, pour tout j, – {p

j

, x · ξ} ≥ λ

j

/2 pour |x| ≥ R et (x, ξ) ∈ p

−1j

(]λ

j

− ; λ

j

+ [),

– il existe a

j

∈ C

( R

2n

) de la forme :

a

j

(x, ξ) = x · ξ + C

j

χ

j

(x)f

j

(x, ξ) o` u C

j

> 0, χ

j

∈ C

0

( R

n

), χ

j

f

j

∈ C

0

( R

2n

), et telle que

{p

j

, a

j

} ≥ C

0

sur p

−1j

(]λ

j

− ; λ

j

+ [).

Soient R

0

≡ max

j

sup{|x|; x ∈ suppχ

j

} > R et R

> R

0

. Grˆ ace ` a l’hypoth` ese de “non- croisement” (3), on va montrer qu’il existe α > 0 tel que, pour tout assez petit et pour (V

j

, λ

j

) 6= (V

k

, λ

k

), la distance

d

(x, ξ); |x| ≤ R

∩p

−1j

j

−; λ

j

+[

,

(x, ξ); |x| ≤ R

∩p

−1k

k

−; λ

k

+[

 ≥ α.

(4) Posons

K = max

j

sup

|x|≤R

|V

j

(x)| et K

j

= sup

|x|≤R

kV

j0

(x)k.

D’apr` es (3), il existe un δ > 0 tel que

|x| ≤ R

= ⇒

 ∀j 6= k,

V

j

(x) − λ

j

− V

k

(x) + λ

k

≥ δ

 .

(16)

Prenons < δ/2 et η, r > 0. Supposons qu’il existe des couples (x, ξ) ∈

(y, η); |y| ≤ R

∩ p

−1j

j

− ; λ

j

+ [

,

(x

0

, ξ

0

) ∈

(y, η); |y| ≤ R

∩ p

−1k

k

− ; λ

k

+ [

pour j 6= k, tels que |ξ − ξ

0

| < η, |x − x

0

| < r. On a donc

0

|

2

− |ξ|

2

≤ |ξ

0

− ξ| · |ξ

0

+ ξ| ≤ η

j

+ + K)

1/2

+ (λ

k

+ + K )

1/2

. D’une part,

V

j

(x) − λ

j

V

k

(x

0

) − λ

k

p

j

(x, ξ) − λ

j

p

k

(x

0

, ξ

0

) − λ

k

+

0

|

2

− |ξ|

2

≤ 2 + η

j

+ + K )

1/2

+ (λ

k

+ + K)

1/2

et d’autre part,

V

j

(x) − λ

j

V

k

(x

0

) − λ

k

V

j

(x

0

) − λ

j

V

k

(x

0

) − λ

k

− |V

j

(x) − V

j

(x

0

)| ≥ δ − rK

j

. Pour r et η assez petits, on a une contradiction. Par cons´ equent, il existe un α > 0 pour lequel l’implication (4) est vraie, pour tout assez petit.

Grˆ ace ` a cette propri´ et´ e, on peut construire, pour assez petit, une partition de l’unit´ e (t

j

)

1≤j≤q

sur R

2n

(i.e P t

j

= 1) telle que, pour tout j, 0 ≤ t

j

≤ 1, t

j

∈ C

( R

2n

) et

– t

j

= 1 sur

(x, ξ); |x| ≤ R

∩ p

−1j

j

− ; λ

j

+ [

, – t

j

= 0 sur

(x, ξ); |x| ≤ R

∩ p

−1k

k

− ; λ

k

+ [

pour tout k 6= j.

On pose a = P t

j

a

j

et on v´ erifie que cette fonction convient. Sur p

−1j

j

− ; λ

j

+ [

, {p

j

, a} =

q

X

k=1

{p

j

, C

k

t

k

χ

k

f

k

} + {p

j

, x · ξ}.

Si |x| ≤ R

alors

{p

j

, a} = {p

j

, C

j

t

j

χ

j

f

j

} + {p

j

, x · ξ} = {p

j

, a

j

} ≥ C

0

. Si |x| > R

alors

{p

j

, a} = {p

j

, x · ξ} ≥ λ

j

/2 car R

> R

0

et pour |x| > R

0

, x 6∈ suppχ

k

, pour tout k.

Poursuivons la preuve de la Proposition 12. Grˆ ace aux hypoth` eses de “non-croisement”

(cf. D´ efinition 2) et de stabilit´ e semi-classique (cf. D´ efinition 1), pour tout j, l 6= l

0

= ⇒

∀x ∈ R

n

, λ

jl

(x; 0) − E

j

− (E − E

j

) 6= λ

jl0

(x; 0) − E

j

− (E − E

j

)

,

(17)

j 6= j

0

= ⇒

∀x ∈ R

n

, ∀l, l

0

, λ

jl

(x; 0) − E

j

− (E − E

j

) 6= λ

j0l0

(x; 0) − E

j0

− (E − E

j0

)

. On peut donc appliquer le Lemme 13 aux hamiltoniens classiques p

jl

(x, ξ) − E

j

= |ξ|

2

+ λ

jl

(x; 0) − E

j

aux ´ energies E − E

j

. Soit a la fonction “multi-fuite” globale correspondante.

D’apr` es (8) et (9), on peut choisir le R de la preuve de ce Lemme 13 de sorte que,

Π

j

(x; h)x · (∇

x

I

a

)(x; h)Π

j

(x; h)

+

j

(x; h)

P

e

(x; h) − E

j

Π

j

(x; h)

≤ E − E

j

, (5) pour tout j et pour |x| ≥ R. Soient τ

1

, τ

2

∈ C

( R

n

) telles que τ

12

+ τ

22

= 1. On impose que τ

1

vaille 1 sur {x; |x| ≤ R

0

} et soit ` a support dans {x; |x| ≤ R

}. On pose

F

AD

=

r

X

j=1

l(j)

X

l=1

τ

1

Π

jl

a

w

Π

jl

τ

1

+ τ

2

Π

j

a

w

Π

j

τ

2

 , (6) o` u a

w

l’op´ erateur h-pseudo-diff´ erentiel de symbole de Weyl a. D’apr` es la r´ egularit´ e des projecteurs Π

jl

et le choix du support de τ

1

d’une part, les propri´ et´ es des Π

j

et celles de a d’autre part, l’op´ erateur F

AD

v´ erifie (1).

On calcule le commutateur i[P

AD

, F

AD

] modulo “O(h

2

)”, o` u “O(h

2

)” (respectivement

“O(h)”) d´ esignera des op´ erateurs B P

AD

-born´ es tels que la norme de B(P

AD

+ i)

−1

soit un O(h

2

) (respectivement O(h)). D’une part, pour tout j ,

i[P

AD

, τ

2

Π

j

a

w

Π

j

τ

2

] = τ

2

Π

j

i[P, a

w

j

τ

2

+ Πi[−h

2

x

, τ

2

Π

j

]a

w

Π

j

τ

2

+ τ

2

Π

j

a

w

i[−h

2

x

, τ

2

Π

j

= τ

2

Π

j

i[P, a

w

j

τ

2

+ “O(h

2

)”

−2iΠh∇

x

· h

x

2

Π

j

)

a

w

Π

j

τ

2

− 2iτ

2

Π

j

a

w

h

x

2

Π

j

)

· h∇

x

Π.

La somme, pour 1 ≤ j ≤ r, des termes faisant intervenir (∇

x

Π

j

) forme un op´ erateur h-pseudo-diff´ erentiel de symbole principal

−2τ

22

(x)a(x, ξ)ξ ·

r

X

j=1

Π(x)

(∇

x

Π

j

)(x)Π

j

(x) + Π

j

(x)(∇

x

Π

j

)(x)

Π(x), qui est nul car

r

X

j=1

Π(x)

(∇

x

Π

j

)(x)Π

j

(x) + Π

j

(x)(∇

x

Π

j

)(x)

Π(x) =

r

X

j=1

Π(x)(∇

x

Π

j

)(x)Π(x) (7)

= Π(x)(∇

x

Π)(x)Π(x) = 0, d’apr` es la Remarque 10. Comme les commutateurs [Π

j

, a

w

], [Π

j

, h∇

x

] sont des “O(h)”,

r

X

j=1

i[P

AD

, τ

2

Π

j

a

w

Π

j

τ

2

] =

r

X

j=1

τ

2

Π

j

i[P, a

w

j

τ

2

+ “O(h

2

)”

−2i

r

X

j=1

Πh∇

x

· (h∇τ

2

j

a

w

Π

j

τ

2

+ τ

2

Π

j

a

w

Π

j

(h∇τ

2

) · h∇

x

Π

!

=

r

X

j=1

τ

2

Π

j

i[P, a

w

j

τ

2

+ “O(h

2

)”

−2i

r

X

j=1

Πh∇

x

· (h∇τ

2

2

Π

j

a

w

Π

j

+ Π

j

a

w

Π

j

τ

2

(h∇τ

2

) · h∇

x

Π

!

(18)

car le commutateur [τ

2

, a

w

] est “O(h)”. Comme τ

2

est nulle au voisinage du support de χ

j

(cf. Lemme 13), pour tout j , on peut en fait remplacer a

w

par Op

wh

(x · ξ), l’op´ erateur h-pseudo-diff´ erentiel de symbole de Weyl x · ξ. D’autre part, on peut ´ ecrire

r

X

j=1

l(j)

X

l=1

i[P

AD

, τ

1

Π

jl

a

w

Π

jl

τ

1

]

 =

r

X

j=1

l(j)

X

l=1

τ

1

Π

jl

i[P, a

w

jl

τ

1

 +“O(h

2

)” +

r

X

j=1

l(j)

X

l=1

−2iΠh∇

x

· h

x

1

Π

jl

)

a

w

Π

jl

τ

1

−2iτ

1

Π

jl

a

w

h

x

1

Π

jl

)

· h∇

x

Π

 .

Les termes contenant les (∇

x

Π

jl

) forment un op´ erateur h-pseudo-diff´ erentiel admissible de symbole principal

−2ih

r

X

j=1

l(j)

X

l=1

τ

1

(x)Π(x)h(∇

x

Π

jl

)(x) · ξa(x, ξ)Π

jl

(x)τ

1

(x)

1

(x)Π

jl

(x)a(x, ξ)ξ · h(∇

x

Π

jl

)(x)Π(x)τ

1

(x)

 . (8) Comme, d’apr` es (7),

r

X

j=1

Π

j

l(j)

X

l=1

(∇

x

Π

jl

jl

+ Π

jl

(∇

x

Π

jl

)

 Π

j

=

r

X

j=1

Π(∇

x

Π

j

)Π = 0,

r

X

j=1

l(j)

X

l=1

i[P

AD

, τ

1

Π

jl

a

w

Π

jl

τ

1

]

 =

r

X

j=1

l(j)

X

l=1

τ

1

Π

jl

i[P, a

w

jl

τ

1

 + “O(h

2

)” +

r

X

j=1

l(j)

X

l=1

−2iΠh∇

x

· (h∇τ

1

jl

a

w

Π

jl

τ

1

−2iτ

1

Π

jl

a

w

Π

jl

(h∇τ

1

) · h∇

x

Π

 . En utilisant le fait que (∇τ

1

)[a

w

, Π

jl

1

= “O(h)”,

(∇τ

1

j

a

w

Π

j

τ

1

= (∇τ

1

) X

l,k

Π

jl

a

w

Π

jk

τ

1

= (∇τ

1

) X

l

Π

jl

a

w

Π

jl

τ

1

+ “O(h)”,

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