Problème 1
Corrigé de euclid3 à compléter
I. Parties symétriques et antisymétriques.
1. a. En notant E
ijla matrice élémentaire nulle sauf un 1 en position i, j . Une base de S est formée par les E
i,j+ E
j,iavec i < j et les E
iisoit
n22−n+ n =
n(n+1)2matrices.
dim S = n(n + 1)
2 .
Une base de A est formée par les E
i,j− E
j,iavec i < j soit
n(n−1)2matrices.
dim A = n(n − 1)
2 .
b. Remarquons que dim A+dim A = N
2= dim m . On en déduit que dim A = dim S
⊥et dim A
⊥= dim S . De plus,
∀(S, A) ∈ S × A, (A/S) = tr(
tAS) = − tr(A
tS) = − tr(
tSA) = −(S/A)
⇒ (S/A) = 0.
On en déduit A ⊂ S
⊥et S ⊂ A
⊥ce qui permet de conclure.
c. Comme M
s∈ S , M
a∈ A et M = M
s+ M
a, la projection orthogonale de M sur A est M
aet la projection orthogonale de M sur S est M
s.
2. Utilisons la décomposition précédente M = M
s+ M
at
M = M
s− M
a)
⇒ (
tM M = (M
s)
2− (M
a)
2+ M
sM
a− M
aM
sM
tM = (M
s)
2− (M
a)
2− M
sM
a+ M
aM
sOn en déduit que
t
M M = M
tM ⇔ 2 (M
sM
a− M
aM
s) = 0 ⇔ M
sM
a= M
aM
s. 3. a. Immédiat avec les propriétés de la transposition.
t
(M S
tM ) = M
tS
tM = M S
tM ⇒ M S
tM ∈ S . Démonstration analogue pour A avec
tA = −A .
b. En décomposant M
−1, on peut former une nouvelle décomposition de M et ex- ploiter l'unicité.
M
−1= (M
−1)
s+ (M
−1)
a⇒ M M
−1tM
| {z }
=tM
= M (M
−1)
s tM
| {z }
∈S
+ M (M
−1)
a tM
| {z }
∈A
⇒
( (
tM )
s= M (M
−1)
stM (
tM )
a= M (M
−1)
a tM . On en déduit les formules demandées car (
tM )
s= M
set (
tM )
a= −M
a.
c. On prend le déterminant de la première des deux expressions en utilisant det
tM = det M .
II. Sous-espaces stables.
1. Question de cours.
2. a. Formule de changement de base pour un endomorphisme lorsque les deux bases sont orthonormales.
M
0=
tP M P.
b. La coordonnée selon C
ide M C
jest
tC
iM C
j. On en déduit que la matrice de la restriction est
R =
tQM Q.
Bien noter que Q ∈ M
n,r( R ) n'est pas une matrice carrée.
On en déduit comme en I.3.a que M symétrique entraine R symétrique et M antisymétrique entraine R antisymétrique.
3. a. D'après II.2.a.
t
M
0M
0=
tP
tM (P
tP)M P M
0tM
0=
tP M (P
tP)
tM P
Comme P est orthogonale, P
tP =
tP P = I et on peut exploiter
tM M = M
tM pour conclure que M
0est normale.
b. La matrice M
3est formée par les
tC
iM C
j= (C
i/M C
j) avec i > r et j ≤ r . Ces
coecients sont nuls car comme la famille est orthonormale C
j∈ U
⊥et C
j∈ U
donc AC
j∈ U car U est stable par µ
M.
Pour montrer que M
2est nulle, exploitons que M
0est normale. Écrivons l'égalité des blocs en haut à gauche de
tM
0M
0et M
0tM
0.
t
M
0=
tM
10
t
M
2 tM
4⇒
tM
1M
1= M
1tM
1+ M
2tM
2En prenant la trace, les M
1disparaissent et on obtient tr(M
2tM
2) = 0 . Or cette trace est la somme des carrés des coecients de M
3qui sont donc tous nuls.
Les coecients de M
2sont nuls donc 0 = (C
i/AC
j) pour i ≤ r ( C
i∈ U ) et j > r ( C
j∈ U
⊥. On en déduit que U
⊥est stable par µ
M.
Comme la matrice M
0est diagonale par blocs, M
0normale entraine que les blocs diagonaux M
1et M
4sont normaux.
4. a. Soit A antisymétrique inversible de taille m × m . Alors det A = det
tA = det(−A) = (−1)
mdet A . Comme det A 6= 0 , on en déduit (−1)
m= 1 donc m pair.
b. Le produit matriciel
tXAX est une matricette 1 × 1 (considérée comme un réel) donc symétrique.
t
XAX =
t(
tXAX) =
tX
tAX = −
tXAX ⇒
tXAX = 0.
c. D'après le théorème du rang et la dimension de l'orthogonal d'un sous-espace, dim(Im A) = dim((ker A)
⊥) . D'autre part,
∀(X, Y ) ∈ ker A × Im A, ∃Z ∈ C tq Y = AC d'où
(X/Y ) =
tXAZ =
t(
tAX)Z = (
tAX/Z ) = −(AX
|{z}
=0
/Z) = 0.
On en déduit l'inclusion ker A ⊂ (Im A)
⊥qui donne l'égalité des sous-espaces avec l'égalité des dimensions.
Le sous-espace Im A est évidemment stable par µ
A. Comme il est supplémentaire du noyau, la restriction de µ
Aà ce sous-espace est un isomorphisme. D'après la question 2., la matrice de cette restriction dans une base orthonormée est antisymétrique. La question 4.a. montre alors que la dimension de Im A c'est à dire le rang de A est pair.
III. Sous-espaces irréductibles.
1. a. On va démontrer la contraposée. Soit Z une colonne propre complexe (donc non nulle, X sa partie réelle, Y sa partie imaginaire) de valeur propre λ ∈ C. On se
propose de montrer que (X, Y ) liée entraine λ ∈ R.
Si (X, Y ) est liée, il existe une colonne réelle C non nulle et des réels x et y (avec x 6= 0 ou y 6= 0 ) telle que X = xC et Y = yC . Alors, en notant z = x + iy 6= 0 ,
M Z = λZ ⇒ zM C = λzC ⇒ M C = λC ⇒ λ ∈ R car tous les coecients de M et de C sont réels.
b. Notons a = Re(Z), b = Im(z) et identions les parties réelles et imaginaires des matrices colonnes complexes
M (X + iY ) = (a + ib)(X + iY ) ⇔
( M X = aX − bY M Y = bX + aY On en déduit que U = Vect(X, Y ) est stable par µ
Mavec la matrice
Mat
(X,Y)µ
M|
U=
a b
−b a
.
2. a. Soit λ ∈ Sp
C(S) et Z la colonne propre (complexe) associée. Considérons la matricette complexe
tZSZ donc symétrique et son conjugué.
(
tZSZ) = ZS
tZ =
t(ZS
tZ) =
tZSZ ⇒
tZSZ ∈ R . D'autre part
t
ZSZ = λ |z
1|
2+ · · · + |z
n|
2∈ R ⇒ λ ∈ R .
b. Le raisonnement est analogue. Comme A est antisymétrique
tZAZ est l'opposée de son conjugué donc imaginaire pur :
t
ZAZ = λ |z
1|
2+ · · · + |z
n|
2∈ i R ⇒ λ ∈ i R .
3. a. Soit λ ∈ Sp
R(P ) et X une colonne propre associée (donc non nulle). Comme P conserve la norme
kX k
2= kP X k
2= λ
2kXk
2⇒ λ
2= 1 ⇒ λ = ±1.
b. Soit λ une valeur propre complexe non réelle et Z une colonne propre complexe associée. Considérons
tP ZP Z
t
P ZP Z = |λ|
2(|z
1|
2+ · · · + |z
n|
2)
t
P ZP Z =
tZ
tP P Z =
tZZ = (|z
1|
2+ · · · + |z
n|
2) )
⇒ |λ| = 1.
c. Remarquons d'abord que les vecteurs de ker(P − I) et ceux de ker(P + I) sont ortogonaux. En eet
∀(X, Y ) ∈ ker(P − I) × ker(P + I),
(X/Y ) = (P X/ − P Y ) = −(P X/P Y ) = −(X/Y ).
Par dénition de la partie antisymétrique,
X ∈ ker A ⇔ (P −
tP )X =⇔ (P
2− I)X = 0
car P est inversible. On en déduit ker(P −I) et ker(P + I) inclus dans ker A d'où ker(P − I) ⊕ ker(P + I) ⊂ ker A.
D'autre part,
∀X ∈ ker A, X = 1
2 (P + I)X
| {z }
∈ker(P−I)
− 1
2 (P + I)X
| {z }
∈ker(P−I)
car 0 = (P − I)(P + I)X = (P + I)(P − I)X .
Problème 2
I. Exemples
1. Comme
p
n= 2 1 · 3
2 · · · n + 1
n = n + 1 le produit inni diverge vers +∞ .
2. La clé est la relation sin(2x) = 2 sin(x) cos(x) .
cos a 2
psin a
2
p= 1 2 sin a
2
p−1⇒ p
n=
n
Y
p=1
1 2
sin
2p−1asin
2ap= 1 2
nsin a sin
2anDe plus, 2
nsin
2an→ a quand n → +∞ . Donc (p
n)
n∈N→
sinaa.
3. Ici encore une simplication télescopique multiplicative se produit.
u
k= (k − 1)(k + 1) k
2⇒ p
n= (1)(3) 2
2(2)(4)
3
2· · · (k − 1)(k + 1)
k
2· · · (n − 1)(n + 1) n
2= (n + 1) 2n → 1
2 . 4. Calculons (1 − a
2)p
n.
(1 − a
2)p
n= (1 − a
2)(1 + a
2)(1 + a
4)(1 + a
8) · · · (1 + a
2n)
= (1 − a
4)(1 + a
4)(1 + a
8) · · · (1 + a
2n)
= (1 − a
8)(1 + a
8) · · · (1 + a
2n) = · · ·
= (1 − a
2n)(1 + a
2n) = (1 − a
2n+1) On en déduit que le produit inni converge vers
1−a12.
II. Conditions.
1. Si (p
n)
n∈Nconverge vers l 6= 0 , (p
n+1)
n∈Nconverge aussi vers l et ( p
n+1p
n)
n∈N= (u
n+1)
n∈Nconverge vers 1.
2. Comme tous les u
ksont strictement positifs à partir de n
0, on peut utiliser librement le logarithme et la fonction exponentielle qui sont toutes les deux continues.
(p
n)
n≥n0converge ⇔ ( p
np
n0−1)
n≥n0converge ⇔ (ln( p
np
n0−1))
n≥n0converge.
Or ln(
ppnn0−1
= P
nk=n0
ln(u
k) . On en déduit (p
n)
n≥n0converge ⇔ X
ln(u
k)
k≥n0
converge.
Dans le cas de convergence, on a
Y
n≥1
u
n=
n0−1
Y
n≥1
u
n
e (
Pn≥n0un)
3. Les hypothèses traduisent le fait que la série des ln u
nest de signe constant à partir d'un certain rang. On peut donc appliquer les critères des séries à termes positifs. Si u
nne tend pas vers 1 , la série et le produit divergent grossièrement. Si la suite tend vers 1 alors v
ntend vers 0 et ln(1 ± v
n) ∼ ±v
m. La série des ln(u
n) converge si et seulement si la série des v
nconverge.
On peut remarquer que dans le cas où les u
ksont plus petits que 1 à partir d'un certain rang, la suite des produits est décroissante et positive donc elle converge. Mais par dénition, la convergence d'un produit inni exige une limite non nulle. En fait la série des v
kdiverge vers l'inni si et seulement si le produit des u
ktend vers 0 . 4. a. On veut appliquer le théorème des accroissements nis à la fonction
f : x → (ln x)
2entre p et p + 1 . Étudions les variations de la dérivée
x → 2 ln x x Comme
ln x x
0= 1 − ln x
x
2< 0 pour x > e, cette dérivée est décroissante dans ]3, +∞[ . On en déduit
∀x ∈ [p, p + 1] , ln x x ≤ ln p
p La formule demandée traduit alors
0 ≤ f (p + 1) − f (p) ≤ (p + 1 − p)f
0(p)
b. En sommant les inégalités du a., pour tout p entre 3 et n ≥ 3 , on obtient
(ln(n + 1))
2− (ln(3))
2≤ 2
S
n− ln 2 2
⇒ S
n≥ 1
2 (ln(n + 1))
2+ ln 2 − (ln(3))
22 Ce qui entraîne que (S
n)
n∈Net (p
n)
n∈Ndivergent vers +∞ .
III. Une expression de sin comme produit inni.
1. a. Pour x xé dans ] − 1, +1[ et n ∈ N
∗, les
x22x−n2sont strictement négatifs. L'op- posé du terme général est équivalent à
xn22qui est le terme général d'une série convergente. On pouvait aussi dire que la série est absolument convergente.
b. On se trouve dans le premier cas de la question II.3. Le produit inni est convergent car la série de terme général
xn22est convergente.
2. a. Après calculs, on trouve
π cotan(πt) = 1 t − π
23 t + o(t).
b. En 0 , comme sin x ∼ x , ln(
sinπtπt) converge vers 0 . En revanche la fonction diverge vers −∞ en 1 et −1 . On prolonge donc par continuité en une fonction f continue
∀t ∈] − 1, +1[, f (t) =
ln
sin πt πt
si t 6= 0 0 si t = 0 .
c. Comme elle est composée de fonctions C
∞, la fonction est clairement C
1dans l'intervalle privé de 0 et continue dans ] − 1, 1[ . Pour montrer qu'elle est C
1dans ] − 1, 1[ , d'après le théorème de la limite de la dérivée, il sut de prouver que la dérivée dans l'ouvert privé de 0 admet une limite ni en 0 . Or
∀t 6= 0, f
0(t) =
cos(πt)
t − sin(πt) πt
2πt
sin(πt) = π cotan(πt) − 1
t ∼ − π
23 t → 0.
La fonction f est donc C
1avec
f
0(t) =
0 si t = 0
π cotan(πt) − 1
t si t 6= 0 3. a. On calcule la diérence
1
n
2− 1 − t
n
2− t
2= (n
2+ t)(1 − t)
(n
2− 1)(n
2− t
2) > 0.
b. Fixons un entier N et notons r
Nle reste : f
0(x) =
N
X
k=1
2x
x
2− k
2+ r
N(x).
La fonction r
Nqui s'exprime comme une diérence est continue. On intégre entre 0 et x (pour |x| < 1 ) en utilisant la linéarité de l'intégrale
ln
sin πx πx
= f (x) =
N
X
k=1
Z
x 02t t
2− k
2dt +
Z
x 0r
N(t) dt
| {z }
=RN(x)
Majorons |R
N(x)| . Commençons par
|R
N(x)| ≤ Z
|x|0
|r
N(t)| dt.
r
N(t) est le reste d'une série. On le majore (pour tous les t ) avec l'inégalité de la question a. par un nombre indépendant de t
|r
N(t)| = lim
p→+∞
p
X
k=N+1
2t t
2− k
2≤ lim
p→+∞
p
X
k=N+1
2t t
2− k
2≤ lim
p→+∞
p
X
k=N+1
2 k
2− 1 ≤
+∞
X
k=N+1
2 k
2− 1 Il reste à integrer cette fonction constante sur un intervalle de longueur |x| pour obtenir l'inégalité demandée.
c. Calculons les intégrales dans la somme
N
X
k=1
Z
x 02t t
2− k
2dt =
N
X
k=1
ln k
2− t
2k
2= ln
N
Y
k=1
(1 − x
2k
2)
! .
On a vu que le produit inni est convergent. Le ajorant à droite est le reste d'une série convergente. On en déduit en passant à la limite
ln
sin πx πx
= ln
Y
k≥1
(1 − x
2k
2)
⇒ sin(πx) = πx Y
k≥1