Examen d’Analyse Fonctionnelle
lundi 8 janvier 2007 durée 4 heures Université d’Artois
Faculté des Sciences Jean Perrin M1 Mathématiques 2006–2007
Exercice 1.
1) Soit H un espace de Hilbert réel muni du produit scalaire (.|.), et soit T un endo- morphisme continu deH. On note T∗ l’adjoint de T. Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
a)T∗◦T =Id;
b)∀x, y∈H, (T(x)|T(y)) = (x|y); c)T est une isométrie ;
2) SoitS l’endomorphisme de`2défini par S(a) = (0, a0, a1, a2,· · ·)oùa= (an)n∈N. a) Montrer queS est une isométrie.
b) DéterminerS∗.
3) SiT est une isométrie, a-t-onT◦T∗=Id? Exercice 2.
1) Soitf:R→Cune fonction continûment dérivable telle quef et f0∈L1(R). Montrer que F(f0)
(t) = 2πit(Ff)(t)pour toutt∈R.
2) Soitf ∈L1(R); on poseg(x) =xf(x)pour toutx∈R, et l’on suppose queg∈L1(R).
Montrer queFf est dérivable et que(Ff)0=−2πiFg.
Exercice 3.
Soit E un espace de Banach et F un espace normé. Montrer la version suivante du théorème de Banach-Steinhaus : pour toute famille d’opérateurs (Ti)i∈I ∈ L(E, F), on a l’alternative suivante :
a) soit il existeM >0tel que kTik ≤M pour touti∈I;
b) soit il existe une partie dense G de E (qui est une intersection dénombrable d’ouverts denses) dont tout élémentxvérifiesupi∈IkTi(x)k= +∞.
T.S.V.P.−→
1
Exercice 4.
On considère l’espacecomplexe L2=L2([0,1],C), et l’on définit l’opérateurS:L2→L2 parS(f)(t) =t f(t).
1) a) Vérifier que l’on a bienSf ∈L2 pour toutef ∈L2et que S est borné.
b) Montrer queS n’a aucune valeur propre.
2) Soitλ∈[0,1 [, et soitε >0 tel que[λ, λ+ε]⊆[0,1]. Soitfε= √1ε1I[λ,λ+ε]. a) Montrer que lim
ε→0(S−λI)(fε) = 0.
b) En déduire queλest dans le spectreσ(S)deS.
3) Montrer que siλ∈C\[0,1], alorsλ /∈σ(S).
4) Déterminerσ(S).
Exercice 5.
Soitµune mesure complexe non nulle sur [0,1]telle que|µ|({0,1}) = 0. On pose, pour toutn∈Z:
ˆ µ(n) =
Z 1
0
e−2πintdµ(t),
et l’on suppose quelimn→+∞µ(n) = 0.ˆ
1) On suppose que l’ensemble P des polynômes trigonométriques n’est pas dense dans L1(|µ|).
a) Montrer qu’il existe h0 ∈ L∞(|µ|) non nul tel que pour tout P ∈ P, on ait R1
0 P h0d|µ|= 0.
b) En déduire queR1
0 f h0d|µ|= 0pour toutef ∈C([0,1]).
c) Qu’en conclut-on ?
2) Montrer que pour toute f ∈ L1(|µ|), on a : limn→+∞R1
0 f(t) e−2πintdµ(t) = 0 (on raisonnera d’abord avec des polynômes trigonométriques).
3) En déduire quelimn→+∞|µ|(n) = 0c (utiliser la décomposition polaire d’une mesure).
4) En déduire quelimn→−∞µ(n) = 0.ˆ
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗∗
2