A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
H. B OUASSE
Sur les courbes de déformation des fils
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 2
esérie, tome 2, n
o1 (1900), p. 5-65
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1900_2_2_1_5_0>
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ANNALES
DE LA
FACULTÉ DES SCIENCES
DE L’UNIVERSITÉ DE TOULOUSE.
SUR LES
COURBES DE DÉFORMATION DES FILS,
PAR
M. H.BOUASSE,
Professeur à l’Université de Toulouse.
DEUXIÈME PARTIE.
CHAPITRE IV.
DES COURBES DE TORSION, DE TRACTION ET DE LEURS RELATIONS.
- Le
Chapitre actuel, malgré
le nombre des faitsqu’il renferme,
est une sorte decatalogue d’expériences
dontplusieurs
seront étudiées en détail dans lesChapitres
suivants. Nous chercherons à
acquérir
une vue d’ensemble desphénomènes,
àpré-
ciser les
opérations complexes qui participent
àl’expérience
en apparence laplus simple,
enfin à énumérer lestechniques possibles.
Le tour de cestechniques
estd’ailleurs vite fait et nous sommes
condamnés,
par lesexigences expérimentales,
à rester
pendant longtemps
dans unpeti t
cercle.Nous
espérons
que ce travail ne sera pasinutile,
enépargnant
auxphysiciens
les
longs
tâtonnementsaprès lesquels
nous nous sommes rendu uncompte
exactde la
topographie
dusujet.
Les schémas
qui précèdent
lesprincipaux
cas traités sontindispensables
pour6
fixer les idées et pour nous
rappeler,
àchaque instant,
à la définitionrigoureuse
des
opérations.
1. .
Appareils employés.
- Il fautproduire
des mouvements de rotation de vitesseparfaitement
constante. Unepetite dynamo
fait tourner un arbreportant
un volant de
grand
moment d’inertie et dont la vitesse estréglée
par unrégu-
lateur à boules. La
dynamo
est montée en dérivation. La résistance du circuit inducteur estinvariable ;
la résistance du circuit de l’anneaupeut
être modifiéeau moyen d’un rhéostat mû à la main et aussi au moyen de la mise
automatique
en
circuit,
par lerégulateur
àboules,
d’unepetite
résistance auxiliaire..Il se pro- duit bien des oscillations de vitesse d’unepériode
dequelques secondes,
maiselles n’ont
pratiquement
aucuneImportance.
Sur cetarbre,
dont la vitesse estinvariable,
sont calés les diverssystèmes
depoulies communiquant
la rotationaux
appareils.
Des
appareils
derotation,
l’un est décrit dans les Annales dePhysique
et deChimie pour
i8g~;
ilpermet
des mouvementsdans
les deux sens ou l’arrêt. Nous l’avonsemployé
pour lesgrandes torsions;
il étaitgénéralement disposé
ausommet de
l’appareil
de traction décrit dans leChapitre
III : il servait pourpré-
parer, par
torsion,
un fil dont on étudiait ensuite la courbe de traction sans le sortir del’appareil.
Quand
l’étude devaitporter
sur les courbes de torsion proprementdites, l’ap- pareil
était trèsanalogue
à celuiqui
est décrit page243
du Journal dePhysique
pour
i8gg (partie
inférieure de lafigure,
àpartir
dudisque
EEinclusivement).
Le
plateau
EE aom,4o
de diamètre etom, 005 d’épaisseur;
latige FF,
au lieu deservir de
pivot
à sapartie inférieure,
comme le montre lafigure,
s’amincit brus-quement,
traverse la base del’appareil,
laplanche
surlaquelle
il est fixé etreçoit
ensuite les
pinces
décrites auChapitre I,
page 191 . Unepoulie
PP donne les mou-vements
rapides ;
les mouvements lents sontcommuniqués
auplateau
EE par un traincomprenant
unepoulie
commandant une vis sansfin,
une roue dentéeengrenant sur la vis et un
cylindre
de bois coaxial avec cette roue : lecylindre
peut,
àvolonté,
entraîner ledisque
EE par friction. La vitesse dudisque
peut varier de un tour en i seconde à un tour en 1200secondes;
l’arbre de couche fait un tour par seconde environ.Quand
la torsion estrapide,
onenregistre
les demi-tours.à l’aide d’uncompteur
électrique, et,
pour tracer les courbes detorsion,
on lit lescouples
tous les demi-tours. Voici le
dispositif employé
pour les torsions lentes etpetites.
Ledisque
EEporte
unejante plate
surlaquelle
on colle une bande depapier télégraphique.
Un
récepteur
Morse modifié trace au crayon des traits verticaux sur cepapier,
quand
onproduit
un contact. On suit lescouples
dans une lunette et l’on inscrit lestorsions correspondantes.
On décolle ensuite lepapier
et l’on relève les tor-sions : le
pourtour
a 1258mm;
ledegré
valant un peuplus
de3’nm;
on relève faci- lement le/0
dedegré.
Si la torsion estsupérieure
à un tour, les traitsrisquent
tde se confondre. Le même
papier peut pourtant
servir àplusieurs expériences,
pour
lesquelles
la torsion est moindrequ’un
tour;après
chacuned’elles,
onmarque à la
plume,
d’untrait,
de deuxtraits,
etc., lessignaux déjà
obtenus.2.
Dynamomètres
de torsion. - Dans nosexpériences précédentes,
nonsavons
employé,
commedynamomètres
detorsion,
deux formes de Bifilaire. Dans lapremière (Annales
de Chimie et dePhysique, 1897),
le bifilaire est attachéau fil en
expérience;
dans la seconde(A nnales de
Chimie et dePhysique, 18g8 ~,
il forme un
appareil indépendant.
Cesappareils
ne conviennentplus lorsque
le fildoit
s’allonger
sensiblement. Nous avons dûemployer
deux autresdynamomètres:
pour les
petites torsions,
un fild’acier;
pour lesgrandes,
un ressortspiral plat.
Il fallait que dans
l’appareil
de torsion lefil,
de om, 80 delongueur
parexemple, pût s’allonger
de om, io(nous
verronspourquoi
cela estsuffisant)
et décrire sa, courbe de torsion à un instant
quelconque,
même ens’allongeant.
Première
disposition.
- Lapièce
àlaquelle
s’attache l’extrémité inférieure du fil enexpérience
seprolonge
par un fil d’acier dont l’extrémité inférieure estfixée à l’un des bouts d’une
planchette longue
etmince,
dont l’autre bout peuttourner autour d’un axe horizontal. Elle
empêche
tout mouvement de rotation de l’extrémité inférieure du fil d’acier etpermet
les mouvements dans le sensvertical,
avec un
déplacement
latéralinsignifiant,
pourvuqu’elle
soit assezlongue
etpresque horizontale dans les
positions
utilisées. Lapièce
de laitonqui
sert d’in-termédiaire entre le fil en
expérience
et le fildynamomètre porte
un miroir et deux fils minceshorizontaux, qui
se recourbent àangle
droit etplongent
dansdes
godets, larges
etprofonds, pleins d’huile ;
onsupprime
ainsi lestrépidations
sans
gêner
les mouvements verticaux et de rotation. Pour rendrepossibles
lesréglages,
l’extrémité inférieure du fil d’acier est fixée à unepièce
de laitonqui
peut
tourner etqu’on peut
invariablement fixer dans laplanchette.
Le miroir sedéplaçant verticalement,
l’échelle de lecture estportée
par la monture de la lunette d’uncathétomètre;
onpeut
l’élever ou l’abaisser sans secousses et sanschangement
du zéro.L’inconvénient de ce
dynamomètre
est que le fil dudynamomètre
doit êtresuffisamment tendu. Pour de
petites torsions,
cette condition est satisfaite aisé- ment, parce que lescouples
sont faibles etqu’on peut prendre
un fildynamo-
mètre mince. Pour de
grandes torsions,
il faut un filplus
gros et l’on ne peutl’employer
que sous d’assez fortescharges.
Deuxième
disposition.
- Le seconddynamomètre
se compose d’unetige
delaiton
prolongée,
de part etd’autre,
par deux fils minces d’acier : l’ensemble est fixé verticalement dans unbâti,
les fils d’acier étant tendus etjouant
le rôle depivots.
Un ressortspiral plat
est fixéhorizontalement,
intérieurement à latige
delaiton,
extérieurement au bâti. Un tube mince d’aluminium traverse latige de laiton,
y est invariablement fixé et seprolonge
dans un sens parune paille
servantd’index et se
déplaçant
sur un cercle de de rayon. Reste à rendre le fil enexpérience
solidaire de cedynamomètre
de flexion.Par l’intermédiaire d’une
pince,
ce fil porte unrectangle allongé
dont les côtéshorizontaux,
haut etbas,
sontrigides
etlongs
deo°’, 08,
dont les verticaux sontformés de deux fils de
o"B6o.
Cerectangle porte,
par uncrochet,
le seau decharge :
il passe, dans le bâti du
dynamomètre,
sur latige
d’aluminiumduquel ;’appuien
tles fils verticaux. Bien
entendu,
un teldynamomètre
ne peut mesurer que lescouples
d’un sensunique.
Je ne- décris pas ladisposition
des diversgodets qui
amortissent les
oscillations,
ni la formequ’on
donne au seau decharge
dans lemême
but,
ni lesprécautions prises
pour que larupture
du filn’endommage
pasl’appareil.
3. Notations. - Suivant les idées
exposées
dans le Journal dePhysique
pour
1899,
lesallongements
et les torsions serontcomptés
en millièmes ou mil-.lionièmes,
ces unités étantplus
commodes que les centièmes ordinairement t- employés.
Un
allongement
deI524 millièmes,
parexemple, signifie
que, si nous décou-pons dans un fil un
cylindre
deom, 0I
de hauteur au début del’expérience,
la basesupérieure
restantfixe,
la base inférieure sedéplace pendant l’expérience paral-
lèlement aux
génératrices
de 1524.
Une torsion de
1524 millionièmes,
parexemple, signifie
que, si nousdécoupons
dans un fil un
cylindre
de i dehauteur,
la basesupérieure
restantfixe,
unpoint
dupourtour
de la base inférieure sedéplace, pendant l’opération,
de00I524
lelong
de la circonférence de cettebase, quel qu’en
soit d’ailleurs. le ra,’on.
Le
champ
des torsions que nous avonsemployées
est fort étendu. Sur un fil._ de 5 de diamètre et de 1 m de
longueur,
une torsion de 1 millionième t une rotation d’une des extrémités deo", 229; réciproquement
une torsion de i ° vaut4, 36 millionièmes;
de telles torsions ne sont pasnégligeables.
D’autre part,un tel fil
supporte
des torsions de 5oo tours, soit 5 tourscentimètres,
soit785
mil-lièmes. Ainsi nous aurons
pratiquement
à considérer des torsionspouvant
varier de i à i million.4. Torsion d’un
cylindre
creuxinfiniment
mince. - Sil’expérience
était-réalisable,
il faudraitopérer
sur lecylindre
creux mince : 1 lephénomène
seraithomogène.
Est-ilpossible
de déduire duphénomène
observé(cylindre plein)
lephénomène simple (cylindre
creux infinimentmince) ?
Soient l’ et r
-~- dr
les rayons ducylindre,
la forcetangentielle produite
par la torsion a sur runité d’aire d’une section normale de ce
cylindre ;
lecouple
dû au
cylindre
entier est Si nous admettons quela fonction f,
quelle qu’elle soit,
estindépendante
du rayon, comme on peuttoujours
etquelle
que soit la loi de
torsion, représenter
lecouple
totalparl’expression
R3on a donc
identiquement
’ce
qui
entraîne entre les fonctionsf
et -~ la relationa étant une variable
quelconque
et, enparticulier,
pouvantreprésenter
le pro-duit iu. ’
Cette
équation
nouspermettrait,
dansl’hypothèse énoncée,
de passer de la fonction (D à lafonction f.
Malheureusementl’hypothèse
que la fonctionf
est lamême pour tous les
cylindres
coaxiaux estfausse,
parcequ’elle
revient ànégliger
l’influence de la vitesse de
déformation, qui
estproportionnelle
au rayon. Pourune même valeur de les
correspondant
à deuxcylindres inégale-
ment distants de l’axe sont différents
(’ ~.11 manque
donc un terme sous lesigne
somme du second membre de
l’équation (1),
termequ’il
seraitimprudent
demettre dans l’état de nos connaissances.
Nous nous contenterons pour le moment d’énoncer la
fonction (p
sans chercherà en déduire la
fonction f.
D’ailleurs par ceprocédé
on neparviendrait
pas à déter- miner exactement les valeurs def ;
nous verrons, dans un deschapitres suivants,
comment
l’expérience
directe permet de les atteindre.vient,
ensubstituant, f=
3 A 203C0 valeur constante ; malheureu-sement
l’hypothèse
de J. Thomson est àl’antipode
des résultatsexpérimentaux.
Le temps influe assez peu sur la forme
générale
de la courbe detorsion, quand
on ne fait que l’essai de torsion. Mais le raisonnement ici
critiqué
estgénéral
etl’on
pourrait
être tenté del’appliquer
à des cas(perte
decouple
à torsion con-stante, par
exemple)
où l’action dutemps
est leprincipal
duphénomène :
deplus,
dans le cas
simple
de l’essai detorsion,
lafonction
étant en grosparabolique,
la
fonction f
a la mêmeforme;
onpeut
éviter avecprofit
des calculs sans intérêt.C’est à cause de la
non-homogénéité
desphénomènes qu’il
est nécessaire de comparer les résultats obtenus sur des fils de diamètresdifférents,
de la manièrequ’il
estindiqué
dans un article du Journal dePhysique (I899).
(1) On doit à M. Brillouin d’avoir insisté sur la non-homogénéité du pliénomène et montré
son importance.
5.
Comparaisons
des résultats avecl’hypothèse
de J. Thomson. -- Dans l’introduction de ceMémoire,
nous avons ditquelles conséquences
onpeut
tirer derhypothèse
d’un efforttangentiel limite, unique
et déterminé une fois pourtoutes.
Représentons
par 1000 lecouple
total quesupporterait
le fil pour une torsion infinie : nous savons que la courbe de torsion doit êtrerectiligne jusqu’au couple
avec un choix convenabled’unités,
on aura donc C = x au-dessous de cecouple.
Au-dessus de cecouple,
des calculs facilesdonnent, pour la courbe, l’équation
~ allant de
750
à oo.Pour faciliter les
comparaisons,
nous avons calculé cettecourbe ;
nousdonnons,
dans le Tableau
suivant,
dans lapremière colonne,
les azimuts dans laseconde,
dix fois le
gain
decouple
OGquand
on passe d’un azimut au suivant.En
particulier,
le calcul montre que pourPour une torsion quatre fois celle pour
laquelle
le fil cesse de se comportercomme
parfaitement élastique,
on doit avoir atteint la limite ào, 5 % près.
Lecouple
ne doit croître quede J
de la valeurqu’il
a,quand
le fil cesse d’êlre par- faitementélastique.
Il est difficile de déterminer la valeur ducouple
pourlequel
la courbe de torsion cesse d’être
rectiligne, puisque
cela revient à déterminer lepoint
de tangence de deux courbes. Onprocède
d’une manièreinverse ;
on dé-termine le
couple limite,
on enprend les (
et l’onregarde
si la courbe de torsionest encore
rectiligne
ou non pour cecouple.
6. Courbes de torsion des
fils
étirés à la - Nous savons que le lil fortementallongé
à la filièreprésente
une courbe de tractionqui,
en gros, se com-pose de deux
droites,
l’une presqueverticale,
l’autre presquehorizontale,
rac-cordées par une courbe de faible rayon de
courbure;
ce fil vérifiedonc,
au moinsapproximativement, l’hypothèse
que la matièrequi
le forme estincapable
dechanger
de nature,qu’à partir
d’un certain effort ils’allongerait
indéfiniment sansaugmentation
de ceteffort,
s’il étaitpossible
de l’attacher correctement. Or c’estlà,
pour latraction, l’hypothèse
deJ. Thomson pour la torsion. Il est donc naturel de chercher tout d’abord si les filsallongés
à la filière vérifientl’hypothèse
deJ. Thomson.
Voici le résultat d’une série
d’expériences :
On
part
d’un filpesant
par mètre2,553.
Onl’allonge
à la filière : on obtientainsi des fils
qui pèsent
2,434 2,029 1,778 1,239
ce
qui correspond
à desallongements n qui,
enmillièmes,
sont’
49 258 436 (060
On décrit la courbe de
torsion;
les résultats sont donnés par le Tableausuivant,
où les torsions sont
exprimées
enmillièmes,
lescouples
en unitésarbitraires,
mais ramenés au même diamètre par la loi du
cube;
lacharge
souslaquelle
l’essaia été fait est de 500gr pour tous les fils.
L/hypothèse
de J. Thomson est loin d’ètre satisfaite.Prenons,
parexemple,
ladernière de ces courbes.
Le
couple 574
n’est pas lecouple
maximum quepuisse supporter
leni;
or
574
X0,75
=430.
Pour quel’hypothèse
soitvérifiée,
le fil devrait t certaine-ment être
parfaitement élastique j usqu’à
cecouple ;
il ne l’est pas.Car,
à supposerqu’il
le soitjusqu’à
la torsiono,83,
il ne l’est pasjusqu’à
la torsionl, 65
et, parconséquent, jusqu’au couple
1 38. Auvoisinage
ducouple 430,
l’accroissement decouple,
pour une torsion deo, 83,
estégale
à23,
tandisqu’au voisinage
ducouple
nul il est
égal
ousupérieur
Nous avons
répété
cetteexpérience
sur un autre filallongé
de 1106 à lafilière,
à
partir
de l’état recuit.’
Les
torsions, poussées jusqu’à 487 millièmes,
donnent uncouple
de 3268(unités arbitraires)
dontles 3 4
sontOr,
pour ce derniercouple,
ledC d03B1
estseulement o, 1 9 du
dC d03B1
àl’origine
de la courbe de torsion.L’inspection
des nombres du Tableau montre aussi combien vite la courbe de torsions’infléchit ; ainsi,
il est curieux de constater que, sur un filallongé
deplus
de 100
°~o
à lafilière,
l’élasticitéparfaite
ne se maintient certainement pas au delà d’une torsion deo, 83.
Si l’on a des filsparfaitement élastiques
dans des limitesplus étendues,
cela vient de cequ’on
leur a faitparcourir
de nombreuxcycles;
etil se
pourrait
même que, sicr lapremière
courbe detorsion,
le fil ne élas-tique que jusqu’à
des torsionsplus
faibles encore que celles duTableau,
si l’onpouvait
le mettre dansl’appareil
d’essai sans le tordre aucunement.’
Ainsi,
même pour des fils fortementallongés
à lafilière, 1 hypothèse
deJ. Thomson ne
s’applique
pas. Il est bond’ajouter qu’elle s’applique
encoremoins à des fils
plus
ou moins recuits ou à des fils d’abordparfaitement recuits, puis plus
ou moinsallongés
sans filière.C’est assurément pour des fils
allongés
à la filièrequ’on
atteint leplus rapide-
ment un véritable
couple limite,
àpartir duquel
la torsion n’entraîneplus
aucunaccroissement de
couple.
On a étiré le filpesant
z; 553 parmètre,
de manièrequ’il pèse
1,983 1,716 1,212
ce
qui
fai t desallongements
de2~3 487 . ifo6
’
.
On décrit les courbes de torsion sous la
charge
deLes torsions sont
exprimées
enmillièmes,
lescouples
en unités arbitraires etrapportés
au même diamètre.A
partir
d’une certainetorsion,
le fil peut être considérablementtordu,
sans que lecouple
augmente notablement. Sous descharges
aussi faiblesque’celles
souslesquelles
les essaisprécédents
ont étéfaits, rallongement, pendant la torsion,
estinsignifiant.
Enfin lecouple limite,
ramène à un diamètre constant par la loi ducube,
croît avecl’allongement
à la filière.7. dtc
faisceau précédemment
obtenu. - La variation de la constantede torsion par
l’allongement
à la filièrecomplique
lacomparaison
des courbes.Bien que les
expériences
icirapportées
ne soient pas et n’aient pas besoin d’êt.re d’une extrêmeprécision
pour le but que nouspoursuivons actuellement,
ellesmontrent une diminution notable de cette constante;
ainsi, d’après
les nombres du Tableau du n°6,
on trouveLa
quantité ’~~, aa
au début de la courbe detorsion, diminue
donc deplus de 4 ° ~°.
Aussi les courbes de torsion
(ramenées
au mêmediamètre)
sont, vers leurorigine,
d’autant
plus
basses que n estplus grand
et, à leurpartie terminale,
d’autantplus
hautes que n est
plus grand.
La courbe de cote Il t coupe de haut en bas toutescelles dont les cotes n sont
plus petites
que n,. C’est cequ’on
peut voir en con- struisant les courbes du n° 6.8. Variation cles courbes avec la - Il est
important,
dans la compa- raison descourbes,
de tenircompte
de lacharge.
Ainsi les courbes du n° 6 ont été obtenues sous lacharge
absolue de 55oë’qui, rapportée
au fil pesant Igr parmètre,
devientNous sommes amènes à chercher
quelle
est l’infl uence d’unchangement
dans lacharge.
Fil
allongé à la
de1060; poids
mètrei,23a.
Casse sans torsion pour 5200gr
Fil
allongé
à lafilière
deI060; poids
par mètre1 ,239.
’
Casse sans torsion pour 5200gr environ
( suite ).
La courbe de torsion d’un fil fortement étiré à la filière est sensiblement indé-
pendante
de lacharge,
tant que celle-ci est assezfaible ;
elle s’abaisscrapidement quand
lacharge s’approche
de lacharge
de rupture. Les différentes courbes ont, àl’origine,
à peuprès
mêmetangente,
mais cesexpériences
nepermettent
pas de dire si le0394C 039403B1,
àl’origine,
est ou nonindépendant
de lacharge.
Le fil casse pour des torsions d’autantplus petites
que lacharge
estplus grande. L’hypothèse
de J. Thomson ne
s’applique
pas,quelle
que soit lacharge.
Lesphénomènes
detorsion
présentent
donc le même caractère que ceux detraction, changement
denature de la matière par déformation. Nous allons maintenant aborder le cas
général ;
nous verrons que lesphénomènes
de torsion offrent cettecomplication
de
plus
que lesphénomènes
detraction, qu’ils
nepeuvent généralement
pas être obtenusindépendamment
de ces derniers.9. Cas
général.
Classement destechniques.
- Leproblème expérimental complet
est définiquand
on se donne deux desquatre
fonctions dutemps l, P,
a.,C ;
il reste à déterminer les deux autres. Ce que nous pouvons
ilnaginer
deplus simple,
aupoint
de vuepratique,
est de maintenir constantes deux de ces fonc- tions ou leurs dérivéespremières
par rapport autemps ;
d’où résultent ta tech-niques fondamentales ;
on a inscrit t dans le Tableau suivant lesquantités
main-tenues constantes.
Les
techniques 2
et 4 admettent comme casparticulier
ri.. == 0,C = o;
dl dt
= const. oudP dt
= const. ; ce sont les essais de traction que nous avons étudiés dans leChapitre précédent.
Les essais de torsion doivent être définis paranalogie,
au moyen des
techniques 1
et3;
il faut poserI’ = o,
1 = const. ; = const.ou = const.
Malheureusement,
pour letordre,
il faut tendre le fil peu ou prou et, parconséquent,
il estimpossible
d’obtenir unphénomène
de torsionqui
nese
complique
pas de traction. Les essais de tractionpeuvent
aussi bien être con-sidérés comme des cas
particuliers
destechniques 6
et8;
les essais de torsion seraient aussi bien des casparticuliers
destechniques 5
et 7.Plusieurs de ces
techniques
sont difficilementréalisables;
deplus, il
ne fautpas se faire illusion sur la
simplicité
des définitionsthéoriques auxquelles
ellescorrespondent.
Soient t
v la vitesse de torsion
rapportée
au rayon et à lalongueur actuelle;
V la vitesse
d’allongement rapportée
à lalongueur actuelle ; lo, Ro
lalongueur
et le rayoninitiaux ;
l,
R lalongueur
et le rayon actuels.Puisque
x est la torsiontotale,
onpeut
admettre qued’où
En admettant la densité constante, condition que nous savons très
près vérifiée,
on acl’o u enfin
Non seulement ces formules ne sont pas
simples,
mais cellequi
donne v estdouteuse;
il y a de bonnes raisons pour soutenir que v estégal,
non pas àd (03B1R l),
mais bien à
R l d03B1 dt;
en d’autres termesqu’il
faut calculer la vitesse de torsion surle rayon et la
longueur
actuels considérés un instant commefixes, quels
quepuissent
être lesallongements
et diminutions de rayon -simultanés: Nous admet-trons cette seconde
hypothèse
et poserons ..Pendant
Inexpérience,
lecouple
total et lacharge
totale sont C etP ;
mais lecouple rapporté
à l’unité de rayon estC R3,
lacharge rapportée
à l’unité de rayon Pour réaliser lestechniques théoriquement
lesplus simples,
il faudraitmain-
tenir constants, non pas u,
1, P,
C ou leurs dérivéespremières
parrapport
au temps, mais bien ~,V,
lecouple
et lacharge rapportés
à l’unité de rayon, cequi
est
pratiquement impossible.
Une
expérience complète
consiste àappliquer
successivement un certain nombre de cestechniques ;
on peut donc enimaginer
une Infinité par la combinaison destechniques
dans un ordrequelconque.
Nousallons,
dans la suite de ceChapitre,
passer en revue les
plus importantes,
nous bornant à unedescription schématique
de celles que nous étudierons en détail dans les
Chapitres
suivants.10. Diminution de la tension la
longueur
étantmaintenue constante. - i donne la marche de
Inexpérience :
on a tracéFig. 1.
en fonction du
temps, porté
enabscisses,
les courbes descharges
et deslongueurs,
des
couples
et des torsionsportés
en ordonnées. C’est Un schéma en ce sens seule-ment que les courbes sont faites à une échelle
arbitraire;
on a cherché à repro- duire le mieuxpossible
la forme des courbesexpérimentales,
comme il sera faciled’en
juger
par de nombreuxexemples. Enfin,
les notations(nature
deslignes
et.des
lettres)
sont les mêmes dans toutes lesfigures analogues
àla fig.
i.A torsion
nulle,
on installe unecharge
P(courbes OA, OA’),
parexemple,
suivant un débit
constant;
on maintient alors lalongueur
l constante dans toute lasuite de
l’expérience. Après
un certain temps,pendant lequel
la tension baisse suivantAB,
onimpose
une torsion a croissant linéairement avec le temps; lecouple croît; l’expérience
montre que la tension décroît(courbes bc, b’c’, BC).
Cette
expérience complexe
consiste dansl’application
successive des tech-niques 4, 1, 1 ;
la dernière estappliquée
d’abord dans le casparticulier
o,puis
dans le casgénéral.
Il est d’ailleursplus commode,
dans lapratique,
d’em,ployer
lestechniques 2, 1, i ;
mais nous allons voir que, de toutesfaçons, l’expé-
rience est difficilement réalisable.
Remarquons
d’abord que la condition dl = ocorrespond généralement
à desphénomènes compliqués.
Une part de la déformation est permanente, l’autre est fonction de l’effortactuel ;
la condition dl ^ o estgénéralement
obtenue par deux variationségales
et designes contraires
de lapartie
permanente et de lapartie temporaire.
Dansl’expérience étudiée, l’allongement
permanent totalproduit
par la torsion estégal
au raccourcissementélastique produit
par la diminution de la tension.Partant,
il est facile depréciser
les conditionsexpérimentales.
L’allongement élastique
d’unfil,
même dans les conditions lesplus favorables,
est inférieur à 2 ou 3 millièmes: pour que
inexpérience
ait un sens, il fautqu’une
des extrémités du fil soit
parfaitement fixe,
et que l’autre n’ait que desdéplace-
ments
petits
vis-à-vis de cetallongement,
soitpetits
vis-à-vis de 2mm ou 3mm par mètre de fil. D’autre part, il faut mesurer la tension. Ces deux conditions sontcontradictoires,
à moins d’utiliser undynamomètre
à indications continues d’unecourse extrêmement
petite
etqui
ne doive sa sensibilitéqu’à
laprécision
desmoyens d’observaion des déformations
(franges d’interférence).
Pour ces raisonset
plusieurs
autres,inexpérience
est d’une réalisation difficile.Une méthode extrêmement
simple
en fournitpourtant
les résultatsgénéraux.
Attachons un fil sur un
appareil quelconque qui
nous permette del’allonger
et de.le tordre et étudions le son
qu’il
rend àlongueur
constante. Il est aisé de suivre ’ l’abaissement du son et de vérifier que certainement les choses se passent en groscomme la
figure
le montre,Si l’on cherchait à étudier en détail cette
expérience,
on verrait que la forme de la courbe BCdépend
essentiellement de la forme de la courbe OABqui
laprécède.
On serait conduit à étudier d’abord la courbe AB(perte
decharge
à lon-gueur
constante);
on constaterait que cette courbe elle-mêmedépend
pour unfil donné de la
charge
P. Nous lerépétons,
tous cesphénomènes qui
sont facile~à étudier dans d’autres
expériences,
seraient iciparfaitement
inextricables.11. sur le
couple
d’unesurcharge
à torsion con.stante2).
-
L’expérience
actuelle est pour lecouple
cequ’est
laprécédente
pour lacharge :
on suivra lesopérations
sur lafie.
2. Nous nerépéterons
has à propos de la condition 6~x = o les remarques fuites à propos de la condition cll = o elless’appliquent
absolument. Les difficultésexpérimentales
sont bien moindres que dans le casprécédent :
la détorsionélastique,
dans des conditions par trop défa-rlorables,
peut atteindre une fraction notable de tour-mètre pour des fils de dia- mètres voisins deo’’"’, o~ (une
torsion de i millième vaut220)"
pour un fil de ceFig. 2. .
diamètre et de 1 m de
longueur).
On peut donc utiliser undynamomètre
à indica-tions
continues,
en lui maintenant une certaine sensibilité et sanstrop
s’écarterde la définition
théorique
deInexpérience.
Comme nous le disions à propos du cas
précédent,
la forme de la courbe bcdépend
de toutes lesparticularités
de la courbequi
laprécède
Oab : lephéno-
mène est donc d’une
complexité
que le schéma met bien en évidence.Des
expériences
que nous avons faites sedégage
cette conclusiongénérale :
: lacourbe des
couples
enfonction
clcsallongements
tend vers lecouple
nulsuivant une loi
rapide qui
laconfond
bientôt avec l’axe ducocrple nul,
de’
. sorte que pour des
allongements qui atteignent
tout auplus
t0 ou 20 111illièlnes lecouple
estrigoureusement
nul. Ce fait a unegrande importance expérimentale,
parce
qu’il
permet desréglages qui
sans lui seraient à peuprès impossibles.
12.
Étude
d’un casparticulier.
- Les fils utilisés ont été avantl’opération allongés
de n millièmes sans filière. O1 leur fait suvirl’expérience
actuelle en pre-nant des torsions assez faibles pour que la courbe Oa soit
rectiligne
et que lecouple
7x soit stablc. On détermine la loi suivantlaquelle
lescouples
diminuenten fonction des
allongements.
Pourcela,
une échelle d’ivoire verticale est liée à lapartie
inférieure du fil : on suit dans une lunette les passages de ses divisions etl’on détermine les
couples correspondants.
~ ’Voici l’allure
générale
de la courbe : ledC dl
ad’abord,
auvoisinage
dupoint
b2),
une valeur assezpetite ( -yy) ?
croîtrapidement,
passe par unmaximum et décroît ensuite pour devenir nul
quand
lecouple
lui-même devient nul. Il ne faut pas s’aUendre à ce queIes expéiicnces
aient unegrande précision,
les difficultés sont
multiples
et leproblème
estparticulièrement complexe.
A.
Supposons
d’abord que, les fils ayant étépréparés
demême,
on fasse seule-ment varier la
grandeur
ducouple imposé
ri- a(, fr’g. 2 ) :
la loi dedéperdition
estindépendante
de la valeur initiale ducouple,
toutes les vitesses se trouvent mul-tipliées
par un facteurproportionnel
à cettevaleur,
pourvu que lescouples
ini-tiaux soient à peu
près également
stables.Fil de de diamètre et de de
longueur,
n - 120. Lescouples
sonten unités
arbitraires;
on donne ladéperdition
entre les passages de deux traits consécutifs de l’échelled’ivoire,
c’est-à-dire les valeurs moyennes de .Le rapport des
couples
initiaux est~5;
la moyenne des rapports des-"
est3.
Le
phénomène
de perte decouple
sous l’influence derallongement
n’a doncaucune
analogie
avec unphénomène
derefroidissement;
iln’y
a pas pour uncouple
C donné une vitesse 2014 donnée ; lephénomène
entier forme un toutindivisible.
On peut faire varier à son
gré
la loi de diminution descouples
en fonction del’allongement.
Pour faire croître la valeur(dC dl) 0 au point b,
il suffit que lecouple
soit instable(fil 3) :
pour faire décroître cettevaleur,
il suffit d’In-staller ce
couple
aa suivant des valeurs décroissantes ducouple (fil £) ;
onproduit
d’abord une forte torsion
qu’on
diminue ensuite. Voici desexemples :
.:Par ce