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Texte intégral

(1)

Notesdeoursdel'ISIMA,premièreannée

http://www.isima.fr/

leborgne

Fontions de plusieurs variables et hangements de variables

GillesLeborgne

1 er

février2017

Table des matières

1 Rappelssurlesfontions

R → R

2

1.1 Continuité. . . 2

1.2 NotationsdeLandau

o

et

O

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

1.3 Dérivation . . . 6

1.4 Dérivationdeproduitsetdeomposées . . . 8

1.5 Théorèmedesaroissementsnisdans

R

. . . 9

1.6 Primitivesetintégrales. . . 11

1.7 Dérivationd'ordresupérieur. . . 13

1.8 Développementlimitéd'unpolynme. . . 13

1.9 Développementslimités:formulesdeTaylor. . . 14

1.9.1 Dénition . . . 14

1.9.2 FormuledeTaylor averesteintégral. . . 14

1.9.3 Corollaire:formulesdeTaylor ave

o

et

O

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

2 Fontions deplusieursvariablesàvaleurssalaires 15 2.1 Continuité. . . 16

2.2 Dérivation . . . 16

2.2.1 Dérivéediretionnelle . . . 16

2.2.2 Fontiondérivable,diérentielle,gradient . . . 18

2.3 Interprétationgéométriquedugradient. . . 21

2.3.1 Entermedeplusgrandepente . . . 21

2.3.2 Entermedenormaleaugraphe. . . 22

2.4 Règlesdedérivation . . . 24

2.5 Théorèmedesaroissementsnis . . . 24

2.6 Dérivéesd'ordressupérieurs,hessien,théorèmedeShwarz . . . 24

2.7 *Leverlesambiguïtésdesnotations:introdutiondelanotation

∂ i

. . . . . . . . . . . . . 27

2.7.1 Premierproblèmeàrésoudre . . . 27

2.7.2 Seondproblèmeàrésoudre. . . 28

2.7.3 Leverlesambiguïtés:notation

∂ i

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

2.8 FormuledeTaylordans

R n

. . . 29

3 Fontions deplusieursvariablesàvaleursvetorielles 30 3.1 Introdutionetontinuité . . . 30

3.2 Dérivationsetmatriejaobienne . . . 31

3.3 Compositionetdérivations:produitdesjaobiennes . . . 32

4 Théorèmedesaroissements nis :as de

R n

35 5 Théorèmedupoint xede Banah 38 6 Théorèmed'inversion loale 39 7 Théorèmedesfontions impliites 42 7.1 Casdesfontion

R n −1 × R → R

. . . 42

7.1.1 Courbedeniveau. . . 43

7.1.2 Casdesfontion

R × R → R

. . . 43

7.1.3 Casdesfontion

R n −1 × R → R

. . . 46

7.2 Casdesfontion

R n × R m → R m

. . . 46

7.2.1 Développementlimités,fontion

R n × R m → R

. . . 46

7.2.2 Développementlimités,fontion

R n × R m → R p

. . . 47

7.2.3 Appliation:fontion

R n × R m → R m

. . . 47

(2)

8 Changement devariables 48

8.1 Dénitionsetrésultats . . . 49

8.1.1 Changementdevariables . . . 49

8.1.2 Coordonnéespolaires. . . 50

8.1.3 Coordonnéesylindriques . . . 51

8.1.4 Coordonnéessphériques . . . 51

8.2 Exemples . . . 53

8.3 Formulesdehangementdebase . . . 53

8.3.1 Rappel:hangementdeveteurs . . . 53

8.3.2 Rappel:hangementdeoordonnées. . . 55

9 *Complément 56 9.1 Matriesjaobiennesetinterprétation . . . 56

9.2 Systèmedeoordonnées,lignesdeoordonnées . . . 58

9.3 Basedusystèmedeoordonnées . . . 58

9.4 Lesdérivéesdansles nouvellesoordonnées . . . 59

9.5 Lesdérivéesseondesdanslesnouvellesoordonnéesetlelaplaien . . . 61

9.6 Formulesdehangementdebase . . . 63

9.6.1 Formulesdehangementdevariablesdanslabasedusystèmedeoordonnées . . . . 63

9.6.2 Legradientdanslabasedeoordonnées . . . 64

9.6.3 Divergeneetrotationneldanslesnouvellesoordonnées . . . 66

10Annexe:rappels deformulestrigonométriques 70

11Annexe:quelquesintégrales 70

12Annexe:quelquesdérivées(etprimitives)usuelles 71

13Annexe:rainesdespolynmes de degré3et4 72

Référenesbibliographiques 73

1 Rappels sur les fontions

R → R

1.1 Continuité

Ononsidèreunintervalle

I ⊂ R

,i.e.,

I

al'unedesformessuivantes:

] − ∞ , ∞ [(= R )

,

] − ∞ , b[

,

] − ∞ , b]

,

]a, ∞ [

,

[a, ∞ [

,

]a, b[

,

[a, b[

,

]a, b]

,

[a, b]

,

a

et

b

sontdeuxréels telsque

a < b

(dans les

quatrederniersas).

Dénition 1.1 Soit

f : I → R

et

x 0 ∈ I

.Alors

f

est ontinueen

x 0

si:

lim x∈I x→x 0

f (x) = f (x 0 )

dans

R .

(1.1)

Quandonérit

x → x 0

,onsous-entendbiensûrque

x ∈ I

,sinon

f (x)

n'auraitpasdesens;onne

préiseraplus

x ∈ I

danslasuite,i.e.onérirasimplement

lim x→x 0 f (x) = f (x 0 )

.

Onrappellelesnotations:

x→a+ lim f (x)

déf

= lim

x>a x→b

f (x)

noté

= f (a+),

et

x→b− lim f (x)

déf

= lim

x<b x→b

f (x)

noté

= f (b − ).

Etladénitiondonnéepar(1.1)ontientladénitiondelaontinuitéàdroiteetàgauhe:si

I = [a, b]

,

f

est ontinueàdroiteen

a

ssi:

f (a+) = f (a),

et

f

estontinueàgauheen

b

ssi:

f (b − ) = f (b).

(3)

Laontinuitéen

x 0

s'érit aussi(avelavaleurabsolue

| . |

dans

R

):

| x − lim x 0 |→ 0 | f (x) − f (x 0 ) | = 0.

(1.2)

Etentermesdequantiateurs,

f

ontinueen

x 0

s'érit:

∀ ε > 0, ∃ η > 0, ∀ x ∈ I : | x − x 0 | < η = ⇒ | f (x) − f (x 0 ) | < ε,

qui s'énoneenfrançais:

En

x 0

,pourtout

ε > 0

(sous-entenduaussipetit soit-il),il existe

η > 0

(qui dépend de

ε

et

de

x 0

)telque,dèsque

x

vérie

| x − x 0 | < η

,ona

| f (x) − f (x 0 ) | < ε

,ouenore:

en

x 0

, pour tout

ε > 0

(sous-entendu aussi petit soit-il), il existe

η > 0

(qui dépend

de

ε

et de

x 0

) tel que, dès que

x

est dans l'intervalle

]x 0 − η, x 0 +η[

, on a

f (x)

dans l'intervalle

]f (x 0 ) − ε, f (x 0 )+ε[

.

Dénition 1.2

f

estdisontinueen

x 0

ssi

f

n'estpasontinueen

x 0

,i.e.ssi

lim x → x 0 f (x) 6 = f (x 0 )

.

Ouenoresi:

∃ ε > 0, ∀ η > 0, ∃ x ∈ I

t.q.:

| x − x 0 | < η

et

| f (x) − f (x 0 ) | ≥ ε.

Dénition 1.3 Onditque

f : I → R

estontinuedans

I

si

f

estontinueentoutpoint

x

de

I

.

Celas'érit:

∀ x ∈ I, ∀ ε > 0, ∃ η > 0 : ∀ x ˜ ∈ I, | x ˜ − x | < η = ⇒ | f (˜ x) − f (x) | < ε.

Dénition 1.4 On appelle

C 0 (I; R )

l'ensemble des fontions ontinues

f : I → R

, qu'on note simplement

C 0

lorsqu'iln'yapasdeonfusionpossible.

Théorème 1.5 (desvaleursintermédiaires.)Soit

f : I → R

une fontionontinuedans

I

, soit

a

et

b

deuxpointsde

I

telsque

a < b

. Alors,si

f (a) < f (b)

ona:

∀ y 0 ∈ ]f (a), f (b)[, ∃ x 0 ∈ ]a, b[, f (x 0 ) = y 0 ,

(1.3)

etsi

f (a) > f (b)

,mêmerésultatpourtout

y 0 ∈ ]f (b), f (a)[

.I.e.,si

f

estontinue,alorstoutevaleur

ompriseentre

f (a)

et

f (b)

est atteinte.

Enpartiulier,si

f

estontinuesur

I

, alors

f (I)

estunintervalle,àsavoirl'undesintervalles

[m, M ]

,

]m, M ]

,

[m, M [

ou

]m, M [

m = inf x ∈ I f (x)

et

M = sup x∈I f (x)

.

Preuve. Supposons

f (a) < f (b)

(sinonontravailleavelafontion

− f

).

Soit

y 0 ∈ ]f (a), f (b)[

, soit

S = { x ∈ ]a, b[ : f (x) < y 0 }

. Ayant

S ⊂ [a, b]

, on dénit

c ∈ [a, b]

ommeétantlabornesupérieurde

S

: si

x ∈ S

alors

x ≤ c

,et si

x > c

alors

f (x) ≥ y 0

.

Onommene parremarquer que

c

vérie

a<c<b

. En eet,montrons parexempleque

c 6 = a

(mêmeraisonnementpour

c 6 = b

):

sinon

c = a

, etalorspardénitionde

c

,pourtout

x ∈ ]a, b[

,ona

f (x) ≥ y 0 > f (a)

.Maisalors

lim x → a+ f (x) ≥ y 0 > f (a)

et

f

estdisontinueen

a

,ontraireàl'hypothèse

f

ontinueen

a

.Don

c = a

estimpossible:ona

c > a

.

D'oùtroisaspossibles:

1-Soit

f (c) = y 0

,etlethéorèmeestdémontré.

2-Soit

f (c) < y 0

,mais

f

étantontinueen

c

, ona

lim x → c f (x) = f (c)

et pardénition de

c

,

lim x → c+ f (x) ≥ y 0 > f (c)

.C'estabsurde.D'où

f (c) ≥ y 0

.

3-Soit

f (c) > y 0

.Mêmedémarhe:'est impossible.

Seul le as1-est possible,d'où (1.3). Onen déduit que

f (I)

est unintervalle: eneet, si

y 1 , y 2

sontdeuxpointde

f (I)

(i.e.il existe

x 1 , x 2 ∈ I

t.q.

f (x 1 ) = y 1

et

f (x 2 ) = y2

,alorstoutpointde

l'intervalle

[y 1 , y 2 ]

est dans

f (I)

,f.(1.3).Et

f (I) ⊃ ]m, M [

.

Dénition 1.6 Ondit que

f : I → R

est uniformémentontinuedans

I

sila ontinuitéde

f

se

mesureindépendammentde(uniformémenten)

x

:

∀ ε > 0, ∃ η ε > 0 : ∀ x, x ˜ ∈ I, | x ˜ − x | < η ε = ⇒ | f (˜ x) − f (x) | < ε.

(Onnepeutpasexprimerl'uniformeontinuitéentermesdelimite.)Donii

η

nedépendquede

ε

,

pasde

x

:pourtout

ε

,ilexiste

η

telquedèsque

x

et

x ˜

vérient

| x ˜ − x | < η ε

,ona

| f (˜ x) − f (x) | < ε

.

(4)

Proposition1.7 Si

f

estuniformémentontinuesur

I

,elleestontinueentoutpoint

x

de

I

.La

réiproqueest fausse,i.e.ilexisteunintervalle

I

de

R

etunfontionontinue

f : I → R

telleque

f

n'estpasuniformémentontinue.

Preuve. On suppose

f

uniformément ontinue dans

I

. Soit

x ∈ I

, alors l'uniforme ontinuité

donne en partiulier:

∀ ε > 0, ∃ η ε > 0 : ∀ x ˜ ∈ I, | x ˜ − x | < η ε = ⇒ | f (˜ x) − f (x) | < ε

.I.e

f

est

ontinueen

x

.

Laréiproqueestfausse:prendre

f : x ∈ ]0, 1] → 1 x

.Cettefontionestbiensûrontinueentout

pointde

]0, 1]

, mais ellen'est pas uniformément ontinue dans

]0, 1]

. En eet,

∃ ε > 0

, on prend

ε = 1

,telque

∀ η > 0

,

∃ x > 0

et

∃ y > 0

,àsavoir

x = min(η, 1)

et

y = 1 2 x

,etonaàlafois

| x − y | < η

et

| f (x) − f (y) | ≥ ε

(ar

x − y = min( η 2 , 1)

et

| f (x) − f (y) | = | x 12 x | = x 1 = max( 1 η , 1) ≥ 1=ε

.

(Oubien prendre

f : R → R

déniepar

f (x) = x 2

.)

Exemple 1.8 Montrerquelafontion

f : x ∈ [0, 1] → f (x) = √ x ∈ R

estuniformémentontinue (sans seservirdelapropositionsuivante).

Réponse. Regardonse quisepasseauvoisinage de

x = 0

, i.e. laontinuitéde

en

x = 0

:onveut

| √

˜ x − √

0 | = √

˜

x < ε

dès que

| x ˜ − 0 | = ˜ x < η

.Onprend

η = ε 2

,etona

x < η ˜

donnebien

˜ x < ε

(la

fontion

estontinueàdroiteen

0

etonaaratérisé

η

enfontionde

ε

.

Montronsmaintenantquesi

| x ˜ − x | < ε 2

alors

| √

˜

x − √ x | < ε

.Poure,montronsque

| √

˜

x − √ x | 2 ≤ | ˜ x − x |

,

i.e.quesi

x ˜ ≥ x

alors

x ˜ + x − 2 √

˜

xx ≤ x ˜ − x

,i.e.si

x ˜ ≥ x

alors

2x − 2 √

˜

xx ≤ 0

.C'estimmédiat.Etsi

x < x ˜

ona

| x ˜ − x | = x − x ˜

etdemême

2˜ x − 2 √

˜ xx ≤ 0

.

Proposition1.9 Une fontion

f ∈ C 0 ([a, b], R )

(ontinue sur un ompat) est uniformément ontinue.

Preuve. Supposons

f

nonuniformémentontinue:

∃ ε > 0, ∀ η > 0, ∃ x ∈ [a, b], ∃ x ˜ ∈ [a, b], | x ˜ − x | < η

et

| f (˜ x) − f (x) | ≥ ε.

Soitdonuntel

ε

.Alorsonxe

n ∈ N

etonpose

η = 1 n

.Puisonprenddeuxréels

x n

et

x ˜ n

telsque

| x ˜ n − x n | < η

et

| f (˜ x n ) − f (x n ) | ≥ ε

.Ononstruitainsideuxsuites

(x n )

et

(˜ x n )

dansleompat

[a, b]

:onpeutdonenextrairedeuxsous-suitesonvergentesqu'onnoteraenore,poursimplier lesnotations,

(x n )

et

(˜ x n )

.

Comme

| x ˜ n − x n | < n 1

,lesdeuxsous-suitesonvergentversunemêmevaleur,etvérientégale- ment

| f (˜ x n ) − f (x n ) | ≥ ε

.Comme

f

estontinue,eiestimpossible.Don

f

estbienuniformément ontinue.

Proposition1.10 Si

f : [a, b] → R

est ontinue,alors l'image

f ([a, b])

est ompate(bornée et

fermée),et

f

atteintsonmaximumet sonminimum:

∃ x M ∈ [a, b] : f (x M ) = sup

x ∈ [a,b]

f (x), ∃ x m ∈ [a, b] : f (x m ) = inf

x ∈ [a,b] f (x).

Preuve. Lethéorèmedesvaleursintermédiairesindiqueque

f ([a, b])

est unintervalle,et ils'agit demontrerqueetintervalleestbornéetferméquand

f

estuniformémentontinuesur

[a, b]

(ave

laproposition 1.9).

Montronsquel'image

f ([a, b])

estbornée.L'intervalle

[a, b]

étantompat,

f

yestuniformément ontinue,et donà

ε

xé,ilexiste

η

et donil existeunnombrenidepoints

x 0 <x 1 <...<x n

tels

que

x i+1 − x i < η

et

| f (x i+1 ) − f (x i ) | < ε

savoir

x i = a + i b−a

pour

i = 1, ..., n

n =

partie

entièrede

b−a

points,quitteàprendre

η

susammentpetit, i.e.telque

b−a ≥ 1

).

Etdonpourtout

x ∈ [a, b]

, ilexiste

i ∈ [1, n]

telque:

| x − x i | < η

et

| f (x) − f (x i ) | < ε

.Et

don :

sup

x∈ [a,b]

f (x) ≤ max

i=1,...,n (f (x i )) + ε

,pourtout

x ∈ [a, b]

: et

f

est bien bornée(i.e. sonimage

est bornée).

Montronsque

f ([a, b])

estfermé. Posons

M = sup

x∈ [a,b]

( | f (x) | )

, untelsupexistantdans

R

ar

f

est bornée.Ils'agitdemontrerqu'ilexiste

x M ∈ [a, b]

telque

M = f (x M )

:

pardénition dusup,ilexisteune suite

(x n )

dans

[a, b]

telleque

f (x n ) n −→

→∞ M

.Lasuite

(x n )

étantbornéedansleompat

[a, b]

,elleadmetunesoussuiteonvergente

x n k

dans

[a, b]

.Notons

(5)

x M = lim

k →∞ x n k

. Sahant

f

ontinue, ona

f (x n k ) → f (x M )

, et onendéduit que

M = f (x M )

, et

don que

M ∈ f ([a, b])

. De même pour

m = inf

x ∈ [a,b] ( | f (x) | ) ∈ f ([a, b])

,e qui prouveque

f ([a, b])

est unintervallefermé.

Remarque 1.11 En appliquant lethéorème desaroissementsnis(voirplusloin), onmontre

quesi

f : I → R

estontinuedérivablededérivéebornéesur

I

,alors

f

estuniformémentontinue sur

I

.

1.2 Notations de Landau

o

et

O

Dénition 1.12 Soit

x 0 ∈ R

,et soit

I

intervallede

R

t.q.

x 0 ∈ I

.Étantdonnéesdeux fontions

f

et

g

de

F (I; R )

,onditque

f

estpetit

o

de

g

auvoisinagede

x 0

,etonnote

f = o(g)

auvois.

de

x 0

,ssi

∀ ε > ˜ 0, ∃ η > 0, ∀ x ∈ I, | x − x 0 | < η ⇒ | f (x) | < ε ˜ | g(x) | .

(1.4)

On érit également abusivement

f (x) = o(g(x))

au vois. de

x 0

, et on dit que

f

est négligeable devant

g

auvoisinagede

x 0

.

Exemple 1.13 Ave

g = 1 R

(lafontiononstantevalant

1

sur

R

),ona

f = o(1 R ) =

noté

o(1)

au

vois.de

x 0

ssi

f (x) −→ x → x 0 0

(immédiat).

Dénition 1.14 Étantdonnéesdeux fontions

f

et

g

de

F ( R ; R )

, onditque

f

estpetit

o

de

g

auvoisinagede

+ ∞

,etonnote

f = o(g)

auvois.de

+ ∞

,ssi:

∀ ε > ˜ 0, ∃ M > 0, ∀ x > M ⇒ | f (x) | < ε ˜ | g(x) | .

(1.5)

On enore,

f = o(g)

au voisinage de

+ ∞

ssi

F = o(G)

au voisinage de

0

on a posé

F (x) = f ( 1 x )

et

G(x) = g( 1 x )

.

Proposition1.15 Soit

x 0 ∈ I

,etsoit

I

intervallede

R

t.q.

x 0 ∈ I

.Étantdonnéesdeuxfontions

f

et

g

de

F (I; R )

, s'il existe une fontion

ε : R → R

telle que

ε(0) = 0

et qui est ontinue en

0

(don

ε(z) −→ z

→ 0 0

)et :

f (x) = ε(x − x 0 )g(x),

(1.6)

alors

f = o(g)

auvoisinagede

x 0

.

Preuve.Siunefontion

ε

vériant(1.6)existe,alors

| f (x) | ≤ | ε(x − x 0 ) || g(x) |

.Etdon,pour

ε > ˜ 0

donné, hoisissant

η > 0

telque

| z | < η

implique

| ε(z) | < ε ˜

(un tel

η

existe par ontinuitéde

ε

en

0

),onobtient

| f (x) | ≤ ε ˜ | g(x) |

dèsque

| x − x 0 | < η

,d'où(1.4).

Enpartiulier,si

g

nes'annulepasdansunvoisinagede

x 0

,ona

f

estpetit

o

de

g

auvoisinage

de

x 0

,etonnote

f = o(g)

auvois.de

x 0

,ssidansunvoisinagede

x 0

:

f (x)

g(x) = ε(x − x 0 )

i.e.

lim

x → x 0

f (x) g(x) = 0.

Onenore,si

g

nes'annulepasdansunvoisinagede

x 0

sauféventuellementen

x 0

:

x→x lim 0 x6=x 0

f (x)

g(x) = 0

noté

= lim

x → x 0

f (x) g(x) ,

ladernièrenotationpourallégerl'ériture(sahantqueladivisionpar0est interdite).

Notation. On note

x n

la fontion

x → x n

dénie sur

R

. Ainsi, si

g(x) = x n

, si

f = o(g)

au

voisinagede

x 0

,onnote

f = o(x n )

auvoisinagede

x 0

.

Exemple 1.16 Toutefontionmonme

f (x) = x n

ave

n ≥ 1

est

o(1)

auvoisinagede

x 0 = 0

,

onanoté

1

lafontiononstante

= 1

sur

R

, ar

x n 1 x −→

→ 0 0

.

Exemple 1.17 Lafontion

f (x) = x n

pour

n ≥ 2

est

o(x)

auvoisinagede

0

ar

x n x −→ x

→ 0 0

:onnote

f (x) = o(x)

auvoisinagede

0

.

(6)

Exemple 1.18 Si

f

est une fontion ontinue en

x 0

, alors

f (x) − f (x 0 )

1 x −→

→ x 0

0

et don

f (x) − f (x 0 ) = o(1)

,i.e.,

f (x) = f (x 0 ) + o(1)

auvoisinagede

x 0

(développementlimitéde

f

àl'ordre0

auvoisinagede

x 0

).

Remarque 1.19 LanotationdeLandaun'estpasompatibleavel'addition,i.e.si

f 1 = o(g 1 )

et

si

f 2 = o(g 2 )

,laonlusion

f 1 +f 2 = o(g 1 +g 2 )

estfausse.Parexempleprendre

f 1 (x) = f 2 (x) = x 2

et prendre

g 1 (x) = x = − g 2 (x)

:iiona

g 1 +g 2 = 0

et

(f 1 +f 2 )(x) = 2x 2 6 = o(0) = 0

.

Proposition1.20 La notationdeLandau est ompatible avelamultipliation, i.e.si

f = o(g)

auvois.de

x 0

alors

f h = o(gh)

auvois.de

x 0

pourtoutefontion

h

.

EtlanotationdeLandauesttransitive,i.e.si

f = o(g)

et

g = o(h)

auvois.de

x 0

alors

f = o(h)

auvois.de

x 0

.

Preuve. Si

f (x) = ε(x − x 0 )g(x)

alors

h(x)f (x) = ε(x − x 0 )h(x)g(x)

.

Etsi

f (x) = ε 1 (x − x 0 )g(x)

et

g(x) = ε 2 (x − x 0 )h(x)

alors

f (x) = (ε 1 ε 2 )(x − x 0 )h(x)

, ave

ε 1 ε 2

qui tendvers0quand

x → x 0

.

Dénition 1.21 Ondénitlanotionde`omparable'oude`grand

O

'ommesuit:étantdonnées

deux fontions

f

et

g

,onditque

f = O(g)

auvoisinaged'unpoint

x 0

ssi:

∃ C > 0, ∃ η > 0, ∀ x ∈ I, | x − x 0 | < η, | f (x) | ≤ C | g(x) | .

etonnoteégalement

f (x) = O(g(x))

auvoisinagede

x 0

.Onditaussique

f

est(auplus)dumême

ordredegrandeurque

g

auvoisinagede

x 0

.

1.3 Dérivation

Dénition 1.22 Soit

f : I → R

,etsoit

x 0 ∈ I

.Quandlalimite suivanteexistedans

R

:

x lim → x 0

f (x) − f (x 0 )

x − x 0 ∈ R ,

(1.7)

i.e. quand il existe

c ∈ R

telque

c = lim x → x 0

f(x) − f(x 0 ) x − x 0

,on dit que

f

est dérivable en

x 0

, et on

note

c = f (x 0 )

.

Don,si

f

estdérivableen

x 0

,onnote:

x lim → x 0

f (x) − f (x 0 ) x − x 0

= f (x 0 ).

Quandonérit

x → x 0

,onsous-entendbiensûrque

x ∈ I

,sinon

f (x)

n'auraitpasdesens.Cette

dénitionontientdonladénitiondeladérivéeàdroite(oudérivéeparladroite)orrespondant

auasoù

x 0 = a

(etdon

I = [a, b[

ou

[a, b]

ou

[a, ∞ [

)notée:

x→x lim 0 +

f (x) − f (x 0 ) x − x 0

= f (x 0 +) ∈ R ,

ouenore

lim

h → 0+

f (x 0 + h) − f (x)

h = f (x 0 +)

(1.8)

avelanotationimmédiate:

lim

x → x 0 + = lim

x>x 0 x→x 0

. Demêmepourladérivée àgauhe.

Unedénitionéquivalenteest:

f (x) − f (x 0 )

x − x 0 − f (x 0 ) = o(1)

auvois.de

x 0 ,

(1.9)

ouenore:

f (x) − f (x 0 ) x − x 0

= f (x 0 ) + o(1)

auvois.de

x 0 ,

(1.10)

ouenore:

f (x) = f (x 0 ) + f (x 0 )(x − x 0 ) + o(x − x 0 )

auvois.de

x 0 ,

(1.11)

appelédéveloppementlimité de

f

àl'ordre

1

auvoisinagede

x 0

.

Lavaleur

f (x 0 )

estaussiappeléelapente de

f

en

x 0

(=rapportopposé/téadjaent):

f (x 0 ) =

pente en

x 0 = lim

x → x 0

∆y

∆x ,

oùonanoté

∆y = f (x) − f (x 0 )

et

∆x = x − x 0

.

Onalerésultatimmédiat:

(7)

Proposition1.23 Si

f

estdérivableen

x 0

,alors

f

est ontinueen

x 0

.

Preuve. Parhypothèse,

f (x) = f (x 0 ) + (x − x 0 )f (x 0 ) + o(x − x 0 )

,et don,si

x → x 0

onabien

f (x) → f (x 0 )

.

Silesvaleurs

f (x 0 )

existentpourtousles

x 0 ∈ I

,

I ⊂ R

,ondénitlafontiondérivéepar:

f :

( I → R x 7→ f (x).

Exemple 1.24 L'appliation ane

f (x) = ax + b

est dérivable en tout point

x ∈ R

, et a pour dérivée

f (x) = a =

onstantepourtout

x ∈ R

(alul immédiat). Etlareprésentationde

f

dans

R × R = R 2

par son graphe

{ (x, f (x)) : x ∈ R }

est une droite de pente

a

passantpar le point

(0, b)

.

Exemple 1.25 L'appliation

f (x) = | x |

estdérivablesur

R − { 0 }

.En

0

,lalimiteàdroiteest

+1

,

et lalimite àgauheest

− 1

.Cettefontionn'estdonpasdérivableen

0

.

Exemple 1.26 L'appliation

f (x) = x n

pour

n ∈ N

est dérivable en tout point

x 0 ∈ R

, et sa dérivéeen

x 0

est

f (x 0 ) = nx n 0 1

(pour

n ≥ 1

).Eneet:

x n − x n 0 = (x − x 0 )(x n 1 + x n 2 x 0 + . . . + xx n 0 2 + x n 0 1 )

(1.12)

etdon

x n − x n 0 x−x 0

tendvers

nx n 0 1

quand

x

tendvers

x 0

.Etparlinéaritéondéduitquetoutefontion

polynomialeestdérivablesur

R

,etsadérivéeest immédiateàaluler.

Exemple 1.27 L'appliationexponentielle

x → exp(x) = e x

est dénie ommeétant lafontion

qui estégaleàsadérivéeentoutpoint

x ∈ R

,i.e.,pourtout

x ∈ R

, ona

exp (x) = exp(x)

.

On note

C 1 (I; R )

l'ensemble des fontions

f : I → R

qui sont dérivables sur

I

de dérivée

f

ontinue sur

I

(i.e.

f ∈ C 0 (I; R )

), et onnote simplement

C 1

lorsqu'il n'y apasde onfusion

possible.

Remarque 1.28 Une fontion

f

peut être ontinue dans tout

R

et dérivabledans tout

R

sans que sadérivée soit ontinuedans tout

R

: parexemple,

f

dénie sur

R

par

f (x) = x 2 sin( 1 x )

et

en

0

par

f (0) = 0

estontinuesur

R

. Cettefontionestdérivablesur

R ∗

dedérivée

f (x) = 2x sin( 1 x ) − cos( x 1 )

,etettedérivéen'est

pasprolongeableparontinuitéen

0

.Pourtant

f (0)

existeetvaut

0

ar

f(x) x f(0) 0 = x sin( 1 x )

tend

vers

0

quand

x → 0

.

Cettefontionest dondérivableen

0

sansquesadérivée

f

soit une fontionontinueen

0

.

Lesfontionsdérivablesn'ontdonpasforémentleursdérivéesontinues.

Ladérivation est l'opérationqui onsiste àaluler ladérivée.Etantdonné que

a+b

c = a c + b c

dans

R

dèsque

c 6 = 0

,onaimmédiatementlethéorème:

Théorème 1.29 L'opération de dérivation est une opération linéaire, i.e., si

f

et

g

sont deux

appliations dérivablesen

x

et si

λ ∈ R

alors:

(f + λg) (x) = f (x) + λg (x)

(1.13)

Dénition 1.30 Si

f

estdérivableen

x 0

,alorslafontionanedéniepar:

g x 0 (x) = f (x 0 ) + f (x 0 )(x − x 0 ),

(1.14)

i.e.par:

g x 0 (x) = ax + b

ave

a = f (x 0 )

et

b = f (x 0 ) − f (x 0 )x 0 ,

(1.15)

estappeléeappliationanetangenteà

f

en

x 0

.Songraphedans

R 2

estunedroitetangenteen

x 0

augraphede

f

.

Dénition 1.31 Deuxfontions

f : R → R

et

g : R → R

sontditestangentesenunpoint

x 0

ssi:

x lim → x 0

f (x) − g(x) x − x 0

= 0.

En partiulier, si

g

est ane, alors

g

s'érit

g(x) = a(x − x 0 ) + b

g(x 0 ) = b

et

g (x 0 ) = a

,

et si

f

est dérivableen

x 0

, alors

f (x) = f (x 0 ) + (x − x 0 )f (x 0 ) + o(x − x 0 )

au voisinagede

x 0

.

Et on retrouve immédiatement que si

g

est tangente à

f

alors on doit avoir

g(x 0 ) = f (x 0 )

et

g (x 0 ) = f (x 0 )

,et legraphede

g

estladroitetangenteaugraphede

f

en

x 0

.

(8)

1.4 Dérivation de produits et de omposées

Onrappellequesi

f

et

g

sontdeuxfontionsdéniessurunmêmeintervalle

I

,alorsleproduit

f g

est lafontiondénie sur

I

par

f g(x) = f (x)g(x)

.Si de plus

g

nes'annulepassur

I

,alors

f g

estlafontiondéniepar

f

g (x) = f(x) g(x)

.Etsi

g

estdéniesur

f (I)

,alors

g ◦ f

estlafontiondénie

sur

I

par

(g ◦ f )(x) = g(f (x))

.

Voiiquelquesrèglesusuellesdedérivation,baséessurlesdérivéesdesfontionsanes

f (x) = a 0 + a 1 x

et

g(y) = b 0 + b 1 y

(on onsidère les développements limités au premier ordre, i.e. les partiesanesde

f

et

g

auvoisinaged'unpoint).

Danseas

(f g)(x) = f (x)g(x) = (a 0 + a 1 x)(b 0 + b 1 x) = a 0 b 0 + (a 0 b 1 + a 1 b 0 )x + a 1 b 1 x 2

,d'où

(f g) (x) = a 0 b 1 + a 1 b 0 + 2a 1 b 1 x = a 1 (b 0 + b 1 x) + (a 0 + a 1 x)b 0 = (f g + f g )(x)

.

Et

(g ◦ f )(x) = g(a 0 + a 1 x) = b 0 + b 1 (a 0 + a 1 x)

, d'où

(g ◦ f ) (x) = b 1 a 1 = g (f (x))f (x)

.

Casgénéral:

Théorème 1.32 Soient

f

et

g

deuxfontionsdérivablesen

x ∈ R

.Alors,leproduit

f g

estdérivable

en

x

,etsi

g (x) 6 = 0

alors

f g

est dérivableen

x

, et:

(i) (f g) (x) = f (x)g(x) + f (x)g (x), (ii)

f g

(x) = f (x)g(x) − f (x)g (x)

g(x) 2 .

(1.16)

En partiulier,

1 g

(x) = − g(x) g (x) 2

Etsi

f

estdérivableen

x

,et si

g

estdérivableen

y = f (x)

,alors

g ◦ f

estdérivableen

x

et:

(iii) (g ◦ f ) (x) = g (f (x))f (x)

(1.17)

Enpartiulier,si

f

estinversibleauvoisinagede

x

,si

f (x) 6 = 0

,etsi

f 1

estdérivableen

y = f (x)

,

alors:

(iv) (f 1 ) (y) = 1

f (x) = 1

f (f 1 (y)) .

(1.18)

Preuve. Soit

x 0 ∈ R

.

Démontrons(i),i.e.,herhonssilalimitesuivanteexiste:

x lim → x 0

f (x)g(x) − f (x 0 )g(x 0 ) x − x 0

(1.19)

Ona:

f (x)g(x) − f (x 0 )g(x 0 ) x − x 0

= (f (x) − f (x 0 )) x − x 0

g(x) + f (x 0 ) (g(x) − g(x 0 )) x − x 0

(1.20)

Mais

g

ontinueetdérivableen

x 0

et

f

est dérivableen

x 0

et don:

f (x)g(x) − f (x 0 )g(x 0 ) x − x 0

= (f (x 0 ) + o(1))(g(x 0 ) + o(1)) + f (x 0 )(g (x 0 ) + o(1)).

(1.21)

L'opérationpassageàlalimiteétantlinéaire,etlalimited'unproduitétantégalauxproduitsdes

limites, ondéduit l'existenedelalimite et(i).

Demêmepour(ii)quand

f = 1

:ona

1

g(x) − g(x 1 0 )

x − x 0

= g(x 0 ) − g(x) x − x 0

1

g(x)g(x 0 )

(1.22)

d'oùl'existenedelalimiteet(ii)quand

f = 1

.Puis(ii)déouledeettedernièreformuleetde(i)

puisque

f

g = f 1 g

.

(9)

Pour(iii),herhonsl'existenedelalimitequand

x → x 0

de:

g(f (x)) − g(f (x 0 )) x − x 0

= g(y) − g(y 0 ) x − x 0

,

(1.23)

oùonaposé

y = f (x)

et

y 0 = f (x 0 )

.Comme

g

estdérivableen

y 0

,ilvient:

g(y) = g(y 0 ) + g (y 0 )(y − y 0 ) + o(y − y 0 ) = g(y 0 ) + g (y 0 )(f (x) − f (x 0 )) + o(f (x) − f (x 0 )).

(1.24)

Etladérivabilitéde

f

en

x 0

s'érit

f (x) − f (x 0 ) = f (x 0 )(x − x 0 ) + o(x − x 0 )

.D'où:

g(y) = g(y 0 ) + g (y 0 )[f (x 0 )(x − x 0 ) + o(x − x 0 )] + o(f (x 0 )(x − x 0 ) + o(x − x 0 )).

(1.25)

Etonobtient:

g(y) − g(y 0 ) = g (y 0 )f (x 0 )(x − x 0 ) + o(x − x 0 ),

(1.26)

i.e.ladérivéede

g ◦ f

en

x 0

vaut

g (y 0 )f (x 0 )

.

Ennpour(iv),si

f 1

est dérivableen

y = f (x)

ave

f

dérivableen

x

,de

(f ◦ f 1 )(y) = y

on

déduit :

f (f 1 (y))(f 1 ) (y) = 1,

i.e.(1.18).

Remarque 1.33 Dans la dérivation de fontions omposées, il fallait omparer l'aroissement

g(f (x)) − g(f (x 0 ))

avel'aroissement

x − x 0

.Formellement,onauraitpuérire:

g(f (x)) − g(f (x 0 )) x − x 0

= g(f (x)) − g(f (x 0 )) f (x) − f (x 0 )

f (x) − f (x 0 )

x − x 0 −→ g (f (x 0 ))f (x 0 )

(1.27)

equiauraitdonnerdiretementlerésutat.Cependant,ilsepeutquelafontion

f

osillebeauoup

autour de

x 0

, et on ne peut pas alors diviser par

f (x) − f (x 0 )

(exemple :

f (x) = x sin( 1 x )

ave

f (0) = 0

).C'est pourquoion aomposélesaroissementssansfaireapparaître

f (x) − f (x 0 )

au

dénominateur.

Théorème 1.34 (Leibniz) Si

f

et

g

sont

n

-foisdérivablesen

x

alors

f g

est

n

-foisdérivableen

x

et :

(f g) (n) (x) =

n

X

k=0

n k

f (k) (x)g (n−k) (x)

(1.28)

oùles

n k

= k!(n−k)! n! = C n k

sontlesoeientsbinomiaux.

Preuve. Démonstrationparréurrene,sahantque

n − 1 k − 1

+ n k 1

= n k

(règledutrianglede

Pasal).

1.5 Théorème des aroissements nis dans

R

Théorème 1.35 (Fermat)Si

f : [a, b] → R

présente unextremumloal(minimumoumaximum) en

x 0 ∈ ]a, b[

etsi

f

est dérivableen

x 0

,alors

f (x 0 ) = 0

.

Preuve. Supposons

f

maximaleen

x 0

:

f (x) ≤ f (x 0 )

,don

f (x 0 +) = lim

x>x0 x→x 0

f (x) − f (x 0 ) x − x 0 ≤ 0

et

f (x 0 − ) = lim

x<x0 x→x 0

f (x) − f (x 0 )

x − x 0 ≥ 0

.Comme

f

estdérivableen

x 0

ona

f (x 0 +) = f (x 0 − ) = f (x 0 )

.

Don

f (x 0 ) = 0

.Etsi

f

aunminimumen

x 0

,alors

− f

estmaximumen

x 0

et

− f (x 0 ) = 0

.

Exerie 1.36 Montrer lethéorèmeditdeDarboux:si

f

est dérivablesur

[a, b]

,si

f (a) < f (b)

et si

λ

esttelque

f (a) < λ < f (b)

,alorsil existe

ξ ∈ ]a, b[

telque

λ = f (ξ)

.

Réponse.L'inonnuedu problème estun point

ξ

tel que

f (ξ) = λ

,i.e. t.q.

f (ξ) − λ = 0

.Soit

g(x) = f(x) − λx

dedérivée

g (x) = f (x) − λ

.Onherhedonunpoint

ξ

g

admetunextremum.

g

estontinue

sur

[a, b]

etdonyatteintsonmaximumenun point

ξ

.

g

étantdérivable, lethéorèmedeFermatindique

que

g (ξ) = 0 = f (ξ) − λ

.

(10)

Théorème 1.37 (Rolle) Si

f

est ontinue sur

[a, b]

,dérivablesur

]a, b[

,et si

f (a) = f (b)

alorsil

existe

ξ ∈ ]a, b[

telque

f (ξ) = 0

.

Preuve.

f

étantontinuesur

[a, b]

yadmetunextremumloal,et

f

étantdérivable,onapplique

lethéorèmedeFermat.

Théorème 1.38 (desaroissementsnis)Si

f : [a, b] → R

estontinuesur

[a, b]

et dérivablesur

]a, b[

,alors:

∃ c ∈ ]a, b[, f (b) − f (a)

b − a = f (c).

(1.29)

I.e., ilexiste

c ∈ ]a, b[

telque

f (c)

soitlapentemoyenne.Ouenore:

∃ θ ∈ ]0, 1[, f (b) − f (a) = (b − a)f (a+θ(b − a)).

(CethéorèmeestaussiparfoisappeléthéorèmedeLagrange.Etlepoint

c = a+θ(b − a)

s'érit

aussi

c = (1 − θ)a+θb

,quiest l'éritureusuelledubaryentrede

a

et

b

.)

Preuve.Ladroitejoignant

a

et

b

apouréquation

y = f (a) + f(b) b −f(a) a (x − a)

.Ononsidèrealors

la fontion

g(x) = f (x) − f (a) − f(b) b f(a) a (x − a)

, qui vérie

g(b) = g(a)

, et on lui applique le

théorèmedeRolle: ilexiste

ξ ∈ ]a, b[

telque

g (ξ) = 0 = f (ξ) − f(b) b f(a) a

.

Exerie 1.39 Montrer quesi

f

est ontinuesur

[a, b]

etdérivablesur

]a, b[

et si

f (x) = 0

pour

tout

x

dans

]a, b[

,alors

f (x)

estonstante sur

[a, b]

.

Réponse :Lethéorèmedes aroissementsnisindiqueque,pourtout

y ∈ ]a, b]

,ilexiste

c ∈ ]a, y[

tel

que

f(y) − f(a) = f (c)(y − a) = 0

,d'où

f(y) = f(a)

pourtout

y ∈ [a, b]

.

Exerie 1.40 Montrer quesi

f

estdérivabledans

]a, b[

(où

a < b

),et si

m ≤ | f (t) | ≤ M

pour

tout

t ∈ ]a, b[

,alors

m ≤ | f (b) − f (a) | b − a ≤ M

.

Réponse:Lethéorèmedesaroissementsnisindiqueque

f(b) − f(a) = f (c)(b − a)

pourun

c ∈ ]a, b[

.

D'où

| f(b) − f(a) | = (b − a) | f (c) |

,d'où

m(b − a) ≤ | f(b) − f(a) | ≤ M (b − a)

.

Théorème 1.41 (aroissementsnisgénéralisés)Si

f

et

g : [a, b] → R

sontontinuessur

[a, b]

et

dérivablessur

]a, b[

,alors:

∃ c ∈ ]a, b[, (f (b) − f (a))g (c) = (g(b) − g(a))f (c).

En partiulier,si

g(b) 6 = g(a)

,il existe

c ∈ ]a, b[

telque

f(b) g(b) −g(a) f(a) = f g (c) (c) =

f(b)−f(a) b−a g(b)−g(a)

b−a

.

Preuve. L'inonnuedeeproblèmeest

c

.Onpose:

F(x) = (f (b) − f (a))g(x) − (g(b) − g(a))f (x)

et onherhes'ilexiste

x

telque

F (x) = 0

.On a:

F (b) − F (a) = (f (b) − f (a))g(b) − (g(b) − g(a))f (b) − (f (b) − f (a))g(a) + (g(b) − g(a))f (a) = 0,

et don on peut appliquer le théorème de Rolle :

∃ c ∈ ]a, b[

t.q.

F (c) = 0

. Et

F (c) = (f (b) − f (a))g (c) − (g(b) − g(a))f (c)

.

Corollaire1.42 (Règle del'Hpital)Si

f

et

g : [a, b] → R

sontontinues sur

[a, b]

et dérivables

sur

]a, b[

,alors:

x lim → a +

f (x) − f (a) g(x) − g(a) = lim

x → a +

f (x) g (x)

dans leasoùeslimites existent.En partiulier,si

f

et

g

sontdérivablesàdroite en

a

alorses

limites valent

f (a)

g (a)

.

(11)

Preuve. Onappliquelethéorème préédentqui donne

(f (x) − f (a))g (c x ) = (g(x) − g(a))f (c x )

ave

a < c x < x

,pour

x

quelonque dans

]a, b]

,d'oùlerésultatquand

x → a

.

(C'est uneautre façond'érire que

f (x) − f (a)

g(x) − g(a) = f (x) − f (a) x − a

. g(x) − g(a)

x − a

quandça aunsens,

ouenorededirequelesomportementsde

f

et

g

sontaratérisésparleurdéveloppementlimité àl'ordre1.)

Théorème 1.43 (ThéorèmedeRolleGénéralisé).Si

f

estunefontion

C 2 ([a, b])

qui s'annuleen

les 3points

a

,

b

et

c ∈ ]a, b[

, alorsil existe

ξ ∈ ]a, b[

telque

f ′′ (ξ) = 0

(ily aalorsun pointou la

ourbureestnulle).

Etplusgénéralement,si

f ∈ C n ([a, b])

s'annuleen

n + 1

pointsdistintsde

[a, b]

,alorsilexiste

ξ ∈ ]a, b[

telque

f (n) (ξ) = 0

.

Preuve.LethoéorèmedeRolleindiqueque

f

s'annuleendeuxpointsdistints:unefoissur

]a, c[

et unefoissur

]c, b[

,etdon

(f )

s'annuleunefoissur

]a, b[

.Parréurrene,ongénéralise.

1.6 Primitives et intégrales

Dénition 1.44 À

f : I → R

fontiondonnée,sileproblème:

trouverune fontion

F : I → R

telle que

F (x) = f (x)

pourtout

x ∈ I

aunesolution

F

,onditquelafontion

F

est uneprimitivede

f

sur

I

.

On note immédiatement que si

F

est une primitivede

f

, alors pour toute onstante

c ∈ R

,

F + c

estaussiuneprimitivede

f

.Réiproquement:

Théorème 1.45 Si

F 1

et

F 2

sontdeux primitivesde

f

alors ilexiste

c ∈ R

telque

F 1 = F 2 + c

,

i.e., deuxprimitivesde

f

dièrentauplusd'uneonstante.

Preuve. Lafontion

g(x) = F 1 (x) − F 2 (x)

esttelle que

g (x) = 0

.Alorslethéorèmedesarois-

sementsnisindiqueque`

g = constante

',voirexerie1.39.

Onpeutalorsdénir:

Dénition 1.46 Ondit qu'unefontion

f

estintégrablesur

I

sielleadmetuneprimitivesur

I

.

En fait, ladénition d'uneintégrale de

f

est plusgénérale : voirunours surles sommesde

Riemannpourl'intégraledeRiemann, ousurl'intégraledeLebesguepourl'intégraledeLebesgue.

Dénition 1.47 Onappelleintégrale(dénie)de

f

sur

I = [a, b]

ladiérene

F (b) − F (a)

(sielle

existe),où

F

estuneprimitivede

f

sur

I

,etonnote:

Z b

a

f (x) dx = F (b) − F (a)

noté

= Z b

a

f.

(1.30)

Don l'intégrale d'une fontion ne dépend que de la valeur d'une primitive aux extrémités de

l'intervalle.

Et

R b

a f

représentel'airesouslaourbe(voirlessommesdeRiemann).

Enpartiulier,si

f

estdérivablesur

I

,alors

f

est intégrablesur

I

et:

Z b

a

f (x) dx = f (b) − f (a).

(1.31)

Etonretrouvelesformulesdebase del'intégration:

Théorème 1.48 L'intégrationest une opérationlinéaire,i.e.

R b

a (f + λg) = R b

a f + λ R b

a g

, pour

tout

λ ∈ R

ettoutesfontionsintégrables

f

et

g

.Etpourtout

c ∈ [a, b]

, relationdeChasles:

Z b

a

f = Z c

a

f + Z b

c

f.

(1.32)

(12)

Preuve.Si

F

et

G

sontdesprimitivesde

f

et

g

alorsimmédiatement

(F +λG) (x) = F (x)+λG (x)

.

Puis

F (b) − F (a) = F (b) − F (c) + F (c) − F(a)

.

Onnote,pourune fontion

F

donnée:

F (b) − F (a)

noté

= [F] b a

noté

= [F (x)] b a .

Théorème 1.49 (Intégration parparties) Si

f

et

g

sontdeux fontionsdérivablessur

I = [a, b]

et si

f g

et

f g

admettentdesprimitivessur

I

alors:

Z b

a

f (x)g(x) dx + Z b

a

f (x)g (x) dx = [f g] b a (= f (b)g(b) − f (a)g(a)),

(1.33)

soit :

Z b a

f (x)g(x) dx = − Z b

a

f (x)g (x) dx + [f (x)g(x)] b a .

(1.34)

Preuve.

f g

est dérivableet

(f g) = f g + f g

.

Théorème 1.50 (Changement devariables) Si

f

est dérivablesur

I = [a, b]

, si

g

est intégrable

sur

f (I)

,etsi

(g ◦ f )f

estintégrablesur

I

alors:

Z b

x=a

g(f (x))f (x) dx = Z f(b)

y=f(a)

g(y) dy.

(1.35)

Preuve.Soit

G

uneprimitivede

g

.Alorsaveladérivationdefontionsomposées,

(G ◦ f ) (x) = g(f (x))f (x)

,d'où:

Z b a

(G ◦ f ) (x) dx = [(G ◦ f )(x)] b a = G(f (b)) − G(f (a)) = Z f(b)

f(a)

g(y) dy.

(1.36)

Théorème 1.51 (Théorèmedelamoyenne)Si

f

possèdeuneprimitivesur

[a, b]

alors:

∃ ξ ∈ [a, b], Z b

a

f (x) dx = f (ξ)(b − a),

(1.37)

i.e. il existe

ξ ∈ [a, b]

telquel'airesouslegraphede

f

entre

a

et

b

est égaleàl'aireduretangle

debase

[a, b]

etdehauteur

f (ξ)

.

Preuve. C'estuneappliationduthéorèmedesaroissementsnisà

F

une primitivede

f

.

Dénition 1.52 Onappellevaleurmoyennede

f

sur

[a, b]

(ouhauteurmoyennede

f

entre

a

et

b

)

lenombre

f ¯ = b 1 a R b

a f (x) dx(= f (ξ))

.

Corollaire1.53 Onsuppose

f

et

g

intégrablessur

[a, b]

:

(i)Si

f ≥ 0

sur

[a, b]

alors

R b

a f (x) dx ≥ 0

.

(ii)Si

f (x) ≥ g(x)

alors

R b

a f (x) dx ≥ R b

a g(x) dx

.

(iii)Si

m ≤ f (x) ≤ M

sur

[a, b]

,alors

m(b − a) ≤ R b

a f (x) dx ≤ M (b − a)

.

(iv)

| R b

a f (x) dx | ≤ R b

a | f (x) | dx

.

(v)Si

f (x) ≥ 0

est ontinuesur

[a, b]

etsi

f 6≡ 0

alors

R b

a f (x) dx > 0

.

(vi)Si

g ≥ 0

sur

[a, b]

,si

f

,

g

et

f g

sontintégrablessur

[a, b]

ave

f

ontinue sur

[a, b]

,alors

(théorèmegénéralisédelamoyenne):

∃ ξ ∈ [a, b], Z b

a

f (x)g(x) dx = f (ξ) Z b

a

g(x) dx.

(1.38)

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