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L'effet Zeeman positif dans les gaz et la théorie de Ritz

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Submitted on 1 Jan 1911

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L’effet Zeeman positif dans les gaz et la théorie de Ritz

A. Cotton

To cite this version:

A. Cotton. L’effet Zeeman positif dans les gaz et la théorie de Ritz. Radium (Paris), 1911, 8 (12),

pp.449-456. �10.1051/radium:01911008012044900�. �jpa-00242511�

(2)

MÉMOIRES ORIGINAUX

L’effet Zeeman positif dans les gaz et la théorie de Ritz

Par A. COTTON

[École Normale supérieure.

-

Laboratoire de Physique.]

Dans l’étude que j’ai faite récemment ici méme 1

de la théorie de Ritz, j’ai montré qu’on retrouve aus-

sitôt dans cette théorie la polarisation circulaire des

coiiiposantes magnétiques observées suivant les li- gnes de force. Mais j’ai laissé de côté la question du

sens de ces vibrations circulaires. On sait que jus- qu’aux recherches de Jcan Becquerel, de Dufour, de

Du Bois et Elias, tous les spectres étudiés présen-

taient des cas d’effet Zeeman négatifs; c’est-à-dire que les vibrations circulaires ayant le sens des cou-

rants d’Ampère avaient leur fréquence augmentée

par l’action du champ magnétique. Les composantes propageant ces vibrations se trouvent donc du côté du violet de la raie primitive, celles propageant des

vibrations de sens inverse se trouvant de l’autre côté.

C’est ce sens que faisait prévoir aussitôt la théol ic élémentaire de Lorentz. Le retrouve-t-on dans la théorie de Ritz? Il est utile de se le deinander avant

de passer aux cas d’effet Zeeman positif dont je m’oc- cuperai aujourd’hui.

1

Reportons-nous aux équations trouvées pour le momement de la particule chargée rapporté aux axes

fixes Ox, Oy, Oz. Ces axes ont été choisis de manière que Oz soit dirigé suivant les lignes de force du champ H ; Oy dans le sens des rayons lumineux lors de l’observation transversale; enfin, quand on amène

Ox sur Oy, un observateur placé du côté des z posi-

tifs voit le mouvement s’effectuer en sens inverse du mouvement des aiguilles d’une montre. C’est dans ce

sens qu’un observateur placé toujours du côté des z positifs verrait circuler les courants d’Ampère; enfin

c’est dans le même sens encore que tourne dans le

champ H, avec la vitesse angulaire w, un électron né-

gatif libre.

Dans le cas particulièrement simple du triplet pur (loc. cil. p. 371), les équations donnant x et y sont :

x = Cos n0 Ces w’ t

y = Cos n0 t Sin w’ t

1. A. COTTON, Le Radium, 8 (1911) 365 et 401.

de sorte que la vibration est la résultante des deux vibrations :

La vibration circulaire représentée par les équa-

tions (1 ) a le sens des courants d’Ampère, celle repré-

sentée par les équations (2) le sens inverse. On

retrouve donc le signe ordinaire (négatif) du phéno-

mène de Ieeman longitudinal si l’on suppose w’ po-

sitif, c’est-à-dire si le mouvement tourbillonnaire

atomique s’efféctue dans le sens des courants d’Am-

père 1.

Si l’on examine de même les autres cas particuliers qui ont été envisagés, on trouve encore que la même remarque s’applique. D’une façon générale, toutes

les fois que toutes les composantes à vibrations cir- culaires d’un sens déterminé sont d’un même côté de la raie primitive, la théorie indique quel est ce côté :

dans to2ts ces cas, l’effet longitudinal est négatif ou positif suivant que le mouvement tourbillonnaire a

le sens des courants d’Ampère ou le sens opposé.

Mais la théorie de Rilz, il est bon de le remarquer, fait prévoir aussi que pour certaines valeurs des cons- tantes définissant les mouvements atomiques, il pour- rait arriver que toutes les composantes polarisées

circulairement de la même façon ne soient pas du même côté de la raie primitive, de sorte que la quels- tion « l’effet Zeeman est-il positif ou négatil’ » n’au

rait plus alors de sens précis. En examinant divers

cas simples, on se rend compte facilement que ce cas n’est pas exclu par la théorie 2.

1. Le signe de la charge électrique qui est la source de

lumière n’intervient ici en aucune manière, comme le remar-

que Ritz. Cela provient de ce que l’on se trouve dans un cas où l’action directe du champ sur cette charge est nulle.

2. Par exemple, dans le cas de la raie à 8 composantes

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:01911008012044900

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450

Si je fais cette remarque c’cst que tes observations du phénomène de Zeenlan dans le sens des lignes de

force ont été en somme assez peu nombreuses jus- qu’ici. Il y aurait donc quelque intérêt, à les multi-

plier et a rechercher si ces cas singuliers que la théorie de Ititz n’écarte pas a priori s’observeraient en réa- lité.

Il

Je me propose maintenant d’examiner certains cas

d’effet Zecman positif qui peuvent, je crois, être rat-

tachés d’une façon très simple aux vues théoriqucs de Ritz, mais dont Ritz lui-mémc ne s’était pas occupé.

Ce que je vais dire ne s’appliquera pas à tous les cas

d’effet positif et il importe de préciser de quels phé-

nomènes il s’agit.

1

L’effet Zeeman positif a été trouvé, comme on sait,

par Jean Becquerel, dans certaines bandes d’absorp-

tion de cristaux renfermant des terres rares. Il se

présente alors avec des caractères particuliers qu’on

ne retrouve pas dans l’étude des changements magné- tiques des spectres des gaz. Le plus important de ces

caractères est que le changement magnétique observé

varie lorsque, sans changer la catégorie de vibra-

tion qu’on étudie, on change dans ce champ l’orien-

tation du cristal. Les phénomènes observés obéissent à la symétrie réelle du inilieu qui n’est plus la même

que celle d’un milieu isotrope aimanté. D’autre part, les changements magnétiques sont parfois bien plus grands que ceux qu’on a observés sur les gaz. Ces

étudiée par Ritz lui-même, les équations données précédem-

ment (p. 570) montrent aussitôt rlue si w’ est positif et plus grand que c l’effet Zeeman pour toutes les composantes a le

sens négatif; mais que si w’ est plus petit que c le sens de la

polarisation circulaire siiitervertit pour les deux composantes

les plus rapprochées de la raie primitivc.

De mème en considérant le sextuplet que j’ai étudié p. 372,

on trouve aussitôt que lorsque les constantes sont choisies de

façon que l’on obtietine le sextuplet de D2, le sens du mouve-

ment tourbillunrraire régit de la même façon que précédem-

ment, le sens des vibrations circulaires. Même remarque encore s’il s’agit du quadruplet de Di qui est un cas particulier de ce sextuplet (de mémc que le triplet pur). Mais, examinant tou- jours ce sextuplet, supposons qu’on donne à w’ une valeur posi-

tive inférieur e à (ro-w’) k, de sorte que l’on ait :

les composantes polarisées circulairement de pulsations n0 ± [w’

2013

w _ w’) k]

se disposent par rapport à la raie primitive dans le sens corres- pondant à l’ell’et positil’; les autres composantes continuant à

donner l’effet longitudinal négatif.

Dans le cas plus général dp dt est constant et 0 variahle, les équations donnant ar y ont la forme donnée p 567. Si on y

remplace dans les seconds membres ic, et v cos 0 par leurs rléve-

loppements en série, on voit aussitôt, qu’à charrue terme de la

forme cos 111 t de ces développements correspondent deux vibra- Lions circulaires inverses, les deux composantes correspondantes

étant disposées symétriquement par rapport il la radiation de

pulsation M. Or, en ii peut prendre des valeurs dis- tinctes de ua pulsation de la raie primitive.

faits montrent, qu’on ne doit pas chercher une expli-

cation commune pour les propriétés magnéto-optiques

des gaz et celles des cristaux; je ne m’occuperai au- jourd bui que des premières, dont l’interprétation est

certainement plus facile a donner, et plus pariieti-

liérement des faits que Dufour a étncliés ici même1.

Il s’agit des spectres des tluorures, chlorures, etc., alcalino-terreux, ceux dans lesquels Dufour a trouBc précisément des bandcs sensibles au champ rnabrlé- tique, et plus particulièrement des bandes donnant l’effet positif, qui ont fait l’objet de inesures soignées2.

Je rappelle d’abord les faits expérimentaux en représentant schématiquement par un sinlple trait

une arête de ces bandes. Dans l’observation trans- versale (fig. 1) on observe ce fait remarquable que les

Fig.1.

vibrations parallèles et perpendiculaires au cliamp

donnent tous deux des doublets de même écart. Cet écart a pu être mesuré, malgré les difficultés expéri- mentales, plus grandes ici que dans le cas des raies étroites, à moins de 5 pour 100 près : a cette approxi-

mation il est égal à l’ écart normal.

Dans l’observation longitudinale, si l’on partage le champ d’observation en deux plages contiguës pola-

risées circulairement en sens inverse, on trouve que les composantes les plus intenses se disposent dans le

sens qui correspond à l’effet Zeeman positif (fig. 2).

Fig. 2.

Mais en outre de faibles composantes prolongent,

dans les champs de polarisation circulaire de sens op-

posés, les composantes les plus intenses. Elles semblent

être alors exactement dans le prolongement de ces

dernières. On a donc suivant les lignes de force un

doublet ayant encore l’écart normal, mais la pola-

1. DUFOUR, Le Radium, 5 (1908) 291.

2. DUFOUR, Ann. de Cit. et de Ph., 21 (1910) 568.

(4)

risation circulaire n’est plus complète : il y a des

« résidus » de polarisation opposée.

Tels sont les faits observés. Il faut ajouter que les bandes en question sont renversables, que leurs

arêtes obéissent comme l’a montré Fabry à des lois

de distribution (formules de Deslandres) tout u fait,

différentes de celles des raies formant des séries, enfin que ces bandes sont caractéristiques non plus des

atomes entrant dans la constitution des composés que l’on introduit dans la fhun111e, mais des nioléciiles

elles-mêmes, dans l’état où elles se trouvent dans cette flamme. Cela était établi depuis longtemps, pour les bandes dont il s’agit, par Mitscherlich : or, cela semble être un fait général. Dufour a trouvé d’autres

bandes sensibles au champ et donnant l’effet positif;

on est conduit à les attribuer, elles aussi, à des

molécules et non à des atomes isolés. L’explication de

l’effet Zeeman positif devra donc tout au moins laisser entrevoir une réponse à cette question : pourquoi

l’eliet Zeeman positif ne s’ohserve-t-il pas dans les spectres d’atomes?

Nous laisserons d’abord cette question provisoire-

ment de côté et nous chercherons à interpréter le plus simplement possible les changements magné- tiques constatés en adrnettant avec Ritz des mouve- ments atomiques : il restera ensuite à rendre compte

de ces mouvements eux-mêmes.

La théorie de Ritz, sans aucune modification, en considérant encore des champs intra-atomiques

des électrons négatifs décrivent des circonférences,

conduit à des cas d’effet Zeeman positif lorsqu’on

admet un mouvement tourbillonnaire s’effectuant en sens inverse des courants d’Ampère : mais si on se

borne aux cas simples qui ont été envisages précé- demment, on ne retrouve pas ainsi exactement tous les caractères constatés expérimentalement pour le

changement magnétique, ou bien on n’obtient pas ce

changement avec sa grandeur exacte. Par exemple,

Bitz donne bien une explication du cas une raie

donne des doublets égaux pour les vibrations paral-

lèles et normales au champ, mais le doublet ainsi

prévu aurait un écart double de l’écart nurmal : l’ex-

plication ne convient pas au cas qui nous occupe.

Il y a d’ailleurs des raisons d’admettre quc les spectres de bandes sont produits d’une façon toute

différente que les spectres de raies. Rien ne conduit,

comme dans ce dernier cas, à admettre l’intervention de champs magnétiques atomiques’. Les forces en jeu

1. On serait cependant conduit à 1 admettre encore, au moins pour les bandes sensibles à la pression, si l’on adoptait l’explica-

tion que HUMPURYS) lui-même a proposée [Astrophys. Journal.

23 (1906) 2321. du phénomène qu’il a décowert. Ce savant a

cherché en elfet à expliquer par l’effet Zeeman le déplacement

des raies spectrales que produit un accroissement de pression ; je signale a cette occasion qu’il avait été conduit, aiant Bitz et

par une voie différente, à admettre des champs magnétiques intra-atomiques du méme ordre de grandeur que ceux admis ensuite par Ritz : dans sa pensée, ces champs seraient produits

-

Ilitz lui-même l’avait pensé

-

peuvent être cette

fois des forces électrostatiques ; les charges électrique qui, en vibrant sous l’action de ces forces, produisent

la lumière, peuvent ètre différentes des électrons, et le rapport de la charge à la masse peut être beaucoup plus petit que pour ces derniers. Ces raisons con-

duisent à prendre ici la théorie de Ritz sous la forme

un peu modifiée que j’ai indiquée dans mon précc*

dent article, en l’envisageant par son côté cinéma-

tique. Des hypothèses extrêmement simples vont

d’ailleurs suffire.

Supposons que les vibrations de la charge lumini-

fère E s’effectuent dans la molécule suivant une cer-

taine droite OE de sorte que l’on ait :

et admettons que lorsque le champ H est créé, ces

vibrations conservent la pulsation primitive no

-

(par exemple le rapport de la charge E à la masse

sera petit)

-

mais que la droite OE se dispose per-

pendiculaircment à OH et tourne avec une vitesse angulaire constante ú/ autour de cette droite. On voit alors aussitôt qu’on obtient dans l’observation transversale, les deux composantes de pulsations

no iiii (Ü’ vibrant normalement aux lignes de force; et

dans l’observation longitudinale, les vibrations cir- culaires correspondantes. Si ú/ est égal en valeur

absolue a la moitié de la vitesse angulaire oo relative

a un électron libre, mais avec le signe contraire, la

disposition et la distance de ces composantes sont

exactement celles qu’a données l’expérience.

Reste à expliquer que les vibrations parallèles au champ donnent aussi un doublet de méme écart dans l’observation transversale. On pourrait, comme

dans le cas des raies, considérer un mouvement oscil- latoire : il est plus simple encore d’admettre que le mouvement de rotation, dans le cas des molécules donnant les bandes dont nous nous occupons, peut

s’eflcctuer autour d’un axe oblique sur les Kgnes de

force 1. Nous avons admis tout à l’heure que la droite OE en tournant balayait un plan normal aux lignes de force : je vais supposer maintenant qu’elle

tourne dans un plan P oblique par rapport à ces lignes (fig. 5). La rotation de OE s’elfectue autour de la normale à ce plan : si on choisit dans ce plan

une droite de référence Ov, par exemple la projec-

tion de H sur ce plan, l’angle oc de OE avec Ov croit proportionnellement au temps. Nous poserons encore

x = w’ t.

On voit alors que si on pro,jette le mouvement de

E sur la direction Oz du champ, l’amplitude du mou-

par des électrons gravitant autour d’un centre positif, comme

ceux que J.-J. Thomson avait considérés.

1. Par exempte une certaine droite dans la molécule s orien- terait dans la direction du champ, et ferait un angle constant

avec la droitc autour de laquelle la rotation peut s’effectuer.

(5)

452

vement vibratoire pro,jeté deviendra périodiquement

variable et la raie correspondante se dédoublera : Si nous désignons par 0 l’angle 110v (qui mesure

l’inclinaison du plan P sur les lignes de force), l’angle

variable lI0E est donne par la relation

on a donc :

ou encore :

c’est-à-dire qu’on obtient deux composantes vibrant parallèlement au champ, de même intensité Cos 20 et

parallèlement au champs de même intensité Cos 20 4 et

de pulsations n + w’

Ce sont bien les com-

posantes cherchées.

Les composantes

et celles qui leur cor- respondent suivant

les lignes de force

restent à la même

place que précédem-

ment et conservent l’écart 200’. Mais il se trouve que du même Fig. coup on explique les

Fib. 3. résidus. Projetons en

effet le mouvement de E sur un plan normal aux lignes de force. Dans

ce plan, qui contient les axes Ox, Oy précédemment

définis, prenons d’abord des axes auxiliaires Oy’ situé

dans le plan P perpendiculairemcnt u OU et Ox’ per- pendiculaire à Oy’z. On a :

ou bien:

ce qui représente deux vibrations elliptiques, iden- tiques à part le sens de gyration, de rapport d’axes

sin 0 et de pulsations no ± w’. Chacune de ces vibra- ttons elliptiques équivaut a l’ensemble d’une vibra- tion circulaire de même sens, d’importance prépon-

dérante (amplitude 1+Sin 0 2 ) et d’une vibration

circulaire de sens contraire (amplitude 1- Sin 0 2)

1. Avec les réserves faites déjà a propos des intensités un

Or, il en est de même quelle que soit la molécule considérée : quand on passe d’une molécule à une

autre., l’angle 0 conserve la même valeur mais le plan P est orienté autrement, de sorte que l’angle

de l’axe Oy’ avec l’axe lixe Oy prend tontes les valeurs possibles.

Les composantes ,1’ étant à la même place que celles trouvées dans l’observation longitudinale, il est inu-

tile de calculer les valeurs de x en faisant un chan-

gement d’axes. Cette interprétation cinématique con-

duit donc exactement au changement magnétique observé, avec les diverses composantes aux places

voulues.

III

Qu’il s’agisse de l’effet Zeeman négatif ou de l’effet positif, nous avons admis, pour expliquer les faits expérlmentaux, des mouvements dans les atomes ou

dans les molécules. Comment le champ magnétique produit-il ces mouvements ? Telle est la question à laquelle il faudrait maintenant répondre, question

que l’on ne peut songer à résoudre complètement puisque nous savons bien peu de choses sur la consti- tution des atomes, et cc fortiori sur celle des molé- cules. A la fin de son mémoire, Ritz cherche surtout à montrer que l’hypothèse des mouvements atomiques

ne soulève pas d’objections insurmontables, il indique cependant, à propos de l’origine des mouvements atomiques, une suggestion intéressante : il se

demande si ces mouvements ne sont pas produits

par suite de la présence, dans toutes les sources de

lumière servant à produire les spectres dont nous

nous sommes occupés, d’électrons libres.

Cette hypothèse de la présence d’électron s libres ne

purait pas soulever d’objection sérieuse : on admet volontiers aujourd’hui que des électrons peuvent être

libérés au moment où des réactions chimiques se produisent; récemment MM. Ilaber et Just les ont

mis directement en évidence dans unc réactiun parti-

culière. D’autre part il est tout naturel de se deman- der si ces électrons libres ne jouent pas un rôle dans le phénomène de lceman puisque très souvent les changements magnétiques dcs raies présentent des

relations numériques simples avec la vitesse angulaire

(ù caractéristique des électrons libres lancés dans le même champ.

Je me suis deniandé si l’on ne pourrait pas cher- cher à se faire une idée sur la façon dont des élec-

trons pourraient en tournant dans le champ niagné- tique, produire des mouvements d’une partie des

pcut ajouter qu’on peut ainsi prévoir que si cette explication

du résidu est exacte, le rapport des intensités du résidu et de la composante principale, égal 1. (1-sin 0 1+sin 0 serait d’autant

1+ sin 0

plus grand que les composantes z seraient elles-mêmes plus

intenses. Les résiuus en question pourraient d’ailleurb s’ex-

piquer de plusieurs autres manières.

(6)

atomes ou des molécules 1. Je ne m’occupcraï dans ce qui va suivre que des mouvements de rotation: les mouvements d’oscillation qne nitz admet aussi dans ccrtains cas donneraient lieu à des remarques

-

et â des expériences

-

tout a fait analogues.

Parmi les électrons libres présents dans les sources utilisées, je considérerai seulement ceux dont la vitesse initiale est dirigée, au moins approximative-

ment, normalement au champ. Les électrons décrivent dans le cas général des hélices : pour ceux qne je

considérerai, le pas sera très petit et je pourrai con-

fondre la trajectoire avec une circonférence normalc

aux lignes de force. Je remarquerai d’abord que l’on est conduit à admettre que le rayon de cette circonfé-

rence est précisément de l’ordre de grandeur des

dimensions moléculaires.

Les électrons dont nous admettons la présence dans

les llammes, les étincelles ne sont pas lancés à grande

vitesse comme les projectiles des corps radioactifs :

l’hypothèse la plus naturelle que l’on puisse faire est qu’ils possèdent, au moment ils sont détachés des atomes, des vitesses initiales de l’ordre de grandeur

des vitesses moléculaires elles-mêmes. Dans les gaz a haute température, ces vitesses sont de l’ordre de 101 cm par seconde. Cherchons cluel est le rayon de la circonférence décrite par un de ces électrons lancé normalement au champ Il avec cette vitesse V. Ce

rayon étant éïal à mV He et le rapport - étant 1,77 X 1 07

on voit que pour un champ d’intensité moyenne, 10000 gauss, le rayon est de l’ordre de 10-1 cn1, c’est-à-dire de l’ordre de grandeur indiqué. Dans son

mouvement de rotation un électron ainsi détaché pourra donc rester assez près d’un atome pour qu’il puisse agir sur lui en tournant rapidement tout autour.

La vitesse angulaire de rotation, indépendante de la

vitesse initiale, étant eH

,

le même électron dans le

1n

champ de 10000 gauss fait un tour en un temps infé-

rieur à 10--10 seconde : ce temps est encore très grand,

il est bon de le noter, vis-a-vis des périodes vibra-

toires de la lumière.

A proximité de cet électron se trouve la partie

mobile M de l’atome ou de la molécule, qui scra par

exemple, dans le cas des spectres de séries, ce que Ritz appelle le (( porteur d’une série spectrale )). Cet

1. Ritz ne se place qu’un instant sur ce terrain, peu solide il est vrai. Il me parait difficile d’indiquer comment, d’après lui, ces électrons libres produiraient le mouvement tourbillon- naire, de vitesses angulaire Ci), dont il a admis l’existence. Je citerai cependant la phrase suivante : « Da der cc Stoss o eincs Elektrons auf cin Molekùl im recht schwjeriger Begriff ist, wird man wolil bosser von clcktromagnetischen In1pulsen bei

presser Anniiherung, olme Berührung, reden ; dann ist für die

Energieüberlragung von den freien Elelitroncn atif die lllole- küle die Laclung derselben und die Verteilung dieser Ladung massgebend.

»

[Loc. cit., p. 694 ou OElll’l’eS complètes (Gau- thier-YiDars), p. 134].

objet mobile sera supposé, lui aussi, chargé d’électri- cité, on pourra lui supposer une constitution plus ou

moins compliquée, il pourra renfermer outre les char- ges luminifères proprement dites, vibrant avec les fré- quences des rayons lumineux, d’autres charges fixes.

Mais j’admettrai pour simplifier que les actions électro-

statiques que subit (ou qu’exerce) tout cet ensemble

M sont les mêmes que si M portait une charge unique

concentrée en un point situé en dehors de l’axe autour duquel M peut tourner. Le signe de cel te charge n’aura pas besoin d’être précisé; quant à sa grandeur j’admettrai seulement que le rapport dc la charge à la masse de M est notablemcnt plus petit que

pour un électron. de sorte que l’action directe du champ magnétique sur M sera négligeable.

L’électron voisin e subit au contraire l’action du

champ. A vrai dire, cet électron n’est plus entièrement libre puisqu’il est voisin de l’atome. Mais je suppo- serai que malgré les actions mutuelles qui en

résultent l’électron conserve, sans altération sensible,

le même mouvelnent qu’un électron entièrement libre. Cette hypothèse est difficile à justifier rigoureu-

sement, on comprend toutefois qu’il est permis de

la faire si l’action du champ sur l’électron, qui dépend

de la vitesse. est grande vis-à-vis de l’action électro-

statique que 1B1 exerce sur e, laquelle dépend des

valeurs des deux charges et du carré de la distance

qui lcs sépare. C’est cc que je supposerai. L’électron

moteur e pourra donc être considéré comme une

charge statique qui tourne autour d’un centre 0’ avec

une vitessc angulaire invariable w, et on ponrra dès lors faire abstraction du champ magnétique.

Lorsqu’une charge e décrit nne circonférence d’un mouvement uniforme il existe en un point 0 du plan

du cercle un champ électrostatique tournant. Ce champ ne garde pas, en tournant, une intensité cons-

tante, sauf dans le cas très particulier où 0 coïncide

avec 0’. L’extrémité du vecteur représentant à chaque

instant le champ en 0 décrit une courbe fermée

symétrique par rapport à 00’ ; cette courbe est du

sixième degré 1, il n’est pas nécessaire de l’étudier.

Mais il est utile, en revanche, de savoir quel est le

sens de rotation de cc champ tournant. On le trouve

aussitôt en examinant plusieurs positions successives de e et figurant dans chaque cas le vecteur représen-

tant le champ. La figure 4 montre que si le point 0

est à l’intérieur du cercle décrit par e le sens de rota- tion du champ tournant est toujours le sens du mou-

vement de e. Si au contraire Cl est à l’extérieur du

1. Lc champ créé en O par c étant égal à p

=

k (Oe)2 où k est

une constante, on a imnédiatement l’équation de la courbe

en coordonnées polaires. L’angle variable de 0’0 et de Oe étant

dlB3igné par (p, OO’ par d, et le rayon du cercle par r. cette

équation est

(7)

454

cercle décrit par e (fig. 5) l’inverse a lieu, le champ

tourne en sens inverse du mouvement de e.

Or, un chnmp tournant dont l’intensilé varie pcn-

Fig. 4.

dant la rotation peut produire des mouvements de ro-

tation, comme les champs tournants d’intensité con-

stante que l’on étudie d’habitude. Considérons

Fig. 5.

l’objet matériel représenté par le point électrisé M,

et qui peut tourner autour du point 0. Un prévoit

aussitôt que si la charge e se met à tourner, cet objet M pourra être entraîné par le champ tournant. Le

calcul de ce mouvement serait possible; mais il n’est

pas nécessaire de le faire, d’étudier la période va- riable, de cllercher pendant le régime permanent les

variations de la vite ,se de M pendant un tour, etc....

Il est évident, en effet, qu’un régime permanent s’ob- tiendra lorsque le nombre de tours de M par seconde

sera le même que pour la charge entraînante e, et

que d’autre part on pourra considérer. si l’inertie de NI est assez grande, le mouvement de M comme uni- forme, bien que ce ne soit pas vrai en toute rigueur 1.

On entrevoit donc là une explication possible des

mouvements de rotation que suppose Ritz.

Pour l’ « illustrer », en quelque sorte, j’ai fait des

1. A chaque instant, dans le mouvement de rotation de M autour de 0 l’accélération angulaire est égale au quotient du couple moteur par le moment d’inertie relatif à 0. Si ce der- nier est assez grand, la vitesse angulaire est sensiblement cons- tante quelles cjuc soient les valeurs du couple.

expériences où j’ai observe effectivement des rnouve- ments de rotation produits par de tels champs tour-

nants d intensité non uniforme. On pourrait faire

tourner une charge électrique e autour de 0’, et

rendre mobile, autour de 0 un corps changé M;

mais l’expérience est plus facile à faire si l’on rem- place ces charges par des pôles d’aiiiiant qui jouent

ici le même rôle. Elle est alors très facile a

monter : Sur un disque horizontal muni d’une

poulie, on fixe excentriquement une longue tige

d’acier verticale préalablemellt aimantée (fig. G).

Fig. 6.

Lorsqu’un moteur fait tourner le disque, le pôle supérieur de cette tige décrit un cerclc horizontal d’un mouvement uniforme : c’est ce pôle qui repré-

sente la charge e de tout à l’heure. Dans le voisi-

nage du plan de ce cercle, on place une boussole 1

formée d’une barrette d’acier (par exemple, longueur

10 cm, section carrée de 2 mm de côté) munie

d’une chape et reposant sur un pivot porté par

une plate-forme horizontale fixe dont le support passe au centre du disque tournant.

On fait tourner le moteur, et on donne à la bous-

sole, dans le sens voulu, une impulsion suffisante.

Elle continue alors à tourner tant que le moteur

garde sa vitesse et on vérifie qu’elle tourne dans le

sens prévu : dans le sens de e si la boussole est placée

à l’intérieur du cercle décrit par e, en sens contraire à l’extérieur. Si on lance la boussole au rebours, l’entrainen1cnt n’a plus lieu. Si on l’a provoqué au contraire, on peut faire varier dans de larges limites

la vitesse du moteur ; la boussole change à son tour

de vitesse, s’accélérant ou sc retardant elle aussi.

Mais ces variations de vitesse du moteur ne doivent 1. Il y a donc deux potes à considérer, mais un voit sans

peine que les deux pôles jouent le mènle l’ôlfl. On pOlllT3it. potit, rendre l’analogie plus étroite avec le problème d’électrosta-

tique, mettre un des pôles de la barre aimantée sur le pivot 0

en équilibrant cette barre par un prolongement non magné-

tique.

(8)

pas se faire d’une façon par trop brusque, sinon on

aurait l’équivalent du « décrochage » d’un moteur synchrone, et il faudrait à nouveau lancer l’aiguille

pour retrouve le régime permanent. Dans les essais

que j’ai faits, les nombres de tours de 1 aiguille et du disque ont été trouvés les mêmes, et les variations de vitesse de l’aiguille pendant un tour, qui doivent

certainement exister, n’apparaissaient pas au simple

examen.

On peut donner à l’expérience une forme peu dif- férente. L’ohjet M à entrainer est une grosse aiguille

à coudre, longue d’au moins 6 cm par exemple, ai-

lnantée elle aussi, dont l’extrémité supérieure est

suspendue au bas d’une autre tige aimantée qui sert

seulement de support 1. Cette aiguille peut ainsi osciller à la façon d’un pendule conique; son extré-

mité inférieure représente la charge mobile pré-

cédemment envisagée (fig. 7)..

Cette fois il n’est plus nécessaire de donner à

l’objet mobile une impulsion initiale. Si on accroit

Fig. 7.

progressivement la vitesse du moteur, on voit bientôt

après une période initiale troublée ou les oscillations propres de l’aiguille interviennent, s’établir un mou-

vement de régime régulier pendant lequel l’aiguille

1. Je signale en passant ce mode de suspension qui peut être

utile pour le montage de divers appareils. On peut ainsi sus- pendre successivement à un même SI1 pport fixe des appareils

divers qui se trouvent aussitôt mis en place et peuvent tourner librement autour de la verticale. Les frottements peuvent en effet

être réduits considérablement en choisissant convenablement.

d’après le poids de l’équipage à suspendre, les aimantations de l’aimant suspendu lU de l’aimant five.

balaie un cône de révolution d’ouverture plus ou

moins grande. Cette ouverture est très grande lorsque

la durée d’un tour de e est voisine de la durée d’os- cillation de l’aiguille suspendue : l’objet à entraîner a, en effet, cette fois une période propre, un amortis- sement relativement faible, et on a aff’aire à un mou- vement synchronisé très net et très régulier au voisin-

nage de l’accord des périodes. Si l’on s’écarte nota- blement de cet accord, la superposition des oscillations propres de l’aiguille au mouvement d’entraînement vient compliquer les choses, les cônes décrits ne sont

plus de révolution et l’extrémité de l’aiguille décrit

des courbes qui peuvent présenter plusieurs boucles.

Cependant, dans tons les cas, lorsque l’entretien est

obtenu, on trouve invariablement que l’extrémité M de l’aiguille tourne toujours dans le sens de e si on

l’a placée à l’intérieur du cercle que e parcourt, et

en sens inverse si elle est en dehors. Ici encore, si

on lance à la main l’aiguille dans le sens opposé à

celui qu’elle avait, l’amplitude décroit rapidement;

puis, après une courte période troublée, le mouve-

ment de régime reprend et l’aiguille indique à nou-

veau le sens de rotation du champ.

Le calcul de l’expérience, sous cette forme, serait plus compliqué puisque le système mobile soumis

cette fois à une force suphlémentaire (la pesanteur) possède une période propre et que la trajectoire n’est plus imposée. Mais les remarques générales sur les

mouvements synchronisés, qui sont sans doute appli-

cables encore ici, permettent de prévoir qu’en aug- mentant l’amortissement des oscillations propres de

l’aiguille, on observerait l’entretien pour des vitesses

quelconques du moteur. Cette condition devrait être

remplie pour que l’expérience sous cette forme donne

comme précédemment une image de l’eniraînement d’un objet matériel, par un électron tournant avec

une vitesse proportionnelle au champ.

Cette image est sans doute très grossière et impar-

faite. Aussi je pense qu’il est inutile de chercher à

disposer de même des systèmes matériels, de façon qu’ils effectuent précisément les mouvements néces- saircs pour l’explication des cas les plus importants

du phénomène de Zeeman. Leur réalisation ne pré-

senterait aucune difficulté. Par exemple, dans les cas

où le mobile M doit tourner avec une vitesse angulaire

deux fois plus faible que celle des électrons, on rem- placerait la boussole ou l’aiguille suspendue par un ensemble rigide convenablement disposé de deux aiguilles solidaires. Il serait facile de même de faire tourner le mobile autour d’un axe incliné sur l’axe de la llOlhle, de réaliser des mouvements d’oscillations,

etc...

Mais je crois qu’il est préférable de se horuer â l’expériencc décrite. Elle suffit pour qu’on puisse en-

trevoir une réponse à une question qui a été réser-

vue, celle du sens même de l’éffet Zeeman longitu-

(9)

456

dinal. Si les électrons « moteurs » tournent autour des atomes, le sens de la rotation sera toujours celui

des courants d’Ampère : l’effet Zeeman pour les spectres d’atomes sera négatif. S’il s’agit au con-

traire de spectres de molécules, rien n’emhéche d’ad-

mettre qu’un électron tournant autour d’un atome agisse sur la parlie mobile d’un autre atome de la même molécule et la fasse tourner en sens inverse du sens habituel. L’effet Zeeman longitudinal pourra alors être positif. Il pourra être nul si les électrons moteurs font défaut, ou sont trop éloignés : on s’ex- pliquerait ainsi que beaucoup de handes sont insen-

sibles au champ magnétique.

Sans doute, ces tentatives pour rendre compte des

mouvements atomiques qu’exige la théorie de Ritz

paraîtront à beaucoup d’esprits peu utiles, parce que les raisonnements ne peuvent être rigoureux, parce qu’on cherche à créer des modèles d’objets que nous

ne connaissons presque pas, et qu’on peut alors com-

pliquer au gré de sa fantaisie. Ces essais répondent cependant au besoin naturel que l’on a de se faire

une idée plus concrète de la constitution des atomes

ou des molécules. Il ne faut pas être surpris que

l’image qu’on s’en fait aille en se compliquant à me-

sure que le nombre des phénomènes à expliquer

augmente lui-même : Les molécules apparaissaient

autrefois aux physiciens comme des sphères rigides ;

on y a vu ensuite des objcts encore solides, mais ayant une symétrie moins élevée; puis les atomes ont

apparu comme des sortes de systèmes solaires en mi-

niature : rien n’empêche d’admettre maintenant que dans ces systèmes il y ait diverses parties qui ne

se meuvent pas nécessairement toutes à la fois.

La théorie de Ritz proprement dite est indépen-

dante de ces tentatives : On peut admettre a priori

les mouvements atomiques nécessaires sans chercher à les expliquer : dans les autres théories on fait des hypothèses tout aussi gratuites, qui paraissent par-

fois moins grossières, mais seulement parce qu’elles

sont moins apparentes.

Il n’est pas nécessaire d’ailleurs qu’une théorie explique tous les faits, d’une façon complète, pour

qu’elle rende des services. Est-il besoin de rappeler

que la théorie élémentaire de 11 .-A. Lorentz lui a per- mis de prévoir ce fait, d’importance capitale, de la polarisation dcs composantes magnétiques? Lorentz, qui a toujours examine ces dueslions avec une entière impartialité, est loin de rejeter il priori des concep- tions comme celles de Ritz, bien au contraire. Il disait lui-même, -en 1906, dans ses conférences à Nen- York : (( Quand on considère cyle ioutes les raies d’une série subissent le même changement magnétique, il est

difficile de s’empêcher de penser que tous les modes fondamentaux de vibrations appartenant à la série, se

combinent d’une manière ou d’une autre, avec un ou

plusieurs phénomènes périodiques produits par le

champ magnétique. » Des cette époque, il cherchait

lui aussi à expliquer l’ellet Zeeman par un motive- ment des rotation provoqué par le champ magné- tique 1.

Dans le Rapport sur la théorie des phénomènes magnéto-optiques récemment découverts que Il. A.

Lorentz a présenté au Congres de Physique de 19002,

ce savant rappelait déjà la tentative faite par Henri

Becquerel d’expliquer par un même mécanisme tourbil- lonnaire à la fois la polarisation rotatoire magnétique

et l’effet Zeeman, et il a,joutait : « Peut-ètre une

théorie de cette nature finira-t-elle par remplacer

toutes les autres )). Je ne prétends pas que c’est à la théorie de Ritz qu’est réservé ce bel avenir, ni méme qu’elle rende compte actuellement d’une façon com- plète de tous les faits connus; mais j’espère avoir

monlré qu’elle en embrasse un nombre sufiisamment

grand, et qu’elle se montre assez suggestive, pour

s’imposer à l’attention.

[Manuscrit recule 7 novembre 1911.]

1. Je prie le lecteur de se reporter à ces conférence, pu- bliées en 1909 [The Theory of Elpctrons (Teubner à Leipzig)

notamment pages 115-123-511]. Gn verra que Lorentz montre

qu’effectivement le système d’électrons qu’il envisage doit se

mettre à tourner quand on crée le champ magnétique, et que leurs mouvements vibratoires, rapportés à des axes liés à ce système mobile, restent les mêmes qu’avant l’introduction du

champ. On remarquera la différence des points de vue : Lorentz

considérait alors un objet vibrant isoirope, et ne considérait ni des champs intra-atomiques, ni des électrons libres.

2. LORENTZ, Rapports au Congrès rle 1900, t. III. p.15,

Remarques sur la théorie de Ritz du phénomène de Zeeman

Par R. FORTRAT

[École Polytechnique de Zurich.

-

Laboratoire de Physique.]

Je me propose d’indiquer dans cette note uile ma-

nière d’étahlir les formules auxquelles aboutit Ritz,

sans faire appel aux équations de Lagrange qui sont

trop abstraites pour montrer clairement le mécanisme

par lequel le champ mélgnélique extérieur peut modi-

fier la vibration de l’électron. Les calculs de Iltitz

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