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Correction DS2 Examen 8 janvier 2019 [ durée : 3 heures ]

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Master 1 Mathématiques

2018-2019

M402 - Analyse

S1

Correction DS2 Examen

8 janvier 2019 [ durée : 3 heures ]

Exercice 1.

a) Donner l’énoncé du théorème du graphe fermé.

Soit E, F deux espaces de Banach et T : E −→ F linéaire. Supposons que le graphe de T, Gr(T) = {(x, T x) : xE}, soit fermé dans E ×F (muni de la topologie produit). Alors T est continue.

b) Donner l’énoncé du théorème d’extension des formes linéaires de Hahn–Banach.

SoitEunK-espace vectoriel normé (K=RouC), soitV un sous-espace vectoriel deE et Φ :V −→Kune forme linéaire continue surV. Alors il existe une forme linéaire continue Φ :e E −→K telle que Φ|Ve = Φ et kΦke =kΦk.

c) Soit Y un espace vectoriel normé. Montrer, en utilisant le théorème d’extension de Hahn-Banach, que si y1, y2Y et y1 6= y2, alors il existe yY tel que y(y1)6=y(y2).

Soit V le sous espace vectoriel de Y de dimension 1 engendré par y1y2, c’est- à-dire V = K(y1y2). Définissons alors Φ : V −→ K par Φ(λ(y1y2)) = λ.

On vérifie facilement que Φ est linéaire et comme V est de dimension 1, Φ est automatiquement continue. Le théorème de Hanh-Banach implique alors qu’il existe Φ :e Y −→ K telle que Φ|Ve = Φ. En particulier, on a Φ(ye 1y2) = Φ(y1y2) = 1 et donc Φ(ye 1) = 1 +Φ(ye 2) 6= Φ(ye 2). Ainsi y := Φ répond aue problème.

d) Soient X, Y deux espaces de Banach et T :X −→ Y linéaire. On suppose que, pour tout yY, on a yTX. Montrer que T est continue.

Pour montrer que T est continue, nous allons appliquer le théorème du graphe fermé. Soitz = (x, y)∈X×Y et supposons quezsoit dans l’adhérence deGr(T).

Alors il existe une suite de points du graphe deT, zn= (xn, T(xn)),n≥1, telle que (zn)n≥1 converge vers z dans X×Y. Par définition de la topologie produit, la suite (xn)n≥1 converge vers x dans X et la suite (T(xn))n≥1 converge vers y dans Y. Soit yY. D’une part, comme y est continue sur Y, on a

y(T(xn))→y(y),lorsque n→+∞,

et d’autre part, comme par hypothèse, yT est continue sur X, on a aussi y(T(xn)) = (yT)(xn)→(yT)(x) =y(T(x)),lorsque n→+∞.

Par unicité de la limite dans K, on en déduit que, pour tout yY, on a y(y) = y(T(x)). La question précédente implique alors que y = T(x) et donc quez= (x, y) = (x, T x)∈Gr(T). Ainsi,Gr(T) est un fermé deX×Y et comme X et Y sont des espaces de Banach, le théorème du graphe fermé s’applique et permet d’en déduire que T est continue.

1 pt

1 pt

1 pt

2 pt

(5 pts)

(2)

Exercice 2. Soit H un espace de Hilbert. SiC est un convexe fermé, non vide de H, on note PC la projection orthogonale de H sur C.

a) Soient C1, C2 deux convexes fermés, non vides de H, tels que C1C2. Montrer à l’aide de l’identité du parallélogramme que, pour tout xH, on a

kPC1(x)−PC2(x)k2 ≤2dist(x, C1)2dist(x, C2)2.

Par définition de la projection orthogonale sur un convexe fermé, non vide C dans un espace de HilbertH, on a dist(x, C) = kx−PC(x)k. De plus, rappelons que si a, bH, alors l’identité du parallègramme dit que

ka+bk2+ka−bk2 = 2(kak2 +kbk2).

Si on applique cette inégalité àa =xPC1(x) et b =xPC2(x), on a

k2x−PC1(x)−PC2(x)k2+kPC1(x)−PC2(x)k2 = 2 (kx−PC1(x)k2 +kx−PC2(x)k2)

= 2 (dist(x, C1)2+ dist(x, C2)2). Il reste à remarquer que commeC1C2, on aPC1(x) etPC2(x) qui sont tous les deux dans C2 et donc par convexité de C2, on a aussi 12(PC1(x) +PC2(x))∈C2. On en déduit donc que

k2x−PC1(x)−PC2(x)k2 = 4

x−1

2(PC1(x)+PC

2(x))

2

≥ 4 dist(x, C2)2. En combinant avec l’égalité précédente, on obtient que

kPC1(x)−PC2(x)k2 = 2 (dist(x, C1)2+ dist(x, C2)2)− k2x−PC1(x)−PC2(x)k2

≤ 2 (dist(x, C1)2+ dist(x, C2)2)−4 dist(x, C2)2

= 2 (dist(x, C1)2−dist(x, C2)2).

b) Soit (Cn)n≥1 une suite décroissante (i.e. Cn+1Cn, n ≥1) de convexes fermés non vides deH. On noteC l’intersection desCn et on suppose queC 6=∅. Fixons un point xH et notons xn =PCn(x), n ≥1. On note aussi un = dist(x, Cn), n≥1.

(i) Montrer que (un)n≥1 est une suite convergente dans R+.

CommeCn+1Cn, n ≥ 1, on a dist(x, Cn) ≤dist(x, Cn+1), n 6= 1. Autre- ment dit, la suite (un)n≥1 est une suite croissante de réels. De plus, comme CCn, n ≥1, et que C est non vide, on a dist(x, Cn)≤ dist(x, C) <∞.

Ainsi, la suite de réels (un)n≥1 est croissante, bornée par dist(x, C). On en déduit que la suite (un)n≥1 converge dans R+ et on a

`= lim

n→+∞un≤dist(x, C).

(ii) En déduire que (xn)n≥1 est une suite convergente dans H.

Montrons que (xn)n≥1 est une suite de Cauchy. Soient n > m. On a alors CnCm et en utilisant la question a), on a

kxnxmk2 = kPCn(x)−PCm(x)k2 ≤2 (dist(x, Cn)2−dist(x, Cm)2)

= 2(u2nu2m).

1 pt

1 pt

1 pt

1 pt

(6 pts)

(3)

Rappelons que d’après la question précédente, la suite (un)n≥1 converge et donc u2nu2m`2`2 = 0, lorsque n, m →+∞. On en déduit donc que kxnxmk →0, lorsque n, m→+∞. Autrement dit, (xn)n≥1 est une suite de Cauchy dansH qui est complet. Donc elle converge.

(iii) Montrer que (xn)n≥1 converge vers PC(x).

Notons y la limite de la suite (xn)n≥1 dans H. Fixons m ≥ 1. Pour tout nm, on a xnCnCm. Comme Cm est fermée, on en déduit que y= limn→+∞xnCm. Ceci étant vraie pour toutm≥1, on en déduit que yC (qui est l’intersection des Cm, m≥1). On a alors

dist(x, C)≤ kx−yk= lim

n→+∞kx−xnk= lim

n→+∞kx−PCn(x)k= lim

n→+∞dist(x, Cn).

Mais on a vu à la question b)(i) que limn→+∞dist(x, Cn) ≤ dist(x, C), ce qui donne finalement que

n→+∞lim dist(x, Cn) = dist(x, C).

CommeCCn, n ≥ 1, on applique une nouvelle fois la question a) et on en déduit que

kxnPC(x)k2 =kPCn(x)−PC(x)k2 ≤2dist(x, C)2−dist(x, Cn)2. Il reste à faire tendre n →+∞ pour obtenir que la suite (xn)n≥1 converge vers PC(x).

Exercice 3. Soit c∈R+. On considère les deux fonctions f et gc définies par f(t) = e−2π|t| et gc(t) = t2+c1 2, t∈R.

a) Justifier que f et gc sont deux fonctions dans L1(R).

La fonction f est continue sur R donc mesurable et localement intégrable. De plus, on sait que|f(t)|=o(1/t2),|t| →+∞. Ainsif est dansL1(R). De même, la fonctiongc est continue sur R(comme fraction rationnelle avec le dénominateur qui ne s’annule pas, remarquer quec > 0). Ainsigc est mesurable et localement intégrable. De plus,|gc(t)| ∼1/t2, |t| →+∞. Ainsi gc est aussi dans L1(R).

b) Calculer f.b On a

fb(x) =

Z +∞

−∞

f(t)e−2iπxtdt=

Z +∞

−∞

e−2π|t|e−2iπxtdt

=

Z 0

−∞e2πt(1−ix)dt+

Z +∞

0

e−2πt(1+ix)dt

= 1

2π(1−ix)

he2πt(1−ix)i0

−∞− 1 2π(1 +ix)

he−2πt(1+ix)i+∞

0 . Remarquons que

e2πt(1−ix)=e2πt →0, t→ −∞ et e−2πt(1+ix)=e−2πt →0, t→+∞.

D’où

f(x) =b 1

2π(1−ix) + 1

2π(1 +ix) = 1 π(1 +x2). 2 pt

1 pt

1 pt (6 pts)

(4)

c) En déduire gbc. On a

gbc(x) =

Z +∞

−∞ gc(t)e−2iπxtdt

=

Z +∞

−∞

1

t2+c2e−2iπxtdt

=1 c2

Z +∞

−∞

1 1 + ct22

e−2iπxtdt.

Effectuons le changement de variable u=t/c. On en déduit alors que gbc(x) =1

c

Z +∞

−∞

1

1 +u2e−2iπcxudu (1)

=π c

Z +∞

−∞

f(u)eb −2iπcxudu (2)

=π

c(F Ff)(−cx). (3)

Comme fL1(R et que fbL1(R), la formule d’inversion de Fourier implique que

gbc(x) = π

cf(−cx), pour presque tout x∈R.

Mais commegbcetf sont continues, cette égalité est vraie pour toutx∈R. Ainsi gbc(x) = π

ce−2πc|x|, x∈R.

d) Soient 0< a < b <+∞. On considère l’équation intégrale (E)

Z +∞

−∞

g(t)

(x−t)2+a2 dt = 1

x2+b2, x∈R,

gL1(R) est l’inconnue. Résoudre (E), c’est-à-dire trouver toutes les fonc- tions gL1(R) solutions de (E).

On voit que gL1(R) vérifie (E) si et seulement si gag = gb. En prenant la transformée de Fourier qui est injective surL1(R), et en utilisant que\gag =gbag,b on obtient donc que g vérifie (E) si et seulement si

g(x)b gba(x) = gbb(x), ∀x∈R.

En utilisant la question b) qu’on applique à la fois à ga et gb, on voit que cette équation est équivalente à

g(x) =b a

be−2π(b−a)|x|

, ∀x∈R.

En appliquant une nouvelle fois la question b) cette fois ci àgb−a (remarquer que ba >0), on en déduit que

g(x) =b a(ba)

πb gdb−a(x), ∀x∈R. 2 pts

1 pt

(5)

Une nouvelle fois, l’injectivité de la transformée de Fourier nous permet de voir que gL1(R) satisfait (E) si et seulement si

g = a(ab)

πb gb−a presque partout.

Commegb−aL1(R) (voir question a)), on en déduit que l’équation (E) admet une unique solution gL1(R) donnée par

g(x) = a(ab) πb

1

x2+ (b−a)2, pour presque toutx∈R. Exercice 4. Soit 1≤p≤+∞. Pour chaque fonction fLp(R), on considère

Tf(ϕ) =

Z +∞

−∞ f(t)ϕ(t)dt, (ϕ∈S(R)).

a) Vérifier que Tf est une distribution tempérée.

Soit ϕS(R). Montrons tout d’abord que f ϕL1(R). Tout d’abord comme f est mesurable etg est continue, la fonction ϕf est mesurable. D’autre part, on a

Z +∞

−∞ |ϕ(t)||f(t)|dt≤sup

t∈R

(1 +t2)|ϕ(t)|

Z +∞

−∞

|f(t)|

1 +t2 dt.

Siq désigne l’exposant conjugué dep, remarquons alors que la fonction g :t7−→

1

1+t2 est dans Lq(R) car elle continue sur R donc localement intégrable et on a 1

1 +t2 ∼ 1

t2, |t| →+∞.

Comme 2q ≥ 2, on en déduit que gLq(R). En appliquant donc l’inégalité de Hölder, on en déduit que

Z +∞

−∞ |ϕ(t)||f(t)|dt≤sup

t∈R

(1 +t2)|ϕ(t)|kfkpkgkq.

CommeϕS(R), on a supt∈R(1 +t2)|ϕ(t)|<+∞et ceci achève de prouver que ϕf est dansL1(R). Ainsi Tf définit bien une application deS(R) dansC et elle est clairement linéaire. Pour montrer qu’elle est continue, remarquons que ce qui précéde montre que pour toute fonction ϕS(R), on a

|Tf(ϕ)| ≤ kfkpkgkqsup

t∈R

|(1 +t2)ϕ(t)| ≤2kfkpkgkqN2(ϕ),

où on rappelle que pour s ∈ N, on a Ns(ϕ) = sup0≤k,`≤ssupt∈R|tkϕ(`)(t)|. La dernière inéqualité suffit à montrer que Tf est continue sur S(R) et donc une distribution tempérée.

b) Pour n∈N. On pose fn(x) =

Z n

−nf(t)e−2iπxtdt, (x∈R).

Montrer que, pour tout n ≥1, fn est une fonction continue et bornée sur R. On peut remarquer que fn est la tranformée de Fourier de la fonction x 7−→

χ[−n,n]f qui est dans L1(R) d’après Hölder car fLp(R) et χ[n, n]Lq(R).

Or la transformée de Fourier envoieL1(R) dans l’espace des fonctions continues bornées. Ainsi fn est continue et bornée.

1 pt

2 pts

1 pt (5 pts)

(6)

c) Montrer que (Tfn)n≥1 converge vers Tcf dans S0(R).

Remarquons que d’après la question b), la fonction fnL(R). Ainsi, d’après la question a) avecp= +∞, on en déduit queTfn est une distribution tempérée.

Pour ϕS(R), on a Tfn(ϕ) =

Z +∞

−∞ fn(x)ϕ(x)dx=

Z +∞

−∞

Z n

−nf(t)e−2iπxtdt

ϕ(x)dx.

Montrons qu’on peut appliquer le théorème de Fubini. On a

Z +∞

−∞

Z n

−n

f(t)ϕ(x)e−2iπxt dx dt=

Z n

−n|f(t)|dt

Z +∞

−∞ |ϕ(x)|dx.

CommeϕS(R)⊂L1(R), la deuxième intégrale du membre de droite est finie et on a vu à la question b) que χ[−n,n]fL1(R) (conséquence de l’inégalité de Hölder). Ainsi, la première intégrale du membre de droite est aussi finie. Donc

Z +∞

−∞

Z n

−n

f(t)ϕ(x)e−2iπxt dx dt <+∞,

ce qui montre qu’on peut appliquer le théorème de Fubini. Ainsi, on obtient Tfn(ϕ) =

Z n

−nf(t)

Z +∞

−∞ ϕ(x)e−2iπxtdx

dt

=

Z n

−n

f(t)ϕ(t)b dt

=

Z +∞

−∞ χ[−n,n](t)f(t)ϕ(t)b dt.

Montrons qu’on peut appliquer le théorème de convergence dominée. Pour tout t∈R, on a

n→+∞lim χ[−n,n](t)f(t)ϕ(t) =b f(t)ϕ(t).b

De plus,

χ[−n,n](t)f(t)ϕ(t)b ≤ |f(t)||ϕ(t)|,b

et comme ϕS(R), ϕbS(R) ⊂ Lq(R), l’inégalité de Hölder implique que bL1(R). On peut donc appliquer le théorème de convergence dominée qui implique que

n→+∞lim Tfn(ϕ) = lim

n→+∞

Z +∞

−∞ χ[−n,n](t)f(t)ϕ(t)b dt

=

Z +∞

−∞

n→+∞lim χ[−n,n](t)f(t)ϕ(t)b dt

=

Z +∞

−∞

f(t)ϕ(t)b dt

=Tf(ϕ)b

=Tcf(ϕ).

Ceci prouve donc que (Tfn)n converge vers Tcf dans S0(R).

2 pts

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