Psycho-Oncol. (2015) 9:287-288 DOI 10.1007/s11839-015-0543-1
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Histoire du cancer
L’histoire du cancer correspond à celle d’hommes et de femmes qui, pendant des siècles, ont fait progres‑
ser les connaissances sur le cancer.
Le premier à avoir fait avancer la lutte contre le cancer est Rudolf Virchow, un Allemand. La chimio‑
thérapie est née grâce à l’Américain Sydney Faber, qui a découvert son potentiel lors de l’utilisation du gaz moutarde pendant la Seconde Guerre mondiale. L’Anglais Alan Turing, inventeur de l’informatique dans les années 1930, est à l’origine de la révolution numérique. Il annon‑
çait que ses découvertes aideraient à percer les secrets de la vie biologique. Ses prévisions seront confirmées cinquante ans plus tard avec le séquençage de l’ADN.
Bien d’autres portraits, de chercheurs, de médecins, sont présentés par le Dr Alexandre Laurent mettant en lumière le génie, la rigueur, l’intuition et la science.
Il s’agit du véritable récit d’une aventure humaine qui fait supposer qu’avec les connaissances actuelles en géné‑
tique et la puissance des ordinateurs, le cancer serait possi‑
blement maîtrisé en 2030.
La maîtrise du cancer : une perspective réaliste Alexandre Laurent avance dans son ouvrage qu’à échéance relativement courte l’éradication du cancer est envisa‑
geable. Cette grande révolution réside principalement dans
la convergence des nanotechnologies, de la biomédecine, de l’informatique et des sciences cognitives permettant une maîtrise du cancer d’ici une quinzaine d’années. L’analyse génétique de la tumeur nécessite le traitement de millions d’informations, ce qui est possible grâce à l’explosion des capacités informatiques. Pour comprendre l’ennemi, il faut comprendre ses faiblesses, ses spécificités… le Big Data serait la principale arme contre le cancer.
Jusqu’alors, les héros de la lutte contre le cancer sont tous humains, sauf un : Watson. Il s’agit du nom donné à une machine créée par IBM afin de proposer des thérapies à la carte. Ainsi, chaque patient sera soigné avec thérapie « sur mesure » où des cocktails de thérapies ciblées s’attaqueront précisément aux caractéristiques génétiques du patient et de sa tumeur.
Quant à la gestion préventive du cancer, grâce à un moni‑
toring permanent de chacun d’entre nous, elle sera aussi une probable réalité dans les années à venir.
Traditionnellement sont utilisées en médecine des tech‑
niques radiologique et/ou biologique pour dépister des cancers ; avec les nanoparticules, une maladie pourra être repérée plusieurs années avant son apparition. Les prédis‑
positions de certaines maladies génétiques pourraient être détectées grâce à l’étude des gènes. Les pathologies non génétiques pourraient être repérées grâce au nanodiagnostic.
Pour résumer, des traitements personnalisés en fonction des caractéristiques génétiques de la tumeur, des dépistages ultraprécoces grâce au séquençage du sang, des pathologies traitées avant même leur apparition marquent l’avènement d’une médecine personnalisée, préventive et prédictive.
L’intelligence artificielle pourrait dans les prochaines décennies révolutionner la médecine, changer les codes.
La défaite du cancer
Histoire de la fin d’une maladie
L. Alexandre
Éditions JC Lattès, Collection Essais et Documents, 2014
© Lavoisier SAS 2015
Cet article des Editions Lavoisier est disponible en acces libre et gratuit sur archives-pson.revuesonline.com
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La médecine traditionnelle est en proie à de véritables mutations où sont en cours des transferts de pouvoir entre le médecin et les technologies. C’est en effet un choc des cultures qui est en train de s’opérer. Dans le monde médical, la transition est déjà en marche. Il est évident que l’analyse du génome d’une tumeur avec ses milliards d’informations ne peut pas être traitée par un cerveau humain, seuls des systèmes informatiques peuvent le faire.
Alexandre Laurent semble mettre en avant que les méde‑
cins de demain prodigueront les soins mais ne seront plus à l’origine du diagnostic. Les héros de la lutte contre le cancer de demain seront‑ils plus des informaticiens que des médecins ?
Si en théorie la thèse d’Alexandre Laurent semble réa‑
lisable, il semble que la victoire définitive contre le cancer reste une illusion. Axel Khan, médecin et chercheur, avance que cette éradication définitive du cancer est quasiment impossible. Les cellules cancéreuses s’adaptent, mutent devenant insensibles au traitement, rendant ces cellules encore plus résistantes. Selon lui, la défaite du cancer réside plus dans l’idée que : « On peut parler de victoire contre le cancer mortel à brève échéance, car de plus en plus il se transforme en maladie chronique. »
Géraldine Payen
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