A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
H. B OUASSE Z. C ARRIÈRE
Sur la réactivité du caoutchouc vulcanisé
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 2
esérie, tome 5, n
o3 (1903), p. 285-321
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1903_2_5_3_285_0>
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SUR LA
RÉACTIVITÉ DU CAOUTCHOUC VULCANISÉ,
PAR MM. H. BOUASSE ET Z.
CARRIÈRE.
HISTORIQUE.
Pour bien faire
comprendre
enquoi
nos recherches diffèrent de cellesqui
lesont
précédées,
nous allons résumer le Mémoire de Kohlrauscht.
CLVIII, 1876).
Il estclassique
enAHemagne,
et l’onpeut
dire que les nom- breux auteursqui
se sontoccupés
du caoutchouc se sontimprégnés
de sonesprit
et n’ont faitqu’en
retrouver lesrésultats, qui
sont d’ailleurs pour laplupart
dans le Mémoire de Weber. On ne saurait conclure de làqu’ils
soientinattaquables
dans leurinterprétation générale;
cette concordance prouve tout auplus
que Kohlrausch observaitbien,
ce dont personnen’a jainais douté,
et que ses élèves et continuateurs se sontplacés
dans les mêmes conditionsexpérimentales.
A
quel point
ces conditions sontparticulières,
parquelles
limites étroites il aborné la
question,
c’est ce que leprésent
Mémoire montrera.Kolhrausch
emploie
du caoutchouc dejouets :
sa section estcarrée,
dede côté. Un mètre
pèse oë,g8.
La densité est 1,2; cequi
prouve que le caout- chouc contenaitpassablement
de matièresétrangères.
Au fil est constammentattaché un
petit plateau
pourplacer
despoids, pesant
lui-même4g,
i ; sous cettecharge
lalongueur
du fil est2m, 30.
Avant le commencement des recherches il était tendu de 60cmpendant
20 minutes et dès lors abandonné à lui-même.Remarquons
que c’est lemême fil qui
va pour toutes les recherches.RÉACTIVITÉ APRÈS DES ALLONGEMENTS OU DES SURCHARGES DE PEU DE DURÉE.
On saisit le fil à la
main,
onl’allonge
de i à A(voir
pour cette notation le Mémoireprécédent),
on maintientl’allongement pendant
1 minute et l’on ramènele fil à sa
position naturelle, napidement
mais avecprudence. Après
I o secondesses oscillations sont amorties et l’on commence les lectures. Enfin
après
3o minutesle fil revient à sa
longueur
initiale à moins deprès;
onprend
cetteposition
comme
position d’équilibre
et l’on yrapporte
le résultat de toutel’opération.
286
On
appelle
.~ lesallongements temporaires
du fil par rapport à lalongueur
avantle commencement de
l’expérience.
Entre deux
expériences
on met un temps tel que la réactivité en 5o minutes soitnégligeable.
Ici Kohlrausch posedonc,
commehypothèse,
que le fil revient à un état bien déterminé ettoujours
lemême, quand
la réactivité est devenuenégligeable,
cequi
est entièrementfaux.
Kohlrausch
prend rallongement
pourparamètre
variable de sesexpériences
etcherche une formule pour les
représenter.
Il s’arrête à
l’expression
suivante x =tx,
où c et a sont des fonctions de A.Pour t = o, on a x = ~; mais il ne fait servir la formule
qu’à partir
de 10secondes,
c’est-à-dire de t =
o, ~ 6~ ;
ilprend
la minute pour unité de temps.Voici donc
précisé
lepoint
de vue de Kohlrausch : il pose commehypothèse
que les
opérations
sontindépendantes
les unes des autres,qu’il
suffit d’attendreun temps suffisant pour que la matière du caoutchouc revienne à son état
initial ; conséquemment qn’il
y a lieu de chercher une formule où intervienne seulel’opération
actuelle.De plus,
lesopérations
elles-mêmes sont L mal définies : il ne suffit pas de dire que lesallongements
et raccourcissements se fontrapidement
mais avec
prudence (rasch
aberbehutsam). Quant
à la formulechoisie,
nousprouverons
qu’elle
n’est pasgénérale
etqu’à
supposerqu’elle représente
lesrésultats de
Kohlrausch,
onpeut imaginer
une infinité detechniques
où elle estgrossièrement
erronée.A la vérité nous sommes en
présence
d’un ensemblecomplexe d’opérations qui réagissent
toutes les unes sur les autres, et l’on nepeut
rien modifier sans tout modifierplus
ou moins.RÉACTIVITÉ SOUS L’INFLUENCE D’UN CHANGEMENT PERMANENT DE CHARGE.
On augmente ou l’on diminue
brusquement
lacharge
de 1~,2~, 4g.
On détermine la manière dont le fils’approche
peu à peu de sa nouvelleposition d’équilibre.
La durée du
phénomène
est ici considérable et se chiffre par semaines. Il seraitpeut-être plus simple
de direqu’il n’y
a pas deposition d’équilibre,
mais c’est uneaffaire de mots sans
Importance.
Surcharge.
- Soit .y
la courbe desallongements
OA13 : : pour 4g Kohlrausch lareprésente
parl’équation
y~ est
l’allongement
en fonction de lalongueur
initialeprise
pourunité;
l’unité detemps est la minute. Pour t _-._ ~, le fil se serait
allongé
de o,0767
de salongueur
initiale. Pour des
poids
autres que~~,
il trouve des courbes semblables à cellequi correspond
à cettecharge.
Onaurait,
parexemple,
La formule
donneraity
pour == o ; mais on ne s’en serviraqu’à partir
d’un temps tel que y soit
positif,
cequi représente
une trèspetite
fraction de seconde : Iln’y
a donc aucun inconvénient àemployer l’expression précé-
dente.
Décharge.
- Kohlrausch énonce la loi suivante : lesallongements
et lesraccourcissements
qui
suivent lacharge
et ladécharge
sontégaux
pour un mêmepoids
pourvu quel’allongement
soit relativementpetit. Cependant,
il remarque,après
que cette loi est insuffisante et que le raccourcissement esttoujours plus rapide
querallongement.
La courbe n’est pas BA’ B’identique
à( , fy. y,
mais
Ba b;
deplus
il peut unallongernent
permanent.Si,
au lieu de se borner aux trèspetits allongements, généralement
très infé-rieurs à A = 2, Kohlrausch avait
poussé
sesexpériences jnsqu’à
A =6, ~
ou8,
il.n’aurait même
plus
eu l’idée de donner la loid’égalité,
même commepremière
etgrossière approximation. Cependant, pourquoi
borner son étude auxpetits
allon-gements et
quel
intérêtprésente
cette limitation desphénomènes
à la soi-disantélasticité
parfaite qui
n’existejamais ?
Influence
cle latempérature.
-Kohlrausch
compare les réactivitésaprès
desallongements
de l6om"’pendant
i minute : une desexpériences
est faite à g", l’autre àt ~°, 3.
Elles donnent des courbes de mêmeforme;
on peut lesreprésenter
par
l’expression
x = où a reste le même. Les coefficients c sont dans le rapport3,2;
leplus grand correspond
àg°,
ainsi la réactivité décroît avec la tem-pérature,
à l’inverse de cequi
se passe pour les métaux.Nous verrons
plus
loin combien peu une telleexpérience
est convaincante.11
reprend
la même étude enimposant
unesurcharge
de 2~. Voici les concisions :La
température
a uneinfluence
énorme. A hautetempérature
les allon-gements
initiaux sontbeaucoup plus grands qu’à
bassetempérature;
maisles
différences
décroissentvite,
on peut admettrequ’elles
s’annulent et ,qu’après quelques jours
dans toutes les sériesl’allongement
est le même.mêmes
phénomènes
seprésentent après
unebrusque décharge,
Voicid’ailleurs les nombres de deux séries pour fixer les idées.
Surcharge
2g :Entre
on’, 25
et5’", l’allongement
ài g°, 5
est g,o ; à~°, 6
il est16, o.
Excepté
en cequi
a trait au sens de la variation de la réactivité avec latempé-
rature, les conclusions
précédentes
sontsingulièrement
contestables.Kohlrausch dit que les résultats
d’Exner,
sur la diminution de la vitesse depropagation
du son dans lecaoutchouc, quand
latempérature s’élève,
concordentavec l’influence constatée de cette élévation sur la
grandeur
de la réactivité. Onne voit pas bien en
quoi
cesquestions
sont connexes.RÉACTIVÉES DUES A DES DÉFORMATIONS CONSÉCUTIVES DE SENS OPPOSÉS.
C’est là certainement la
partie
laplus
neuve et laplus
intéressante du Mémoire de Rohiraush. Le caractèregénéral
de laréactivité, dit-il,
estqu’une
déformation dont elle est cause diminue d’autantp!us
lentementqu’il
s’est écouléplus
detemps
depuis
la déformationqui
lui a donné naissance(déformation primaire).
Superposons plusieurs
réactivités sur le même corps; on peuts’arranger de
manièrequ’il
se déformespontanément
dans un senspuis
dans l’autre. Onimpose
parexemple
une déformationgrande
oulongue
et ensuite une déformationpetite
oucourte de sens
contraire;
on abandonne ensuite le corps àlui-même;
on peut t s’attendre à voir la réactivitéqui provient
de la seconde déformationremporter
d’abord. Mais son euet diminue vite et, pour des rapports convenables entre les déformations
primaires,
la réactivité due à lapremière
de ces déformations peutréapparaître.
La déformationspontanée
du corpschange
alors designe.
Pour intéressantes que soient ces
considérations,
Kolilrausch n’est restéqu’à
la surface de la
question,
car le seulexemple qu’il
nous donnecomporte
deuxchangements
designe
et non pas unseul,
comme il le croît.Il utilise le caoutchouc
qui
lui atoujours
servi etqui portait
d’une manièrepermanente
unecharge
de4~, r.
Il diminue cettecharge
à4g qu’il
maintientpendant
6 minutes, Il raccourcit alors à la main de 4on"’1pendant
1minute,
cequi
correspond
a une nouvelledécharge
et abandonne enfin le fil à lui-même. Il com-mence par
s’allonger pendant gos, puis
seraccourcit.
,Si Kohlrausch avait attendu un
temps suffisant,
il aurait vu le fils’allonger
ànouveau. Nous montrerons comment on
peut systématiquement reproduire
cesinversions de sens doubles.
Expérience
dePülfrich (
t.XXVIII, I886).
- Pülfrich s’est pro-posé
d’étudier lesphénomèmes
de réactivité sur un tube decaoutchouc,
en déter-minant simultanément les variations de
longueur
et de diamètre. Ils’agissait
dediscuter sous une de ses faces la
question
du coefficient de Poisson. Ncus ne faisons quesignaler
cesexpériences,
parce que, aupoint
de vue où nous sommes,ni dans la
méthode,
ni dans lesrésultats,
elles n’ontapporté quelque
chose deneuf. Nous y reviendrons
quand
nous rencontrerons dans unprochain
Mémoirele coefficient de Poisson.
DESCRIPTION DES APPAREILS
On
peut reprocher
auxphysiciens qui
se sontoccupés
ducaoutchouc,
outredes idées erronées sur la nature du
phénomène qu’ils étudiaient,
unetechnique
défectueuse. Cette
technique
était d’ailleurs laconséquence
de leurs idées. Nousne pouvons
plus
nous contenterd’opérations
à lamain,
fussent-elles conduitesavec prudence, behutsam;
ils’agit
d’obtenir des déformationsparfaitement définies,
ne serait-ce que pour lesreproduire identiques
à elles-mêmes.L’appareil employé
estreprésenté schématiquement (fig. 2).
Le caoutchouc estpris
entre deuxpinces.
Lapince supérieure
est fixée dans l’axe d’un tronc de cône de laitonqui
seplace
dans un tronc de cône creux, lui-même fixé dans uneépaisse planche
à3"’,5o
au-dessus du sol. Grâce à celtedisposition
onpeut
aisémentrégler
le caoutchouc enazimut,
ce dont on va voir la nécessité.La
pince
inférieure supporte unelégère règle
de bois àlaquelle
seront sus-pendus
despoids
par l’intermédiaire de crochets. Uneplate-forme
PPpeut
être animée d’un mouvementvertical, grâce
à la rotation de la vis VV dans l’écrouE;
elle est
équilibrée
par uncontrepoids
P’ etguidée
par unetringle
verticale TTqui
la traverse à frottement doux.Pour mettre le caoutchouc en
charge,
on fait descendre laplate-forme
d’unmouvement
uniforme,
en entraînant l’une despoulies qui
sont fixées à la vis. Le caoutchoucs’allonge
avec une vitesseconstante jusqu’à
ce que lepoids
abandonnela
plate-forme.
Apartir
de ce moment le fils’allonge
àcharge
constante.Pour étudier la réactivité à haute
température,
le caoutchouc est entouré d’une double enceinte formée de deux tubes de laitonconcentriques;
un courant d’eaufroide ou chaude traverse
l’espace
annulaire. L’eau est fournie par unréservoir,
et amenée soit directement soit à travers un
appareil
à ailettes chauffé au gaz,qui
la porte à une
température
fonction de la vitesse d’écoulemeent. Une chicaneremplie
Fig.2.
d’huile C
empêche
les courants d’air verticaux de seproduire
autour ducaout-
chouc en
expérience.
’La vis a
i"B4o
delong; il
en est de même de lapartie
du tubequ’il
estpossible
de chauffer. La hauteur totale de
l’appareil
est donc voisine de3m,
50. Onpeut allonger
de 6 fois salongueur
un caoutchouc deOn lit dans une lunette les divisions de la
règle
à un dixième de millimètreprès;
c’est uneapproximation largement
suffisante.Il est
possible, grâce
à un inverseur devitesse, d’imprimer
aux.poulies
unmouvement dans l’un ou l’autre sens, ou de les arrêter
brusquement,;
onpeut
d’ailleurs faire varier la vitesse de 1 à 10 en utilisant des transmissions convenables.
La vitesse du moteur est maintenue exactement uniforme par un
régulateur
deWatt.
Pour étudier la réactivité sur une courbe de
décharge (nO 9),
il est néCeSSaii’ede
supprimer
unepartie
seulement de lacharge.
On utilise unsupport
Sreprésenté
à
gauche
de lafigure
2 etqui
seplace
sur laplate-forme.P.
Lacharge
est diviséeen
deux, Pi
etIl§ ; P,
repose sur laplate-forlne, P;
sur lesupport S;
i elles sont, reliées par une cordelette dont la
longueur
est dequelques
centimètressupérieure
à la hauteur du
support
S.Quand
laplate forme descend, P~
se trouve d’abordsuspendu
aufil, puis P,.
On enlève alors lesupport
S. Pendant ladécharge, P,
est rencontré d’abord par la
plate-forme;
il suffit d’arrêter le mouvement pour maintenir la tension constanteégale
àP~,.
Cettetechnique peut
segénéraliser
ets’appliquer
à trois ouplusieurs poids
successifs.Enfin il peut être nécessaire
d’imposer
au fil des tractionsrythmées petites
etnombreuses. La
pince supérieure
est alors fixée à l’extrémité d’unetige
métal- .lique
horizontalequi
tourne autour d’un axe horizontalplacé
en sou milieu. Sacourse est limitée par deux vis. Le
poids
despinces,
de larègle
de bois et de lacharge
quesupporte
le caoutchouc est à peuprès équilibré
par unpoids qui
estsuspendu
par un filmétallique
à l’autre extrémité de latige
etqui plonge
dansun vase
plein
d’huile. Une armature de fer est soudée à cette sorte de fléau etpeut être attirée par un électro-aimant sur le circuit
duquel
se trouve unepile.
Une
horloge
ou un métronome le ferme à des intervalles detemps égaux
et connus.On obtient ainsi indéfiniment une oscillation verticale à l’extrémité
supérieure
du
caoutchouc,
dontl’amplitude
peut varier de o"’m à 5"’m.Notations. - La
charge
quesupporte toujours
le fil enexpérience ( pince
etrègle)
est de6~~;
nous ladésignerons
parPo.
Nousdésignerons
parP,
lacharge qu’on ajoute,
To
est le tempspassé
sous lacharge
invariablePo ; T,
est letemps passé
sous lacharge
constanteP,.
Lalongueur
initiale du fil estL0, généralement
mesurée sousPo
à moins d’indications contraires :Lo représente
aussi lalongueur
au commen-cement des
cycles; L,
est lalongueur
au commencement de l’arrêt sousP, , L’t
est lalongueur
à la fin de l’arrêt sous Nousreprésenterons
parA~ A~
’1 .. ,A~,
lesallongements
sous1)1,
dans les intervalles formés par les tempsos, 3os,
im,2n’,
.... formant(sauf le premier)
uneprogression géométrique
de raison 2. Enfin Aest
l’allongement
total entre 3os etT, ;
on donne à cetallongement
uneImportance particulière,
parcequ’il
est leplus grand qu’on puisse
déterminer avecrigueur.
La
longueur L,
n’est pas déterminée avec une trèsgrande précision ;
au moment oùla
charge
devient constante, la vitessed’allongement
ne varie pasbrusquement.
Ilest donc
impossible
de dire à un dixième de millimètreprès quelle
est la valeurde
Lj
et parconséquent quel
estl’allongement
totalpendant
l’arrêtT,.
La mêmed ifficullé n’a pas lieu entre 3os et
T, .
_A moins d’indication
contraire,
la vitesse uniformed’allongement pendant
lamise en
charge
est de ’i"’ eni ~~5.
Demême,
à moins d’indicationspéciale,
onopère
à latempérature
ordinaire du laboratoire. Le caoutchouc estemployé
sousforme de cordes rondes de de
diamètre;
sa densité est il a été fournicomme ne contenant que de la gomme et du soufre. Il est
gris
clair etlégèrement
poudreux
à lasurface;
ils’allonge
sans céderde 7
à 8 fois salongueur.
Nous
poserons A ==
L :A moins d’indication
contraire,
leslongueurs
sont énoncées en dixièmes demillimètre.
RÉSULTATS DES EXPÉRIENCES.
sous
charge
constante aux extrémités d’un parcours.Fixation drc
cycle.
-P,
=500g; T,
=32"’,
o.On décrit des
cycles
dans ces conditions. Voici le résuma!, del’expérience:
Entre le
quatrième
et lecinquième
parcours, letemps T,
a été 128’". On a eupour le
quatrième
parcours’8 - 40, ~~ =
56. Au moment de ladécharge, L’~
était doncégal
à8go2.
10 La loi énoncée par un de nous pour les fils
métalliques,
à savoir que lesallongements
sont sensiblementégaux
dans des intervalles detemps
en progres- siongéométrique,
est encoreapproximativement vérifiée,
en tenantcompte,
bienentendu,
de toutes les restrictionsapportées
à cet énoncé.( y ôir
le Mémoire Sur les courbes dedéformation
desfils métalliques, Chap.
Entre ~(~"1 et 32m par
exemple,
l’intervalle est 32 foisplus grand
que l’inter- vallecompris
entre 3os et 1"’;pourtant ~,
et~2
ne diffèrent que du tiers ou du quart de leur valeur. En tous cas lesexpériences
satisfont infiniment mieux à la loi iqu’aux
loisproposées
par Kohlrauschqui
donnent lieu à des calculs aussi i vains quecompliqués.
2° Le
phénomène
est considérablement modifié par lepremier
parcours :cette modification ne
disparaît
pas par le repos souscharge nulle,
mêmeprolongé.
3° Considérons le
quatrième
parcours; on devrait trouverpour ~g
et~~
desnombres faiblement
croissants ;
on trouve4o
et 56.Donc,
si l’on augmenteT~,
lesnouveaux A se
rapprochent de plus
enplus
des A de même numéro d’ordrequ’on
aurait trouvés pour le
premier
parcours, si l’on avait tallongé
letemps 1-’i.
En d’autres termes, siaprès
lequatrième
parcours on augmente suffisammentT,.
pour observer des
O,l
de numéros d’ordreélevés,
ils tendent vers les valeursqu’auraient
eues les ~,~ dupremier
parcours.On
s’explique
ainsi la croissance des â du second parcoursqui
se fait dèsà
partir
de ~.~.Pour le troisième et le
quatrième,
il y a croissance de ~~ à~~,
maisplus
faible.~° Pour le
cinquième parcours A
estplus petit :
cette diminution tient àl’aug-
mentation de
T,
à la fin duquatrième.
Puis A augmente pour lesixième,
pourdécroître
régulièrement
ensuite pour lesseptième
ethuitième,
la fixation sefaisant
toujours
par une diminution de ~.L’influence de
l’allongement
se montre aussi par la notable diminution des derniers A pour les parcours suivants.A elle seule cette
expérience
suffit pour prouver àquel point
les idées de Kohlrausch et de ses émules sont erronées. Commentpourrait-il
venir à l’idée decalculer des
paramètres numériques
pour unphénomène
aussicomplexe?
Nevoit-on pas,
jusqu’à
la dernièreévidence,
la réaction des parcours les uns sur lesautres et le souvenir que
garde
la matière desprécédentes
modifications ?5°
L’allongement
esttoujours plus grand,
si lacharge
croit et décroît entreP~
et
Pi,
que si elle conserve la valeur constanteP, . Extrapolons
pour lepremier
parcours. Pour
TB, L’t
=84og.
Si l’onattendait jusqu’à T,
=256,
lalongueur
serait
8409
+ 336 =8;45,
en admettant 03948 _ :1;,= 039410
=112. Or on atteintcette
longueur
à la fin du troisièmecycle, auquel
onparvient
100 minutes environaprès
le commencement de l’arrêt sur lepremier ;
on gagne donc 156 minutes environ. Demême,
il faudrait àcharge
constante untemps
énorme pour par- venir à8gg6.
2. Réactivité en
fonction
de la -Chaque expérience
est faite surun fil différent. Vitesse uniforme
d’allongement pendant
la miseen charge :
1"’ en1 ~3’.
On areprésenté, figure 3, rallongement A
entre 305 et 32p1. Lalongueur
des fils sous
charge
nulle est deo"’, 25,
les A sont donnés cn millimètres. Pour. fixer les idées on a
représenté
par un traitInterrompu
lesallongements
totauxjusqu’au temps
32maprès
l’établissement de lacharge.
Par
exemple, Imposons
I000g; entre 3os et 32ml’allongement
est de0m, 077;
à ce moment le fil s’est
allongé
de I°’,02; salongueur
totale est de1"’,f,~
et A ==5. On remarquera la forme
singulièrement complexe
de la courbequi représente
les A : nous l’avons vérifiée par de nombreusesexpériences
et elle nesemble pas douteuse. Elle
présente
troispoints
d’inflexion et un maximum. Il estbien entendu que la
technique
influe notablement sur laposition
de cespoints
et que les nombres ne sont que pour fixer les idées.
. La loi suivant
laquelle
lesallongements
àcharge
constantedépendent
dutemps
est variable tout le
long
de la courbe.Étudions’la
variation desâ2, r~3,
....Si la
charge
estpetite,
ils sont à peuprès
constants oulégèrement,
décroissants.Quand
lacharge croît, un
maximumapparat.
Il a lieu pour un numéro d’ordred’abord croissant. Par
exemple,
pour3ooS,
c’est 03943qui
estmaximum;
pour500g,
c’est
~~,. Puis, jusqu’à IOOOg,
le maximumcorrespond
à un numérosupérieur
Comme les
expériences
n’étaient continuéesque jusqu’à 3~~’,
on ne l’observait pas : les~i
croissaient continuellement àpartir
de~,.
.
Au-dessus de
I000g,
le maximumréapparaît
dans lechamp
del’expérience
et seproduit
pour un~i
de numéro d’ordre i décroissant.Enfin, quand
lacharge
estsuffisamment
élevée,
ài5ooS,
parexemple, les Ai
décroissent continuetlement.Le maximum a
disparu.
On
peut
doncavoir,
entre 308 et32m,
des Aégaux
pour deuxcharges
diffé-rentes, mais
composés
de~~
entièrementdifférents,
parexemple, toujours
crois-sants pour la
plus
faiblecharge, toujours
décroissants pour laplus
forte.Dans toutes les
expériences
effectuées avec notretechnique, âf (entre
os et30S)
est
toujours plus grand
que~.~ (30S
à1 m).
.Mêmes
expériences
sur unfil unique.
- Cesexpériences
ont étéreprises
sur un fil
unique.
Onimpose
lacharge P, pendant
un tempsT, ;
on revient à lacharge Po,
on attend un tempsTo, puis
on recommence avec unecharge P, plus grande
et ainsi de suite. Il est clair que les résultatsnumériques dépendent
de laloi de variation des
charges P,
f et des temps d’arrêt7.,~
etT~.
L’alluregénérale
duphénomène
reste la même que si l’onemploie
pourchaque expérience
des filsdifférents, Par
exemple,
on apris
pour lescharges Pt
la sériearithmétique
100,400, 700,
iooo,I300; T1
= 32 etTa
est tel quel’expérience
totale dure i heure.On a
trouvé,
pour A entre 30s et 1600 : -Pt... 100 400 7°0 I000 1300
A... 1 38 26g 368 6?g I V~
La courbe
représentative
a la même allure que cellereprésentée figure
3.Pour iooS les A, sont constants : ils
présentent
un maximum pour à,quand
P+~ 400; puis
le maximum se fait pour des temps deplus
enplus grands;
ainsipour
P,
= I000g,jusqu’à 32m,
les 0394i sont croissants. Pour I300g le maximumréapparaît
pour~3.
Ces résultats sont t conformes auxprécédents.
Autre
exemple.
- Nous avonspris
pourP,
la sériearithmétique
I00, 200,300, ....
2"’, T~ =g"’, Lo =
1600. Nous donnons ci-dessous la suite des 1Y entre 30s et8"’ jusqu’à
22 49 89 I3I !6o t68 171 ’So
205 26g 387 502 528 499 442
La courbe a encore même allure. On constate que pour 600g
et 700g
les 0394 sontsensiblement les mêmes. En diminuant encore la raison de la
progression
arithmé-tique,
on arriverait même à donner à lacourbe,
auvoisinage
de cescharges,
unmaximum et un
minimum,
cequi
est conforme aux résultats du n° 1.Ces
expériences prouvent
àquel point l’interprétalion
des séries effectuées sur Fig. 3.- ---. Allongements totaux en centimètres après J2nl,
20142014201420142014 Réactivités, d en millimètres entre 3os et
un même fil 1 devient
complexe
etjustifie
lescritiques
que nous avons adresséesau Mémoire de
Kohlrausch, qui
faitporter
toutes ses recherches sur un même bout de fil. Il n’étudie d’ailleurs que la toutepremière partie
de la courbe quenous venons de tracer.
3. Réactivité pour la
charge Po.
-L0 = 3240, P1 = 700g, T1 = I66m,
= 11030. Voici les valeurs des A et
0,
à JR :265 III I30 1 ig y 3 I45 I46
Entre 30s et
64m, l’allongement
sousP,
est962.
Pour ==
r h6"’,
lalongueur
est devenue12 4/~; .
On ramène alors à la
charge l’o.
Voici les valeurs de~,
de~,
à~~ :
178 39 43 42 4o 3; 2ç) 1 ~j
Entre 30s et
6zi"’
le raccourcissement sousI’~
est 253.La loi 1 de
Kohlrausch,
q ue lesallongements
et les raccourcissementsqui
suivent lcc
charge
et ladécharge
sontégaux
pour rcn mêmepoids,
ne sauraitêtre
générale.
Kohlrauschajoute,
il estvrai,
que pour desallongements
un peugrands
le raccourcissement estplus rapide : l’expérience précédente
montre que ce dernier fait n’est pas seulement une correctionpetite
àajouter à
la loid’égalité.
L’allongement A, correspondant
au début de lacharge
est3,1,
etdéjà
les Acorrespondant
à lacharge
et à ladécharge
sont entre euxcomme £ :
1 i environ.Cet
exemple
prouvequel
avantage il y ad’opérer
dans toute l’étendue acces-sible d’un
phénomène.
Kohlrausch fait varier ~~ de i à1 , 05,
il trouve une certaineloi
simple qu’il
énonce comme depremière approximation.
S’il avaitpris
unallongement
un peugrande
il ne se serait pas arrêté à uneproposition
exactetout au
plus
comme limite.Refaisons la même
comparaison
dans les conditions suivantes :P,
=T,
_-_6~n~~ L~
-4150, ~1, =1, 2g3 :
Ainsi
l’allongement
n’estqu’une
fractionpetite
de celuiqu’on peut obtenir,
etdéjà
la différence entre lesphénomènes
est énorme.Il n’est d’ailleurs pas
plus
admissible de dire que lesallongements
et raccour-cissements obéissent à la même forme de loi : les 0394 relatifs au raccourcissement décroissent
toujours beaucoup plus
vite que les autres.4. Fixation d’un parcours et
influence
del’ccrrêt To.
-P,
-5m,
sauf indications
contraires; T,
=32"B Lo == 3240.
On
donne dans le Tableau suivantLo, L,, L,
-Lo, L’1, 03941, 0394
et le rap-1
1 °
L’augmentation
deTo
fait croître la valeur desA,
mais ne les ramène pas à la valeurqu’ils
ont dans lepremier
parcours : l’effet de celui-ci est permanent. Onse reportera aux parcours
3,
7 et10;
2°
Inversement,
une diminution deTo
diminue lesA,
comme il résulte del’expérience 12;
3° L’influence de la variation de
To
estgrande quand To
estpetit;
elle diminue à mesure queTo
augmente.Ainsi,
l’effet de sousPo
ou de930m
est à peuprès
le même. Le passage deTo
de 5"’ à omproduit
un effet considérable.4° La colonne
Lo
nous montre queLo
estplus petit
à mesure queTo
augmente ;ce
qui
estévident, puisqu’on
laisse au fil letemps
de se raccourcir.Mais, phéno-
mène
qui
nepouvait plus
seprévoir,
la différenceL, - Lo
se trouve elle-même diminuée. Le repos souscharge Po
rend le fil moins extensible pour le parcours suivant.5°
Étudions
lesrapports (0,
-~-~~ ; ~L,
-Lo).
Un accroissement deTo
aug-mente ce rapport. Une diminution de
To produit
l’effet inverse. ’Étudions,
d’autre part, lesrapports A : d, ;
un accroissement deTo
augmentece
rapport.
Ces deux résultats rentrent dans la mêmeformule;
lesphénomènes
sont retardés.
Comparons,
parexemple,
lesexpériences 6
et7 ; appelons
1000l’allongement
initial L~ - l/h on a
Autre
exemple
del’influence
de la variation des temps d’arrêt soicscharge Po.
- On effectue avec un fil trois parcoursTi.- To_-__ 5"’~
P,
== 500. On attend alors sousPo
untemps ’l’~
et l’on recommence la même série de trois parcours. D’un fil à l’autre on fait varier letemps 7.’ô qui sépare
lesdeux séries. On donne dans les Tableaux suivants les
allongements
sur la courbede
charge L,
-Lo, rapportés
aupremier
et les réactivités ~(entre
3os et16~’ )
rapportées
à lapremière :
Si les fils étaient
parfaitement, identiques,
les nombres des troispremières
colonnes seraient
identiques.
Lepremier
Tableau montre que l’influence de~l’~
devient
négligeable
sur lesallongements
à mesurequ’on
augmente le nombre descycles
fixés. Tandis que les nombres III0, 1101, 1086 dictèrentbeaucoup
etsystématiquement
de leur moyenne, les nombres II25,
1z3,
112j en différentpeu et non
systématiquement.
Pour les
réactivités,
l’influence du tempsT«
se fait sentirplus
fortement etplus longtemps.
5.
Influence
deT,
sur lafixation d’un parcours.
- On donne dansle Tableau suivant la
longueur L~
de retour àPa,
le raccourcissementL~- Lo pendant
l’arrêtT~ ~ ~"’, l’allongement L,
-L~ pendant
la mise encharge
i
l’allongeinent
D, entre os et3os, l’allongement
a’ entre 30s et8m, enfin, l’allongement
D entre 3os Sauf indicationscontraires,
~ 8"’. Lalongueur
initiale est 3000.. Entre les