Ellipsoïde de John-Loewner
Leçons : 152,158,171, 203,219, 229, 253 Définition 1
Unellipsoïdecentré en0est une surface deRn d’équationq(x) =1oùq est une forme quadratique définie positive. On le noteEq.
Lemme 2
SiAet B sont deux matrices définies positives etα∈]0, 1[, alors det(αA+ (1−α)B)¾ (detA)α(detB)1−αavec inégalité stricte siA6=B.
Démonstration.On utilise le théorème de réduction simultanée : il existe P ∈GLn(R) tel queA=tP P etB=tP DP où D=Diag(λ1, . . . ,λn),λi >0. Ainsi, siα∈]0, 1[:
det(αA+ (1−α)B) = (detP)2 Yn
i=1
(α+ (1−α)λi). Or, ln étant strictement concave, pouri∈J1,nK,
ln(α+ (1−α)λi)¾αln(1) + (1−α)ln(λi) = (1−α)ln(λi),
d’où en sommant et en composant par exp,
n
Q
i=1(α+ (1−α)λi)¾ n
Q
i=1λi
1−α
. Mais det(A)αdet(B)1−α=detP2α+2(1−α)det(D)1−α=detP2
n Q
i=1λi
1−α
donc on a l’inéga- lité voulue.
Théorème 3
SoitK compact de Rn d’intérieur non vide. Il existe un unique ellipsoïde centré en0de volume minimal contenantK
Démonstration.On munit Rn de son produit scalaire canonique, de norme associéek · k. On note Q (resp. Q+, Q++) l’ensemble des formes quadratiques (resp. positives, définies positives) surRn.
Étape 1 : calcul du volume d’un ellipsoïde centré en0.
Soitq forme quadratique positive. Selon le théorème de réduction simultanée, il existe une base orthonorméeB deRn (pour le produit scalaire canonique) eta1, . . . ,an ¾0 tels que MB(q) =Diag(a1, . . . ,an).
Par un premier de changement de variable envoyant (x1, . . . ,xn) sur ses coordonnées dans la baseB, on voit que le volumeVq deEq est
Vq= Z
{a1u21+···+anu2n} dx. Donc, en posant u0i = p
aiui, on obtient par un nouveau changement de variable Vq = pa11. . .anV0 où V0 est le volume de la boule unité de Rn. Or le déterminant de MB(q) est
Gabriel LEPETIT 1 ENS Rennes - Université Rennes 1
D(q) =a1. . .an, et c’est une quantité invariante par changement de base orthonormée, ap- pelée discriminant. Doncq7→D(q)est une application continue surQ+, qu’on va chercher à maximiser.
Étape 2 : minimisation du discriminant.
SoitA ={q∈ Q+:∀x ∈K,q(x)¶1}. On munit l’espace vectoriel Q de la norme N :q7→ sup
kxk¶1
|q(x)|.
A est fermé: supposons que la suite(qn)∈(Q+)Nconverge versq∈ Q. Alors pour tout x ∈Rn,|qn(x)−q(x)|¶N(qn−q)kxk2 donc qn(x)−−−−→
n→+∞ q(x). En particulier,q(x)¾0 et q(x)¶1 pourx ∈K.
A est borné : Comme K est d’intérieur non vide, on peut fixer une boule B(a,r)⊂ K.
Donc siq∈ A etkxk¶r,q(a+x)¶1, de sorte que par l’inégalité de Minkowski, Æq(x) =Æ
q(a+x−a)¶
Æq(a+x) +Æ
q(a)¶2.
Ainsi, pourkxk¶1,q(x) = 1
r2q(r x)¶ 2
r2, soitN(q)¶ 2 r2.
A est non vide: en effet, on peut trouver M >0 tel que K ⊂B(0,M)et q: x 7→ kxk2 M2 est un élément deA.
Finalement,q7→D(q)est une application continue sur le compact non videA donc elle est bornée et atteint ses bornes enq0∈ Q++∩A car le discriminant est nul pour un élément deQ+\ Q++. En d’autres termes, selon l’étape 1,Eq0est un ellipsoïde centré en 0 de volume minimal contenantK.
Étape 3 : Unicité.
Supposons queq1 soit un autre point deA où le minimum est atteint. Remarquons que A est convexe, et notonsq2= q0+q1
2 ∈ A. Alors par log-concavité stricte du déterminant, D(q2)>p
D(q0)p
D(q1) =D(q0)qui est pourtant supposé maximal : c’est absurde.
Proposition 4
SiG est un sous-groupe compact deGLn(R), il existeq∈ Q++tel que G⊂O(q).
Démonstration.Soit G un sous-groupe compact de GLn(R),Bla boule unité fermée de Rn muni d’une norme euclidienne. Introduisons K = {g(x)/g ∈G,x∈B}. C’est un compact comme image de G×B par(g,x)7→ g(x)continue. De plus, B⊂K donc K est d’intérieur non vide. Soit donc Eq l’ellipsoïde de John-Loewner associée àK oùq∈ Q++.
Si g ∈ G, q0 : x 7→ q(g(x)) est définie positive et puisque g(K) = K, Eq0 contient K.
Classiquement, comme det est bornée sur G compact, on a |detg| = 1, donc q0 et q ont même discriminant. Donc selon l’étape 3 de la preuve précédente, q = q0, i.e. g ∈ O(q). Ainsi, G⊂O(q).
Remarque.On peut même montrer que les sous-groupes compacts maximaux de GLn(R) sont lesO(q)avecq∈ Q++.
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Remarquons d’abord qu’il suffit de montrer queOn(R)est un sous-groupe compact maxi- mal. En effet, si q∈ Q++, il existe une base de E dans laquelle la matrice de qest In, donc O(q)et On(R)sont conjugués.
Soit doncG compact tel queOn(R)⊂G. Soit g∈G. Par décomposition polaire, on peut écrireG=OS oùO∈On(R)etS∈ Sn++(R). DoncS=O−1g ∈G. MaisS est diagonalisable dans une base orthonormée donc on montre sans mal quekSk2=ρ(S), plus grande valeur propre de S (car les valeurs propres de S sont positives). Ainsi, les valeurs propres de S sont toutes égales à 1 puisque sinon(Sk)k∈Nou(S−k)k∈N ne seraient pas bornés. En d’autres termes, S=In et g ∈On(R), ce qu’il fallait démontrer.
Références :
• Serge FRANCINOU, Hervé GIANELLA et Serge NICOLAS (2008).Exercices de mathéma- tiques – Oraux X-ENS : Algèbre 3. Cassini, pp. 229-232
• Philippe CALDERO et Jérome GERMONI (2013). Histoires hédonistes de groupes et de géométrie. T. 1. Calvage et Mounet, p. 205 pour la remarque
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