Universit´e Paris Diderot Topologie alg´ebrique – Ann´ee 2014-15 M1 math´ematiques
Feuille 11
Applications de l’homologie
1.a. Soitnun entier≥0. Montrer que la sym´etrie orthogonale par rapport `a un hyperplan deRn+1 induit une application de degr´e−1 surSn.
1.b. Soitf une isom´etrie lin´eraire deRn+1. Montrer quef induit surSn une application de degr´e det(f).
1.c. Retrouver le fait que le degr´e de l’application antipodale deSn est (−1)n+1. 2.a. Rappeler ce que sont les groupes d’homologie des sph`eres.
2.b. Soitnun entier≥0. Soita∈Rn. Montrer queRn− {a} a le type d’homotopie de la sph`ereSn−1. 2.c. Soitmun entier≥0 et distinct den. MontrerRn n’est pas hom´eomorphe `aRm.
3. Soit n un entier ≥ 0. Posons Hn = Rn−1×[0,+∞[ (un “demi-espace”). Le “bord” ∂Hn de Hn est Rn−1× {0}. Soithun hom´eomorphismeHn→ Hn.
3.a. Soita∈ Hn−∂Hn. Montrer queHn−aa le type d’homotopie de la sph`ere Sn−1.
3.b. Soitx∈∂Hn. Montrer qu’on a des isomorphisme de groupes Hn−1(Hn−x,Z)→Hn−1(Hn−h(x),Z).
3.c. Montrer queHn− {x} est contractile.
3.d. En d´eduire queh(x)∈∂Hn, et donc queh(∂Hn)⊂∂Hn. 3.e. Montrer queHn n’est pas hom´eomorphe `aRn.
4. Soitnun entier pair≥0. SoitGun groupe discret qui agit librement et continument sur la sph`ereSn. 4.a. Soitg∈G. Montrer que le degr´e de l’hom´eomorphismex7→g.xest 1 ou−1.
4.b. Supposons queg n’est pas l’´el´ement neutre deG. Montrer quex7→g.x n’a pas de point fixe. Quel est le degr´e de cette application ?
4.c. En d´eduire qu’on a un homomorphisme de groupesφ: G→ {−1,1}, tel que φ(g) =−1 sig n’est pas l’´el´ement neutre deG.
4.d. En d´eduire queGposs`ede un ou deux ´el´ements. Le dernier cas peut-il se produire ?
4.e. Donner un exemple de groupe d’ordre 2015 agissant librement et continuement sur la sph`ere Sm, avec mentier impair.
5. Soit n un entier ≥ 0. Soient U un ouvert de Rn et A une partie de Rn. Soit f : A → U un hom´eomorphisme.
5.a. Donner un exemple de la situation suivante : X est un espace topologique,Y et U sont des parties de X hom´eomorphes,U est ouvert dansX, maisY ne l’est pas.
5.b. Montrer queRn est hom´eomorphe `a la sph`ereSn priv´ee d’un pointN, et que cela identifie les ouverts deRn aux ouverts deSn qui ne contiennent pasN.
5.c. Soitx∈A. Montrer qu’il existe une boule ferm´ee B de centref(x), de rayon>0 et contenue dansU. Notons∂B le bord deB.
5.d. Montrer quef−1(∂B) est une partie deSn hom´eomorphe `aSn−1. 5.e. Montrer queSn−f−1(∂B) a deux composantes connexes.
5.f. Montrer que ces composantes connexes sontf−1(B−∂B) et Sn−f−1(B).
5.g. En d´eduire quex∈f−1(B−∂B).
5.h. En d´eduire queAest un ouvert deSnet donc deRn. (On a montr´e que toute partie deRnhom´eomorphe
`
a un ouvert deRn est ouverte dansRn. C’est leth´eor`eme de l’invariance du domaine.)
6. Soient n et m des entiers ≥ 0, avec m > n. Soit A une partie de Rn. Soit φ : [0,1]m → A un hom´eomorphisme hypoth´etique. NotonsU l’image de ]0,1[m parφ.
6.a. Soitx∈]0,1[m. Montrer qu’il existeV ⊂]0,1[mcontenantxet telle queV est hom´eomorphe `a ]0,1[n. 6.b. Montrer queφ(V) est ouvert dansRn (voir le th´eor`eme de l’invariance du domaine).
6.c. En d´eduire queU est ouvert dansRn.
6.d. Montrer qu’on a Hn(U, U−φ(x),Z)'Hn(Rn,Rn−φ(x),Z).
6.e. Montrer qu’on a Hn(]0,1[m,]0,1[m−{x},Z) = 0.
6.f. Conclure qu’aucune partie deRn n’est hom´eomorphe `a [0,1]m.