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Sur la loi de Stokes et sur une relation générale entre l'absorption et la phosphorescence

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HAL Id: jpa-00242507

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00242507

Submitted on 1 Jan 1911

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l’absorption et la phosphorescence

L. Bruninghaus

To cite this version:

L. Bruninghaus. Sur la loi de Stokes et sur une relation générale entre l’absorption et la phospho- rescence. Radium (Paris), 1911, 8 (11), pp.411-415. �10.1051/radium:01911008011041101�. �jpa- 00242507�

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donc y avoir explosion dcs parties superficielles des

bords de cette lame, ainsi s’explicluerait l’apparence du dépôt que l’on obtient dans l’hydrogène.

Notre hypothèse expliquerait donc assez bien l’en-

semble de faits que nous avons établis, elle entraî- nerait aussi l’explication du phénomène de l’émission de charges : puisque toute rupture de surface est

accompagnée d’ionisation et qu a la surface d’un métal chauffé il y a des ruptures de surface, un métal

chauffé doit être une source d’émission de charges et

cette émission doit présenter des caractères analogues

à ceux que présente la désagrégation métallique sous

l’influence de la chaleur.

[Manuscrit reçu 10 6 octobre 1911].

Sur la loi de Stokes et sur une relation

générale

entre

l’absorption

et la

phosphorescence

Par L. BRUNINGHAUS

[Faculté des Sciences. - Laboratoire de Chimie-Physique.]

La loi de Stokes, on le sait, se rattache à l’une des questions les plus importantes concernant les phéno-

Inènes de phosphorescence. Parmi ceux-ci, la photo- luminescence, ou phosphorescence des corps sous Faction de la lumière, constitue le groupe de beau- coup le plus vaste, dans l’état actuel, et c’est ii ce groupe que la loi de Stokes s’applique.

Depuis l’époque des premières observations précises,

on s’était préoccupé de trouver une relation entre la

nature des rayons doués de la propriété de rendre phosphorescent un corps déterminé, et la nature de

la lumière rayonnée par la substance ainsi activée. La loi de Stokes est une solution de première approxima-

tion de ce problème fondamental.

Stokes donna, en 1852, l’énoncé bien connu : La

lumière émise par la 1natière phosphorescente pos- sède toujours une réfrangibilité plus faible que celle

des rayons excitateurs.

L’auteur, il est vrai, signale dans quelques cas la présence de lueurs à peine visibles dans une région

du spectre de phosphorescence plus réfrangible que la radiation excitatrice, mais il admit que ces lueurs,

à vrai dire très faibles, provenaient df lumières para- sites étrangères au phénomène. -

Cependant, par la suite, et à mesure que la tech-

nique expérimentale se perfectionnait, les exceptions

devenaient plus importantes et plus nombreuses, de

sorte qu’à partir des recherches de Lommel1 l’exac- titude de la loi se trouvait sérieusement mise en

question. Ce savant put, le premier, aifirmer nette-

ment que la loi n’est pas générale, et son opinion fi nit

par prévaloir, après de longues polémiques, avec Hagenbach et Stenger principalement.

Comme conséquence de ses recherches, Lommel établit une classification des corps phosphorescents

1. E. LOMMEL. Uber Fluorcscenz, Pogg. Ann., 143 (1871)

26-51.

basée sur la façon dont ces corps se comportent vis-à-

vis de la loi de Stokes; il distinguait trois classes dif- férentes :

1lC classe : Corps qui ne suivent pas la loi de Stokes ;

2e classe : Corps qui la suivent rigoureusement;

3e classc : Corps qui ne la suivent que partielle-

ment.

Dans la première classe, Lommel avait observé que

chaque rayon excitateur donne lieu au spectre entier de phosphorescence, avec une intensité plus ou moins grande. Telles sont, d’après lui, les solutions de chlo-

rophylle, de rouge de naphtaline, d’éosine, de fluores- céine et le verre d’urane.

Les corps de la deuxième classe n’émettraient, au contraire, que des rayons de longueur d’onde supé-

rieure ou égale à celle des rayons excitateurs.

Exemples : les solutions de diphénylamine, la teinture

de curcuma, l’anthracène en solution dans l’alcool,

les solutions de sulfate de quinine, d’esculine, la fluorine, le nitrate d’urane, le verre ordinaire.

La troisième classe comprend des corps à bandes de

phosphorescence multiples, dont certaines suivent la loi de Stokes, tandis que d’autres ne la suivent pas.

L’existence de cette troisième classe peut être consi- dérée dès maintenant comme douteuse, car les corps

qui y figurent ont été reconnus le plus souvent comme

des mélanges.

Il s’agit de savoir dans quelle mesure cette division

en classes est légitime. Elle fut longtemps admise,

faute d’un contrôle expérimental suffisant. Les corps de la prenlière classe étaient en effet d’ordinaire sim-

plen ient étudiés au point de vue de la loi de Stokes.

Quant aux corps de la deuxième classe, on s’en est

fort peu occupé, à cause de l’accord des résultats de Lommel et de ses contradicteurs Hagenbach et Sten- ger à leur su,jet. Enfin, nous avons déjà fait remnr-

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:01911008011041101

(3)

quer l’inexistence très probable de la troisième classe.

’l’out récemment, les corps de la deuxième classe ont été étudiés à nouveau, pour décider si ces corps

se distinguent réellement de ceux de la première, Les

recherches entreprises par MM. Nichols et Merritt1,

Fig. 1

sur trois corps considérés par Lommel comme les

plus caractéristiques de la deuxième classe, la solution de sulfate de quinine, la solution d’esculine et la

Fig. 2.

fluorine, ont mis en évidence pour les trois un désac- cord indéniable avec la loi de Stokes.

Pour le sulfate de quinine, par exemple, qui de tous

les corps répond le mieux à la loi de Stokes, on voit

sur la figure 1 que l’excitation se produit jusqu’à la longueur d’onde 0 u 420, tandis que le spectre de phosphorescence à la forte excitation de la lumière

1. E. NICIIOLS et E. MERRITT, Studies in lum. nescence, Phys.

Rev., i9 (1904) 18-36.

solaire s’arrête à 0 p 410. Ce résultat est du même ordre, quoique plus faible, que ceux mis en évidence

sur les figures 2, 5, 4 et 5 relatives à des corps de la

première classer

Il semble donc bien établi que les trois classes de Lommel se réduisent à une seule, aucun corps

Fig. 5.

n’obéissant rigoureusement a la loi de Stokes : les écarts sont simplement plus ou moins faciles a mettre

en évidence, selon le corps que l’on considère.

Fig.4.

Mais alors, que restc-t-il de la loi de Stokes? Il est certain que l’énoncé précédent ne pouvait être con-

servé. Et cependant, de nombreuses recherches ulté- rieures ont montré que dans cet énoncé subsiste un

noyau de vérité. Il restait donc à extraire de la mul- 1. Sur ces figures, les régions spectrales A, B, C repré-

sentent les groupes de radiations excitatrices employées par les auteurs, et les courbes désignées par les mêmes lettres sont les courbes correspondantes du spectre de pliosphorcs-

cence, déterminées photumétriquement.

(4)

titude des faits la formule exacte et générale. Plusieurs propositions ont été faites dans ce but. La classification

Fig. 5.

de Lommel était un premier effort, qui du reste

n’aboutit pas, car elle présentait l’inconvénient fort grave de séparer divers composés de la même substance,

mérite. Cet auteur a remarqué pour quelques corps

présentant une bande de phosphorescence unique à un

seul maximum, que le maximum de la bande rle

phosphoi-escence d’un corps rlétermirté est plus rap-

proché de l’extrémité ’rouge du spectre que le maximum de la bande cl’excitation 1.

J’ai pu montrer récemment 2 que cette relation est

tout à fait générale. Le tableau suivant en fournit

quelques exemples (tableau I) ,

Je me suis demandé ce que devient cette relation, dans le cas des substances à spectres de phospho-

rescence discontinus, c’est-à-dire formés de bandes

plus ou moins étroites, séparées par des intervalles obscurs.

J’avais reconnu, dans un travail antérieure aux spectres de ces substances, les caractères très géné-

raux suivants :

10 Lorsque le spectre de phosphorescence d’un corps est discontinu, son spectre d’absorption l’est égale-

ment ;

2°. Les bandes d’absorption ou de phosphorescence

se distribuent dans le spectre en groupes, séparés par des intervalles plus ou moins étendus (il peut t n’y

avoir qu’un seul groupe);

Tableau I.

comme le verre d’urane et le nitrate d’urane par

exemple, ce qui paraît déjà bien artificiel. Et puis,

et surtout, nous avons vu que les caractères qui ont

servi de base à ce savant sont en fait inexistants, les trois classes se ramenant, par un examen approfondi,

a une seule

Une autre règle fut aperçue par Lommel2, qui ne

semble pas lui avoir attaché l’importance qu’elle

1. Les renseignements bibliographiques qui précèdent, ont

été puisés en partie dans l’article « Fluorescence» dus flcauclhuelc der Spectroscopie de Il. Kayser. Il en est de méme des figures.

2. E. Loour.L. Uber Fltiorescenz. Pogg. Ann., t4i (1871)

26-51. - Theorie der absorption und Fluor eseena, Erlang.

Ber. (1877). Hïed. Ann., 3 (1878) 251-286.

50 A chaque groupe de phosphorescence correspond

un groupe d’absorption, qui occupe une position voi-

sine dans le spectre.

Enfin, un examen plus approfondi m’a permis

d’établir récemment4 la nouvelle relation suivante :

1. On appelle bande d’excilation d’un corps la place occu- pée dans le spectre par le groupe des rayons qui ont la pro-

priété d’exciter la phosphorescence du corps considéré La bande d’excitation sc confond toujours avec une bande d’ah-

sorption.

2. L. BRUNINGHAUS, C. R., 152 (1911) 1578.

5. L. BRUNIXGHAUS, Ann. de Chim. et de Phys., 20 (1910).

1. L. BRUNINGHAUS, G. R., 152 (1911) 1578.

(5)

Chaque groupe de phosphorescence se trouve toit-

,jorrrs plus rapproché, dans son eiisemble, de l’exii-é- iiiiié rouge du spectre, rjrro le groupe d’absorption qui lui est adjacent.

En voici quelques exemples, choisis parmi les plus typiques :

aux radiations absorbées par le corps, c’est-à-dire

qui excitent sa phosphorescence, prises aussi dans

le2cr ensemble.

Telle me paraît être la part de vérité contenue dans la loi de Stokes, et qui est exprimée par les énoncés précédents.

(Les autres sels d’uranyle donnent des bandes occu-

pant à peu près les mêmes positions que celles dues

au nitrate).

Cette nouvelles relation généralise, de façon qui ne pouvait être prévue a priori, la relation énoncée plus

haut relative aux spectres continus. On peut, du reste, réunir les deux énoncés en un seul, qui exprime tout ce que l’on sait à l’heure actuelle des relations entre l’absorption et la phosphorescence

des corps solides et liquides.

Tons les corps phosphorescents sol ides et liquides présentent, dans les spectres visible et ultra-violet

(qui seuls ont été observés), une prédominance de grands p01l1’oirs émissifs pour des radiations de lon- gueur (londe plus grande que celles qu’ils absoi-beîîl

fortement.

On peut dire aussi que le spectre de phosphores-

cence d’un corps est toujours décalé vers le rouge par rapport au spectre d’absorption du même

corps.

Ces énoncés montrent que les radiations qu’émet

un corps phosphorescent présentent, dans leur en-

seJnblc, une diminution de réfrangibilité, par rapport

Mais, à vrai dire, cette loi prétendait fournir une

relation entre des radiations excitatrices considérées

Fig.6.

isolément, l’une après l’autre, et les spectres de phos-

(6)

phorèscence correspondant. C’est en ce sens qu’elle

ne peut plus être considérée aujourd’hui comme

exacte. Les reclierches de Nichols et Mcrritt ont, en

effet, montré, que toute radiation absorbée par la substance excite tour le spectre de phosphorescence,

dont l’aspect et les limites seraient indépendants de

la nature de la radiation excitatrice; l’intensité des radiations du sp2ctre de phosphorescence s’accroït lorsque la radiation incidente est plus fortement absorbée, mais les rapports des intensités dans le

spectre de phosphorescence ne sont pas changés. En

somme, les spectres de phosphorescence peuvent être représentées par une série de courbes s’emboîtant les

unes dans les autres, la plus élevée correspondant à

l’excitation par la radiation du maximum d’absor-

ption. (Voir à ce sujet les figures 1, 2, 3, 4 et 5.)

Ces résultats présentent une certaine analogie avec

ceux obtenus par NI. Wood sur la phosphorescence

des vapeurs de métaux alcalins. aussi, une radia- tion excitatrice peut provoquer un spectre d’émission

formé de raies plus et moins réfrangibles qu’elle-

meme.

Conclusions.

Il La loi de Stokes exprimait que des radiations excitatrices successives El, E2, EJ, etc. (fig. 6), de

moins en moins réfran,ibles, donnent lieu à des

spectres de phosphorescence P1, P 2’ P 5’ dont la

limite vers le violet nc peut dépasser la radiation excitatrice correspondante ;

2° Les recherches modernes ont montré :

a) Que le spectre d’absorption A est voisin du spectre de phosphorescence P, et le borde du côté du violet (L. Bruninghaus).

b) Que des radiations excitatrices successives

Ei, Ez, E,;, donnent toujours le même spectre de

phosphorescence, d’autant plus intense que la radia- tion excitatrice est plus fortement absorbée.

[Manuscrit reçli le 29 octobre 1912.]

De l’influence du

champ magnétique

sur l’intensité du courant dans l’air raréfié

Par A. RIGHT

[Université de Bologne. - Laboratoire de Physique.]

Un des arguments avances en laveur de l’opinion,

suivant laquelle les rayons cathodiques en champ magnétique (appelés par les différents auteurs rayons

cathodiques de deuxièîne espéce, ou bien rayons n2a-

gnéto-cathodiques, et par moi rayons niagnétiques)

auraient une structure différente de celle de simples

rayons cathodiques déformés par le champ, est la ma-

nière brusque par laquelle apparaissent souvent, lorsqu’on fait augmenter graduellement l’intensité du champ, les propriétés caractéristiques des rayons

nouveaux supposés. Un argument analogue peut sc

tirer d’un fait, que j’ai découvert au cours de mes

recherches sur les rayons magnétiques’, la dispa-

rition, graduelle ou non suivant les circonstances, des rayons magnétiques, lorsque l’intensité du champ

arrive à certaines autrcs valeurs géiiéralei-iient très

élevées.

Or, l’apparition et la disparition des rayons ma-

gnétiques sont des phénomènes connexes à certaines

variations de la différence de potentiel des deux

électrodes. En effet, ayant étudié de quelle manière

cette différence de potentiel varie dans le cas de mes

tubes à rayons magnétiques, lorsqu’on crée un champ

1. Le Radiullt, 7 (1910) 80-91.

magnétique d’intensité croissante, je pus cuiistatcri, que la transformation des rayons cathodiques en

rayons magnétiques est accompagnée par une aug- mentation très maryuée de cette différence, et que

l’on observe l’effet contraire, c’est-à-dire une dimi- nution, lorsque, faisant croître assez l’inteusité du

champ, on réussit à faire disparaître les rayons ma-

gnétiques.

Au moyen des expériences dont je rends compte sommairement dans cette note, j’ai voulu examiner

si le champ produisait aussi une variation de l’intel-

sité du courant dans le tube et voir en particulier

si le courant présentait, comme cela me semhlait probable, quelque variation remarquable correspon-

dant aux deux valeurs cri tiques du chanip magné- tique, c’est-u-dirc la valeur autour de laquelle a

lieu l’apparition des rayons magnétiques, et celle

pour laquelle ils disparaissent.

J’ai employé dans ce but mes tubes ayant l’anode dans. une branche latérale, et particulièrement le

tube même qui est décrit dans le travail cité plus

haut2.

1. G. R. Acad. d. Lincei, 1er semestre 1909, page 353.

2. Loc. cit., page 537.

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