Universit´e de Strasbourg L2S4P
Analyse Num´erique
2010-2011
Chapitre 1
Interpolation polynˆ omiale
Connaissant une fonction en certains points (valeurs exp´erimentales, valeurs d’un calcul), on souhaite avoir un moyen d’avoir une approximation de la fonction en d’autres points.
1.1 Discr´ etisation et position du probl` eme
On d´efinit N ∈ N∗. On consid`ere a < b des r´eels. On introduit alors une subdivsion de l’intervalle [a, b] en N+ 1 points
a=x0 < x1· · ·< xN =b.
On suppose que l’on connait une fonctionf en les points xi.
La question de l’interpolation est alors de trouver une valeur en un point x ∈ [a, b] pour la fonction f.
On note g´en´eralementfi≈f(xi).
On s’int´eresse souvent au cas de maillage uniforme :
xj =a+jh, h= (b−a)/N, j= 0, . . . , N.
On se restreint ici au cas d’un intervalle. La mˆeme question se pose en dimension sup´erieure (carr´e, cercle, g´eom´etrie plus complexe...)
Que se passe-t-il pour un domaine infini ? On parle de conditions aux bords (p´eriodiques, fonction nulle, d´eriv´ee nulle...)
Quelques exemples : interpolation lin´eaire (affichage graphique), courbes de B´ezier (logiciel de dessin), m´ethode semi-lagrangienne (r´esolution d’´equations de transport).
1.2 L’interpolation de Lagrange
On consid`ere une fonction f ∈C([a, b]). Soitx ∈[a, b[, on souhaite donner une approxi- mation def(x). Notons d’abord qu’il existe un uniquejx∈[0, N−1] tel quexjx ≤x < xjx+1. 1.2.1 L’interpolation lin´eaire
La m´ethode la plus simple pour reconstruire une approximation def(x) est de consid´erer f(x)≈P1f(x) =fjx+ x−xjx
xjx+1−xj(fjx+1−fjx).
3
On a alors les propri´et´es suivantes Proposition 1.
(i) Pr´eservation du principe du maximum
k=0,...,Nmin fk≤P1f(x)≤ max
k=0,...,Nfk. (ii) Pr´eservation de la positivit´e
fk≥0, k= 0, . . . , N ⇒P1f(x)≥0.
(iii) Pr´eservation de la monotonie
fk+1−fk≥0, k= 0, . . . , N−1⇒x→P1f(x) croissante.
(iv) Sif ∈C2([a, b]), on a
|f(x)−P1f(x)| ≤ |x−xjx||x−xjx+1| max
t∈[xjx,xjx+1]
|f(2)(t)|/2.
D´emonstration. Pour le point (iv), on utilise deux d´eveloppements de Taylor : f(xjx+1) = f(x) +f0(x)(xjx+1−x) +...etf(xjx) =f(x) +f0(x)(xjx −x) +...
1.2.2 Le cas g´en´eral
Proposition 2. Soient d∈ N y0, . . . , yd des r´eels distincts, et g0, . . . , gd des r´eels. Il existe un unique polynˆome Qd=Q(yj,gj)j=0,...,d de degr´e≤dtel que
Qd(yj) =gj, j= 0, . . . , d.
Soient deux entiersr ≤0≤s. On d´efinit alors
P[r,s]f(x) =Q(yjx+`,gjx+`)j=r,...,s.
On parlera d’interpolation de Lagrange de stencil [r, s]. Notons que cette d´efinition n’est pas valide pour les points du bord. On pourra alors consid´erer des conditions p´eriodiques ou alors nulles, ou changer le stencil au bord.
Proposition 3. Soit f une fonction (n+ 1) fois continˆument d´erivable. Si fi = f(xi), i= 0, . . . , n, alors il existe ξ∈Rtel que
f(x)−Pn(x) = (x−x0)(x−x1). . .(x−xn)
(n+ 1)! fn+1(ξ). (1.1)
D´emonstration.
On peut supposer que x6=xi, i= 0, . . . , n. On choisit alors Ax tel que f(x) =Pn(x) +Ax
(x−x0)(x−x1). . .(x−xn) (n+ 1)!
La fonction Q(t) = f(t)−Pn(t)−Ax(t−x0)(t−x1)...(t−xn)
(n+1)! s’annule en n+ 2 points distincts.
En appliquant le th´eor`eme de Rolle (n+ 1) fois, on en d´eduit qu’il existe ξ ∈ R tel que Qn+1(ξ) = 0 et ceci donne le r´esultat.
Th´eor`eme 1 (Th´eor`eme de Rolle). Soit f une application continue de [a, b] dans R et d´erivable sur]a, b[, avecf(a) =f(b). Alors il existe au moins un r´eelc∈]a, b[tel quef0(c) = 0.
1.3. LES DIFF ´ERENCES DIVIS ´EES 5
1.3 Les diff´ erences divis´ ees
D´efinition 1. Soit (yj) une suite de r´eels. On suppose que si les valeurs sont ´egales alors les indices sont cons´ecutifs. On d´efinit alors les diff´erences divis´ees par
g[y0, . . . , yk] = ( g[y
1,...,yk]−g[y0,...,yk−1]
yk−y0 , si yk6=y0
g(k)0 siyk =yk−1=· · ·=y0. (1.2) Dans la pratique, on peut ´ecrire les quantit´es suivantes en gras, puis calculer les autres quantit´es ensuite :
x = x0,x1,x2, . . . ,xk, . . . ,xn
f = f[x0], f[x1], f[x2], . . . , f[xk], . . . ,f[xn]
f[1] = f[x0, x1], f[x1, x2], . . . , f[xk−1, xk], . . . , f[xn−1, xn] . . .
f[k] = f[x0, x1, . . . , xk], f[x1, . . . , xk+1]. . . . . .
f[n] = f[x0, x1, . . . , xn].
Proposition 4. On a la formule pour gj =g(xj)
Q(yj,gj)j=0,...,d(x) =g[y0] +g[y0, y1](x−y0) +· · ·+g[y0, . . . , yd]
d−1
Y
k=0
(x−yk).
D´emonstration. Se d´emontre par r´ecurrence. On ´etablit une formule entre l’interpolation avec {x0, . . . , xd+1} et les interpolations avec{x0, . . . , xd} et{x1, . . . , xd+1}.
Proposition 5. La formule pr´ec´edente reste valable lorsque les points sont r´ep´et´es et cor- respond au probl`eme d”interpolation d’Hermite g´en´eralis´e : on consid`ere le probl`eme d’in- terpolation pour les points r´ep´et´es zr = yk = yk+1 = yk+sr, o`u les zr sont tous des points distincts.
P(j)(yk+j) =g(j)r j= 0, . . . , sr.
D´emonstration. On part de la mˆeme formule, sauf si yd+1 = y0 auquel cas, il s’agit de la formule de Taylor.
Proposition 6. Les diff´erences divis´ees ne d´ependent pas de l’ordre des yj. On supposera cependant que les termes ´egaux restent toujours ensemble.
D´emonstration. Cela vient de l’unicit´e de la solution au probl`eme d’interpolation.
Proposition 7. On a l’estimation d’erreur Soit f une fonction (n+ 1) fois continˆument d´erivable. Sifi(k)=f(k)(xi), i= 0, . . . , p, k= 0, . . . di, alors il existe ξ ∈R tel que
f(x)−Pn(x) = (x−y0)(x−y1). . .(x−yn)
(n+ 1)! fn+1(ξ). (1.3)
D´emonstration. Adaptation de la Proposition 3.
1.4 Interpolation par splines
1.4.1 Formulation Hermite
Proposition 8. Toute fonction P polynˆomiale de degr´e≤3 par morceaux sur chaque maille [xj, xj+1], j = 0, . . . , N et de classe C1 s’exprime `a l’aide de 2N + 2 nombres fj et fj0 pour j = 0, . . . , N, o`u
P(xj) =fj, P0(xj) =fj0, j= 0, . . . , N.
D´emonstration. Un polynˆome de degr´e 3 se repr´esente comme porbl`eme d’interpolation d’Her- mite. Comme la fonction estC1, on a les ´egalit´es fj+ =fj−,fj+0 =fj−0 .
1.4.2 Splines cubiques
Proposition 9. Connaissant fj, j = 0, . . . , N et f00, fN0 on peut reconstruire une unique fonction P polynˆomiale par morceaux de degr´e ≤ 3, avec P ∈ C2([xmin, xmax]) telle que P(xj) =fj, j = 0, . . . , N et P0(x0) =f00, P0(xN) =fN0 .
D´emonstration. En utilisant la condition de continuit´e de la d´eriv´ee seconde, on obtient un syst`eme sur la d´eriv´eefj0.
On consid`ere l’interpolation par splines cubiques sur un intervalle [a, b] divis´e en N sous intevalles pas forc´ement de mˆeme longueur. On se donne
f(xj), j = 0, . . . , N, f0(x0), f0(xN), aveca=x0 <· · ·< xN =b.
Localement sur un intervalle [xj, xj+1] la reconstruction par splines cubiques de f est un po- lynˆome de degr´e ≤3.
On suppose la continuit´e C2 en chacun des points xj, j = 1, . . . , N−1.
Sur l’intervalle [xj, xj+1], on note Pj+1/2 le polynˆome de degr´e ≤ 3 qui est uniquement d´etermin´e par fj, fj+1, fj0, fj+10 , avec fj0 = limx→xjPj0(x) = limx→xjPj−10 (x). On peut ´ecrire
Pj+1/2(x) =fj + Z xj+1
xj
Pj+1/20 (x)dx.
Le polynˆome Pj+1/20 est de degr´e ≤2 et satisfait
Pj+1/20 (xj) =fj0, Pj+1/20 (xj+1) =fj+10 , ainsi que
Z xj+1
xj
Pj+1/20 (x)dx=fj+1−fj. On peut donc ´ecrire
Pj+1/20 (x) =fj0+ x−xj
xj+1−xj(fj+10 −fj0) +Aj(x−xj)(x−xj+1), avecAj de telle sorte que
fj+1−fj =Aj Z xj+1
xj
(x−xj)(x−xj+1)dx+ fj0 +fj+10
2 (xj+1−xj)
1.4. INTERPOLATION PAR SPLINES 7 On a
Z xj+1
xj
(x−xj)(x−xj+1)dx=−2xj+1−xj 3
xj+1−xj 2
2
=−(xj+1−xj)3
6 ,
ce qui donne
Ajxj+1−xj
6 =
fj0+fj+10
2 −xfj+1−fj
j+1−xj
xj+1−xj On obtient alors
P”j+1/2(x) = fj+10 −fj0 xj+1−xj
+ 2Ajx−Aj(xj+xj+1), et la continuit´e de la d´eriv´ee seconde donne
fj+10 −fj0 xj+1−xj
+Aj(xj−xj+1) = fj0−fj−10 xj−xj−1
+Aj−1(xj−xj−1), ce qui se r´e´ecrit pourj= 1, . . . , N−1
fj+10 −fj0 xj+1−xj
−6
fj0+fj+10
2 −xfj+1−fj
j+1−xj
xj+1−xj
= fj0−fj−10 xj−xj−1
+ 6
fj0+fj−10
2 − xfj−fj−1
j−xj−1
xj−xj−1
. Si on suppose que le maillage est uniforme, on obtient
fj+10 −fj0−fj0 +fj−10 −3(fj0 +fj+10 +fj0+fj+10 ) =−6(fj+1−fj +fj−fj−1)/∆x, soit
fj−10 + 4fj0+fj+10 = 3fj+1−fj−1
∆x . (1.4)
On consid`ere alors le syst`eme lin´eaire en f00, . . . , fN0 , donn´e par (3.1) et f00 = f00, fN0 =fN0 , pourj= 0 etj =N. On a bien un syst`eme tridiagonal.
1.5 Exercices
Exercice 1. On consid`ere un maillage uniforme de l’intervalle[xmin, xmax]en N sous inter- valles : Soit x∈[a, b[
– Montrer qu’il existe un unique jx∈ {0, . . . , N−1} et0≤α <1 tels que x=xjx+αh,
et que jx=bNxx−xmin
max−xminc et α= xx−xmin
max−xmin ·N −jx.
– On consid`ere l’interpolation de Lagrange de stencil[−d, d+1]avec des donn´ees p´eriodiques.
Quel est le degr´e de l’interpolation de Lagrange ? Montrer qu’il existe de r´eelswk(α), k∈ {−d, . . . , d+ 1} que l’on explicitera, tels que
P[−d,d+1]f(x) =
d+1
X
`=−d
wk(α)fxjx+` modN,
– Pour quel(s) valeurs de d a-t-on wk(α) ≥ 0, pour tout k ∈ {−d, . . . , d + 1} et tout α ∈[0,1[.
Exercice 2. On consid`ere l’interpolation lin´eaire. On suppose f de classe C2. Montrer que l’on a
f(x)−P1f(x) = (x−xjx)(x−xjx+1) 2
Z xjx+1 xjx
f(2)(t)B(t)dt, avecB(t)≥0, t∈[a, b].
Exercice 3. On consid`ere P polynˆome d’interpolation de Lagrange en les points (0,1), (1,−1), (2,1), (3,−1).
Trouver l’ensemble des valeurs de x pour lesquelles P(x) v´erifie le principe du maximum :
−1≤P(x)≤1.
Exercice 4. Soient y0, . . . , yn des nombres r´eels distincts On consid`ere P polynˆome d’inter- polation de Lagrange en les points(yj, gj), j = 0, . . . , n On peut exprimer P dans la base de Lagrange
P(x) =
n
X
j=0
f(yj)Lj(x), Lj(x) =Y
k6=j
x−yk yj−yk ou dans la base des diff´erences divis´ees
P(x) =
n
X
j=0
g[y0, . . . , yj]wj(x), w0(x) = 1, wj+1(x) = (x−yj)wj(x), j = 0, . . . , n−1.
Compter le nombre d’op´erations effectu´ees pour calculer P en un point x donn´e.
Exercice 5.
SoitN ∈N∗, des r´eels f0, . . . , fN−1 et des r´eels f00, . . . , fN0 −1.
1.5. EXERCICES 9 1. Pour chaque i = 0, . . . , N −1, construire un polynˆome Pi de degr´e ≤ 1 sur l’intervalle [(i−0.5)/N,(i+ 0.5)/N] tel que
Pi(i/N) =fi, Pi0(i/N) =fi0.
2.Calculer alorsR1
0 P(x)dx, o`uP(x) =Pi(x), x∈[(i−0.5)/N,(i+ 0.5)/N], i= 0, . . . , N−1 et P est suppos´e p´eriodique de p´eriode1.
3. Pour chaque i = 0, . . . , N −1, construire un polynˆome Qi de degr´e ≤ 3 sur l’intervalle [i/N,(i+ 1)/N]tel que
Qi(i/N) =fi, Q0i(i/N) =fi0, Qi+1((i+ 1)/N) =fi+1, Q0i((i+ 1)/N) =fi+10 , o`u l’on a pris la convention que fN =f0 etfN0 =f00.
4. Calculer alorsR1
0 Q(x)dx, o`u Q(x) =Qi(x), x∈[i/N,(i+ 1)/N], i= 0, . . . , N−1.
Exercice 6. On consid`ere l’interpolation d’Hermite que l’on ´ecrira sous la forme P(x) =w0(α)fjx +w1(α)fjx+1+w2(α)fj0x+w3(α)fj0x+1,
pourx=xjx+α(xjx+1−xjx), 0≤α <1.
– Justifier l’´ecriture pr´ec´edente
– On consid`ere maintenant que le maillage est uniforme avec conditions p´eriodiques. On note h=xj+1−xj. On remplace fj0 par fj+12h−fj−1. On suppose que f est un polynˆome sur [xmin, xmax[. Quelle est l’erreur commise sif est de degre0,1,2,3? (on distinguera les cas o`u l’on est au bord de l’intervalle)
– Donner une reconstruction de fj0 utilisant les points fj−2, fj−1, fj, fj+1, fj+2 de telle sorte que l’erreur soit nullef polynˆome sur[xmin, xmax[de degr´e≤3lorsque l’on est loin du bord. Evaluer l’erreur pour f polynˆome de degr´e 4 et comparer avec l’interpolation d’Hermite initiale.
Exercice 7. On consid`ere l’intervalle [0,1]et son maillage uniforme `a N = 4 intervalles.
On cherche `a interpoler les fonctions suivantes – f1(x) =x(1−x)
– f2(x) = 1,pourx∈[1/4,3/4]et f2(x) = 0, sinon.
– f3(x) = exp(x) – f4(x) = sin(πx)
Calculer les interpolations de Lagrange de degr´e 1 et 3 et par splines cubiques. Evaluer les erreurs commises. Discuter du choix du stencil et des conditions aux bords.
Exercice 8. On appelle fonction polynomiale de Tchebycheff de degr´en, l’application Tn: [−1,+1]→R
x7−→cos(narccos(x)).
1) On pose cos(θ) =x. Montrez que pour toutn≥2, on a Tn+1(x) = 2xTn(x)−Tn−1(x).
2) En d´eduire queTnest un polynˆome de degr´endont on pr´ecisera le coefficient dominant.
3) On pose
Xk= cos(2k+ 1
2n π) pourk= 0, . . . , n−1.
Montrez queTnposs`edenz´eros simples. Ces z´eros sont appel´es les points de Tchebycheff d’ordre n.
4) Comparer sur une fonction l’interpolation uniforme et l’interpolation avec les points de Tchebycheff.
Exercice 9 (Examen 2009).
Soitf(x) = sin(πx).
1. Soit a ∈]0,1[. Trouver un polynˆome Pa de degr´e ≤ 2 satisfaisant Pa(0) = f(0), Pa(a) = f(a), Pa(1) =f(1).
2. Montrer que pour tout x∈[0,1], il existe ξ∈]0,1[ tel que sin(πx) = π2sin(πξ)
2 x(1−x).
3. En d´eduire que pour 0< a <1/2, on a 0≤ sin(πa)
a(1−a) ≤ π2 2 . 4.Soient
m= inf
a∈]0,1/2[
sin(πa)
a(1−a), M = sup
a∈]0,1/2[
sin(πa) a(1−a). Montrer quem et M sont bien d´efinis et que l’on a m≥0 et M ≤ π22. 5.V´erifier que
m= inf
a∈]0,1[
sin(πa)
a(1−a), M = sup
a∈]0,1[
sin(πa) a(1−a). 6.En d´eduire alors que pourx∈]0,1[, on a
m−M ≤ f(x)−Pa(x)
x(1−x) ≤M−m, puis que
x∈[0,1]max |f(x)−Pa(x)| ≤ M−m
4 .
7. Trouver un polynˆome P de degr´e ≤ 2 tel que P(0) = f(0), P0(0) = f0(0), P(1) = f(1).
V´erifier que l’on a
P(x) = lim
a→0Pa(x), et montrer qu’il existe η∈]0,1[ tel que
f(x)−P(x) =π3sin(πη)x2(1−x)/6, puis que
1−π
4 ≤ max
x∈[0,1]|f(x)−P(x)| ≤ 2π3 81 . 8.Montrer que m=π etM = 4. Conclure que
sup
0<a<1
x∈[0,1]max |f(x)−Pa(x)|= 1−π 4.
Chapitre 2
Int´ egration num´ erique
Soienta < b, 2 r´eels et f : [a, b]→R, une fonction. On cherche `a trouver une approxima- tion num´erique de Rb
af(x)dx.
2.1 G´ en´ eralit´ es
2.1.1 Principe Le calcul de Rb
af(x)dx ne peut parfois pas se faire de mani`ere exacte. En effet, d’une partf n’admet pas forc´ement de primitive connue ; d’autre part, il est possible que f ne soit connue qu’en certains points, comme cela peut arriver dans le cas de mesures physiques ou de sch´emas num´eriques. L’id´ee est alors de remplacer f par un polynˆome qui l’approche ”bien”
et de calculer l’int´egrale de ce polynˆome.
2.1.2 Formule de quadrature
En calculant l’int´egrale avec un polynˆome d’interpolation, et en simplifiant les calculs, on se rend compte que l’on a ´ecrit
Z b a
f(x)dx'
n
X
i=0
ωif(xi).
La formule de droite est appel´ee formule de quadrature, qui est donn´ee par les poids ωi et les pointsxi pouri= 0, . . . , n.
2.1.3 Intervalle
Connaissant une formule de quadrature sur l’intervalle [−1,1], on en d´eduit une formule sur un intervalle [a, b] quelconque : si on fait le changement de variable y=a+ (x+ 1)b−a2
Z b a
f(y)dy= b−a 2
Z 1
−1
f(a+ (x+ 1)b−a
2 )dx' b−a 2
n
X
i=0
ωif(a+ (xi+ 1)b−a 2 ).
Pour la suite, on ne cherchera donc que des formules de quadrature sur l’intervalle [−1,1].
11
2.1.4 Formules composites
Lorsque l’on souhaite calculer une int´egrale sur un intervalle donn´e [a, b], on n’utilise en g´en´eral pas la formule directement sur l’intervalle [a, b], mais on le d´ecoupe en N sous intervalles (a priori de mˆeme taille, mais ce n’est pas forc´e) et on applique la formule sur chacun des sous intervalles :
Z b a
f(x)dx=
N−1
X
i=0
Z a+(i+1)(b−a)/N a+i(b−a)/N
f(x)dx.
2.2 Formules de Newton-Cotes
La formule de Newton-Cotes `a n+ 1 points correspond `a calculer l’int´egrale avec le po- lynˆome d’interpolation de Lagrange avec les points ´equidistants−1 + 2i/n,i= 0, . . . , n.
Proposition 10. Les poids de la formule de Newton-Cotes sont donn´es par
ωk= Z 1
−1
Lk(x)dx, Lk(x) =
n
Y
j=0, j6=k
x−xj
xk−xj. Ils v´erifient aussi les relations suivantes
ω0+· · ·+ωn= 2
(x1−x0)ω1+· · ·+ (xn−x0)ωn= Z 1
−1
(x−x0)dx (x2−x0)(x1−x0)ω2+· · ·+ (xn−x0)(xn−x1)ωn=
Z 1
−1
(x−x0)(x−x1)dx . . .
n−1
Y
j=0
(xn−xj)ωn= Z 1
−1 n−1
Y
j=0
(x−xj)dx
D´emonstration. On prend P(x) = Lk(x) qui est ´egal `a son polynˆome d’interpolation en les pointsxj, j = 0, . . . , n. La formule donne alors
Z 1
−1
Lk(x)dx=
n
X
j=0
Lk(xj)ωj =ωk.
Les autres relations viennent en prenant pour fonction successivement 1, (x−x0), . . . ,
n−1
Y
j=0
(x−xj),
comme ces fonctions sont ´egales `a leur polynˆome d’interpolation.
2.3. DEGR ´E DE PR ´ECISION 13 Proposition 11. On a les formules suivantes
f(1) +f(−1) 1/3f(1) + 4/3f(0) + 1/3f(−1) 1/4f(−1) + 3/4f(1/3) + 3/4f(−1/3) + 1/4f(1) 7
45f(1) +3245f(1/2) +154 f(0) +457 f(−1) +32 45f(−1/2) 19
144f(−1) +2572f(1/5) +2548f(−3/5) +14419 f(1) +2548f(3/5) +2572f(−1/5) 41
420f(−1) +42041 f(1) +10568 f(0) +1409 f(−1/3) +1409 f(1/3) +1835f(−2/3) +1835f(2/3) 751
8640f(−1) +8640751 f(1) +35778640f(−5/7) +32049 f(−3/7) +29898640f(−1/7) +29898640f(1/7) +32049 f(3/7) +35778640f(5/7) 989
14175f(−1) + 989
14175f(1)− 908
2835f(0)− 928
14175f(−1/2)− 928
14175f(1/2) +141755888 f(−3/4) +10496
14175f(−1/4) +10496
14175f(1/4) +141755888 f(3/4) 2857
44800f(−1) + 2857
44800f(1) +12092800f(−1/3) +1209
2800f(1/3) +224002889 f(1/9) +112027 f(5/9) +112027 f(−5/9) + 2889
22400f(−1/9) +15741 44800f“
−7 9
”
+1574144800f“7 9
”
On a aussi
ωj =ωn−j, j= 0, . . . , n.
D´emonstration. Pour n= 0, on a directement ω0 = 2.
Pourn= 1, on a ω0+ω1 = 2,2ω1=R1
−1(x+ 1)dx= 2 et doncω1 =ω2 = 1.
Pourn= 2, on a x0 =−1, x1= 0, x2 = 1 ω0+ω1+ω2= 2 ω1+ 2ω2 =
Z 1
−1
(x+ 1)dx= 2 2ω2 =
Z 1
−1
(x+ 1)xdx= 2 Z 1
0
x2dx= 2/3,
ce qui donneω2= 1/3, ω1 = 2−2/3 = 4/3 et ω1= 1/3.
On va maintenant montrer que ωj = ωn−j, j = 0, . . . , n. Pour cela, on a d’abord xn−j =
−xj, j = 0, . . . , net donc
Lj(−xk) =Lj(xn−k) =δj,n−k, Ln−j(xk) =δn−j,k, ce qui implique queLj(−x) =Ln−j(x) et on en d´eduit le r´esultat.
Remarque 1. On se rend compte que pour n= 8 et n≥10, il y a des poids n´egatifs, et la valeur absolue de ses poids devient de plus en plus grande, ce qui rend les formules inutilisables
`
a cause des erreurs d’arrondi.
2.3 Degr´ e de pr´ ecision
D´efinition 2. On dit qu’une formule de quadrature est de degr´ed, si Z 1
−1
P(x)dx=
n
X
i=0
ωiP(xi),
pour tout polynˆome de degr´e ≤det la formule n’est plus valable pour P(x) =xd+1.
Proposition 12. On consid`ere une formule de quadrature `a n+ 1 points x0, . . . , xn. Alors la formule est de degr´e au moins nssi on a
Z 1
−1
Pn(f)(x)dx=
n
X
i=0
ωif(xi), (2.1)
o`uPn(f) est le polynˆome d’interpolation de Lagrange en les points (xi, f(xi)), i= 0, . . . , n.
D´emonstration. On consid`ere une formule de quadrature exacte pour tout polynˆome de degr´e
≤n. En prenant comme fonction
Lk(x) =Y
j6=k
x−xj xk−xj
, on obtientωk=R1
−1Lk(x)dxet par suite (2.1). Supposons maintenant que l’on ait (2.1). Soit Q un polynˆome de degr´e ≤n. On a alorsPn(Q) =Q et donc grˆace `a (2.1), on obtient
Z 1
−1
Q(x)dx= Z 1
−1
Pn(Q)(x)dx=
n
X
i=0
ωiQ(xi), ce qui veut bien dire que la formule est de degr´e au moins n.
Proposition 13. Soit une formule de quadrature de degr´ed et f ∈Cd+1[−1,1]. Alors on a
Z 1
−1
f(x)dx−
n
X
i=0
ωif(xi)
≤Cd max
x∈[−1,1]|f(d+1)(x)|
D´emonstration. On d´efinit M = maxx∈[−1,1]|f(d+1)(x)|. On a alors
|f(x)−Qdf(x)| ≤M xd+1 (d+ 1)!, o`uQd(f)(x) =Pd
j=0 fj(0)
j! xj.
Proposition 14. Cas des formules de Newton-Cotes
D´emonstration. On ´ecrit suivant le cas xn+1 = Pn(x) +AQn
j=0(x −xj) ou xn+2Pn(x) + AxQn
j=0(x−xj) (polynˆome d’interpolation pair). On admet que Z 1
0 n−1
Y
j=1
t2− j
n 2!
dt6= 0.
Proposition 15. Cas des formules composites : l’erreur est major´ee par Cd max
x∈[a,b]|f(d+1)(x)|hd+1 D´emonstration.
On utilise le changement de variable (attention notations a changer)
On d´ecompose l’intervalle [-1,1] enN sous intervalles de mˆeme longueur. Cette formule donne alors sur un intervalle [−1+kh,−1+(k+1)h] o`uh= 2/N, et un polynˆomePp,kd’interpolation def enp+ 1 points−1 + (k+si,k)h, si,k ∈[−1,1], i= 0, . . . , n
Z −1+(k+1)h
−1+kh
f(x)−Pp,k(x)dx =h
Z 1
−1
(f −Pp,k)(−1 + (k+s)h)ds
≤hp+2 max
y∈[−1,1]
f(p+1)(y) (p+ 1)!
Z 1
−1 p
Y
i=0
s−si,k
ds≤Cp max
y∈[−1,1]
f(p+1)(y) hp+2.
2.4. INT ´EGRATION DE GAUSS 15 de sorte que l’on peut majorer l’erreur pour une formule composite donn´ee parN intervalles :
Z 1
−1
f(x)dx−
N−1
X
k=0
Z −1+2(k+1)/N
−1+2k/N
Pp,k(x)dx
≤Cn max
y∈[−1,1]
f(p+1)(y) hp+1.
2.4 Int´ egration de Gauss
Proposition 16.
– Il n’existe pas de formule de quadrature `a n+ 1points de degr´e ≥2n+ 2
– Il existe une unique formule de quadrature `a n+ 1 points de degr´e 2n+ 1 (appel´ee formule de Gauss `a n+ 1points)
– Les poids de la formule de Gauss sont strictement positifs et les points sont dans l’in- tervalle ]−1,1[.
D´emonstration.
•Le cas n=k.On cherche un polynˆomePk=Qk
i=0(x−xi) de degr´ek+ 1 ayant toutes ses racines dans l’intervalle [−1,1] et tel que
Z 1
−1
tiPk(t)dt= 0, i= 0, . . . , k.
Pour cela, on prendPk(t) = (t−ak)Pk−1(t)−bkPk−2(t) et il suffit de trouverak etbk tels que Z 1
−1
Pk(t)Pk−1(t)dt= 0 et Z 1
−1
Pk(t)Pk−2(t)dt= 0.
On obtient alors
ak= R1
−1tPk−1(t)2dt R1
−1Pk−1(t)2dt etbk= R1
−1tPk−1(t)Pk−2(t)dt R1
−1Pk−2(t)2dt .
Il reste alors `a voir que toutes les racines sont distinctes et bien dans l’intervalle [−1,1]. Pour cela on consid`ere les racines de multiplicit´e impairea0, . . . , aj. On a alorsPk =QkQj
i=0(t−ai) et Qk est de signe constant sur l’intervalle [−1,1]. Supposons maintenant que j ≤ k, on a alorsR1
−1QkQj
i=0(t−ai)2dt= 0, ce qui est impossible. Donc on a bienk+ 1 racines distinctes dePk dans l’intervalle [−1,1].
Notons aussi que les poids sont cette fois-ci positifs. En effet, en prenant`j(t) =Qk i=0,i6=j
t−xi xj−xi, on a 0<R1
−1`j(t)2dt=ωj.
2.5 Exercices
Exercice 10. On consid`ere la formule de quadrature Z 1
0
f(x)√
xdx'af(x1).
Trouver a et x1 tels que la formule soit de degr´e le plus grand possible. Quel est ce degr´e ? Trouver une estimation de l’erreur en supposant que l’erreur s’´ecrit sous la forme
Z 1 0
f(x)√
xdx−af(x1) =Cf(d+1)(ξ).
Exercice 11. On consid`ere une formule de quadrature de type Z 1
0
f(x)dx'α1f(0) +α2f(1) +α3f0(0)
Trouver α1, α2 et α3 tels que le degr´e de la formule soit le plus grand possible. Quel est ce degr´e ? Comparer avec une formule de type
Z 1 0
f(x)dx'α1f(0) +α2f(1) +α3f(−) +α4f() et faire tendre vers0.
Exercice 12. On consid`ere la formuleI0 des rectangles `a gauche, la formule I1 des trap`ezes.
ainsi que la formuleI2 de Simpson. On utilise ici les formules composites et on suppose que N est pair (Pour Simpson, on l’applique sur les N/2 intervalles). Donner les formules ainsi qu’une estimation de l’erreur pour chacune de ces formules. Simplifier les formules dans le cas o`u la donn´ee est p´eriodique.
Exercice 13. Trouver les formules de Gauss-Lobatto, c’est-`a-dire de la forme ω1f(−1) +ω2f(x1) +· · ·+ωn−1f(xn−1) +ωnf(1).
Exercice 14. SoitI = Z +∞
0
e−x2 dxetIn= Z n
0
e−x2 dx.On a alorsIn=In−1+ Z n
n−1
e−x2 dx.
Une table de valeurs donneI2 = 0.88208139076242.
1.Consid´erons la formule d’int´egration suivante : Z 1
0
f(x) dx=αf(0) +βf 1
3
+γf 2
3
+δf(1).
Trouvez α, β, γ, δ, tels que cette formule soit exacte sur l’espace vectoriel des polynˆomes de degr´e le plus ´elev´e possible. Par un changement de variables, donnez la formule sur l’intervalle quelconque [a, b].
2. Calculez Z 3
2
e−x2 dx et Z 4
3
e−x2 dxpar la formule pr´ec´edente. En d´eduire I3 et I4. 3.On pose f
1 n
=In. On a alors lim
n→+∞In=f(0) =I.Interpolezf par le polynˆome P sur les donn´ees
1 2, f
1 2
,
1 3, f
1 3
,
1 4, f
1 4
et calculezP(0).
2.5. EXERCICES 17 Exercice 15.
1.D´eterminez A0, A1, A2 tels que la relation : Z 2h
0
f(x)
√x dx= (2h)1/2(A0f(0) +A1f(h) +A2f(2h)) +R(f)
soit exacte (i.e.R(f) = 0) sur l’espace vectoriel des polynˆomes de degr´e le plus ´elev´e possible.
On pr´ecisera ce degr´e.
2.Calculez exactement Z 1
0
ln(1 +x)
√x dx,en int´egrant d’abord par partie, puis par changement de variable. Calculez approximativement cette int´egrale par la m´ethode qui pr´ec`ede. Comparer ce r´esultat `a celui que l’on obtient par la m´ethode de Simpson (on calculera lim
x→0
ln(1 +x)
√x ).
3. Expliquez pourquoi le r´esultat obtenu par la m´ethode de Simpson est mauvais (Thomas Simpson, anglais, 1710-1761).
Exercice 16. On veut ´evaluer I = Z 1
0
ln(x)
x2−1 dx par une formule d’int´egration num´erique du type X
Aif(xi) o`uf(x) = xln(x)2−1.
1.Montrez quexi= 1 est une valeur possible mais pas xi = 0.
2.Construire la formule de quadrature suivante, de type interpolation : Z 1
0
f(x) dx=af 1
2
+bf(1) +R(f).
D´eterminez R(f). Appliquez cette formule `a I.
3. On rappelle la formule de Gauss-Legendre `a deux points : Z 1
−1
f(x) dx=f 1
√3
+f
− 1
√3
+ 1
135f(4)(ξ) pourξ∈[−1,1].En d´eduire l’approximation de
Z 1 0
f(x) dxet l’appliquer `a I.
(Johann Carl Friedrich Gauss, allemand, 1777-1855 et Adrien-Marie Legendre, fran¸cais, 1752-1833)
4.Comparez les r´esultats pr´ec´edents `a la valeur exacte π2 8 . Exercice 17. On veut ´evaluer I =
Z +1
−1
e−x2(1 +x2) dx.
1.Calculez une approximation de I par la m´ethode des trap`ezes `a 3 points.
2.Construire une m´ethode d’approximation du type : Z +1
−1
f(x)(1 +x2) dx=A1f(x1) +A2f(x2) +R(f)
o`u x1, x2 sont des nombres distincts et A1, A2 sont des nombres non nuls. En supposant R(f) =Kf(4)(ξ), ξ∈[−1,1]. D´eterminez K `a l’aide de f(x) =x4.
Exercice 18. On consid`ere la formule suivante : Z 1
−1
f(x)dx=
3
X
k=1
akf(xk) +
3
X
k=1
bkf0(xk) +R(f).
o`u les xk sont donn´es par : x1 = −1, x2 = 0, x3 = 1 et les ak et les bk sont `a d´eterminer pour que la formule soit exacte sur l’espace vectoriel des polynˆomes de degr´e le plus grand possible. Quel est ce degr´e ?
1.Montrez que, sipest impair, Z 1
−1
xpdx= 0. Appliquer ce r´esultat `ap= 1, 3, 5. En d´eduire que :a1=a3, b2= 0, b1=−b3.
2.Montrez alors que : Z 1
−1
f(x)dx= 1
15[7f(−1) + 7f(1) + 16f(0) +f0(−1)−f0(1)] +R(f). (2.2) 3. V´erifiez que la formule (2.2) n’est pas exacte pour f(x) =x6. En admettant que le reste soit de la forme :R(f) =Kf(6)(θ) avec θ∈[−1,1], d´eterminez la constante K.
4.Par changement de variable dans (2.2), montrez que : Z b
a
g(t)dt= h
15[7g(a) + 7g(b) + 16g
a+b 2
+h(g0(a)−g0(b))] +E(g), (2.3) avech= b−a
2 .
5. D´eterminez E(g) `a partir de R(f).
6. Application Soit I = Z π
0
sin(x)dx. Trouvez la valeur approch´ee de I par la formule (2.3) et comparez-la `a la valeur exacte. Evaluez l’erreur th´eorique E(g).
7.Montrez que l’on a la formule composite suivante : Z b
a
g(t)dt≈ h
15{7g(a) + 7g(b) + 16[g(a+h) +g(a+ 3h) +· · ·+g(a+ (2n−1)h)]
+ 14[g(a+ 2h) +g(a+ 4h) +· · ·+g(a+ (2n−2)h)]
+ h[g0(a)−g0(b)]}, o`uh= b−a
2n . Evaluez l’erreur.
Chapitre 3
R´ esolution de syst` emes lin´ eaires
Soit A ∈ RN×N est une matrice carr´ee, suppos´ee inversible (detA 6= 0) et b ∈ RN un vecteur donn´e.
On cherche `a trouver le vecteur x∈RN tel queAx=b.
3.1 Cas des matrices triangulaires
Proposition 17. Soit A une matrice triangulaire `a termes diagonaux non nuls. Le syst`eme se r´esoud en environ N2 op´erations (descente ou remont´ee).
D´emonstration. Supposons Atriangulaire sup´erieure. On a alors (algorithme de remont´ee) : xN = bN
aN,N
, xj = bj−PN
k=j+1aj,kxk aj,j
, j =N−1, . . . ,1.
3.2 M´ ethode de Gauss
On part d’une matrice A et on cherche `a rendreA triangulaire sup´erieure en faisant des op´erations sur les lignes.
Proposition 18. On suppose les mineurs principaux de d´eterminant non nul. Alors on peut r´esoudre le syst`eme en faisant des op´erations sur les lignes. Le nombre d’op´erations est de l’ordre de 2N3/3.
D´emonstration.
Il s’agit de la m´ethode de Gauss sans pivot.
Etape 1Lj ←Lj −aaj,1
1,1L1, j = 2, . . . , N Etapek Lj ←Lj− a
(k) j,k
a(k)k,kL1, j =k+ 1, . . . , N, pour k= 2, . . . , N−1.
Il reste `a voir que le pivot a(k)k,k est non nul. Les op´erations sur les lignes ne changent pas le d´eterminant duk-i`eme mineur Ak qui vaut Qk−1
j=1a(j)j,ja(k)k,k = det(Ak) 6= 0 et donca(k)k,k est lui mˆeme non nul par r´ecurrence.
Nombre d’op´erations pour calculer la matrice triangulaire sup´erieure : `a l’´etapek: 2(N−k)2.
19
Dans le cas o`u le pivot est nul ou petit en valeur absolue, la m´ethode de Gauss sans pivot ne fonctionne plus, et on choisit de faire un ´echange de ligne ou de colonne : il s’agit de la m´ethode de Gauss avec strat´egie de pivot.
Proposition 19. Soit A inversible. On peut alors r´esoudre le syst`eme par la m´ethode de Gauss avec strat´egie de pivot.
D´emonstration. Si le pivot est nul, on sait que toute la ligne (ou colonne) n’est pas nulle et on peut donc faire un ´echange de colonnes (ou de lignes).
Chaque op´eration sur les lignes correspond `a une multiplication de la matrice par une matrice triangulaire inf´erieure avec des 1 sur la diagonale. On peut alors ´ecrire
A=LU,
avecL triangulaire inf´erieure et U triangulaire sup´erieure. Dans le cas o`u il y a une strat´egie de pivot, on a
A=P LU, avecP matrice de permutation.
Il peut ˆetre int´eressant de stockerLetU (que l’on peut stocker informatiquement dans la mˆeme matriceA), notamment si l’on veut r´esoudre le syst`eme pour une succession de seconds membres b.
Proposition 20. Soit A une matrice dont tous les mineurs principaux sont non nuls. Alors A admet une unique factorisation LU et on peut stocker informatiquement L et U dans la mˆeme matriceA qui est successivement mise `a jour.
D´emonstration. L’unicit´e s’obtient en ´ecrivantL−12 L1 =U2U1−1 qui est triangulaire inf´erieure et sup´erieure avec des 1 sur la diagonale et qui est donc la matrice identit´e.
On a (en utilisant le lemme suivant) pour k= 1, . . . , N−1 aj,k = aj,k
ak,k, j =k+ 1, . . . , N puis pour `, j=k+ 1, . . . , N,
a`,j =a`,j−a`,kak,j
Lemme 1 (Lascaux-Theodor p184). Soit `k, k = 1, . . . , N−1 une suite de N −1 vecteurs de dimensionN tels que lesk premi`eres composantes de`k soient nulles, alors
N−1
Y
k=1
(I +`ketk) =I+
N−1
X
k=1
`ketk.
D´emonstration. les termes `ieti`jetj aveci < j sont nuls, careti`j =`j(i) = 0 pourj > i.
3.3. EXEMPLES 21
3.3 Exemples
3.3.1 R´esum´e pour la m´ethode de Gauss La m´ethode de Gauss est une m´ethode directe.
On utilise un pivot que l’on change ´eventuellement
Elle fonctionne sans changement de pivot pour tout matrice telle que les mineurs princi- paux sont de determinant non nul
Avec pivot, elle fonctionne pour toute matrice inversible.
Le cout est en O(n3).
Sans pivot, on ´ecrit
A=LU
avec Ltriangulaire inf´erieure avec des 1 sur la diagonale etU triangulaire sup´erieure Avec pivot, on rajoute une matrice de permutation
A=P LU,
avecP matrice de permutation (permutation des lignes ou colonnes de la matrice identit´e).
Le coˆut peut etre reduit pour des matrices bandes et fait intervenir la largeur de bande Par exemple, pour les matrices de tridiagonale, LetU sont bidiagonales.
3.3.2 Interpolation par splines cubiques
On consid`ere l’interpolation par splines cubiques sur un intervalle [a, b] divis´e en N sous intevalles pas forc´ement de mˆeme longueur. On se donne
f(xj), j = 0, . . . , N, f0(x0), f0(xN), avec a=x0 <· · ·< xN =b.
Localement sur un intervalle [xj, xj+1] la reconstruction par splines cubiques de f est un po- lynˆome de degr´e ≤3.
On suppose la continuit´e C2 en chacun des points xj, j = 1, . . . , N−1.
Sur l’intervalle [xj, xj+1], on note Pj+1/2 le polynˆome de degr´e ≤ 3 qui est uniquement d´etermin´e par fj, fj+1, fj0, fj+10 , avec fj0 = limx→xjPj0(x) = limx→xjPj−10 (x). On peut ´ecrire
Pj+1/2(x) =fj + Z xj+1
xj
Pj+1/20 (x)dx.
Le polynˆome Pj+1/20 est de degr´e ≤2 et satisfait
Pj+1/20 (xj) =fj0, Pj+1/20 (xj+1) =fj+10 , ainsi que
Z xj+1
xj
Pj+1/20 (x)dx=fj+1−fj. On peut donc ´ecrire
Pj+1/20 (x) =fj0+ x−xj
xj+1−xj(fj+10 −fj0) +Aj(x−xj)(x−xj+1),
avecAj de telle sorte que fj+1−fj =Aj
Z xj+1
xj
(x−xj)(x−xj+1)dx+ fj0 +fj+10
2 (xj+1−xj) On a
Z xj+1
xj
(x−xj)(x−xj+1)dx=−2xj+1−xj 3
xj+1−xj 2
2
=−(xj+1−xj)3
6 ,
ce qui donne
Ajxj+1−xj
6 =
fj0+fj+10
2 −xfj+1−fj
j+1−xj
xj+1−xj
On obtient alors
P”j+1/2(x) = fj+10 −fj0 xj+1−xj
+ 2Ajx−Aj(xj+xj+1), et la continuit´e de la d´eriv´ee seconde donne
fj+10 −fj0
xj+1−xj +Aj(xj−xj+1) = fj0−fj−10 xj−xj−1
+Aj−1(xj−xj−1), ce qui se r´e´ecrit pourj= 1, . . . , N−1
fj+10 −fj0 xj+1−xj
−6
fj0+fj+10
2 −xfj+1−fj
j+1−xj
xj+1−xj
= fj0−fj−10 xj−xj−1
+ 6
fj0+fj−10
2 − xfj−fj−1
j−xj−1
xj−xj−1
. Si on suppose que le maillage est uniforme, on obtient
fj+10 −fj0−fj0 +fj−10 −3(fj0 +fj+10 +fj0+fj+10 ) =−6(fj+1−fj +fj−fj−1)/∆x, soit
fj−10 + 4fj0+fj+10 = 3fj+1−fj−1
∆x . (3.1)
On consid`ere alors le syst`eme lin´eaire en f00, . . . , fN0 , donn´e par (3.1) et f00 = f00, fN0 =fN0 , pourj= 0 etj =N. On a bien un syst`eme tridiagonal.
3.3.3 R´esolution d’un syst`eme tridiagonal Th´eor`eme 2. On consid`ere la matrice suivante :
A=
b1 c1 0 · · · 0 a2 . .. ... ... ... 0 . .. ... ... 0 ... . .. ... ... cn−1
0 · · · 0 an bn
.
On d´efinit la suite suivante :
δ0 = 1, δ1 =b1,
δk=bkδk−1−akck−1δk−2, ∀k∈ {2, . . . , n}.