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Submitted on 1 Jan 1911
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L’effet Zeeman positif dans les gaz et la théorie de Ritz
A. Cotton
To cite this version:
A. Cotton. L’effet Zeeman positif dans les gaz et la théorie de Ritz. Radium (Paris), 1911, 8 (12),
pp.449-456. �10.1051/radium:01911008012044900�. �jpa-00242511�
MÉMOIRES ORIGINAUX
L’effet Zeeman positif dans les gaz et la théorie de Ritz
Par A. COTTON
[École Normale supérieure.
-Laboratoire de Physique.]
Dans l’étude que j’ai faite récemment ici méme 1
de la théorie de Ritz, j’ai montré qu’on retrouve aus-
sitôt dans cette théorie la polarisation circulaire des
coiiiposantes magnétiques observées suivant les li- gnes de force. Mais j’ai laissé de côté la question du
sens de ces vibrations circulaires. On sait que jus- qu’aux recherches de Jcan Becquerel, de Dufour, de
Du Bois et Elias, tous les spectres étudiés présen-
taient des cas d’effet Zeeman négatifs; c’est-à-dire que les vibrations circulaires ayant le sens des cou-
rants d’Ampère avaient leur fréquence augmentée
par l’action du champ magnétique. Les composantes propageant ces vibrations se trouvent donc du côté du violet de la raie primitive, celles propageant des
vibrations de sens inverse se trouvant de l’autre côté.
C’est ce sens que faisait prévoir aussitôt la théol ic élémentaire de Lorentz. Le retrouve-t-on dans la théorie de Ritz? Il est utile de se le deinander avant
de passer aux cas d’effet Zeeman positif dont je m’oc- cuperai aujourd’hui.
1
Reportons-nous aux équations trouvées pour le momement de la particule chargée rapporté aux axes
fixes Ox, Oy, Oz. Ces axes ont été choisis de manière que Oz soit dirigé suivant les lignes de force du champ H ; Oy dans le sens des rayons lumineux lors de l’observation transversale; enfin, quand on amène
Ox sur Oy, un observateur placé du côté des z posi-
tifs voit le mouvement s’effectuer en sens inverse du mouvement des aiguilles d’une montre. C’est dans ce
sens qu’un observateur placé toujours du côté des z positifs verrait circuler les courants d’Ampère; enfin
c’est dans le même sens encore que tourne dans le
champ H, avec la vitesse angulaire w, un électron né-
gatif libre.
Dans le cas particulièrement simple du triplet pur (loc. cil. p. 371), les équations donnant x et y sont :
x = Cos n0 Ces w’ t
y = Cos n0 t Sin w’ t
1. A. COTTON, Le Radium, 8 (1911) 365 et 401.
de sorte que la vibration est la résultante des deux vibrations :
La vibration circulaire représentée par les équa-
tions (1 ) a le sens des courants d’Ampère, celle repré-
sentée par les équations (2) le sens inverse. On
retrouve donc le signe ordinaire (négatif) du phéno-
mène de Ieeman longitudinal si l’on suppose w’ po-
sitif, c’est-à-dire si le mouvement tourbillonnaire
atomique s’efféctue dans le sens des courants d’Am-
père 1.
Si l’on examine de même les autres cas particuliers qui ont été envisagés, on trouve encore que la même remarque s’applique. D’une façon générale, toutes
les fois que toutes les composantes à vibrations cir- culaires d’un sens déterminé sont d’un même côté de la raie primitive, la théorie indique quel est ce côté :
dans to2ts ces cas, l’effet longitudinal est négatif ou positif suivant que le mouvement tourbillonnaire a
le sens des courants d’Ampère ou le sens opposé.
Mais la théorie de Rilz, il est bon de le remarquer, fait prévoir aussi que pour certaines valeurs des cons- tantes définissant les mouvements atomiques, il pour- rait arriver que toutes les composantes polarisées
circulairement de la même façon ne soient pas du même côté de la raie primitive, de sorte que la quels- tion « l’effet Zeeman est-il positif ou négatil’ » n’au
rait plus alors de sens précis. En examinant divers
cas simples, on se rend compte facilement que ce cas n’est pas exclu par la théorie 2.
1. Le signe de la charge électrique qui est la source de
lumière n’intervient ici en aucune manière, comme le remar-
que Ritz. Cela provient de ce que l’on se trouve dans un cas où l’action directe du champ sur cette charge est nulle.
2. Par exemple, dans le cas de la raie à 8 composantes
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:01911008012044900
450
Si je fais cette remarque c’cst que tes observations du phénomène de Zeenlan dans le sens des lignes de
force ont été en somme assez peu nombreuses jus- qu’ici. Il y aurait donc quelque intérêt, à les multi-
plier et a rechercher si ces cas singuliers que la théorie de Ititz n’écarte pas a priori s’observeraient en réa- lité.
Il
Je me propose maintenant d’examiner certains cas
d’effet Zecman positif qui peuvent, je crois, être rat-
tachés d’une façon très simple aux vues théoriqucs de Ritz, mais dont Ritz lui-mémc ne s’était pas occupé.
Ce que je vais dire ne s’appliquera pas à tous les cas
d’effet positif et il importe de préciser de quels phé-
nomènes il s’agit.
1L’effet Zeeman positif a été trouvé, comme on sait,
par Jean Becquerel, dans certaines bandes d’absorp-
tion de cristaux renfermant des terres rares. Il se
présente alors avec des caractères particuliers qu’on
ne retrouve pas dans l’étude des changements magné- tiques des spectres des gaz. Le plus important de ces
caractères est que le changement magnétique observé
varie lorsque, sans changer la catégorie de vibra-
tion qu’on étudie, on change dans ce champ l’orien-
tation du cristal. Les phénomènes observés obéissent à la symétrie réelle du inilieu qui n’est plus la même
que celle d’un milieu isotrope aimanté. D’autre part, les changements magnétiques sont parfois bien plus grands que ceux qu’on a observés sur les gaz. Ces
étudiée par Ritz lui-même, les équations données précédem-
ment (p. 570) montrent aussitôt rlue si w’ est positif et plus grand que c l’effet Zeeman pour toutes les composantes a le
sens négatif; mais que si w’ est plus petit que c le sens de la
polarisation circulaire siiitervertit pour les deux composantes
les plus rapprochées de la raie primitivc.
De mème en considérant le sextuplet que j’ai étudié p. 372,
on trouve aussitôt que lorsque les constantes sont choisies de
façon que l’on obtietine le sextuplet de D2, le sens du mouve-
ment tourbillunrraire régit de la même façon que précédem-
ment, le sens des vibrations circulaires. Même remarque encore s’il s’agit du quadruplet de Di qui est un cas particulier de ce sextuplet (de mémc que le triplet pur). Mais, examinant tou- jours ce sextuplet, supposons qu’on donne à w’ une valeur posi-
tive inférieur e à (ro-w’) k, de sorte que l’on ait :
les composantes polarisées circulairement de pulsations n0 ± [w’
2013w _ w’) k]
se disposent par rapport à la raie primitive dans le sens corres- pondant à l’ell’et positil’; les autres composantes continuant à
donner l’effet longitudinal négatif.
Dans le cas plus général oÙ dp dt est constant et 0 variahle, les équations donnant ar y ont la forme donnée p 567. Si on y
remplace dans les seconds membres ic, et v cos 0 par leurs rléve-
loppements en série, on voit aussitôt, qu’à charrue terme de la
forme cos 111 t de ces développements correspondent deux vibra- Lions circulaires inverses, les deux composantes correspondantes
étant disposées symétriquement par rapport il la radiation de
pulsation M. Or, en ii peut prendre des valeurs dis- tinctes de ua pulsation de la raie primitive.
faits montrent, qu’on ne doit pas chercher une expli-
cation commune pour les propriétés magnéto-optiques
des gaz et celles des cristaux; je ne m’occuperai au- jourd bui que des premières, dont l’interprétation est
certainement plus facile a donner, et plus pariieti-
liérement des faits que Dufour a étncliés ici même1.
Il s’agit des spectres des tluorures, chlorures, etc., alcalino-terreux, ceux dans lesquels Dufour a trouBc précisément des bandcs sensibles au champ rnabrlé- tique, et plus particulièrement des bandes donnant l’effet positif, qui ont fait l’objet de inesures soignées2.
Je rappelle d’abord les faits expérimentaux en représentant schématiquement par un sinlple trait
une arête de ces bandes. Dans l’observation trans- versale (fig. 1) on observe ce fait remarquable que les
Fig.1.
vibrations parallèles et perpendiculaires au cliamp
donnent tous deux des doublets de même écart. Cet écart a pu être mesuré, malgré les difficultés expéri- mentales, plus grandes ici que dans le cas des raies étroites, à moins de 5 pour 100 près : a cette approxi-
mation il est égal à l’ écart normal.
Dans l’observation longitudinale, si l’on partage le champ d’observation en deux plages contiguës pola-
risées circulairement en sens inverse, on trouve que les composantes les plus intenses se disposent dans le
sens qui correspond à l’effet Zeeman positif (fig. 2).
Fig. 2.
Mais en outre de faibles composantes prolongent,
dans les champs de polarisation circulaire de sens op-
posés, les composantes les plus intenses. Elles semblent
être alors exactement dans le prolongement de ces
dernières. On a donc suivant les lignes de force un
doublet ayant encore l’écart normal, mais la pola-
1. DUFOUR, Le Radium, 5 (1908) 291.
2. DUFOUR, Ann. de Cit. et de Ph., 21 (1910) 568.
risation circulaire n’est plus complète : il y a des
« résidus » de polarisation opposée.
Tels sont les faits observés. Il faut ajouter que les bandes en question sont renversables, que leurs
arêtes obéissent comme l’a montré Fabry à des lois
de distribution (formules de Deslandres) tout u fait,
différentes de celles des raies formant des séries, enfin que ces bandes sont caractéristiques non plus des
atomes entrant dans la constitution des composés que l’on introduit dans la fhun111e, mais des nioléciiles
elles-mêmes, dans l’état où elles se trouvent dans cette flamme. Cela était établi depuis longtemps, pour les bandes dont il s’agit, par Mitscherlich : or, cela semble être un fait général. Dufour a trouvé d’autres
bandes sensibles au champ et donnant l’effet positif;
on est conduit à les attribuer, elles aussi, à des
molécules et non à des atomes isolés. L’explication de
l’effet Zeeman positif devra donc tout au moins laisser entrevoir une réponse à cette question : pourquoi
l’eliet Zeeman positif ne s’ohserve-t-il pas dans les spectres d’atomes?
Nous laisserons d’abord cette question provisoire-
ment de côté et nous chercherons à interpréter le plus simplement possible les changements magné- tiques constatés en adrnettant avec Ritz des mouve- ments atomiques : il restera ensuite à rendre compte
de ces mouvements eux-mêmes.
La théorie de Ritz, sans aucune modification, en considérant encore des champs intra-atomiques où
des électrons négatifs décrivent des circonférences,
conduit à des cas d’effet Zeeman positif lorsqu’on
admet un mouvement tourbillonnaire s’effectuant en sens inverse des courants d’Ampère : mais si on se
borne aux cas simples qui ont été envisages précé- demment, on ne retrouve pas ainsi exactement tous les caractères constatés expérimentalement pour le
changement magnétique, ou bien on n’obtient pas ce
changement avec sa grandeur exacte. Par exemple,
Bitz donne bien une explication du cas où une raie
donne des doublets égaux pour les vibrations paral-
lèles et normales au champ, mais le doublet ainsi
prévu aurait un écart double de l’écart nurmal : l’ex-
plication ne convient pas au cas qui nous occupe.
Il y a d’ailleurs des raisons d’admettre quc les spectres de bandes sont produits d’une façon toute
différente que les spectres de raies. Rien ne conduit,
comme dans ce dernier cas, à admettre l’intervention de champs magnétiques atomiques’. Les forces en jeu
1. On serait cependant conduit à 1 admettre encore, au moins pour les bandes sensibles à la pression, si l’on adoptait l’explica-
tion que HUMPURYS) lui-même a proposée [Astrophys. Journal.
23 (1906) 2321. du phénomène qu’il a décowert. Ce savant a
cherché en elfet à expliquer par l’effet Zeeman le déplacement
des raies spectrales que produit un accroissement de pression ; je signale a cette occasion qu’il avait été conduit, aiant Bitz et
par une voie différente, à admettre des champs magnétiques intra-atomiques du méme ordre de grandeur que ceux admis ensuite par Ritz : dans sa pensée, ces champs seraient produits
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