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Jeudi 18 Août 1892.

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Les Consulats suisses à l'étranger reçoivent le journal.

Sixième Année. — N

0

67.

P r i x d u n u m é r o 10 c e n t i m e s

Jeudi 18 Août 1892.

B u r e a u x : R u e d e l a S e r r é , 27.

Puisse

Union postale » 12»— » 6i—

On s'abonne à tons les bureaux de poste Paraissant IB Jeudi et le Dimanche à la Chaux-de-Fonds

A N N O N C E S

Provenant de la Suisse 20 et. la.ligne de l'étranger 25 » ;>

Minimum d'une annonce 50 cent.

Les annonces se paient d'avance Organe de la Société intercantonale des Industries du Jura, des Chambres de commerce, des Bureaux de contrôle

et des Syndicats professionnels.

Fédération internationale des ouvriers monteurs de boîtes.

O n l i t d a n s l a Solidarité, o r g a n e offi- ciel d e l a F é d é r a t i o n :

< )n se souvient (jii'kù dernier congrès, à Por- rentruy, nos collègues de Besançon avaient demandé l'autorisation de mettre en vigueur leur nouveau tarif. Cette autorisation n'avait jiii leur être accordée immédiatement parce (|iie la section de Granges était autorisée à mettre le sifm en vigueur et que nous ne vou- lions pas nous exposer à avoir deux conflits sur l(>s liras et en même temps.

Un peu jilus tard, l'affaire de Granges étant liquidée, Ia section de Besançon reçut l'avis qu'elle pouvait aller de l'avant avec son nou- veau tarif uniforme, niais elje y renonça parce qu'à ce moment la crise était si intense qu'il n'y avait jias lieu de compter sur un heureux succès.

Aujourd'hui, nos collègues de Besançon, usant de leur droit, et après avoir de nouveau consulté le bureau central, ont présenté a u x patrons leur tarif d'unification ; la section a demandé aux patrons de lui faire connaître leur décision pour le samedi 13 courant. En cas de refus du dit tarif, les ouvriers quitteront le travail le samedi suivant.

Telles sont les informations générales qui nous sont parvenues jusqu'à ce jour, mardi 9.

Nous croyons que le mouvement se fera sans grande secousse. Il y aura peut-être quelque peine à s'entendre du premier coup, mais nous avons la conviction que la suspension de tra- vail, s'il faut en arriver là, sera de courte durée.

En attendant, nous ne pouvons que recom- mander à nos collègues d'agir avec prudence et surtout avec ensemble. Que l'union, la soli- darité, soient à la base de cette revendication si légitime; le succès, dans ces conditions est assuré.

... Quelques journaux suisses ont donné la nouvelle erronée, que les délégués suisses de la Fédération ouvrière s'étaient rendus à Besançon pour l'aire une dé- marche auprès des patrons de cette place pour les engager à accepter le nouveau tarif élaboré par les ouvriers bisontins.

11 n'en est rien et l'on comprendra faci- lement que tel ne pouvait être leur man-

dat,- c'est aux ouvriers de Besançon qu'il appartient de discuter avec leurs patrons, et les ouvriers suisses ne peuvent que faire acte de solidarité envers leurs col- lègues de France, pour les aider à obte- nir gain de cause dans une demande lé- gitime.

De quoi s'agit-il en effet \ Tout simple- ment d'unifier, en France et en Suisse, les prix payés aux ouvriers. Les ouvriers, qui comprennent que leurs intérêts sont solidaires, ne veulent pas que la concur- rence se fasse sur le terrain de la diffé- rence des salaires ouvriers, d'un côté ou de l'autre de la frontière. En supprimant cette différence, ils réalisent l'un des points essentiels de l'égalisation des con- ditions de la fabrication, contribuant ainsi à placer l'industrie boitière des deux pays, sur le terrain de la concur- rence par la qualité et la bienfacture.

Tel est le but poursuivi; nous en sou- haitons vivement la réalisation.

Le traité de commerce avec l'Espagne Nous avons enfin le texte du traité con- clu avec l'Espagne; nous aurons bientôt, on peut l'espérer, celui de l'arrangement avec la France. Ces retards inusités dans la publication de conventions qui sont li- vrées d'habitude à la discussion publique un ou deux jours après leur conclusion, s'expliquent par le fait que leur entrée en vigueur ne pourra guère avoir lieu avant le 1

er

janvier prochain. Les Chambres fé- dérales ne voudraient pas aborder la dis- cussion de l'arrangement franco-suisse avant de savoir l'accueil que lui réserve la majorité protectionniste du Parlement français. Elles n'anticiperont donc pas leur réunion ordinaire de décembre. Le traité avec l'Espagne, qui a, comparati- vement à ceux avec nos voisins, une im- portance assez faible, n'est pas à lui seul une raison suffisante pour une session extraordinaire d'automne.

) D'ailleurs, les avantages que nous ap- porte le traité espagnol ne pourront être appréciés dans leur ensemble que lors- que la situation économique de la pénin- sule avec d'autres pays aura été réglée.

Si l'Espagne conclut des traités avec l'Allemagne, la France et l'Angleterre, ils pourront nous profiter en vertu de la clause mitigée de la nation la plus favo- risée que contient la convention négociée par M. Welti. 'Nous disons mitigée, parce que cette clause est limitée à une série d'articles expressément mentionnés.

Le traité du. 14 mars 1883 contenait la clause habituelle et complète de la nation la plus favorisée. Depuis lors, en face du mouvement protectionniste qui se dessi- nait en France et du refus de ce pays de conclure des conventions à tarifs, l'Espa- gne est entrée aussi eh plein dans la voie ,du protectionnisme plus ou moins délen-

sif. Son nouveau tarif douanier du 31 dé- cembre 1891 est, comme le tarif français, à double fond: un tarif maximum poul- ies états récalcitrants, un tarif minimum pour les autres. Mais ce dernier est plus exagéré que le tarif minimum français;

il comporte à l'égard de la plupart des produits manufacturés, des droits deux à trois fois plus élevés que l'ancien tarif con- ventionnel; appliqué aux produits suisses, il supprimerait presque entièrement notre exportation en Espagne. 11 ne pouvait donc être question pour nous d'accepter le tarif minimum; l'Espagne a consenti à le modifier en notre faveur sur quelques articles par un traité formel. Nos négo- ciateurs ont réussi à obtenir des réduc- tions pour la plupart des articles que l'Espagne tire principalement de la Suisse.

En revanche, ils n'ont pu obtenir grand'- chose en faveur de certains objets manu- facturés que la Suisse exporte, mais qui sont livrés en Espagne, surtout par l'Al- lemagne, l'Angleterre et la France.

Il faudra donc distinguer dans nos re-

(2)

; '· ·

280 LA FEDERATION HORLOGERE SUISSE

lations commerciales avec l'Espagne, si la convention est ratifiée de part et d'au- tre, trois classes de taxe :

Io Colles dont le taux est (ixé dans le traité et qui constituent un abaissement ou un lien du tarif général suisse ou du tarif minimum espagnol (tarifs A. et B);

2° Celles des articles mentionnés dans les tableaux A et B du traité; pour ces articles, la clause de la nation la plus favorisée est appli- quée, c'est-à-dire que chaque Etat frappe les produits de l'autre de ses taxes les plus basses, actuelles (tarif conventionnel suisse et tarif minimum espagnol) ou futures (tarif conven- tionnel suisse actuel, modifié par l'arrange- ment avec la France, par exemple, et tarif conventionnel espagnol);

iîo Celles sur les produits'desquels chaque Ktat conserve son autonomie (tarif général suisse et tarif maximum espagnol).

A l'exportation en Espagne, il n'y a pas moins de 60 articles, pour 9 desquels la taxe est simplement celle du tarif mi- nimum espagnol liée. 15 articles sont ta- xés plus bas que sous l'ancien régime et 3 la même chose; pour les autres, il y a des augmentations souvent sérieuses.

Parmi les diminutions, nous notons : Les montres en or L t'r. pièce (ancienne- ment 7.50), les montres d'autre métal 0.50 (anciennement 1.80).

L'or en objets de bijouterie ou de joail- lerie, même avec perles, pierreries et pierres précieuses, les perles et semences de perles détachées ou non montées con- tinueront à payer 25, l'hectogramme, tan- dis que les boites à musique payeront 2.50 le kilo au lieu de 1.30.

La deuxième classe de taxe (clause de la nation la plus favorisée) comprend, a l'importation en Suisse, 13-articles, à l'ex- portation en Espagne, il y en a 87, par- mi lesquels la bijouterie d'argent (3.50 l'hectogramme), l'or et l'argent ouvrés en tous autres objets (2.60 l'hectogramme) et les pièces pour montres (3 par kilo).

Les nouvelles exigences de la garantie en France.

Le Moniteur de Vhorlogerie reçoit la communi- cation suivante :

Depuis le 1er juillet 1892, le sous-directeur de la garantie des matières d'or et d'argent a décidé de faire mettre à l'essai par les contrô- leurs, un nouveau service de vérification de bijoux qui, s'il était approuvé par les assujet- tis, entraînerait par la suite, des cas très graves.

Ainsi le service du contrôle avait toujours été fait par deux contrôleurs, accompagnés d'un commissaire de police ad hoc, pour les vi- sites domiciliaires; tandis que le nouveau ser- vice se compose :

Io D'un contrôleur exerçant seul, chez l'as- sujetti, ou quelquefois accompagné de l'inspec- teur;

2o D'un autre contrôleur assisté du commis- saire de police.

Ces deux manières de procéder entraînent une violation de la loi du 19 brumaire (an VI, titre 8, art. 101 à 110).

Un projet de loi no saurait être mis à exécu- tion, avant d'être approuvé par la Chambre des députés et confirmé par le Sénat.

Aussi un assez grand nombre d'industriels employant les matières d'or et d'argent, sont- ils décidés à. refuser à ce nouveau service de contrôle, la visite de leurs marchandises.

Le commerce au Tonkin

M. de Lanessan, gouverneur général du Ton- kin, vient de publier un rapport sur le com- merce de ce pays pendant l'année dernière.

L'année 1890 a été, parait-il, assez favorisée.

Pour donner des chiffres, les importations de denrées et de marchandises de toute sorte se sont élevées à la somme de 31,171,886 francs, les exportations donnent un total de 16,475,083 francs.

Il est curieux de constater que, dans ce gros chiffre d'importation, la France n'est représen- tée que pour une somme de 9,483,552 francs.

C'est un progrès toutefois, si l'on compare ce chiffre à celui des années précédentes; depuis 1883 on remarque une progression constante.

Sur l'année 1890, les importations françaises sont en augmentation de 522,574 francs ; les importations étrangères de 3,832,052 francs.

Les marchandises importées sont en quan- tité assez considérable. Il faut mettre en pre- mière ligne les ouvrages en métaux et machi- nes, lesquels figurent pour une somme de trois millions environ ; les boissons ont fourni un total de 2,963,618 francs, et les denrées colo- niales de consommation 446,614 francs.

L'importation des boissons est en augmenta- tion de 40,700 francs sur 1890. L'importation française est en augmentation de 433.000 fr.

et l'étranger en diminution de 26,000 francs.

L'augmentation porte notamment sur les vins, le cidre, les alcools et'les eaux minérales.

Le mouvement commercial des sorties a été supérieur d'environ 3,000,000 a celui de 1890.

Mais, ici encore, les transactions étrangères ont été beaucoup plus actives que celles avec la métropole. La France n'a reçu (pie pour 572,827 francs des denrées de sa colonie. Dans ce chiffre, les produits et dépouilles des ani- maux figurent pour 435,245 francs. Los expor- tations pour l'étranger ont atteint 11,146,354 francs.

Nouvelles diverses

BvYposition a l l e m a n d e . — Le Iteichsan- zeiyer — Moniteur.de l'empire — annonce que

l'empereur après avoir pris connaissance du rapport du chancelier de l'empire, a décidé qu'il n'y avait pas lieu pour l'empire à mettre à l'étude le projet d'une exposition universelle à Berlin.

S o c i é t é s u i s s e d u i . r u t l i . — On annonce qu'ensuite de sérieux dissentiments, la moitié du Comité central de la Société du Grutli, ainsi que M. le Conseiller national Loclier, a dé- missionné. L'assemblée générale du parti aura à aviser sur la direction à prendre.

T r a n s p o r t d e m a r c h a n d i s e s . — Tous les Etats qui ont signé la convention internatio- nale pour le transport des marchandises par chemin de fer, du 14 octobre 1890, ayant a c - cordé leur ratification à cet acte, le Conseil fé- déral propose aux Etats intéressés: la Suisse, l'Allemagne, l'Autriche-llongrie, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg, les P a y s - Bas et la Russie, à se réunir en conférence à Berne, le 30 septembre prochain pour échanger les instruments de ratification. Si cette propo- sition est acceptée, la convention entrera en vigueur le 1er janvier 1893.

L ' a r g e n t d a n s l ' I n d e . — On mande de Calcutta au Times que plusieurs journaux in- fluents de l'Inde, alarmés de la baisse rapide de l'argent, demandent au Gouvernement de faire cesser immédiatement la libre frappe de la monnaie d'argent.

L ' e n c a i s s e m é t a l l i q u e d e l a B a n q u e d e F r a n c e . — Le poids d'un million de francs étant en or de 322 kil., en argent de 5,000 kil., en billets de mille de 1,666 g r a m m e s seulement, le poids de l'encaisse métallique de la banque de France est facile à établir.

Son milliard et demi d'or pèse 483,000 kil. et

ses 1,283 m i l l i o n s d'argent pèsent 6,425,000 k i l . Un statisticien a calculé qu'il faudrait pour transporter cette réserve colossale, 690 w a - gons à chargement de 10 tonnes, c'est-à-dire 17 trains à 40 voitures, tandis que les 2,783,000 billets de banque de 1,000 fr. circulant dans la public en représentation de cette encaisse et ne pesant que 4,636 kil. ne constituent que la moitié du chargement d'un wagon.

L ' œ u f d e C o l o m b a l ' E x p o s i t i o n d e C h i - c a g o . — Excentricité américaine. — Christophe Colomb n'a pas seulement découvert l'Améri- que; il a aussi trouvé le moyen de mettre un œuf en équilibre sur l'une de ses pointes.

On connaît cette dernière histoire :

Un jour qu'il était avec de nombreux savants et (pie chacun d'eux s'exerçait à faire tenir un œuf sur une des extrémités, Colomb écrasa une de ces extrémités en la frappant sur la table et l'œuf resta debout.

Cela était bien simple, mais encore fallait- il y songer.

L'œuf de Colomb est passé en proverbe, mais ce n'est pas là le seul hommage que veu- lent lui rendre les Américains.

On annonce, en effet, que les organisateurs de l'exposition de Chicago songent à élever a la mémoire de Colomb un œuf gigantesque.

La charpente est, dit-on, déjà construite.

C'est bien là une idée américaine. La véra- cité do l'histoire do l'œuf a été maintes fois contestée et tout porto, en effet, à croire qu'elle a été imaginée après coup. Mais qu'importe aux Américains. Ils attirent l'attention sur leur exposition et c'est tout ce qu'ils veulent.

E x p o s i t i o n i n t e r n a t i o n a l e tle l a p r e s s e a n c i e n n e e t l a p r e s s e m o d e r n e . — Le journal L'Economiste, de Bruxelles, annonce qu'on organise on ce moment à Bruxelles une exposition internationale de la presse moderne.

Elle aura lieu aux Palais des Beaux-Arls et restera ouverte pendant les mois d'avril et de mai 1893.

Ee but poursuivi par les organisateurs de cette exposition est complexe. Ils veulent no- tamment :

!•'aire connaître à tous l'importance et le dé- veloppement de la presse des divers pays du monde.

Provoquer une enquête sur son prodigieux accroissement.

Indiquer aux commerçants et aux indu- striels les journaux et autres publications périodiques dans lesquels ils pourraient utile- ment et spécialement faire des insertions.

Signaler les services (pie pourrait rendre la presse dans diverses branches de l'activité humaine.

Comme on le voit, cette Exposition ne pré- sentera pas seulement un vif intérêt de curiosi- té, mais aura aussi son côté éminemment utile Ea presse, on l'a dit, est Io levier de la civili- sation et du progrès; les visiteurs de l'Expo- sition pourront se rendre compte de l'usage qu'on ont fait les différents peuples du monde et tirer de la comparaison des journaux divers qui seront exposés, de sages et utiles leçons ([lie chacun utilisera à son profit. Ce sera donc, comme nous le disions, une œuvre intéres- sante et utile à tous les points de vue.

Cette Exposition a u r a un moniteur officiel appelé VAbraham Verhoeven, en mémoire de l'éditeur anversois, qui fonda en 1605 lesKiei'ive

Tijdingen, le premier organe public qui mérita en Europe le nom de journal.

Procédés industriels

E m a i l p o u r m é t a u x . — On obtient un bon émail pour le fer fondu, ou pour l'acier, sans risquer do le voir se fendiller aux chan- gements de température, en mélangeant 125 parties de verre filé (flint), 20 parties de car- bonate de soude, 12 parties d'acide borique fondus ensemble dans un creuset. On coule h:

(3)

. ' · · . . . -

LA FEDERATION HORLOGERE SUISSE 281

masse sur une plaque métallique ou de pierre;

puis, après refroidissement, on la pulvérise.

Lorsqu'on veut émailler un objet de métal, on l'ait d'abord un mélange à la poudre obte- nue ainsi avec du silicate de soude (verre so- luble) à 50« B., on l'étend sur l'objet que l'on place dans un moufle, et on chauffe jusqu'à fusion de la masse. Pour rendre l'émail opa- que, on ajoute 8 % d'oxyde d'étain.

E n c r e s l u m i n e u s e s . — Un conducteur-ty- pographe, M. Dutemple, donne à ['Imprimerie une recette pour la fabrication des encres lumi- neuses.

On obtient, dit M. Dutemple, des composi- tions phosphorescentes par la calcination du carbonate de chaux en présence du soufre.

MM. Péligot et Becquerel, qui ont étudié la question depuis longtemps, citent la phospho- rescence jaune obtenue par le mélange de 1 à 2 ]). c. de peroxyde de manganèse aux matières ci-dessus ; la phosphorescence verte en y mé- langeant une petite quantité de carbonate de soude; la phosphorescence bleue par l'adjonc- tion de 1 à 2 p. c. d'un composé de Bismuth.

Si l'on porphyrise ces matières phosphores- centes et qu'on les incorpore ensuite à du ver- nis d'huile de lin, on peut se servir du mélange suffisamment broyé, comme encre d'impression typographique et imprimer des planches dont les épreuves, influencées pendant le jour par la lumière, paraîtront lumineuses dans l'obs- curité.

Variétés

I*e T a o ï s m e e t l a p h i l o s o p h i e d e s p r e - m i e r s a n a r c h i s t e s . — La philosophie des anarchistes est vieille comme le monde, ou In'en peu s'en faut. LIIe existait à l'état de religion, sept siècles avant notre ère, dans

la patrie de notre Confucius. Le grand m o r a - liste, qui était l'homme de gouvernement par excellence, ne pactisait évidemment pas avec elle, mais il reconnaissait qu'elle n'était pas une quantité négligeable.

Le fondateur de la religion anarchiste, car l'anarchie était en Chine une religion tout a u - tant qu'une philosophie, s'appelait hao-tse, c'est-à-dire « le Vieil Enfant », parce que ce fameux personnage, très connu· en Europe des amateurs de bibelots, était né les cheveux blancs et le front couvert de rides, tant il avait réfléchi, pendant les 72 ans qu'avait duré sa gestation dans le sein de sa mère.

Cette philosophie, qui horripilait Confucius, était très bizarre, mais elle avait ses bons côtés. Elle excluait le luxe, l'incontinence, l'ambition de toutes les débauches de l'esprit et du cœur. Elle était essentiellement prati- que, puisqu'elle admettait que les hommes étaient des coquins; aucun enseignement ne pouvait réaliser des résultats utiles qu'autant qu'il aboutissait à servir leurs intérêts.

Lao-Tse, à l'époque de Pythagore ou peu s'en faut, avait trouvé moyen de proclamer les idées les plus républicaines et les plus dé- mocratiques, dans un pays où régnaient l'au- tocratie et le despotisme les plus caractérisés.

Il n'hésitait pas à dire que les rois étaient des rouages aussi coûteux qu'inutiles à la grande machine sociale, que la guerre était autant un acte d'imbécilité qu'une infamie, que la gloire sur les champs de bataille était tout au plus digne des détrousseurs do carrefours, et (pie, pour être heureux, le peuple n'avait qu'un moyen, à savoir.de revenir à la vie naturelle et primitive.

Le livre (pie vient de publier M. Léon de Rosny sur le Taoïsme est, au moins pour Ie grand nombre, une véritable révélation. Il

signale, dans un style charmant, tous les dé- tails de cette singulière théorie anarchiste qui pourrait donner plus d'une leçon profitable aux disciples de l'école politique de Ravachol, aussi bien qu'aux adoptes religieux de la phi- losophie négative de M. Renan.

D'après M. de Rosny, il existe en Chine deux taoïsmes différents : celui des classes supérieures et lettrées, qui consiste à consi- dérer tous les progrès matériels comme essen tiellemcnt démoralisateurs, et à retourner en conséquence à l'état instinctif des premiers hommes; et celui de la foule inculte qui admet une somme de superstitions dont on trouve- rait, non sans peine, l'équivalent dans l'histoire générale de la sottise humaine.

Liste des étrangers

ayant logé le 16 août dans les hôtels de Chaux-de-Fonds Fleur-de-Lys: MM. Marti, Mâcon. Spitz, A m s - terdam. Hirschtorn, Bucharest. Knontlingen-, Bucharest. Vogcl, Berlin. Rossmusen, Londres.

Fribourg, Paris.

Guillaume-TeIh MM. Matthy, Bordeaux. Vo- lant, France.

Aigle: MM. Poil, Mulhouse. Quadfliog, Mul- house. Lûckhoff, Allemagne.

Gare: MM. Virot, Mortcau. Pfuzetti, Besan- çon.

Cote de l'argent

du 17 août 1892 facturé aux monteurs de boîtes L'argent 800 laminé et fil à fr. 115»30 le kilo.

805

» 875

» 900

» 935

» 116»—

» 125»8S

» 129»35

» 134»25

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ZUrich 1883

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Médailles de l'Exposition Universelle, à P a r i s 1889

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Références

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