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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Séries numériques

Rédaction incomplète. Version 0.1

le 15 juin 2020

Plan

I. Dénitions . . . . 1

1. Vocabulaire . . . . 1

2. Conditions élémentaires . . . . 2

3. Séries géométriques . . . . 3

II. Séries à termes positifs . . . . 3

III. Comparaison série - intégrale. . . . 4

IV. Séries absolument convergentes . . . . 5

V. Représentation décimale des réels . . . . 6

Index

approximation décimale par défaut, 6 développement décimal, 7

divergence grossière, 2 fonction ζ de Riemann, 6 lien suite - série, 2 nombre décimal, 6

représentation décimale des réels, 7 série absolument convergente, 5 série de Bertrand, 5

série de Riemann, 5

série harmonique, 3

série harmonique alternée, 6 série semi-convergente, 6 séries géométriques, 3 séries : convergence, 2 séries : divergence, 2 somme d'une série, 2 sommes partielles, 1

suite des restes d'une série convergente, 2

I. Dénitions

1. Vocabulaire

En tant qu'objet mathématique, une série numérique est une suite de nombres réels ou complexes dénie sur des entiers supérieurs ou égaux à un entier xé n

0

. On adopte pourtant des notations diérentes :

X u

k

k≥n0

pour une série = (u

k

)

k≥n

0

pour une suite On dit aussi que ( P u

k

)

k≥n

0

ou seulement P u

k

(s'il n'est pas utile de préciser le premier terme) est la série de terme général u

k

.

La diérence de vocabulaire traduit la diérence de dénition de la convergence d'une suite ou d'une série. Pour dénir la convergence d'une série, on introduit la suite de ses sommes partielles :

n

X

k=n0

!

n ≥ n

0

.

Dénition. Une série est convergente si et seulement si la suite de ses sommes partielles est convergente. Dans ce cas, la limite de la suite des sommes partielles est appelée la somme de la série. Elle est notée :

+∞

X

k=n0

u

k

.

Une série est dite divergente si et seulement si elle n'est pas convergente.

(2)

Pour une série convergente (et seulement dans ce cas), on peut dénir la suite de ses restes En notant S

n

= P

n

k=n0

u

k

les sommes partielles, le reste d'indice n est

+∞

X

k=n0

u

k

− S

n

= lim

m

(S

m

− S

n0

) = lim

m m

X

k=n+1

u

k

!

=

+∞

X

k=n+1

u

k

.

Un reste est donc encore la somme d'une série convergente. Si on note r

n

= P

+∞

k=n+1

u

k

et S la somme, on peut la décomposer :

S = S

n

+ r

n

. La suite des restes d'une série convergente converge vers 0 . Exemple. Série de terme général

k(k+1)1

.

Elle est convergente de somme 1 car on peut obtenir une expression de la suite des sommes partielles par dominos 1

k(k + 1) = 1 k − 1

k + 1 ⇒

n

X

k=1

1

k(k + 1) = 1 − 1

n + 1 → 1.

Proposition. Pour un entier n

0

donné, l'ensemble des séries convergentes dénies pour les entiers plus grands que n

0

est un sous-espace vectoriel de l'espace des suites. La somme est une forme linéaire.

∀ λ ∈

R

, ∀ X u

k

k≥n0

, X

v

k

k≥n0

convergentes :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

X u

k

+ v

k

k≥n0

, X

λu

k

k≥n0

convergentes

+∞

X

k=n0

λu

k

= λ

+∞

X

k=n0

u

k

+∞

X

k=n0

u

k

+ v

k

=

+∞

X

k=n0

u

k

+

+∞

X

k=n0

v

k

Preuve. Il sut d'appliquer les théorèmes usuels sur les suites convergentes aux suites de sommes partielles.

On pourrait avoir l'impression que les sommes partielles des séries sont des suites très particulières. En fait, n'importe quelle suite peut être considérée comme la suite des sommes partielles d'une série. Il sut de considérer la diérence entre deux termes consécutifs.

Soit (x

n

)

n≥n

0

une suite quelconque. On peut dénir une série ( P u

n

)

n≥n

0

dont (x

n

)

n≥n

0

est la suite des sommes partielles en posant

u

n0

= x

n0

∀ n > n

0

: u

n

= x

n

− x

n−1

)

⇒ ∀ n ≥ n

0

:

n

X

k=n0

u

k

= x

n

(sommation en dominos).

Dénition. On dit que deux séries sont de même nature si et seulement si la convergence de l'une est équivalente (logiquement) à la convergence de l'autre. Cela revient aussi à l'équivalence des divergences.

2. Conditions élémentaires

Proposition. Si une série ( P u

k

)

k≥n

0

converge, alors la suite (u

k

)

k≥n0

converge vers 0 . Si le terme général d'une série ne converge pas vers 0 , on dit que la série est grossièrement divergente ou trivialement divergente.

Preuve. Notons (U

n

)

n≥n0

la suite des sommes partielles : ∀ n ≥ n

0

, U

n

= P

n

k=n0

u

k

. Si (U

n

)

n≥n0

converge, alors la suite extraite (U

n−1

)

n≥n0+1

aussi et vers la même limite donc la diérence tend vers 0 . Comme U

n

− U

n−1

= u

n

, ceci montre que (u

k

)

k≥n0

converge vers 0 .

La convergence vers 0 du terme général d'une série est une condition nécessaire à la convergence de la série mais elle n'est pas susante.

Exemples de séries divergentes dont le terme général converge vers 0 (non trivialement divergentes).

La série P

ln(1 +

1k

) diverge bien que son terme général tende vers 0 . En eet ln(1 +

1k

) ∼

1k

→ 0 mais

n

X

k=1

ln(1 + 1 k ) =

n

X

k=1

(ln(1 + k) − ln(k))) = ln(n + 1) → + ∞ .

(3)

La série P

1 k

dite série harmonique diverge bien que son terme général tende vers 0 . En eet

1k

→ 0 mais

2n

X

k=1

1 k

= 1 + 1

2 + 1 3

| {z }

>2×14

+ 1

4 + 1 5 + 1

6 + 1 7

| {z }

>4×18

+ · · · + 1

2

k

+ · · · + 1 2

k+1

− 1

| {z }

>2k× 1

2k+1

+ · · · + 1

2

n−1

+ · · · + 1 2

n

− 1

| {z }

>2n−1×21n

≥ 1 + n − 1

2 → + ∞ .

3. Séries géométriques

Une série géométrique de raison q ∈

C

est convergente si et seulement si | q | < 1 . Dans ce cas, sa somme est :

+∞

X

n=0

q

n

= 1 1 − q , sinon elle est grossièrement divergente.

Preuve. Ce la résulte de l'expression des sommes partielles et de la convergence ou divergence des suites géomé- triques. (1 + q + · · · + q

n

)(1 − q) = 1 − q

n+1

.

II. Séries à termes positifs

Dans le cas particulier d'une série à termes positifs, la suite des sommes partielles est croissante. on en déduit la proposition suivante.

Proposition. Une série à termes positifs converge si et seulement si la suite de ses sommes partielles est majorée.

Preuve. La suite des sommes partielles est croissante car on passe d'une somme à la suivante en ajoutant un réel positif. On en déduit qu'une suite croissante est convergente si et seulement si elle est bornée.

Proposition. Soit ( P u

n

)

n≥n

0

et ( P v

n

)

n≥n

0

deux séries à termes positifs.

u

n

∈ O(v

n

) X v

n

n≥n0

convergente

⇒ X

u

n

n≥n0

convergente

Preuve. Par dénition de la relation de domination, il existe K > 0 tel que u

n

≤ v

n

pour tous les n ≥ n

0

. On en déduit que U

n

∈ O(V

n

) en notant (U

n

) et (V

n

) les suites des sommes partielles. Comme la série P

v

n

converge, la suite croissante V

n

converge vers une limite V qui est la borne supérieure de ces valeurs. D'où

∀ n ≥ n

0

, U

n

≤ LV

n

≤ K V.

La suite (V

n

) est croissante majorée donc convergente.

Remarque. Si P v

n

est convergente avec u

n

≤ v

n

pour tous les n alors P u

n

est convergente et, par passage à la limite dans une inégalité, P

+∞

k=n0

u

k

≤ P

+∞

k=n0

u

k

.

Proposition. Si u

n

et v

n

sont les termes généraux de deux séries à termes positifs et si u

n

∼ v

n

, les séries sont de mêmes nature.

Preuve. Deux suites équivalentes se dominent mutuellement. La convergence de l'une entraîne donc la convergence

de l'autre. Dans ces conditions, si une des deux diverge, l'autre doit diverger également pour ne pas entrainer la

convergence de la première.

(4)

n0+ 1 n

Fig. 1: P

n

k=n0

f (k) ≤ f(n

0

) + R

n n0

f(t) dt

n0 n

Fig. 2: R

n

n0

f (t) dt ≤ P

n−1 k=n0

f (k)

III. Comparaison série - intégrale

Le principe général est de comparer une somme partielle d'une série dont le terme général est de la forme f (k) avec une intégrale de f lorsque f est monotone et à valeurs positives. Dans le cas où f est décroissante, on peut caractériser la convergence de la série. Dans le cas où f est croissante, la série est grossièrement divergente, on peut obtenir dans certains cas une équivalence pour la suite des sommes partielles.

Proposition. Soit f une fonction continue dans un intervalle [n

0

, + ∞ [ et à valeurs positives. Pour k ≥ n

0

, on note u

k

= f (k) .

Si f est décroissante, la série ( P u

k

)

k≥n

0

est convergente si et seulement si les primitives de f ont une limite nie en + ∞.

Si f est croissante, la série ( P u

k

)

k≥n

0

est grossièrement divergente.

Preuve. Comme la fonction est à valeurs positives, la suite des sommes partielles est croissante, les primitives sont croissantes. Les convergences sont donc équivalentes au caractère borné de la suite ou d'une primitive. On forme des inégalités à l'aide des gures 1 à 4 dans lesquelles l'aire de chaque rectangle en pointillé est un terme de la série puisque sa largeur est 1.

Dans le cas où la fonction est décroissante.

Si les primitives convergent en + ∞, la majoration des sommes partielles qui se déduit de la gure 1 montre la convergence de la série. Si la série converge, la gure 2 permet de majorer une primitive et de prouver sa convergence.

Si la fonction est croissante, la suite des f (k) ne converge pas vers 0 car tous ses termes sont plus grands que f(n

0

) , la série est trivialement divergente. Notons F la primitive nulle en n

0

et S

n

une somme partielle.

S

n

=

n

X

k=n0

f (k), F (t) ≥ (t − n

0

)f (n

0

) ⇒ f −−→

+∞

+ ∞

Dans le cas où la fonction croissante, on peut montrer (sous une hypothèse supplémentaire) que la suite des sommes partielles P

n

k=n0

u

k

est équivalente à la suite des F (n) . Les gures 3 et 4 conduisent à l'encadrement suivant :

F (n) + f (n

0

) ≤ S

n

≤ F (n) + f (n) ⇒ 1 + f (n

0

) F (n) ≤ S

n

F (n) ≤ 1 + f (n)

F (n)

(5)

La gure 3 pour l'inégalité à gauche et 4 pour l'inégalité à droite. Comme F diverge vers + ∞ en + ∞ et que f (n

0

) est xé, les deux suites sont équivalentes si et seulement si f (n) est négligeable devant F (n) .

Ce n'est pas toujours réalisé, par exemple pour la fonction exponentielle.

n0 n−1

Fig. 3: P

n−1

k=n0

f (k) ≤ R

n n0

f (t) dt

n0+ 1 n

Fig. 4: R

n

n0

f(t) dt ≤ − f (n

0

) + P

n

k=n0

f (k) Appliquons la propriété précédente à deux séries usuelles.

Proposition. α et β sont des réels :

Série de Riemann : de terme général

n1α

. Elle converge si et seulement si α > 1 .

Série de Bertrand : de terme général

nα(ln1n)β

. Elle converge si et seulement si α > 1 ou α = 1 et β > 1 . Preuve. Rappelons des primitives connues :

fonction primitive

1

tα

α−11 tα−11

1

tlnt

ln(ln t)

Les séries considérées sont à termes positifs à partir d'un certain rang. Pour α et β positifs, les fonctions associées sont positives et décroissantes.

IV. Séries absolument convergentes

Dénition. Une série est dite absolument convergente si et seulement si la série de ses valeurs absolues (ou modules dans le cas complexe) est convergente.

Proposition. Une série absolument convergente est convergente. Le module de la somme est alors inférieur ou égal à la somme des modules.

Preuve. Considérons une série à valeurs complexes ( P

z

n

)

n∈N

et la série des modules ( P | z

n

| )

n∈N

qui est supposée convergente. Les sommes partielles sont notées

Z

n

=

n

X

k=0

z

k

et T

n

=

n

X

k=0

| z

k

| .

(6)

Décomposons z

n

en parties réelle et imaginaire puis chacun de ces nombres réels en parties positives et négatives.

Rappelons les dénitions et propriétés :

∀ x ∈

R

, x

+

= max(x, 0) ≥ 0, x

= max( − x, 0) ≥ 0, x = x

+

− x

, | x | = x

+

+ x

. Introduisons des notations :

a

n

= Re(z

n

)

+

, A

n

=

n

X

k=0

a

k

; b

n

= Re(z

n

)

, B

n

=

n

X

k=0

b

k

c

n

= Im(z

n

)

+

, C

n

=

n

X

k=0

c

k

; d

n

= Im(z

n

)

+

, D

n

=

n

X

k=0

d

k

 

 

 

 

( z

n

= a

n

− b

n

+ ic

n

− id

n

Z

n

= A

n

− B

n

+ iC

n

− iD

n

.

La série à termes positifs ( P a

n

)

n∈

N

est convergente car

a

n

≤ | a

n

| ≤ | z

n

| .

La suite des A

n

est donc convergente et il en est de même pour B

n

, C

n

et D

n

. Par linéarité, on en déduit la convergence de Z

n

.

De plus

∀ n ∈

N

,

n

X

k=0

z

k

n

X

k=0

| z

k

|

!

+∞

X

k=0

z

k

+∞

X

k=0

| z

k

| par passage à la limite dans une inégalité.

Exemple série de Riemann complexe. Soit α ∈

C, la série de terme général

n

−α

est absolument convergente pour Re(α) > 1 . La somme de la série est la très célèbre fonction ζ de Rieman .

Dénition. Une série convergente mais non absolument convergente est dite semi-convergente Exemple. La série harmonique alternée est semi-convergente. à compléter

Proposition. Soit (u

n

)

n≥n

0

une suite complexe, (v

n

)

n≥n

0

une suite de réels positifs : (u

n

)

n≥n

0

∈ O

(v

n

)

n≥n

0

X v

n

n≥n0

converge

 

 

⇒ X

u

n

n≥n0

absolument convergente

Preuve. à compléter

V. Représentation décimale des réels

Dénition. Pour tout n ∈

N, on noteDn

= 10

−nZ

l'ensemble des multiples de 10

−n

et

D

= S

n∈NZ

× 10

−n

. Un nombre décimal est un élément de

D.

Autrement dit, un réel x est un décimal si et seulement si il existe n ∈

N

tel que x soit un multiple de 10

−n

c'est à dire si et seulement si 10

n

x est entier. On peut remarquer que tout nombre décimal est rationnel (D ⊂

Q).

Proposition 1. Pour tout n ∈

N

et x réel, il existe un unique a

n

(x) ∈

Dn

tel que a

n

(x) ≤ x < a

n

(x) + 10

−n

. Ce nombre a

n

(x) est l'approximation décimale par défaut à l'ordre n de s . Il vérie

a

n

(x) = b 10

n

x c 10

n

. Preuve. Analyse.

a

n

(x) ≤ x < a

n

(x) + 10

−n

⇒ 10

n

a

n

(x)

| {z }

Z

≤ 10

n

x < a

n

(x)x + 1 ⇒ 10

n

a

n

(x) = b 10

n

x c ⇒ a

n

(x) = b 10

n

x c 10

n

. Ceci assure l'unicité.

Synthèse. Le a

n

(x) =

b1010nnxc

vérie la condition requise d'après les propriétés de la fonction partie entière.

(7)

Remarques. Avec la dénition et le théorème d'encadrement, il est évident que la suite (a

n

(x))

n∈N

→ x . On peut aussi remarquer que a

0

(x) = b x c.

Dans le cas particulier où x est décimal, la suite a

n

(x) est stationnaire. Pour n assez grand, elle est constante de valeur x

Notation. On note m

n

(x) = b 10

n

x c ∈

Z

et r

n

(x) = x − a

n

(x) ∈ [0, 10

−n

[ de sorte que a

n

(x) = m

n

(x)

10

n

, x = a

n

(x)

| {z }

∈Dn

+ r

n

(x)

| {z }

∈[0,10−n[

.

Pour tout n ∈

N, on dénit aussi

d

n+1

(x) = b 10

n+1

r

n

(x) c. Par dénition, d

n

(x) ∈

J

0, 9

K

(entier entre 0 et 9) car r

n

(x) ∈

0, 10

−n

⇒ 10

n+1

r

n

(x) ∈ [0, 10[ ⇒ b 10

n+1

r

n

(x) c ∈

J

0, 9

K

. Remarques. La série

P

dk(x) 10k

n∈N

est convergente car elle est à termes positifs et majorée par la série géométrique convergente 9 P

1

10k

n∈N

.

Si x est décimal, les r

n

() et les d

n

(x) sont nuls à partir d'un certain rang.

Proposition 2. Pour x réel et n ∈

N, avec les notations précédentes :

m

n+1

(x) = 10 m

n

(x) + d

n+1

(x), a

n

(x) = a

0

(x) + d

1

(x)

10 + d

2

(x)

10

2

+ · · · + d

n

(x)

10

n

, r

n

(x) =

+∞

X

k=n+1

d

k

(x) 10

k

.

Preuve. En utilisant la notation {} pour le reste de la partie entière qui est un élément de [0, 1[ : 10

n+1

r

n

(x) = d

n+1

(x) +

10

n+1

r

n

⇒ x = a

n

(x) + r

n

(x) = a

n

(x) + d

n+1

(x) 10

n+1

| {z }

Dn+1

+

10

n+1

r

n

10

n+1

| {z }

[

0,10n+11

[ .

Cette relation caractérise l'unique approximation décimale de x à l'ordre n + 1 : a

n+1

(x) = a

n

(x) + d

n+1

(x)

10

n+1

⇒ m

n+1

(x) = 10

n+1

a

n+1

(x) = 10 m

n

(x) + d

n

(x).

Le développement décimal de l'approximation :

a

n

(x) = a

0

(x) + d

1

(x)

10 + d

2

(x)

10

2

+ · · · + d

n

(x) 10

n

se déduit immédiatement par récurrence de la relation a

n+1

(x) = a

n

(x) +

d10n+1n+1(x)

.

On a déjà signalé la convergence de la série des

d10k(x)k

. On peut donc considérer librement la somme et les restes de cette série. Considérons des entiers n et p avec n < p . Alors :

p

X

k=n+1

d

k

(x)

10

k

= a

p

(x) − a

n

(x) ⇒

+∞

X

k=n+1

d

k

(x)

10

k

= x − a

n

(x) = r

n

(x)

en passant à la limite dans les suites en p .

Dénition. La suite d(x) = (d

n

(x))

n∈N

est la suite des décimales de x de x . Elle donne le développement décimal propre de x c'est à dire son écriture comme la somme d'une série

x = b x c +

+∞

X

k=1

d

k

(x)

10

k

avec µ ∈

Z

et d

k

(x) ∈

J

0, 9

K

.

Proposition 3. Si x n'est pas décimal, l'expression de x comme une série de la forme précédente est unique. C'est à dire que si

x = µ +

+∞

X

k=1

δ

k

10

k

avec δ

k

J

0, 9

K

.

alors µ = b x c et δ

k

= d

k

(x) pour tous les k ∈

N

.

(8)

Preuve. Un point essentiel est que

+∞

X

k=n+1

1

10

k

= 1 10

n+1

1

1 −

101

= 1 9 × 10

n

.

On en déduit que, pour tout n ,

x = µ +

n

X

k=0

δ

k

10

k

| {z }

Dn

+

+∞

X

k=n+1

δ

k

10

k

| {z }

[

0,101n

]

car δ

k

J

0, 9

K

.

Comme x n'est pas décimal, aucun des restes P

+∞

k=n+1 δk

10k

ne peut être égal à

101n

. L'écriture précédente est donc l'unique approximation décimale de x à l'ordre n . Ceci assure l'unicité.

Remarque. Si x est décimal, il s'exprime de plusieurs manières comme la somme d'une série de ce type. Par exemple pour x = 1 ,

1 = 1 +

+∞

X

k=1

0

10

k

(développement propre) et 1 = 0 +

+∞

X

k=1

9 10

k

. car P

+∞

k=1 1

10k

=

101 1−11 10

=

19

Les propositions suivantes caractérisent les nombres rationnels mais elles ne gurent pas dans le programme de la classe.

Proposition 4. Avec les notations précédentes. Si la suite des décimales (d

n

(x))

n∈N

est périodique à partir d'un certain rang alors x est rationnel.

Preuve. On suppose (d

n

(x))

n≥1

périodique de période l à parir d'un rang s . Notons y = d

s+1

(x)

10

s+1

+ d

s+2

(x)

10

s+2

+ · · · + d

s+l

(x) 10

s+l

.

Utilisons l'expression du reste de l'approximation comme reste d'une série (prop 2) : r

s

(x) =

+∞

X

k=s+1

d

k

(x) 10

k

= y +

+∞

X

k=s+1+l

d

k

(x) 10

k

= y +

+∞

X

k0=s+1

d

k0+l

(x) 10

k0+l

avec le changement d'indice k

0

= k − l dans le reste de la série. En factorisant 10

l

et avec la périodicité : r

s

(x) = y + 1

10

l

r

s

(x) ⇒ r

s

(x) = 10

l

y 10

l

− 1 ∈

Q

. On en déduit que x est rationnel.

Proposition 5. Avec les notations précédentes. Si x est rationnel, la suite (d

n

(x))

n∈

N

de ses décimales est périodique à partir d'un certain rang.

Preuve. On suppose x rationnel égal à

pq

avec p ∈

Z

et q ∈

N

.

Pour tout n , notons ρ

n

le reste de la division de 10

n

p par q et considérons la suite des ρ

n

.

Comme elle est à valeurs dans l'ensemble ni

J

1, q − 1

K, elle ne peut être injective. Il existe donc des naturels non

nuls s et s tel que

ρ

s+l

= ρ

s

.

Montrons par récurrence que la suite des ρ est l -périodique à partir de s . La récurrence est initialisée par la dénition de s et l . Si ρ

k+l

= ρ

k

pour un k ≥ s , considérons les congruences modulo q :

ρ

k+1+l

≡ 10

k+1+l

p ≡ 10 × 10

k+l

p

| {z }

≡ρk+l≡ρk

≡ 10 × ρ

k

≡ 10 × 10

k

p ≡ ρ

k+1

⇒ ρ

k+1+l

= ρ

k+1

.

D'autre part, la suite des ρ

n

est liée à celle des restes décimaux. Écrivons les divisions euclidiennes 10

n

p = qθ

n

+ ρ

n

⇒ x = p

q = θ

n

10

n

|{z}

+ ρ

n

10

n

q avec ρ

n

10

n

q ∈ 0, 1

10

n

car 0 ≤ ρ

n

< q.

(9)

C'est l'unique écriture de l'approximation décimale de x à l'ordre n donc r

n

(x) = ρ

n

10

n

q ⇒ d

n+1

(x) = b 10

n+1

r

n

(x) c = b 10 ρ

n

q c .

La périodicité de la suite des ρ

n

entraine celle des d

n

(x) .

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