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Corrigé de la série 26

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Texte intégral

(1)

EPFL

Algèbre linéaire 1ère année 2009-2010

Corrigé de la série 26

Exercice 1. On a calculé les valeurs propres de ces opérateurs dans l’exercice 1 de la série 19.

1. On remarque queT2(w, z) =T(z,0) = (0,0)pour tout(w, z)∈C2, et donc que tout(w, z)∈C2 est un vecteur propre généralisé associé à la valeur propre 0. Le polynôme caractéristique est donc cT =X2.

2. Les valeurs propres sont i et −i. Pour la valeur i, (T −i·IdC2)2(w, z) = (T −i·IdC2)(−z− iw, w−iz) = (−2w+ 2iz,−2z−2iw) = (0,0)si et seulement siw=iz. Donc les vecteurs propres généralisés pour la valeur propreisont

ker(T−i·IdC2)2 ={(iz, z)|z∈C}.

De la même manière, les vecteurs propres généralisés pour la valeur propre−isont

ker(T +i·IdC2)2 ={(w, iw)|w∈C}.

Le polynôme caractéristique est donccT = (X−i)(X+i) =X2+ 1.

3. La seule valeur propre deT est 5. On calcule(T−5·IdC2)2(w, z) = (T−5·IdC2)[(5w+z,5z)− (5w,5z)] = (T−5·IdC2)(z,0) = (0,0). Doncker(T−5·IdC2)2 =C2. Le polynôme caractéristique est donccT = (X−5)2.

Exercice 2. En utilisant la méthode donnée dans l’exercice 3 de la série 19, on trouve Spec(T) = {0,−i, i}.

On peut donc calculer les espaces propres généralisés. Pour λ = 0, on a T2(w, x, y, z) = (−w+ y,−x+y,0,0), T4(w, x, y, z) = T2(T2(w, x, y, z)) = (w−y, x−y,0,0). On obtient U0 = ker(T − 0·IdC4)4 = kerT4 = {(w, x, y, z)|w = x = y} = span((1,1,1,0),(0,0,0,1)). On remarque que la multiplicité deλ= 0 est2 car((1,1,1,0),(0,0,0,1))est une base deU0.

Pour λ = i et λ = −i, on a forcément que les multiplicités sont 1 (car 4 = m0 +mi +m−i, m0 = 2 et mi, m−i ≥1). Pour ces valeurs propres, un vecteur propre généralisé est donc un vecteur propre tout court. Pour λ=i, on trouve a ker(T −iIdC2) = span((1 +i,1,0,0)). Pour λ=−i, on a ker(T +iIdC2) = span((1−i,1,0,0)).

Donc la base de vecteurs propres généralisés est

B= (1,1,1,0),(0,0,0,1),(1 +i,1,0,0),(1−i,1,0,0) .

On remarque que (1,1,1,0) est une base de kerT, et les derniers deux vecteurs sont des vecteurs propres. Il reste donc à calculer[T(0,0,0,1)]B= [(1,1,1,0)]B= (1,0,0,0). Donc

[T]B=

0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 i 0 0 0 0 −i

Noter qu’on a trouvé une base de C4 telle que la matrice de T par rapport à cette base soit en forme de Jordan. On obtient aussicT =X2(X−i)(X+i) =X2(X2+ 1) =X4+X2.

1

(2)

Exercice 3. 1. Soient V =F2, T(x, y) = (y,0). Alors kerT ={(x,0)|x ∈F} et imT ={(y,0)| y∈F}. On trouve donckerT = imT de dimension 1. En particulier,kerT+ imT ( F2, et donc F2 6= kerT ⊕imT.

2. Tout d’abord, on montre que kerTn∩imTn = 0. Supposons que v ∈ kerTn∩imTn. Puisque v ∈ imTn, il existe w ∈ V tel que v = Tnw. Puisque v ∈ kerTn, T2nw = Tnv = 0. Alors w ∈ kerT2n. Mais n = dimV, alors kerT2n = kerTn. Donc w ∈ kerTn, d’où il s’ensuit que v=Tnw= 0. Par conséquent,kerTn∩imTn= 0. DonckerTn+ imTn= kerTn⊕imTn. Or,dim(kerTn⊕imTn) = dim(kerTn) + dim(imTn)cardim(kerTn∩imTn) = 0. Mais comme dim(kerTn) + dim(imTn) = dimV, on obtientdim(kerTn⊕imTn) = dimV. PuisquekerTn⊕ imTn est un sous-espace de V de la même dimension que V, on conclut que les deux espaces sont égaux.

Exercice 4. 1. D’après le théorème du rang, T est inversible si et seulement si ker(T) ={0}. On montre donc

ker(T) ={0} ⇔ a0 6= 0.

Soientλ1, . . . , λr les valeurs propres distinctes de T. Le polynôme caractéristique de T est

(z−λ1)m1· · ·(z−λr)mr

oumi est la multiplicité de la valeur propre λi. Par conséquent a0 =±λm11· · ·λmrr. Donca06= 0 si et seulement siλi 6= 0 pouri= 1, . . . , r, c’est-à-dire a0 6= 0 si et seulement si0 n’est pas une valeur propre deT.

Mais, par définition des valeurs propres,0 est une valeur propre deT si et seulement si le noyau de T est non-nul :

06∈Spec(T) ⇐⇒ ker(T) ={0}.

2. Par le théorème de Cayley-Hamilton, si p est le polynôme caractéristique de T, alorsp(T) = 0.

Si on écrit p(x) =a0+a1x+· · ·+anxn, on obtient

a0In+a1T+· · ·+anTn= 0.

MaisT est inversible, donca0 6= 0, et par conséquent,

In=T

−1 a0

a1In+a2T +· · ·+anTn−1

=

− 1 a0

a1In+a2T+· · ·+anTn−1

T.

Par conséquent,T−1 =q(T), où

q(x) =−1 a0

a1+a2x+· · ·+anxn−1 .

Exercice 5. 1. On montre que la suite est une suite de Cauchy. On a pour tout m, n ∈ N avec m≤n

n

X

i=0

Ai i!

m

X

i=0

Ai i!

n

X

i=m+1

Ai i!

n

X

i=m+1

kAki i! . Comme la sérieP

i=0 kAki

i! = exp(kAk) est convergente, on en déduit que la suite est de Cauchy, et donc convergente.

2. On calculeexp(0n) =P i=0

(0n)i

i! = (00!n)0 +P i=1

(0n)i

i! = I1n +P

i=10n=In, et

exp(D) =

X

i=0

Di i! =

X

i=0

1

i!diag(di1, . . . , din) = diag

X

i=0

1

i!di1, . . . ,

X

i=0

1 i!din

!

= diag

ed1, . . . , edn .

2

(3)

3. On pose v(t) = exp(tA)v0. La suite(An(t))n∈Navec

An(t) :=

n

X

i=0

d dt

tiAi i! =

n

X

i=1

iti−1Ai i! =A·

n

X

i=1

ti−1Ai−1 (i−1)! =A·

n−1

X

i=0

tiAi i!

est convergente et converge de manière absolue versA·exp(tA). On a donc

X

i=0

d dt

tiAi i! = d

dt

X

i=0

tiAi i!

!

et on peut calculer

v0(t) = d dt

X

i=0

tiAi i!

! v0

!

= d dt

X

i=0

tiAi i!

! v0=

X

i=0

d dt

tiAi i!

!

v0 =A·exp(tA)v0 =A(v(t))

et

v(0) = exp(0·A)(v0) =In·v0=v0. 4. On montre par récurrence que pour touti∈N:

(B−1AB)i =B−1AiB.

On a (B−1AB)0 = In. Comme A0 = In, on a B−1A0B = B−1InB = B−1B = In, et donc (B−1AB)0 =B−1A0B. On admet que l’égalité est vraie pour i∈N et on calcule

(B−1AB)i+1= (B−1AB)i·(B−1AB) =B−1AiB·B−1AB=B−1AiInAB=B−1Ai+1B, ce qui finit la preuve. On obtient donc

exp(B−1AB) =

X

i=0

(B−1AB)i

i! =

X

i=0

B−1Ai

i!B =B−1

X

i=0

Ai i!

!

B =B−1exp(A)B.

Noter qu’on a le droit d’écrire la troisième égalité car comme on sait que la sérieP

i=0B−1Ai!iB est bien définie, on sait que les sommes partielles Pn

i=0B−1Ai!iB convergent vers exp(B−1AB).

Mais pour toutn∈N, on aPn

i=0B−1Ai!iB =B−1 Pn

i=0 Ai i!

B et donc l’égalité est prouvée.

5. La solution cherchée est

x(t) = exp(tC)x(0) =D−1exp

t 1 0

0 2

Dx(0)

=

−1 −2

1 1

X

i=0

ti i!

1i 0 0 2i

!

1 2

−1 −1

x(0)

=

−1 −2

1 1

et 0 0 e2t

1 2

−1 −1 a0 b0

=

−et −2e2t et e2t

1 2

−1 −1 a0

b0

=

−et+ 2e2t −2et+ 2e2t et−e2t 2et−e2t

a0 b0

=

−(a0+ 2b0)et+ 2(a0+b0)e2t (a0+ 2b0)et−(a0+b0)e2t

.

3

(4)

Exercice 6. 1. La matriceB est le changement de base

[IdF3]Bcan,B=B=

1 1 1

−3 0 0

−2 0 1

,

son inverse est

B−1 =

0 −1/3 0

1 1 −1

0 −2/3 1

.

Soitw(t) =B−1v(t). On a alors

w0(t) =B−1v0(t) =B−1Av(t) =B−1ABw(t) =J w(t)

pour tout t∈R, etw(0) =B−1v(0) = (−1/3b0, a0+b0−c0,−2/3b0+c0).

2. On a

 w10(t) w20(t) w30(t)

=

0 1 0 0 0 0 0 0 0

·

 w1(t) w2(t) w3(t)

⇔

 w10(t) w20(t) w30(t)

=

 w2(t)

0 0

.

On obtientw2(t) =w2(0) =a0+b0−c0,w3(t) =w3(0) =−2/3b0+c0, etw1(t) =t·w2(0)+w1(0) = (a0+b0−c0)t−1/3b0.

3. On obtient donc

v(t) =Bw(t) =

1 1 1

−3 0 0

−2 0 1

(a0+b0−c0)t−1/3b0 a0+b0−c0

−2/3b0+c0

=

(a0+b0−c0)t+a0

−3(a0+b0−c0)t+b0

−2(a0+b0−c0)t+c0

.

Noter que d’après l’exercice précédent, on peut aussi résoudre ce système de la façon suivante.

On a

v(t) = exp(tA)v0

et

exp(tA)v0 =Bexp(tJ)B−1v0=B

Id +tJ+1

2t2·0 +1

6t3·0 +...

B−1v0

=

1 1 1

−3 0 0

−2 0 1

1 t 0 0 1 0 0 0 1

0 −1/3 0

1 1 −1

0 −2/3 1

v0

=

1 1 1

−3 0 0

−2 0 1

t −1/3 +t −t

1 1 −1

0 −2/3 1

v0

=

t+ 1 t −t

−3t 1−3t 3t

−2t −2t 2t+ 1

 a0 b0

c0

=

(a0+b0−c0)t+a0

−3(a0+b0−c0)t+b0

−2(a0+b0−c0)t+c0

.

On retrouve bien le même résultat.

4

Références

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Le seul but de ce paragraphe est de démontrer que les modules M^ coïncident avec ceux introduits dans [Be], § 3 (notre « paramètre œ » est la projection dans G/B du « paramètre œ

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