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Séries entières

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

le 3 Janvier 2012 UTBM MT26

Arthur LANNUZEL http ://mathutbmal.free.fr

eries Enti` eres

1 efinition, exemples.

D´efinition 1.1 Soient (an)nn0 une suite num´erique (r´eelle ou complexe).

On appelle s´erie enti`ere autour de z0 C une s´erie de terme g´en´eral un(z) = an.(z−z0)n.

On la note

an(z−z0)n Sn(x) = ∑n

k=n0ak(z−z0)k s’appelle somme partielle d’ordre n de la s´erie.

Remarque 1.2 i) Dans ce cas o`u on travaille dans R, on note souvent les s´eries :

an(x x0)n.

ii) Dans la suite on prendra z0 = 0.

Exemples 1.3 1) Les polynˆomes sont des s´eries enti`eres.

2)

xn est une s´erie enti`ere convergente simplement sur ]1,1[, normalement sur ]−a, a[

(0< a <1). De plus sur]1,1[, ∑+

n=0xn = 11x. SurC, la s´erie

zn converge ssiz appartient au disque ouvert de centre 0 et de rayon 1 : D(0,1) ={z C/|z|<1}.

3)xn

n!. 4)xn

1+n2. 5)xn

1+n.

2 Convergence d’une s´ erie enti` ere.

2.1 Rayon de convergence.

Proposition-d´efinition 2.1 Soit

anzn une s´erie enti`ere.

Il existe R R∪ {+∞} tel que : i) ∀z C,|z|< R,

anzn converge absolument, ii) ∀z C,|z|> R,

anzn diverge.

R s’appelle le rayon de convergence de la s´erieanzn.

(2)

Preuve.

R= sup{r≥0/|an|rn born´e}({r 0/|an|rn born´e} est un intervalle).

(ii) est clair.

(i) Supposons |z|< R.

Soit R >0 avec |z|< R < R.

Alors|an|(R)n < M.

|anzn|=|an|(R)n(|Rz|)n< M(|Rz|)n dont la somme converge (|Rz| <1).

CQFD

Remarque 2.2 i) Dans le cas |z|=R, la s´erie peut converger ou pas.

Exemple :zn

n,zn

n2.

ii) La preuve nous permet d’affirmer que, pour

anzn, si on a l R+ tel que :

∀|z|< l, (|an||z|n)n est born´e,

∀|z|> l, si (|an||z|n) est non born´e.

Alors l est le rayon de convergence deanzn. Exemple :

enzn. iii)

anzn de rayon de convergence R est normalement convergente sur le disque ferm´e D(0, r) :=¯ {z C,|z| ≤ r} avec 0 < r < R (donc uniform´ement convergente). On en d´eduit que

anzn est continue sur le disque ouvert D(0, R) :={z C,|z|< R}

iv) On peut montrer, grˆace au th´eor`eme d’abel, qu’en cas de convergence d’une s´erie enti`ere de rayon de convergence R `a une borne de l’intervalle ]−R, R[, la s´erie est continue en ce point (ATTENTION : ce n’est pas vrai dans C).

Exemples 2.3 i) rayon de convergence R deanzn. ii) Montrer que

anzn ne converge pas uniform´ement sur ]−R, R[.

Proposition 2.4 Soient

anzn et

bnzn deux s´eries enti`eres de rayon de convergence res- pectif Ra et Rb.

(i) Si ∀n > N, |an| ≤ |bn| alors Ra≥Rb. (ii) Si |an| ∼n+|bn| alors Ra=Rb. Preuve.

En exo.

CQFD

R` egle de d’Alembert pour les s´ eries enti` eres.

Soit ∑

anzn une s´erie enti`ere.

|an+1anzzn+1n |=|an+1an ||z|.

Si|an+1an | −→n→+∞ l alors |an+1an ||z| −→n→+∞ l|z|.

(3)

On en d´eduit donc la Proposition 2.5 Soit

anzn une s´erie enti`ere.

Si an+1a

n converge vers l R lorsque n + alors le rayon de convergence de

anzn est R= 1l.

Exemples 2.6 i) Quel est le rayon de convergence den3n+2

2n4+n2+1zn? G´en´eraliser `a l’ensemble des S´eries enti`eres

anxn avec anC(X).

ii) Rayon de convergence de

ln(n2+ 1)zn. iii) Rayon de convergence den!

n+1zn. iv)Rayon de convergence den2+n

2n+n!zn.

R` egle de Cauchy pour les s´ eries enti` eres.

Proposition 2.7 Soit

anzn une s´erie enti`ere.

Si n

an converge vers l R lorsque n + alors le rayon de convergence de

anzn est R= 1l.

2.2 Op´ eration sur les s´ eries et rayon de convergence.

{

anzn s´erie enti`ere} est un espace vectoriel muni des lois : λ.

anzn:=∑ λanzn

anzn+∑

bnzn :=∑

(an+bn)zn. Proposition 2.8 Soient

anzn et

bnzn deux s´eries enti`eres de rayon de convergence res- pectif Ra et Rb.

(i) Si λ̸= 0, le rayon de convergence de λ.

anzn est Ra. (ii)

anzn+∑

bnzn a pour rayon de convergenceR ≥min{Ra, Rb} avec ´egalit´e si Ra ̸=Rb. Preuve.

En exo.

CQFD

Exemples 2.9 (i)

zn etnzn. (ii)

zn et

(21n 1)zn. Proposition 2.10 Soient

n0anzn et

n0bnzn deux s´eries enti`eres de rayon de conver- gence respectif Ra et Rb.

n0anzn×

n0bnzn :=∑

n0(∑n

k=0ak.bnk)zna pour rayon de convergenceR≥min{Ra, Rb}.

(4)

Preuve.

En exo CQFD

Exemples 2.11 (i)

xn et

(1)nxn. (ii)

xn, 1−x.

(iii)xn, 0.

2.3 erivation et int´ egration d’une s´ erie enti` ere.

Soit S(z) =

n0anzn une s´erie enti`ere de rayon de convergenceR.

Soit la s´erie enti`ere

S(z) =∑

n1

nanzn1 =∑

n0

(n+ 1)an+1zn.

Soit z C tel que |z| > R alors (|an+1zn|)n n’est pas born´ee donc (|(n+ 1)an+1zn|)n ne l’est pas non-plus donc le rayon de convergence de ∑

n0(n+ 1)an+1zn estR ≤R.

Soit z C tel que |z|< R, on a r >0 avec |z|< r < R. |(n+ 1)an+1zn| =|an+1rn|.(n+ 1)|zr|n avec (n+ 1)|zr|n<1 pour n assez grand donc∑

n0(n+ 1)an+1zn converge. D’o`u R ≥R On en d´eduit la

Proposition 2.12 Soit

n0anzn une s´erie enti`ere de rayon de convergence R.

n0anzn est infiniment d´erivable surD(0, R) et les s´eries enti`eres d´eriv´ees sont de rayon de convergence R :

(∑

n0

anzn) =∑

n0

(n+ 1)an+1zn.

Preuve.

D’apr`es ce qui pr´ec`ede, la convergence uniforme sur les disques D(0, r) pour tout 0 < r < R, et le th´eor`eme de d´erivation des suites de fonctions.

CQFD

Exemples 2.13 Quel est le d´eveloppement en s´erie enti`ere de (11x)2. Corollaire 2.14 Si f(z) est la somme de la s´erie enti`ere

anzn alors

an = 1

n!f(n)(0).

(5)

Preuve.

f(n)(0) =n!an d’apr`es le r´esultat pr´ec´edent.

CQFD

Corollaire 2.15 Soient

anzn et

bnzn deux s´eries enti`eres de rayon de convergence res- pectif Ra et Rb non nuls.

Si ∀|x| ≤min{Ra, Rb},

anzn =∑

bnzn alors ∀n N, an =bn. Corollaire 2.16 Soit

n0anrn une s´erie enti`ere de rayon de convergence R.

n0anxn est int´egrable terme `a terme sur [a, b]]−R, R[ et (∑

n1

an1

n xn) =∑

n0

anxn.

3 eveloppement d’une fonction en s´ erie enti` ere.

D´efinition 3.1 Soit f :U −→R avec ∃ϵ >0,]−ϵ, ϵ[⊂U.

On dit que f est d´eveloppable an s´erie enti`ere en 0s’il existe une s´erie enti`ere

anxn de rayon de convergence R et ]−a, a[ (a >0) tels que

∀x∈]−a, a[, f(x) =anxn.

Remarque 3.2 i) D’apr`es ce qui pr´ec`ede, Si f est d´eveloppable en s´erie enti`ere

anxn en 0 alors ce d´eveloppement est unique et an = n!1f(n)(0).

ATTENTION : il existe des fonctions infiniment d´erivables qui n’admettent pas de d´eveloppement en s´erie enti`ere.

Ex. f(x) =ex12 six̸= 0 et f(0) = 0.

ii) Soit f :]−a, a[R (a >0) infiniment d´erivable. La formule de MacLaurin nous donne

∀n N,∀x∈]−a, a[,∃θ ]0,1[, f(x) = f(0) +xf(0) +...+xn

n!f(n)(0) + xn+1

(n+ 1)!f(n+1)(θ.x).

Si xn!nf(n)(θ.x) tend vers 0 quand n tend vers + alors f est d´eveloppable en s´erie enti`ere sur ]−a, a[.

iii) Si f est impaire (resp. paire), le d´eveloppement en s´erie enti`ere ne fait intervenir que des puissances impaires (resp. paires).

Exemples 3.3 i) exp, sin, cos, sinh, cosh.

ii) x7→ln(1 +x), x7→arctan(x).

(6)

4 Exemples d’applications des s´ eries enti` eres.

4.1 Equations diff´ ´ erentielles lin´ eaires.

Pour r´esoudre une ´equation diff´erentielle lin´eaire, on peut chercher les solutions d´eveloppables en s´erie enti`ere. Mais ce ne sont pas toutes les solutions.

Exemples 4.1 Trouver les solutions d´eveloppables en s´erie enti`ere de(E) y′′+ 2xy+ 2y= 0.

Reconnaitre les solutions paires.

Exercice 4.2 Trouver la solution (sous forme de s´erie enti`ere) de (E) y′′+xy = x2 +x+ 2 satisfaisant aux conditions initiales y(0) = 1, y(0) = 1 (pr´eciser l’intervalle sur lequel la solution est valable).

4.2 Int´ egrales.

Exemples 4.31 0

dt

1+tα (α >0). Donner la valeur de ∑+ n=0

(−1)n

n+1 et+ n=0

(−1)n 2n+1. Exercice 4.4 Montrer que1

0

arctan(x)

x dx=∑+ n=0

(1)n (2n+1)2.

4.3 Exponentielle complexe.

On a vu que

∀x∈R, ex =

+

n=0

xn n!. De plus

∀θ R, e = cos(θ) +isin(θ) =

+

p=0

(1)p θ2p

(2p)! +i.

(1)p θ2p+1 (2p+ 1)! =

+

n=0

(iθ)n n! .

On peut donc d´efinir

D´efinition 4.5 On d´efnit l’exponentielle complexe

∀z C, ez :=

+

n=0

zn n!.

Remarque 4.6 (en exo.) On retrouve grˆace `a cette d´efinition et aux propri´et´es des s´eries les relations :

i) ez1+z2 =ez1.ez2, ii) ez = e1z, iii) enz = (ez)n.

(7)

eveloppements usuels en s´ eries enti` eres autour de 0.

ex =∑+ n=0

xn n!, cosh(x) = ∑+

p=0 x2p (2p)!, sinh(x) = ∑+

p=0 x2p+1 (2p+1)!, cos(x) = ∑+

p=0

(1)px2p (2p)! , sin(x) = ∑+

n=0

(1)px2p+1 (2p+1)! , (1 +x)α = 1 +∑+

n=1

α(α1)...(αn+1) n! xn,

1

1x =∑+

n=0xn, ln(1 +x) =+

n=1

(−1)n+1xn

n ,

arctan(x) =x+∑+

n=1(1)n1.3....(2n2.4...(2n)1)x2n+12n+1.

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