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TD  — Approximations – Corrig´e

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Texte intégral

(1)

Int´egration et probabilit´es

ENS Paris, 2013-2014

TD  — Approximations – Corrig´e

0 – Exercices `a pr´eparer

E

xercice -1. (D’apr`es Partiel) ´Etudier la convergence de la suiteun=R

],[ sin(tn)

tn(+t)dt. On pr´ecisera la limite si elle exie et on juifiera soigneusement la r´eponse.

Corrig´e : On ´ecrit

un= Z

],[

sin(tn) tn(+t)dt+

Z

],[

sin(tn)

tn(+t)dt=In+Jn et on ´etudie s´epar´ement les deux int´egralesInetJn.

Pour la premi`ere, on remarque que sur ],[ la quantit´e tsin(tn(+t)n) tend simplement vers+t 1t],[, en

´etant domin´ee en valeur absolue par/(+t), qui eune fonion int´egrable sur ],[ ind´ependante de n. Ainsi, d’apr`es le th´eor`eme de convergence domin´ee,In→R

],[

+tdt= ln().

Pour la seconde, pourn≥, on remarque que sur ],∞[ la quantit´etsin(tn(+t)n) tend simplement vers, en ´etant domin´ee en valeur absolue par t(+t), qui eune fonion int´egrable sur ],∞[ ind´ependante de n. Ainsi, d’apr`es le th´eor`eme de convergence domin´ee,Jn→. On conclut queun→ln().

E

xercice 0. Soitf : ([,+[,B([,+[)([,+[,B([,+[)) une fonion mesurable.

. Montrer que l’on d´efinit une fonion continueF: [,+∞[→Rpar la formule F(x) =

Z

aran(xf(t))

+t dt , x≥.

. Calculer la limite deF(x) quandx→ ∞.

. Montrer queFed´erivable sur ],+∞[.

. Donner une condition n´ecessaire et suffisante surf pour queF soit d´erivable en.

Corrig´e :

. On pose g(x, t) = aran(xf(t))/(+t) pour x ≥  et t ≥ . Alors pour tout t ≥  la fonion x7→g(x, t) econtinue. De plus pour toutx≥la foniont7→g(x, t) eint´egrable et|g(x, t)| ≤ π/((+t)). Donc d’apr`es le th´eor`eme de continuit´e sous le signe int´egrale, la fonion F e continue sur [,+∞[.

Pour des queions, demande de pr´ecisions ou explications, n’h´esitez pas `a m’envoyer un mail `a [email protected] , ou bien `a venir me voir au bureau V.

(2)

. Soit (xn)nune suite de r´eels positifs convergeant vers +∞. Alorsg(xn, t)π/((+t))1{f(t),}

pour toutt≥. La domination utilis´ee `a la queion pr´ec´edente permet d’utiliser le th´eor`eme de convergence domin´ee et d’obtenir que

nlim→∞F(xn) = Z

π

(+t)1{f(t),}dt.

Ainsi

xlim→∞F(x) = Z

π

(+t)1{f(t),}dt.

. Pour toutt≥la fonionx7→g(x, t) ed´erivable de d´eriv´ee

∂g(x, t)

∂x = f(t)

(+t)(+x(f(t))). Soita >. Pour toutxaon a

f(t)

(+t)(+x(f(t)))

≤  a(+t).

Donc d’apr`es le th´eor`eme de d´erivation sous le signe int´egrale, la fonion F ed´erivable sur [a,+∞[ et ceci pour touta >, elle edonc d´erivable sur ],+∞[.

. On va montrer queF ede classeCsur [,+∞[ si et seulement si la foniont7→f(t)/(+t) e int´egrable. Supposons que la foniont7→f(t)/(+t) soit int´egrable. Alors pour toutx≥on a

f(t)

(+t)(+x(f(t)))

f(t) (+t).

Donc d’apr`es le th´eor`eme de d´erivation sous le signe int´egrale, la fonion F ed´erivable sur [,+∞[. Supposons maintenant que la foniont7→f(t)/(+t) ne soit pas int´egrable. Soit (xn)n

une suite de r´eels positifs convergeant vers. Alors pour toutt≥, aran(xnf(t))

xn(+t) −→

n→∞

f(t) (+t). Donc d’apr`es le lemme de Fatou,

lim inf

n→∞

Z

aran(xnf(t))

xn(+t) dt=∞.

AinsiF(xn)/xn→ ∞quandn→ ∞.

1 – Petite question

Soitµune mesure positive sur (R,B(R)) etg:R→R+une fonion mesurable.

. On suppose que pour toute fonion mesurablef :R→R+on a Z

f(x)µ(dx) = Z

f(x)g(x)dx.

Que dire deµ?

(3)

. On suppose maintenant queµefinie et que pour toute fonion continue born´eef :R→R+on

a Z

f(x)µ(dx) = Z

f(x)g(x)dx.

Que dire deµ? Corrig´e :

. Si on prendf =1AavecA∈ B(R), on voit que µ(A) =

Z

A

g(x)dx.

Ainsiµela mesure de densit´eg par rapport `a la mesure de Lebesgue.

. On va montrer que la conclusion ela mˆeme. Sia < b∈R, consid´eronsφk(x) = (kd(x,]a, b[c))∧, qui eune fonion lipschitzienne tendant simplement en croissant vers1]a,b[. Ainsi,

Z

φn(x)µ(dx) = Z

φn(x)g(x)dx, et d’apr`es le th´eor`eme de convergence monotone, ceci implique

µ(]a, b[) = Z

]a,b[

g(x)dx.

En particulier, ceci impose queg eint´egrable. En utilisant le lemme de la classe monotone, on conclut que

µ(A) = Z

A

g(x)dx

pour tout bor´elienA∈R. Ainsiµeencore la mesure de densit´eg par rapport `a la mesure de Lebesgue.

1 – Calculer en cent leco¸ns

E

xercice 1. (Formule des compl´ements) On noteΓ la fonion d´efinie pourx >par Γ(x) =

Z

txetdt.

. Calculer la mesure image de la mesure

xaybe(x+y)1{x,y}dx dy, par l’application (x, y)∈(R+)7→(x+y, x/(x+y)).

. En d´eduire la formule des compl´ements : Γ(a)Γ(b)

Γ(a+b) = Z

ta(−t)bdt.

Corrig´e :

(4)

. Soitf :R+→R+une fonion bor´elienne. On veut calculer Z

(R+)

f x+y, x x+y

!

xaybe(x+y)dx dy.

Soitφ: (x, y)∈(R+)7→(x+y, x/(x+y)),qui eunC-diff´eomorphisme surR+×],[ de jacobien Jac(φ)(x, y) =− 

x+y. D’apr`es la formule du changement de variables, on a

Z

(R+)

f x+y, x x+y

!

xaybe(x+y)dx dy

= Z

(R

+)

f x+y, x x+y

!

(x+y) x x+y

!a

(x+y)−(x+y) x x+y

!b

(x+y)e(x+y)(x+y)dx dy

= Z

R+×],[f(u, v)(uv)a(u−uv)bueudu dv

= Z

R

+×],[f(u, v)euua+bva(−v)bdu dv.

Donc la mesure image par (x, y)7→(x+y, x/(x+y)) de la mesurexaybe(x+y)1{x,y>}dx dye euua+bva(−v)b1{u>,<v<}.

. D’apr`es le th´eor`eme de Fubini-Tonelli la masse totale de cette mesure e Z

(R+)

xaybe(x+y)dx dy=Γ(a)Γ(b),

et Z

R

+×],[euua+bva(−v)bdu dv=Γ(a+b) Z

d ta(−t)b. On trouve donc la formule des compl´ements.

2 – Approximations

E

xercice 2. Soitf : (R,B(R))(R,B(R)) une fonion int´egrable pour la mesure de Lebesgue. On sup- pose que pour tousa < b,

Z

]a,b[

f(x)λ(dx) =. Montrer quef =λ-p.p.

Corrig´e :

Solution. On v´erifie ais´ement que la classe des bor´eliensAtels queR

Af(x)λ(dx) =eune classe monotone (pour laabilit´e par union croissante on peut utiliser le th´eor`eme de convergence domin´ee).

Elle contient les intervalles ouverts, qui forment une classe able par interseions finies engendrant

(5)

la tribu bor´elienne. On a donc R

Af(x)λ(dx) =  pour tout bor´elien A d’apr`es le lemme de la classe monotone. En particulier,

Z

{f >}

f dλ=.

Or f1{f >} eune fonion positive doncf1{f >} = λ-p.p. De mˆeme, f1{f <} = λ-p.p. Donc f = λ-p.p.

Solution. Soient f+ et f respeivement les parties positive et n´egative de f, et les mesures positives+=f+et=fdλ. On a, pour tous a < b, ν+(]a, b[) =ν(]a, b[). Orν+ etνsont des mesures bor´eliennes positives de masse finie, donc le th´eor`eme d’unicit´e des mesures impliqueν+=ν. Ainsi,

A∈ B(R), Z

A

f dλ=.

On conclut comme dans la solution.

E

xercice 3. On se donne deux mesures positives bor´eliennesµetν surR, et on suppose que pour tout choix dea < b∈R

µ(]a, b[)ν(]a, b[)<. Montrer alors queµ(A)ν(A) pour tout bor´elienA.

Corrig´e :

Tout d’abord, on remarque queµ(]a, b[)ν(]a, b[) si a, b ∈R∪ ±∞ (pour le voir, on peut par exemple utiliser la sigma additivit´e deµetν.

SoitOun ouvert deR. Montrons queµ(O)ν(O). Il exie une suite d’intervalles (]an, bn[)n, avec an, bn∈R∪ ±∞telle que

O=[

n

]an, bn[ o `u l’union edisjointe. Ainsi

µ(O) =X

n

µ(]an, bn[)≤X

n

ν(]an, bn[) =ν(O).

Puis, les mesures finies sur (R,B(R) ´etant r´eguli`eres ext´erieurement, on a pour toutA∈ B(R) : µ(A) = inf{µ(O);AO, Oouvert deR}= inf{ν(O);AO, Oouvert deR}=ν(A).

Cela conclut.

E

xercice 4. (Fonion de r´epartition d’un ensemble) SoitAun ensemble bor´elien deRde mesure finie.

Montrer que la fonionf :R−→Rd´efinie parf(x) =λ(]− ∞, x]A) econtinue.

Corrig´e :

Elle e-Lipschitzienne ! SiA∈ B(R) alors

|f(x)−f(y)| ≤λ([x, y]∩A)≤ |xy|.

(6)

E

xercice 5. ( – Th´eor`eme de Lusin) Soitf : [,]−→Rune fonion bor´elienne. Montrer que pour tout ε >il exie une fonion continueg: [,]−→Rtelle que

λ({x, f(x),g(x)})≤ε.

Indication.On pourra commencer par le cas o `uf =AavecAbor´elien de [,].

Corrig´e :

Commenc¸ons par le cas o `uf =AavecAbor´elien de [,]. Par r´egularit´e de la mesure de Lebesgue, il exie un ferm´eFet un ouvertOtels que

FAOetλ(O\F)ε.

Il exie alors une fonion continue `a valeur dans [,] qui vautsur F eten dehors deO, en effet d(F, Oc) = η > par compacit´e et on v´erifie que la fonion

fF,O:x7→sup

−d(x, F) η

! ,

! ,

v´erifie bien les conditions requises. Donc la fonionfF,O econtinue et λ({x, f(x),fF,O(x)})≤λ(O\F)ε.

Dans le cas g´en´eral, on peut supposer que≤f ≤et on d´efinit par r´ecurrence

f=f/

f=(ff)/

f=(fff)/

— ...

Ainsi f =P

n=fn et pour toutn,nfn eune fonion indicatrice d’un bor´elien de [,]. D’apr`es les r´esultats pr´ec´edents pour chaquen≥, il exie une fonion≤hn≤continue telle queλ(x, hn(x),

nfn(x))≤εn.La fonion continueh=P

n=nhnr´epond alors `a la queion.

 – Compl´ements (hors TD)

E

xercice 7. ( ) Soit µ une mesure positive sur (R,B(R)) et g :R →R+ une fonion mesurable. On suppose queµede masse infinie et que pour toute fonion continue born´eef :R→R+on a

Z

f(x)µ(dx) = Z

f(x)g(x)dx.

E-ce que forc´ementµ(A) =R

Ag(x)dxpour tout bor´elienA∈R? Corrig´e :

Si la mesure µ n’epas finie mais finie sur tous les compas (ce qui revient `a fire que g e locale- ment int´egrable), il eais´e d’adapt´e le raisonnement de la petite queion pour obtenir une r´eponse affirmative.

En revanche, si on ne fait aucune hypoth`ese surµ, le r´esultat tombe en d´efaut, comme le montre le contre-exemple suivant (d ˆu `a Omar Mohsen). On commence par conruire une fonion positive mesurablegd’int´egrale infinie (pour la mesure de Lebesgue) sur tout intervalle ouvert. Soit (rn)nune

´enum´eration des rationnels, et consid´erons la fonion mesurable h(x) =X

n

n

√ 

xrn1<xrn<.

(7)

Posonsg=h. On v´erifie queheint´egrable, ce qui impliqueh <∞p.p. et doncg <∞p.p. En revanche, on v´erifie que pour tousa < b:

Z

]a,b[

g(x)dx=∞.

Soit alorsµla mesure de comptage surR, de sorte que pour tousa < b:

∞=µ(]a, b[) = Z

]a,b[

g(x)dx. ()

Maintenant, sif :R→R+eune fonion continue born´ee, ´ecrivonsf comme limite croissante de fonions en escalier :

f = lim

n→∞

nn

X

k=nn ikinf

n,k+n

hf ·1ik

n,k+nh. Le th´eor`eme de convergence monotone et () fournissent

Z

f(x)µ(dx) = Z

f(x)g(x)dx.

Cependant il n’epas vrai queµ(A) =R

Ag(x)dxpour tout bor´elienA∈R. En effet :

=µ({}), Z

{}

g(x)dx=.

E

xercice 8. ( ) Trouver un espace topologiqueT et une mesureµsur (T ,B(T)) de masse totalequi ne soit pas tendue.

Corrig´e :

SoitXun ensemble non d´enombrable, qu’on munit de la topologie co–d´enombrableτx (les ouverts sont par d´efinition∅et les sous-ensemblesBX pour lesquelsBc ed´enombrable). La tribu bor´elienne de Xealors conitu´ee par les ´el´ementsBtels queBouBcsoit d´enombrable (en effet, on v´erifie ais´ement que ces ´el´ements forment une tribu).

Remarquons tout de suite que siBXeinfini, alorsBn’epas compa. En effet, soit (an)nune suite d’´el´ements deB, posonsA={a, a, . . . ,}etBn=Ac∪ {a, . . . , an}. Alors∪nBn eun recouvrement ouvert deBduquel on ne peut pas extraire un recouvrement fini.

Soitµla mesure d´efinie sur (X, τX) par : µ(B) =





 siBed´enombrable

 siBced´enombrable.

V´erifions queµeune mesure. `A cet effet, consid´erons une suite (Bn)nde sous-ensembles disjoints de X et posons B=∪nBn. Si tous lesBn sont d´enombrables, µ(Bn) = pour tout n ≥ etµ(B) = ; on a bien µ(B) = P

nµ(Bn). Si un des Bn e de compl´ementaire d´enombrable, tous les autres sont d´enombrables car ils sont disjoints (s’en convaincre). Dans ce cas on a bien aussiµ(B) =P

nµ(Bn).

Il eclair en revanche queµn’epas tendue car d’apr`es ce qu’on a vu pr´ec´edemment les compas ont mesure nulle.

Et si on veut une mesure de masse totalenon tendue sur la tribu bor´elienne d’un espace m´etrique

... ?

(8)

Fin

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