É D I T O R I A L
Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et l’Institut de radio- protection et de sûreté nucléaire (IRSN) ont démarré en 2001 deux programmes distincts sur les effets biologiques d’éléments ou composés chimiques, stables ou radioactifs. Les éléments d’intérêt sont ceux qui ont des applications dans le domaine nucléaire (cycle du combustible, médecine,…). Le programme « Toxicologie nucléaire » du CEA vise à identifier les mécanismes moléculaires et cellulaires des réponses à ces éléments, et à déterminer des stratégies de défense aux différents niveaux d’organisation du vivant et « de la bactérie à l’homme ». Le programme « EnvirHom » de l’IRSN est, lui, dédié aux effets chro- niques des mêmes éléments sur les grandes fonctions physiologiques des organismes et aux consé- quences écologiques et sanitaires des dysfonctionnements identifiés.
Ces programmes ont stimulé les interactions entre biologistes et chimistes autour de la notion de spé- ciation physico-chimique. En effet, mobilité, biodisponibilité et toxicité sont fonction de la spéciation de l’élément dans le milieu ou le substrat nutritif et de la physiologie de l’organisme exposé. L’élément y est distribué et biotransformé selon divers processus métaboliques et les effets biologiques peuvent s’exprimer des niveaux « subcellulaire à individuel », ou au-delà pour les écosystèmes.
La maturité scientifique acquise sur ce sujet au CEA et à l’IRSN et les nombreux résultats récents de la communauté internationale ont conduit à la rédaction d’un ouvrage de référence en français. Pour accompagner sa publication aux Editions Lavoisier en 2009, plusieurs dossiers sont programmés dans Biofutur : le premier est consacré à l’état de l’art et aux recherches en cours dans nos laboratoires sur les effets biologiques d’éléments d’intérêt ; le deuxième traitera des applications pour la santé, de la dépollution et de l’évaluation du risque écologique et sanitaire ; le troisième synthétisera les connais- sances par grandes familles de toxiques chimiques et/ou radioactifs. G
Jacqueline Garnier-Laplace*, Max Goyffon**et Marie-Thérèse Ménager***
*IRSN, Service d’étude du comportement des radionucléides dans les écosystèmes, Saint Paul Lez Durance
**Muséum national d’histoire naturelle, Paris
***CEA, Direction des sciences du vivant, Fontenay-aux-Roses
Toxicologie nucléaire
environnementale et humaine
BIOFUTUR 291 • SEPTEMBRE 2008 1
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