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On dit quec∈P est un majorant de Qsi pour tout a ∈Q l’on a a≤c

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Texte intégral

(1)

Ecole Normale Sup´erieure 2005-2006

Cours d’Analyse Fonctionnelle et EDP 7 mars 2006

Chapitre 3 - Espaces de Banach et introduction aux topologies faibles

Dans tout ce chapitreE d´esigne (sauf mention explicite du contraire) un espace vectoriel norm´e r´eel et en fait d`es la section 3 un espace de Banach.

1 - Espaces vectoriels norm´es de dimension infinie (A compl´eter)

Lemme (ou axiome) de Zorn. SoitP un ensemble muni d’une relation d’ordre (partiel) not´e≤. Soit Q⊂P. On dit queQest totalement ordonn´e si pour touta, b∈Qon a a≤b oub≤a. On dit quec∈P est un majorant de Qsi pour tout a ∈Q l’on a a≤c. On dit quem ∈P est un ´el´ement maximal deP si pourx ∈P on a m≤x impliquem=x. On dit que P est inductif si tout sous-ensembleQtotalement ordonn´e de P admet un majorant. Tout ensemble ordonn´e, inductif, non vide, admet un ´el´ement maximal.

Lemme de Baire. SoitX un espace m´etrique complet non vide et (Xn) une suite de ferm´es.

- si IntXn=∅pour chaquen≥1 alors Int [

n≥1

Xn =∅.

- en particuliert, si [

n≥1

Xn=X, il existen0tel que IntXn0 6=∅.

R´eciproquement, si (On) est une suite de d’ouverts denses dansX alorsG:=∩On est dense dansX.

2 - Th´eor`emes de Hahn-Banach, forme lin´eaire continue, hyperplan et s´eparation des convexes Th´eor`eme 2.1. (forme analytique de Hahn-Banach) SoitEun ev etpune application sous-additive et positivement homog`ene, i.e. p:E→R+ satisfait l’in´egalit´e triangulaire et

(i0) p(λ x) =λ p(x) ∀x∈E, ∀λ >0.

SoitG⊂E un sous-espace vectoriel etg:G→Rune application lin´eaire telle que g(x)≤p(x) ∀x∈G.

Il existe alors une forme lin´eairef d´efinie surE qui prolongeg, i.e.

f(x) =g(x) ∀x∈G et telle que

f(x)≤p(x) ∀x∈E.

Preuve du Th´eor`eme 2.1: On d´efinit

P := {h; h:D(h) → R, D(h) s.ev. deE, G⊂D(h), hlin´eaire, h|G=g, h(x)≤p(x)∀x∈D(h)}.

(2)

P est muni de la relation d’ordre:

(h1≤h2) ⇔ D(h1)⊂D(h2) et h2|D(h1)=h1.

Il est clair que P 6=∅ puisque g ∈P. P est inductif: siQ ={hi}i∈I ⊂ P est totalement ordonn´e, alors on d´efinit D(h) = ∪i∈ID(hi) et h(x) = hi(x) si x ∈D(hi), de sorte que hest un majorant de Q. Par le lemme de Zorn il existe un ´el´ement maximalf `aP. Montrons queD(f) =E. Supposons par l’absurde que D(h)6=E. Construisons un majorant strict `af. Il existex0∈E,x0∈/D(f). On d´efinit

D(h) =D(f) +Rx0, h(x+t x0) =f(x) +t α ∀x∈D(f), ∀t∈R, avecα∈R`a d´etreminer. On doit assurer

f(x) +t α≤p(x+t x0) ∀x∈D(f), ∀t∈R, et il suffit de montrer par homog´en´eit´e def et homog´en´eit´e positive dep

f(x) +α≤p(x+x0), f(x)−α≤p(x−x0) ∀x∈D(f).

Or

f(x) +f(y) =f(x+y)≤p(x+y)≤p(x−x0) +p(y+x0) ∀x, y∈D(f), de sorte que

f(y)−p(y+x0)≤p(x−x0)−f(x) ∀x, y∈D(f),

et il suffit de prendreαcompris entre la borne sup´erieure du terme de gauche et la borne inf´erieure du terme

de droite. tu

Dans toute la suite E d´esigne un e.v.n. Soit E0 son dual topologique. C’est l’espace vectoriel des formes lin´eaires continues surE, que l’on munit de la norme duale

kfkE0 =kfk= sup

x∈E,kxk≤1

|f(x)|= sup

x∈E,kxk≤1

hf, xi.

On a donc

∀f ∈E0, ∀x∈E hf, xi ≤ kfkE0kxkE.

Remarque 2.1. La forme analytique de Hahn-Banach affirme en particulier que pour un evn E, un sev G⊂E et une forme lin´eaire continueg∈G0, il existe f ∈E0 telle que f|G =g et kfkE0 =kgkG0 (prendre p(x) :=kgkG0kxkE).

Corollaire 2.2. Pour toutx∈E, on a kxk= sup

f∈E0,kfk≤1

|hf, xi|= max

f∈E0,kfk≤1|hf, xi|.

Preuve du Corollaire 2.2. L’in´egalit´e≥est imm´ediate. Montrons≤. On consi`erex6= 0 et on d´efinitG=Rx et l’application lin´eaire

∀y∈G, g(y) =t avec t∈R tel que y=t x kxk.

Comme kyk = t, on a |g(y)| = kyk. Le th´eor`eme de Hahn-Banach affirme l’existence d’une application lin´eairef :E→Rtelle que|f(x)| ≤ kxk, de sorte quef ∈E0 etkfk ≤1, et donc

hf, xi=g(x) =kxk.

u t

(3)

Remarque 2.3. PourE=Lp (ou`p) avecp∈[1,∞), on prendra simplementg =kfk1−pLp f|f|p−2∈Lp0, pour E=L on prendrag = sign(f)1K ∈L1, avec mes(K) = 1 et kg1KkL =kgkL, pourE =` on n’a pas en g´en´eralkfk`1 =hf, giavecg∈B`1: prendre par exemplef = (fk),fk= 1−1/k.

D´efinition 2.3. Soient A, B⊂E. On dit que l’hyperplanH = [f =α], f forme lin´eaire,α∈R, s´epareA etB au sens large si l’on a

f(a)≤α ∀a∈A et f(b)≥α ∀b∈B, s´epareAetB au sens strict s’il existeε >0 tel que

f(a)≤α−ε ∀a∈A et f(b)≥α+ε ∀b∈B.

Rappelons que l’hyperplanH est ferm´e si, et seulement si,f ∈E0.

Th´eor`eme 2.4. (premi`ere forme g´eom´etrique de Hahn-Banach). SoientA, B ⊂E deux ensembles convexes, non vides et disjoints. On suppose queAest ouvert. Alors il existe un hyperplan ferm´e qui s´epare Aet B au sens large.

Lemme 2.5. Soit O ⊂ E un convexe ouvert non vide et soit x0 ∈ E avec x0 ∈/ O. Alors il existe un hyperplanH = [f =α] qui s´epare{x0}etO au sens large.

Preuve du Lemme 2.5. Par translation on peut supposer 0 ∈ O. On introduit la jauge p = pO de O.

On rappelle que pO est sous-additive, positivement gomog`ene et O = {x ∈ E, pO(x) <1}. On introduit G=Rx, g:G→R, g(t x0) =t. Il est clair que g(x)≤p(x) ∀x∈Gpuisque g(x0) = 1≤p(x0) (puisque x0∈/O) et g(−x0)≤0≤p(−x0). Par Hahn-Banach analytique, il existef ∈E tel quef|G =g et

f(x)≤p(x)≤ 2

rkxk ∀x∈E, puisque (r/2)x/kxk ∈O si on choisitr >0 tel queB(0, r)⊂O, puis

|f(x)| ≤ 2

rkxk ∀x∈E,

puisque les deux applications sont (”r´eelement”) homog`enes. En particulier,f ∈E0. Enfin,hf, x0i=g(x0) = 1 ethf, xi ≤p(x)<1 pour toutx∈O. L’hyperplanH = [f = 1] convient. tu Preuve du Th´eor`eme 2.4. On introduit O =A−B = {a−b; a ∈ A, b ∈ B} qui est non vide, convexe (imm´ediat), ne contenant pas l’origine (car Aet B sont disjoints) et ouvert (puisque O=∪b∈B(A−y) est une union d’ouverts). On s´epare{0}et O au sens large grˆace au lemme 2.5. On a donc 0≤ hf, ai − hf, bi pour touta∈A, b∈B et un certainf ∈E0. L’hyperplan [f =α], avecα= infa∈Ahf, ai, s´epareAet B au

sens large. tu

Th´eor`eme 2.6. (deuxi`eme forme g´eom´etrique de Hahn-Banach). Soient A, B⊂Edeux ensembles convexes, non vides et disjoints. On suppose queAest ferm´e etBest compact. Alors il existe un hyperplan ferm´e qui s´epareAet B au sens strict.

Preuve du Th´eor`eme 2.6. On d´efinitAε=A+B(0, ε),Bε=B+B(0, ε). Ce sont des convexes, ouverts, non vides et disjoints pourε < δ/2 avecδ:= dist(A, B)>0. On s´epareAεetBεau sens large par un hyperplan H = [f =α] grˆace `a la premi`ere forme g´eom´etrique de Hahn-Banach. On a alors

hf, a+ε ui ≤α≤ hf, b+ε vi ∀a∈A, b∈B, u, v∈BE, et donc

hf, ai+η≤α≤ hf, bi −η ∀a∈A, b∈B,

avecη=εkfk. tu

(4)

Corollaire 2.7. SoitF ⊂E un sous-espace verctoriel tel que ¯F 6=E. Alors il existef ∈E0 tel quef 6= 0 et hf, xi= 0 ∀x∈F.

R´eciproquement, soitD un sous-espace vectoriel tel que (f ∈E0 et f|D = 0 implique f ≡ 0) alorsD est dense dansE.

Preuve du Corollaire 2.7. Prendrex0∈E\F¯et s´eparerx0 et ¯F au sens strict. tu On d´eduit ´egalement du th´eor`eme de Hahn-Banch le r´esultat fondamental suivant (pour lequel on a ´egalement une preuve ´el´ementaire en raisonnant par r´ecurrence surn∈N).

Lemma 2.8. (des noyaux) SoitX un ev. ϕ,ϕ1, ...,ϕn des formes lin´eaires telles que [ϕi(v) = 0 ∀i= 1, ..., n] =⇒ [ϕ(v) = 0],

i.e. \

i=1,...,n

kerϕi⊂kerϕ. Il existe alors des r´eelsλ1, ...,λn tels que ϕ= X

i=1,...,n

λiϕi.

Preuve du Lemme 2.8. On d´efinitF :X→Rn+1,x7→(ϕ(x), ϕ1(x), ..., ϕn(x)),A=F(X) eta= (1,0, ...,0).

L’ensembleAest un convexe (sev), ferm´e, non vide et, par hypoth`ese,a /∈A. On peut donc s´epareraet A au sens strict dansRn+1: il existe (µ, µ1, ..., µn)∈Rn+1 etα∈Rtels que

µ < α≤µ ϕ(x) + X

i=1,...,n

µiϕi(x) ∀x∈X.

Par lin´earit´e, on d´eduit

µ ϕ(x) + X

i=1,...,n

µiϕi(x) = 0 ∀x∈X,

ce qui implique µ <0 et on conclut en posantλi =−µi/µ. tu

D´esormais dans ce chapitre, tous les espaces vectoriels consid´er´es seront suppos´es ˆetre des espaces de Banach.

3 - Le th´eor`eme de Banach-Steinhaus.

Th´eor`eme 3.1. (Banach-Steinhaus ou Principle of Uniform Boundedness). Soient E et F deux espaces de Banach. Soit (Ti)i∈I une famille d’op´erateurs lin´eaires continus deE dansF. On suppose

(1) sup

i∈I

kTixk<∞ ∀x∈E.

Alors

(2) sup

i∈I

kTikL(E,F)<∞,

i.e. il existeC tel quekTixkF ≤CkxkE pour toutx∈E,i∈I.

Preuve du Th´eor`eme 3.1. On d´efinitEn :={x ∈E; supi∈IkTixk ≤n}. En appliquant le lemme de Baire, on voit qu’il existen0 tel queEn0 contient une bouleB(x0, r). Alors,

∀i∈I, ∀z∈BE kTi(x0+r z)k ≤n0,

et on conclut ais´ement. tu

(5)

Corollaire 3.2. SoientEetF deux espaces de Banach et soit (Tn) une suite d’op´erateurs lin´eaires continus deE dansF tels que pour toutx∈E,Tnxconverge quandn→ ∞vers une limite not´ee T x. On a alors

sup

n

kTnkL(E,F)<∞, T ∈ L(E, F) et kTkL(E,F)≤lim inf

n→∞ kTnkL(E,F).

Preuve du Corollaire 3.2. Comme kTnxkest born´ee, par BS, il existeC tel quekTnxk ≤Ckxkpour tout x ∈ E, n ∈N. A la limite, on obtient kT xk ≤ Ckxkpour tout x ∈E. Il est ´egalement clair que T est lin´eaire. Enfin, on akTnxk ≤ kTnkL(E,F)kxkpour toutx∈E, d’o`u le dernier point. tu 4 - La topologie faible σ(E, E0) de E.

Proposition 4.1. La famille de semi-normes (pf)f∈E0, pf(x) :=|hf, xi|, s´epare les points.

Preuve du Proposition 4.1. Pour tout x ∈E, x 6= 0, on akxk= maxfpf(x) par le corollaire de la forme analytique du Th´eor`eme de Hahn-Banach, et donc∃f ∈E0 tel que pf(x)6= 0. tu D´efinition 4.2. La topologie σ(E, E0) est la toplogie d’evtlcs de E associ´ee `a la famille de semi-normes (pf)f∈E0,pf(x) :=|hf, xi|. Ajoutons deux remarques:

- Pour toutx0∈E, une base de voisinage dex0 pour la topologieσ(E, E0) est donn´ee par les ensembles de la forme

V ={x∈E; |hfi, x−x0i|< ε ∀i∈J}

o`uJ est fini, fi∈E0 et ε >0.

- La topologie σ(E, E0) est exactement la toplogie la moins fine rendant continues toutes les applications lin´eairesx 7→ hf, xi. En effet, pourT :E →R lin´eaire, on ax7→ |T x|est continue (en 0) si, et seulement si,x7→T xest continue.

Remarque 4.3. La topologie σ(E, E0) est plus grossi`ere que la topologie (initiale) de E (i.e. induite par la norme): les ouverts de σ(E, E0) sont des ouverts pour la topologie forte. Si la dimension de E est finie alors les deux topologies co¨ıncident. En effet, si (ei)i=1,...,N est une base de E, alors la famille des semi-normes (pei) engendreσ(E, E0) et est ´equivalente `a la norme. Si la dimension deE est infinie alors la topologieσ(E, E0) n’est pas m´etrisable et elle poss`ede strictement moins d’ouverts que la topologie initiale.

Par exemple,U ={x; kxk<1}n’est jamais ouvert pour la topologieσ(E, E0) puisque en dimension infinie les ouverts deσ(E, E0) contiennent au moins une droite (et en fait un sous-espace affine de dimension infinie).

Exercice 4.3. D´emontrer avec pr´ecision les assertions de la Remarque 4.3.

Remarque 4.4. LorsqueEest de dimension infinie il existeen g´en´eraldes suites qui convergent faiblement mais pas fortement. C’est toujours le cas si E0 est s´eparable ou si E est r´eflexif. Par exemple, si E = H =`2(N), qui est un espace de Hilbert, en particulierH0 =`2(N), et si on note en = (δi=n)i∈N la base Hilbertienne usuelle, alorsen*0 σ(`2, `2) etkenk`2 = 1 pour toutn≥1. N´eanmoins, il existe des espaces de Banach de dimension infinie dans lesquels toute suite faiblement convergente est fortement convergente, par exemple `1 poss`ede cette propri´et´erare. Cela n’est pas en contradiction avec le fait que σ(`1, `) ne co¨ıncide pas avec la topologie de`1, car (`1, σ(`1, `)) n’est pas m´etrisable.

Exercice 4.4. D´emontrer le lemme de Schur: toute suite de `1 qui est faiblement convergente (pour la topologieσ(`1, `)) est fortement convergente (au sens de la norme de`1).

Proposition 4.5. Soit (xn) une suite deE. On a (i)xn* x σ(E, E0) ssihf, xni → hf, xi ∀f ∈E0; (ii)xn → xfortement impliquexn* xfaiblement;

(iii)xn* x σ(E, E0) implique (kxnk) born´ee etkxk ≤lim infkxnk;

(iv)xn* x σ(E, E0) etfn → f fort impliquehfn, xni → hf, xi.

(6)

Preuve de la Proposition 4.5. (i) cf. chapitre 1.

(ii) Puisque|hf, xn−xi| ≤ kfk kxn−xk →0.

(iii) On d´efinit Sy : E0 → R, Sy(f) =hf, yi, de sorte que par hypoth`ese Sxn(f)→Sx(f) lorsquen→ ∞ pour toutf ∈E0. On remarque que par Hahn-Banach

kSyk= sup

f∈E0,kfk≤1

|Sy(f)|= sup

f∈E0,kfk≤1

|hf, yi|=kyk.

Par le corollaire de Banach-Steinhaus, on a

∃C kSxnk ≤C et kSxk ≤lim infkSxnk.

(iv) Puisque

|hfn, xni − hf, xi| ≤ |hfn−f, xni|+|hf, xn−xi| →0.

Th´eor`eme 4.6. SoitC⊂Econvexe. AlorsCest faiblement ferm´eσ(E, E0) si et seulement s’il est fortement ferm´e.

Preuve du Th´eor`eme 4.6. On sait d´ej`a que faiblement ferm´e implique fortement ferrm´e. Supposons donc que C est un convexe ferm´e et montrons que O =Cc est ouvert. En effet, ´etant donn´ex0 ∈O, on peut s´eparer{x0}etC au sens strict:

∃f ∈E0, ∃α∈R hf, x0i< α <hf, yi ∀y∈C,

ce qui implique queV :={x∈E, hf, xi< α}est un ouvert deσ(E, E0) etx0∈V ⊂O. tu Exercice 4.6. SoitE un espace de Banach et soitC un convexe deE. Montrer qu’il y a ´equivalence entre (a)C est s´equentiellement ferm´e faible; (b)Cest s´equentiellement ferm´e;

(c)C est ferm´e; (d)C est ferm´e faible.

Exercice 4.7. Soit E un evn de dimension infinie. Montrer que la topologie faible σ(E, E0) n’est pas m´etrisable. (Ind. Raisonner par l’absurde, et supposer qu’il existe une m´etrique dsur E engendrant une topologie identique `aσ(E, E0). En particulier, cela implique que pour tout entierk≥1, il existe un voisinage Vk de 0 de la topologie faible tel que

Vk

x∈E; d(x,0)< 1 k

.

En utilisant ces voisinages, montrer qu’il existe une partie d´ebombrableF ⊂E0, telle que tout g∈E0 est combinaison lin´eaire d’un nombre fini ´el´ements deF; conclure).

5 - La topologie faible ∗σ(E0, E)de E0.

Proposition 5.1. La famille de semi-normes (qx)x∈E,qx(f) :=|hf, xi|, s´epare les points.

D´efinition 5.2. La topologie faible∗σ(E0, E) est la toplogie d’evtlcs de E0 associ´ee `a la famille de semi- normes (qx)x∈E. Pour toutf0∈E0, une base de voisinage def0 pour la topologieσ(E0, E)∗est donn´ee par les ensembles de la forme

V ={f ∈E0; |hf−f0, xii< ε ∀i∈J} o`uJ est fini xi∈E et ε >0.

Remarque 5.3. On d´efinitE00 le bidual deE, comme ´etant le dual deE0, muni de la norme ξ∈E00 7→ kξk:= sup

f∈BE0

|hξ, fi|.

(7)

On d´efinitJ :E →E00 l’injection canonique comme suit: soit x∈E fix´e, l’applicationf ∈E0 7→ hf, xi de E0 dansRest lin´eaire et continue, c’est donc un ´el´ement deE00 que l’on noteJ x. On a alors

∀x∈E, ∀f ∈E0 hJ x, fiE00,E0 =hf, xiE0,E.

Il est clair que J est lin´eaire et queJ est une isom´etrie, i.e. kJ xkE00 =kxkE pour toutx∈E; en effet par Hahn-Banach

kJ xkE00 = sup

f∈BE0

hJ x, fiE00,E0 = sup

f∈BE0

hf, xiE0,E

H.B.= kxkE.

On peut donc toujours identifi´eE=J(E) `a un sev ferm´e (car complet) deE00. Il peut arriver queJ(E)6=E00 (si E = L1, L ou C(K)). Il existe cependant des espaces de Banach tels que J(E) = E00 (si E est de dimension finie, siE =Lp, 1< p <∞, ou siE est un espace de Hilbert), on dit alors queE est r´eflexif.

Quelques propri´et´es des espaces r´eflexifs seront pr´esent´ees au prochain paragraphe. Lorsque queJ n’est pas surjective deE surE00(i.e. E6=E00) alors la topologieσ(E0, E) est strictement moins fine que la topologie σ(E0, E00). Il existe mˆeme des convexes ferm´es pour σ(E0, E00) qui ne sont pas ferm´es pourσ(E0, E)∗: par exemple siξ ∈E00\E alorsH = kerξ est ferm´e pour la topologie forte deE0, donc pour la topologie faible σ(E0, E00), mais n’est pas ferm´e pour la topologie faible∗-σ(E0, E).

Proposition 5.4. Soit (fn) une suite deE0. On a (i)fn

* f σ(E 0, E) ssihfn, xi → hf, xi ∀x∈E;

(ii)fn → f fortement implique fn* f faiblementσ(E0, E00);

etfn* f faiblementσ(E0, E00) impliquefn

* f faiblementσ(E0, E);

(iii)fn

* f faiblementσ(E0, E) implique (kfnk) born´ee etkfk ≤lim infkfnk;

(iv)fn

* f faiblementσ(E0, E) etxn → xfort impliquehfn, xni → hf, xi.

Preuve de la Proposition 5.4. identique `a la preuve de la Proposition 4.5.

Remarque 5.5. Sifn* f σ(E0, E00) ouσ(E0, E)∗etxn* x σ(E, E0) on ne peut pas conclure quehfn, xni → hf, xi. En effet, dans `2, en posant xn = fn = (δi=n)i≥1, on a fn, xn*0 au sens σ(`2, `2) et pourtant hfn, xni= 16→0!

Th´eor`eme 5.6. SupposonsEs´eparable. Alors la boule unit´eBE0 ={f ∈E0;kfk ≤1}est s´equentiellement compacte au sens de la convergenceσ(E0, E).

Preuve du Th´eor`eme 5.6. Soit (xp) une suite dense deBE. Soit (fn) une suite deBE0. Pour toutp, la suite (hfn, xpi)nest born´ee dansR. Par le proc´ed´e diagonal de Cantor, on peut extraire une sous-suite (fnk) telle quehfnk, xpiconverge vers une limite, not´eeTp, pour toutp∈N. En effet, il suffit de d´efinir par r´ecurrence ϕpk telle que (ϕp+1k )⊂(ϕpk) ethfϕp

k, xpiconverge, puis de prendrenk:=ϕkk.

Pour toutx∈E, la suite (hfnk, xi)kconverge vers une limite not´eef(x). En effet, c’est une suite de Cauchy, puisque pour toutε >0 il existexp tel que kx−xpk ≤ε/3 et donc

|hfnk−fnk0, xi| ≤ |hfnk−fnk0, x−xpi|+|hfnk−fnk0, xpi| ≤ε pourk etk0 assez grands.

En reprenant la fin de la preuve du corollaire de Banach-Steinhaus, on en d´eduit quef est lin´eaire,f ∈E0 etkfk ≤1. On a donc fnk

* f faiblementσ(E0, E). tu

Proposition 5.7. Soit E un espace de Banach s´eparable. Alors BE0 est m´etrisable pour la topologie σ(E0, E).

Preuve de la proposition 5.7. Soit (xk) une famille d´enombrable et dense deBE. On a montr´e au chapitre 1 comment construire une distance d dont la topologie induite est ´equivalente `a la topologie T engendr´ee par la suite de semi-normes (pk) d´efinies par pk(f) :=|hf, xki|. Il suffit donc de montrer que sur BE0 la

(8)

topologie σ(E0, E) est ´equivalente `a la topologie T. Evidemment σ(E0, E) ⊂ T (un ouvert de T est un ouvert de σ(E0, E)). Soit maintenant U un ouvert de BE0 pour la topologie σ(E0, E) et contenant 0. Il existe (yi)i=1,...,n et ε >0 tels que

V :={f ∈BE0, |hf, yii|< ε∀i= 1, ..., n} ⊂U.

On fixek1, ...,kn tels quekyi−xkik ≤ε/2. Alors, par in´egalit´e triangulaire, on a W :={f ∈BE0, |hf, xkii|< ε/2} ⊂V

de sorte queW ∈ T etW ⊂U. tu

Exercice 5.7. R´eciproquement, montrer queBE0 est m´etrisable pour la topologieσ(E0, E) alorsE est s´eparable. (Ind. Soit d une m´etrique ´equivalente `a la topologie faible σ(E0, E). Montrer que pour tout n∈N, il existeDn une partie finie deE et εn>0 tel que

Vn:={f ∈BE0; |hf, xi|< εn ∀x∈Dn} ⊂ {f ∈BE0; d(f,0)<1/n}.

En d´eduire une partie d´enombrableD deE telle que leR-espace vectoriel engendr´e par D est dense dans E. PrendreD=∪nDn et v´erifier quehf, xi= 0 pour toutx∈D impliquef = 0). Montrer que siEest un Banach de dimension infinie alorsE0 n’est jamais m´etrisable pour la topologieσ(E0, E). tu Corollaire 5.8. Soit E un espace de Banach s´eparable. Alors BE0 est compacte pour la topologie

∗σ(E0, E).

Remarque 5.9. LorsqueE n’est pas s´eparable on peut encore montrer que BE0 est compacte au sens de la topologie σ(E0, E). Il faut pour cela utiliser le th´eor`eme de Tykonov qui affirme que tout produit de compacts est compact, dont la d´emonstration fait appel `a la th´eorie des filtres (et `a l’existence d’ultra-filtre), qui repose (et tout cela est plus ou moins ´equivalent ....) sur le lemme de Zorn/ l’axiome du choix.

Th´eor`eme (Banach-Alaoglu-Bourbaki). (exo) SoitE un espace de Banach. AlorsBE0 est compacte pour la topologie∗σ(E0, E).

Il existe des convexes ferm´es (forts ou faibles σ(E0, E00)) de E0 qui ne sont pas ferm´es de∗σ(E0, E) (si E n’est pas reflexif!). Par exemple, H ={ξ = 0}pour ξ ∈E00\E. Par contre la boule ferm´eeBE0 est ferm´ee (par BAB) et s´equentiellement ferm´ee (direct). Il existe mˆeme des convexes ferm´es born´es deE0 qui ne sont pas s´equentiellement ferm´e: prendre H ∩BE0. Question: est-il vrai que l’adh´erence forteE0 d’un ouvert convexe de E0 est un ferm´e∗σ(E0, E)?

6 - Espaces r´eflexifs.

D´efinition 6.1. SoitE un espace de Banach et soit J l’injection canonique deE dans E00. On dit queE est r´eflexif siJ(E) =E00 et dans ce cas on identifie implicitementE et E00.

Notons que la r´eflexivit´e est une notion topologique: siEest isomorphe `aF alorsEest r´eflexif si et seulement siF est r´eflexif. En effet, siT :E→F est un isomorphisme d’espace de Banach alorsJF =T∗∗JET−1, o`u T∗∗:E00→F00d´enote l’op´erateur bi-adjoint deT, puisque pour toutx∈E,g∈F0 on a

hJFT x, gi=hg, T xi=hTg, xi=hJEx, Tgi=hT∗∗JEx, gi.

D´efinition 6.2. SiT :E→F est un op´erateur lin´eaire continu, on d´efinit l’op´erateur adjointT:F0→E0 par

hTg, xi=hg, T xi ∀x∈E, g∈F0.

En effet, on remarque que x 7→ hg, T xi d´efinit une application lin´eaire continue de E dans R, on la note Tg∈E0. Il est clair queg7→Tgest lin´eaire et que (par Hahn-Banach forme analytique)

kTkL(F0,E0)= sup

g∈BF0

kTgkE0 = sup

g∈BF0, x∈BE

|hTg, xi|= sup

g∈BF0, x∈BE

|hg, T xi|H.B.= sup

x∈BE

kT xk=kTkL(E,F).

(9)

Proposition 6.3. SoitE un espace r´eflexif. Tout sous-espace vectoriel ferm´eM⊂Eest un espace r´eflexif.

Tout produit fini d’espaces r´eflexifs est r´eflexif.

Preuve de la Proposition 6.3.On d´efinit l’op´erateur de restrictionR:E0→M0,f 7→f|M et T :M00→E00 l’op´erateur d´efini par dualit´e (i.e. T =R)

∀ξ ∈M00, ∀f ∈E0 hT ξ, fiE00,E0 =hξ, R fiM00,M0. CommeT ξ∈E00 et queE est r´eflexif, il existex∈Etel que T ξ=J x. On a donc,

∀ξ ∈M00 ∃x∈E; ∀f ∈E0 hξ, R fi=hf, xiE0,E

Montronsx∈ M. Dans le cas contraire, on peut s´eparer strictement{x} et M dans E: ∃f ∈E0, ∃ε >0 tels que

hf, yi ≤ hf, xi −ε pour tout y∈M.

M ´etant un s.e.v., cela impliquef|M ≡0, puis donchf, xi>0. Mais def|M ≡0, on d´eduitR f = 0, puis hf, xi=hξ, R fi= 0 et une contradiction.

Enfin, toute forme lin´eaire continue surM,ϕ∈M0, est la restriction `aMd’une forme lin´eaire continue sur E, ˜ϕ∈E0 (par Hahn-Banach). Soit donc, ϕ= ˜ϕ|M =Rϕ. On a donc, pour˜ ξ ∈M00 et x∈ M construit comme pr´ec´edemment:

∀ϕ∈M0 hξ, ϕiM00,M0 = hξ, Rϕi˜M00,M0 =hT ξ,ϕi˜E00,E0

= hϕ, xi˜ E0,E=hϕ, xiM0,M

AinsiM est r´eflexif. tu

Proposition 6.4. SoitE un Banach.

a)E r´eflexif ⇔ E0 r´eflexif;

b)E0 s´eparable ⇒ E s´eparable;

c)E r´eflexif et s´eparable ⇔ E0 r´eflexif et s´eparable.

Remarque 6.4.Il existeE s´eparable tel queE0 n’est pas s´eparable (exemples: `1, L1). Il existe E e.v.n. tel queE0 est r´eflexif etEne l’est pas (exempleE= (D,k.k`2) de sorte queE0 =E00=`2).

Preuve de la Proposition 6.4.a) SiE est r´eflexif, on a (E0)00= (E00)0=E0 et donc E0 est r´eflexif. SiE0 est r´eflexif, alorsE00= (E0)0 est r´eflxif etJ(E) (qui est un s.e.v. ferm´e deE00) est r´eflexif. On en d´eduit queE (qui est isomorphe `aJ(E)) est r´eflexif.

b) Soit (fn) une suite d´enombrable dense dansE0. Soit (xn) une suite deEtelle quekxnk= 1 ethfn, xni ≥ kfnk/2. On d´esigne parL l’ensemble des combinaisons lin´eaires finies `a coefficients dansQdes (xn) etM leR-e.v. engendr´e par les (xn). On sait d´ej`a (par construction) queM est s´eparable. Montrons qu’il est dense dansE. Soitf ∈E0 tel quehf, xi= 0 pour toutx∈M. Etant donn´eε >0, il existefn ∈E0 tel que kf−fnk< ε. On a alors

1

2kfnk ≤ hfn, xni=hfn−f, xi+hf, xni=hfn−f, xi ≤ kf−fnk< ε.

Donckfk ≤ kf−fnk+kfnk ≤3ε, etf = 0. On d´eduit d’un corollaire de Hahn-Banach que M est dense

dansE. tu

c) On sait d´ej`a que si E0 est r´eflexif et s´eparable alors E est r´eflexif et s´eparable. Inversement, si E est r´eflexif et s´eparable, alorsE00 est r´eflexif et s´eparable, et donc ´egalementE0. tu Proposition 6.5. SoitE un espace r´eflexif. SoitF ⊂E0 un sev ferm´e tel que (x∈E ethf, xi= 0∀f∈F impliquex= 0). AlorsF =E0.

(10)

Preuve de la Proposition 6.5. On applique un corollaire de Hahn-Banach g´eom´etrique. Soitξ∈E00tel que hξ, fi= 0∀f ∈F. On a alors, pour un certain x∈E, ξ=J x, hf, xi= 0∀f ∈F, et donc par hypoth`ese,

x= 0. On en d´eduitξ= 0 etF est dense dansE0. tu

L’int´erˆet principal des espaces r´eflexifs r´eside dans le r´esultat suivant (`a comparer avec le th´eor`eme de Riesz) qui est une agr´egation des th´eor`emes 4.6, 5.6 et des propositions 6.3 et 6.4.

Th´eor`eme 6.6. SoitEun espace r´eflexif. SoitK⊂E un sous-ensemble convexe, ferm´e et born´e. AlorsK est s´equentiellement compact pour la convergenceσ(E, E0).

Preuve du Th´eor`eme 6.6. Supposons dans un premier tempsE s´eparable. AlorsE0 est s´eparable (Proposi- tion 6.4) et la bouleBEest s´equentiellement compacte pour la topologieσ(E, E0) =σ((E0)0, E0) (Th´eor`eme 5.6). Soit (xn) une suite deK, c’est donc aussi une suite dem BEpourmassez grand. Grˆaces aux remarques pr´ec´edentes, on peut extraire une sous-suite (xnk) qui converge versx∈E au sens de la convergence faible σ(E, E0). On ax∈K (Th´eor`emes 4.6), ce qui conclut dans ce cas.

On ne suppose plusE s´eparable. Etant donn´e une suite (xn) deK on introduitM la fermeture de l’espace vectoriel engendr´e par les (xn). C’est un espace r´eflexif s´eparable (Proposition 6.3) ce qui permet d’appliquer la premi`ere ´etape: il existe une sous-suite (xnk) et x∈K tels que xnk* xau sensσ(M, M0). On conclut

en remarquant queE0 ⊂M0. tu

Th´eor`eme 6.7 (Kakutani et Eberlein-Smulian) (admis). Soit E un espace de Banach. Il y a

´equivalence entre (i)E est r´eflexif;

(ii)BE est compact pour la topologie σ(E, E0);

(iii)BE est s´equentiellement compact pour la convergenceσ(E, E0).

7 - Espaces uniform´ement convexes.

D´efinition 7.1. On dit qu’un espace de BanachE est uniform´ement convexe si: ∀ε >0∃δ >0 tel que x, y∈BE et ky−xk> ε

x+y

2

<1−δ .

Remarque 7.1. On v´erifie ais´ement (faire un dessin en introduisant un troisi`eme point) que si

∀ε >0, ∃δ >0 x, y∈E, kxk=kyk= 1 et ky−xk> ε

x+y

2

<1−δ , alorsE est uniform´ement convexe.

Exemples 7.1. - Un espace de Hilbert (H,(., .)) est uniform´ement convexe pour la norme associ´ee au produit scalaire|.|= (., .)1/2. En effet, d’apr`es l’identit´e du parall´elogramme

a+b 2

2

+

a−b 2

2

=1

2(|a|2+|b|2) ∀a, b∈H, on a pour toutε >0,u, v∈BH,|u−v|> ε,

u+v 2

2

<1−ε2 4 et

u+v 2

<1−δ, δ:= 1−

1−ε2 4

1/2 .

- Les espaces`pet Lp sont uniform´ement convexes pourp∈(1,∞) (on verra cela au chapitre 4).

- Les espaces`1,`,c0,L1,L,C(K) ne sont uniform´ement convexes. On a par exemple dansL1(R) avec u=1[0,1],v=1[1,2] `a la foiskukL1=kvkL1 = 1 etku−vkL1 = 2>0 et pourtantk(u+v)/2kL1= 1. Dans

(11)

L(R) on prendw=u+v, z=u−v de sorte quekwkL =kzkL = 1,k(w+z)/2kL= 1 et pourtant kw−zkL = 2>0.

Th´eor`eme 7.2. SoitE un espace de Banach uniform´ement convexe. Soit (xn) une suite dansE telle que xn* xpour la topologieσ(E, E0) et

lim supkxnk ≤ kxk.

Alorsxn→xfortement.

Preuve du Th´eor`eme 7.2. On peut supposer x 6= 0. On introduit λn = max(kxnk,kxk), yn = λ−1n xn et y=kxk−1x. On a alors λn → kxk, kynk ≤1,kyk= 1 etkynk → kyk. Il suffit de montrer que yn →y dans E pour conclure.

On remaque que

yn+y 2

→1, puisque yn+y

2 * y implique kyk ≤lim inf

yn+y 2

et lim sup

yn+y 2

≤ 1

2(limkynk+kyk) =kyk.

Cela impliqueky−ynk →0 (puisque dans le cas contraireyn0, y ∈BE et ky−yn0k ≥ε >0 impliquerait

yn+y 2

≤1−δ). tu

Soient E et F deux evn. On dit que ϕ: E →F est G-d´erivable en x ∈ E (ou diff´erentiable au sens de Gˆateaux) s’il existeA∈ L(E, F) lin´eaire continue, on noteA=ϕ0(x), telle que

∀y∈E, ∀t∈R ϕ(x+t y)−ϕ(x)−t A y=o(t).

Th´eor`eme 7.3. SoitEun espace de Banach uniform´ement convexe. On suppose que l’applicationϕ:E→ R,x 7→ kxk2 est G-d´erivable. On suppose enfin qu’il existe un sevF ⊂E0 tel que pour tout x∈E on ait ϕ0(x)∈F. AlorsE0 =F.

Commen¸cons par pr´esenter une cons´equence imm´ediate de ce r´esultat.

Th´eor`eme 7.4 (de repr´esentation de Riesz-Fr´echet). SoitH un espace de Hilbert. AlorsH0 =H.

Plus pr´ecis´ement, ´etant donn´ef ∈H0, il existeu∈H tel que hf, vi= (u, v) ∀v∈H.

De plus,kfk=|u|.

Preuve du Th´eor`eme 7.4. On d´efinit l’applicationT:H →H0 par

∀x, y∈H hT x, yi= (x, y).

Il est clair que T est une isom´etrie (kT xk =|x| ∀x ∈ H) et F = T(H) est un sev de H0. D’autre part, ϕ : H → R, y 7→ |y|2 est G-d´erivable en tout point x ∈ H, de d´eriv´eehϕ0(x), zi = (2x, z). On a donc

ϕ0(x)∈F. tu

Lemme 7.5. SoitE un espace de Banach uniform´ement convexe. SoitK⊂Eun convexe ferm´e non vide.

Il existe une applicationpK:E→Ktelle que

∀x∈E, kx−pKxk= min

y∈Kkx−yk.

Si de plus, l’applicationϕ:E→R,x7→ kxk2 estG-d´erivable, alors (1) hϕ0(x−pKx), y−pKxi ≤0 ∀y∈K,

(12)

et cette relation caract´erisepKx.

Si enfinM⊂E est un sev ferm´e, alors

(2) hϕ0(x−pMx), zi= 0 ∀z∈M.

Preuve du Lemme 7.5. i) existence. Soitx∈E\K et soityn ∈Ktelle que kx−ynk=Jn d´ecroˆıt et Jn → J = inf

y∈Kkx−yk>0.

On a doncx−yn∈BE(0, Jp),x−yp∈BE(0, Jp) pourn≥p. Si∃ε >0 tel quekyn−ypk> ε Jp alors, par uniforme convexit´e, il existeδ >0 tel que

x−yn+yp

2 =

(x−yn) + (x−yp) 2

≤Jp(1−δ)< J,

pourpassez grand, ce qui serait absurde. Donc (yn) est une suite de Cauchy. On notepKx sa limite.

ii) unicit´e. Siy1, y2∈K satisfontkx−y1k=kx−y2k=J et y16=y2 alorskx−(y1+y2)/2k< J, ce qui est absurde.

iii) preuve de (1) et (2). On a pour touty∈K et t∈(0,1)

kx−pKxk2 ≤ kx−[(1−t)pKx+t y]k2=kx−pKx+t(pKx−y)k2

≤ kx−pKxk2+thϕ0(x−pKx), pKx−yi+o(t).

On conclut en divisant part et en passant `a la limitet→0. Pour le point (2) on remarque que pour tout z∈M, il existey, y0∈M tels que y−pMx=z,y0−pMx=−z, et on utilise (1). tu iv) (1) et (2) caract´erisentpKx. On remarque que commeψ(a) :=ϕ(a−pKx) est convexe, on a

(3) ψ(b)−ψ(a)≥ hψ0(a), b−ai.

En effet, il suffit d’´ecrire le crit`ere de convexit´e

ψ(t b+ (1−t)a)≤t ψ(b) + (1−t)ψ(a) sous la forme

1

t[ψ(a+t(b−a))−ψ(a)]≤ψ(b)−ψ(a)

et de passer `a la limite t → 0. Si pKx ∈ E v´erifie (1) on d´eduit que pKx est solution du probl`eme de minimisation grˆace `a (3).

Exercices 7.5. a) Montrer que x 7→ pKx est continue. (Ind. Prendre une suite xn → x /∈ K (le cas x∈Kest trivial) et montrer queJn= dist(xn, K)→J = dist(x, K). En d´eduire que l’on ne peut pas avoir kpKxn−pKxk ≥ε >0 pour toutn.

b) Montrer que dans le lemme 7.5 on peut remplacer l’hypoth`ese ”E un espace de Banach uniform´ement convexe” par l’hypoth`ese ”Eest un espace r´eflexif”.

Preuve du Th´eor`eme 7.3. Soitf ∈E0, f 6= 0. On d´efinit l’hyperplan ferm´eM = kerf 6=E. Soit x0∈E, x0∈/M. Alors

0(x0−pMx0), yi= 0 ∀y∈M,

i.e. kerf ⊂kerϕ0(x0−pMx0). Il existe doncλ6= 0 tel quef =λ−1ϕ0(x0−pMx0)∈F. tu Th´eor`eme 7.6 (Milman-Pettis). Tout espace de Banach uniform´ement convexe est r´eflexif.

8 - Espaces de Hilbert.

(13)

D´efinition 8.1. SoitH un espace vectoriel. On appelle produit scalaire, on note (., .) une forme bilin´eaire deH×H dansR, sym´etrique, d´efinie positive:

∀u∈H (u, u)≥0 et (u, u) = 0 ⇒ u= 0.

On dit queH est un espace de Hilbert s’il est muni un produit scalaire (., .) et s’il est complet pour la norme associ´ee au produit scalaire: ∀u∈H |u|= (u, u)1/2.

Remarque 8.1. Rappelons qu’un produit scalaire v´erifie l’in´egalit´e de Cauchy-Schwarz:

∀u, v∈H |(u, v)| ≤ |u| |v|.

En effet, il suffit de d´evelopper (en utilisant la bilin´earit´e du produit scalaire) l’expression 0≤(u+t v, u+t v) et d’´ecrire la condition pour un polynˆome du deuxi`eme degr´e en t d’ˆetre toujours positif. L’in´egalit´e de Cauchy-Schwarz permet de v´erifier facilement que |.| satisfait l’in´egalit´e triangulaire et en conclure que

|.| : H →R+ est bien une norme. Enfin, une norme issue d’un produit scalaire est caract´eris´e par le fait qu’elle v´erifie l’identit´e du parall´elogramme:

∀a, b∈H

a+b 2

2

+

a−b 2

2

= 1

2(|a|2+|b|2).

Th´eor`eme 8.3. (Projection sur un convexe ferm´e)SoitK⊂H un convexe ferm´e non vide. Il existe une applicationpK :H →K telle que

(4) ∀u∈H, |u−pKu|= min

v∈K|u−v|.

De plus,pKuest caract´eris´e par

(5) (u−pKu, v−pKu)≤0 ∀v∈K.

et l’applicationpK:H→Kest 1-Lipschitzienne. Si enfinM⊂Eest un sev ferm´e, alorspMuest caract´eris´e par

(6) pMu∈M, (u−pMu, v) = 0 ∀v∈M.

Preuve du Th´eor`eme 8.3. Les seuls points nouveaux sont le caract`ere Lipschitzien (cas g´en´eral) et lin´eaire (siK=M sev) depK.

On a

(u1−PKu1, v−PKu1)≤0, (u2−PKu2, v−PKu2)≤0 ∀v∈K.

On prendv=u2dans la premi`ere in´egalit´e etv=u1 dans la seconde in´egalit´e. On obtient (u1−PKu1−u2+PKu2, PKu2−PKu1)≤0

de sorte que

|PKu2−PKu1|2≤(u2−u1, PKu2−PKu1)≤ |u2−u1| |PKu2−PKu1|

et donc|PKu2−PKu1| ≤ |u2−u1|. tu

Th´eor`emes de Stampacchia et de Lax-Milgram Somme Hilbertienne et Base Hilbertienne.

9 - Quelques Compl´ements.

(14)

Dans cette section nous d´emontrons quelques r´esultats ”abstraits” suppl´ementaires li´es aux topologies faibles dans les espaces de Banach.

Questions: SoitX un espace de Banach muni d’une topologie/converge faibleσ(X, Y) avecY X0telle que cette topologie s´epare les points. Plus pr´ecis´ement, on consid`ereX=Emuni de la topologie/convergence faibleσ(E, E0) ouX=E0muni de la topologie/convergenceσ(E0, E).

1 - SoitT une forme lin´eaire surX. A-t-onT est s´equentiellement faiblement continue ssiT est faiblement continue ? 2 - Montrer queU:={xE, kxk<1}n’est pas ouvert pour la topologie faibleσ(E, E0) siEest de dimension infinie.

3 - La topologie faible deX fait-elle deX un espace complet?

eponses: 1 - SoitT :X Rune forme lin´eaire s´equentiellement faiblement continue dansX. Montrons queT(BX) est born´e. Dans le cas contraire, il existe .existe une suite (xn) telle quexnBXetT(xn)n. On arrive `a une contradiction en consid´erantyn=n−1/2xn0 dansX fort (donc dansXfaible) et pourtantT(yn)n1/26→0!

2 - SiUest ouvert au sens deσ(E, E0), il existeε >0 etf1, ..., fnE0tels que 0∆ :=

n

\

i=1

kerfi⊂ {xE;|hfi, xi|< εi= 1, ..., n} ⊂U,

et on peut supposer que lesfisont lin´eairement ind´ependantes. Soit ∆ contient un point autre que l’origine et donc une droite et cela contredit l’inclusion ∆U, soit ∆ ={0}. Cela signifie alors que pour toutfE0on a∩kerfikerfet par le lemme des noyaux, il existe (λi) tels quef=P

λifi. On a doncERnet doncEE00Rn. DoncE est de dimension finie.

3 - Il y a a priori deux sens `a donner aux suites de Cauchy: une suite de Cauchy s´equentielle est une suite (xn) telle que (hy, xni) est de Cauchy pour tout y Y; une suite de Cauchy au sens topologique est une suite (xn) telle que pour tout voisinageV de l’origine (au sensσ(X, Y)) il existeN tel quexnxpV n, pN. En fait, ces deux notions co¨ıncident (reprendre la preuve du fait que la convergence au sens topologique est la convergence ”dans chaque direction”). Ce qui est clair est que l’espaceE0muni de la convergenceσ(E0, E)-∗est complet (il suffit d’appliquer Banach-Steinhaus), donc ´egalement la topologieσ(E, E0) siEest r´eflexif. Il est ´egalement vrai queL1muni de la convergenceσ(L1, L) est complet (voir la preuve de Dunford-Pettis, cela provient de ce queL1locL2loc+εBL1 pour toutε >0). Idem pour`1 muni de la convergence faible σ(`1, `): il est complet (cela se montre ”coordonn´ee par coordonn´ee”). Par contre la topologieσ(c0, `1) n’est pas compl`ete (doncE=c0,E0=`1,E00=`). En effet, soitxn= (1, ...,1,0, ...,0, ...). Pour touty`1 on ahy, xni →P

yn=hy,1io`u 1 = (1, ....,1, ....) `\c0. On en d´eduit que (xn) est de Cauchyσ(c0, `1) mais ne converge pas au sens de cette topologie.

On peut ”g´en´eraliser” en consid´erant un espace E tel queE et E0 sont s´eparables mais pas E00 6=E. Alors soitξE00\E et disonskξkE00 1. Alors d’une part, par le lemme de Golstine,BE est denseσ(E00, E0) dansBE00. D’autre part,E0´etant s´eparable, la topologieσ(E00, E0) restreinte `aBE00 est m´etrisable, doncBEest s´equentiellement denseσ(E00, E0) dansBE00. Il existe donc une suite (xn) deBE qui convergeσ(E00;E0) versξ. Alors (xn) est de Cauchy pour la topologieσ(E, E0) puisque hf, xni=hJxn, fi → hξ, fi, mais ne converge pasσ(E, E0) car alors on aurait ´egalementfE0hf, xni=hf, xi, de sorte que

fE0hf, xi=hξ, fietξ=J xE!

Proposition 8.1. - Une application lin´eaireϕ:E0Rest continue pour la topologieσ(E0, E) si, et seulement si,ϕ=J x pour un certainxE.

- L’hyperplanH:= [ϕ=α] est ferm´e pour la topologieσ(E0, E) si, et seulement si,ϕ=J xpour un certainxE.

Lemme de Goldstine. SoitEun espace de Banach. AlorsJ(BE) est dense dansBE00 pour la topologieσ(E00, E0).

Th´eor`eme 8.2 (Banach-Alaoglu-Bourbaki). L’ensembleBE0:={fE0, kfk ≤1}est compact pour la topologie faible

σ(E0, E).

Th´eor`eme 8.3 (Kakutani). Un evnEest r´eflexif si, et seulement si,BE:={xE, kxk ≤1}est compact pour la topologie faibleσ(E, E0).

Th´eor`eme 8.4. SoitE un espace de Banach. AlorsE est s´eparable si, et seulement si, BE0 := {f E0,kfk ≤1} est m´etrisable pour la topologie faible σ(E0, E). De mˆeme,E0 est s´eparable si, et seulement si,BE :={x E, kxk ≤1} est m´etrisable pour la topologie faibleσ(E, E0).

Lemme 8.5 (Mazur). SoientE un espace de Banach et (un) une suite d’´el´ements deEqui converge faiblement versuE.

Alors

a) - pour toutnN, il existe une suite (vn) dans l’enveloppe convexe de{uk}k≥nqui converge versufortement.

b) - pour toutnN, il existe une suite (wn) dans l’enveloppe convexe de{uk}k≤nqui converge versufortement.

Preuve du Lemme 8.5.a) - SoitAn:= conv{uk, kn}l’enveloppe convexe de{uk}k≥n. L’ensembleFn=Anest un convexe ferm´e deE, c’est donc un convexe ferm´e faible deEet donc ´egalement un convexe s´equentiellement ferm´e faible deE. Comme ukFnpour toutknon en d´eduit queuFnpour toutnet donc il existevnAntel que (par exemple)kvnuk ≤1/n.

b) - Soit Bn := conv{uk, k n} l’enveloppe convexe de {uk}k≤n. C’est une suite croissante de convexes de sorte que G:= limGpest un convexe ferm´e deE. L’ensembleGn=Bnest un convexe ferm´e deE, donc un s´equentiellement ferm´e faible deE. DeunGpour toutnon d´eduit queuGpuis qu’il existeznGtelle quekznuk ≤1/npour toutnN. On pose σ(1) = 1 et on construit par r´ecurrenceσ(n) comme ´etant le plus petit entierk∈ {σ(n−1) + 1, σ(n−1) + 2, ...}tel queznGk. Ainsiσ est injective strictement croissante etω=σ−1 est croissante non stationnaire (on poseω(k) = min(i; σ(i)k)) de sorte quewn=zω(n)Gn(carσ(i)iimpliqueω(k)k) etkwnuk= 1/ω(n)0. tu

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