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 – Lois des grands nombres, th´eor`eme central limite.

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Int´egration et probabilit´es

ENS Paris, 2012-2013

TD

()

 – Lois des grands nombres, th´eor`eme central limite.

Corrig´e

1 – Lois des grands nombres

E

xercice 1. (Calculer en cent lec¸ons) D´eterminer les limites suivantes :

. lim

n→∞

Z

[,]nf

x+. . .+xn n

dx. . . dxnpourf une fonion continue sur [,],

. lim

n→∞

n

X

k=

n k

!

pk(−p)nkf k n

!

pourf une fonion continue sur [,] etp∈[,],

. lim

n→∞

X

k=

eλn(λn)k k! f k

n

!

pourf une fonion continue et born´ee surR+etλ >.

Corrig´e :

. On a Z

[,]n

f

x+. . .+xn n

dx. . . dxn=E

f

U+. . .+Un n

o `uU, . . . , Unsont des variables al´eatoires ind´ependantes et uniformes sur [,]. D’apr`es la loi forte des grands nombres,n(U+. . .+Un) converge p.s. et donc en loi vers/. Ainsi,

nlim→∞

Z

[,]n

dx, . . . dxnf

x+. . .+xn n

=f

.

. On a

n

X

k=

n k

!

pk(−p)nkf k n

!

=E

f

B+. . .+Bn n

,

o `u B, . . . , Bn sont des variables al´eatoires de Bernoulli de param`etrep ind´ependantes. D’apr`es la loi forte des grands nombres,n(B+. . .+Bn) converge p.s. et donc en loi versp. Ainsi,

nlim→∞

Xn k=

n k

!

pk(−p)nkf k n

!

=f(p).

Pour des queions, demande de pr´ecisions ou explications, n’h´esitez pas `a m’envoyer un mail `a [email protected] , ou bien `a venir me voir au bureau V.

(2)

. On a

X

k=

eλn(λn)k k! f k

n

!

=E

f

P+. . .+Pn n

,

o `uP, . . . , Pn sont des variables al´eatoires de Poisson de param`etreλind´ependantes. D’apr`es la loi forte des grands nombres,n(P+. . .+Pn) converge p.s. et donc en loi versλ. Ainsi,

nlim→∞

X

k=

eλn(λn)k k! f k

n

!

=f(λ).

Remarque :on a utilis´e les r´esultats suivants que vous pourrez v´erifier `a titre d’exercice :

. La somme denvariables al´eatoires de Bernoulli de param`etrep∈[,]ind´ependantessuit une loi binomiale de param`etresnetp.

. La moyenne d’une variable al´eatoire suivant une loi de Poisson de param`etreλ >eλ.

. Soientn≥,λ, . . . , λn>etX, . . . , Xnnvariables al´eatoiresind´ependantes, chaqueXi suivant une loi de Poisson de param`etreλi. AlorsX+. . .+Xnsuit une loi de Poisson de param`etreλ+. . .+λn.

E

xercice 2. (Une loi faible avec fonions cara´eriiques) SoitX, .., Xn, ...une suite de v.a.i.i.d d´efinies sur un espace probabilis´e. On suppose queE[|X|]<∞. Montrer alors (sans utiliser la loi forte des grands nombres) `a l’aide des fonions cara´eriiques que

X+...+Xn n

−→(P) E[X].

Corrig´e :

L’ind´ependance des (Xi) implique que pourξ∈R: ϕX+...Xn

n (ξ) =

ϕX ξ

n n

.

CommeXa un moment d’ordrefini,ξ7→ϕ(ξ) ed´erivable ende d´eriv´eeiE[X]. D’o `u

ϕX ξ

n n

= (+E[X]

n +o

n

!n

7−→E[X].

Ainsi, les fonions cara´eriiques de X+...+Xn n convergent simplement vers la fonion cara´eriique de la mesure de Dirac enE[X], on en d´eduit que

X+...+Xn n

−→(d)

n→∞ E[X].

Or la convergence en loi vers une conante implique une convergence en probabilit´e vers cette conante,

ce qui conclut.

E

xercice 3. (Th´eor`eme de Bernein-Weierrass) Soit f une fonion continue de [,] dansC. Len- i`eme polynˆome de Bernein def,Bn, ed´efini par

Bn(x) = Xn

k=

n k

!

xk(−x)nkf k n

!

, x∈R.

(3)

. Soit Sn(x) la variable al´eatoire ´etant d´efinie par Sn(x) = Bin(n, x)/n, o `u Bin(n, x) e une variable al´eatoire. de loi binomiale de param`etrenetx. Montrer queBn(x) =E[f(Sn(x))].

. En d´eduire le Th´eor`eme de Berein-Weierrass kBnfk −→

n→∞ .

Corrig´e :

. C’e´evident.

. Soitε >, soitη >le module d’uniforme continuit´e def associ´e `aε.Alors on a

|f(x)−Bn(x)| = E[|f(x)−f(Sn(x))|]

≤ E[|f(x)−f(Sn(x))||Sn(x)x|≤η] +E[|f(x)−f(Sn(x))||Sn(x)x|≥η]

ε+kfkP[|Sn(x)−x| ≥η]

Pour ´evaluerP[|Sn(x)−x| ≥η], on utilise l’in´egalit´e de Markov : P[|Sn(x)−x| ≥η]≤Var[|Sn(x)|]

η =x(x) ≤ 

nη.

La majoration ci-dessus euniforme enx, ce qui permet de conclure.

E

xercice 4. (Loi faible, non forte) Soit (Xn)nune suite de variables al´eatoires ind´ependantes de loi

PX

n= 

ln(n+)n(δn+δn) + −  nln(n+)

! δ.

. Montrer queYn:=X+...+Xn n converge en probabilit´e vers.

. Montrer que presque s ˆurement,Ynne converge pas.

Corrig´e :

. On montre (en calculant) que

E[(Yn)]−→.

L’in´egalit´e de Markov permet alors de conclure.

. `A l’aide de Borel-Cantelli, on montre que P X

n

n ≥, pour une infinit´e den

=, et l’on conclue

comme dans l’exercice.) du TD.

2 – Th´eor`eme central limite

E

xercice 5. (Un dernier calcul et on s’en va) D´eterminer la limite suivante :

nlim→∞en

n

X

k=

nk k!.

Corrig´e : On a

en Xn k=

nk

k! =P(P+. . .+Pnn),

(4)

o `uP, . . . , Pnsont des variables al´eatoires de Poisson de param`etreind´ependantes. Et P(P+. . .+Pnn) =P P+. . .+Pnn

n ≤

! .

- La variance d’une variable al´eatoire de loi de Poisson de param`etre λ ´etant ´egale `a λ, on a d’apr`es le tcl,

P+. . .+Pnn

n

(loi)

−→

n→∞N ,

o `uN eune variable gaussienne (centr´ee r´eduite). Or la fonion de r´epartition deN econtinue donc

nlim→∞en Xn k=

nk

k! =P(N ≤) =

.

E

xercice 6. (Convergence en loi mais pas en proba) Soit (Xn)nune suite de variables al´eatoires r´eelles ind´ependantes et de mˆeme loi telle queE(X) =etE(X) =. On poseSn=X+. . .+Xnpour toutn≥.

. Montrer que pour toutA >, on a

P lim sup

n→∞

Sn

n

A

!

=, et en d´eduire que

P lim sup

n→∞

Sn

n = +∞

!

=.

. Juifier que si (Snk)keune suite extraite de (Sn)n, alors on a : P lim sup

k→∞

Snk

nk = +∞

!

=.

. En d´eduire que la suite (n/Sn)nne converge pas en probabilit´e.

Corrig´e :

. D’apr`es letcl, la suite (n/Sn)nconverge en loi vers une variable al´eatoireN de loi gaussienne centr´ee r´eduite. SoitA >. On a

P lim sup

n→∞

Sn

n

A

!

≥P lim sup (Sn

n > A

)!

≥lim sup

n→∞

P Sn

n > A

! .

La variableN ´etant `a densit´e, on a

nlim→∞

P Sn

n> A

!

=P(N > A)>, ce qui implique queP

lim supn→∞

Sn

nA

>. Or (

lim sup

n→∞

Sn

nA

)

∈ A,

o `uAela tribu asymptotiqueT

nσ(Xn, Xn+, . . .). Ainsi P lim sup Sn

n

A

!

=.

En consid´erant une suite (Ak)k↑+∞, on en d´eduit le r´esultat.

(5)

. On d´emontre ce r´esultat de la mˆeme mani`ere que le r´esultat pr´ec´edent.

. Si la suite (n/Sn)nconverge en probabilit´e vers une variable al´eatoireX, alors on peut extraire une sous-suite (nk/Snk)ktelle quenk/SnkXp.s. OrXa la mˆeme loi queN, ce qui contredit le fait que

P lim sup

k→∞

Snk

nk = +∞

!

=.

3 – Vecteurs gaussiens

E

xercice 7. (Personne n’ejamais assez fort pour ce calcul) Soit (Xn)nune suite de variables al´eatoires

`a valeurs dansRind´ependantes et indentiquement diribu´ees. ´Etudier le comportement asymptotique de la suite

X+. . .+XnnE(X)

n

!

n

dans les cas suivants :

. Xede loi δ(,)+δ(,),

. Xede loi δ(,)+δ(,)+δ(,). Corrig´e :

. Dans ce cas,Xecentr´e et la matrice de covariance deXeCX=  

 

!

.Donc, d’apr`es letcl veoriel, la suite ((X+. . .+Xn)/√

n)nconverge en loi vers un veeur al´eatoireN de loiN(, CX).

Le veeurN eun veeur gaussien d´eg´en´er´e, il a la mˆeme loi que le veeur (ν, ν) o `u la variable al´eatoire r´eelleνede loiN(,).

. Dans ce cas, on aE(X) = (,/) et la matrice de covariance deXeCX =  /

/ /

!

.Donc, d’apr`es le tcl veoriel, la suite ((X+. . .+XnnE(X))/√

n)n converge en loi vers un veeur al´eatoireN de loiN(, CX). Le veeurN eun veeur gaussien non-d´eg´en´er´e dont la densit´e e

f(y, y) =  π

√exp

− 

y+yy+y

.

E

xercice 8. (Suite r´ecurrente al´eatoire) Soient (Uk)kune suite de variables al´eatoires r´eelles ind´ependantes et de loi normaleN(, σ) etθ∈R. On d´efinit la suite (Xk)kparX=UetXk=θUk+Uk. Montrer que pour tout n≥, le veeur (X, . . . , Xn) eun veeur gaussien non d´eg´en´er´e dont on pr´ecisera la densit´e, l’esp´erance et la matrice de covariance.

Corrig´e :

SoitAla matrice carr´e d’ordrend´efinie par

A=



















    . . . θ    . . .

θ   . . . ... . .. ... ...

. . .θ



















(6)

Alors on voit queX=AU en notantX= (X, . . . , Xn) etU = (U, . . . , Un). DoncXeun veeur gaussien.

De plus det(A) =doncXenon d´eg´en´er´e. On aE(X) =et la matrice de covariance deXedonn´ee par

CX=A(σIn)tA=σAtA=σ



















θ

θ +θ θ . .. . .. . ..

θ +θ θ θ +θ

















 .

Enfin la densit´e deXe fX(x) =√

(π)ndet(CX)etxCXx=

(πσ)n/etxCXx, x∈Rn.

 – Compl´ements (hors TD)

E

xercice 9. (Formule de Stirling)

Queion pr ´eliminaire :SoitXune variable al´eatoire r´eelle de carr´e int´egrable d´efinie sur (Ω,A,P). Mon- trer que, pour touta >, on a :E(|X−inf(X, a)|)≤(E(X)P(X≥a))/.

Soit (Xn, n≥) une suite de variables al´eatoires ind´ependantes d´efinies sur (Ω,A,P), de mˆeme loi de Poisson de param`etre. On pose, pour tout entiern≥,

Sn= Xn

i=

Xi et Yn=Snn

n . On notex= sup(−x,) pour toutx∈R.

. Pour toutn≥, v´erifier queSn suit la loi de Poisson de param`etren, calculerE(Yn) et en d´eduire que pour touta >,

P(Yna)≤  a.

. SoitY une variable al´eatoire de loi normaleN(,). Montrer que la suite (Yn)nconverge en loi versY.

. Montrer `a l’aide de la queion pr´eliminaire que E(Yn) −→

n→∞

E(Y).

. En d´eduire la formule de Stirling

n!

n→∞

n e

n

πn.

Corrig´e :

. On a, d’apr`es l’in´egalit´e de Cauchy-Schwarz, E(|X−inf(X, a)|) =E

(X−a)1{X>a}

≤E

X1{X>a}

≤(E(X)P(X > a))/. () (a) On a

E(Yn) = n

Xn i=

Var(Xn) =.

On en d´eduit que

P(Yna)≤ 

aE((Yn))≤ 

aE(Yn) =  a.

(7)

() (b) D’apr`es letcl, la suite (Yn)nconverge en loi versY. Or la fonionx∈R7→xecontinue donc la suite (Yn)nconverge en loi versY.

() (c) Soita >. La fonionx∈R+7→inf(x, a) econtinue et born´ee donc E(inf(Yn, a)) −→

n→∞E(inf(Y, a)).

Et

|E(Yn)−E(Y)|

≤ E(|Yn−inf(Yn, a)|) +|E(inf(Yn, a)−inf(Y, a))|+E(|inf(Y, a)Y|)

≤ |E(inf(Yn, a)−inf(Y, a))|+ (P(Yna))/+ (P(Ya))/, d’apr`es la queion pr´eliminaire. OrP(Yna)aet

P(Ya)≤ E((Y))

a ≤E(Y) a = 

a. Ainsi,

lim sup

n→∞

|E(Yn)−E(Y)| ≤ a. Ceci ´etant vrai pour touta >, on a

lim sup

n→∞

|E(Yn)−E(Y)|=.

() (d) La variable al´eatoireSnsuit une loi de Poisson de param`etrendonc

E(Yn) = 

n

n

X

k=

(n−k)ennk k! =en

n







n

X

k=

nk+

k!

n

X

k=

nk+

k!







= nn+

enn!n =

n e

nn n!.

Et

E(Y) = 

√π Z

xex/dx= 

√π. Donc,

n e

nn n! −→

n→∞

√

π, et donc

n!

n→∞

n e

n

πn.

E

xercice 10. (Une LGN avec un go ˆut de TCL) On rappelle que la loi de Cauchy `a pour densit´e par rapport `a la mesure de Lebesguef(x) =π(+x ), et pour fonion cara´eriique

φ(ξ) = exp(−|ξ|).

. SiXetY sont deux variables de Cauchy ind´ependantes.Quelles ela loi de X+Y ?

. SiX, ..., Xnsont des vaiid de loi de Cauchy.Quelle ela loi de X+...+Xn

n ?

Qu’en pensez-vous ?

(8)

. Retrouver la forme de la fonion cara´eriique `a partir de la densit´e de la loi de Cauchy.

Corrig´e :

. On calcule :

φ(X+Y)/(t) =E

exp X+Y

 ·it

=E heiXti

E heiYti

= exp(−|t|/) exp(−|t|/) = exp(−|t|).

On en d´eduit que (X+Y)/suit une loi de Cauchy.

. Le mˆeme raisonnement montre que (X+· · ·+Xn)/nsuit une loi de Cauchy. On peut faire deux remarques :

(i) Znne converge pas p.s. lorsquen→ ∞. Ceci ne contredit pas la loi forte des grands nombres carteXn’a pas de moment d’ordre.

(ii) Le th´eor`eme central limite ne s’applique pas car il n’y a pas de moment d’ordre(et donc pas de moment d’ordre).

. On utilise la formule d’inversion de Fourier (voir les petites queions du TDpour deux queions similaires).

E

xercice 11. (´Equation al´eatoire – ) SoientXetY deux variables al´eatoires ind´ependantes de mˆeme loi, de variance finieσ. On suppose que (X+Y)/√

ede mˆeme loi queXetY.Que dire de cette loi commune ?

Corrig´e : Tout d’abord, comme (X+Y)/√

etXont mˆeme loi, on a (E[X]+E[Y])/√

=√

E[X] =E[X].

D’o `uE[X] =.

Ensuite, si (Xi),(Xi0),(Yi),(Yi0) sont des variables al´eatoires ind´ependants de mˆeme loi queX, on d´emontre ais´ement par r´ecurrence surnque

Zn= Pn

i=(Xi+Xi0+Yi+Yi0)

n+

a la mˆeme loi queX. Or d’apr`es le th´eor`eme central limite,Znconverge en loi versN(, σ) (en effet, le num´erateur deZneune somme den+variables al´eatoires r´eelles centr´ees ind´ependantes de mˆeme loi et de varianceσ). On conclut donc queXa la mˆeme loi queN(, σ).

Fin Bonne ann´ee !

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