• Aucun résultat trouvé

Théorie ensembles - Examen corrigé 1 pdf

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "Théorie ensembles - Examen corrigé 1 pdf"

Copied!
8
0
0

Texte intégral

(1)

Examen corrig´ e du Cours de logique

Exercice 1(Th´eorie des ensembles)

On travaille dans un mod`ele U de ZFC. On rappelle que laclˆoture transitive de x, not´ee ct(x) est le plus petit ensemble transitif contenantxcomme sous-ensemble.

Pour tout cardinal infiniκ,Hκd´esigne la collection des ensemblesxtels que|ct(x)|< κ.

Un cardinalκest ditfortement limite si 2λ< κd`es que λ < κ.

1. Montrer queHκ est un ensemble transitif tel queHκ⊆Vκ. 2. Montrer queκ⊆ Hκ.

3. Montrer que six, y∈ Hκ alorsS

xet {x, y} sont dansHκ.

4. Montrer (proprement) que la structure (Hκ;∈Hκ×Hκ) satisfait l’axiome de l’union et l’axiome d’ex- tensionalit´e.

5. Montrer queHω=Vω.

6. Montrer queP(ω)∈V1\ H1.

7. Soitκun cardinal r´egulier. Montrer que pour toutxles propri´et´es suivantes sont ´equivalentes : (a) x∈ Hκ;

(b) x⊆ Hκ et|x|< κ.

8. Montrer queHκ=Vκ pour tout cardinal r´egulier et fortement limiteκ.

[Indication : On pourra commencer par montrer que si α∈κalors|Vα|< κ.]

9. Soitκun cardinal r´egulier. Montrer que (Hκ;∈Hκ×Hκ) satisfait l’axiome des parties si et seulement siκest fortement limite.

Solution 1 1. On note quex7→ct(x) est donn´e par une classe fonctionnelle. Il s’en suit que Hκ est une classe. Par (AF) et un r´esultat du cours on aU |=∀x∃α x∈Vα.

Poura∈ Hκ on aλ=|ct(a)|< κ, d’o`uct(a)∈Vλ+1 (par un r´esultat du cours) et donca∈Vλ+2⊆Vκ. Cela montre queHκ⊆Vκ; en particulier,Hκest un ensemble par compr´ehension.

La transitivit´e deHκsuit deb∈a⇒ct(b)⊆ct(a).

2. Tout ordinalαest transitif. Siα∈κ, alors|α|< κcarκest un cardinal, et doncα∈ Hκpar d´efinition, d’o`u κ⊆ Hκ.

3. Soitx∈ Hκet z=S

x. Alorsct(z)⊆ct(x), d’o`u z∈ Hκ.

On a ct({x, y}) ={x, y} ∪ct(x)∪ct(y). Doncx, y∈ Hκ⇒ {x, y} ∈ Hκ. 4. SoitMκ= (Hκ;∈Hκ×Hκ) la Lens-structure induite surHκ.

Pour v´erifier (Ext), il faut montrer :Mκ|=∀x, y(∀z(z∈x↔z∈y)→x=y).˙

Pour cela, soient a, b∈ Hκ tels que pour toutc ∈ Hκ on aitc∈a ssic ∈b. Comme Hκ est transitif par (1), on a alorsc∈assic∈b pour toutc∈U, d’o`ua=b par extensionalit´e dansU.

Pour v´erifier (S

), il faut montrer : Mκ|=∀x∃z(∀y(∃u(u∈x∧y∈u)↔y∈z)).

Pour cela, il suffit de montrer

Mκ|=∀y(∃u(u∈a∧y∈u)↔y∈b) pour touta∈ Hκ, o`ub:=S

a∈ Hκ(par (3)).

Soitc∈ Hκ. On ac∈b ⇔il existeu∈btel quec∈u⇔il existe u∈ Hκtel queu∈b et c∈u(par transitivit´e deHκ). On conclut.

www.alloacademy.com

(2)

5. L’inclusionHω⊆Vωa ´et´e montr´e dans (1). R´eciproquement, soita∈Vω. Alors il existen∈ω tel que a ∈Vn, et en particulierct(a)⊆Vn par transitivit´e de Vn. Par induction, on montre que Vn est fini pour toutn∈ω, d’o`ua∈ Hω.

6. Clairement, P(ω)6∈ H1 pour des raisons de cardinalit´e. Orω ⊆Vω entraˆıne queP(ω)⊆Vω+1, d’o`u P(ω)∈Vω+2⊆V1.

7. Soitκr´egulier. (a)⇒(b) d´ecoule de la transitivit´e deHκ et du fait quect(x)⊇x.

(b)⇒(a) : On act(x) =x∪S

y∈xct(y). Alors|ct(x)|≤|x|+|x| ·sup{|y|, y∈x}.

On a |x|,|ct(y)|< κ, d’o`u sup{|y|, y∈x}< κpar r´egularit´e deκ. On conclut que |ct(x)|< κ.

8. Par (1) on a Hκ ⊆ Vκ. Pour ´etablir l’autre inclusion, montrons d’abord (par induction sur α) que

|Vα|< κ pour toutα < κ. Le cas α= 0 est clair ; l’´etape successeur suit du fait que κest fortement limite ; l’´etape limite suit de la r´egularit´e deκ. CommeVα est transitif, on a alorsVα∈ Hκpour tout α < κ, d’o`uVκ=S

α<κVα⊆ Hκ.

9. La transitivit´e deHκentraˆıne que pour tout a, b∈ Hκ on aMκ|=a⊆b ssiU |=a⊆b.

Soit maintenantκr´egulier. On suppose d’abord queκest fortement limite. Soitc∈ Hκ. Alorsc∈Vα

pour un α < κpar (8), d’o`u d=P(c)∈Vα+2⊆ Hκ. Il s’en suit queHκ|=∀z(z⊆c↔z∈b), ce qui montre queMκ satisfait (Parties).

R´eciproquement, on supposeκr´egulier et qu’il existeλ < κavec 2λ≥κ. Par (2) on aλ∈ Hκ. Comme ct(x) ⊆ λ pour tout x ⊆ λ, on a P(λ) ⊆ Hκ. Si Mκ |= ∀z(z ⊆ a ↔ z ∈ b), on a n´ecessairement b⊇ P(λ) et en particulier|b|≥κ. En particulier,b6∈ Hκ. Contradiction.

Exercice 2(Th´eorie des mod`eles)

Soit L un langage d´enombrable etT une L-th´eorie consistante. Soient M et N deux L-structures et soit A ⊆ M. Une fonction σ : A 7→ N est un isomorphisme partiel si pour tous a1, . . . , an ∈ A et formule φ(x1, . . . , xn)∈ L, on a :

M |=φ[a1, . . . , an] ⇐⇒ N |=φ[σ(a1), . . . , σ(an)].

La structure Mest ditehomog`ene si pour toutA⊂M fini, tout isomorphisme partielσ:A→M et tout B⊂M fini contenantA, il existe un isomorphisme partielσ0 :B→M tel queσ0|A=σ.

On poseL0={<, s} o`u <est un symbole de relation binaire etsun symbole de fonction unaire.

SoitT0 laL0-th´eorie stipulant que : –<d´efinit un ordre total (strict) ;

– la fonctionsest une bijection de l’univers dans lui-mˆeme ;

– pour toutx,s(x) est le successeur dexau sens de l’ordre<, formellement :

∀x(x < s(x)∧ ∀y(y > x→y≥s(x))).

SoitZ laL0-structure d’universZ, o`u <et ssont interpr´et´es respectivement comme l’ordre et la fonction successeur naturels deZ. La structureZ est clairement un mod`ele de T0.

On admettra que la th´eorieT0admet l’´elimination des quanteurs dans le langageL0.

1. Montrer queZ se plonge dans tout mod`ele de T0. En utilisant l’´elimination des quanteurs, en d´eduire queT0 est compl`ete.

2. Montrer queZ est homog`ene.

www.alloacademy.com

(3)

3. Soit Z2 la structure d’univers Z× {0,1} o`u < est interpr´et´e par l’ordre lexicographique inverse et s((n, t)) = (n+ 1, t). C’est un mod`ele deT0 (on ne demande pas de le v´erifier). Montrer queZ2 n’est pas homog`ene.

Pour les questions 4 `a 8, on travaille de nouveau avec un langage Ld´enombrable quelconque.

4. Soit (Mn:n < ω) une suite deL-structures tels queMn4Mn+1pour toutn. SoitMωlaL-structure d’universS

n<ωMn d´efinie de mani`ere naturelle (comme dans le cours).

(a) Montrer qu’on aMn4Mmpour toutn≤m < ω.

(b) Montrer que pour toutn < ω, on aMn4Mω.

[Indication : On pourra raisonner par induction sur les formules.]

5. (Cette question est plus difficile. On pourra l’admettre pour continuer.) Soit M une L- structure d´enombrable, A ⊂ M un sous-ensemble fini et σ : A → M un isomorphisme partiel. Soit B ⊂M fini contenantA. Montrer qu’il existe une extension ´el´ementaire d´enombrableN <Met un isomorphisme partiel σ0:B →N tel que σ0|A=σ.

6. Montrer que l’ensemble des parties finies d’un ensemble d´enombrable est d´enombrable.

7. Montrer qu’il existe uneL-structure d´enombrableN0<Mayant la propri´et´e suivante :

(+) Pour tout isomorphisme partiel σ:A→M, avecA⊂M fini et toutB ⊂M fini contenantA,σ s’´etend en un isomorphisme partielσ0:B→N0.

8. Montrer qu’il existe uneL-structure d´enombrableN<Mqui soit homog`ene.

9. (*) D´eterminer une structure N dans le cas o`u M = Z2; montrer que N est unique dans cette situation.

Solution 2 1. SoitM |=T0. On choisit a0 ∈ M. Il est clair que s d´efinit une bijection croissante sans cycles dans M. Pourz∈Z, il existe donc un uniqueaz∈M tel quesz(a0) =az. L’application f qui

`

a z∈Zassocieaz d´efinit alors un plongement deZ dansM.

Comme T0 ´elimine les quanteurs, f est un plongement ´el´ementaire (par un r´esultat du cours), et en particulier Z ≡ M. Ceci montre queT0= Th(Z), autrement dit queT0est compl`ete.

2. SiA=∅et B⊆Zest quelconque, l’identit´e convient.

Soit∅ 6=A⊆B ⊆Zet f :A→Zun isomorphisme partiel. On montre ais´ement que sia1, a2∈A et f(a1) =a1+t, alorsf(a2) =a2+t. En effet, si a2 = sza1, alors f(a2) = sz(f(a1)) =sz(a1+t) = sz+t(a1) = st(a2) = a2+t. Cela montre que f = τ A, o`u τ est l’isomorphisme de Z donn´e par la translation par t. En particlierf0B ´etendf et est bien un isomorphisme partiel.

3. CommeT0´elimine les quanteurs, l’applicationf :A={(0,0} → Z2, (0,0)7→(0,1) est un isomorphisme partiel. Montrons quef ne s’´etend pas en un isomorphisme partiel surB={(0,0),(0,1)}. Supposons que f0 soit une telle extension. Comme (0,1)> sn((0,0)) = (n,0) pour tout n∈N, on a f0((0,1))>

f((n,0)) = (n,1) pour toutn. Or il n’existe pas de tel ´el´ement dans Z2. Contradiction.

4. (a) La relation 4 est transitive, c’est-`a-dire si M 4 N et N 4 P, alors M 4 P (v´erification imm´ediate). Le r´esultat en d´ecoule par induction surm−n.

(b) Par induction sur la hauteur d’une formuleφ=φ(v1, . . . , vn), on montre : Pour toutm∈Net touta∈Mmn, on aMm|=φ[a]⇔ Mω|=φ[a].

Si φest atomique, cela d´ecoule du fait que Mmest une sous-structure deMω. Le cas des connecteurs logique (∧et ¬) est clair.

www.alloacademy.com

(4)

On suppose que le r´esultat est vrai pourψ=ψ(v0, . . . , vn) et on consid`ereφ[v1, . . . , vn] =∃v0ψ.

Soita∈Mmn.

Si Mm |= φ[a] alors Mm |= ψ[b, a] pour un b ∈ Mm et donc Mω |= ψ[b, a] par hypoth`ese d’induction, d’o`uMω|=φ[a].

R´eciproquement, siMω |=φ[a], alors il existeb ∈Mω tel queMω|=ψ[b, a]. Il existek≥mtel queb∈Mk. Par hypoth`ese d’induction, on aMk |=ψ[b, a], d’o`uMk |=φ[a]. OrMm4Mk par la premi`ere partie de l’exercice, ce qui permet de conclure queMm|=φ[a].

5. Soient A⊆B ⊆M avecB fini etM d´enombrable, et soitσ:A→ Mun isomorphisme partiel. Soit A={a1, . . . , am}et B\A={b1, . . . , bn}. On choisit des nouvelles constantesc1, . . . , cn en dehors de LM, et on poseL=LM∪{c˙ 1, . . . , cn}. On consid`ere laL-th´eorie suivante :

T=Diag(M)∪

φ(c1, . . . , cn, σ(a1), . . . , σ(am))|φ(v1, . . . , vn, w1, . . . , wm)∈ Lt.q.M |=φ[b, a] . Toute partie finie de T admet un mod`ele. En effet, si M |=Vk

i=1φi[b, a], on a en particulier M |=

∃vφ[v, a], d`u M |=∃vφ[v, σ(a1), . . . , σ(am)] carσest un isomorphisme partiel.

Par le th´eor`eme de compacit´e il existe un mod`ele N |= T. Par un r´esultat du cours, le r´eduit N :=N L est (isomorphe `a) une extension ´el´ementaire de M. Par construction deN, si on pose σ0(bi) :=cNi , alorsσ0d´efinit une extension deσen un isomorphisme partiel de domaineBet `a valeurs dansN.

6. SoitX un ensemble d´enombrable, c’est-`a-dire|X|≤ ℵ0. Pour toutnil existe une surjection deXn sur l’ensemble des parties deX de cardinaln. On a donc

| Pf in(X)|=|[

n∈ω

{X0∈ P(X)| |X0|=n} |≤ ℵ0·sup

n∈ω

(|Xn|)≤ ℵ0· ℵ0=ℵ0.

7. Comme M est d´enombrable, par la partie pr´ec´edente il n’y a qu’un nombre d´enombrable de triplets (A, B, σ) o`u A ⊆ B ⊆ M avec B fini et o`u σ : A → M est un isomorphisme partiel. (Il suffit de remarquer queB×graphe(σ), une partie finie deM3, d´etermine le triplet (A, B, σ).) Soit (Ai, Bi, σi)i∈N une ´enum´eration de ces triplets.

On pose M0 :=M. Par induction sur n ∈N, on construit des mod`eles d´enombrables Mn tels que Mn+1<Mn et tels queσn:An →M0⊆Mn+1s’´etend en un isomorphisme partielσ0n:Bn→Mn+1. Par (5) ceci est possible. On pose Mω := S

n∈ωMn, une structure d´enombrable. Par (4.b), on a M=M04Mω, et par constructionMω a la propri´et´e cherch´ee.

8. On it`ere la construction faite dans (7).

Soit N0 :=M et N1 :=Mω o`u Mω est la structure d´enombrable construite dans (7). On construit inductivement, en appliquant (7) `a la structureNn, une structure d´enombrableNn+1 <Nn telle que pour tout A⊆B⊆Nn avecB fini et tout isomorphisme partielσ:A→Nnil existe une extension de σen un isomorphisme partielσ0 :B→Nn+1.

On pose N:=S

n∈ωNn, une structure d´enombrable. Par (4.b), on aM=N04N. SoientA⊆B⊆ N avecB fini, et soit σ:A→N un isomorphisme partiel. Il existen∈Ntel queB∪im(σ)⊆Nn, autrement dit σ:A→Nn un isomorphisme partiel (on utiliseNn 4N). Par construction,σs’´etend en un isomorphisme partiel σ0 :B →Nn+1. CommeNn+1 4N, σ0 :B →N est un isomorphisme partiel. Ceci montre queN est homog`ene.

9. On peut plonger Z2 dans la structureZQ d’ensemble de baseZ×Q, o`u l’ordre est donn´e par l’ordre antilexicographique ets(z, q) := (z+ 1, q). Par l’´elimination des quanteurs,N:=ZQest une extension

´

el´ementaire deZ2. Pour montrer queN est homog`ene, par induction sur|B\A|, il suffit de traiter le cas o`uA={a1, . . . , an} et B =A∪ {b}. Soit donc σ:A→N un isomorphisme partiel. On peut supposera1< . . . < an.

www.alloacademy.com

(5)

Sisz(b)∈Apour unz∈Z, on montre comme dans (2) qu’alors tout isomorphisme partiel de domaine A s’´etend de mani`ere unique en un isomorphisme partiel de domaineB.

Si sz(b) < a1 = (z1, q1), alors b = (z, q) pour un q < q1. Comme Q n’a pas de plus petit ´el´ement, si σ(a1) = (z01, q01), il existe q0 < q10. Il est clair que b 7→ (0, q0) d´efinit une extension de σ en un isomorphisme partiel d´efini surb.

Sisz(b)> an= (zn, qn), on raisonne de mani`ere analogue, en utilisant queQne contient pas d’´el´ement maximal.

Sinon, il existe 1 ≤k < n tel que ak = (zk, qk) < sz(b)< ak+1 = (zk+1, qk+1) pour tout z. Comme l’ordre sur Q est dense, si σ(ai) = (zi0, q0i), il existe q0 ∈ Q tel que q0k < q0 < qk+10 . Il est clair que b7→(0, q0) marche.

Pour montrer l’unicit´e deN, on consid`ere d’abord un mod`ele arbitraireMdeT0. SurM, la relation d’´equivalencea∼b:⇔ ∃z∈Z:sz(a) =ba des classes d’´equivalences convexes et toutes isomorphes `a (Z, <, x7→x+ 1). L’ensemble des classes d’´equivalencesI est alors non-vide et totalement ordonn´e, et Mest isomorphe `aZIavec ensemble de baseZ×I, o`u l’ordre est donn´e par l’ordre antilexicographique et s(z, i) := (z+ 1, i).

Tout mod`ele contenantZ2est alors de la formeZI pour unIayant au moins 2 ´el´ements. SiI contient un plus petit ou un plus grand ´el´ement, on montre comme dans (3) que ZI n’est pas homog`ene. De mani`ere similaire, siI n’a pas de point extrˆeme, mais l’ordre surI n’est pas dense, alors ZI n’est pas homog`ene. En effet, sii1, i2 ∈I tel quei1< i2 avec aucun ´el´ement entre les deux, il suffit de choisir i0 < i1 et de consid´ererA ={(0, i0),(0, i2)} et de poser σ((0, i0)) = (0, i1),σ((0, i2) = (0, i2). Il est clair queσne s’´etend pas `a (0, i1).

L’ordre (I, <) doit donc ˆetre dense sans extr´emit´es. SiM est d´enombrable,I l’est aussi. On conclut, car (Q, <) est l’unique ordre total d´enombrable dense sans extr´emit´es (c’est un r´esultat de Cantor).

Exercice 3(D´ecidabilit´e)

SoitL={P, c}, o`uP est un pr´edicat unaire etcune constante.

1. D´eterminer lesL-structures finies et d´enombrables `a isomorphisme pr`es.

2. En d´eduire : deuxL-structuresMet Nsont ´el´ementairement ´equivalentes si et seulement si

• M|=P cssiN|=P c, et

• M|=∃≥kx QxssiN|=∃≥kx Qxpour toutk∈Net toutQ∈ {P,¬P}.

3. Donner une description de l’ensemble des L-th´eories compl`etes.

4. Montrer qu’unL-´enonc´eϕest universellement valide ssiM|=ϕpour touteL-structure finie.

5. Montrer que laL-th´eorie vide est d´ecidable.

[Indication : On pourra d’abord montrer que la th´eorie d’uneL-structure finie est d´ecidable.]

Solution 3 1. Pour 1 ≤ κ ≤ ℵ0 et 0 ≤ λ ≤ ℵ0 on d´enote Mκ,λ une L-structure satisfaisant cMκ,λ ∈ PMκ,λ, |PMκ,λ|=κet| Mκ,λ\PMκ,λ|=λ.

De mˆeme, soitNκ,λ uneL-structure satisfaisantcNκ,λ 6∈PNκ,λ, |PNκ,λ |=λet| Nκ,λ\PNκ,λ |=κ.

Il est facile `a voir que touteL-structure de cardinal ≤ ℵ0 est isomorphe `a l’une de ces structures, et que ces structures sont 2`a 2 non-isomorphes.

2. Il s’agit clairement de conditions n´ecessaires pour que deuxL-structuresMetNsoient ´el´ementairement

´

equivalentes.

Montrons qu’elles sont suffisantes aussi. Quitte `a passer `a des sous-structures ´el´ementaires d´enombrables (on utilise L¨owenheim-Skolem descendant), on peut supposer que M et N sont d´enombrables. On conclut, car les conditions donn´ees permettent de distinguer les L-structures d´enombrables donn´ees dans (1).

www.alloacademy.com

(6)

3. Nous avons d´ej`a vu que pour deux L-structures M et N d´enombrables, on a M ∼= N ssi M ≡ N.

L’ensemble desL-th´eories compl`etes est donc donn´e par

{Th(Mκ,λ)|1≤κ≤ ℵ0,0≤λ≤ ℵ0}∪{Th(N˙ κ,λ)|1≤κ≤ ℵ0,0≤λ≤ ℵ0}.

4. Par (2), la liste suivante donne une axiomatisation deMκ,λ :

• P c;

• siκ <ℵ0, on met∃xP x, et siκ=ℵ0, on met{∃≥kxP x|k∈N};

• siλ <ℵ0, on met∃x¬P x, et siλ=ℵ0, on met{∃≥lx¬P x|l∈N}.

On donne une axiomatisation similaire deNκ,λ, en ´echangeant les rˆoles deP et ¬P.

Soit φ un L-´enonc´e qui n’est pas universellement valide. Il suffit de montrer qu’il existe alors une L-structure finieMtelle queM|=¬φ.

Par hypoth`ese il existe N telle queN |=¬φ. Alors N |= Th(Mκ,λ) ouN |= Th(Nκ,λ) pour certains κ et λpar (3). On traite le premier cas, l’autre ´etant similaire. On a donc Th(Mκ,λ)` ¬φ. Il existe alors une partie finie Ψ = {ψ1, . . . , ψm} des axiomes que nous avons donn´es telle que`V

iψi → ¬φ.

Or il est clair qu’une telle partie finie Ψ admet un mod`ele finiM. On a alorsM|=¬φ.

5. On a `φssiM|=φpour touteL-structureMssiM|=φpour toute L-structure finie M(par (4).

SoitR={pφq|φest unL-´enonc´e tel que`φ}. L’ensemble Rest r´ecursivement ´enum´erable.

SoitR0={pφq|φest unL-´enonc´e tel que6`φ}. Il suffit de montrer queR0est r´ecursivement ´enum´erable.

On a pφq ∈ R0 ssi il existe M finie telle que M |= ¬φ ssi il existe k, l finis, k ≥ 1 tels que pP c∧ ∃=kxP x∧ ∃=lx¬P x → ¬φq ∈ R ou p¬P c∧ ∃=kx¬P x∧ ∃=lxP x → ¬φq ∈ R. L’ensemble {(pP c∧ ∃=kxP x∧ ∃=lx¬P x→ ¬φq, k, l)} ∪ {(p¬P c∧ ∃=kx¬P x∧ ∃=lxP x→ ¬φq, k, l)}est une partie r´ecursive deN3, sa projection sur la prem`ere coordonn´ee est donc r´ecursivement ´enum´erable et ´egale

` a R0.

Exercice 4(Interpr´etation et ind´ecidabilit´e)

SoientL etL0 deux langages, etT uneL-th´eorie. Uneinterpr´etation IT(L0) deL0 dansT est la donn´ee

• d’uneL-formuleφdomdom(x) telle queT ` ∃xφdom;

• pour toute relationn-aireR0∈ L0, d’uneL-formuleφR0(x1, . . . , xn) telle que T ` ∀x1, . . . xn φR0(x)→

n

^

i=1

φdom(xi)

!

;

• pour toute constantec0∈ L0, d’uneL-formuleφc0(x) telle queT ` ∀x(φc0(x)→φdom(x))∧ ∃=1c0(x), et

• pour toute fonctionn-airef0∈ L0, d’uneL-formuleφf0(x1, . . . , xn+1) telle que T ` ∀x1, . . . xn+1 φf0(x)→

n+1

^

i=1

φdom(xi)

!

∧ ∀x1, . . . , xn

n

^

i=1

φdom(xi)→ ∃=1xn+1φf0(x)

! .

Ainsi, de mani`ere naturelle, `a tout mod`ele M |= T est associ´ee une L0-structure M0 = hM0;. . .i telle que M0dom[M], R0M0R0[M],{c0M0}=φc0[M] et graph(f0M0) =φf0[M], pour les relations, constantes et fonctions deL0, respectivement.

1. Montrer :

(a) `A touteL0-formuleψ0(x1, . . . , xn) est associ´ee uneL-formuleψ(x1, . . . , xn) telle que T ` ∀x1, . . . xn ψ(x)→

n

^

i=1

φdom(xi)

!

et telle que pour tout a∈M0n on ait M0 |=ψ0[a] si et seulement siM|=ψ[a].

www.alloacademy.com

(7)

(b) SiL et L0 sont finis, on peut choisir les formulesψ de mani`ere `a ce quepψ0q 7→pψq soit donn´e par une fonction primitive r´ecursive. [Des br`eves justifications suffiront.]

2. On consid`ere L = Lens = {∈} et L0 = Lar. Le but de cette partie est d’´etablir certains r´esultats d’ind´ecidabilit´e dansLens.

(a) Donner uneL-formuleφdom[x] telle que pour toutM|= ZFC on aitφdom[M] =ω⊆M, c’est-`a-dire φdom est satisfaite pr´ecis´ement par les ordinaux finis dansM.

On d´efinit naturellement une interpr´etationIZFC(Lar) =hφdom0, φS, . . .ideLar dans ZFC, en utilisant les op´erations d’addition, multiplication et successeur usuels sur les ordinaux (de mˆeme pour 0 et<). Observer que pour toutM|= ZFC on aM0 |=P. [On ne demande pas de le justifier.]

(b) En d´eduire que ZFC est ind´ecidable. [On suppose que ZFC est consistante.]

(c) Montrer qu’il existe une sous-th´eorie finieT0⊆ZFC telle que les mˆemes formulesφdom, φ0, φS, . . . d´efinissent une interpr´etation deLar dansT0 et telle queM|=T0⇒M0 |=P0.

(d) D´eduire de la question pr´ec´edente que laLens-th´eorie vide est ind´ecidable.

3. SoitL un langage (fini) contenant au moins un symbole de relationn-aire ou un symbole de fonction n-aire, pour unn≥2. Montrer que la L-th´eorie vide est ind´ecidable.

Solution 4 1. (a) Par induction sur la hauteur, on commence par transformer toute L0-formule ψ0 en une L0-formule ψ00 dans laquelle ne figurent que des sous-formules atomiques de la forme x=y,˙ R0(x1, . . . , xn),x=c˙ 0,f0(x1, . . . , xn) ˙=xn+1. TouteL0-formule est ´equivalente `a une telle formule, et siL0 est fini, on peut clairement trouver une construction telle qu’il existe une fonction primitive r´ecursivef :N→Navecf(pψ0q) =pψ00q.

Pour d´efinir une L-formule ψ(x1, . . . , xn) `a partir d’une L0-formule ψ00 de la forme d´ecrite, on raisonne par induction sur la hauteur de ψ00.

• Si ψ00(x, y) =x=y, on pose˙ ψ(x, y) =φdom(x)∧φdom(y).

• Si ψ00(x1, . . . , x,) =R0(x1. . . xn), on pose ψ(x1, . . . , xn) =φR0(x1, . . . , xn).

• Si ψ00(x) =x=c˙ 0, on poseψ(x) =φc0(x).

• Si ψ00(x1, . . . , xn+1) =f0(x1, . . . , xn) ˙=xn+1, on poseψ(x1,|dots, xn+1) =φf0(x1, . . . , xn+1).

• Si ψ00= (ψ100∧ψ002), on poseψ= (ψ1∧ψ2).

• Si ψ00(v1, . . . , vn) =¬ψ100, on poseψ(v1, . . . , vn) =¬ψ1∧Vn

i=1φdom(vi).

• Si ψ00=∃xψ1, on poseψ=∃xψ1.

Il est clair que ces formules ont les propri´et´es requises.

(b) Si L0 et L sont finis, alors les applications pψ0q 7→ pψ00q et pψ00q 7→pψq sont donn´ees par des fonction primitives r´ecursives.

2. La formule φdom(x) := Ord(x)∧ ∀y(y ∈ x → ∅=y˙ ∨ ∃zy=z˙ ∪ {z}) est satisfaite pr´ecis´ement par les ordinaux finis, c’est-`a-dire par les ´el´ements de ω. Ici, on utilise la formule Ord(x) d´efinissant les ordinaux (“xest bien-ordonn´e par ∈et transitif”).

3. Si ZFC ´etait d´ecidable, l’ensembleR0 ={pφ0q| φ0 est unLar-´enonc´e tel que ZFC|=φ} serait r´ecursif par (1.b). OrR0 ={φ0|pφ0q∈R0}est uneLar-th´eorie consistante (si ZFC est consistante) contenant l’arithm´etique de PeanoP. Comme de plusR0 est close par d´eduction et r´ecursive, elle est d´ecidable.

Cela contredit le th´eor`eme de Church.

4. On chosit φdom(x),φ<0+, φ·et φS comme dans (2). Les ´enonc´es suivants sont cons´equences de ZFC :

• ∃xφdom(x) ;

www.alloacademy.com

(8)

• ∀x, y(φ<(x, y)→φdom(x)∧φdom(y)) ;

• ∀x(φ0(x)→φdom(x))∧ ∃=10(x) ;

• ∀x, y, z(φ+(x, y, z)→φdom(x)∧φdom(y)∧φdom(z))∧ ∀x, y φdom(x)∧φdom(y)→ ∃=1+(x, y, z) , et similairement pour la multiplication et le successeur ;

• ψ, o`uψ0=V8

i=1(Ai) est la conjonction des axiomes de Peano faible.

Par compacit´e, il existe une th´eorieT0 ⊆ZFC finie telle que tous les ´enonc´es de cette liste sont des cons´equences deT0. Cela garantit qu’on a bien affaire `a une interpr´etation deLardansT0(avec domaine φdom(x)) et que si M|=T0, alors M0 |=P0. Comme dans la partie pr´ec´edente, on en d´eduit que T0

est ind´ecidable, par le th´eor`eme de Church. Si laLens-th´eorie vide ´etait d´ecidable, touteLens-th´eorie finie le serait aussi, par un r´esultat du cours. On conclut, carT0 est finie.

5. On suppose d’abord que L contienne un symbole de relation n-aire R, pour un n ≥ 2. On peut alors interpr´eterLens dans laL-th´eorie vide, en posantφdom(x) :=x=x˙ et φ(x, y) :=R(x, y, . . . , y

| {z }

n−1 fois

).

TouteLens-structure apparaˆıt comme interpr´etation d’uneL-structure. Donc, si laL-th´eorie vide ´etait d´ecidable, laLens-th´eorie vide le serait aussi.

SiLcontient un symbole de fonctionn-airef, pour unn≥2, il suffit de montrer qu’on peut interpr´eter le langageL0={R}, avecR pr´edicatn-aire, dans uneL-th´eorie consistante (finie)T0, de mani`ere `a ce que touteL0. Pour simplifier la notation, on traite le casn= 2. On consid`ere laL-th´eorie donn´ee par

• ∃≥2xx=x, et˙

• ∃=1x∀y(f(x, y) ˙=x∧f(y, x) ˙=x).

Posons χ(x) :=∀y(f(x, y) ˙=x∧f(y, x) ˙=x). Cette formule a donc exactement une solution dans tout mod`ele de T0. On peut alors interpr´eter L0 dans L, en posant φdom(x) := ¬χ(x) et φR(x, y) :=

φdom(x)∧φdom(y)∧ ∃z(χ(z)∧f(x, y) ˙=z). On v´erifie sans probl`eme que toute L0-structure apparaˆıt comme interpr´etation d’un mod`ele deT0. On conclut comme avant.

www.alloacademy.com

Références

Documents relatifs

Par convention nous dirons qu’il s’agit de l’entier le plus proche de x.... L’anneau A est

Donner un exemple de partie A de R, non vide et majorée, pour laquelle il n'existe pas de suite strictement croissante de points de A qui converge vers S = sup(A)2.

[r]

b) Interpréter géométriquement les trois propriétés établies dans la question précédente.. Déterminer les points invariants

[r]

K d´esignant le corps des r´eels ou celui des complexes, on note M n,p (K) le K-espace vectoriel des matrices `a coefficients dans K ayant n lignes et p colonnes.. On lui donne le

[r]

Duns cette Note nous allons d~velopper une nouvelle m6thode beaucoup plus simple que routes les m~thodes employdes jusqu'ici pour 6tablir le r6sultat (5) et des