Devoir à la maison n°09
• Le devoir devra être rédigé sur des copies doubles.
• Les copies ne devront comporter ni rature, ni renvoi, ni trace d’effaceur.
• Toute copie ne satisfaisant pas à ces exigences devra être intégralement récrite.
Problème 1
1
χM=det(XI𝑛− M) =det((XI𝑛− M)⊤) =det(XI𝑛− M⊤) = χM⊤
Comme le spectre d’une matrice est l’ensemble des racines du polynôme caractéristique, Sp(M) =Sp(M⊤).
2 Supposons queM est diagonalisable. Alors il existe une matrice diagonaleD ∈ ℳ𝑛(𝕂)etP ∈ GL𝑛(𝕂) telles que M = PDP−1. Ainsi
M⊤= (P−1)⊤D⊤P⊤= (P⊤)−1DP⊤
AinsiM⊤est diagonalisable. Par involuitivité de la transposition, la réciproque est également vraie.
Par conséquent,Mest diagonalisable si et seulement siM⊤est diagonalisable.
3 On noteL0, … , L𝑛−1les lignes des déterminants suivants.
χCQ=
||
||
||
||
||
|
X 0 ⋯ ⋯ 0 𝑎0
−1 X 0 ⋯ 0 𝑎1
0 ⋱ ⋱ ⋱ ⋮ ⋮
⋮ ⋱ ⋱ ⋱ 0 ⋮
0 ⋯ 0 −1 X 𝑎𝑛−2
0 ⋯ ⋯ 0 −1 X + 𝑎𝑛−1
||
||
||
||
||
|
=
||
||
||
||
||
|
0 0 ⋯ ⋯ 0 Q(X)
−1 X 0 ⋯ 0 𝑎1
0 ⋱ ⋱ ⋱ ⋮ ⋮
⋮ ⋱ ⋱ ⋱ 0 ⋮
0 ⋯ 0 −1 X 𝑎𝑛−2
0 ⋯ ⋯ 0 −1 X + 𝑎𝑛−1
||
||
||
||
||
|
L0← L0+
𝑛−1
∑
𝑘=1
X𝑘L𝑘
= (−1)𝑛+1Q(X)
||
||
||
||
|
−1 X 0 ⋯ 0
0 ⋱ ⋱ ⋱ ⋮
⋮ ⋱ ⋱ ⋱ 0
0 ⋯ 0 −1 X 0 ⋯ ⋯ 0 −1
||
||
||
||
|
en développant par rapport à la première ligne
= (−1)𝑛+1(−1)𝑛−1Q(X) = Q(X) car le déterminant est triangulaire
4 SoitX = (𝑥0, … , 𝑥𝑛−1)⊤ ∈Ker(C⊤Q− λI𝑛). Les coordonnées deXvérifient𝑥𝑘+1= λ𝑥𝑘 pour tout𝑘 ∈J0, 𝑛 − 2K. On en déduit que𝑥𝑘 = λ𝑘𝑥0pour tout𝑘 ∈ J0, 𝑛 − 1. En posantVλ = (1, λ, … , λ𝑛−1)⊤, on a doncX ∈vect(Vλ). Ainsi Eλ(C⊤Q) ⊂vect(Vλ). Commeλest valeur propre deC⊤Q, dimEλ(C⊤Q) ≥ 1,Eλ(C⊤Q) =vect(Vλ). AinsiVλest un vecteur directeur deEλ(C⊤Q).
5 Supposons que𝑓est cyclique. Il existe donc𝑥0∈ Etel que(𝑥0, … , 𝑓𝑛−1(𝑥0))est une base deE. Notamment, il existe (𝑎0, … , 𝑎𝑛−1) ∈ 𝕂𝑛tel que𝑓𝑛(𝑥0) = − ∑𝑛−1𝑘=0𝑎𝑘𝑓𝑘−1(𝑥0). Dans la base(𝑥0, … , 𝑓𝑛−1(𝑥0)), la matrice de𝑓estCQ.
Réciproquement, supposons que la matrice de𝑓est de la formeCQdans une base(𝑒0, … , 𝑒𝑛−1)deE. On a donc𝑓(𝑒𝑘) = 𝑒𝑘+1pour tout𝑘 ∈J0, 𝑛 − 2K. On en déduit que𝑒𝑘 = 𝑓𝑘(𝑒0)pour tout𝑘 ∈J0, 𝑛 − 1K. Ainsi(𝑒0, 𝑓(𝑒0), … , 𝑓𝑛−1(𝑒0))est une base deE. On en déduit que𝑓est cyclique.
6 Supposons que𝑓est diagonalisable. On sait que sa matrice est de la formeCQdans une base adaptée. Il suffit donc de montrer queχ𝑓= χCQ= χC⊤
Qest scindé à racines simples. Comme𝑓est diagonalisable,CQl’est aussi et doncCQ⊤l’est également d’après la question2. Soit doncλune racine deCQ⊤i.e.λ ∈Sp(Q⊤). D’après la question4, dimEλ(C⊤Q) = 1.
Mais commeC⊤Qest diagonaliable,𝑚λ(C⊤Q) =dimEλ(C⊤Q) = 1. AinsiχC⊤
Q= χ𝑓est scindé à racines simples.
Réciproquement, siχ𝑓est scindé à racines simples,𝑓est diagonalisable.
7 Supposons𝑓cyclique. Il existe donc𝑥0∈ Etel que(𝑥0, 𝑓(𝑥0), … , 𝑓𝑛−1(𝑥0))est une base deE. Soit(λ0, … , λ𝑛−1) ∈ 𝕂𝑛 tel que∑𝑛𝑘=0λ𝑘𝑓𝑘= 0. En évaluant en𝑥0et en utilisant la liberté de(𝑥0, 𝑓(𝑥0), … , 𝑓𝑛−1(𝑥0)), on obtientλ𝑘 = 0pour tout𝑘 ∈J0, 𝑛 − 1K. Ainsi(IdE, 𝑓, … , 𝑓𝑛−1)est libre.
Notons𝑑 =degπ𝑓. On sait déjà que𝑑 ≤ 𝑛carπ𝑓diviseχ𝑓. De plus,π𝑓annule𝑓donc la famille(IdE, 𝑓, … , 𝑓𝑑)est liée. On ne peut avoir𝑑 < 𝑛sinon cette famille serait une sous-famille de la famille libre(IdE, 𝑓, … , 𝑓𝑛−1)et serait donc libre. Ainsi degπ𝑓= 𝑑 = 𝑛.
8 On vérifie que{P ∈ 𝕂[X], P(𝑓)(𝑥) = 0E}est un idéal de𝕂[X]. Comme tous les idéaux de𝕂[X]sont principaux, cet idéal est engendré par un polynôme unitaireπ𝑓,𝑥. Notons𝑝 = degπ𝑓,𝑥. Par minimalité du degré deπ𝑓,𝑥, la famille (𝑥, 𝑓(𝑥), … , 𝑓𝑝−1(𝑥))est libre. De plus, en posantπ𝑓,𝑥= X𝑝+ ∑𝑝−1𝑘=0α𝑘X𝑘, on a bien𝑓𝑝(𝑥) + ∑𝑝−1𝑘=0α𝑘𝑓𝑘(𝑥) = 0E. 9 PosonsF =vect(𝑥, 𝑓(𝑥), … , 𝑓𝑝−1(𝑥)). Il est clair que𝑓(𝑓𝑘(𝑥)) = 𝑓𝑘+1(𝑥) ∈ Fpour tout𝑘 ∈J0, 𝑝 − 2Ket d’après la
question précédente, on a également𝑓(𝑓𝑝−1(𝑥)) = 𝑓𝑝(𝑥) = − ∑𝑝−1𝑘=0α𝑘𝑓𝑘(𝑥) ∈ F. Ainsi, par linéarité de𝑓, 𝑓(F) = 𝑓 (vect(𝑥, 𝑓(𝑥), … , 𝑓𝑝−1(𝑥))) =vect(𝑓(𝑥), 𝑓2(𝑥), … , 𝑓𝑝(𝑥)) ⊂ F
10 Notons𝑓Fl’endomorphisme deFinduit par𝑓. La matrice de𝑓Fdans la base vect(𝑥, 𝑓(𝑥), … , 𝑓𝑝−1(𝑥))estCπ𝑓,𝑥. On en déduit queχ𝑓F= π𝑓,𝑥d’après la question3. Or on sait queχ𝑓Fdiviseχ𝑓. Doncπ𝑓,𝑥= X𝑝+ ∑𝑝−1𝑘=0α𝑘X𝑘diviseχ𝑓. 11 D’après la question précédente, il existe Q ∈ 𝕂[X]tel que χ𝑓 = Qπ𝑓,𝑥. Ainsi χ𝑓(𝑓)(𝑥) = Q(𝑓) ∘ π𝑓,𝑥(𝑓)(𝑥) =
Q(𝑓)(0E) = 0E. Ceci est valable pour tout vecteur𝑥non nul deEet aussi pour𝑥 = 0Edoncχ𝑓(𝑓) = 0.
12 Remarquons déjà queπ𝑓= X𝑟.
Supposons que𝑓est cyclique. D’après la question7,𝑟 =degπ𝑓= 𝑛.
Supposons que𝑟 = 𝑛. Par définition de l’indice de nilpotence, il existe𝑥 ∈ Enon nul tel que𝑓𝑛−1(𝑥) ≠ 0E. Montrons que la famille(𝑥, 𝑓(𝑥), … , 𝑓𝑛−1(𝑥))est une base deE. Comme dimE = 𝑛, il suffit de montrer qu’elle est libre. Soit donc(λ0, … , λ𝑛−1) ∈ 𝕂𝑛tel que∑𝑛−1𝑘=0λ𝑘𝑓𝑘(𝑥) = 0E. Supposons que lesλ𝑘 ne soient pas tous nuls et notons𝑗 = min{𝑘 ∈ J0, 𝑛 − 1K, λ𝑘 ≠ 0}. Alors∑𝑛−1𝑘=𝑗λ𝑘𝑓𝑘(𝑥) = 0E et en appliquant𝑓𝑛−1−𝑗, on trouveλ𝑗𝑓𝑛−1(𝑥) = 0E et donc λ𝑗= 0, ce qui est contradictoire. Lesλ𝑘sont donc tous nuls. La famille(𝑥, 𝑓(𝑥), … , 𝑓𝑛−1(𝑥))est donc une base deEet 𝑓est cyclique.
La matrice de𝑓dans cette base est alorsCX𝑛.
13 (𝑓 − λ𝑘IdE)𝑚𝑘 ∈ ℂ[𝑓]. Orℂ[𝑓]est une algèbre commutative donc𝑓et(𝑓 − λ𝑘IdE)𝑚𝑘commutent. En particulier, F𝑘=Ker(𝑓 − λ𝑘IdE)𝑚𝑘est stable par𝑓.
De plus, lesλ𝑘sont distincts deux à deux donc les polynômesP𝑘= (X − λ𝑘IdE)𝑚𝑘sont premiers entre eux deux à deux.
D’après le lemme des noyaux,
Kerχ𝑓(𝑓) =
𝑝
⨁𝑘=1
Ker(𝑓 − λ𝑘IdE)𝑚𝑘 Orχ𝑓(𝑓) = 0d’après le théorème de Cayley-Hamilton donc
E =
𝑝
⨁𝑘=1
F𝑘
14 CommeF𝑘 =Ker(𝑓 − λ𝑘IdE)𝑚𝑘,φ𝑚𝑘𝑘(𝑥) = (𝑓 − λ𝑘IdE)𝑚𝑘(𝑥) = 0pour tout𝑥 ∈ F𝑘. Ainsiφ𝑚𝑘𝑘= 0etφ𝑘est nilpotent.
15 D’après le cours, l’indice de nilpotence deφ𝑘est inférieur ou égal à la dimension deF𝑘i.e.ν𝑘≤dim(F𝑘).
16 Puisque(IdE, 𝑓, … , 𝑓𝑛−1)est libre, degπ𝑓 = 𝑛. PosonsP = ∏𝑝𝑘=1(X − λ𝑘)ν𝑘ainsi queQ𝑘 = ∏𝑗≠𝑘(X − λ𝑗)ν𝑗pour 𝑘 ∈J1, 𝑝K. Soit𝑘 ∈J1, 𝑝K.
∀𝑥 ∈ F𝑘, P(𝑓)(𝑥) = Q𝑘(𝑓) ∘ (𝑓 − λ𝑘IdE)ν𝑘(𝑥) = Q𝑘(𝑓) ∘ φν𝑘𝑘(𝑥) = Q𝑘(𝑓)(0E) = 0E
CommeE = ⨁𝑝𝑘=1F𝑘,P(𝑓) = 0. Par conséquent,π𝑓divise𝑝et donc degπ𝑓 ≤ degPi.e.∑𝑛𝑘=1ν𝑘 ≥ 𝑛. De plus,
∑𝑛𝑘=1𝑚𝑘 = degχ𝑓 = 𝑛donc∑𝑝𝑘=1𝑚𝑘 − ν𝑘 = 0. Enfin, φ𝑚𝑘 = 0donc, par définition de l’indice de nilpotence ν𝑘 ≤ 𝑚𝑘. Les termes de la dernière somme sont positifs et donc nuls puisque cette somme est nulle. Ainsiν𝑘 = 𝑚𝑘 pour tout𝑘 ∈J1, 𝑝K.
17 On a également∑𝑝𝑘=1dimF𝑘 = 𝑛puisqueE = ⨁𝑝𝑘=1F𝑘. A nouveau,∑𝑝𝑘=1dim(F𝑘) − ν𝑘 = 0et les termes de cette somme sont positifs. Ainsi dim(F𝑘) = ν𝑘 = 𝑚𝑘pour tout𝑘 ∈J1, 𝑝K. D’après la question12, lesφ𝑘sont cycliques et il
existe une baseℬ𝑘deF𝑘dans laquelle la matrice deφ𝑘 est
⎛
⎜⎜
⎜⎜
⎜
⎝
0 0 ⋯ ⋯ 0
1 0 ⋮
0 ⋱ ⋱ ⋮
⋮ ⋱ ⋱ 0 0 0 ⋯ 0 1 0
⎞
⎟⎟
⎟⎟
⎟
⎠
. L’endomorphisme𝑓𝑘deF𝑘 induit par
𝑓estλ𝑘IdE+φ𝑘et sa matrice dans la baseℬ𝑘est donc
⎛
⎜⎜
⎜⎜
⎜
⎝
λ𝑘 0 ⋯ ⋯ 0
1 λ𝑘 ⋮
0 ⋱ ⋱ ⋮
⋮ ⋱ ⋱ λ𝑘 0 0 ⋯ 0 1 λ𝑘
⎞
⎟⎟
⎟⎟
⎟
⎠
. La matrice de𝑓dans la baseℬobtenue
par concaténation des baseℬ1, … , ℬ𝑝est bien de la forme voulue.
18 Posons𝑒𝑘 = 𝑢1+∑𝑘−1
𝑖=1𝑚𝑖de sorte que𝑥0 = ∑𝑝𝑘=1𝑒𝑘. On vérifie que𝑒𝑘 ∈ F𝑘par définition de la baseℬ. Faisons alors quelques remarques préliminaires.
• Pour toutQ ∈ ℂ[X],Q(𝑓)(𝑒𝑘) ∈ F𝑘carF𝑘est stable par𝑓.
• Par définition deℬ,(𝑒𝑘, φ(𝑒𝑘), … , φ𝑚𝑘𝑘−1(𝑒𝑘))est une base deF𝑘.
Q(𝑓)(𝑥0) = 0
⟺
𝑝
∑
𝑘=1
Q(𝑓𝑘)(𝑒𝑘) = 0E
⟺ ∀𝑘 ∈J1, 𝑝K, Q(𝑓)(𝑒𝑘) = 0E car lesF𝑘sont en somme directe
⟺ ∀𝑘 ∈J1, 𝑝K, ∀𝑗 ∈J0, 𝑚𝑘− 1K, Q(𝑓𝑘)(φ𝑗𝑘(𝑒𝑘)) = 0E carQ(𝑓𝑘)etφ𝑘= 𝑓𝑘− λ𝑘IdF𝑘commutent
⟺ ∀𝑘 ∈J1, 𝑝K, Q(𝑓𝑘) = 0 car(𝑒𝑘, φ(𝑒𝑘), … , φ𝑚𝑘𝑘−1(𝑒𝑘))est une base deF𝑘
⟺ ∀𝑘 ∈J1, 𝑝K, Q(φ𝑘+ λ𝑘IdF𝑘) = 0
⟺ ∀𝑘 ∈J1, 𝑝K, πφ𝑘∣ Q(X + λ𝑘)
⟺ ∀𝑘 ∈J1, 𝑝K, X𝑚𝑘∣ Q(X + λ𝑘)
⟺ ∀𝑘 ∈J1, 𝑝K, (X − λ𝑘)𝑚𝑘∣ Q
⟺
𝑝
∏
𝑘=1
(X − λ𝑘)𝑚𝑘∣ Q car lesλ𝑘sont deux à deux distincts
⟺ χ𝑓∣ Q
19 Il suffit pour cela de montrer que(𝑥0, 𝑓(𝑥0), … , 𝑓𝑛−1(𝑥0))est une base deEet donc que cette famille est libre. Soit donc(λ0, … , λ𝑛−1) ∈ ℂ𝑛tel que∑𝑛−1𝑘=0λ𝑘𝑓𝑘(𝑥0). En posantQ = ∑𝑛−1𝑘=0λ𝑘X𝑘, on a doncQ(𝑓)(𝑥0) = 0. D’après la question précédente,χ𝑓diviseQ. Or degχ𝑓 = 𝑛et degQ < 𝑛doncQ = 0puis(λ0, … , λ𝑛−1) = (0, … , 0). Ainsi (𝑥0, 𝑓(𝑥0), … , 𝑓𝑛−1(𝑥0))est bien libre et c’est une base deE.𝑓est bien cyclique.
20 C(𝑓)est le noyau de l’endomorphisme𝑔 ∈ ℒ(E) ↦ 𝑓 ∘ 𝑔 − 𝑔 ∘ 𝑓donc c’est un sous-espace vectoriel deℒ(E).C(𝑓) contient évidemment IdEet on montre aisément qu’il est stable par∘. C’est donc une sous-algèbre deℒ(E).
21 Question triviale : il suffit de dire que(𝑥0, 𝑓(𝑥0), … , 𝑓𝑛−1(𝑥0))est une base deE.
22 PosonsP = ∑𝑛−1𝑘=0λ𝑘X𝑘. La question précédente montre que𝑔(𝑥0) = P(𝑓)(𝑥0). Comme𝑔commute avec𝑓, on montre par récurrence que𝑔commute avec𝑓𝑘pour tout𝑘 ∈ ℕ. Notamment, pour tout𝑘 ∈J0, 𝑛 − 1K,
𝑔(𝑓𝑘(𝑥0)) = 𝑓𝑘(𝑔(𝑥0)) = 𝑓𝑘∘ P(𝑓)(𝑥0) = P(𝑓) ∘ 𝑓𝑘(𝑥0) = P(𝑓)(𝑓𝑘(𝑥0))
Les endomorphismes𝑔estP(𝑓)coïncident sur la base(𝑥0, 𝑓(𝑥0), … , 𝑓𝑛−1(𝑥0))deEdonc ils sont égaux. Ainsi𝑔 = P(𝑓) ∈ 𝕂[𝑓].
23 Soit𝑔 ∈ C(𝑓). En reprenant la question précédente, il existe bienR ∈ 𝕂𝑛−1[X]tel que𝑔 = R(𝑓). Réciproquement, s’il existeR ∈ 𝕂𝑛−1[X]tel que𝑔 = R(𝑓),𝑓commute avec𝑔car l’algèbre𝕂[𝑓]est commutative.
24 On raisonne par l’absurde. Supposons qu’aucun desF𝑖ne contienne tous les autres. Alors pour tout𝑖 ∈J1, 𝑟K, il existe 𝑥𝑖∈ F𝑖tel que𝑥𝑖∉ ⋃𝑗≠𝑖F𝑗.
25 On vérifie que pour tout𝑥 ∈ E,I𝑥est bien un idéal de𝕂[X]. Il est donc engendré par un unique polynôme unitaire π𝑓,𝑥. De plus, en notantI = π𝑓𝕂[X]l’idéal annulateur de𝑓, on a clairementI ⊂ I𝑥et doncπ𝑓,𝑥diviseπ𝑓. Remar- quons que l’ensemble des diviseurs unitaires deπ𝑓 est fini. Il existe donc𝑥1, … , 𝑥𝑟dans Etel que{π𝑓,𝑥, 𝑥 ∈ E} = {π𝑓,𝑥1, … , π𝑓,𝑥𝑟}. De manière évidente, pour tout𝑥 ∈ E,𝑥 ∈Kerπ𝑓,𝑥(𝑓). Alors
E = ⨆
𝑥∈E
Kerπ𝑓,𝑥(𝑓) =
𝑟
⨆𝑖=1
Kerπ𝑓,𝑥𝑖(𝑓)
D’après la question précédente, E est égal à l’un des noyaux. Sans perte de généralité, on peut supposer que E = Kerπ𝑓,𝑥1(𝑓). Ainsiπ𝑓,𝑥1est un polynôme annulateur de𝑓de sorte queπ𝑓diviseπ𝑓,𝑥1. Mais on a déjà vu queπ𝑓,𝑥1 divisaitπ𝑓doncπ𝑓 = π𝑓,𝑥1. Notamment degπ𝑓,𝑥1= 𝑑. Soit alors(λ0, … , λ𝑑−1) ∈ 𝕂𝑑tel que∑𝑑−1𝑘=0λ𝑘𝑓𝑘(𝑥1) = 0E. AlorsP = ∑𝑑−1𝑘=0λ𝑘X𝑘 ∈ I𝑥1doncπ𝑓,𝑥1diviseP. Mais degπ𝑓,𝑥1= 𝑑et degP < 𝑑doncP = 0puis(λ0, … , λ𝑑−1) = (0, … , 0). La famille(𝑥1, 𝑓(𝑥1), … , 𝑓𝑑−1(𝑥1))est bien libre.
26 Pour tout𝑘 ∈ J1, 𝑑 − 1K,𝑓(𝑒𝑘) = 𝑒𝑘+1 ∈ E1. De plus, comme degπ𝑓 = 𝑑,𝑓𝑑 ∈ vect(IdE, 𝑓, … , 𝑓𝑑−1) et donc 𝑓(𝑒𝑑) = 𝑓𝑑(𝑥1) ∈vect(𝑥1, 𝑓(𝑥1), … , 𝑓𝑑−1(𝑥1)) = E1. On en déduit queE1est stable par𝑓.
Comme degπ𝑓= 𝑑,𝕂[𝑓] = 𝕂𝑑−1[𝑓]. Ainsi
{P(𝑓)(𝑥1), P ∈ 𝕂[X]} = {𝑢(𝑥1), 𝑢 ∈ 𝕂[𝑓]}
= {𝑢(𝑥1), 𝑢 ∈ 𝕂𝑑−1[𝑓]}
= {P(𝑓)(𝑥1), P ∈ 𝕂𝑑−1[X]}
=vect(𝑥1, 𝑓(𝑥1), … , 𝑓𝑑−1(𝑥1)) = E1
27 Une base deE1est(𝑥1, 𝑓(𝑥1), … , 𝑓𝑑−1(𝑥1)) = (𝑥1, ψ1(𝑥1), … , ψ𝑑−11 (𝑥1))doncψ1est cyclique.
28 Soit𝑥 ∈ F. Pour tout𝑖 ∈ ℕ,Φ(𝑓𝑖(𝑓(𝑥))) = Φ(𝑓𝑖+1(𝑥)) = 0donc𝑓(𝑥) ∈ F. AinsiFest stable par𝑓.
Soit𝑥 ∈ E1∩ F. Comme𝑥 ∈ E1, il existe(λ1, … , λ𝑑) ∈ 𝕂𝑑tel que𝑥 = ∑𝑑𝑘=1λ𝑘𝑒𝑘. Comme𝑥 ∈ F,λ𝑑 = 0. Puis en appliquant successivement𝑓,𝑓2, …,𝑓𝑑−1à l’égalité précédente, on obtientλ𝑑−1 = 0,λ𝑑−2 = 0, …,λ1 = 0(rédiger une récurrence). Ainsi𝑥 = 0EpuisE1∩ F = {0E}.
29 On va montrer que KerΨ = F. L’inclusionF ⊂KerΨest évidente. Comme degπ𝑓= 𝑑,𝕂[𝑓] = 𝕂𝑑−1[𝑓]. On en déduit que KerΨ ⊂ F. AinsiE1est un supplémentaire de KerΨdansE. On en déduit queΨinduit un isomorphisme deE1sur ImΨ. Mais comme dimE1=dim𝕂𝑑= 𝑑, ImΨ = 𝕂𝑑. Finalement,Ψinduit un isomorphisme deE1sur𝕂𝑑.
30 D’après le théorème du rang, dimF = dim KerΨ = dimE −rgΨ = 𝑛 − 𝑑. Ainsi dimF +dimE1 = 𝑛. Comme E1∩ F = {0E},E = E1⊕ F.
31
32 Notons𝑓1, … , 𝑓𝑟les endomorphismes deE1, … , E𝑟induits par𝑓. L’application qui à(𝑔1, … , 𝑔𝑟) ∈ ∏𝑟𝑖=1C(𝑓𝑖)associe l’unique𝑔 ∈ ℒ(E)tel que𝑔|E𝑖= 𝑔𝑖est bien définie, linéaire, injective et à valeurs dansC(𝑓).
Ainsi dimC(𝑓) ≥ ∑𝑟𝑖=1dimC(𝑓𝑖). Mais comme les𝑓𝑖 sont cycliques, dimC(𝑓𝑖) = dimE𝑖. Finalement, dimC(𝑓) ≥
∑𝑟𝑖=1dimE𝑖=dimE = 𝑛.
33 Si on note𝑑 =degπ𝑓. Alors𝑑 =dim𝕂[𝑓] =dimC(𝑓) ≥ 𝑛. Mais𝑑 ≤ 𝑛donc𝑑 = 𝑛. Notamment,(IdE, 𝑓, … , 𝑓𝑛−1) est libre. On en déduit d’après la partie II.B que𝑓est cyclique.
34 PosonsR(θ) = (cosθ −sinθ
sinθ cosθ )pourθ ∈ ℝ.
D’après le théorème de réduction des isométries vectorielles, il existe une base orthonormaleℬdeEdans laquelle la matrice de𝑓est diagonale par blocs, avec pour blocs diagonauxI𝑝,−I𝑞et𝑟blocs diagonauxR(θ𝑖)(θ𝑖 ∈]0, π[). On a alorsχ𝑓= (X − 1)𝑝(X + 1)𝑞∏𝑟𝑖=1(X − 2Xcosθ𝑖+ 1).
De la même manière, il existe une baseℬ′deEdans laquelle la matrice de𝑓est diagonale par blocs, avec pour blocs diagonauxI𝑝′,−I𝑞′et𝑟′blocs diagonauxR(θ′𝑖)(θ′𝑖 ∈]0, π[). On a alorsχ𝑓= (X−1)𝑝′(X+1)𝑞′∏𝑟𝑖=1′ (X−2Xcosθ′𝑖+1).
Commeχ𝑓 = χ𝑓′, l’unicité de la décomposition en facteurs irréductibles deℝ[X]nous apprend que𝑝 = 𝑝′,𝑞 = 𝑞′, 𝑟 = 𝑟′et, quitte à réordonner lesθ′𝑖 (i.e. réordonner les vecteurs de la baseℬ′), cosθ𝑖 = cosθ′𝑖 i.e.θ𝑖 = θ′𝑖 (puisque θ𝑖, θ′𝑖∈]0, π[). Ainsi𝑓et𝑓’ ont la même matrice dans les bases respectivesℬetℬ′.
35 Supposons que𝑓est orthocyclique. Il existe donc une base orthonormaleℬdeEdans laquelle la matrice de𝑓est de la formeCQ. Mais comme𝑓 ∈ 𝒪(E)etℬest orthonormale,CQest orthogonale. PosonsQ = X𝑛+ ∑𝑛−1𝑘=0𝑎𝑘X𝑘. La dernière colonne deCQest orthogonale aux précédentes, ce qui donne𝑎1= 𝑎2= ⋯ = 𝑎𝑛−1= 0. La dernière colonne deCQest unitaire, ce qui donne∑𝑛−1𝑘=0𝑎2𝑘= 1i.e.𝑎20= 1i.e.𝑎0= ±1. On en déduit queχ𝑓= Q = X𝑛+ 𝑎0= X𝑛± 1.
Réciproquement supposons queχ𝑓 = X𝑛± 1. Soitℬ0 une base orthonormale deE. Soit𝑓′ ∈ ℒ(E)dont la matrice dans cette base estCQavecQ = X𝑛± 1. On vérifie queCQest bien orthogonale : la famille des colonnes deCQest bien orthonormale. Commeℬ0est une base orthonormale,𝑓′ ∈ O(E). Par ailleurs,χ𝑓′ = X𝑛± 1 = χ𝑓. D’après la question précédente, il existe des bases orthonormalesℬetℬ′deEdans lesquelles𝑓et𝑓′ont même matrice. Notons A = matℬ′(𝑓′) = matℬ(𝑓). Commeℬetℬ′sont deux bases orthormées, la formule de changement de base donne l’existence deP ∈ O𝑛(ℝ)telle que A = P⊤CQP. Par conséquent, matℬ(𝑓) = P⊤CQP. En notantℬ1 la famille de vecteurs deEdont la matrice dans la baseℬestP⊤. CommeP⊤est orthogonale,ℬ1est une base orthonormale et, par formule de changement de base, matℬ1(𝑓) = CQ. Ceci prouve que𝑓est orthocyclique.
36 Comme𝑓est nilpotent, il existe une base(𝑒1, … , 𝑒𝑛)deEdans laquelle𝑓est triangulaire supérieure stricte. En notantF𝑖= vect(𝑒1, … , 𝑒𝑖), on a donc𝑓(F𝑖) ⊂ F𝑖−1pour tout𝑖 ∈J1, 𝑛K(on peut convenir queF0= {0}). On applique l’algorithme de Gram-Schmidt à cette base(𝑒1, … , 𝑒𝑛)et on obtient une base orthonormale(𝑢1, … , 𝑢𝑛)deEtelle que vect(𝑢1, … , 𝑢𝑖) = vect(𝑒1, … , 𝑒𝑖) = F𝑖pour tout𝑖 ∈J1, 𝑛K. Ainsi𝑓(𝑢𝑖) ∈ 𝑓(F𝑖) ⊂ F𝑖−1=vect(𝑢1, … , 𝑢𝑖−1)pour tout𝑖 ∈J1, 𝑛K. La matrice de𝑓dans la base(𝑢𝑛, … , 𝑢1)est donc encore triangulaire inférieure stricte.
37 Supposons que𝑓est orthocyclique. Il existe donc une base orthonormale(𝑒1, … , 𝑒𝑛)deEdans laquelle la matrice de𝑓 est de la formeCQ. Comme𝑓est nilpotent,χ𝑓= X𝑛= Q. La dernièr colonne deCQest donc nulle de sorte que rg𝑓 = rgCQ = 𝑛 − 1. Par ailleurs, Ker𝑓 = vect(𝑒𝑛)et comme(𝑒1, … , 𝑒𝑛)est orthonormale,(Ker𝑓)⟂ =vect(𝑒1, … , 𝑒𝑛−1).
Ainsi(𝑒1, … , 𝑒𝑛−1)est une base orthonormée de𝑓. Soit(𝑥, 𝑦) ∈ ((Ker𝑓)⟂)2. Alors
𝑥 =
𝑛−1
∑
𝑖=1
⟨𝑥, 𝑒𝑖⟩𝑒𝑖 𝑦 =
𝑛−1
∑
𝑖=1
⟨𝑦, 𝑒𝑖⟩𝑒𝑖 puis
𝑓(𝑥) =
𝑛−1
∑
𝑖=1
⟨𝑥, 𝑒𝑖⟩𝑓(𝑒𝑖) =
𝑛−1
∑
𝑖=1
⟨𝑥, 𝑒𝑖⟩𝑒𝑖+1 𝑓(𝑦) =
𝑛−1
∑
𝑖=1
⟨𝑦, 𝑒𝑖⟩𝑓(𝑒𝑖) =
𝑛−1
∑
𝑖=1
⟨𝑦, 𝑒𝑖⟩𝑒𝑖+1
Comme(𝑒1, … , 𝑒𝑛−1)et(𝑒2, … , 𝑒𝑛)sont toutes deux orthonormées
⟨𝑥, 𝑦⟩ =
𝑛−1
∑
𝑖=1
⟨𝑥, 𝑒𝑖⟩⟨𝑦, 𝑒𝑖⟩ = ⟨𝑓(𝑥), 𝑓(𝑦)⟩
Inversement, supposons que𝑓est de rang𝑛 − 1et que∀(𝑥, 𝑦) ∈ ((Ker𝑓)⟂)2, ⟨𝑥, 𝑦⟩ = ⟨𝑓(𝑥), 𝑓(𝑦)⟩. D’après la question précédente, il existe une base orthonormale(𝑒1, … , 𝑒𝑛)deEdans laquelle la matrice de𝑓est triangulaire inférieure stricte. On a notamment𝑓(𝑒𝑛) = 0Eet comme rg(𝑓) = 𝑛 − 1, Ker𝑓 =vect(𝑒𝑛)en vertu du théorème du rang. Comme (𝑒1, … , 𝑒𝑛)est orthonormale,(Ker𝑓)⟂ =vect(𝑒1, … , 𝑒𝑛−1).