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Chambre d’ionisation multicellulaire pour l’étude du
faisceau de protons de 150 MeV du synchrocyclotron
d’Orsay
X. de Bouard
To cite this version:
208 A.
CHAMBRE D’IONISATION MULTICELLULAIRE POUR L’ÉTUDE DU FAISCEAU DE PROTONS DE 150 MeV
DU SYNCHROCYCLOTRON D’ORSAY
Par X. DE
BOUARD,
Laboratoire de
Physique
Nucléaire, Faculté des Sciences, Orsay.Résumé. 2014 Nous décrivons une chambre d’ionisation multi-cellulaire
qui est utilisée pour
effec-tuer les réglages de faisceau du synchrocyclotron d’Orsay. Cette chambre se compose d’une
tren-taine de cellules obtenues par métallisation d’une feuille de mylar. Elle est utilisable dans une plage d’intensité allant de 106 à 1010
protons/cm2/s.
Abstract. 2014 A multicellular ionization chamber is described which is used for beam
adjustments
of the Orsay synchrocyclotron. This chamber consist of some thirty cells obtained by metallizing
a mylar foil. It can be used in an intensity range from 106 to 1010
protons/cm2/s.
LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUMPHYSIQUE APPLIQUÉE
SUPPLÉMENT AU NID 11.
TOME 22, NOVEMBRE 1961, PAGE
Lors de la mise au
point
dusynchrocyclotron
d’Orsay,
leproblème
s’estposé,
pour lesréglages
defaisceau,
d’étudier undispositif qui
permette
instantanément de connaitre la forme du faisceau en unpoint
donné de satrajectoire
et de mesurer sarépartition
en intensité. ~Le
dispositif adopté
est semblable à celuiqui
a servi à l’étude du faisceau du cosmotron de Brook-haven[1] :
une chambre d’ionisation constituée par une série depetites
cellules juxtaposées.
Lecourant
produit
par l’ionisation du gaz par le fais-ceau est mesuréséparément
pour chacune d’elles.Le courant étant
pulsé,
comme le faisceau dusyn-chrocyclotron,
à 480périodes,
ilpeut
êtreamplifié
enalternatif,
cequi
permet
l’utilisation depréam-plificateurs simples
et peu encombrants. Un contac-teur rotatif télécommandéprélève
successivementle courant de
chaque
cellule pourl’envoyer
dans unamplificateur qui
se trouve dans la salle des mesures.Étude.
- Nousavons choisi comme gaz à ioniser l’air à la
pression atmosphérique,
cequi
évitel’emploi
deparois épaisses
et réduitconsidérable-ment la
quantité
de matière àplacer
dans le faisceau. La distancequi
sépare
les électrodes doit être aussigrande
quepossible,
defaçon
àaugmenter
laquantité
de gazionisé,
donc la sensibilité de la chambre. Cette distance est toutefois limitée parquatre
facteurs : letemps
de collection desions,
qui
doit être inférieur autemps
qui sépare
deuxjets
de faisceau(2,2
10-3s)
pour que le courantrecueilli
puisse
êtreamplifié
enimpulsions ;
la recombinaison desions ;
la diffusion desions ;
lacharge d’espace.
1. TEMPS DE COLLECTION DES IONS. - La
proba-bilité d’attachement des électrons à
l’oxygène
estde l’ordre de 50
%
par millimètre de parcours dans les conditions choisies. Il faut donc tenircompte
detous les
phénomènes
pouvant
résulter de lapré-sence d’ions
négatifs.
Pour une distance entre électrodes de 1
centi-mètre,
et pour unchamp
électrique
de 4 000volts/
cm lestemps
de collection des ions des deuxsignes
sont inférieurs à 2 .10-4 s.
2. RECOMBINAISON DES IONS. - La densité
d’io-nisation de l’air le
long
destrajectoires
deprotons
de 150 MeV est très faible. La recombinaison en volume est donc seule à considérer.La recombinaison ion-ion est
négligeable
jusqu’à
des intensités du faisceau de 101°
protons/cm2/s.
3. DIFFUSION DES IONS. - C’est larépartition
des ions à leur arrivée sur l’électrode collectrice
qui
est mesurée. Pour
qu’elle reproduise
aussifidèle-ment que
possible
larépartition
en intensité dufaisceau,
il faut que la diffusion des ions dans une directionperpendiculaire
auchamp
soit faible. Cette diffusion nedépend
ici que dutemps
de collec-tion des ions. Elle est tout à faitnégligeable.
4. CHARGE D’ESPACE. - Le
champ électrique
parasite
dû à lacharge d’espace
est facile à calculerdans notre cas où les électrodes sont
parallèles
etle
champ
électrique
uniforme. - 0Il faut atteindre des intensités de faisceau de l’ordre de 1010
protons/cm2/s
pourqu’il
devienneimportant.
209 A
Fabrication des électrodes. -- Les électrodes
sont des feuilles de
mylar
de0,02
mmd’épaisseur,
aluminisées,
faites de lafaçon
suivante. Une feuille demylar
circulaire de diamètre utile 10 cm estrivée sur un
support
annulaire enplexiglass.
Surcette feuille on
projette
une couche conductriced’aluminium par
vaporisation
sous vide. La formed’électrode désirée est obtenue à l’aide d’un cache :
une autre feuille de
mylar
danslaquelle
estdécoupé
le dessin à obtenir.L’électrode de tension est aluminisée
unifor-mément. Sur l’électrode
collectrice,
le dessin estFIG. 1.
fait de
petits
carreauxjuxtaposés,
formant avecl’électrode de tension autant de
petites
chambres d’ionisationélémentaires,
d’égal
volume. A titred’exemple,
nous avons facilement réalisé ainsi une électrodecomportant
30 cellules(6 rangées
de5)
de dimensions 7x7 mm,séparées
par des intervalles de 1 mm( fig. 1).
Le groupe de carreaux est entouré d’une bande aluminisée reliée à la mass,e pour que le
champ
électrique
soit bienhomogène
dans larégion
de collection descharges.
Pour
prélever
le courant surchaque cellule,
nous avonsprojeté
de la mêmefaçon
desconduc-teurs d’aluminium sur l’envers de la feuille de
mylar,
avec un cacheapproprié.
Le contactélec-trique
entrechaque
carreau et le conducteurcorres-pondant
est réalisé à travers la feuille par un troud’épingle
danslequel
on adéposé
unegoutte
de solution colloïdale decarbone. Chaque
conducteur d’aluminiumprojeté
aboutit à une cosse-relai rivée sur lepourtour
de la feuille. Ce sont les difhcultés de réalisation de ce circuitimprimé
au revers de la feuillequi
limitent le nombre des cellules et leur taille minima.Tout ce circuit doit être isolé pour ne pas
recueillir de
charges
dansl’atmosphère
ambiante très ionisée par laprésence
du faisceau. Cetisole-nient est
réalisé,
dans lapartie
utile del’électrode,
par une très mince feuille demylar
(quelques
micronsd’épaisseur)
pour limiter laquantité
dematière
présente
dans le faisceau. A lapériphérie
(sur
les cosses-relaietc...)
c’est une couche de para-finequi
remplit
ce rôle.La
quantité
de matière totaleplacée
dans le faisceau est de l’ordre de 10 cequi
permet
éventuellement
d’y
laisser en permanence la chambrependant
uneexpérience.
Partie
électronique.
- 1. PRÉAMPLIFICATEURS.- Il faut réaliser
un nombre
important
de circuitspréamplificateurs
etadaptateurs d’impédance (un
parcellule)
et lesplacer
leplus près possible
de lachambre pour obtenir un bon isolement et une
faible
capacité
parasite.
Ces circuits sont câblés sur un chassis en forme de couronneplacé
autourde la chambre. L’encombrement
permis
est donc limité.FIG. 2. - Schéma d’un préamplificateur.
Nous avons cherché à obtenir de ces
préampli-ficateurs un
gain
suffisamment stable au cours dutemps
etreproductible
d’un circuit à l’autre pourne pas avoir à faire
d’ajustage.
Lemontage
choisiest un
amplificateur
à deuxétages,
rebouclé en continu detype
Miller. Sonimpédance
d’entrée mesurée est de 5 MQ2).
Les sorties
adaptées
sont reliées à un contacteurrotatif télécommandé. Le courant à mesurer est
210 A
2. AMPLIFICATEUR. - Les
impulsions
sontenvoyées
dans unamplificateur classique
dont legain
vaut 3 400. Ledispositif
de détection estana-logue
à celui utilisé dans les voltmètres àlampes :
la hauteur de
l’impulsion
est transformée en niveaucontinu ;
ce niveau estappliqué
à lagrille
d’un tube dont on mesure la variation de courantano-dique.
Résultats. - 1.
ÉTALONNAGE
DE LA CHAMBRE.-L’étalonnage
de la chambre a été fait dans le faisceau avec l’électrode de collection décriteplus
haut. L’écartement des électrodes était ici de0,2
mm. Les courbescaractéristiques
ont été tracées pour différentes intensités defaisceau,
en utilisantune chambre d’ionisation à courant continu comme moniteur. Les courbes ne
présentent
pas lepalier
habituel ;
ceci est dû sans doute au fait quelorsque
la tensionappliquée
varie,
la vitesse de collection desions,
donc la forme del’impulsion
decourant,
varientégalement,
et cetteimpulsion
n’estplus
amplifiée
de la mêmefaçon
par les circuitsélec-troniques.
La
réponse
obtenueexpérimentalement
est bienproportionnelle
à l’intensité du faisceau pour destensions
appliquées
dequelques
centaines de voltset pour des intensités de
quelques
108protons/
CM2/S.
2. UTILISATION. - La
répartition
de l’intensité suivant une coupe du faisceau estreprésentée
par un tableau dechiffres;
chaque
chiffre mesure, envaleur
relative,
l’intensité traversant la cellule dont il occupe laplace.
Par
exemple :
Chaque
chiffrereprésente
ici l’intensité moyennetraversant un carré de
0,7
cm de côté. 3. PRÉCISION. - Les deuxprincipales
sources d’erreurs sont : un écartement non constant entreles
électrodes,
et descapacités
parasites
différentessur les
grilles
d’entrée dechaque
élément préampli-ficateur. Leur effetglobal
peut
être évalué à 20%.
A ceci il fautajouter
une troisième caused’erreur,
non chiffrable apriori :
l’instabilité du faisceaupuisque
les lectures des différents courants ne sontpas simultanées.
4. SENSIBILITÉ. - La
sensibilité de la chambre
est limitée par le bruit de fond des
préamplifi-cateurs à environ 5.105
protons/cm2/s.
Au delà de 101°protons/cm2/s
les conditions de lasatu-ration ne sont
plus réunies,
et laréponse
n’estplus
proportionnelle
à l’intensité du faisceau.Je remercie M.
David-Boyer
dont l’aide et les conseils m’ont été trèsprécieux
pour la fabrication des électrodes. Je remédieégalement
M.Monet-Descombey
et le Serviced’Électronique
Physique
du laboratoirequi
ont réalisé lapartie électronique
de ce travail.Manuscrit reçu le 15 juin 1961.
BIBLIOGRAPHIE
[1] BRAND et SCHWARTZ, Rev. Sc. Instr., 1958, 29, 247.
LETTRE
A LA
RÉDACTION
CHAINE D’AMPLIFICATION LINÉAIRE
POUR DÉTECTEUR A JONCTION
Par J. C.
CALDERO,
R. FORZANI et J.SCHMOUKER,
Institut d’Études Nucléaires, Alger.1. Introduction. - Les ensembles de
comptage
clas-siques
associés auxphotomultiplicateurs
ne sont pasadaptés
à laspectrométrie
parjonction.
Eneflet,
cesdétecteurs
exigent
unappareillage électronique
devantcombiner à la fois un très faible
bruit,
un hautgain
stable et une insensibilité aux variations de
capacité
du détecteur.
II. - Chaîne
d’amplification.
1. SIGNAL D’ENTRÉE.- Toute
particule chargée
traversant la zone decharge
d’espace
d’unejonction polarisée
en inverseproduit,
par action
ionisante,
despaires
électron-trouqui
sontbalayées
par lechamp
de forte intensitérégnant
dans cetterégion.
A travers le circuit R-C constitué par lacapacité
de la barrière depotentiel
et la résistance decharge,
on recueille alors uneimpulsion
dontl’ampli-tude peut être directement reliée à
l’énergie perdue
par laparticule.
Ainsi,
pour unejonction,
une perted’énergie
d’environ3,5
eV sufht à libérer un électronalors