UNE SUITE EXACTE EN L
2−COHOMOLOGIE
R´ esum´ e. — Nous ´ etablissons ici une suite exacte reliant la L
2-cohomologie (r´ eduite) et la cohomologie ` a support compact pour des vari´ et´ es Riemannienne non compacte compl` ete qui v´ erifie une in´ egalit´ e de Sobolev et une condition int´ egrale sur la courbure. Ceci nous permet de donner une formule de Gauss-Bonnet relative.
Abstract. — We exhibit here an exact sequence relating the reduced L
2- cohomology and the cohomology with compact support for non compact complete Riemannian Manifold which satisfy a Sobolev inequality and an integral bound on the curvature. This enables us to give a relative Gauss- Bonnet formula.
0. Introduction
Le but de cet article est d’´ etudier certains liens entre la cohomologie L
2(r´ eduite) et la cohomologie ` a support compact.
Rappelons que si (M
n, g) est une vari´ et´ e riemannienne compl` ete son k-i` eme espace de L
2-cohomologie (r´ eduite) peut ˆ etre d´ efini comme l’espace, H
k(M ), des k-formes diff´ erentielles α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ) qui sont ferm´ ees et coferm´ ees (dα = 0, δα = 0) ou de fa¸ con ´ equivalente, qui sont harmoniques pour le Laplacien de Hodge-deRham
∆
k= δd + dδ, (cf 1.a de cet article ou [Do]). Lorsque la vari´ et´ e M est compacte (sans bord), le th´ eor` eme de Hodge-de Rham dit que ces espaces sont de dimension finie et qu’ils sont isomorphes aux espaces de cohomologie r´ eelle de M ; et nous avons la formule de Gauss-Bonnet :
χ(M ) = Z
M
Ω =
n
X
k=0
(−1)
kdim H
k(M ),
o` u Ω est n−forme d’Euler ; par exemple en dimension 2, nous avons Ω = KdA/2π K ´ etant la courbure de Gauss de (M, g) et dA la forme d’aire.
Lorsque (M, g) n’est pas compacte, ces espaces ne sont pas, en g´ en´ eral, de dimension finie. Cependant nous avions, dans [C], obtenu le r´ esultat suivant
0.1. th´ eor` eme . — Si (M
n, g) est une vari´ et´ e riemannienne compl` ete qui v´ erifie l’in´ egalit´ e de Sobolev
µ
p(M ) Z
M
|u|
p−22p(x)dx
1−p2≤ Z
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M ), et dont le tenseur de courbure v´ erifie
Z
M
|R|
p2(x)dx < ∞,
alors les espaces de L
2-cohomologie de (M
n, g) sont de dimension finie.
Remarquons alors que la n−forme d’Euler v´ erifie la majoration
|Ω|(x) ≤ c(n)|R|
n2(x).
A la suite de ce th´ eor` eme et de la formule de Gauss-Bonnet, il apparaˆıt une question naturelle :
lorsque (M
n, g) satisfait aux hypoth` eses du th´ eor` eme (pour p = n), comment peut-on relier la caract´ eristique d’Euler L
2de (M
n, g), d´ efinie par χ
L2(M ) = P
nk=0
(−1)
kdim H
k(M ), et l’int´ egrale de la n−forme d’Euler sur M . Nous avons rappel´ e que, dans le cas d’une vari´ et´ e compacte, les espaces de L
2- cohomologie sont isomorphes aux groupes de cohomologie r´ eelle de M , dans le cadre du th´ eor` eme (0.1), il serait int´ eressant de relier la L
2- cohomologie r´ eduite de (M, g) ` a la cohomologie ` a support compact de M .
Le but de cet article est de r´ epondre, du moins en partie, ` a ces questions.
L’id´ ee est de g´ en´ eraliser les arguments avec lesquels nous avions calcul´ e explicite- ment la L
2-cohomologie (r´ eduite) des sous-vari´ et´ es minimales d’un espace euclidien dont la seconde forme fondamentale II v´ erifie R
M
|II |
n(x)dx < ∞ ([C]).
Notre principal r´ esultat (3.1) est une suite exacte reliant, la cohomologie ` a support compact d’un domaine born´ e D de M , la L
2-cohomologie (r´ eduite) de M et de M − D.
0.2. Th´ eor` eme . — Soit (M
n, g) une vari´ et´ e Riemannienne compl` ete, qui pour un p > 4, v´ erifie l’in´ egalit´ e de Sobolev
µ
p(M ) Z
M
|u|
p−22p(x)dx
1−p2≤ Z
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M ), et telle que son tenseur de courbure v´ erifie
Z
M
|R(x)|
p2dx < ∞,
alors si D est un ouvert born´ e (` a bord r´ egulier) de M , nous avons la suite exacte .. −→ H
k(D, ∂D) −→H
i k(M )
j∗
−→H
(2)k(M − D) −→H
b k+1(D, ∂D) −→ ..
La L
2-cohomologie (r´ eduite) de M − D, H
(2)∗(M − D), est d´ efinie et ´ etudi´ ee dans la deuxi` eme partie ; on y verra notamment comment les r´ esultats obtenus pour la L
2-cohomologie des vari´ et´ es compl` etes s’y transposent.
Remarques. —
i) Cette suite exacte est l’analogue le suite exacte de l’homomorphisme cobord en cohomologie classique ([Go]).
ii) Par exemple, une vari´ et´ e riemannienne compl` ete de dimension n > 4
`
a courbure nulle au dehors d’un compact et dont le volume des boules
g´ eod´ esiques a un comportement uniformement ´ equivalent ` a la fonction
(r 7→ r
n) v´ erifie nos hypoth` eses pour p = n ; en effet pour ces vari´ et´ es
notre hypoth` ese sur la courbure est bien v´ erifi´ ee, de plus selon T. Coulhon
et L. Saloff-Coste, nous savons que pour les vari´ et´ es ` a courbure de Ricci
positive ou nulle sur un voisinage de l’infini, ce comportement uniforme du
volume des boules g´ eod´ esiques implique cette in´ egalit´ e de Sobolev ( en fait
il y a mˆ eme une ´ equivalence, cf. [C-S]).
iii) Et suivant la proposition (2.8), une vari´ et´ e connexe, de volume infini, de dimension n > 4 isom´ etriquement immerg´ ee dans un espace euclidien dont la seconde forme fondamentale de l’immersion est n−int´ egrable v´ erifie nos hypoth` eses pour p = n.
iv) En fait, lorsqu’on consid` ere la L
2cohomologie non-r´ eduite, cette suite est toujours exacte. Cependant, la L
2cohomologie r´ eduite et non-r´ eduite coincident uniquement lorsque 0 n’est pas dans le spectre essentiel du Laplacien de Hodge-de Rham ; or pour les exemples donn´ es donn´ es ci-dessus ce n’est pas le cas.
iv) L’hypoth` ese sur la dimension de l’in´ egalit´ e de Sobolev p > 4 est celle qui permet de savoir que certaines fonctions harmoniques d´ ecroissent assez vite
`
a l’infini.
Dans une premi` ere partie, on ´ etablira l’existence d’ op´ erateurs de Green et on montrera quelques propri´ et´ es de ces op´ erateurs, propri´ et´ es qui seront fondamen- tales pour la preuve de l’exactitude de cette suite. Cette suite sera d´ efinie dans la troisi` eme partie.
Certains liens entre L
2-cohomologie, cohomologie classsique, et classe d’homotopie sont d´ ej` a connu :
M. Atiyah, V. Patodi et I. Singer avaient montr´ e, dans [A-P-S], que la L
2-cohomologie (r´ eduite) d’une vari´ et´ e Riemannienne ` a bouts cylindriques ´ etait isomorphe ` a l’image de la cohomologie ` a support compact dans la cohomologie absolue.
Lorsque la vari´ et´ e est un revˆ etement galoisien infini d’une vari´ et´ e compacte, Γ −→ M −→ M ,
les espaces de L
2-cohomologie (r´ eduite) ne sont pas de dimension finie (` a moins d’ˆ etre nuls), mais ils peuvent ˆ etre consid´ er´ es comme des Γ-modules pour lesquel ont peut d´ efinir une dimension de Von-Neuman, b
k(Γ, M ) = dim
ΓH
k(M ) ; dans [At], M. Atiyah montrait l’´ egalit´ e
Z
M
Ω = χ(M ) =
n
X
i=0
(−1)
ib
i(Γ, M ) ;
J. Dodziuk ([Do]) a ensuite montr´ e que ces nombres de Betti ´ etaient de nouveaux invariants d’homotopie de (Γ / π
1(M ), M ). Dans [C-G], J. Cheeger et M. Gro- mov avaient ´ etabli des suites exactes de Mayer-Vietoris pour la L
2-cohomologie (r´ eduite) d’un revˆ etement infini d’une vari´ et´ e de volume fini et de g´ eom´ etrie born´ ee, ceci leur permettaient de g´ en´ eraliser les r´ esultats de M. Atiyah et J. Dodz- iuk ` a ces vari´ et´ es. Enfin r´ ecement, J. Lott et W. L¨ uck ont calcul´ e ces nombres de Betti L
2pour des vari´ et´ es de dimension trois, ceci grˆ ace notamment ` a une suite exacte de Mayer-Vietoris ([L-L]).
Dans [E-R], K. Elworthy et S. Rosenberg avaient ´ etudi´ e les effets de la
nullit´ e de la L
2-cohomologie de vari´ et´ es ` a courbure essentiellement positive sur les
groupes de cohomologie et d’homotopie .
En fait cette suite est exacte au premier rang sans hypoth´ ese sur la dimension de l’in´ egalit´ e de Sobolev et nous pouvons en d´ eduire le r´ esultat suivant sur la topologie des vari´ et´ es que nous consid´ erons (cf 3.3)
0.3. Th´ eor` eme . — Si (M
n, g) une vari´ et´ e Riemannienne compl` ete con- nexe, qui v´ erifie l’in´ egalit´ e de Sobolev
µ
p(M ) Z
M
|u|
p−22p(x)dx
1−p2≤ Z
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M ), alors
0 −→ H
c1(M ) −→ H
1(M ).
Si de plus, la plus petite valeur propre n´ egative du tenseur de Ricci, ric
−, v´ erifie pour un > 0
ric
−∈ L
p2∩ L
p2+alors on a le majoration
dim H
c1(M ) = dim H
(n−1)(M ) ≤ C(p)µ
p(M )
−1Z
M
|ric
−(x)|
p2dx.
et dans ce cas M
na un nombre fini de bouts b et on a la majoration b ≤ 1 + C(p)µ
p(M )
−1Z
M
|ric
−(x)|
p2dx.
De cette suite exacte, nous pouvons en d´ eduire les formules suivantes pour la caract´ eristique d’Euler L
2:
0.4. Th´ eor` eme . — Soit (M
n, g) une vari´ et´ e Riemannienne compl` ete qui v´ erifie les mˆ emes hypoth` eses qu’au th´ eor` eme (0.2) alors si D est un ouvert born´ e de M on a
χ
L2(M, g) = χ(D, ∂D) + χ
L2(M − D, g).
Si de plus la dimension n est paire alors χ
L2(M, g) =
Z
D
Ω + Z
∂D
P (II) + χ
L2(M − D),
o` u P (II) est un polynˆ ome en la seconde forme fondamentale de ∂D ⊂ M . En particulier si p = n alors nous avons la formule
χ
L2(M, g) = Z
M
Ω + lim
D→M
Z
∂D
P (II) + χ
L2(M − D)
.
Cette formule a de nombreuses cons´ equences, d’abord elle montre (cf. 3.5) 0.5. Corollaire . — La caract´ eristique d’Euler L
2est un invariant d’homotopie ` a support compact.
En fait, selon J. Lott ([L]), c’est un fait g´ en´ eral, les espaces de L
2coho-
mologie r´ eduite ou non sont des invariants d’homotopies Lipschitz. De plus, nous
pouvons en d´ eduire une formule de Gauss-Bonnet relative (cf. 3.7)
0.6. Corollaire . — Soient (M
1n, g
1) et (M
2n, g
2) deux vari´ et´ es Riemanni- ennes compl` etes qui v´ erifient les mˆ emes hypoth` eses qu’au th´ eor` eme (0.2) alors s’il existe D
1(resp. D
2) un domaine compact de M
1(resp. M
2) tel que (M − D
1, g
1) soit isom´ etrique ` a (M
2− D
2, g
2) alors
χ
L2(M
1, g
1) − χ
L2(M
2, g
2) = Z
D1
Ω
g1− Z
D2
Ω
g2.
M. Gromov et B. Lawson avaient d´ emontr´ e un tel r´ esultat pour des op´ erateurs de Dirac sur des vari´ et´ es non-compactes, compl` etes dont le potentiel courbure, qui apparait dans la formule de Bochner-Weitzenbock, est uniform´ ement strictement positif sur un voisinage de l’infini ([G-L]); en fait comme l’a montr´ e H. Donnely, le fait que le bas du spectre essentiel de l’op´ erateur de Dirac soit strictement positif suffit pour avoir une formule de l’indice L
2-relatif ([D]).
Cependant les vari´ et´ es que nous consid` erons ont, g´ en´ eralement, un bas du spectre essentiel nul. De ce r´ esultat, nous pouvons en d´ eduire la formule de Gauss-Bonnet L
2suivante qui g´ en´ eralise les travaux de N. Borisov, W. Muller, R. Schrader et J.
Br¨ uning sur les vari´ et´ es asymptotiquement euclidiennes ([B-M-S], [B]) :
0.7. th´ eor` eme . — Soit (M
n, g) une vari´ et´ e riemannienne de dimension n ≥ 5 dont le tenseur de courbure R v´ erifie
Z
M
|R(x)|
n2dx < ∞,
et s’il existe un compact D de M tel que chaque composante connexe de M − D soient quasi-isom´ etrique au compl´ ementaire d’une boule euclidienne de R
nalors
χ
L2(M, g) = Z
M
Ω
g.
Remarque. — Nous pouvons adpater ces r´ esultats ` a d’autres op´ erateurs elliptiques que l’op´ erateur d + δ agissant sur les formes diff´ erentielles ; de mˆ eme nous pouvons aussi consid´ erer d’autres in´ egalit´ es de Sobolev (comme des in´ egalit´ es de Sobolev-Orlicz). Dans un prochain article, nous montrerons comment certains de ces r´ esultats se g´ en´ eralisent aux op´ erateurs de Dirac pour des in´ egalit´ es de Sobolev “tr` es” g´ en´ erales.
Notations et rappel. — Soit E un fibr´ e vectoriel riemannien sur (M, g), on note < , > (resp. | |) le produit scalaire (resp. la norme ) sur les fibres de E ou d’un fibr´ e naturel associ´ e. Soit D la connexion de E compatible avec ce produit scalaire, on a donc
X. hσ, τ i = hD
Xσ, τ i + hσ, D
Xτi ,
pour tout champ de vecteur X de M et toutes sections lisses σ, τ de E. A la connexion compatible, on associe un op´ erateur ¯ ∆, le Laplacien de Bochner de E (appel´ e aussi le Laplacien brut de E), qui est d´ efini ` a partir de la forme quadratique σ 7→ R
M
|Dσ|
2, plus exactement, nous avons l’identit´ e suivante Z
M
hDσ, Dσi = Z
M
∆σ, σ ¯
, ∀σ ∈ C
0∞(M ).
On a ∆σ ¯
(x) = − P
ni=1
D
eiD
eiσ, o` u {e
i}
ni=1est un rep` ere orthonorm´ e de T
xM . On d´ efinit alors H
01(E) qui le compl` et´ e de l’espace C
0∞(E) muni de la norme pr´ ehilbertienne kσk
2H10(E)
= R
M
|Dσ|
2.
Nous avons le r´ esultat suivant qui est une cons´ equence des travaux de N.
Varopoulos ([Va]) et de l’in´ egalit´ e de Kato et de ses cons´ equences (cf. th´ eor` eme 20 de l’appendice de [B] ´ ecrit par G. Besson).
Th´ eor` eme . — Si (M
n, g) est une vari´ et´ e riemannienne compl` ete qui v´ erifie l’in´ egalit´ e de Sobolev
µ
p(M ) Z
M
|u|
p−22p(x)dx
1−p2≤ Z
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M ),
alors pour tout s > 1, l’op´ erateur ∆ ¯
−1/2agit de L
s(E) dans L
p−sps(E), avec une norme d’op´ erateur qui v´ erifie
k ∆ ¯
−1/2k
Ls→L
ps
p−s
≤ C(s, p)µ
−1/2p.
1. Existence d’op´ erateurs de Green.
Le but de cette partie est de montrer que sous les hypoth` eses du r´ esultat de finitude (0.1) nous pouvons construire des op´ erateurs de Green. Pour cela nous commen¸ cons par rappeler ce qu’est la L
2−cohomologie.
1.a. La L
2-cohomologie. —
1.a.1. D´ efinition. — Soit (M
n, g) une vari´ et´ e riemannienne compl` ete de dimension n : l’op´ erateur de diff´ erentiation exterieure agit de
d : C
0∞(Λ
kT
∗M ) −→ C
0∞(Λ
k+1T
∗M ) et v´ erifie d ◦ d = 0 ; on d´ efinit alors les espaces
i) Z
kL
2(M ), qui est le noyau de l’op´ erateur d agissant, de fa¸ con non-born´ ee, sur L
2(Λ
kT
∗M ), ou de fa¸ con ´ equivalente
Z
kL
2(M ) = {α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ), dα = 0}, o` u on entend que dα est une distribution (ou un courant).
ii) B
kL
2(M ), qui est l’adh´ erence dans L
2(Λ
kT
∗M ) de d
C
0∞(Λ
k−1T
∗M ) . Comme d ◦ d = 0, nous avons B
kL
2(M ) ⊂ Z
kL
2(M ), le k
iemeespace de L
2- cohomologie (r´ eduite) est d´ efini par
H
(2)k(M ) = Z
kL
2(M )/B
kL
2(M ).
Ainsi deux k-formes L
2, (faiblement) ferm´ ees α et β sont L
2-cohomologues si et
seulement si il existe une suite de (k − 1)-formes lisses ` a support compacts (γ
l)
∞l=0telles que α − β = L
2− lim
l→∞dγ
l.
Remarque. — Le k
iemeespace de L
2−cohomologie (non-r´ eduite) est d´ efini comme le quotient de Z
kL
2(M ) par l’image par d de l’espace des (k − 1)-formes L
2dont la diff´ erentielle, au sens des distributions, est aussi dans L
2. Sauf mention explicite du contraire, lorsque nous parlerons d’espace de L
2-cohomologie ce sera des espaces de L
2-cohomologie r´ eduite.
Nous pouvons exprimer la L
2−cohomologie en termes de formes harmoniques 1.a.2. L
2-cohomologie et formes harmoniques. — On note δ l’op´ erateur diff´ erentiel adjoint ` a d, i.e.
Z
M
dα ∧ ∗β = Z
M
α ∧ ∗δβ , ∀α ∈ C
0∞(Λ
kT
∗M ), β ∈ C
0∞(Λ
k+1T
∗M ), o` u ∗ est l’op´ erateur de Hodge agissant de Λ
kT
∗M dans Λ
n−kT
∗M ; par le th´ eor` eme de Stokes, on a donc δ = (−1)
nk+n+1∗ d∗ .
Si H
k(M ) est l’espace des k-formes harmoniques L
2H
k(M ) = {α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ), dα = δα = 0},
alors l’espace L
2(Λ
kT
∗M ) admet la d´ ecomposition orthogonale de Hodge-deRham- Kodaira suivante
L
2(Λ
kT
∗M ) = H
k(M ) ⊕ B
kL
2(M ) ⊕ δC
0∞(Λ
k+1T
∗M ), o` u l’adh´ erence s’entend pour la topologie de L
2(Λ
kT
∗M ). Nous avons aussi
Z
kL
2(M ) = H
k(M ) ⊕ B
kL
2(M ), ce qui signifie que nous avons l’isomorphisme
H
k(M ) ' H
(2)k(M ).
1.a.3.Le probl` eme de l’existence d’op´ erateur de Green. — La d´ ecomposition de Kodaira implique que pour toute forme α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ), il existe une unique forme harmonique H(α) et deux courants S et T tel que d S et δ T soient dans L
2telles que
α = H(α) + d S + δ S ;
de plus par r´ egularit´ e ellipitique de l’op´ erateur d + δ, nous savons que si de plus α est lisse, alors S et T sont des formes diff´ erentielles lisses. Le probl` eme de l’existence d’op´ erateur de Green est de trouver un op´ erateur G qui agisse de L
2dans un “bon” espace fonctionnel telle que l’on puisse ´ ecrire
α − H(α) = (d + δ)Gα, pour tout α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ).
En fait, comme (M, g) est suppos´ ee compl` ete, si ∆
k= dδ + δd est le Laplacien de Hodge-deRham agissant sur les formes diff´ erentielles alors nous avons
H
k(M ) = {α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ), ∆
kα = 0},
de plus ce Laplacien admet la d´ ecomposition de Bochner-Weitzenbock suivante
∆
k= ¯ ∆ + R
k,
o` u R
kest un endomorphisme sym´ etrique de Λ
kT
∗M que l’on peut d´ efinir ` a l’aide de l’op´ erateur de courbure de (M
n, g) ( cf [G-M]) ; par exemple R
1est l’endomorphisme associ´ e au tenseur de Ricci, et nous avons toujours la majoration
|R
k|(x) ≤ c(n)|R|(x) o` u R est le tenseur de courbure de (M, g).
1.b. R´ esultat pr´ eliminaire. — Nous commen¸cons par prouver la propo- sition suivante qui am´ eliore le r´ esultat que nous avions obtenu dans [C].
1.1.proposition . — Si (M
n, g) est une vari´ et´ e Riemannienne compl` ete qui pour un p > 4 v´ erifie l’in´ egalit´ e de Sobolev
µ
p(M ) Z
M
|u|
p−22p(x)dx
1−2p≤ Z
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M ),
p, et dont le tenseur de courbure R v´ erifie
Z
M
|R(x)|
p2dx < ∞,
alors nous avons
H
k(M ) ⊂ D( p
∆) ¯ et √
∆ ¯ r´ ealisent un isomorphisme de H
k(M ) sur Ker
L2Id
L2+ ¯ ∆
−1/2R
k∆ ¯
−1/2. Preuve. — Il nous suffit pour compl` eter la preuve de la proposition 1.4 de [C] de montrer que √
∆ est une application surjective de ¯ H
k(M ) sur Ker
L2Id
L2+ ¯ ∆
−1/2R
k∆ ¯
−1/2. Ceci repose sur le lemme suivant
1.2. lemme . — Sous les mˆ emes hypoth` eses que la proposition pr´ ec´ edente : si u ∈ H
01(Λ
kT
∗M ) v´ erifie ∆ + ¯ R
ku ∈ C
0∞(Λ
kT
∗M ) alors u ∈ L
2(Λ
kT
∗M ).
Ce lemme nous permet de conclure car si α ∈ Ker
L2Id
L2+ ¯ ∆
−1/2R
k∆ ¯
−1/2, alors u = ¯ ∆
−1/2α est une forme de H
01(Λ
kT
∗M ) qui v´ erifie ∆ + ¯ R
ku = 0 donc u est une forme harmonique L
2et
√ ∆u ¯ = α.
preuve du lemme 1.2 .— Soit u ∈ H
01(Λ
kT
∗M ) v´ erifiant ∆
ku ∈ C
0∞(Λ
kT
∗M ), remarquons que par r´ egularit´ e elliptique u est lisse et il suffit donc de montrer que u est de carr´ e int´ egrable sur un voisinage de l’infini de M .
Choississons alors ρ une fonction lisse dont le support est inclus dans M − B
Ret telle que ρ = 1 sur M − B
R+1, o` u on note B
Rla boule g´ eod´ esique de centre x
0fixe et de rayon R ; et R est un r´ eel assez grand que l’on d´ eterminera plus tard.
Nous allons montrer que ρu ∈ L
2(Λ
kT
∗M ). La forme ρu v´ erifie
∆
k(ρ u) = (∆ρ)u − 2D
dρu + ρ∆
ku,
si nous choisissons R assez grand pour que support ρ ∩ support ∆
ku = ∅ alors la forme v = ρu v´ erifie v ∈ H
01(Λ
kT
∗(M − B
R)) et ∆ + ¯ R
kv = ϕ ∈ C
0∞(Λ
kT
∗(M − B
R)). On a donc
∆ ¯
−1/2Rϕ = ¯ ∆
−1/2R∆v ¯ + ¯ ∆
−1/2RR
kv,
o` u on note ¯ ∆
Rl’unique extension autoadjointe du Laplacien brut ¯ ∆, C
0∞Λ
kT
∗(M − B
R) . On a √
∆v ¯ ∈ L
2puisque v est dans H
01. De plus v v´ erifie
∆ ¯
−1/2R∆v ¯ = p
∆v ¯ ;
en effet ¯ ∆
−1/2R∆v ¯ est bien d´ efini, car ¯ ∆v = ϕ − R
kv, or v est dans H
01donc dans v ∈ L
p−22pgrˆ ace ` a l’in´ egalit´ e de Sobolev, et grˆ ace ` a l’in´ egalit´ e de H¨ older R
kv est dans L
p+22p. Mais ¯ ∆
−1/2Ragit de L
p+22pdans L
2. Donc ω = ¯ ∆
−1/2R∆v ¯ − ∆ ¯
1/2Rv est une forme L
2; ainsi la forme h = ¯ ∆
−1/2Rω est dans H
01(Λ
kT
∗(M − B
R)) et on v´ erifie facilement que ¯ ∆h = 0 ; ainsi
Z
< h, ∆f >= ¯ Z
< Dh, Df >= 0, ∀f ∈ C
0∞(Λ
kT
∗(M − B
R)),
or par d´ efinition de H
01(Λ
kT
∗(M − B
R)), on peut trouver une suite (h
l)
l∈Nd’´ elements de C
0∞(Λ
kT
∗(M − B
R)) telle que Dh
lL2
−→Dh,
ainsi on obtient Dh = 0, mais h est dans H
01sa trace sur ∂(M − B
R) est nulle donc h = 0, la nullit´ e de ω provient alors du fait que ¯ ∆
−1/2Rest une isom´ etrie de L
2sur H
01.
Nous pouvons maintenant montrer que v ∈ L
2(Λ
kT
∗(M − B
R)) ; la forme f d´ efinie par f = p ∆ ¯
Rv est dans L
2et de plus elle v´ erifie
Id
L2+ ¯ ∆
−1/2RR
k∆ ¯
−1/2Rf = ¯ ∆
−1/2Rϕ.
Nous allons montrer que f ∈ L
p+22p, ceci impliquera que v = ¯ ∆
−1/2Rf est dans L
2car ¯ ∆
−1/2Ragit de L
p+22pdans L
2. L’in´ egalit´ e de Sobolev implique que pour s ∈]1, p[, l’op´ erateur ¯ ∆
−1/2Ragit de L
sdans L
p−sps, avec une norme d’op´ erateur qui v´ erifie
k ∆ ¯
−1/2Rk
Ls→L
ps
p−s
≤ C(s, p)µ
−1/2p,
ainsi grˆ ace ` a l’in´ egalit´ e de H¨ older, on v´ erifie facilement que si s >
p−1palors l’op´ erateur A = ¯ ∆
−1/2RR
k∆ ¯
−1/2Ragit de L
sdans lui-mˆ eme avec une norme d’op´ erateur qui v´ erifie
k ∆ ¯
−1/2RR
k∆ ¯
−1/2Rk
Ls→Ls≤ C
0(s, p) 1 µ
pkRk
Lp2(M−BR);
Em particulier si p > 4, alors on peut choisir R assez grand pour que cet op´ erateur agisse de L
2∩ L
p+22pdans lui-mˆ eme avec une norme d’op´ erateur qui est inf´ erieur ` a
1
2
. Ainsi l’op´ erateur Id + A est un op´ erateur inversible de L
2∩ L
p+22p. Or, comme ϕ est ` a support compact et que p > 4, nous avons ¯ ∆
−1/2Rϕ ∈ L
2∩ L
p+22p. Mais
f = (Id + A)
−1L2→L2∆ ¯
−1/2Rϕ = (Id + A)
−1L2∩L
2p p+2→L2∩L
2p p+2
∆ ¯
−1/2Rϕ,
ce qui montre que f est dans L
p+22p.
Nous pouvons maintenant obtenir l’existence d’op´ erateur de Green.
1.c. Op´ erateur de Green. —
1.3. Th´ eor` eme . — Si (M
n, g) est une vari´ et´ e Riemannienne compl` ete qui pour un p > 4 v´ erifie l’in´ egalit´ e de Sobolev
µ
p(M ) Z
M
|u|
p−22p(x)dx
1−2p≤ Z
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M ),
p, et dont le tenseur de courbure R v´ erifie
Z
M
|R(x)|
p2dx < ∞,
alors il existe un op´ erateur de Green
G = G
−⊕ G
+: L
2(Λ
kT
∗M ) −→ H
01(Λ
k−1T
∗M ) ⊕ H
01(Λ
k+1T
∗M ), telle que pour tout α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ) alors
α = H(α) + (d + δ) Gα = H(α) + d G
−α + δ G
+α.
Preuve. — Nous avons la d´ ecomposition orthogonale suivante L
2(Λ
kT
∗M ) = H
k(M ) ⊕ ∆
kC
0∞(Λ
kT
∗M ),
ainsi pour tout α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ) nous avons l’existence d’une suite (ψ
l)
l∈N∈ C
0∞(Λ
kT
∗M ) telle que
α − H(α) = L
2− lim
l→∞
∆
kψ
l.
Donc en posant ϕ
l= (d + δ)ψ
l∈ C
0∞Λ
k−1T
∗M ⊕ Λ
k+1T
∗M
, nous avons α − H(α) = L
2− lim
l→∞
(d + δ)ϕ
l. Or si ϕ = ϕ
−+ ϕ
+∈ C
0∞(Λ
k−1T
∗M ⊕ Λ
k+1T
∗M ), alors
k(d + δ)ϕk
2L2= k(d + δ)ϕ
−k
2L2+ k(d + δ)ϕ
+k
2L2.
Nous allons montrer qu’` a toute forme ϕ ∈ C
0∞(Λ
kT
∗M ), nous pouvons associer une k-forme Γϕ qui v´ erifie
(1.4) k(d + δ)ϕk
L2= k(d + δ)Γϕk
L2≥ εkD(Γϕ)k
L2,
o` u ε est ind´ ependant de ϕ. Ce qui montrera que l’application d´ efinie par (d + δ) C
0∞(Λ
kT
∗M )
−→ H
01(Λ
kT
∗M ) (d + δ)ϕ 7→ Γϕ
se prolonge par continuit´ e en une application G
k: (d + δ) C
0∞(Λ
kT
∗M )
L2
−→ H
01(Λ
kT
∗M ).
L’op´ erateur de Green est alors G = G
k−1+ G
k+1. Pour construire Γ, on remarque que si ϕ ∈ C
0∞(Λ
kT
∗M ), alors
k(d + δ)ϕk
2L2=< ( ¯ ∆ + R
k)ϕ, ϕ >= D
Id
L2+ ¯ ∆
−1/2R
k∆ ¯
−1/2p
∆ϕ, ¯ p
∆ϕ ¯ E . Or nous avions d´ emontr´ e dans [C], que l’op´ erateur A = ¯ ∆
−1/2R
k∆ ¯
−1/2´ etait un op´ erateur compact autoadjoint de L
2, de plus son spectre est contenu dans [−1, +∞[, car Id + A est un op´ erateur positif. La th´ eorie spectrale des op´ erateurs compacts autoadjoints nous montre qu’il existe ε > 0 tel que
∀u ∈ L
2, u ⊥ Ker
L2(Id
L2+ A) , h(Id
L2+ A) u, ui ≥ εkuk
2L2. De plus la proposition 1.1, nous dit que Ker
L2(Id
L2+ A) = √
∆H ¯
k(M ). Soit donc {h
1, .., h
b} une base de H
k(M ) qui est orthonormale pour le produit scalaire de H
01(Λ
kT
∗M ), (i.e. { √
∆h ¯
1, .., √
∆h ¯
b} est une base orthonorm´ ee de Ker
L2(Id
L2+ A)) alors on pose
Γϕ = ϕ −
b
X
i=1
< p
∆h ¯
i, p
∆ϕ > h ¯
i. Ainsi Γϕ est dans H
01(Λ
kT
∗M ) et
√ ∆Γϕ ¯ est L
2-orthogonale ` a Ker
L2(Id
L2+ A) donc Γϕ v´ erifie bien (1.4).
1.d. Propri´ et´ es des op´ erateurs de Green construits. — La construc- tion pr´ ec´ edente nous montre que l’op´ erateur de Green satisfait aux identit´ es suiv- antes
1.5. Propri´ et´ es . —
(d + δ)G = Id
L2− H
kG(d + δ) = Id
H10
− H
k,1o` u H
kest le projecteur orthogonal sur H
k(M ) et o` u H
k,1est le projecteur orthogonal sur H
k(M ) pour le produit scalaire de l’espace H
01.
Et nous avons les propri´ et´ es suivantes 1.6. Propri´ et´ es compl´ ementaires . —
i) Si α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ) est lisse alors Gα est aussi lisse.
ii) G est un op´ erateur ` a noyau lisse au dehors de la diagonale.
iii) si α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ) alors dG
+(α) = 0 et de mˆ eme δG
−(α) = 0.
iv) Si α ∈ Z
kL
2(M ) alors
α − H
k(α) = dG
−(α),
c’est ` a dire que la composante sur Λ
k+1T
∗M de Gα est coferm´ ee, en fait
harmonique selon iii).
Et enfin le lemme 1.1, nous montre la
1.7. Proposition . — Si α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ) est telle que ∆ + ¯ R
kGα ∈ C
0∞(Λ
kT
∗M ) alors Gα ∈ L
2(Λ
kT
∗M ).
2. L
2−cohomologie des vari´ et´ es ` a bord.
Le but de cette partie est de pr´ esenter la L
2-cohomologie de vari´ et´ es ` a bord, puis de montrer quel espace de formes harmoniques est isomorphe ` a ces espaces de L
2-cohomologie, et d’en d´ eduire des r´ esultats de finitude similaire
`
a ceux que nous avions pr´ ecedement obtenu pour les vari´ et´ es compl` etes. Dans tout ce paragraphe (M
n, g) est une vari´ et´ e riemannienne non-compacte, ` a bord compact, qui est m´ etriquement compl` ete, i.e. dont la vari´ et´ e double M #M porte une m´ etrique riemannienne compl` ete isom´ etrique ` a g sur le compl´ ementaire d’un voisinage de ∂M .
L’identification entre les espaces de L
2-cohomologie et des espaces de formes harmoniques est due dans le cas des vari´ et´ es compactes ` a bord ` a G. Duff, D.C.
Spencer [D-F], et ` a P.E. Connor [Co], nous montrons ici que les arguments de G.
Duff, D.C. Spencer se g´ en´ eralisent aisement ` a notre cadre ; ces r´ esultats sont bien connus et ils sont, par exemple, assez explicites dans les articles de M. Lesch et J.
Br¨ uning ([B-L]) et de J. Lott ([L]).
2.a. La L
2-cohomologie. — On note
- C
0∞(Λ
kT
∗M ) l’espace des k−formes diff´ erentielles lisses qui sont ` a support compacte dans l’int´ erieur de M ;
- C
c∞(Λ
kT
∗M ) l’espace des k−formes diff´ erentielles lisses qui sont ` a support born´ es.
L’op´ erateur de diff´ erentiation exterieure agit de
d : C
c∞(Λ
kT
∗M ) −→ C
c∞(Λ
k+1T
∗M ) et v´ erifie d ◦ d = 0 ; on d´ efinit alors les espaces
i) Z
kL
2(M ), qui est le noyau de l’op´ erateur d agissant, de fa¸ con non-born´ ee, sur L
2(Λ
kT
∗M ), ou de fa¸ con ´ equivalente
Z
kL
2(M ) = {α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ), dα = 0}, o` u on entend que dα est une distribution (ou un courant).
ii) B
kL
2(M ), qui est l’adh´ erence dans L
2(Λ
kT
∗M ) de d
C
c∞(Λ
k−1T
∗M ) . Comme d ◦ d = 0, nous avons B
kL
2(M ) ⊂ Z
kL
2(M ), le k
iemeespace de L
2- cohomologie est d´ efini par
H
(2)k(M ) = Z
kL
2(M )/B
kL
2(M ).
2.1. Remarque. — Cette d´ efinition montre que les espaces de L
2-cohomologie
ne d´ ependent que de la classe de quasi-isom´ etrie de la m´ etrique ; i.e. si g, g
0sont
deux m´ etriques sur M telle que
C1g ≤ g
0≤ Cg, alors H
(2)k(M, g) ' H
(2)k(M, g
0).
En particulier, si M est compacte ces espaces ne d´ ependent pas de la m´ etrique, en fait ils sont isomorphes aux groupes de cohomologie r´ eelle (absolu) de M . Et selon [D-S] (voir aussi [Co]), les espaces de L
2-cohomologie sont isomorphes
`
a un sous-espace des formes harmoniques
H
(2)k(M ) ' {h ∈ C
∞(Λ
kT
∗M ), dh = δh = 0 et int
νh = 0},
o` u int
νh est la partie normale de h c’est ` a dire le produit int´ erieur de h par la normale int´ erieur ν de ∂M ⊂ M . Nous allons voir que dans notre cas, ce r´ esultat reste vrai.
2.b. L
2-cohomologie et formes harmoniques. — L’espace L
2(Λ
kT
∗M ) admet aussi la d´ ecomposition orthogonale
L
2(Λ
kT
∗M ) = H
k(M ) ⊕ dC
0∞(Λ
k−1T
∗M ) ⊕ δC
0∞(Λ
k+1T
∗M ), o` u l’adh´ erence s’entend pour la topologie de L
2(Λ
kT
∗M ) et o` u on a not´ e
H
k(M ) = {α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ), dα = δα = 0}.
Nous avons aussi
Z
kL
2(M ) = H
k(M ) ⊕ dC
0∞(Λ
k−1T
∗M ),
comme dC
0∞(Λ
k−1T
∗M ) ⊂ B
kL
2(M ), toute forme ferm´ ee L
2est L
2-cohomologue
`
a une forme harmonique, mais cette forme n’est forcement pas unique ; on a cependant
H
(2)k(M ) = H
k(M )/
H
k(M ) ∩ dC
c∞(Λ
k−1T
∗M )
' H
k(M )∩ dC
c∞(Λ
k−1T
∗M )
⊥. Nous avons la
2.2.Proposition . —
H
(2)k(M ) ' {h ∈ L
2(Λ
kT
∗M ), dh = δh = 0 et int
νh = 0}.
Preuve. — Il nous suffit donc de montrer que H
k(M ) ∩ dC
c∞(Λ
k−1T
∗M )
⊥= {h ∈ L
2(Λ
kT
∗M ), dh = δh = 0 et int
νh = 0}.
Ceci est une simple cons´ equence de la formule d’int´ egration par partie : si h est une forme harmonique, i.e. dh = δh = 0 et si ϕ ∈ C
c∞(Λ
k−1T
∗M ) alors on a
hh, dϕi = hδh, ϕi − Z
∂M
(int
νh, ϕ) = − Z
∂M
(int
νh, ϕ) ,
car on peut trouver une (k − 1)-forme lisse ` a support born´ e telle que ϕ = int
νh sur ∂M .
Cette preuve est simple, mais pour pouvoir retrouver nos r´ esultats de
finitude, nous allons introduire la vari´ et´ e double.
2.c. L
2-cohomologie et vari´ et´ e double. — Nous modifions la m´ etrique sur un voisinage born´ e de ∂M de fa¸con ` a ce qu’un voisinage de ∂M devienne isom´ etrique au produit riemannien [0, ε[×∂M , o` u ∂M est muni de la m´ etrique induite par g. On note encore g la m´ etrique obtenu. Alors la vari´ et´ e double
X = M #M
est naturellement muni d’une m´ etrique riemannienne lisse compl` ete qui coincide avec g sur chaque copie de M , nous la notons encore g. Et grˆ ace ` a la remarque 2.1, nous savons que les espaces de L
2- cohomologie ne sont pas modifi´ es.
La sym´ etrie σ par rapport ` a ∂M est une isom´ etrie de (X, g) qui v´ erifie σ ◦ σ = Id
X, donc σ induit une isom´ etrie
σ
∗: L
2(Λ
kT
∗X ) −→ L
2(Λ
kT
∗X).
Cette application v´ erifie σ
∗◦σ
∗= Id et d◦σ
∗= σ
∗◦ d. On peut donc d´ ecomposer L
2(Λ
kT
∗X ) en espace de formes paires et impaires par rapport ` a σ
L
2(Λ
kT
∗X ) = L
2+(Λ
kT
∗X ) ⊕ L
2−(Λ
kT
∗X ), o` u on note L
2+−
(Λ
kT
∗X) = {α ∈ L
2(Λ
kT
∗X), σ
∗α =
+−α}. Il est ´ evident que L
2+(Λ
kT
∗X) est naturellement isom´ etrique ` a L
2(Λ
kT
∗M ), nous noterons ι cette isom´ etrie. On peut aussi d´ efinir la L
2-cohomologie σ-invariante de X et on a la d´ ecomposition orthogonale
L
2(Λ
kT
∗X )
+= H
k+(X) ⊕ dC
0 +∞(Λ
k−1T
∗X ) ⊕ δC
0 +∞(Λ
k+1T
∗X ),
o` u H
k+(X) est l’ espace des k−formes harmoniques L
2qui sont σ-invariante. On a alors le
2.3. Th´ eor` eme . — L’isom´ etrie naturelle ι entre L
2+(Λ
kT
∗X) et L
2(Λ
kT
∗M ) fournit une isom´ etrie entre la L
2-cohomologie σ-invariante de X et la L
2- cohomologie de M .
Preuve. — Notons H
kn(M ) l’espace des k-formes harmoniques L
2dont la composante normale est nulle, montrons d’abord que
ι(H
k+(X )) = H
kn(M ) :
si h ∈ H
+k(X ) alors ´ evidement ιh = 2j
∗h est une forme harmonique (o` u j : M −→ X est une copie de M dans X). Mais comme h = σ
∗h, on a bien sur int
νh = 0, i.e. ιh ∈ H
kn(M ).
Puis soit h ∈ H
nk(M ), pour voir que ι
−1h ∈ H
k+(M ), il suffit de montrer que ι
−1h est harmonique. Or si ϕ ∈ C
0∞(Λ
k−1T
∗X ) alors
ι
−1h, dϕ
= Z
M+
< δh, ϕ > + Z
∂M+
< ϕ, int
ν+h >
+ Z
M−
< δh, ϕ > + Z
∂M−
< ϕ, int
ν−h >= 0,
o` u on a not´ e M
+−
les deux copies de M dans X . Et si ψ ∈ C
0∞(Λ
k+1T
∗X ) alors ι
−1h, δψ
= Z
M+
< dh, ψ > + Z
∂M+
< h, int
ν+ψ >
+ Z
M−
< δh, ψ > + Z
∂M−
< h, int
ν−ψ >
= Z
∂M+
< h, int
(ν++ν−)ψ >= 0,
car les normales int´ erieures ` a M
+et M
−sont oppos´ ees. Ceci montre que h est harmonique.
Puis montrons que
ι(dC
0∞(Λ
k−1T
∗M )) = dC
c∞(Λ
k−1T
∗M ) :
on a ´ evidement ι(dC
0∞(Λ
k−1T
∗M )) ⊂ dC
c∞(Λ
k−1T
∗M ) et donc par continuit´ e ι(dC
0∞(Λ
k−1T
∗M )) ⊂ dC
c∞(Λ
k−1T
∗M ).
Soit maintenant α ∈ dC
c∞(Λ
k−1T
∗M ) ∩ ι(dC
0∞(Λ
k−1T
∗M ))
⊥il est facile de v´ erifier que α est harmonique. Donc cette forme est lisse ; choisissons alors une (k − 1)-forme φ , σ-invariante, lisse ` a support compact sur X v´ erifiant φ = int
να le long de ∂M on a alors
0 = 1 2
Z
M
< α, ι(dφ) >=
Z
M
< α, dφ >=
Z
∂M
< φ, int
να >=
Z
∂M
|int
να|
2,
donc on a int
να = 0 ce qui signifie que α ∈ H
nk(M ) mais cet espace est orthogonal
`
a dC
c∞(Λ
k−1T
∗M ) donc α = 0 et on a montr´ e ce qu’on voulait. Comme ι est une isom´ etrie, on conclut que ι respecte la d´ ecomposition de Kodaira
(2.4)
L
2(Λ
kT
∗X )
+= H
k+(X ) ⊕ dC
0 +∞(Λ
k−1T
∗X) ⊕ δC
0 +∞(Λ
k+1T
∗X) ι
y ι
y ι
y ι
y
L
2(Λ
kT
∗M ) = H
nk(M ) ⊕ dC
c∞(Λ
k−1T
∗M ) ⊕ δC
0∞(Λ
k+1T
∗M )
2.d. Finitude de la L
2-cohomologie pour les vari´ et´ es ` a bord.
Nous allons montrer qu’une in´ egalit´ e de Sobolev sur (M, g) implique une in´ egalit´ e de Sobolev sur le double X = M #M ; on pourra alors ´ enoncer des r´ esultats de finitude grˆ ace au r´ esultat du paragraphe pr´ ec´ edent.
2.5.Proposition . — Si (M
n, g) est une vari´ et´ e riemannienne connexe,
de volume infini, ` a bord compact, m´ etriquement compl` ete qui v´ erifie l’in´ egalit´ e de
Sobolev
µ
p(M ) Z
M
|u|
p−22p(x)dx
1−p2≤ Z
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M ), alors X = M #M v´ erifie la mˆ eme in´ egalit´ e de Sobolev
µ
p(X) Z
X
|u|
p−22p(x)dx
1−p2≤ Z
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(X ).
Preuve. — La propri´ et´ e de v´ erifier une in´ egalit´ e de Sobolev est invariante par quasi-isom´ etrie, on peut donc supposer qu’un voisinage de ∂M dans M est isom´ etrique ` a [0, ε[×∂M . Ainsi la m´ etrique obtenue sur X est lisse. Soit donc K ˜ ⊂ K deux voisinages compacts (` a bord r´ egulier) de ∂M dans X et soit θ une fonction lisse ` a support dans K et valant 1 sur ˜ K et telle que 0 ≤ θ ≤ 1. Soit u ∈ C
0∞(X ), on a
u = (1 − θ)u + θu = (1 − θ)u + θ
u − R
K
u vol K
+ θ
R
K
u vol K
.
Or comme K est ` a bord r´ egulier, nous avons l’in´ egalit´ e de Sobolev
v − R
K
v vol K
Lp−22p (K)
≤ S
Kkdvk
L2, ∀v ∈ C
∞(K).
donc kuk
L
2p p−2
≤
u − R
K
u vol K
Lp−22p (K)
+
R
K
u (vol K)
1/2+1/p+ k(1 − θ)uk
L
2p p−2
≤ S
Kkduk
L2(K)+
R
K
u (vol K)
1/2+1/p+ k(1 − θ)uk
L
2p
p−2(M−K)˜
. Or nous pouvons appliquer l’in´ egalit´ e de Sobolev ` a (1 − θ)u pour obtenir
k(1 − θ)uk
L
2p
p−2(M−K)˜
≤ (µ
p(M ))
(−1/2)kduk
L2(M−K)˜+ kdθk
L∞kuk
L2(K).
On obtient donc kuk
L
2p
p−2
≤ C(µ
p(M ), K )
kduk
L2(X)+ kuk
L2(K)+ | Z
K
u|
; L’in´ egalit´ e de Poincar´ e nous donne ensuite la majoration
kuk
L2(K)≤
λ
N1(K)
(−1/2)kduk
L2(K)+ 1 (vol K)
1/2|
Z
K
u|,
o` u λ
N1(K) est la premi` ere valeur propre non-nulle de Laplacien sur K pour le probl` eme de Neumann. Ainsi on obtient
(2.6) kuk
L
2p p−2
≤ C
0kduk
L2(X)+ | Z
K
u|
.
Or si nous montrons que X est non-parabolique, nous aurons, selon le crit` ere ´ etabli par Ancona ([A]), que pour tout ouvert born´ e U de X il existe une constante C telle que
| Z
U
v| ≤ C kdvk
L2(X), ∀v ∈ C
0∞(X ), ceci nous permettra de conclure.
Mais selon A. Grigor’yan ([G]), pour que (X, g) soit non-parabolique, il suffit de trouver un domaine born´ e Ω de X telle que sa capacit´ e soit non-nulle. Rappellons que
cap(Ω) = inf{kduk
2L2, u ∈ C
0∞(X), u = 1 sur Ω} ;
choisissons alors Ω telle que K ⊂ Ω et vol Ω > (2C
0vol K)
p−22palors en appliquant l’in´ egalit´ e (2.6) on obtient
(vol Ω)
12−1p≤ C
0(cap Ω)
1/2+ vol K , ce qui implique, par notre choix, de Ω que (cap Ω)
1/2> vol K > 0.
Remarquons que la preuve de cette proposition , nous permet d’´ enoncer les deux propositions suivantes :
2.7. Proposition . — Si (M
n, g) est une vari´ et´ e Riemannienne compl` ete connexe, de volume infini et si K est un compact de M tel que l’on ait l’in´ egalit´ e de Sobolev
Z
M−K
|u|
p−22p(x)dx
1−2p≤ C
teZ
M−K
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M − K), alors (M
n, g) v´ erifie la mˆ eme in´ egalit´ e de Sobolev
µ
n(M ) Z
M
|u|
p−22p(x)dx
1−2p≤ C
teZ
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M ).
2.8. Corollaire . — Si (M
n, g) est une vari´ et´ e connexe, de volume infini, de dimension n > 2 isom´ etriquement immerg´ ee dans un espace euclidien R
Ntelle que le vecteur courbure moyenne k de l’immersion satisfait ` a
Z
M
|k|
n(x)dx < ∞, alors (M
n, g) v´ erifie l’in´ egalit´ e de Sobolev
µ
n(M ) Z
M
|u|
n−22n(x)dx
1−n2≤ Z
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M ).
preuve du corollaire.— Ceci repose sur l’in´ egalit´ e de Sobolev obtenue par Hoffman-Spruck [H-S]
c
nZ
M
|u|
n−1n(x)dx
1−1n≤ Z
M
|du| + |k||u|, ∀u ∈ C
0∞(M ).
Si n > 2 et si on applique cette in´ egalit´ e ` a u = v
2n−1n−2, en appliquant l’in´ egalit´ e de Cauchy -Schwarz, on obtient l’in´ egalit´ e suivante
˜ c
nZ
M
|v|
n−22n(x)dx
1−n2≤ Z
M
|dv|
2(x) + |k|
2|v|
2(x)dx, ∀v ∈ C
0∞(M ), o` u ˜ c
n= c
2n 4(n−1)n−2. Le corollaire se d´ eduit de la proposition 2.7 en choisissant K compact de M telle que
Z
M−K
|k|
n(x)dx ≤ 1
2˜ c
n n2.
Notons qu’il serait int´ eressant de connaitre une constante de Sobolev explicite pour ces vari´ et´ es. Maintenant, nous savons que si les espaces de L
2-cohomologie de la vari´ et´ e double M #M sont de dimension finie alors ceux de M sont aussi de dimension finie, ceci nous permet d’´ enoncer le
2.9. Th´ eor` eme . — Si (M
n, g) est une vari´ et´ e Riemannienne, ` a bord compact, m´ etriquement compl` ete qui v´ erifie l’in´ egalit´ e de Sobolev
µ
p(M ) Z
M
|u|
p−22p(x)dx
1−p2≤ Z
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M ), et telle que son tenseur de courbure v´ erifie
Z
M
|R(x)|
p2dx < ∞,
alors les espaces de L
2-cohomologie de (M
n, g) sont de dimension finie.
2.e. Op´ erateur de Green pour les vari´ et´ es ` a bord. — L’isom´ etrie ι et le diagramme 2.4. nous permettent d’adapter le th´ eor` eme 1.3 au cas des vari´ et´ es
` a bord
2.10. Th´ eor` eme . — Soit (M
n, g) est une vari´ et´ e Riemannienne ` a bord compact, m´ etriquement compl` ete, dont un voisinage du bord est isom´ etrique au produit riemannien [0, ε[×∂M . Si pour un p > 4, (M, g) v´ erifie l’in´ egalit´ e de Sobolev
µ
p(M ) Z
M
|u|
p−22p(x)dx
1−p2≤ Z
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M ), et si son tenseur de courbure v´ erifie
Z
M
|R(x)|
p2dx < ∞,
alors il existe un op´ erateur de Green
G = G
−⊕ G
+: L
2(Λ
kT
∗M ) −→ L
p−22p(Λ
k−1T
∗M ) ⊕ L
p−22p(Λ
k+1T
∗M ),
telle que pour tout α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ) alors
α = H(α) + (d + δ) Gα = H(α) + d G
−α + δ G
+α.
De plus l’op´ erateur de Green v´ erifie les propri´ et´ es suivantes
i) si α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ) alors dG
+(α) = 0 et de mˆ eme δG
−(α) = 0.
ii) Si α ∈ Z
kL
2(M ) alors
α − H
k(α) = dG
−(α),
c’est ` a dire que la composante sur Λ
k+1T
∗M de Gα est coferm´ ee, en fait harmonique selon i).
iii) Si α ∈ L
2(Λ
kT
∗M ) est telle que ∆ + ¯ R
kGα ∈ C
c∞(Λ
kT
∗M ) alors Gα ∈ L
2(Λ
kT
∗M ).
Remarque. — En toute rigueur, nous n’avons montr´ e ce th´ eor` eme que dans le cas o` u toutes les composantes connexes de M sont non-compactes ; en fait ce th´ eor` eme reste encore vrai si certaines composantes connexes sont compactes, en effet, selon [D-S], sur ces composantes connexes, il existe des op´ erateurs de Green satisfaisant au th´ eor` eme.
3. Suite exacte en L
2-cohomologie pour l’homomorphisme cobord Le but de cette partie est de syst´ ematiser la m´ ethode avec laquelle nous avions, dans [C], calcul´ e la L
2-cohomologie (r´ eduite) des sous-vari´ et´ es min- imales d’un espace euclidien dont la seconde forme fondamentale II v´ erifie R
M
|II |
n(x)dx < ∞. Le th´ eor` eme suivant est une cons´ equence (presque) directe des r´ esultats d´ emontr´ es dans les deux parties pr´ ec´ edentes.
3.1. Th´ eor` eme . — Soit (M
n, g) une vari´ et´ e Riemannienne compl` ete, qui pour un p > 4 v´ erifie l’in´ egalit´ e de Sobolev
µ
p(M ) Z
M
|u|
p−22p(x)dx
1−p2≤ Z
M
|du|
2(x)dx, ∀u ∈ C
0∞(M ), et telle que son tenseur de courbure v´ erifie
Z
M
|R(x)|
p2dx < ∞,
alors si D est un ouvert born´ e (` a bord r´ egulier) de M , nous avons la suite exacte .. −→ H
k(D, ∂D) −→H
i (2)k(M )
j∗