EPFLAlgèbre linéaire 1ère année 2007-2008
Corrigé de la série 8
Exercice 1.
1. Tout d'abord, on calcule dim kerT. Un vecteur (x1, x2, x3, x4) ∈ kerT si et seulement si 2x1 = 3x3 et x2 =−x4 si et seulement si
(x1, x2, x3, x4) = ((3/2)x3,−x4, x3, x4) =x3(3/2,0,1,0) +x4(0,−1,0,1).
AlorskerT = span((32,0,1,0),(0,−1,0,1)). C'est facile à voir que((32,0,1,0),(0,−1,0,1)) est linéairement indépendante, donc une base de kerT. Alors dim kerT = 2. Selon la formule de dimension : 4 = dimF4 = dim kerT + dim imT = 2 + dim imT, et alors dim imT = 2 = dimF2. Par l'exercice 6 de la série 6, imT = F2, c-à-d que T est surjective.
2. On trouve que ((1,1,0,0,0),(0,0,1,1/2,1/3)) est une base de U alors dimU = 2. S'il existe T ∈ L(F4,F2) telle que kerT = U, alors 5 = dimF5 = dim kerT + dim imT = 2+dim imT, et alorsdim imT = 3. MaisimT est un sous-espace deF2, doncdim imT ≤2, contradiction.
3. Pour déterminer ker(T), il nous faut résoudre le système x−y+z+t= 0
x+ 2z−t= 0 x+y+ 3z−3t= 0.
Pour éliminer x, soustrayons la deuxième équation de la troisième et la deuxième de troisième. Le résultat est le système des deux équations équivalents
2y+ 2z−4t= 0 y+z−2t= 0.
Alors y = 2t−z, x = y−z−t = t−2z et t, z sont arbitraires. Cela nous montre que ker(T) = {(t −2z,2t −z, z, t)|z, t ∈ F} = span ((1,2,0,1),(−2,−1,1,0)), qui a donc comme base((1,2,0,1),(−2,−1,1,0)).
Par le théorème du rang, la dimension de im(T) est 2. Pour en avoir une base, il sut alors de trouver deux vecteurs linéairements indépendants. Les images de~e1 et~e2,T(~e1) = (1,1,1)et T(~e2) = (−1,0,1) sont clairement indépendants et forment donc une base.
Exercice 2. Nous laissons le soin au lecteur de démontrer que φh est linéaire. Pour voir que c'est un isomorphisme, il sut d'observer que φh admet comme inverse l'application linéaire φ−h.
Exercice 3. Soit U un complément du sous-espace ker(T)deV. Alors on aU ∩ker(T) ={0}
par dénition. CommeU ⊆V est un sous-espace, on a clairementT(U)⊆T(V) = im(T). Pour montrer que im(T) ⊆ T(U) prenons w ∈ im(T). Il existe alors un v ∈ V tel que T(v) = w. Comme V = ker(T)⊕ U, nous pouvons trouver des éléments x ∈ ker(T), u ∈ U tels que v =x+u. Alors w =T(v) =T(x+u) = T(x) +T(u) = T(u)∈T(U).
1
Exercice 4.
1. Tout d'abord, observons que la prescription P(u+w) = u détermine bien une fonction V →W. En eet, chaque v ∈V s'écrit sous la formev =u+w avecu∈U,w∈W, et u etwsont uniquement déterminés, vu que la somme deU etW est directe. La vérication que P est linéaire se fait de manière standard.
2. Un vecteur (x, y)se décompose comme (x, y) = (0, y−x) + (x, x). Par dénition deP, il s'ensuit queP(x, y) = (0, y−x). Un dessin expliquera pourquoiP est appelée projection surW le long de U.
3. Soit A= (ai,j)∈Mat(n, n;F). Alors on calcule : (P ◦P)(A) = 1
2 P(A)−P(A)T
= 1 2
1
2(A−AT)− 1
2(A−AT) T!
. (1)
L'entrée à la place (i, j) de cette matrice est donnée par 1
2 1
2(ai,j −aj,i)− 1
2(aj,i−ai,j)
= 1
2(ai,j−aj,i) = P(A)i,j. Par conséquent, (P ◦P)(A) =P(A)pour tout A, et P est donc un projecteur.
Pour éviter de devoir travailler avec les entrées de A, on peut d'abord facilement vérier que pour α ∈F et A, B ∈ Mat(n, n;F) on a des identités (αA)T = αAT et (A+B)T = AT +BT. Cela nous donne :
1
2(A−AT) T
= 1
2 (A−AT)T
= 1
2(AT −(AT)T) = 1
2(AT −A).
Substituant cette expression dans le dernier terme de (1) nous donne : (P ◦P)(A) = 1
2 1
2(A−AT)− 1
2(AT −A)
= 1
2(A−AT) = P(A).
4. Soit eun projecteur de V et soit v ∈V. Puisque(e◦e)(v) =ev, on a e(v−ev) = 0, donc v−ev∈kere. Alors v = (v−ev) +ev, avec v−ev∈kere etev ∈ime. Par conséquent, V = kere+ ime. Siw∈kere∩ime, alorsP w = 0 etw=evpour un certainv ∈V. Donc 0 =ew=e(ev) = ev=w. Alors kere∩ime={0}. Par conséquent, V = kere⊕ime. Siv ∈V, alors v =u+w, où u=v−ev∈kereet w=ev ∈ime, et donc e(u+w) = w. On conclut quee est la projection sur ime le long de kere.
Exercice 5.
1. Supposons queT est injective. Soit(v1, . . . , vm)une base deV. Par l'exercice 2 de la série 7, (T v1, . . . , T vm) est linéairement indépendante. Supposons que dimW = n. On peut trouver des vecteurs wm+1, . . . , wn tels que
(T v1, . . . , T vm, wm+1, . . . , wn)
est une base deW. On dénitS :W →V parS(T vi) = vi pouri= 1, . . . , m, etS(wj) = 0 pourj =m+ 1, . . . , n. Par construction,S◦T = IdV sur la base donnée. Il s'ensuit que S◦T = IdV.
Réciproquement, si S◦T = IdV, alors T est injective par l'exercice 6 de la série 1.
2. Supposons que T est surjective et soit (w1, . . . , wn) une base de W. Alors, pour tout i= 1, . . . , n, il existe vi ∈V tel que T vi =wi. On dénit S :W →V par Swi =vi. Alors T(Swi) =T vi =wi pouri= 1, . . . n. Il s'ensuit que T(Sw) =w pour tout w∈W. Réciproquement, si T ◦S= IdW, alorsT est surjective par l'exercice 6 de la série 1.
2