Devoir à la maison n°06
• Le devoir devra être rédigé sur des copies doubles.
• Les copies ne devront comporter ni rature, ni renvoi, ni trace d’effaceur.
• Toute copie ne satisfaisant pas à ces exigences devra être intégralement récrite.
Problème 1
Partie I – Etude dans un cas particulier
I.1 I.1.a On calcule le polynôme caractéristique deA:χA= (X + 2)(X − 1)2. Par conséquent le spectre deAest {−2; 1}.
I.1.b On vérifie aisément que(𝑢1, 𝑢2, 𝑢3)est une base deℳ3,1(ℝ)en calculant son déterminant dans la base canonique. De plus,A𝑢1 = 𝑢1,A𝑢2 = 𝑢2etA𝑢3 = −2𝑢3donc𝑢1,𝑢2et𝑢3 sont des vecteurs propres deA.
I.1.c On vient de trouver une base deℳ3,1(ℝ)constituée de vecteurs propres deAdoncAest diagonalisable.
I.1.d B𝑢1=
⎛
⎜⎜
⎝ 4 0 0
⎞
⎟⎟
⎠
n’est pas colinéaire à𝑢1et de même pour𝑢2et𝑢3donc aucun élément deℱn’est vecteur propre deBdonc a fortiori commun àAetB.
I.2 I.2.a χB= (X − 2)3(on développe par rapport à la deuxième ligne) donc le spectre deBest{2}.
I.2.b B − 2I3 =
⎛
⎜⎜
⎝
1 −3 −1 0 0 0 1 −3 −1
⎞
⎟⎟
⎠
. Les trois colonnes de cette matrice sont colinéaires à𝑢4 doncI𝑚2(B) ⊂
vect(𝑢4)et𝑢4est la première colonne donc vect(𝑢4) ⊂ I𝑚2(B). Par conséquentI𝑚2(B) =vect(𝑢4).
Le théorème du rang nous dit alors que dimE2(B) = 2.
I.2.c La somme des dimensions des sous espaces propres deBest égale à2 < 3doncBn’est pas diagonali- sable.
I.3 I.3.a B𝑢5= 2𝑢5etA𝑢5= 𝑢5donc vect(𝑢5) ⊂ E1(A) ∩ E2(B).
E1(A)etE2(B)sont de dimension2donc cette intersection est de dimension1ou2(on a déjà un vecteur non nul dans l’intersection). Si elle est de dimension2, alorsE1(A) = E2(B)ce qui est absurde car𝑢1est dansE1(A)mais pas dansE2(B). Par conséquent l’intersection est de dimension1etE1(A) ∩ E2(B) = vect(𝑢5).
I.3.b Comme𝑢3n’est pas vecteur propre deBet qu’il engendreE−2(A), il n’y a pas de vecteur propre commun àAetBdansE−2(A). De plus,2est la seule valeur propre deBdonc les vecteurs propres communs à AetBsont dansE1(A) ∩ E2(B).
D’après la question précédente, les vecteurs propres communs àAetBsont les vecteurs de la forme λ𝑢5,λ ∈ ℝ∗.
I.4 I.4.a AB =
⎛
⎜⎜
⎝
−1 1 −1
−4 6 0
−3 1 1
⎞
⎟⎟
⎠
etBA =
⎛
⎜⎜
⎝
4 −2 0
−2 0 −2 2 −2 2
⎞
⎟⎟
⎠
donc[A, B] = C.
I.4.b On calcule le polynôme caractéristique deC. Pourλ ∈ ℝ,χC(λ) =
||
||
|
λ + 5 −3 1 2 λ − 6 −2 5 −3 λ + 1
||
||
|
. On remplace L1parL1− L3:
χC(λ) =
||
||
|
λ 0 −λ
2 λ − 6 −2 5 −3 λ + 1
||
||
|
. On utilise la linéarité par rapport à la première ligne puis on remplaceC1
parC1+ C3 :χC(λ) = λ
||
||
|
0 0 −1
0 λ − 6 −2 λ + 6 −3 λ + 1
||
||
|
. Enfin, on développe par rapport à la première ligne : χC(λ) = λ(λ − 6)(6 + λ).
χCest scindé à racines simples doncCest diagonalisable. De plus les valeurs propres deCsont−6,0 et6doncCest semblable àD.
Le rangs deCet deDsont alors égaux et rg(C) = 2.
Partie II – Condition nécessaire et conditions suffisantes
II.1 II.1.a Soientλetμtels queA𝑒 = λ𝑒etB𝑒 = μ𝑒. AlorsAB𝑒 = μA𝑒 = λμ𝑒 et de même pourBA𝑒donc 𝑒 ∈Ker([A, B]).
II.1.b 𝑒est non nul (car vecteur propre) donc[A, B]n’est pas injectif et comme il s’agit d’une matrice carrée (endomorphisme en dimension finie), cela prouve que[A, B]n’est pas inversible et rg([A, B]) < 𝑛.
II.2 On suppose[A, B] = 0. Comme𝕂 = ℂ,Aa au moins une valeur propre : soitλ ∈ S𝑝(A).[A, B] = 0donc Ker([A, B]) = ℳ𝑛,1(K)etEλ(A) ⊂Ker([A, B]):AetBvérifient la propriétéℋ.
II.3 II.3.a SoitX ∈ Eλ(A). Par hypothèse(AB − BA)X = 0soitABX = BAX. OrAX = λXdoncA(BX) = λBX ce qui signifie queBX ∈ Eλ(A):ψ ∶ X ↦ BXest une application deEλ(A)dans lui même. De plus, par propriété du produit matriciel,ψest linéaire doncψest un endomorphisme deEλ(A).
II.3.b λest valeur propre deAdoncEλ(A)est de dimension non nulle et commeK = ℂ,ψa au moins une valeur propre : il existeμ ∈ ℂetX ∈ Eλ(A)non nul tels queψ(X) = μX. On a doncBX = μX,AX = λX etXnon nul :Xest un vecteur propre commun àAetB.
II.4 En dimension1, tous les vecteurs non nuls sont des vecteurs propres donc𝒫1est vérifiée.
II.5 II.5.a Aet B ne vérifient pasℋ doncEλ(A) n’est pas inclus dans Ker(C): il existe 𝑢 ∈ Eλ(A) tel que 𝑢 ∉Ker(C):𝑢est donc un élément deℳ𝑛,1(ℂ)qui vérifieA𝑢 = λ𝑢etC𝑢 ≠ 0.
II.5.b Par hypothèse ImCest de dimension1et𝑣 = C𝑢est un vecteur non nul de cette image donc ImC = vect(𝑣).
II.5.c 𝑣 = C𝑢donc𝑣 = AB𝑢 − BA𝑢 = AB𝑢 − λB𝑢soit𝑣 = (A − λI)(B𝑢):𝑣 ∈ Imλ(A). La question précédente permet alors de dire que ImC ⊂Imλ(A).
II.5.d ImCest de dimension1donc1 ≤dim(Imλ(A)).
λ est valeur propre de A donc Eλ(A) a une dimension non nulle et, d’après le théorème du rang, dim(Imλ(A)) ≤ 𝑛 − 1.
Finalement
1 ≤dim(Imλ(A)) ≤ 𝑛 − 1 .
II.5.e AetA − λI𝑛commutent donc[A, A − λI𝑛] = 0.
Par définition[B, A − λI𝑛] = B(A − λI𝑛) − (A − λI𝑛)B = BA − AB = −[A, B]d’où[B, A − λI𝑛] = −C.
φetψsont des applications linéaires par propriétés du produit matriciel.
SoitX ∈Imλ(A):X = (A − λI𝑛)YoùY ∈ ℳ𝑛,1(ℂ).
Comme[A, A − λI𝑛] = 0,AX = (A − λI𝑛)(AY)doncAX ∈Imλ(A). Par conséquentφest un endo- morphisme de Imλ(A).
De mêmeBX = (A − λI𝑛)(BY) − CY.CY ∈ ImCet ImC ⊂Imλ(A)doncCY ∈Imλ(A); on a aussi (A − λI𝑛)(BY) ∈Imλ(A)doncBX ∈Imλ(A). On en conclut queψest un endomorphisme de Imλ(A).
II.5.f Im([φ, ψ]) ⊂Im(C)donc rg([φ, ψ]) ≤ 1. On peut donc appliquer l’hypothèse de récurrence àφetψ, endomorphismes de Imλ(A)qui est de dimension non nulle et strictement inférieure à𝑛:φetψont un vecteur propre commun. A fortioriAetBont un vecteur propre commun.
II.6 𝒫1est vraie.
Soit𝑛 ∈ ℕ,𝑛 ≥ 2. On suppose que𝒫𝑘est vérifiée pour tout entier𝑘 ∈J1, 𝑛 − 1K.
SoitEde dimension𝑛.
Soitφetψdeux d’endomorphismes deEtels que rg([φ, ψ]) ≤ 1.
On considèreAetBles matrices associées respectivement àφetψdans une base deE,C = AB − BA.
Si rg(C) = 1et siAetBne vérifient pasℋ, alors, d’après la questionII.5,AetBont un vecteur propre commun : φetψont un vecteur propre commun (K = ℂ) doncAa au moins une valeur propre.
Si rg(C) = 1etA,Bvérifientℋ, alors d’aprèsII.3,φetψont un vecteur propre commun.
Si rg(C) = 0, alors[A, B] = 0et, d’après les questionsII.2etII.3,φetψont un vecteur propre commun.
On en déduit que𝒫𝑛est vérifiée.
Par récurrence, on peut conclure que, pour tout𝑛 ∈ ℕ∗,𝒫𝑛est vraie.
Partie III – Etude d’un autre cas particulier III.1 𝑔(P) = ∑2𝑛𝑘=0𝑎𝑘X2𝑛−𝑘. On pose𝑙 = 2𝑛 − 𝑘pour obtenir𝑔(P) = ∑2𝑛𝑙=0𝑎2𝑛−𝑙X𝑙.
III.2 Pour tout polynômeP, degP′ ≤degPet la dérivation des polynômes est linéaire donc𝑓est un endomorphisme deE.
La question précédente prouve que𝑔est une application deEdansE.
Si(P, Q) ∈ E2etλ ∈ ℂ,
𝑔(P + λQ) = X2𝑛(P + λQ) (1 X)
= X2𝑛P (1
X) + X2𝑛Q (1 X)
= 𝑔(P) + λ𝑔(Q) donc𝑔est linéaire.𝑔est donc un endomorphisme deE.
III.3 III.3.a SoitPun vecteur propre de𝑔etλla valeur propre associée.𝑔(P) = λP.
La questionIII.1prouve que𝑔est injective doncλne peut pas être nul. Par conséquentPet𝑔(P)ont le même degré que l’on appelle𝑑. (Pn’est pas nul car vecteur propre).
On reprend les notations de la questionIII.1.𝑎𝑑≠ 0donc si𝑘 = 2𝑛−𝑑,𝑎2𝑛−𝑘≠ 0et donc deg(𝑔(P)) ≥ 2𝑛 − 𝑑. Par conséquent𝑑 ≥ 2𝑛 − 𝑑et donc deg(P) ≥ 𝑛.
III.3.b 𝑔(X𝑛) = X𝑛etX𝑛n’est pas le polynôme nul doncX𝑛est un vecteur propre de𝑔.
III.4 III.4.a 𝑓𝑖(P) = P(𝑖).P′est nul si et seulementPest un polynôme constant c’est-à-dire un polynôme de degré
≤ 0.On suppose que ker𝑓𝑖= ℂ𝑖−1[X]pour un entier𝑖entre1et2𝑛 − 1.
P ∈ker𝑓𝑖+1si seulement siP′∈ker𝑓𝑖donc si et seulement siP′∈ ℂ𝑖−1[X]donc ker𝑓𝑖+1= ℂ𝑖[X].
Par récurrence, pour tout𝑖entre1et2𝑛, ker𝑓𝑖 = ℂ𝑖−1[X].
III.4.b SiPest non nul de degré𝑖 − 1, alors𝑓𝑖(P) = 0Pdonc0 ∈ S𝑝(𝑓𝑖).
(𝑓𝑖)2𝑛+1= (𝑓2𝑛1)𝑖et siP ∈ E, sa dérivée d’ordre2𝑛 + 1est nul doncX2𝑛+1est un polynôme annulateur de𝑓𝑖.0est sa seule racine donc0est la seule valeur propre possible de𝑓𝑖.
FinalementS𝑝(𝑓𝑖) = {0}.
III.5 Si𝑖 ≥ 𝑛 + 1,𝑓𝑖(X𝑛) = 0X𝑛doncX𝑛est vecteur propre de𝑓𝑖. Avec la questionIII.3.b, on peut en déduire queX𝑛 est un vecteur propre commun à𝑓et𝑔.
On suppose réciproquement que𝑖est tel que𝑓et𝑔ont un vecteur propre commun.
SoitPun vecteur propre commun. D’après la questionIII.3.a, deg(P) ≥ 𝑛et d’après la questionIII.4.b,P ∈ker𝑓𝑖 donc d’après la questionIII.4.a, deg(P) ≤ 𝑖 − 1. Ainsi,𝑛 ≤ 𝑖 − 1soit𝑖 ≥ 𝑛 + 1.
Finalement𝑓et𝑔ont un vecteur propre commun si et seulement si𝑖 ≥ 𝑛 + 1.
III.6 A𝑛= (𝑎𝑖𝑗)1≤𝑖,𝑗≤2𝑛+1où pour𝑖entre2et2𝑛,𝑎𝑖,𝑖−1= 𝑖 − 1et tous les autres coefficients nuls :
A𝑛=
⎛
⎜⎜
⎜⎜
⎜
⎝
0 1 0 ⋯ 0
⋮ ⋱ 2 ⋱ ⋮
⋱ 0
⋮ ⋱ 2𝑛
0 ⋯ ⋯ 0
⎞
⎟⎟
⎟⎟
⎟
⎠
Pour𝑘entre0et2𝑛,𝑔(X𝑘) = X2𝑛−𝑘doncB𝑛= (𝑏𝑖𝑗)1≤𝑖,𝑗≤2𝑛+1où pour tout𝑖entre1et2𝑛 + 1,𝑏𝑖,2𝑛+2−𝑖= 1, tous les autres coefficients étant nuls.
III.7 III.7.a En prenant𝑛 = 1dans la question précédente, on obtient bienA1=
⎛
⎜⎜
⎝ 0 1 0 0 0 2 0 0 0
⎞
⎟⎟
⎠ etB1=
⎛
⎜⎜
⎝ 0 0 1 0 1 0 1 0 0
⎞
⎟⎟
⎠ .
Par produit matriciel,(A1)2=
⎛
⎜⎜
⎝ 0 0 2 0 0 0 0 0 0
⎞
⎟⎟
⎠
et(A1)3est la matrice nulle.
III.7.b On trouve[A1, B1] =
⎛
⎜⎜
⎝
0 1 0 2 0 −2 0 −1 0
⎞
⎟⎟
⎠
qui est de rang2.
[(A1)2, B1] =
⎛
⎜⎜
⎝
2 0 0 0 0 0 0 0 −2
⎞
⎟⎟
⎠
qui est aussi de rang2.
III.7.c Quand𝑖 = 2,𝑖 ≥ 1 + 1donc(A1)2etB1ont un vecteur propre commun alors que la condition de la questionII.6n’est pas vérifiée; celle-ci n’est donc pas nécessaire.
Quand𝑖 = 1, rg([A1, B1]) < 3maisA1etB1n’ont pas de vecteur propre commun donc la condition de la questionII.1.bn’est pas suffisante.
Partie IV – Forme normale pour un vecteur propre
IV.1 dimEλ(A) ≥ 2donc on peut considérer deux vecteurs propresXetX′formant une famille libre associés à la valeur propreλ:X = (𝑥1, ⋯ , 𝑥𝑛)etX′= (𝑥′1, ⋯ , 𝑥′𝑛).
Si𝑥1= 0alorsX ∈ 𝒩.
SI𝑥1≠ 0, on poseX″= 𝑥′1X − 𝑥1X′. AlorsX″ ∈ 𝒩(la première composante deX″est nulle),X″n’est pas nul (car(X, X′)est libre) et est dansEλ(A)doncX″est un vecteur propre deA.
Dans tous les cas,Aadmet un vecteur propre sous forme normale associé à la valeur propreλ.
IV.2 IV.2.a SoitA = (𝑎𝑖𝑗)1≤𝑖,𝑗≤𝑛tel que𝑎12= 1,𝑎21= −1, tous les autres coefficients nuls (ceci est possible car 𝑛 ≥ 2).An’est pas la matrice nulle et est antisymétrique donc𝒜𝑛(ℂ) ≠ {0}.
IV.2.b SoitM ∈ 𝒜𝑛(ℂ),M = (𝑚𝑖𝑗)1≤𝑖,𝑗≤𝑛. Pour tous𝑖et𝑗,𝑚𝑖𝑗 = −𝑚𝑗𝑖donc en particulier les coefficients diagonaux𝑚𝑖𝑖sont nuls; comme il y en a un par colonne, on en déduit que les colonnes deMsont des éléments de𝒩.
IV.2.c SoitM ∈ 𝒜𝑛(ℂ). La transposition est linéaire et(AB)⊤= B⊤A⊤donc φ(M)⊤= (AM)⊤+ (MA⊤)⊤
= M⊤A⊤+ (A⊤)⊤M⊤
= −MA⊤+ AM⊤
= −φ(M) doncφ(M) ∈ 𝒜𝑛(ℂ).
De même
ψ(M)⊤= (AMA⊤)⊤
= AM⊤A⊤
= −ψ(M)
φetψsont donc des applications de𝒜𝑛(ℂ)dans lui-même. De plus, elles sont linéaires par propriétés du produit matriciel doncφetψsont des endomorphismes de𝒜𝑛(ℂ).
IV.2.d SoitM ∈ 𝒜𝑛(ℂ).
φ ∘ ψ(M) = φ(AMA⊤)
= A(AMA⊤) + (AMA⊤)A⊤
= A2MA⊤+ AM(A⊤)2
et par ailleurs
ψ ∘ φ(M) = ψ(AM + MA⊤)
= A(AM + MA⊤)A⊤
= A2MA⊤+ AM(A⊤)2
par conséquent, pour toutM ∈ 𝒜𝑛(ℂ),φ ∘ ψ(M) = ψ ∘ φ(M)doncφ ∘ ψ = ψ ∘ φ.
IV.3 IV.3.a • X1 ∈ ℳ𝑛,1(ℂ)etX⊤2 ∈ ℳ1,𝑛(ℂ)doncX1X⊤2 ∈ ℳ𝑛(ℂ). De mêmeX2X⊤1 ∈ ℳ𝑛(ℂ)doncB ∈ ℳ𝑛(ℂ). De plus
B⊤= (X1X⊤2)⊤− (X2X⊤1)⊤
= X2X⊤1 − X1X⊤2 doncB ∈ 𝒜𝑛(ℂ).
• On supposeB = 0. AlorsX1X⊤2 = X2X⊤1. On multiplie à droite parX2pour obtenirX1(X⊤2X2) = X2(X⊤1X2).
OrX⊤2X2 etX⊤1X2 sont des scalaires et(X1, X2)est libre (vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes) donc X⊤2X2 = X⊤1X2 = 0. En posant X2 = (α1, ⋯ , α𝑛), cela nous donne
∑𝑛𝑖=1|α𝑖|2 = 0et doncX2= 0ce qui contredit le fait queX2soit un vecteur propre deA.
Par conséquentB ≠ 0.
• Pour𝑖 = 1ou𝑖 = 2,AX𝑖= λ𝑖X𝑖doncX⊤𝑖 A⊤= λ𝑖X⊤𝑖 .
AB + BA⊤= AX1X⊤2 − AX2X⊤1 + X1X⊤2A⊤− X2X⊤1A⊤
= λ1X1X⊤2 − λ2X2X⊤1 + λ2X1X⊤2 − λ1X2X⊤1
= λ1B + λ2B d’oùAB + BA⊤= (λ1+ λ2)B.
• De même
ABA⊤= (AX1)(X⊤2A⊤) − (AX2)(X⊤1A⊤)
= λ1λ2X1X⊤2 − λ2λ1X2X⊤1
d’oùABA⊤= (λ1λ2)B.
IV.3.b AetI𝑛commutent donc(A − λ1I𝑛)(A − λ2I𝑛)B = A2B − (λ1+ λ2)AB + λ1λ2B. On multiplie la relation AB + BA⊤= (λ1+ λ2)BparAà gauche :A2B + ABA⊤= (λ1+ λ2)ABdonc(A − λ1I𝑛)(A − λ2I𝑛)B =
−ABA⊤+ λ1λ2B. CommeABA⊤= (λ1λ2)B, on conclut(A − λ1I𝑛)(A − λ2I𝑛)B = 0.
IV.3.c B ≠ 0donc l’une au moins des colonnes deBest non nulle; soitCune colonne deBnon nulle.(A − λ2I𝑛)B = 0donc(A − λ2I𝑛)C = 0𝑛,1soitAC = λ2C.Cn’est pas nulle doncCest un vecteur propre de A.De plusB ∈ 𝒜𝑛(ℂ)doncC ∈ 𝒩.C, une des colonnes deB, est donc un vecteur propre deAsous forme normale.
IV.3.d (A − λ2I𝑛)B ≠ 0donc il existeXune colonne de(A − λ2I𝑛)Bnon nulle. Il existe alorsUune des colonnes deBtelle queX = (A − λ2I𝑛)U. D’après la question b.,Xest un vecteur propre deA(associé à la valeur propreλ1etλ2est une valeur propre deA,U ∈ 𝒩. FinalementXest donc un vecteur propre deAsous forme normale.
IV.4 IV.4.a φetψsont deux endomorphismes de𝒜𝑛(ℂ)tels que rg([φ, ψ]) = 0 ≤ 1donc, d’après la partie II,φet ψont un vecteur propre commun : il existeB ∈ 𝒜𝑛(ℂ)non nulle vecteur propre deφet deψ; il existe doncα ∈ ℂtel queφ(B) = αBsoitAB + BA⊤= αBet il existeβ ∈ ℂtel queABA⊤= βB.
IV.4.b On multipliela relationAB+BA⊤= (λ1+λ2)BparAà gauche :A2B+ABA⊤= αABmaisABA⊤= βB doncA2B + βB = αAB. En factorisant parB, on obtient(A2− αA + βI𝑛)B = 0.
IV.4.c Le polynômeX2− αX + βà coefficients complexes a deux racines (éventuellement confondues) donc il existe(γ, δ) ∈ ℂ2tel queX2− αX + β = (X − γ)(X − δ). AlorsA2− αA + βI𝑛= (A − αI𝑛)(A − βI𝑛) et, la relation de la question précédente devient :(A − γI𝑛)(A − δI𝑛)B = 0.
IV.4.d On suppose(A − δI𝑛)B = 0donc, siA − δI𝑛est inversible, alorsB = 0ce qui est exclu doncA − δI𝑛
n’est pas inversible etδ ∈ S𝑝(A). Une colonne non nulle deBest alors un vecteur propre deAsous forme normale.
IV.4.e Siδ = λet(A − δI𝑛)B ≠ 0.
SoitXune colonne non nulle de(A − δI𝑛)BetUla colonne deBtelle queX = (A − δI𝑛)U.U ∈ 𝒩, δ ∈ S𝑝(A)et(A − γI𝑛)X = 0𝑛,1(d’après la questionIV.4.c) doncXest un vecteur propre deAsous forme normale.
IV.4.f An’a qu’une valeur propreλetδ ≠ λdoncδn’est pas valeur propre deAet(A − δI𝑛)est inversible.
A − γI𝑛 etA − δI𝑛 commutent donc si on multiplie à gauche la relation de la questionIV.4.c par (A − δI𝑛)−1, on obtient(A − γI𝑛)B = 0.
IV.4.g On est alors revenu à la situation de la questionIV.4.det doncApossède un vecteur propre sous forme normale.
On considère une matriceA ∈ ℳ𝑛(ℂ)quelconque.
Aa au moins une valeur propre.
SiAa une seule valeur propre, d’après les questions précédentes,Apossède un vecteur propre sous forme normale.
SiAa au moins deux valeurs propres distinctes, alors d’aprèsIV.3,Apossède un vecteur propre sous forme normale.
On en conclut que, dans tous les cas, une matriceAdeℳ𝑛(ℂ)possède un vecteur propre sous forme normale.