Appendice :
Symboles de Manin et valeurs de fonctions L
Lo¨ıc Merel
Ce texte est un compl´ement `a la th`ese de F. Brunault, qui fait usage des th´eor`emes A, C et D ci-dessous et de leurs corollaires. Nous esp´erons donner un compte-rendu plus complet, incluant une g´en´eralisation du th´eor`eme A qui ne se limite pas au poids 2, et qui tire avantage du langage ad´elique dans une publication ult´erieure.
1. L’interpr´etation arithm´etique des symboles de Manin
1.a. SoitNun entier>0. Soitf une forme modulaire primitive (c’est-`a-dire propre pour l’alg`ebre de Hecke, nouvelle et normalis´ee) de poidsk= 2 pour le groupe de congruence Γ1(N).
Pour tout entierm≥1, on note Σm le support demdans l’ensemble des nombres premiers. Soitχun caract`ere de Dirichlet de conducteur `a support dans ΣN. Notons f ⊗χ la forme primitive dont le p-i`eme coefficient de Fourier estap(f)χ(p) (pnombre premier ne divisant pas N). NotonsNχ le niveau def⊗χ.
NotonsL(f⊗χ, s) la fonctionLdef⊗χ. Elle admet un d´eveloppement en s´erie de DirichletP∞
n=1an(f⊗ χ)/nset en produit eulerienQ
pLp(f⊗χ, p−s), o`uLp(f⊗χ, X) = 1/(1−ap(f⊗χ)X+ap,p(f⊗χ)pk−1X2) (pnombre premier) ; on compl`ete ce produit pour former Λ(f⊗χ, s) = (2π)−sΓ(s)Nχs/2L(f⊗χ, s). On pose ap=ap(f) etap,p=ap,p(f). Notonsψle caract`ere de nebentypus def; il v´erifieψ(p) =ap,p(f) (pnombre premier ne divisant pasN). On pose ¯f =f⊗ψ, et on a¯ an( ¯f) = ¯an(f) (nentier≥1).
LorsqueT+etT−sont des ensembles finis de nombres premiers, on prive Λ(f⊗χ, s) de certains facteurs d’Euler en posant
Λ[T+,T−](f⊗χ, s) = Λ(f⊗χ, s)/( Y
p∈T+
Lp(f⊗χ, p−s) Y
p∈T−
Lp( ¯f ⊗χ, p¯ s−k)).
LorsqueR+ etR− sont des sous-ensembles deT+ et T− respectivement, on pose Λ[T
+ R+,T−
R−]
(f ⊗χ, s) = Λ[T+,T−](f⊗χ, s) Y
p∈R+
Lp(f ⊗χ, p−s) Lp(f⊗χ, p−s−1)
Y
p∈R−
Lp( ¯f ⊗χ, p¯ s−k) Lp( ¯f⊗χ, p¯ s−k+1).
Nous dirons que les nombres premierspqui v´erifientvp(N) = 1 etψnon ramifi´e enpsontsp´eciauxpourf (ils correspondent aux repr´esentation sp´eciales de GL2(Qp)). Notons Σf l’ensemble des nombres premiers sp´eciaux pour f. Le cas qui nous int´eressera est le cas o`u R+ et R− sont compos´es de nombres premiers sp´eciaux pour f.
SoitS un sous-ensemble de ΣN. Posons ¯S= ΣN −S. PourM nombre entier≥1 `a support dans ΣN, posonsM =MSMS¯ o`u MS et MS¯ sont `a supports dansS et ¯S respectivement. On poseS(M) = ΣM∩S et ¯S(M) = ΣM ∩S. On note¯ wS( ¯f ⊗χ) la pseudo-valeur propre de ¯f ⊗χpour l’op´erateur d’Atkin-Lehner associ´e `a S(voir [A-L] ou la mise au point de la section2.b.). On note de plusw(f⊗χ) =wΣN(f⊗χ) ; on a Λ[T+,T−](f⊗χ, s) =−w(f⊗χ)Λ[T−,T+]( ¯f⊗χ, k¯ −s). Pourαcaract`ere de niveau `a support dans ΣN, on convient de d´ecomposerαsous la formeα=αSαS¯, o`uαS et αS¯ sont des caract`eres de Dirichlet de niveaux
`
a supports dansS et ¯S respectivement.
Soit (u, v)∈(Z/NZ)2. NotonsN0 l’ordre deuv dansZ/NZ. Pourp∈ΣN etχ caract`ere de Dirichlet primitif de conducteur mχ divisant N, notons Qp,f,χ(X) la fraction rationnelle suivante : Qp,f,χ(X) = (¯app1−k/2)vp(N0/mχ) sauf siap= 0,vp(N0) = 1 etvp(mχ) = 0, auquel cas on aQp,f,χ(X) =−¯χ(p)X−1.Cet objet d´esagr´eable d´epend dep,ap,χ(p),vp(mχ),ketvp(N0) ; c’est donc un objet local.
1.b. Les notations qui pr´ec`edent sont valables mˆeme lorsque k > 2. Supposons, jusqu’`a la fin de cette section, quek= 2.
On poseξf(u, v) = 0 si (u, v) n’est pas d’ordre N dans le groupe additif (Z/NZ)2. Sinon on consid`ere une matriceg=
a b c d
∈SL2(Z) telle que (c, d)∈(u, v) et on pose
ξf(u, v) =−i Z g∞
g0
f(z)dz,
o`u l’int´egrale est prise le long d’un chemin continu du demi-plan de Poincar´e. On dispose donc de ξf : (Z/NZ)2−→C.
L’application f 7→ ξf est injective. On peut mˆeme ˆetre plus pr´ecis. Si on pose ξ+f(u, v) = (ξf(u, v) + ξf(−u, v))/2 etξf−(u, v) = (ξf(u, v)−ξf(−u, v))/2. Les applicationsf 7→ξf+ etf 7→ξf− sont injectives [M].
Notre nous proposons de donner un sens `a ξf en terme des invariants arithm´etiques de f. Supposons (u, v) d’ordre N. Pour cela nous calculons la transform´ee de Fourier multiplicative de cette fonction. En effet, on identifie (Z/NZ) `a ∪d|N(Z/dZ)∗ (par w 7→ wNw0/N (mod Nw0), o`u Nw0 est l’ordre de w dans (Z/NZ)). SoitS un sous-ensemble de ΣN contenant le support deumais disjoint du support dev. Posons S¯= ΣN−S. Les entiersNS0 etNS0¯expriment les composantes associ´ees `auetv via cette identification ; les entiersNS/NS0 etNS¯/NS0¯ ne d´ependent pas du choix deS. Toute fonctionξ: (Z/NZ)2→Cs’´ecrit sous la formeξ(u, v) = P
α,βcα,βα(NS0¯v/NS¯)β(NS0u/NS), o`u cα,β d´epend seulement deξ,α, β et N0 et o`u αet β parcourent les caract`eres de Dirichlet primitifs de niveau divisant N0. L’int´erˆet du th´eor`eme A r´eside dans une telle ´ecriture pourξ=ξf, qui met en ´evidence le sens arithm´etique des coefficientscα,β.
Pourωcaract`ere de Dirichlet, notonsτ0(ω) la somme de Gauss etmωle conducteur du caract`ere primitif associ´e `aω. Notonsφla fonction indicatrice d’Euler.
Th´eor`emeA. —On a
ξf(u, v) = w(f)
φ(N0) X
χ
χS¯(mχ,S)( ¯ψSχ¯S)(mψ¯¯χ,S¯)χS(−1)τ0(χS)τ0( ¯ψS¯χ¯S¯) pNχ
( Y
p∈S(N0)
Qp,f,¯χ(1))( Y
p∈S(N¯ 0)
Qp,f,χψ(1))
( ¯ψS¯χ¯2S¯)(Nχ,S)( ¯ψχ)(¯ NS0¯v NS¯
)χ(NS0u NS
)wS(f⊗χ)Λ[
ΣN0 −S(mχ)
(S(N0)−S(mχ))∩Σf, ΣN0 −
S(m¯ ψ¯χ¯) ( ¯S(N0)−S(m¯ ψ¯χ¯))∩Σf]
(f ⊗χ,1), o`uχ parcourt les caract`eres de Dirichlet primitifs tels quemχ,Smψχ,S¯|N0.
On d´eduit du th´eor`eme A une formule analogue pourξ+f (resp. ξ−f) qui fait disparaˆıtre les termes faisant intervenir les expressions Λ(f⊗χ,1) pourχ impair (resp. pair).
Corollaire. — La forme modulaire f primitive de poids 2 pour Γ1(N) est caract´eris´ee par les donn´ees suivantes, o`u on fait parcourir `a χ les caract`eres de Dirichlet pairs (resp. impairs) de conducteur divisant N :
(i) le caract`ere def,
(ii) les niveaux des formes primitivesf⊗χ, (iii) les pseudo-valeurs propreswS(f⊗χ),
(iv) les facteurs d’Euler Lp(f ⊗χ, s), pourp∈ΣN et (v) les nombres Λ(f⊗χ,1).
On peut voir la fonctionξf comme une fa¸con commode de comprimer les donn´ees (i), (ii), (iii), (iv) et (v). Il r´esulte du th´eor`eme A un ´enonc´e de th´eorie analytique des nombres.
Corollaire 2. — Il existe un caract`ere de Dirichlet primitif χ, qu’on peut choisir pair ou impair, de conducteur divisantN et tel que L(f⊗χ,1)6= 0.
2. Formulaire pr´eliminaire
Cette section consiste en des mises au points concernant des questions essentiellement d´ej`a connues.
Elles concernent en2.a. la suppression des facteurs d’Euler des fonctionsL, en2.b. les op´erateurs d’Atkin- Lehner, en2.c. et2.d. la torsion des formes modulaires par des caract`eres non n´ecessairement primitifs, en 2.e. la translation des formes modulaires par des nombres rationnels.
2.a. On note GL2(Q)+ le sous-groupe de GL2(Q) form´e par les matrices de d´eterminant > 0. On pose, pour
A B C D
∈GL2(Q)+, etF forme primitive de poidsket de niveauM :
F
|
A B C D
(z) = (AD−BC)k/2
(Cz+D)k F(Az+B Cz+D).
Cette op´eration s’´etendC-lin´eairement `aC[GL2(Q)+] ; elle se factorise parC[PGL2(Q)+]. Gardons `a l’esprit la formule suivante
(2π)−sΓ(s)L(F, s) = Z ∞
0
F(iy)ysd y y .
On a, pourh=
A 0
0 D
∈GL2(Q)+, Z ∞
0
F|h(iy)ysd y y = (A
D)k/2−s Z ∞
0
F(iy)ysd y y = (A
D)k/2−s(2π)−sΓ(s)L(F, s).
SoientT+ etT− deux ensembles de nombres premiers. On pose F[T+,T−]=F
|Q
p∈T+Lp(F,p−k/2
p 0 0 1
)−1Q
p∈T−Lp( ¯F ,p−k/2
1 0 0 p
)−1
,
de telle sorte que Z ∞
0
F[T+,T−](iy)ysd y
y = (2π)−sΓ(s)L(F, s) Q
p∈T+Lp(F, p−s)Q
p∈T−Lp( ¯F , ps−k) =M−s/2Λ[T+,T−](F, s).
On pose, lorsqueR+ et R− sont des sous-ensembles deT+ etT− respectivement, F[T
+ R+,T−
R−]
=F[T+−R+,T−−R−]
|Q
p∈R+Lp(F,p1−k/2
p 0 0 1
)−1Q
p∈R−Lp( ¯F ,p1−k/2
1 0 0 p
)−1
si bien que
Z ∞
0
F[T
+ R+,T−
R−]
(iy)ysd y
y =M−s/2Λ[T
+ R+,T−
R−]
(F, s).
2.b. Mettons au point les normalisations pour les op´erateurs d’Atkin-Lehner. Notons ψ0 le caract`ere de nebentypus deF. Notons M0 le conducteur de ψ0. Supposons que M soit `a support dans ΣN. Soit S un sous-ensemble de ΣM. Notons ¯S = ΣM −S. Posons M =MSMS¯ et M0 =MS0MS0¯ et ψ0 =ψS0ψS0¯. Soit A B
C D
∈M2(Z) telle queMS|A,MS|D,M|C, MS¯|B,AD−BC =MS, A≡MS (modM0) etB ≡1
(modMS0) ; on pose alors, comme Atkin et Li dans [Atkin-Li],WSF =F
|
A B C D
et il existe un nombre complexewS(F) de module 1 tel queWSF =wS(F)F⊗ψ¯S0. Lorsque
A B C D
∈M2(Z) avecMS|A,MS|D, M|C,MS¯|B etAD−BC=MS, on a de plus [A-L]
F
|
A B C D
=ψS0(B)ψS0¯(A/MS)WSF.
Lorsque M|N N0, M0|N et lorsque
A B C D
∈ M2(Z) v´erifie les conditions NSNS0|A, NSNS0|D, N N0|C, NS¯NS0¯|B etAD−BC=NSNS0, on a
F
|
A B C D
=wS(F) ¯ψS0(B) ¯ψS0¯(A/(NSNS0))F
|
NSNS0/MS 0
0 1
.
LorsqueS est ´egal au support deM, on posewS(F) =w(F).
On a de plus [A-L, proposition 1.1],
wS(F)wS(F⊗ψ¯S0) =ψS0(−1) ¯ψ0S¯(MS).
Mentionnons enfin la formule, pourS1et S2 deux sous-ensembles disjoints de ΣM, WS2(WS1F) =ψ0S2(MS1)WS1∪S2F.
Cela permet de ramener le calcul dewS(F) aux cas o`uS est un singleton.
Ajoutons la formule suivante. Soitpun nombre premier tel queap(F)6= 0 (c’est le cas si et seulement sivp(M) =vp(mψ) ou sivp(M)≤1). On a
w{p}(F) = pvp(N)(k/2−1)τ(ψS0) ap(F)vp(N)
o`u τ(ψS0) est la somme de Gauss du caract`ere (non n´ecessairement primitif)ψ0S. Sipest sp´ecial pour F, on aap(F)¯ap(F) =pk−2.
2.c. Revenons maintenant sur la torsion des formes modulaires par des caract`eres. Soit αun caract`ere de Dirichlet de niveaum, de caract`ere de Dirichlet primitif associ´eω, lui-mˆeme de conducteurmω. Notons ¯fα la forme modulaire (non n´ecessairement primitive) donn´ee par le d´eveloppement
f¯α(z) =
∞
X
n=1
¯
anα(n)qn.
Elle est li´ee `a la forme primitive ¯f⊗ω par la formule
f¯α= ( ¯f ⊗ω)[Σm,∅]. Posons de plus
Sαf¯= X
amodm
¯ α(a) ¯f
|
1 a/m
0 1
.
On a, lorsqueαest primitif (et donc ´egal `aω),
Sωf¯=τ(¯ω) ¯fω.
Soitp un nombre premier divisantm/mω. Notons β le caract`ere de Dirichlet de niveau m/p qui co¨ıncide avecαsur les entiers premiers `ap. On a
Sαf¯= ¯app1−k/2(Sβf¯)
|
p 0 0 1
−β(p)S¯ βf .¯
Posons, dansC[X], Rp(X) = (¯app1−k/2X)vp(m/mω)−1(¯app1−k/2X−ω(p)).¯ Par une application r´ep´et´ee de la formule ci-dessus, on obtient
Sαf¯=τ(¯ω)( ¯fω)
|Q
pRp(
p 0 0 1
)
,
o`u le produit porte sur les nombres premiers divisantm/mω.
Il est n´ecessaire maintenant de distinguer plusieurs cas. Sivp(m/mω) = 0, on aRp= 1. Sivp(m/mω) = 1 etap= 0, on aRp= 0. Sivp(m/mω)>1 etap= 0, on aRp=−¯ω(p).
Or on a, lorsqueap6= 0 etp|N non sp´ecial pour ¯f,ap¯ap=pk−1et donc, lorsque de plusp|mon a, dans C[PGL2(Q)+],
Rp( p 0
0 1
) = (¯app1−k/2 p 0
0 1
)vp(m/mω)(1−ω(p)a¯ pp−k/2 1 0
0 p
).
Cette derni`ere formule est encore valable lorsqueap= 0 etvp(m)>1.
Lorsquep|(m/mω) etpest sp´ecial pour ¯f, on aap¯ap=pk−2 (et doncap6= 0). On a donc Rp(
p 0 0 1
) = (¯app1−k/2 p 0
0 1
)vp(m/mω)(1−ω(p)a¯ pp1−k/2 1 0
0 p
).
Lorsqueap= 0, vp(m) = 1 etvp(mω) = 0, on a Rp(
p 0 0 1
) =−¯ω(p).
On a donc
Sαf¯=τ(¯ω)( ¯f⊗ω)
[Σm,ΣΣm/mω
m/mω∩Σf]
|Q
pPp(
p 0 0 1
)
,
o`u le monˆomePp(X) vaut (¯app1−k/2X)vp(m/mω)sauf siap = 0, vp(m) = 1 etvp(mχ) = 0, auquel cas on a Pp(
p 0 0 1
) =−¯ω(p).
2.d. Reprenons la situation laiss´ee en2.cen nous pla¸cant dans le cas o`uN0=mest un diviseur deN. Lemme. —Soitpun nombre premier tel quep|mω etp|(N0/mω). On a
( ¯f⊗ω)[∅,p]
|Pp(
p 0 0 1
)
= ( ¯f⊗ω)
|Pp(
p 0 0 1
)
.
D´emonstration. — Il suffit de montrer quePp = 0 ou queap( ¯f⊗ω) = 0 =ap,p( ¯f ⊗ω). SupposonsPp6= 0.
Si ap = 0, on a vp(mω) = 0 et vp(N0) = 1, ce qui entraˆıne ap( ¯f ⊗ω) = 0 = ap,p( ¯f ⊗ω). Restreignons maintenant notre attention au cas o`u ap 6= 0. Rappelons d’abord que cela entraˆıne que le conducteur de ψ a pour valuation p-adique vp(N) (ce qui entraˆıne ap,p( ¯f ⊗ω) = 0) ou que vp(N) = 1. Les hypoth`eses excluent le casvp(N) = 1. On a de plusap( ¯f⊗ω)6= 0 si et seulement siω est de conducteur premier `ap (impossible par hypoth`ese) ou ¯ψ/ω est de conducteur premier `ap; ce dernier cas est impossible, en effet on
ap|(N0/mω), et doncp|(N/mω) et les valuationsp-adiques des conducteurs deψet ¯ψ/ωsont ´egales et donc non nulles. On a bienap( ¯f⊗ω) = 0.
On a donc
Sαf¯=τ(¯ω)( ¯f⊗ω)
[ΣN0,(ΣΣN0 −Σmω
N0 −Σmω)∩Σf]
|Q
pPp(
p 0 0 1
)
,
2.e. Soitn∈Z. R´ecrivons la forme modulaire ¯f
|
1 n/N
0 1
comme combinaison lin´eaire deFd 0 0 1
o`ud parcourt les diviseurs deN et o`uF parcourt les formes primitives de niveau divisantN2/d. Nous ne savons pas si un pareil calcul a d´ej`a ´et´e r´edig´e. Notonsn0 le nombre entier etN0 le diviseur>0 deN qui v´erifient n0/N0 =n/N. On a, par inversion de Fourier,
f¯
|
1 n0/N0
0 1
=X
α
α(n0) φ(N0)Sαf ,¯
o`u αparcourt les caract`eres de Dirichlet de niveauN0. En combinant avec la formule trouv´ee en 2.d., on obtient
f¯
|
1 n/N
0 1
=X
ω
ω(n0)
φ(N0)τ(¯ω)( ¯f⊗ω)
[ΣN0,(ΣΣN0 −Σmω
N0 −Σmω)∩Σf]
|Q
pPp(
p 0 0 1
)
o`u ω parcourt les caract`eres de Dirichlet primitifs de conducteurmω divisantN0, le produit portant sur les nombres premiers divisantN0/mω.
3. La d´emonstration du th´eor`eme A Soitg=
a b c d
∈SL2(Z) telle que la classe moduloN de (c, d) soit ´egale `a (u, v).
On peut comprendre notre d´emarche ainsi. La fonction f|g est une forme modulaire pour le groupe de congruence Γ(N), si bien que la fonction f
|g
N 0 0 1
est modulaire pour le groupe de congruence Γ1(N)∩Γ0(N2). Cette derni`ere forme modulaire s’´ecrit donc comme combinaison lin´eaire de fonctions du typeF
|
d 0 0 1
, o`uF parcourt les formes primitives de niveau M divisantN2 et dles entiers divisant N2/M. Nous allons montrer que les formes primitives qui interviennent dans cette ´ecriture sont de la forme f⊗χ, o`uχparcourt les caract`eres de Dirichlet de niveau divisantN et donner explicitement les coefficients de cette combinaison lin´eaire.
Lorsquek= 2, on aξf(u, v) =R∞
0 f|g(iy)dy. Lorsque, de plus,s= 1 ethest une matrice diagonale de PGL2(Q)+, etχest un caract`ere de Dirichlet de conducteur divisant N, on a
Z ∞
0
(f⊗χ)|h(iy)d y= 1
2πL(f⊗χ,1) = 1 pNχ
Λ(f ⊗χ,1).
C’est pourquoi le th´eor`eme A se d´eduit de la proposition B suivante, par int´egration de chaque membre de l’´egalit´e ci-dessous le long de la g´eod´esique reliant 0 `a∞dans le demi-plan de Poincar´e.
Remarquons que la proposition B permet de d´emontrer des analogues du th´eor`eme A pour les formes modulaires de poids6= 2.
PropositionB. —On a f|g= w(f)
φ(N0) X
χ
χS¯(mχ,S)( ¯ψSχ¯S)(mψχ,S¯)(ψSχS)(−1)τ0(χS)τ0( ¯ψS¯χ¯S¯)( ¯ψχ)(¯ NS0¯v NS¯
)χ(NS0u
NS )( ¯ψS¯χ¯2S¯)(Nχ,S)
wS(f⊗χ)(f⊗χ)
[(S(NΣ0N0 −S(mχ)
)−S(mχ))∩Σf, ΣN0 −
S(m¯ ψ¯¯χ) ( ¯S(N0)−S(m¯ ψ¯¯χ))∩Σf]
|
NS0¯
Nχ,SNS¯mψχ,S¯ 0
0 N
0 S
NSmχ,S¯
! Q
p∈S(N0)Qp,f,¯χ(
1 0 0 p
)Q
p∈S(N¯ 0)Qp,f,χψ(
p 0 0 1
)
,
o`uχ parcourt les caract`eres de Dirichlet primitifs tel quemχ,Smψχ,S¯|N0. D´emonstration. — Consid´erons
A B C D
∈ M2(Z) telle que NSNS0|A, NSNS0|D, N N0|C, NS¯NS0¯|B, AD−BC=NSNS0,A≡uNS0 (modNS¯) etB≡v/NS¯ (modNS). Soitk∈Ztel quen≡uv (mod NS¯) etn≡ −uv (mod NS). Notre point de d´epart r´eside dans l’identit´e
Γ1(N)g= Γ1(N)
0 −1
N 0
1 n/N
0 1
A B C D
N NS0 0
0 NS
−1
,
que le lecteur v´erifiera grˆace au lemme chinois. Commew(f) ¯f =f
|
0 1
−N 0
, on a la formule
f|g=w(f) ¯f
|
1 n/N
0 1
A B C D
N NS0 0
0 NS
−1,
et donc, d’apr`es la formule trouv´ee en2.e., f|g=w(f)X
ω
ω(n0)
φ(N0)τ(¯ω)( ¯f⊗ω)
[ΣN0,(ΣΣN0 −Σmω
N0 −Σmω)∩Σf]
|Q
pPp(
p 0 0 1
)
A B C D
N NS0 0
0 NS
−1
o`u ω parcourt les caract`eres de Dirichlet primitifs de conducteurmω divisantN0, le produit portant sur les nombres premiers divisantN0. Appliquons les formules de2.b. `a F = ¯f ⊗ω; on aM =Nω, ψ0 = ¯ψω2 et F⊗ψ¯0S= ¯f ⊗ωψSω¯S2 = ¯f⊗ψSω¯SωS¯=f⊗ψ¯S¯ω¯SωS¯.
Soitp∈ΣN. Soitrun entier≥0. On a ( ¯f⊗ω)
|
pr 0 0 1
A B C D
= ( ¯f⊗ω)
|
prA B C D/pr
1 0 0 pr
sip∈S et
( ¯f ⊗ω)
|
pr 0 0 1
A B C D
= ( ¯f ⊗ω)
|
A prB C/pr D
pr 0 0 1
sip∈S. On a de plus les formules¯ ( ¯f ⊗ω)
|
prA B C D/pr
= (ψSω¯2S)(B)(ψS¯ω¯S2¯)(prA/(NSNS0))wS( ¯f⊗ω)( ¯f⊗ωS¯ω¯SψS)
|
NSNS0/Nω,S¯ 0
0 1
lorsquepr|(NSNS0/Nω,S) et ( ¯f⊗ω)
|
A prB C/pr D
= (ψSω¯2S)(prB)(ψS¯ω¯S2¯)(A/(NSNS0))wS( ¯f⊗ω)( ¯f⊗ωS¯ω¯SψS)
|
NSNS0/Nω,S¯ 0
0 1
lorsquepr|(NS¯NS0¯/Nω,S¯). Soit P ∈C[X]. On a alors ( ¯f⊗ω)
|P(
p 0 0 1
)
A B C D
=
(ψSω¯S2)(B)(ψS¯ω¯2S¯)(A/(NSNS0))wS( ¯f⊗ω)( ¯f⊗ωS¯ω¯SψS)
|P((ψS¯ω¯2¯
S)(p)
1 0 0 p
)
NSNS0/Nω,S¯ 0
0 1
.
sip∈S etP de degr´e≤vp(NSNS0/Nω,S) et on a ( ¯f⊗ω)
|P(
p 0 0 1
)
A B C D
=
(ψSω¯S2)(B)(ψS¯ω¯2S¯)(A/(NSNS0))wS( ¯f⊗ω)( ¯f⊗ωS¯ω¯SψS)
|P((ψSω¯2S)(p)
p 0 0 1
)
NSNS0/Nω,S¯ 0
0 1
.
sip∈S¯ etP de degr´e≤vp(NS¯NS0¯/Nω,S¯).
On en d´eduit que ( ¯f⊗ω)[{p},∅]
|
A B C D
= (ψSω¯S2)(B)(ψS¯ω¯2S¯)(A/(NSNS0))wS( ¯f⊗ω)( ¯f ⊗ωS¯ω¯SψS)[∅,{p}]
|
NSNS0/Nω,S¯ 0
0 1
si etp∈S et ( ¯f⊗ω)[{p},∅]|
A B C D
= (ψSω¯2S)(B)(ψS¯ω¯S2¯)(A/(NSNS0))wS( ¯f⊗ω)( ¯f⊗ωS¯ω¯SψS)[{p},∅]
|
NSNS0/Nω,S¯ 0
0 1
sip∈S. Un calcul analogue donne les formules¯ ( ¯f⊗ω)[∅,{p}]
|
A B C D
= (ψSω¯S2)(B)(ψS¯ω¯2S¯)(A/(NSNS0))wS( ¯f⊗ω)( ¯f ⊗ωS¯ω¯SψS)[{p},∅]
|
NSNS0/Nω,S¯ 0
0 1
si etp∈S et ( ¯f⊗ω)[∅,{p}]|
A B C D
= (ψSω¯2S)(B)(ψS¯ω¯S2¯)(A/(NSNS0))wS( ¯f⊗ω)( ¯f⊗ωS¯ω¯SψS)[∅,{p}]
|
NSNS0/Nω,S¯ 0
0 1
sip∈S.¯
Dans les quatre formules qui pr´ec`edent, on peut remplacer, partout o`u il intervient, le symbole{p}par
{p}
{p}∩Σf.
Remarquons qu’on a, dansC(X),Qp,f,ω(X) =X−vp(N0/mχ)Pp(X). On a Y
p∈S(N0)
Pp((ψS¯ω¯S2¯)(p) 1 0
0 p
) Y
p∈S(N¯ 0)
Pp((ψSω¯2S)(p) p 0
0 1
) = (ψS¯ω¯S2¯)(NS0/mω,S)(ψSω¯2S)(NS0¯/mω,S¯)
NS0¯/mω,S 0 0 NS0/mω,S¯
Y
p∈S(N0)
Qp,f,ω((ψS¯ω¯S2¯)(p) 1 0
0 p
) Y
p∈S(N¯ 0)
Qp,f,ω((ψSω¯2S)(p) p 0
0 1
).
Revenons `a notre calcul principal. On a ( ¯f ⊗ω)
[ΣN0,(ΣΣN0 −Σmω
N0 −Σmω)∩Σf]
|Q
pPp(
p 0 0 1
)
A B C D
N NS0 0
0 NS
−1 = (ψSω¯S2)(NS0¯B/mω,S¯)(ψS¯ω¯S2¯)(A/(NSmω,S)wS( ¯f⊗ω)
( ¯f⊗ωS¯ω¯SψS)
[ ΣN0 −S(mχ)
(S(N0)−S(mχ))∩Σf, ΣN0 −
S(m¯ ψ¯¯χ) ( ¯S(N0)−¯S(mψ¯¯χ))∩Σf]
|
NS0¯
Nω,S¯ NS¯mω,S¯ 0 0 NNS0
Smω,S
! Q
p∈S(N0)Qp,f,ω((ψS¯ω¯2¯
S)(p)
1 0 0 p
)Q
p∈¯S(N0)Qp,f,ω((ψSω¯S2)(p)
p 0 0 1
)
.
Par ailleurs, on a (ψSω¯2S)(NS0¯B) = (ψSω¯2S)(NS0¯v/NS¯), (ψS¯ω¯S2¯)(A/NS) = (ψS¯ω¯S2¯)(uNS0/NS) et ω(n0) = ω(nN0/N) =ωS(nN0/N)ωS¯(nN0/N) =ωS(−uvN0/N)ωS¯(uvN0/N) et donc
ω(n0) =ωS(−1)ω(uNS0/NS)ω(vNS0¯/NS¯).
On a donc la simplification
ω(n0)(ψSω¯S2)(NS0¯B)(ψS¯ω¯S2¯)(A/NS) =ωS(−1)ψSω¯SωS¯(NS0¯v/NS¯)ψS¯ω¯S¯ωS(NS0u/NS).
De plus on a
Qp,f,ω((ψS¯ω¯S2¯)(p) 1 0
0 p
) =Qp,f,¯ωS¯ωSψS¯( 1 0
0 p
) sip∈S et
Qp,f,ω((ψSω¯S2)(p) p 0
0 1
) =Qp,f,ωS¯ω¯SψS( p 0
0 1
) sip∈S.¯
En combinant ces formules, on obtient f|g= w(f)
φ(N0) X
ω
τ(¯ω)ωS(−1)(ψSω¯SωS¯)(NS0¯v NS¯
)(ψS¯ω¯S¯ωS)(NS0u
NS )wS( ¯f⊗ω)( ¯ψS¯ω2S¯)(mω,S)( ¯ψSω2S)(mω,S¯)
( ¯f⊗ωS¯ω¯SψS)
[ ΣN0 −S(mχ)
(S(N0)−S(mχ))∩Σf
, ΣN0 −
S(m¯ ψ¯χ¯) ( ¯S(N0)−S(m¯ ψ¯χ¯))∩Σf
]
|
NS0¯
N¯ω,SNS¯mω,S¯ 0 0 N NS0
Smω,S
! Q
p∈S(N0)Qp,f,¯ωS¯ωS ψS¯(
1 0 0 p
)Q
p∈¯S(N0)Qp,f,ωS¯ωS ψS¯ (
p 0 0 1
)
,
o`u ω parcourt les caract`eres de Dirichlet primitifs de conducteur divisant N0. Simplifions encore cette formule.
On a la relation entre sommes de Gauss
τ(¯ω) = ¯ωS(mω,¯S¯)¯ωS¯(mω,S¯ )τ(¯ωS)τ(¯ωS¯).
Cela donne
τ(¯ω)( ¯ψS¯ω2S¯)(mω,S)( ¯ψSω2S)(mω,S¯) =τ(¯ωS)τ(¯ωS¯)( ¯ψS¯ωS¯)(mω,S)( ¯ψSωS)(mω,S¯).
R´ecrivons notre formule en notant χ le caract`ere de Dirichlet primitif associ´e `a ωS¯ω¯Sψ¯S¯. On a donc χS = ¯ωS etχS¯=ωS¯ψ¯S¯,S(mω) =S(mχ), ¯S(mω) = ¯S(mψχ),Nω,S¯ =Nχ,S etωS(−1) =χS(−1).
On obtient f|g= w(f)
φ(N0) X
χ
τ0(χS)τ0( ¯ψS¯χ¯S¯)χS(−1)( ¯ψχ)(¯ NS0¯v NS¯
)χ(NS0u
NS )wS(f ⊗ψ¯Sχ¯SχS¯)χS¯(mχ,S)( ¯ψSχ¯S)(mψχ,S¯)
(f⊗χ)
[ ΣN0 −S(mχ)
(S(N0)−S(mχ))∩Σf
, ΣN0 −
S(m¯ ψ¯¯χ) ( ¯S(N0)−S(m¯ ψ¯¯χ))∩Σf
]
|
NS0¯
Nχ,SNS¯mψχ,S¯ 0 0 NNS0
Smχ,S¯
! Q
p∈S(N0)Qp,f,¯χ(
1 0 0 p
)Q
p∈S(N¯ 0)Qp,f,χψ(
p 0 0 1
)
,
o`u χparcourt les caract`eres de Dirichlet primitifs de conducteur divisantN0. Appliquons la relation reliant wS(F) etwS(F⊗ψ¯0S) (voir2.b), pourF =f⊗χ(et doncψ0=ψχ2). On obtient
wS(f⊗χ)wS(f ⊗ψ¯Sχ¯SχS¯) =ψS(−1)( ¯ψS¯χ¯2S¯)(Nχ,S).
Cela permet de substituerwS(f⊗ψ¯Sχ¯SχS¯) pour obtenir la proposition B.
4. Le produit scalaire de Petersson
Soit Γ un sous-groupe d’indice fini de SL2(Z) contenant la matrice
−1 −0
0 −1
. Soient f1 et f2 deux formes modulaires paraboliques de poids 2 pour Γ. Rappelons que le produit scalaire de Petersson def1 et f2 est donn´e par la formule :
< f1, f2>= 1 [SL2(Z) : Γ]
Z
DΓ
f1(z)f2(z)dx dy,
o`u DΓ est un domaine fondamental pour Γ dans le demi-plan de Poincar´e H. Posons τ =
0 −1 1 −1
et σ=
0 0 1 −1
. Posons de plus ρ=e2iπ/3∈H. SoitRun syst`eme de repr´esentants de Γ\SL2(Z).
Th´eor`emeC. —On a
< f1, f2>= 1 2i[SL2(Z) : Γ]
X
g∈R
Z g∞
g0
f1(z)dz Z gρ
gi
f2(z)dz,
et
< f1, f2>= −i 12[SL2(Z) : Γ]
X
g∈R
Z gτ∞
gτ0
f1(z)dz Z g∞
g0
f2(z)dz− Z g∞
g0
f1(z)dz Z gτ∞
gτ0
f2(z)dz.
D´emonstration. — Posons ω1 = f1(z)dz et ω2 = f2(z)dz. Pour g dans SL2(Z), posons ωi|g = fi|gdz (i∈ {1,2}). Consid´erons le domaine fondamentalD0 pour SL2(Z) constitu´e par le triangle hyperbolique de sommets∞, 0 etρ. On a
< f1, f2>= 1 2i[SL2(Z) : Γ]
Z
DΓ
ω1∧ω2= 1 2i[SL2(Z) : Γ]
X
g∈R
Z
D0
ω1|g∧ω2|g.
PosonsFg(z) =Rz
ρ f2|g(u)du. On a df1|gFg(z)dz=ω1∧ω2. Cela donne, par la formule de Stokes, 2i[SL2(Z) : Γ]< f1, f2>=X
g∈R
Z
∂D0
f1|gFg(z)dz
=X
g∈R
Z 0
∞
f1|gFg(z)dz+ Z ρ
0
f1|gFg(z) + Z ρ
0
f1|gFg(z).
Utilisons queσest d’ordre 2 dans PSL2(Z) et qu’on aτ ρ=ρet τ∞= 0. Cela donne 2i[SL2(Z) : Γ]< f1, f2>=
1 2
X
g∈R
Z 0
∞
f1|gFg(z)dz+ Z 0
∞
f1|gσFgσ(z)dz+X
g∈R
Z ρ
∞
f1|gFg(z)dz+ Z i
ρ
nf tyf1|gτFgτ(z)dz.
Utilisons la relationFgh(hz) =Rz
h−1ρf2|g(u)du. On obtient 2i[SL2(Z) : Γ]< f1, f2>= 1
2 X
g∈R
Z 0
∞
ω1|g Z ρ
σρ
ω2|g+ Z ∞
ρ
ω1|gτ Z ρ
τ2ρ
ω2|g.
Le dernier terme est nul. D´ecomposons le deuxi`eme facteur du premier terme. On a 2i[SL2(Z) : Γ]< f1, f2>= 1
2 X
g∈R
Z ∞
0
ω1|g( Z σi
σρ
ω2|g+ Z ρ
σi
ω2|g).
Commeσi=i, et commeR∞
0 ω1|g(Rσi
σρω2|g) =R∞
0 ω1|gσ(Rρ
i ω2|gσ), on a la premi`ere formule du th´eor`eme.
D´emontrons maintenant la deuxi`eme formule. On a 2i[SL2(Z) : Γ]< f1, f2>=X
g∈R
Z ∞
0
ω1|g Z ∞
i
ω2|g− Z ∞
0
ω1|g Z ∞
ρ
ω2|g.
Calculons s´epar´ement les deux s´eries de termes. On a X
g∈R
Z ∞
0
ω1|g Z ∞
i
ω2|g= 1 2
X
g∈R
Z ∞
0
ω1|g Z ∞
i
ω2|g+ Z ∞
0
ω1|gσ Z ∞
i
ω2|gσ,
et commeσ∞= 0,
X
g∈R
Z ∞
0
ω1|g Z ∞
i
ω2|g= 1 2
X
g∈R
Z ∞
0
ω1|g Z ∞
0
ω2|g.
Par ailleurs, on a Z ∞
0
ω1|g Z ∞
ρ
ω2|g= 1 3
X
g∈R
Z ∞
0
ω1|g Z ∞
ρ
ω2|g+ Z ∞
0
ω1|gτ Z ∞
ρ
ω2|gτ+ Z ∞
0
ω1|gτ2
Z ∞
ρ
ω2|gτ2.
Remarquons qu’on aR∞
0 ω1|g+R∞
0 ω1|gτ+R∞
0 ω1|gτ2 = 0. C’est pourquoi on a Z ∞
0
ω1|g Z ∞
ρ
ω2|g= 1 3
X
g∈R
Z ∞
0
ω1|gτ( Z ∞
ρ
ω2|gτ− Z ∞
ρ
ω2|g) + Z ∞
0
ω1|gτ2( Z ∞
ρ
ω2|gτ2− Z ∞
ρ
ω2|g).
Comme (R∞
ρ ω2|gτ−R∞
ρ ω2|g) =−R∞
0 ω2|get commeR∞
ρ ω2|gτ2−R∞
ρ ω2|g=R∞
0 ω2|gτ2, on obtient, en posant λi(g) =R∞
0 ωi (i∈ {1,2}),
Z ∞
0
ω1|g Z ρ
i
ω2|g= 1
2 X
g∈R
λ1(g)λ2(g) +1 3
X
g∈R
λ1(gτ)λ2(g)−1 3
X
g∈R
λ1(gτ)λ2(g) =1 6
X
g∈R
λ1(g)λ2(g) +1 3
X
g∈R
λ1(gτ)λ2(g).
En utilisant la relationλ1(g) +λ1(gτ) +λ1(gτ2) = 0, on obtient finalement Z ∞
0
ω1|g Z ρ
i
ω2|g =1 6
X
g∈R
λ1(gτ)λ2(g)−1 6
X
g∈R
λ1(gτ)λ2(gτ2).
Cela ach`eve la d´emonstration.
Corollaire. —Supposons qu’on ait Γ = Γ1(N), on a
< f1, f2>= i
12[SL2(Z) : Γ1(N)]
X
(u,v)∈(Z/NZ)2
ξf1(v,−u−v)ξf2(u, v)−ξf1(u, v)ξf2(v,−u−v).