É D I T O R I A L
L
a formidable panoplie de réactions chimiques menant à la reproduction des êtres vivants, à leur croissance, leur développement et à leurs échanges, dépend de la présence de biocatalyseurs, qui sont pour la plupart des protéines. Pourquoi les protéines ont-elles acquis ce quasi monopole sur la chimie du vivant ? On peut avancer que leur composition, une vingtaine d’acides aminés présentant des caractéristiques physico-chimiques très différentes, et leur faculté à se replier en structures tridimensionnelles complexes, sont deux critères leur conférant la versatilité requise pour des taches aussi diverses.C
ependant, s’il peut être laborieux, et souvent assez vain, de questionner les choix de la nature, il est souvent judicieux de les imiter. De fait, les protéines envahissent la pharmacopée, ainsi que les procédés industriels de production. Hier simplement extraites d’organismes naturellement producteurs, puis de plus en plus souvent recombinantes, elles sont aujourd’hui modifiées, améliorées, pour transformer de nouveaux substrats, dans de nouvelles conditions, avec des efficacités accrues.A
vec les progrès de la biologie structurale, l’apparition de nouvelles méthodes de mutagenèse, le développement de méthodes à « haut débit » et d’une robotique standardisée adéquate, l’ingénierie des protéines s’est construit non seulement une histoire, mais de brillantes perspectives. Le développement de méthodes prédictives in silicosemble aujourd’hui la nouvelle frontière, pour s’affranchir de méthodes expérimentales qui restent encore lourdes, et pouvoir dire un jour simplement: « S’il te plaît, dessine-moi une protéine ».GFrédéric Pâques
Cellectis
L’ingénierie des protéines,
en constante évolution
BIOFUTUR 288 • MAI 2008 1
© DR
00-Edito288 24/04/08 11:06 Page 1