C AHIERS DE
TOPOLOGIE ET GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE CATÉGORIQUES
C LAUDE A LBERT
Feuilletages invariants et pseudoalgèbres de Lie lisses
Cahiers de topologie et géométrie différentielle catégoriques, tome 13, n
o3 (1972), p. 309-323
<
http://www.numdam.org/item?id=CTGDC_1972__13_3_309_0>
© Andrée C. Ehresmann et les auteurs, 1972, tous droits réservés.
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FEUILLETAGES INVARIANTS ET PSEUDOALGEBRES
DELIE LISSES
par Claude ALBERTCAHIERS DE TOPOLOGIE ET GEOMETRIE DIFFERENTIELLE
Vol. VII - 3
INTRODUCTION
Le but de cet article est d’étudier
quelques propriétés
des pseu-doalgèbres
de Lie lisses de transformations sur une variété différentiable:la notion de structure
lisse, généralisant
deprès
la notion de structurepla-
te, a été introduite par Molino dans
[4] .
Dans une étude
préliminaire,
on caractérise leschamps
d’élémentsde contact invariants par une
pseudoalgèbre
de Lie transitive de transfor- mations(L.A.S.
dans laterminologie
deSinger-Sternberg) donnée,
et onmontre que, si un tel
champ
estintégrable (on
donne une conditionsimple
pour
cela),
lapseudoalgèbre
induit surchaque
feuille unepseudoalgèbre
de Lie transitive. On obtient par de tels
procédés
un théorème de réductiongénéralisant
le théorème donné dans[3]
pour les structures formellementplates.
Puis on définit les différentes notions de
pseudoalgèbres
lisses eton montre que ces
pseudoalgèbres
laissent unfeuilletage invariant,
cequi
permet de donner une
description
locale de ces structures.Enfin,
enimpo-
sant des conditions de lissité «à l’ordre
supérieur » ,
on obtient des pseu-doalgèbres,
ditespolies,
dont tous lesprolongements
sont lisses. Là en-core l’étude des
feuilletages
invariants en donne unedescription
localeet permet de montrer que ces
pseudoalgèbres
se ramènent en fait à unexemple
type.Je
tiens à remercier ici Monsieur Molino dont les conseils et les encouragements m’ont été fort utiles dans lapréparation
de ce travail.I.
FEUILLETAGES INVARIANTS
PARUNE PSEUDOALGEBRE
DELIE
V est une variété
Cw
ouC
paracompacte, sans bord et connexe, modelée sur un espace vectoriel réel M de dimension m . Onpointe
V enxo , et on
désigne
parce
oune carte en xo choisie une fois pour toutes.
a xo
identifie M avec T V .
xo xo
Soit Y
unepseudoalgèbre
de Lie transitive sur V .Soit C
son al-gèbre formelle, L ~ L0 ~ ... ~ Li ~ ...
sa filtration etl’algèbre graduée
associé. Soit E ° la G-structure associéeà Y (voir [6] ).
La donnée dea x
o définit sur E° unpoint
base ro deprojection
x° .
Un
champ
d’éléments decontact C-
sur V estcanoniquement
asso-cié à une H-structure
Ec
surV , où,
si N est le sous-espace de M cor-,respondant
à lavaleur e (xo) de C
enXo, H
est le sous-groupe de Lie deGL ( M )
formé de toutes les transformations laissant N invariant. Une condition nécessaire et suffisante pourque 11
soit invariantpar L
est a-lors que E° soit une réduction de
EC ,
c’est-à-dire que lesous-espace N
soit invariant par les éléments de G
(*). Supposons
cette condition véri- fiée. Tout espace horizontal h en ro dans E° est horizontal dans E . Soit7h
la torsion d’un tel espace. On ah
étantl’algèbre
de Lie de H. Il enrésulte que e
estintégrable si,
et seulementsi,
pour un(donc
pourtout)
soit
égal
au tenseur de structure deE° ,
on aT ( N n N ) C N .
En conclu- sion :(*) Un raisonnement analogue sur la variété R° de tous les repères liné- aires de V sur laquelle on considère la pseudoalgèbre (non transitive mais homogène) relevée
de cL
montre que, s’il existe sur V une connexion linéaire invariante parL, alors L
est de type fini, et plus précisémentg1 = o .
PROPOSITION
I. 1. Il
y acorrespondance bijective
entre lesfeuilletages
sur V
invariants par L
et lessous-algèbres 53’ de 2
tellesque L’o = 53 0 .
On peut noter que
Q’ apparaît
commel’algèbre
associée à lasous-algè-
br e 2’ X0
ode Lx
odéfinie par
W
désignant
la feuille passant par xo .Dans la
suite, (?
est unfeuilletage
invariantpar L
et W la feuil-le passant par xo . Choisissant une
décomposition M =NQ9N ,
la carteax
0 donne en xo unsystème
de coordonnées( x1, ..., xn, xn + 1 , ... , xm ) =
( x , x ) adaptées
aufeuilletage.
Toute section localede 1
est alors de la formePour tout germe Z en x e W de
champ
de vecteurs, soitpW ( Z )
la restric- tion à W de Z . SiDW
est le faisceau des germes de tous leschamps
devecteurs de
W ,
le faisceauLW = Pw (L) n iÎÎ,
est unepseudoalgèbre
deLie transitive sur W, que nous
appellerons pseudoalgèbre
induitepar
sur W.
Si l’on
note 2 .
. le sous-espacede Lx
o formé des germes nuls xo ,oà l’ordre
j+1
en xo , on aura pourtout j >
0 desapplications
En
particulier,
,oo estsurjective,
cequi
donne entrealgèbres d’isotropie
formelle une
surjection Lo -> ( LN ) o
et entrealgèbres d’isotropie
linéaireune
surjection g -> gN qui
dans les coordonnées(x, x)
correspond à laprojection
de g dans
gL ( N ) .
LEMME 1.2. S’il existe un
suppl émentaire N
de N dans M surlequel
lesél éments de 9
agissent trivialement, l’application Lo -> ( LN )o
estbi jec-
tive.
En
effet,
lesapplications induites gj -> g jN
sont alorsbijectives.
On peut
généraliser
cette étude en seplaçant,
nonplus
surV ,
mais sur un espace de
prolongement:
Soit53’
unesous-algèbre
deQ,
ou-verte pour la
topologie faible, et j
leplus petit
entier > 0 tel queL’j+1=
C
Soitet N un
supplémentaire quelconque
de N dans M . Lasous-algèbre -2’
de? définit,
sur unprolongement convenable Ei
deE’ ,
unfeuilletage
inva-riant par le relèvement
Lj de L ,
transitif surEi (On
considère ici la no-tion de
prolongement
définie par les orbites des relevés successifsde L) .
Soit
Fi
la feuille passant par lepoint
baseroj de Ej
associé àaxo
Mj = LFjj
est unepseudoalgèbre
de Lie transitive surFi ,
dontl’algèbre d’isotropie linéaire
6j
est la
projection
surN*O g’j
degj+1 (on
agj+1 C N *O g’j O N *O gj ) .
D’autre part, laprojection 7Tj-1 : Ej -> Ej-1
en-voie
FI
sur une sous-variétéFj-1
deEj-1,
modelée sur N ®g’
® ...,9g’j-1.
De
plus, Mi
est7Tjj-1 -projetable,
et saprojection Mj-1
est unepseudoal- gèbre
de Lie transitive surFi-1
dontl’algèbre d’isotropie
linéaire6j-1
est la
projection
de9’i
surN*g g’j-1.
On notera d’ailleursque 1
est un fibré
principal
de groupe structuralG’j , d’algèbre
de Lieg’j .
SiG 1 est le groupe de la fibration
principale
, on ade sorte que, si
Fi est une
G’l-structure
surpl.
En itérant cette
construction,
on obtient finalement une sous-va-riété W de V modelée sur N et passant par xo et une
pseudoalgèbre transitive ?
sur W.Dans le cas
particulier
où53’
esttransitive,
on a N = 0 , de sorteque pour tout
indice j l’algèbre formelle Mi de Mi s’identifie, d’après
lelemme
I.2 ,
avecL’ .
On a montré :THEOREME 1.3. Soit
53’
unesous-algèúre
de.Q
ouverte pour lato pologi e faible,
et grL’ =
N ®g’
e .... En toutpoint
x E V passe alors une sous-variété W modelée sur N
pour laquelle
la restrictionfW
admet un sous-faisceau m
tel que :-
?
est unepseudoalgèbre
de Lie transitive sur W .-
l’algèbre d’isotropie
linéairede m
estl’image
deg’
dans la pro-jection N* ~N
®N*~M
-> N*9 N.Si en
particulier L’
est transitive, il existe sur V unepseudoal- gèbre
de Liem de 2 d’algèbre formelle M = L’ .
Considérons
sur 53
la filtration(Lj)j >-1 usuelle,
et soittj:
L. -> oi
laprojection canonique.
Onappellera oc -connexion sur Q
toutefamille k
* = ( k j ) j > -1
oùk% .. 9 / - ? %
est tel quetlk
= identité. Si1 1 1
gr L = TI g1, k-
définit unisomorphisme d’espaces
vectorielsk*:
j > -1
*gr L -> Q .
Notonspour j >
0On a une
injection canonique ij : gr L -> gr L
et uneproj ection pj:
gr 53
->gr. 1 53.
On définit alorsla j -torsion pro jetée Tj
dek * par :
Pout toute
oc-connexion k*,
la suite(Tj) j > 0 correspondante
convergepour la
topologie
faible vers un tel quek *
soit unisomorphisme d’ algèbres
de Lie de(gr 53 Too ) sur 53 .
D’autre part, si i > 1 et1 j i ,
posonsoù [,]
Il est le crochet naturel surgr L . gii-j
e st un sous-espace degi -j
et gi = gio
est un idéal deg .
Si on noteg oc
=i >0 g i ,
il existe unentier i o tel que
900
=9i .
oCOR OL L AIR E 1. 4. Soit i > 1 . S’il existe
sur L
une oc -connexionk dont
*torsions
projetées vérifient
pourtout j >
0 :alors il existe sur V une
pseudoalgèbre
deLie L (i) de 2
transitive etd’algèbre formelle 2
(i) telle queOn notera en
particulier 2 (00 ) = L (io ) .
En
effet,
est alors unesous-algèbre
ouverte transiti-ve
de 52.
On noteraque 2 (00 ),
si elleexiste,
est la réduction transitive minimalede 2
quepuisse
donner le théorème 1.3.Il. PSEUDOALGEBRES
DELIE LISSES
Dans la
suite,
K est un groupe de Lieet f
sonalgèbre
de Lie deschamps
de vecteurs invariants àgauche.
On note p le crochetde f.
Si onfait
opérer
K sur lui-même par translations àgauche, l’algèbre
de Liedes transformations infinitésimales
correspondantes
estl’algèbre f
deschamps
de vecteurs invariants àdroite,
et onnote R
lapseudoalgèbre
de Lie sur K des germes de transformations
correspondantes.
On identi-fiera t
avec la fibreK
deK
en l’élément neutre de K .e
1. PSEUDOALGEBRES DE LIE DUSSES.
Soit V une variété modelée sur
l’espace vectoriel f ;
V est loca-lement
difféomorphe
à la variétéK ,
et on peut donc considérer en toutpoint
x e V les germes de transformations infinitésimales déduites deK
par un
difféomorphisme
localUx -> Ue ,
oùUx
est unvoisinage
de x dansV et
Ue
unvoisinage
de e dans K . On dira alorsqu’une pseudoalgèbre
de
Lie 2
sur V est structurellement lisse( en abrégé S-lisse )
detype (t; G) si:
( SL 1 )
toutpoint
x E Vpossède
unvoisinage Ux
muni d’un difféomor-phisme 1x: U x -> Ue
tel que(SL 2)
le grouped’isotropie
linéaire Gde L
est un sous-groupe de Aut(f).
TJne telle
pseudoalgèbre
est évidemment transitive et, si xo E V , on a unedécomposition
en somme directed’espaces
vectorielset donc est une
sous-algèbre de Lx
oisomorphe à f.
Siu E f ,
on noteraux
o l’élémentde K xo
ocorrespondant.
PROPOSITION 11.1.
Si L
est unepseudoalgèbre
S-lisse de type( f; G )
sur V, la G-structure EO associée
à 2
admet des connexions localess dns courbure dont le tenseur de torsion
correspond
à f.1 dansl’identi ficd-
tion naturelle entre
Tx
V etf.
Deplus,
EO est à connexions admissibles.Soit en effet ro le
point
base de E° au-dessus de xo . Sie, , ... , em
estune base
de f, ( él )xo , ... , ( ém )xo
ont pour relevés en ro des germes dechamps qui engendrent
un germe en ro de connexionrépondant
à la ques- tion. D’autre part G est un grouped’automorphismes de t
et par suite a-git
naturellement sur leprolongement E 1
de E° formé de tous les espa-ces horizontaux sur E° dont le tenseur de torsion est
égal à f.1 .
Le grou- pe de la fibrationprincipale E 1-> V
étant leproduit
semi-directG X G (1),
où
et
G (1)
étant un groupevectoriel,
il existe des sections de la fibrationE 1 - E’
03BCcorrespondant
à des connexions sur E° . D’où laproposition.
Si on utilise alors la notion de G-structure lisse introduite par Mo- lino dans
[4] ,
onobtient
enjustification
de laterminologie
utilisée :COROLLAIRE II. 2. La G-structure EO associée à la
pseudoalgèbre
de Lie2. ETUDE DES AUTOMORPHISMES DE LA
G-STRUCTURE
LISSE MODELE.Soit
Dw
lapseudoalgèbre
de Lie sur K de tous les germes dechamps
de vecteursanalytiques
surK . g
étant unesous-algèbre
de Liede Der
(f),
on poseMw contient K ,
et donc est unepseudoalgèbre
de Lie transitive sur K . A toutX E Mw
est associé un germe de fonctionPx
à valeurs dans g telque [X, u ] = P X u .
Considérons alors le
système
différentieloù
( e1 ,
... ,em )
est une base del’espace vectoriel t
et p un germe ana-lytique
donné enl’origine
e de K . Il résulte du théorème deCauchy-Ko- walewsky
queL E MM E II. 3. Si le
système (1)
estformellement intégrable,
c’est-à-dire si lesfonctions analytiques 0’ définies
parp= pi ej ~ ei satisfont
laj i
condition
e k P J indiquant
la dérivation selonek
de lafonction pij,
alors(1)
admetune
unique
solutionanalytique X = Xi e
i auvoisinage
de esatisfaisant X(e)=O.
Il en résulte
qu’un champ
de vecteurs X Ee,O
estparfaitement
défini par la fonction
Px qui
lui estassociée,
etqu’une
fonction à valeursdans 9 est associée à un tel
champ si,
et seulementsi,
elle satisfait(2) .
En
particulier,
si A E 9, la fonction constante A est associée à un germeÃ
dechamp
de vecteurs deMe,0w .
On vérifie sanspeine
que le groupe à unparamètre ât
associé àÃ
est tel que, pour tout u Ef,
at
étant le groupe à unparamètre d’automorphismes de f
associé à A . On obtientainsi,
si u , vE f
. etA ,
- e--JeB Eg ,
des germesil., v , Â , ~B
EMew,
[ Â, û ] = Âu , [ Â , ~B ] = [ A , B ] .
Ceci montrequ’
il exi ste sur l’algèbre formelle de
une oc-connexion dont la 1-torsionprojetée Tl
estdonnée par
v
= 03BC+T10, où T6
est la 1-torsionplate canonique.
Cettepropriété
n’est pas vérifiée à l’ordresupérieur,
comme on peut le voir en prenant, pourK ,
le sous-groupe de Lie deGL ( R2 )
formé des matrices1 x
(
0y ) , où x, y E R, y > 0, et Der ( f )
pour 9. P ar contre, on aTH E O RE ME II.4. Soit r > 1 et une suite
9,91,..., 9r
telle que :(i)
9 est unesous-algèbre
de Der( f),
f’ =
[ f, t 1
étantl’algèbre
dérivée de f. Alors il existe sur K une sous-pseudoalgèbre
de Lieanalytique
w telle queet sur
laquelle
existe une oo-connexionk*03BC
dont les torsionsprojetées
sont données
par T03BCj = 03BC
+Tj0 pour tout j > 0 . L g,w ... , gr
sera dite pseudo-
algèbre analytique
lissecanonique
sur K associée à la suite g, ... ,gr.
Considérons,
eneffet, gr Lg,
... ,gr
définie par(3) .
C’est unealgèbre
de Lie pour le
crochet Si j > 1 ,
définissonsk03BC: gj -> M
j e,j de lafaçon
suivante : si Aj Egj,
soit p la solution dusystème
différentiel Ajoù i ,
i1 ,
... ,i j E {
1 , ... ,m },
avec les conditions àl’origine
Il résulte de la condition
(iv) que [gj, f’ ] 0
=0;
par suite cesystème
estformellement
intégrable.
On montre aisémentqu’il
admet parconséquent
une
unique
solution sur unvoisinage
de e , et que cette solution est ana-lytique.
La solution p, vérifie(2),
et parsuite, d’après
le lemmeII.3 ,
AiOn a bien
t i
k 03BC= identité . 1On définit une oc-connexion
k 03BC
*sur m w,
doncsur M ,
enprolon-
geant
chaque k f
sur6j = Mw / Mw
d’unefaçon
arbitraire. Commej e,j e,i+1
l’on a, pour
1 , j ) 1 ,
les relations[
, dont la vérification est
longue,
mais nondifficile,
les torsions
projetées Tj
de cette oc-connexion respectent le sous-espaceLg,..., gr = k*03BC ( gr Lg, de M, et Lg,...,gr
est unesous-algèbre.
Il lui
correspond
unesous-algèbre ( Lwg, ... , gr )e
de Mw, contenant K .
Il est donc cohérent de transporter
(Lw r)e
sur K en utilisant les9, ... ,
g
translations à
gauche. D’où L
w r .g , ... g
Ces résultats s’étendent au cas
coo: si S
est le faisceau sur K des germes dechamps
de vecteurscoo,
on définit pourg C Der ( f ) :
et on obtient un théorème
analogue
au théorème II.4 enremplaçant
le mot« analytique»
» par«Coc» ,
et ensupprimant
l’indice c,). Pour montrer ce ré-sultat,
il suffit deprendre
On définit bien ainsi une
pseudoalgèbre
de Lie ayant mêmealgèbre
formel-le
que Lw
... ,
gr :
c’est lapseudoalgèbre Co
lissecanonique
associée àg
la suite 9,....,
9 r .
3. PSEUDOALGEBRES DE LIE LISSES.
On dira dans la suite
qu’une pseudoalgèbre
deLie L
sur V estlisse de
type ( t; G )
si(L1) L
est localementisomorphe
à unepseudoalgèbre
lisse canoni- que sur K( C°°
ouanalytique ) ,
(L2)
le grouped’isotropie
linéaire Gde î
est un sous-groupe deAut f .
On notera que L2 est une
conséquence
de Ll si G est connexe, en par- ticulier si V estsimplement
connexe.En
particulier, L
lisseentraine £
S-lisse.On dira
que £
estformellement
lisse( en abrégé F-lisse )
si sonalgèbre formelle 53
estlisse,
c’est-à-dire s’il existesur 53
une oe-con- nexionkll
dont les torsionsproj etées
soient les7-
Dans le cas où K est
abélien,
f-1 = 0 et lisse= plat.
On a donc lanotion de
pseudoalgèbre F-plate, S-plate.
THEOREME II. 5. Toute
pseudoalgèbre
deLie Y
sur V F-lisse(resp.
lisse )
de type(t; G )
admet unesous-pseudoalgèbre L
(00) F-lisse( resp.
lisse )
telle queEn
particulier,
si V estsimplement
connexe, une condition néces-saire et
suffisante
pourqu’il
existe sur V unepseudoalgèbre Y
de typefini,
lisse detype (t; G ),
est que V soit le revêtement universel d’unouvert U du
groupe
de Lie K. Alorsi
est la relevée dans V de la res-triction à U d’une
pseudoalgèbre
lissecanonique
sur K .Le corollaire 1.4 donne l’existence
de L (00 ),
et commek*03BC
resteadaptée
à
L (00), L (00)
est F-lisse.Si £
estlisse, puisque L (co)
estinduite par L
surune
feuille d’unfeuilletage invariant,
on peutopérer
simultanément les réductionssur L
et sur lapseudoalgèbre L
9,...,9
rsur K
qui
luiest localement
équivalente.
D’où la lissitéde L (00).
Enfinsi Y
est lisse de type fini et Vsimplement
connexe,g oc = 0
et la structure associéeà £ (co)
est unparallèlisme
lisse surV ,
c’est-à-dire une famille de mchamps
de vecteursglobaux
linéairementindépendants
en toutpoint
etengendrant
unealgèbre
de Lieisomorphe à f.
On définit alors a. : V -> Ken posant
a ( xo ) = e
et endéveloppant
dans K àpartir ’de
e les chemins différentiables de Vd’origine
xo . a est de rang m en toutpoint
et a(V) =
U est un ouvert de K . a. : V -> U est le revêtement universel de U .
Si 1
est unepseudoalgèbre
F-lisse ouS-lisse,
laproposition
I.1montre
qu’il
y acorrespondance bijective
entre lesfeuilletages
sur V in-variants
par Y
et lessous-algèbres de t
stables par G.F-lisse,
resp.lisse )
de type( f; G ) .
Alors il existe sur V unfeuilletage
invariant
par L
et tel que :( a ) Si L
estS-lisse,
lapseudoalgèbre L’
induitepar Y-
surchaque feuille
V’ est S-lisse.Si Y
estF-lisse,
il existe pourchaque feuille
V’ un ouvert U’ dugroupe
de Lie K’ dérivé de K tel que U’ et V’ aient le même revêtement uni- versel. L epseudogroupe P ( Lv ,)
induitpar P ( L )
sur V’s’identifie
ainsi localement au
pseudogroupe
de Lie des germes detransformations
de K’
définies
par l’action dugroitpe
K’ X H( produit semi-direct),
où Hest un
groupe d’automorphismes
de K’ dontl’algèbre
de Lie est laprojec-
tion de g sur
Der t’.
( b )
Surchaque
sous-variété transverse aufeuilletage
lapseudoal- gèbre
de Liedéfinie par projection de 2
lelong
desfeuilles
estS-pl ate ( resp. F-plate,
resp.plate).
Considérons en effet le
feuilletage
défini par l’idéal dérivét’ . Si 1
estS-lisse, £’
est S-lisse.2
estF-lisse, £’ aussi,
et on a deplus g 1
=0. Le
point (a)
résulte alors d’unesimple application
des théorèmesII- 5 et
I . 3 ,
et de[5] chapitre
IV ..Soit maintenant W une sous-variété transverse passant par xo , et V’ la feuille en xo . On peut écrire localement V sous la forme V’ X W, corres-
pondant
à unedécomposition t=t’@m
del’espace vectoriel t. La pro- jection BW
lelong
des feuilles est alors donnée paravec les notations de
( 1 ) chapitre
I . Parsuite, si L
estS-lisse, 8W (f’)
est une
sous-algèbre
transitive abélienne de/3,(L).
D’autrepart, /3W
induit un
épimorphisme B : L -> M, où M
estl’algèbre
formelle de/3, ( L ) ,
et
si L
estlisse,
on vérifie sanspeine que P
estplate. Enfin, si 2
estlisse,
on se ramène localement sur le groupeK ,
lefeuilletage
étant lefeuilletage
défini par le sous-groupe dérivé K’ . Alors/3W ( L )
estplate.
4. PSEUDOALGEBRES DE LIE POLIES.
Soit sur V une
pseudoalgèbre Y
S-lisse de type(t; G).
Sur la G-structure EO associéeà L ,
leparallèlisme local ,associé
à une con-nexion locale sans courbure de
torsion y
définit undifféomorphisme
localavec K X G . On dira
que L
estpolie
de type( f; G )
si la relevéeLo
des:
dans E° est unepseudoalgèbre
S-lisse de type(t @ g ; G1 ).
PROPOSITION II. 7 .
Si L
est unepseudoalgèbre poli e
detyp e ( t; G ), alors 2
est lisse de mêmetype
et, pourtout j > 0,
leprolongement Lj
est lisse de
type (t@g@...@gj;Gj+1).
L
est S-lisse. On adonc t ~ L x
oet
G C Aut
f.’Puisque £0
est S-lisseon aura
t @ g C L
xo enparticulier 9" C L
xoOr 8’
estprécisément l’image de 9
dansl’ application A -> A = k *03BC ( A ) . Enfin g1 C Der (t @ g)
1 a pourconséquence [ g1, t’ ]
o = 0 .Donc 1
est lisse. Pour montrerque £j
estlisse,
onprocède
par récurrencesur j ,
compte tenu des relations:qui
résultent immédiatement del’hypothèse.
COROLLAIRE II.8. Pour
que
soitpolie
de type(f;G),
ilfaut
et ilsuffit qu e 2
soit lisse de type( f; G )
et que[g,g1] o = [g,g2] o =0 .
E X E M P L E : Soit g un sous-espace vectoriel de
Der f
tel que, siA ,
Be 9 ,
lecomposé
A B soitégal
à 0.JDonc g
est unesous-algèbre
abélienne.Soit
fo
lasous-algèbre de f
formée des u é f tels que A u = 0 pour tout A e g. Alors[g, t]o C fa
et tous lesprolongements de 9
s’annulent surte.
Lapseudoalgèbre
de Lie lissecanonique
sur K associée à unesuite g, ..., gr
estpolie.
Si l’onrapporte t
à une base( e1 , ... , ep , ep+ 1, ... , em )
adaptée
àto = R ( e1 ,.... , ep ),
9 devient unealgèbre
de matrices de la formePROPOSITION 11.9.
Si 1
est unepseudoalgèbre pol ie,
lasous-pseudo."
algèbre £ (00 ) de L
estpolie
et est localementéquivalente
à unepseudo- algèbre
sur K dutype
décrit dansl’exempl e précédent.
Soit en
effet 6 = g00 .
Sion a pour
Comme ’9 = 62 ,
on obtient le résultat cherché.On notera que, si V est
simplement
connexe, fi est réduit il sa compo-sante neutre,
qui
est dans une baseadaptée
àfo
TJn tel groupe est
vectoriel,
et définit donc unparallèlisme.
TH E OR E M E II. 10. Soit sur Il une
pseudoalgèbre
deLie £ polie
detype (t; G ).
Alors le revêtement universel de V estparallèlisable,
et il existesur V un
feuilletage
invariantpar £
(oc) tel que :( a)
pourchaque feuille
Va il existe un ouvert Uo dusous-groupe analytique
Ka de Kd’algèbre
deLie fo
tel que Vo et Uo aient le même revêtement universel. Lepseudogroupe P ( L V(oo))
induitpar P ( L (00))
suro
Vo
s’identifie
ainsi localement avec lepseudogroupe
de Lie des germes de translation de Ko .( b ) Chaque
sous-variété transverse local ement connexe W est unrevêtement d’un ouvert de
Rq,
où q est la codimension duf euilletage
et la
pseudoalgèbre définie
sur W parprojection de Y
(00) lelong
desfeuil-
les
s’identifie
ainsi auparallélisme plat canonique
surRq.
La démonstration
procède
comme pour le théorèmeII.6,
en considérant lefeuilletage
invariant défini part 0 .
On notera d’ailleurs que t, Cf 0 .
BIBLIOGRAPHIE
[1]
ALBERT C., Connexions sur lespseudogroupes
de L ie, Thèse3e
cycle, Montpellier, 1970.