ECRICOME 2005 S J.F. COSSUTTA Lyc´ee Marcelin BERTHELOT SAINT-MAUR [email protected]
EXERCICE 1
Remarque Dans la suite si A est une matrice de M3(R), nous noterons SpA l’ensemble de ses valeurs propres etSEP (A, λ)le sous-espace propre deAassoci´e `a la valeur propreλdeA.
Siα,β γ sont trois r´eels nous noterons Diag(α, β, γ)la matrice diagonale
α 0 0
0 β 0
0 0 γ
.
Q1. ∀(a, b, c)∈R3, M(a, b, c) =
a c b
c a+b c
b c a
=a
1 0 0 0 1 0 0 0 1
+b
0 0 1 0 1 0 1 0 0
+c
0 1 0 1 0 1 0 1 0
.
PosonsI=
1 0 0 0 1 0 0 0 1
,J =
0 0 1 0 1 0 1 0 0
,K=
0 1 0 1 0 1 0 1 0
. Sia,b etc sont trois r´eels quelconques, I ,J, Ksont trois matrices deM3(R) qui ne d´ependent pas dea,b,cet M(a, b, c) =a I+b J+c K.
J2=
0 0 1 0 1 0 1 0 0
0 0 1 0 1 0 1 0 0
=
1 0 0 0 1 0 0 0 1
=I.
K2=
0 1 0 1 0 1 0 1 0
0 1 0 1 0 1 0 1 0
=
1 0 1 0 2 0 1 0 1
. AinsiK2=I+J.
K3=K2K=
1 0 1 0 2 0 1 0 1
0 1 0 1 0 1 0 1 0
=
0 2 0 2 0 2 0 2 0
= 2K. DoncK3−2K= 0M3(R).
J2=I K2=
1 0 1 0 2 0 1 0 1
K2=I+J K3= 2K .
X3−2X est un polynˆome annulateur deK.
X3−2X est un polynˆome annulateur deK etX3−2X=X(X2−2) =X(X−√
2)(X+√ 2).
X3−2X est donc un polynˆome annulateur deK dont les racines sont−√ 2, 0,√
2. Ainsi : les seules valeurs propres possibles deK sont−√
2, 0 et√ 2.
Q2. Ici il faut sans doute comprendre que P doit ˆetre une matrice orthogonale.
Remarque P =−1 0 2
0 −1 1
est une matrice inversible de M3(R)et tP KP est la matrice diagonale
−2 0 0
0 0 0
0 0 8
maisP−1 n’est pas ´egale `a tP! !
K est une matrice sym´etrique et `a coefficients r´eels doncK est diagonalisable. Mieux il existe une matrice orthogonaleP, deM3(R), telle que tP KP soit une matrice diagonale.
Il existe une matriceP deM3(R) telle queP−1=tP et telle queD=tP KP soit une matrice diagonale.
Les valeurs propres possibles deK sont−√
2, 0 et√
2. Regardons si ces r´eels sont des valeurs propres deK.
SoitX=
x y z
un ´el´ement de M3,1(R). KX=
y x+z
y
.
KX= 0M3,1(R)⇐⇒
(y= 0 x+z= 0 y= 0
⇐⇒ny= 0 z=−x .
Ainsi 0 est valeur propre deKet le sous-espace propre associ´e est la droite vectorielle engendr´ee par
1 0
−1
.
Soitεun ´el´ement de{−1,1}. KX =ε√
2X ⇐⇒
y=ε√
2x x+z=ε√
2y y=ε√
2z
⇐⇒
y=ε√
2x ε√
2x=ε√ 2z x+z= (ε√
2)2x .
KX=ε√
2X⇐⇒
y=ε√
2x x=z x+z= 2x
⇐⇒
y=ε√ 2x
z=x .
Ainsi ε√
2 est valeur propre de K et le sous-espace propre associ´e est la droite vectorielle engendr´ee par
1 ε√
2 1
.
FinalementK poss`ede trois valeurs propres−√
2, 0 et√ 2.
PosonsX1=
1
−√ 2 1
, X2=
1 0
−1
etX3=
√1 2 1
.
kX1k = q
12+ (−√
2)2+ 12 =√
4 = 2,kX2k =p
12+ 02+ (−1)2 =√
2 et kX3k = q
12+ (√
2)2+ 12 =
√4 = 2.
D`es lors posonsY1= 1
kX1kX1=
1/2
−√ 2/2 1/2
,Y2= 1
kX2kX2=
1/√
2 0
−1/√ 2
etY3= 1
kX3kX3=
√1/2 2/2 1/2
.
Alors (Y1) est une base orthonorm´ee de SEP K,−√ 2
, (Y2) est une base orthonorm´ee de SEP (K,0) et (Y3) est une base orthonorm´ee de SEP K,√
2 .
K est une matrice sym´etrique `a coefficients r´eels dont les valeurs propres sont −√
2, 0 et √
2. Ainsi SEP K,−√
2
, SEP (K,0) et SEP K,√ 2
sont trois sous-espaces vectoriels deux `a deux orthogonaux deM3,1(R) etM3,1(R) = SEP K,−√
2
⊕SEP (K,0)⊕SEP K,√ 2
(K est diagonalisable).
AlorsB= (Y1, Y2, Y3) est une base orthonorm´ee deM3,1(R) contitu´ee de vecteurs propres deK respective- ment associ´es aux valeurs propres−√
2, 0 et√ 2.
Notons alorsP la matrice de passage de la base canonique deM3,1(R) `a la baseB.
1. P =
1/2 1/√
2 1/2
−√
2/2 0 √
2/2 1/2 −1/√
2 1/2
=1 2
1 √
2 1
−√
2 0 √
2
1 −√
2 1
.
2. P est une matrice orthogonale comme matrice de passage d’une base orthonorm´ee `a une base orthonorm´ee ; ainsiP est inversible etP−1=tP.
3. tP KP =P−1KP =
−√
2 0 0
0 0 0
0 0 √
2
= Diag(−√ 2,0,√
2).
SiP = 1 2
1 √
2 1
−√
2 0 √
2
1 −√
2 1
. AlorsP est une matrice inversible d’inversetP,D=tP KP est la matrice diagonale Diag(−√
2,0,√
2) et−√
2<0<√ 2 !
Q3. Soienta,betctrois r´eels. M =M(a, b, c) =a I+b J+c K=a I+b(K2−I)+c K= (a−b)I+c K+b K2.
M =M(a, b, c) = (a−b)I+c K+b K2.
tP M P =tP (a−b)I+c K+b K2
P = (a−b)tP IP+ctP KP +btP K2P.
tP M P = (a−b)P−1P+c P−1KP+b P−1K2P = (a−b)I+c D+b(P−1KP)2= (a−b)I+c D+b D2.
tP M P = (a−b)
1 0 0 0 1 0 0 0 1
+c
−√ 2 0
0 0 0
0 0 √
2
+b
−√ 2 0
0 0 0
0 0 √
2
2
.
tP M P =
a−b−c√
2 + 2b 0 0
0 a−b 0
0 0 a−b+c√
2 + 2b
=
a+b−c√
2 0 0
0 a−b 0
0 0 a+b+c√
2
.
Sia,b etc sont trois r´eels et siM =M(a, b, c) alors : P−1M P =tP M P = (a−b)I+c D+b D2=
a+b−c√
2 0 0
0 a−b 0
0 0 a+b+c√
2
ouP−1M P =tP M P = Diag(a+b−c√
2, a−b, a+b+c√ 2).
Soienta,b etc trois r´eels.
Ainsi SpM = Sp Diag(a+b−c√
2, a−b, a+b+c√
2) ={a+b−c√
2, a−b, a+b+c√ 2}.
Sia,b,csont trois r´eels, l’ensemble des valeurs popres deM =M(a, b, c) est{a+b−c√
2, a−b, a+b+c√ 2}.
Soient a, bet c trois r´eels. Cherchons le nombre de valeurs propres distinctes deM =M(a, b, c) ainsi que ses sous-espaces popres.
Posonsλ1=a+b−c√
2,λ2=a−b etλ3=a+b+c√ 2.
Nous avons vu queM =M(a, b, c) est diagonalisable et que SpM ={λ1, λ2, λ3}.
M = (a−b)I+c K+b K2 doncM =Q(K) o`u Qest le polynˆome (a−b) +c X+b X2. Rappelons que Y1 =
1/2
−√ 2/2 1/2
, Y2 =
1/√
2 0
−1/√ 2
et Y3 =
√1/2 2/2 1/2
sont trois vecteurs propres de K respectivement associ´e aux valeurs propres−√
2, 0 et√ 2.
AlorsK Y1=−√
2Y1,K Y2= 0×Y2et K Y3=√ 2Y3.
Le cours nous permet alors de dire que M Y1 = Q(K)Y1 = Q(−√
2)Y1, M Y2 = Q(K)Y2 = Q(0)Y2 et M Y3=Q(K)Y3=Q(√
2)Y3.
Un calcul simple (en fait d´ej`a fait) donneQ(−√
2) =λ1,Q(0) =λ2 etQ(√
2) =λ3.
Ainsi (Y1, Y2, Y3) est une base ortonorm´ee deM3,1(R) constitu´ee de vecteurs propres de M respectivement associ´es aux valeurs propresλ1,λ2,λ3.
•Siλ1,λ2etλ3sont trois r´eels deux `a deux distincts,M admet trois valeurs propres deux `a deux distinctes et les sous-espaces propres deM sont n´ecessairement des droites vectorielles.
Plus pr´ecis´ement : SEP (M, λ1) = Vect(Y1), SEP (M, λ2) = Vect(Y2) et SEP (M, λ3) = Vect(Y3).
• Si λ1=λ2=λ3, M n’admet qu’une valeur propre et commeM est diagonalisable le sous-espace propre associ´e estM3,1(R).
•Supposons que deux des r´eelsλ1,λ2,λ3soient ´egaux et que le troisi`eme soit distinct des deux pr´ec´edents.
Il existe trois ´el´ements i,j kde [[1,3]], deux `a deux distinctes, et tels queλi =λj 6=λk.
CommeM est diagonalisable,M poss`ede deux sous-espaces propres dont l’un est de dimension 1 et l’autre de dimension 2.
(Yi, Yj) est une famille libre de SEP (M, λi) qui est alors de dimension au moins 2. Ce qui pr´ec`ede montre que SEP (M, λi) est de dimension 2. (Yi, Yj) est finalement une base de SEP (M, λi).
De plus SEP (M, λk) est n´ecessairement de dimension 1 et il est engendr´e par (Yk).
Il ne reste plus qu’`a examiner les conditions sura,b etc qui donnent ses diff´erents cas.
λ1=λ2⇐⇒a+b−√
2c=a−b⇐⇒2b=√
2c⇐⇒c=√ 2b.
λ3=λ2⇐⇒a+b+√
2c=a−b⇐⇒ −2b=√
2c⇐⇒c=−√ 2b.
λ1=λ3⇐⇒a+b−√
2c=a+b+√
2c⇐⇒c= 0.
Ainsi :
•c=b= 0 donneλ1=λ2=λ3=a;
•c= 0 etb6= 0 donneλ1=λ3=a+b6=λ2=a−b;
•c=√
2bet b6= 0 donneλ1=λ2=a−b6=λ3=a+ 3b;
•c=−√
2b etb6= 0 donneλ2=λ3=a−b6=λ1=a+ 3b;
•dans les autres casλ1,λ2et λ3sont trois r´eels deux `a deux distincts.
Il ne reste plus qu’`a conclure en faisant la synth`ese des r´esultats obtenus.
Sib=c= 0, M =M(a, b, c) admet une seule valeur propreaet SEP (M, a) =M3,1(R)
Sic= 0 etb6= 0, M =M(a, b, c) admet deux valeurs propres distinctes :a+bet a−b.
Dans ce cas SEP (M, a+b) =
1/2
−√ 2/2 1/2
,
√1/2 2/2 1/2
et SEP (M, a−b) = Vect
1/√
2 0
−1/√ 2
.
Sic=√
2bet b6= 0, M =M(a, b, c) admet deux valeurs propres distinctes :a−bet a+ 3b.
Dans ce cas SEP (M, a−b) = Vect
1/2
−√ 2/2 1/2
,
1/√
2 0
−1/√ 2
et SEP (M, a+ 3b) = Vect
√1/2 2/2 1/2
.
Sic=−√
2bet b6= 0,M =M(a, b, c) admet deux valeurs propres distinctes :a−beta+ 3b.
Dans ce cas SEP (M, a−b) = Vect
1/√
2 0
−1/√ 2
,
√1/2 2/2 1/2
et SEP (M, a+ 3b) = Vect
1/2
−√ 2/2 1/2
.
Dans les autres casM =M(a, b, c) admet trois valeurs propres deux `a deux distinctesa+b−√
2c,a−b eta+b+√
2c.
De plus SEP M, a+b−√ 2c
= Vect
1/2
−√ 2/2 1/2
, SEP (M, a−b) = Vect
1/√
2 0
−1/√ 2
et
SEP M, a+b+√ 2c
= Vect
√1/2 2/2 1/2
.
4. Icia= 4, b= 2 etc=√ 2.
AlorsM =
4 √
2 2
√2 6 √ 2
2 √
2 4
, λ1= 4 + 2−√ 2√
2 = 4,λ2= 4−2 = 2 et λ3= 4 + 2 +√ 2√
2 = 8.
M admet trois valeurs propres distinctes 4, 2 et 8. De plus : SEP (M,4) = Vect
1/2
−√ 2/2 1/2
, SEP (M,2) = Vect
1/√
2 0
−1/√ 2
et SEP (M,8) = Vect
√1/2 2/2 1/2
SiP =
1/2 1/√
2 1/2
−√
2/2 0 √
2/2 1/2 −1/√
2 1/2
alorstP M P =P−1M P est la matrice diagonaleD=
4 0 0 0 2 0 0 0 8
.
L’´enonc´e est encore approximatif `a ce niveau. Dans la suite (x, y, z) est implicitement un ´el´ement deR3− {0R3}et ainsiX =
x y z
est un ´el´ement non nul deM3,1(R).
a. i. kX0k2=tX0X0=t(tP X)tP X=tXt(tP)tP X=tXPtP X=tXP P−1X =tXX=kXk2.
kX0k2=kXk2.
tXM X =tXP DtP X=t(tP X)DtP X=tX0DX0= (x0y0z0)
4 0 0 0 2 0 0 0 8
x0 y0 z0
= (x0y0z0)
4x0 2y0 8z0
.
AinsitXM X= 4x02+ 2y02+ 8z02. De pluskXk2=kX0k2=x02+y02+z02. Alors
f(x, y, z) =4x02+ 2y02+ 8z02 x02+y02+z02 ·
a. ii. 2 (x02+y02+z02)64x02+ 2y02+ 8z0268 (x02+y02+z02) carx02,y02, z02sont trois r´eels positifs.
Donc 26 4x02+ 2y02+ 8z02
x02+y02+z02 68 et ainsi 26f(x, y, z)68 puisquex02+y02+z02=kXk2>0.
f(x, y, z) = 2⇐⇒4x02+ 2y02+ 8z02= 2 (x02+y02+z02)⇐⇒2x02+ 6z02= 0⇐⇒x0 =z0= 0.
f(x, y, z) = 8⇐⇒4x02+ 2y02+ 8z02= 8 (x02+y02+z02)⇐⇒4x02+ 6y02= 0⇐⇒x0=y0= 0.
Or
x0 y0 z0
=X0=tP X =
1
2 −
√ 2 2
1 2
√1
2 0 − 1
√2 1
2
√2 2
1 2
x y z
. Ainsi
x0= 1 2 x−√
2y+z y0 = 1
√2 x−z z0 = 1
2 x+√
2y+z .
Alorsf(x, y, z) = 2⇐⇒
(x−√
2y+z= 0 x+√
2y+z= 0
⇐⇒ny= 0
z=−x ⇐⇒(x, y, z)∈Vect (1,0,−1) )
Etf(x, y, z) = 8⇐⇒
x−√
2y+z= 0
x−z= 0 ⇐⇒
z=x y= 2x
√2 =√
2x ⇐⇒(x, y, z)∈Vect (1,√ 2,1)
) R´esumons. ∀(x, y, z)∈R3− {0R3}, 26f(x, y, z)68.
∀(x, y, z)∈R3− {0R3}, f(x, y, z) = 2⇐⇒(x, y, z)∈Vect (1,0,−1) .
∀(x, y, z)∈R3− {0R3}, f(x, y, z) = 8⇐⇒(x, y, z)∈Vect (1,√ 2,1)
.
Le minimum def est 2 et il est atteint en tout point de Vect (1,0,−1)
− {0R3}.
Le maximum def est 8 et il est atteint en tout point de Vect (1,√ 2,1)
− {0R3}.
Remarque Les fans de Rayleigh ne seront pas surpris par ces r´esultats...
b. i. SoitB une solution de l’´equation . BM=BB2=B3=B2B =M B.
B etM commutent.
Soitλune valeur propre deM et X un ´el´ement du sous-espace propreEλ deM attach´e `a la valeur propre λ.
BM X=M BXdoncB(λ X) =M BXouM BX=λ BX; ainsiBX appartient `aEλ.
Siλune valeur propre deM etX un ´el´ement du sous-espace propreEλdeM attach´e `a la valeur propre λalorsBX appartient `aEλ
SoitY un vecteur propre deM. Notonsγ la valeur propre associ´ee. Y 6= 0M3,1(R)et M Y =γ Y.
M ayant trois valeurs propres deux `a deux distinctes, ses sous-espaces propres sont des droites vectorielles.
Ainsi le sous-espace propreEγ deM associ´e `a la valeur propreγ est Vect(Y).
Or BY ∈Eγ donc il existe un r´eel γ0 tel queBY =γ0Y. CommeY n’est pas nul, c’est un vecteur propre deB (associ´e `a la valeur propreγ0).
Les vecteurs propres deM sont des vecteurs propres deB.
Montrons que ∆ =tP BP est une matrice diagonale. Notons (E1, E2, E3) la base canonique deM3,1(R).
Soitj un ´el´ement de [[1,3]]. P Ej est laj`eme colonne deP c’est doncYj. P Ej =Yj etP−1Yj =Ej. De plusYj est un vecteur propre deM donc deB;∃αj∈R, BYj=αjYj.
Alors ∆Ej=tP BP Ej=P−1BYj=αjP−1Yj=αjEj.
Ainsi laj`eme colonne de ∆ estαjEj et ceci pour tout ´el´ementj de [[1,3]]. Donc ∆ =
α1 0 0 0 α2 0
0 0 α3
.
∆ =tP BP est une matrice diagonale.
b. ii. Oublions pudiquement le texte et r´esolvons l’´equation.
Nous venons de voir que siB est solution de l’´equation il existe une matrice diagonale ∆ telle que
∆ =tP BP =P−1BP ou telle queB =P∆tP =P∆P−1.
Ainsi les solutions de l’´equation sont “de la forme” P∆tP =P∆P−1 o`u ∆ est une matrice diagonale de M3(R).
Consid´erons alors une matrice diagonale ∆ = Diag (δ1, δ2, δ3) deM3(R) et posonsB=P∆tP =P∆P−1. AlorsB2=M ⇐⇒(P∆P−1)2=M ⇐⇒P∆2P−1=M ⇐⇒∆2=P−1M P = Diag(4,2,8).
B2=M ⇐⇒∆2= Diag(4,2,8)⇐⇒Diag(δ12, δ22, δ32) = Diag(4,2,8)⇐⇒
δ12= 4 δ22= 2 δ32= 8
.
B2=M ⇐⇒
(δ1= 2 ouδ1= 2 δ2=√
2 ouδ2=−√ 2 δ3= 2√
2 ouδ3=−2√ 2
.
L’ensemble des solutions de l’´equationB∈ M3(R) etB2=M(4,2,√ 2) est :
P
2ε 0 0
0 √
2ε0 0
0 0 2√
2ε00
tP; (ε, ε0ε00)∈ {−1,1}3
.
Ou encore :
1 2
ε+√
2ε0+√
2ε00 2ε00−√
2ε ε−√
2ε0+√ 2ε00 2ε00−√
2ε 2ε+ 2√
2ε00 2ε00−√ 2ε ε−√
2ε0+√
2ε00 2ε00−√
2ε ε+√
2ε0+√ 2ε00
; (ε, ε0ε00)∈ {−1,1}3
.
Il n’´echappera alors `a personne que :
l’ensemble des solutions de l’´equationB∈ M3(R) et B2=M(4,2,√ 2) est : (
M ε+√
2ε0+√ 2ε00
2 ,ε−√
2ε0+√ 2ε00
2 ,2ε00−√ 2ε 2
!
; (ε, ε0ε00)∈ {−1,1}3 )
.
EXERCICE 2
1. Montrons par r´ecurrence que, pour tout ´el´ementndeN,un est d´efini etun>√ n.
•La propri´et´e est vraie pourn= 0 caru0>0.
•Supposons la propri´et´e vraie pour un ´el´ement ndeNet montrons la pourn+ 1.
un est d´efini etun>√
n>0. Ainsin+ 1 +un>n+ 1>0.
Alorsun+1=√
n+ 1 +un est d´efini etun+1>√
n+ 1. Ceci ach`eve la r´ecurrence.
Pour tout ´el´ementndeN,un est d´efini etun>√ n.
2. a. Soitxun ´el´ement de R+. (1−√
x)2>0 donc 1 +x−2√
x>0 et ainsi√ x6 1
2 1 +x .
∀x∈R+, √ x61
2 1 +x .
b. Montrons par r´ecurrence que, pour tout ´el´ementndeN,un6n+u0
2n·
•La propri´et´e est vraie pourn= 0 caru06u0= 0 +u0
20·
•Supposons la propri´et´e vraie pour un ´el´ement ndeNet montrons la pourn+ 1.
n+ 1 +un appartient `a R+doncun+1=√
n+ 1 +un 61
2 1 +n+ 1 +un
= 1 + n 2 +1
2un. L’hypoth`ese de r´ecurrence donne alors :un+161 +n
2 +1 2
n+u0
2n
= 1 +n 2 +n
2 + u0
2n+1 =n+ 1 + u0
2n+1· Ainsi s’ach`eve la r´ecurrence.
∀n∈N, un6n+u0
2n· Ce qui pr´ec`ede donne :∀n∈N∗, 06un−16n−1 + u0
2n−1 6n+ u0 2n−1· Donc∀n∈N∗, 06 un−1
n2 6 1 n+ 1
n2 u0
2n−1·Or lim
n→+∞
1 n+ 1
n2 u0
2n−1
= 0 + 0×0 = 0.
Il vient alors par encadrement : lim
n→+∞
un−1 n2 = 0.
La suiteun−1 n2
n>1
converge vers 0.
c. ∀n∈N∗, un
n =
rn+un−1 n2 =
r1
n +un−1
n2 ·Alors lim
n→+∞
un
n =√
0 + 0 = 0.
La suiteun
n
n>1
converge vers 0.
∀n∈N∗, √
n6un=√
n+un−1donc∀n∈N∗, 16 un
√n = r
1 + un−1 n · Ainsi∀n∈N∗, 16 un
√n 6 r
1 +un−1 n ! !
∀n∈N∗, 16 un
√n 6 r
1 + un−1 n ·
Comme lim
n→+∞
un
n = 0, lim
n→+∞
un−1
n = lim
n→+∞
un−1 n−1
n−1 n
= 0×1 = 0.
Alors lim
n→+∞
r
1 + un−1
n = 1. L’encadrement obtenu plus haut donne alors : lim
n→+∞
un
√n = 1. Ainsi :
un ∼
n→+∞
√n.
Remarque Il est clair que l’encadrement est parfaitement inutile et que le r´esultat s’obtient presque directe- ment.
3.
√1 +x= 1 +1
2x+ o(x) au voisinage de 0.
Donc√
1 +x−1 = 1
2x+ o(x) au voisinage de 0. Alors √
1 +x−1 ∼
x→0
1 2x.
Or lim
n→+∞
un−1
n = 0, doncun−√ n=p
n+un−1−√ n=√
n r
1 + un−1 n −1
n→+∞∼
√n1 2
un−1 n · Commeun−1 ∼
n→+∞
√n−1 alorsun−√ n ∼
n→+∞
√n
√n−1
2n ∼
n→+∞
√n
√n 2n = 1
2· La suite de terme g´en´eralwn=un−√
nconverge vers 1 2· 4. ∀n∈N∗, √
n−√
n−1 = (√ n−√
n−1) (√ n+√
n−1)
√n+√
n−1 = n−(n−1)
√n+√
n−1 = 1
√n+√ n−1· Comme : lim
n→+∞
√ 1 n+√
n−1 = 0 :
n→+∞lim
√n−√ n−1
= 0.
∀n∈N∗, un−un−1= un−√ n
− un−1−√ n−1
+ √ n−√
n−1
. Alors lim
n→+∞ un−un−1
= 1 2−1
2−0 = 0.
n→+∞lim un−un−1
= 0.
Ce r´esultat peut encore s’´ecrire :∀ε∈R+∗, ∃p∈N∗, ∀n∈N∗, n>p⇒
un−un−1 < ε.
En prenantε´egal `a 1
2 on obtient l’existence d’un ´el´ement N0 deN∗ tel que :
∀n∈N∗, n>N0⇒
un−un−1 <1
2 ou∀n∈N∗, n>N0⇒ −1
2 < un−un−1<1 2· Il en r´esulte que ∀n∈N∗, n>N0⇒un−1−1
2 < un.
CommeN0appartient `a N∗, on peut encore ´ecrire∀n∈N, n>N0⇒un−1−1 2 < un. Ce qui permet tr`es largement d’affirmer que :∀n∈N, n>N0⇒un−1−1
2 6un. Ainsi, conform´ement au texte ont peut dire :
Il existe un entier naturelN0 tel que pour tout entier natureln, sin>N0 alorsun >un−1−1 2· Soitnun ´el´ement deN∗. un+1−un =√
n+ 1 +un−p
n+un−1. Alors : un+1−un=
√n+ 1 +un−√
n+un−1 √
n+ 1 +un+√
n+un−1
√n+ 1 +un+√
n+un−1 = n+ 1 +un
− n−un−1
√n+ 1 +un+√
n+un−1· Finalementun+1−un= 1 +un−un−1
√n+ 1 +un+√
n+un−1· Ainsiun+1−un est du signe de 1 +un−un−1car√
n+ 1 +un+√
n+un−1est strictement positif.
Pour tout ´el´ementndeN∗,un+1−un est du signe de 1 +un−un−1. Soitnun entier naturel tel quen>N0.
Alorsun>un−1−1
2 donc 1 +un−un−1>1−1 2 =1
2·Ainsi 1 +un−un−1 est tr`es largement positif.
Orun+1−un est du signe de 1 +un−un−1(carnest dansN∗puisqueN0∈N∗) doncun+1−un est positif.
Finalement∀n∈N, n>N0⇒un+1−un>0. Ainsi :
La suite (un) est croissante `a partir d’un certain rang.
5. Voici une version r´ecursive.
2 3 begin
4 if n=0 then suite:=u_0
5 else suite:=sqrt(n+suite(n-1,u_0));
6 end;
Ajoutons une version it´erative sans doute plus raisonnable...
1 Function suite(n:integer;u_0:real):real;
2
3 var i:integer; a:real;
4 begin
5 a:=u_0;
6 for i:=1 to n do
7 a:=sqrt(i+a);
8 suite:=a;
9 end;
PROBL` EME
Partie I : Un calcul d’int´ egrale.
1. Soitαun r´eel. fbα:t→ 1
(1 +t2)α est continue et positive sur [0,+∞[.
Notons que Z +∞
0
dt
(1 +t2)α converge si et seulement si Z +∞
1
dt
(1 +t2)α converge et quefbα(t) ∼
t→+∞
1 t2α· Les r`egles de comparaison des int´egrales g´en´eralis´ees de fonctions positives montrent alors que
Z +∞
1
dt (1 +t2)α est de mˆeme nature que
Z +∞
1
dt t2α·
Cette derni`ere int´egrale converge si et seulement si 2α >1 ouα > 1
2· Finalement : Pour tout r´eel α, l’int´egraleJα=
Z +∞
0
dt
(1 +t2)α converge si et seulement siα > 1 2·
2. Soit αun r´eel de l’intervalle [1,+∞[ (ou de l’intervalle 1 2,+∞
). hα:t → t2
(1 +t2)α est continue sur [0,+∞[.
Fixons Adans [0,+∞[ et posons ∀t∈[0,+∞[, u(t) =tetv(t) =− 1 2α
1
(1 +t2)α. uet v sont de classe C1 sur [0,+∞[.
De plus :∀t∈[0,+∞[, u0(t) = 1, ∀t∈[0,+∞[, v0(t) =− 1 2α
−α(2t) (1 +t2)α−1 (1 +t2)2α
= t
(1 +t2)α+1·
Notons quehα=u v0. Une int´egration par parties alors claire donne : Z A
0
t2
(1 +t2)α+1dt=
t
− 1 2α
1 (1 +t2)α
A
0
− Z A
0
1×
− 1 2α
1 (1 +t2)αdt.
Z A 0
t2
(1 +t2)α+1dt=− 1 2α
A
(1 +A2)α + 1 2α
Z A 0
dt (1 +t2)α·
A→+∞lim A
(1 +A2)α = 0 car A
(1 +A2)α ∼
A→+∞
A
A2α = 1
A2α−1 et 2α−1>0.
Nous avons ´egalement lim
A→+∞
Z A 0
dt
(1 +t2)α =Jα. Alors lim
A→+∞
Z A 0
t2
(1 +t2)α+1dt= 1 2αJα. Pour tout r´eel αde [1,+∞[ (ou de ]12,+∞[),
Z +∞
0
t2
(1 +t2)α+1dt existe et vaut 1 2αJα. Soitαun r´eel de l’intervalle [1,+∞[ (ou de l’intervalle1
2,+∞
).
Z +∞
0
t2
(1 +t2)α+1dt+Jα+1 = Z +∞
0
t2
(1 +t2)α+1 + 1 (1 +t2)α+1
dt=
Z +∞
0
1 +t2 (1 +t2)α+1dt.
Donc Z +∞
0
t2
(1 +t2)α+1dt+Jα+1= Z +∞
0
dt
(1 +t2)α =Jα. AinsiJα+1=Jα−
Z +∞
0
t2
(1 +t2)α+1dt=Jα− 1
2αJα= 2α−1 2α Jα.
Pour tout r´eelαde [1,+∞[ (ou de ]12,+∞[),Jα+1= 2α−1 2α Jα.
3. J1= lim
A→+∞
Z A 0
dt
1 +t2 = lim
A→+∞
arctantA
0 = lim
A→+∞arctanA= π 2· J1= π
2·
“Jn= 2 (n−1)−1
2 (n−1) ×2(n−2)−1
2 (n−2) × · · · ×2×1−1
2×1 ×J1= (2n−3)(2n−5)· · ·(1) 2n−1(n−1)! J1”
“Jn= (2n−2)(2n−3)(2n−4)(2n−5)· · ·(2)(1)
2n−1(n−1)! (2 (n−1))(2 (n−2))· · ·(2) J1= (2n−2)!
2n−1(n−1)!2J1” Montrons alors par r´ecurrence que :∀n∈N∗, Jn = (2n−2)!
2n−1(n−1)!2J1.
•La propri´et´e est vraie pourn= 1 car pourn= 1, (2n−2)!
2n−1(n−1)!2 = 0!
[1×0!]2 = 1.
•Supposons la propri´et´e vraie pourndansN∗ et montrons la pourn+ 1.
Jn+1=2n−1
2n Jn=2n−1 2n
(2n−2)!
2n−1(n−1)!2J1=(2n)(2n−1) (2n)2
(2n−2)!
2n−1(n−1)!2J1. Jn+1= (2n)!
[2n2n−1(n−1)!]2J1= (2n)!
[2nn!]2J1, ce qui ach`eve la r´ecurrence.
∀n∈N∗, Jn= (2n−2)!
2n−1(n−1)!2J1= (2n−2)!
2n−1(n−1)!2
π 2.
Partie II : Loi de Student ` a
ndegr´ es de libert´ e.
1. Soit n un ´el´ement de N∗. Montrons d’abord l’existence de Z +∞
−∞
gn(t) dt. Notons que gn est continue, paire et (strictement) positive surR.
Pour montrer la convergence de Z +∞
−∞
gn(t) dt il suffit donc de montrer la convergence de Z +∞
0
gn(t) dt ou de
Z +∞
1
gn(t) dt
gn(t) ∼
t→+∞
t2 2
−n+12
= 2n+12 1 tn+1,
Z +∞
1
dt
tn+1 converge carn+ 1>1 etgn est positive sur [1,+∞[.
Les r`egles de comparaisons des int´egrales g´en´eralis´ees de fonctions positives montrent alors la convergence de
Z +∞
1
gn(t) dt et ainsi de Z +∞
−∞
gn(t) dt.
gn ´etant strictement positive surR, Z +∞
−∞
gndtest ´egalement strictement positive.
Posons alorskn = Z +∞
−∞
gn(t) dt;kn est un r´eel strictement positif. Posons encorefn= 1 kn
gn.
•fn est continue surRcargn est continue surR.
•fn est positive surRcargn est positive surRetkn est un r´eel strictement positif.
• Z +∞
−∞
fn(t) dtconverge car Z +∞
−∞
gn(t) dtconverge.
Mieux Z +∞
−∞
fn(t) dt= 1 kn
Z +∞
−∞
gn(t) dt= 1 kn
kn = 1. Finalement :
sinappartient `a N∗ et sikn= Z +∞
−∞
gn(t) dt,fn= 1
kngn est une densit´e de probabilit´e.
Soitnun ´el´ement deN∗. gn ´etant paire surR,kn= Z +∞
−∞
gn(t) dt= 2 Z +∞
0
gn(t) dt.
ϕ:t→ t
√n est de classeC1 sur [0,+∞[ et strictement croissante. Elle d´efinit une bijection de [0,+∞[ sur [0,+∞[.
Ceci suffit pour s’autoriser `a faire le changement de variableu= t
√n dans Z +∞
0
gn(t) dt. On obtient alors : Z +∞
0
gn(t) dt= Z +∞
0
1 +t2
n −n+12
dt= Z +∞
0
(1 +u2)−n+12 √ n
du=√ n Jn+1
2 . Ainsi :
∀n∈N∗, kn = 2√ n Jn+1
2 .
2. a. et b. Gagnons un peu de temps en fixantrdansN∗ et en ´etudiant l’existence d’un moment d’ordre rpourX.
Il s’agit donc d’´etudier l’existence de l’int´egrale Z +∞
−∞
trfn(t) dt ou de Z +∞
0
trfn(t) dt carfn a la parit´e de rsurR.
Observons quet→trfn(t) est continue surR. Notons encore que Z +∞
0
trfn(t) dtconverge si et seulement si
Z +∞
0
trgn(t) dtconverge ou si et seulement si Z +∞
1
trgn(t) dtconverge.
Retenons alors queX poss`ede un moment d’ordrer si et seulement si Z +∞
1
trgn(t) dt converge et ´etudions la nature de cette int´egrale.
t→trgn(t) est continue et positive sur [1,+∞[. De plus : trgn(t) =tr
1 +t2
n −n+12
t→+∞∼ tr t2
n −n+12
=nn+12 trt−(n+1)= nn+12 tn+1−r· Ainsi
Z +∞
1
trgn(t) dt est de mˆeme nature que Z +∞
1
nn+12
tn+1−rdt. Cette derni`ere int´egrale converge si et seulement sin+ 1−r >1 ou n > r. Finalement :
X poss`ede un moment d’ordrersi et seulement sin > r.
X poss`ede une esp´erance si et seulement si n >1.
X poss`ede un moment d’ordre 2 ou une variance si et seulement sin >2.
t→t fn(t) ´etant impaire surR, Z +∞
−∞
t fn(t) dt= 0 pourvu que l’on aitn >1. Finalement :
Si n >1,E(X) = 0.
Supposonsn >2. V(X) =E(X2)− E(X)2
=E(X2) = Z +∞
−∞
t2fn(t) dt= 2 Z +∞
0
t2fn(t) dt.
V(X) = 2 kn
Z +∞
0
t2gn(t) dt= 2 kn
Z +∞
0
t2
1 +t2 n
−n+12
dt.
Le changement de variableu= t
√n d´ej`a justifi´e dansQ1donne alors : V(X) = 2
kn
Z +∞
0
n u2 1 +u2−n+12 √ n
du=2√ n n kn
Z +∞
0
u2 (1 +u2)n−12 +1
du.
En remarquant que n−1
2 >1 (carn>3) et en appliquant I Q2on obtient : V(X) = 2√
n n kn
1
2 n−12 Jn−1 2
= 2√ n n (n−1)kn
Jn−1 2
.
Or kn = 2 n Jn+1 2
et, d’apr`esI Q2, Jn+1 2
=Jn−1 2 +1 =
2 n−12 Jn−1 2
= n−1Jn−1 2
(toujours parce que
n−1
2 >1). Alorskn= 2√ nn−2
n−1Jn−1
2 . AinsiV(X) = 2√
n n (n−1) 2√
nn−2n−1Jn−1
2
Jn−1
2 = n
n−2·
Sin >2,V(X) = n n−2·
Partie III : Simulation d’une loi.
1. PosonsT = tan Θ et notonsFT la fonction de r´epartition deT etFΘ celle de Θ.
Rappelons que∀x∈i
−∞,−π 2 h
, FΘ(x) = 0, ∀x∈h
−π 2,π
2 h
, FΘ(x) = x− −π2
π
2− −π2 = 1 π
h x+π
2 i
et∀x∈hπ 2,+∞h
, FΘ(x) = 1.
∀x∈R, FT(x) =P(T 6x) =P(tan Θ6x) =P(Θ6arctanx) car arctan est croissante sur Ret Θ prend ses valeurs dansi
−π 2,π
2 h
. Or∀x∈R, arctanx∈i
−π 2,π
2
h, par cons´equent :∀x∈R, FT(x) =FΘ(arctanx) = 1 π
harctanx+π 2
i.
∀x∈R, FT(x) = 1 π
h
arctanx+π 2 i
.
arctan est de classeC1 surR. Il en est donc de mˆeme pourFT:x→ 1 π
harctanx+π 2
i. AinsiFT est une variable al´eatoire `a densit´e etFT0 en est une densit´e.
Notons que∀x∈R, FT0(t) = 1
π(1 +x2)·AlorsFT0 =f1. Finalement :
T = tan Θ est une variable al´eatoire `a densit´e admettant pour densit´ef1:x→ 1 π(1 +x2)·
2. Y = tan Θ =T! ! AinsiY est une variable al´eatoire `a densit´e admettant pour densit´ef1. Par cons´equent :
Y = tan Θ etY suit une loi de Cauchy.
3. R´eecrivons le programme pour commencer.
1 Program simu;
2 var u,x:real;
3 begin
4 randomize;
5 u:=pi*random-pi/2;
6 x:=sin(u)/cos(u);
7 writeln(x);
8 end.
Random fournit un r´eel choisi au hasard dans l’intervalle [0,1[. Commez →π x−π
2 d´efinit une bijection de [0,1[ surh
−π 2,π
2 h
, l’instructionu : =pi*random-pi/2 affecte `a la variable uun r´eel choisit au hasard dansh
−π 2,π
2 h
.
On affecte alors `a la variablexla tangente de ce nombre et on l’affiche.
Rassurons nous en disant que la probabilit´e pour que l’on affecte `a u la valeur−π
2 est nulle.
Ainsi ce programme simule la variable al´eatoireY = tan Θ qui suit une loi de Cauchy.
Ce programme simule la loi de Cauchy.
Partie IV : Obtention d’une loi de Cauchy ` a partir de lois normales.
1. a. Y est une variable al´eatoire `a densit´e de densit´e f. Le cours, ou presque, nous dit alors que
−Y = (−1)Y est une variable al´eatoire `a densit´e admettant x → 1
| −1|f
x−0
−1
ou x→ f(−x) pour densit´e.
−Y est une variable al´eatoire `a densit´e admettantx→f(−x) pour densit´e.
Notons quef est continue surRdoncF est deC1 surRetF0=f. Montrons queY et −Y ont mˆeme loi si et seulement sif est paire.
•Supposons queY et−Y ont mˆeme loi. Y et−Y ont mˆeme fonction de r´epartition. Notons ˆF celle de−Y. Par hypoth`eseFb=F.
f ´etant continue surR,x→f(−x) est une densit´e de−Y continue surR. AlorsFb est de classeC1surRet
∀x∈R, Fb0(x) =f(−x).
Alors∀x∈R, f(−x) =Fb0(x) =F0(x) =f(x). Doncf est paire surR.
• Supposons quef est paire surR. ∀x∈R, f(−x) =f(x). Ainsif est une densit´e deY et de−Y doncY et−Y ont mˆeme loi.
Y et −Y ont mˆeme loi si et seulement sif est paire.
Dans la suite de cea,f est paire doncY et −Y ont mˆeme loi. AinsiFb=F.
∀x∈]− ∞,0[, G(x) =P(|Y|6x) = 0.
∀x∈[0,+∞[, G(x) =P(|Y|6x) =P(−x6Y 6x) =P(Y 6x)−P(Y <−x).
∀x∈[0,+∞[, G(x) =P(Y 6x)−P(−Y > x) =P(Y 6x)− 1−P(−Y 6x)
=F(x)− 1−Fb(x) .
∀x∈R, G(x) =
( 0 six∈]− ∞,0[
2F(x)−1 six∈[0,+∞[.
f est paire surRdoncF(0) = Z 0
−∞
f(t) dt= Z +∞
0
f(t) dt= Z +∞
−∞
f(t) dt− Z 0
−∞
f(t) dt= 1−F(0).
Alors 2F(0)−1 = 0 et ainsiF(0) = 1
2·On peut alors ´ecrire :
∀x∈R, G(x) =
( 0 six∈]− ∞,0]
2F(x)−1 six∈[0,+∞[.
Gest nulle sur ]− ∞,0] donc Gest de classeC1 sur ]− ∞,0].
F ´etant de classeC1surRil en est de mˆeme pour 2F−1. AinsiGest de classeC1 sur [0,+∞[.
G´etant de classeC1sur ]− ∞,0] et sur [0,+∞[ :
1. Gest continue sur ]− ∞,0] et sur [0,+∞[ donc surR; 2. Gest de classeC1 surR− {0}au moins.
Ceci suffit pour dire que |Y| est une variable al´eatoire `a densit´e.
∀x∈]− ∞,0[, G0(x) = 0 et∀x∈]0,+∞[, G0(x) = 2F0(x) = 2f(x).
Posons alors∀x∈]− ∞,0[, g(x) = 0 et∀x∈[0,+∞[, g(x) = 2f(x).
g est une fonction num´erique positive sur Rqui co¨ıncide avec G0 sur R priv´e d’un ensemble fini de points doncgest une densit´e de|Y|.
La fonctiong d´efinie par∀x∈R, g(x) =
( 0 six∈]− ∞,0[
2f(x) six∈[0,+∞[ est une densit´e de|Y|.
b. Soitxun ´el´ement de ]0,+∞[. |Y|est une variable al´eatoire `a densit´e doncP(|Y|=x) = 0.
Alors 0 =P(|Y|=x) =P(Y =x) +P(Y =−x) =P(Y =x) +P(−Y =x) = 2P(Y =x) carY et−Y ont mˆeme loi. Donc P(Y =x) = 0.
0 =P(|Y|= 0) =P(Y = 0) ;P(Y = 0) = 0.
Soitxun r´eel strictement n´egatif. −xest strictement positif donc P(Y =−x) = 0. AlorsP(−Y =x) = 0 doncP(Y =x) = 0 toujours parce queY et −Y ont mˆeme loi. Finalement :
∀x∈R, P(Y =x) = 0.
∀x∈R, F(x) =P(Y 6x) =P(Y < x) +P(Y =x) =P(Y < x) = 1−P(Y >x) = 1−P(−Y 6−x).
Y et−Y ayant mˆeme loi il vient :∀x∈R, F(x) = 1−P(Y 6−x) = 1−F(−x).
∀x∈R, F(x) = 1−F(−x).
Soitxun ´el´ement de [0,+∞[. G(x) =P(|Y|6x) =P(−x6Y 6x) =P(Y 6x)−P(Y <−x).
OrP(Y =−x) = 0 doncG(x) =P(Y 6x)−P(Y 6−x) =F(x)−F(−x) =F(x)− 1−F(x)
= 2F(x)−1.
Ainsi∀x∈[0,+∞[, F(x) = 1 +G(x)
2 ·
∀x∈]− ∞,0], −x∈[0,+∞[ donc∀x∈]− ∞,0], F(−x) = 1 +G(−x)
2 ·
Ainsi∀x∈]− ∞,0], F(x) = 1−F(−x) = 1−1 +G(−x)
2 =1−G(−x)
2 ·
∀x∈R, F(x) =
1−G(−x)
2 six∈]− ∞,0]
1 +G(x)
2 six∈[0,+∞[
ou∀x∈R, F(x) =
1−G(−x)
2 six∈]− ∞,0[
1 +G(x)
2 six∈[0,+∞[
! !
Montrons alors queY est une variable al´eatoire `a densit´e. Il suffit de montrer queF est continue surR et de classeC1 surRpriv´e d’un ensemble fini de points.
|Y|est une variable al´eatoire `a densit´e doncg est continue surR−D o`uD est un sous-ensemble fini deR. AlorsGest continue surR, de classeC1au moins surR−D et ∀x∈R−D, G0(x) =g(x).
x→ −xet Gsont continues surRdoncx→ 1 +G(x)
2 etx→ 1−G(−x)
2 sont continues surRdoncF est continue sur ]− ∞,0] et sur [0,+∞[ donc surR.
PosonsD1=D∩]0,+∞[ etD2={−x;x∈D1}.
Gest de classeC1 surR−D donc 1 +G 2 aussi.
AlorsF est de classeC1 sur ]0,+∞[−D1et ∀x∈]0,+∞[−D1, F0(x) = 1
2G0(x) =1
2g(x) = 1 2g(|x|) ! x→ −xest de classeC1surR,∀x∈]− ∞,0[−D2, −x∈R−Det Gest de classeC1 surR−D.
Alorsx→ 1−G(−x)
2 est de classeC1 sur ]− ∞,0[−D2;F ´egalement.
De plus∀x∈]− ∞,0[−D2, F0(x) =1
2G0(−x) = 1
2g(−x) =1 2g(|x|).
Posons ∆ =D1∪D2∪ {0}. ∆ est une partie finie de RetF est de classe C1 sur R−∆. Ceci ach`eve alors de prouver que :
Y est une variable al´eatoire `a densit´e.
Posons∀x∈R, f(x) =
2g(|x|). f est positive surRet co¨ıncide surR−∆, donc surRpriv´e d’un ensemble fini de points, avecG0. Ainsif est une densit´e deY =|X|.
f:x→ 1
2g(|x|) est une densit´e deY.
2. Oui on peut toujours faire le changement de variableu=e2tmais il semble plus raisonnable de remarquer quet→ −1
c e−c e
2t
2 est une primitive surRdet→e2te−c e
2t 2 . Notons quet→e2te−c e
2t
2 est continue surR. SoitAun r´eel.
Z A 0
e2te−c e
2t 2 dt=
−1 ce−c e
2t 2
A 0
=−1 ce−c e
2A
2 +1
ce−c2. Alors
Z 0 A
e2te−c e
2t 2 dt= 1
ce−c e
2A
2 −1
ce−c2.
A→+∞lim −c e2A
2 =−∞donc lim
A→+∞
Z A 0
e2te−c e
2t 2 dt=1
ce−c2. Alors Z +∞
0
e2te−c e
2t
2 dtexiste et vaut 1 ce−c2.
A→−∞lim −c e2A
2 = 0 donc lim
A→−∞
Z 0 A
e2te−c e
2t
2 dt = 1 c − 1
ce−c2. Alors Z 0
−∞
e2te−c e
2t
2 dt existe et vaut 1
c −1 ce−c2. Ainsi
Z +∞
−∞
e2te−c e
2t
2 dtconverge et vaut 1 c −1
ce−c2 +1
c e−c2 = 1 c· Z +∞
−∞
e2te−c e
2t
2 dt converge et vaut 1 c·
3. a. Notons Φ la fonction de r´epartition deX. ϕest une densit´e de X continue sur Rdonc Φ est de C1 surRet Φ0=ϕ. Rappelons ´egalement que∀t∈[0,+∞[, P(|X|6t) = 2 Φ(t)−1.
Cherchons maintenant la fonction de r´epartitionFZ deZ.
∀x∈R, P(Z6x) =P(ln|X|6x) =P(|X|6ex) = 2 Φ(ex)−1.
Φ etx→exsont de classeC1 surRdonc, par compositionx→Φ(ex) est de classeC1surR. Il est alors de mˆeme pourFZ et ainsi :
Z est une variable al´eatoire `a densit´e.
Z ´etant de classeC1 surR,FZ0 est une densit´e deZ.
∀x∈R, FZ0(x) = 2exΦ0(ex) = 2exϕ(ex) = 2
√2πexe−e
2x
2 =
r2 πexe−e
2x 2 .
x→ r2
πexe−e
2x
2 est une densit´e deZ.