• Aucun résultat trouvé

Spectre de vibrations du silicium : mesures et interprétation

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "Spectre de vibrations du silicium : mesures et interprétation"

Copied!
9
0
0

Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00205895

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00205895

Submitted on 1 Jan 1964

HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.

Spectre de vibrations du silicium : mesures et interprétation

Janine Corbeau

To cite this version:

Janine Corbeau. Spectre de vibrations du silicium : mesures et interprétation. Journal de Physique,

1964, 25 (11), pp.925-932. �10.1051/jphys:019640025011092500�. �jpa-00205895�

(2)

925.

SPECTRE DE VIBRATIONS DU SILICIUM : MESURES ET INTERPRÉTATION Par JANINE CORBEAU,

Laboratoire Attaché à la Chaire de Physique Théorique du Collège de France, Paris.

Résumé.

2014

L’objet de ce travail est l’étude de la diffusion faible des rayons X par un cristal de silicium ; cette diffusion est observée en dehors des réflexions sélectives de Bragg ; elle est pro-

voquée par l’agitation thermique des atomes et par l’effet Compton.

La photométrie des rayons X diffusés par des monocristaux de silicium a permis de déterminer l’intensité de la diffusion par effet Compton du silicium et les fréquences des oscillations ther-

miques qui se propagent suivant les axes de symétrie quaternaire et ternaire du cristal, aux tem- pératures de 293 et 580 °K.

Abstract.

2014

The object of this work is the study of weak X-ray scattering by a crystal of silicon ;

this scattering is observed apart from Bragg reflections ; it is produced by thermal motion of atoms and by the Compton effect.

The measurements of X-ray scattering by monocystals of silicon allow determination of the

Compton effect in silicon and frequencies of thermal waves travelling along the [100] and [111]

axes of the crystal, at the temperatures of 293 and 580 °K.

PHYSIQUE 25, 1964,

1. Dynamique eristalline appliqude au silicium.

-

L’étude exp6rimentale de la diffusion des

rayons X ne donne pas une mesure directe des fr6- quences des oscillations atomiques ; et pour remon- ter des intensites des rayons X diffuses aux fr6- quences des oscillations il est necessaire de calculer

a priori ces frequences a partir d’un modele de

champ de forces.

On peut rep6rer dans un cristal la position instan-

tanee d’un atome par la triple translation

m + j + uj meriée depuis l’origine des coordon-

nees ; m est un vecteur qui determine la maille

dans laquelle se trouve cet atome, j indique la posi-

tion de l’atome a l’int6rieur de la maille ; uj est l’elongation de l’oscillation accomplie par I’atome autour de sa position moyenne m + j ; 1’atome

ainsi defini sera appe]6 atome mj. De meme la position de 1’atome pk sera d6finie par les trois translations p + k + ukp.

La force globale exerc6e par tous les atomes du

cristal sur 1’atome mj a pour expression dans les

conditions de l’approximation harmonique :

(Ct

=

1, 2, 3) ; on définit ainsi des constantes de

rappel Cfa m-p, qui ferment un tenseur d’ordre 2.

L’équation de d’Alembert app1iquée au mouve-

ment de l’atome mj de masse mf donne

Si g est le nombre d’atomes du motif cristallin et n le nombre de mailles élémentaires, ces 6qua-

tions diff 6rentielles sont au nombre de 3ng.

On cherche des solutions sous forme d’ondes har-

moniques planes en posant

03BEi est le vecteur caracterisant l’oscillation accom-

plie par I’atome en position j de la maille. S est le vecteur d’onde propre a l’oscillation consideree. Le

temps elimine des equations pr6c6dentes, on

obtient les equations s6culaires :

Les y p sont les elements d’une matrice hermi- tienne r d’ordre 3g X 3g, dite matrice de Fourier.

Les equations (1) sont au nombre de 3g ; elles sont compatibles, si le determinant

L’6quation (2) de degr6 3g determine 3g fr6-

quence possibles par vecteur S. Sur ces 3g oscil- lations, 3 sont du genre acoustique, leurs f re-

quences tendent vers zero avec S ; les (3g - 3)

autres sont du genre rapide ou optique, leurs fr6-

quences conservent toujours une valeur elevee quand le vecteur d’onde s’annule.

-

J’ai appliqu6 ces résultats aux cristaux de

silicium ; le motif cristallin comprenant 2 atomes,

la matrice de Fourier est d’ordre 6 X 6, et un

vecteur d’onde S pilote done 6 oscillations ; quand

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:019640025011092500

(3)

926

le vecteur d’onde est dirig6 suivant les axes de sym6trie quaternaire et ternaire, les oscillations

sont exactement longitudinales ou transversales et les oscillations transversales sont d6g6n6r6es. Afin

de determiner les frequences des oscillations ato-

miques qui se propagent dans le silicium suivant

ces deux axes de sym6trie, il est necessaire de cal- culer les matrices de Fourier correspondantes et

par la les tenseurs C«3.

Pour calculer ces coefficients Carp a partir des

donn6es experimentales, j’ai fait les hypotheses simplificatrices suivantes : j’ai suppose que le milieu cristallin est le siege d’un champ de forces

tensoriel forme par les forces de repulsion prove- nant de la penetration mutuelle des atomes et par les forces de Van der Waals entre atomes tres

proches voisins. Cette hypothese adoptee, j’ai pris

en compte les forces qui s’exercent entre un atome

-

et ses premiers, deuxiemes, troisi6mes voisins, et j’admets que les forces sont centrales a partir des

deuxi6mes voisins ; quatre constantes sont n6ces- saires pour rendre compte des forces de rappel

entre les atomes : deux d’entre elles o1 et P, sont

relatives aux premiers voisins, une troisieme, «2,

se rapporte aux deuxiemes voisins, et la quatri6me,

a3, aux troisiemes voisins.

J’ai calcu]6 ces quatre constantes aI, B1, a2, (X; 3’

a partir des trois coefficients d’éasticité cll c12 C44, et de la frequence principale v 0 des oscillations rapides ;

la mesure de la diffusion des rayons X qui corres- pond au noeud 600 du reseau polaire donne direc- tement cette frequence vo, sans qu’il soit necessaire de faire aucune hypothese sur les propri6t6s du champ de forces. J’ai trouve vo

=

15,7 X 1012 s-1.

A partir des coefficients d’élasticité on calcule les vitesses des ondes acoustiques qui se propagent

suivant les axes de sym6trie ternaire et quater-

naire. De ces vitesses on d6duit 3 relations entre les coefficients a1, Pl, «2, V-31 a 1’aide des matrices de Fourier se rapportant a des vecteurs d’onde diri-

ges suivant les axes de symetrie quaternaire et ter- naire ; la 4e relation entre ces memes constantes s’obtient a partir de ]’expression de la f requence principale vo donnee par la matrice de Fourier qui

se rapporte a un vecteur d’onde infiniment petit dirig6 suivant l ’axe de sym6trie quaternaire.

Ayant determine de cette mani6re les constantes de forces interatomiques, j’ai pu r6soudre les 6qua-

tions aux f requences en fonction du vecteur d’onde S. Je comparerai tout a I’heure les resultats obtenus a ceux de mes exp6riences.

II. Diffusion des rayonx X. Resultants exp6ri-

mentaux. - La diffusion des rayons X provoqu6e

par J’agitation thermique des atomes d’un cristal

se fait avec un 6change d’energie entre un photon

et un ou plusieurs phonons ; la diffusion du 1er ordre

se rapporte a un echange d’energie entre un photon

et un phonon ; ; il lui correspond un pouvoir diffu-

sant du 1 er ordre P1; la diffusion du 2e ordre con- cerne les 6changes d’energie entre un photon et

deux phonons ; i1 lui correspond un pouvoir diffu-

sant du 2e ordre P2, etc...

Le pouvoir diffusant, seule grandeur mesurable,

est la somme des pouvoirs diffusants partiels P1, P2,

...

dus a I’agitation thermique et du pouvoir

diffusant par effet Compton. Le pouvoir diffusant

du 1 er ordre P1 relatif aux cristaux de silicium est determine par 6 oscillations harmoniques des

atomes ; et c’est seulement a partir de ce pouvoir

diffusant du 1er ordre P1 qu’il est possible de

remonter aux frequences des oscillations mais à condition de retrancher du pouvoir diffusant total les pouvoirs diffusants P2, P3 et le pouvoir diffu-

sant par effet Compton.

Le tube a rayons X utilise est a anticathode de

molybd6ne ; un monochromateur constitué par une lame de quartz courb6e r6fl6chit s6lectivement le doublet K. a1 KCX2, de longueur d’onde moyenne

0,710 A. Les mesures consistent a comparer, h I’aide d’un photom6tre, l’intensité des rayons X diffuses par le cristal dans une direction et un angle solide donnes, a l’intensit6 totale du faisceau incident. De

ces mesures absolues sur la diffusion, j’ai d6duit,

selon la m6thode de I,aval [1] le pouvoir diffusant

du cristal.

Afin de tirer de cette etude exp6rimentale la

valeur de refiet Compton et les fréquences des

oscillations thermiques, il est n6cessaire de porter

le cristal a des temperatures différentes. En abais-

sant la temperature du cristal, on r6duit la diffusion resultant de 1’agitation thermique ; du pouvoir

diffusant total mesur6 a basse temperature, on

retranche le pouvoir diffusant calcule du a l’agita-

tion thermique pour obtenir le pouvoir diffusant

par effet Compton. Au contraire, pour determiner

avec precision les frequences des oscillations ther-

miques, il faut que le pouvoir diffusant d’ordre 1, P1, soit beaucoup plus grand que celui qui est du

a l’effet Compton ; a cette fin j’ai fait des photo-

m6tries sur des cristaux maintenus aux temp6-

ratures de 293 OK et 580 OK ; en retranchant alors du pouvoir diffusant total mesure le pouvoir diffu-

sant par effet Compton et le pouvoir diffusant

d’ordre 2 calcule, on ohtient le pouvoir diffusant

du 1 er ordre P 1.

A) DIFFUSION PAR EFFET COMPTON. - Afin de determiner l’intensit6 de la diffusion par effet

Compton, j’ai abaiss6 la temperature des cristaux jusqu’a la temperature d’ebullition de l’azote

liquide, soit 77 OK ; comme les cristaux de silicium

fondent a temperature 6lev6e (1 693 OK), a 77 oK

leur pouvoir diffusant total d’agitation thermique

se r6duit au pouvoir diffusant d’ordre 1, qui est

sensiblement le m6me qu’au zero absolu, sauf si le pole de diffusion est voisin d’un noeud du r6seau

polaire.

(4)

927 J’ai mesure l’intensit6 totale des rayons X dif-

fus6s pour des vecteurs de diffusion X(IXI

=

2 sin q)/X)

dirig6s suivant un axe de sym6trie quaternaire ;

et j’ai calcul6 le pouvoir diffusant du 1er ordre des oscillations longitudinales se propageant sui-

vant cet axe de sym6trie. A cette fin, j’ai determine

les frequences et la polarisation de ces oscillations a partir ,des trois coefficients d’elasticite et de la

fréquence principale des oscillations rapides ; et j’ai pris en compte, dans ce calcul, les forces de

rappel s’exerqant entre un atome et ses premiers,

deuxi6mes et troisiemes voisins. A partir des fr6-

quences ainsi obtenues, j’ai calcule, selon la me- thode de Laval, le pouvoir diffusant d’ordre 1 des oscillations longitudinales considérées ; il est envi-

ron quatre fois plus faible que l e pouvoir diffusant

mesure. En retranchant ce pouvoir diffusant cal- cu]6 du pouvoir diffusant mesure, on obtient le

pouvoir diffusant:dû a 1’effet Compton.

TABLEAU DES RASULTATS

FIG. 1.

-

Pouvoir diffusant dii a l’effet Compton dans le silicium.

Sur la figure ci-dessus (fig. 1) la courbe repre-

sente les pouvoirs diffusants par effet Compton en

fonction de 2 sin cp /Ã obtenus d’apr6s les calculs

de Freeman [2] ; j’ai port6 sur ]a meme figure les

resultats de mes experiences. On voit que les pou- voirs diffusants calcul6s par Freeman s’accordent sensiblement avec mes donn6es expérimentales.

B) DIFFUSION PAR AGITATION THERMIQUE. FR9- QUENCES DES OSCILLATIONS ATOMIQUES. --Ayant

determine le pouvoir diffusant par effet Compton, j’ai pu le retrancher du pouvoir diffusant total mesure aux temperatures de 293 et 580 OK, de

mani6re a obtenir le pouvoir diffusant total d’agita-

tion thermique ; en soustrayant alors le pouvoir

FIG. 2 et 3.

-

Silicium, 293 OK. Frequences des oscil-

lations thermiques se propageant suivant les axes de

syrnétrie quaternaire ( fig. 2) et ternaire (fig. 3).

(5)

928

diffusant du 2e ordre P2 calculi j’ai obtenu le pouvoir diffusant du 1er ordre Pl. l.e pouvoir dif-

fusant P1 est lie directement aux frequences des

oscillations atomiques (1) ; en particulier lorsque le

vecteur de diffusion X est dirig6 suivant un axe

de symetrie du cristal, la relation entre P, et les frequences des oscillations devient simple et elle permet, à l’aide d’un mod6le de champ de forces, de

calculer les frequences des oscillations a partir des pouvoirs diffusants rnesurés.

En déplaçant le pole de diffusion sur les axes de

symetrie quaternaire et ternaire respectivement

entre les points de coordonnees 300 et 600 et les

points de coordonn6es (5/3) (5/3) (5/3) et 333 du

reseau polaire, j’ai pu d6duire de mes mesures les

f requences des oscillations longitudinales acous- tiques et optiques, qui se propagent suivant les axes

de sym6trie quaternaire et ternaire.

En proc6dant de meme, par le deplacement du pole de diffusion sur les axes de sym6trie quater-

naire et ternaire respectivement entre les noeuds de coordonn6es 600 et 620 et les noeuds de coordon-

n6es 333 et 442, j’ai obtenu, a partir des pouvoirs

diffusants mesures, lens frequences des oscillations

transversales, acoustiques et optiques, qui se pro-

pagent suivant les axes de sym6trie quaternaire

et ternaire.

2013Les tableaux suivants donnent les valeurs des

f requences que j’ai obtenues, aux temperatures de

293 OK et 580 OK. Ces frequences sont determinees

avec une precision variable suivant le genre des oscillations et la valeur des frequences ; ainsi les frequences des oscillations acoustiques de faible

vecteur d’onde, dont la diffusion est forte, sont

determinees avec une precision de l’ordre de 6 %,

alors que les frequences des oscillations acoustiques

de grand vecteur d’onde et celles des oscillations

optiques sont determinees avec une precision

de 1’ordre de 10 a 15 %, suivant la temp6ra-

t ure.

Les figures suivanLes 2, 3, 4, 5 representent les

courbes de dispersion des frequences des oscil-

lations atomiques obtenues a partir des mesurcs precedent es.

Les frequences sont exprim6es en 1012 s-1.

Sioo max rayon de la zone de Brillouin parall6le 4 [100].

s111 max : rayon de la zone de Brillouin parall6le 4 [111].

VLA : frequences des oscillations longitudinales acoustiques.

VLO : frequences des oscillations longitudinales optiques.

vrA : frequences des oscillations transversales acoustiques.

O frequences des oscillations transversales optiques.

(6)

929

FIG. 4 et 5.

-

Silicium, 580 OK. Frequences des oscil-

lations thermiques se propageant suivant les axes de

sym6trie quaternaire (fig. 4) et ternaire ( fig. 5)

III. Discussion des r6sultats.

-

A) COMPA-

RAISON AVEC D’AUTRES RPSULTATS EXPIRIMEN-

TAUX OBTENUS POUR LE SILICIUM. -L’etude de la diffusion in6lastique des neutrons par le silicium

a etc effectu6e au Canada par Brockhouse [3] en

1959 puis plus r6cemment par Dolling [4] ; Brock-

house a determine par cette metliode les frequences

des oscillations thermiques qui se propagent dans

Je silicium 4 la temperature ordinaire suivant l’axe de sym6trie quaternaire. 11 trouve pour fréquence principale 15,3 X 1012 s-1, alors que ]a valeur que

j’ai determine est 15,7 X 1012 S-1 ; les courbes de

dispersion que j’ai obtenues sont en bon accord

avec ces resultats, en ce qui concerne les oscil-

lations longitudinales acoustiques et optiques. Des

differences sensibles (7 et 15 %) apparaissent pour les oscillations transversales optiques et acous- tiques dont le vecteur d’onde est voisin du rayon . de la zone de Brillouin ; mais dans ce cas, la pr6ci-

sion obtenue sur les frequences n’est que de 15 %.

Les mesures de Dolling se rappprtent a des oscil-

lations se propageant suivant les axes de symetrie quaternaire, ternaire et binaire d 293 °K les fre-

quences qu’il obtient suivant I’axe de symetrie quaternaire confirment en general, les resultals de Brockhouse.

Si l’on consid6re les oscillations dont le vecteur d’onde est dirig6 suivant 1’axe de symetrie ternaire,

]’accord entre mes mesures et les resultats de

Dolling est satisfaisant en ce qui concerne Jes

oscillations transversales acoustiques et optiques

et les oscillations longitudinales optiques ; mais les frequences des oscillations longitudinales acous- tiques que j’ai mesur6es sont inferieures de 10 % à

celles obtenues par Dolling, lorsque leur vecteur

d’onde fondamental atteint son plus grand module

dans la direction consideree. Mais rappelons que

j’ai determine ces frequences a 15 % pr6s.

En resume, l’accord entre les resultats de mes mesures et ceux obtenus par diffusion des neutrons est toujours tres bon pour les oscillations dont la

longueur du vecteur d’onde n’excede pas la moitie du rayon de la zone de Brillouin. Les divergence, lorsqu’elles existent, apparaissent pour les oscil- lations de grand vecteur d’onde ; or, dans ce

dernier cas, J’interprétation dps mesures est parti-

culierement delicate [5], et la precision obtenue

sur les frequences est de l’ordre de 15 % a 293 OK.

Les pentes des courbes de dispersion des oscil-

lations acoustiques, longitudinales et transver- sales, donnent une mesure de la vitesse de propa-

gation des ondes sonores dans le silicium ; j’ai com- pare mes resultats avec les vitesses obtenues par McSkimin [6], d’apres la methode des 6chos ultra-

soniques.

Les oscillations qui entrent en compte dans la determination de ces vitesses ont des frequences faibles, aussi sont elles determinees avec une assez

bonne precision (6 et 7 %), compatible avec les

resultats de McSkimin.

(7)

930

B) VARIATION DES FREQUENCES AVEC LA TEMPE-

RATURE. - Les deux series de mesures effectuées a 293 OK et 580 °K; montrent que, lorsque la tem- p6rature s’eleve, les frequences diminuent en g6n6-

ral.

Ainsi ]a fréquence principale varie de 15,7 X 1012 s-1 a 293 ° K, a 14,7 x 1012 s-1 a

580 OK ; elle subit donc un abaissement de 7 % ;

c’est l’ordre de grandeur moyen de 1’affaiblis- sement des frequences des oscillations optiques que

j’ai determinees.

Les oscillations acoustiques sont affectées dinc- remment suivant leur polarisation : ainsi les fr6-

quences des oscillations longitudinales de faible vecteur d’onde, qui sont determinees avec plus de precision que celles des oscillations de grand vec-

teur d’onde, subissent une diminution de 1’ordre de 8 % alors que les oscillations transversales voient leurs frequences s’abaisser de 2 % seulement envi-

ron.

D’autre part, on remarque que ]a forme des courbes de dispersion des oscillations optiques lon- gitudinales et transversales se propageant suivant

1’axe de symetrie quaternaire est differente a 293 OK et a 580 OK : a 580 OK, les oscillations transversales

optiques dont le vecteur d’onde varie entre le 1/3

et les 2/3 du rayon de la zone de Brillouin ont des

frequences inférieures a celles des oscillations longi-

tudinales optiques. Or Dolling, en mesurant la

diffusion des neutrons, a observe ce phenomene a

la temperature ordinaire ; des calculs de frequences

eff ectues a partir d’un mod6le de champ de forces

tenant compte de ]a polarisation des atomes (Kucher [7], Dolling [4]) ont pr6vu 6galement cette

inversion des frequences optique’s ; je ne 1’ai

observe qu’d 580 oK ; mais, les mesures effectu6es

a cette temperature sont plus pr6cises : les fre-

quences optiques sont en effet d6termin6es a 10 % pres environ a 580 OK et seulement a 14 % pres a

293 ° K.

C) TENTATIVES POUR DETERMINER LES CONS- TANTES DES FORCES INTERATOMIQUES.

-

NOUS

avons vu precedemment qu’afin de remonter des pouvoirs diffusants mesures aux f requences des oscillations, il 6tait n6cessaire de calculer une valeur

approximative des frequences a 1’aide d’un mod6le

de champ de forces. C’est pourquoi j’ai calcul6 les f requences des oscillations qui se propagent dans

le silicium suivant les axes de symetrie quaternaire

et ternaire. Pour cela, j’ai decrit le champ de forces

cristallin par un champ de forces agissant a courte distance entre atomes rigides, et j’ai tenu compte

des interactions entre un atome et ses premiers,

deuxiemes et troisi6mes voisins ; nous avons vu pr6c6demment que dans ces conditions, 4 cons-

tantes ocl, B1, (X2, a3, sont n6cessaires pour decrire

ces interactions. On obtient trois relations entre les coefficients o1, B1, (X2, oc3 et les constantes 6]as-

tiques c11, C12, C44, en calculant les vitesses de

propagation des ondes acoustiques suivant les axes

de sym6trie quaternaire et ternaire a l’aide de ]a

matrice de Fourier et en identifiant avec les vites-

ses donn6es par la th6orie de l’elasticite. La qua- tri6me relation s’ohtient a partir de 1’expression

de l’oscillation optique principale donnee par la matrice de Fourier.

La resolution du syst6me

m : masse de I’atome de silicium : 0,466 X 10-S2g,

d : arete de ]a maille cubique du silicium :

vo : frequence principale.

’c11, CI2’ C44, coefficients d’elasticite mesures par McSkimin [6],

donne les valeurs suivantes des coefficients :

Les frequences ’JTA100 et vTAill des oscillations transversales acoustiques se propageant suivant

les axes de sym6trie quaternaire et ternaire, cal-

cu]6es a partir de ces constantes interatomiques,

sont en d6saccord avec mes experiences ; 1’ecart

atteint 35 % pour les oscillations de vecteur d’onde fondamental maximal :

Le d6saccord ne peut etre impute aux erreurs experimentales ; les autres frequences calcul6es

sont en bon accord avec Inexperience.

Or, j’ai calcule ces frequences a partir des trois

constantes élastiques c11, C12, C44 et de la frequence principale vo. On peut penser que si l ’on ajoute deux

nouvelles donn6es experimental es dans le calcul

des f requences, et a condition que ces deux nou-

velles donn6es soient j ustement I es deux fréquences

’JTA100 et VTA1à1 des oscillations de vecteur d’onde

maximal, les courbes de dispersion des oscillations transversales acoustiques calcul6es tendront a se

superposer aux courbes experimenta]es.

J’ai donc calcule de nouvelles courbes de disper-

sion a partir des 6 donnees expérimentales sui-

(8)

991

vantes : Cn, c12, C44, )vo, et VTA,., ’VTA,III, ; j’ai pour cela pris en compte les interactions s’exerçant

entre un atome et ses premiers, deuxiemes et troi-

si6mes voisins, en supposant les forces centrales pour ces derniers seulement. Mais les constantes de forces que l’on determine de cette maniere sont

imaginaires.

Ainsi, un tel modele ne peut rendre compte de la

faible valeur des frequences des oscillations trans- versales acoustiques, lorsque l’on calcule les fr6- quences a partir des donn6es experimentales prece-

dentes.

J’ai alors tente de determiner des constantes

interatomiques a partir de donn6es experimentales

differentes de celles d6jA utilisees ; et j’ai decrit le champ de forces cristallin par un champ tensoriel

de meme type que les précédents ; tous ces essais

ont échoué, qu’ils conduisent a des constantes de forces aberrantes ou 4 des frequences imagi-

naires.

En resume, toutes les.tentatives effectuees pour d6crire les interactions entre atomes dans le sili- cium par un mod6le de champ de forces s’exerçant

a courte distance entre atomes rigides ont échoué.

Herman [8] est parvenu avec un mod6le analogue

a remonter des frequences des oscillations ther-

miques mesur6es dans le germanium -par Brock- house aux constantes de forces interatomiques ;

mais pour obtenir des résu]tats satisfaisants, il a

du faire appel aux interactions entre un atome et

ses sixiemes voisins ; il introduit ainsi 19 constantes de forces et par suite 19 donnees experimentales

sont n6cessaires pour les determiner ; mais un

modele qui exige tant de param6tres pour rendre

compte des faits ne peut etre considere comme

satisfaisant.

J’ai pu determiner directement la contribution des différents voisins d’un atome a la force globale agissant sur cet atome : en effet, 1’6quation qui permet de calculer les frequences des oscillations

longitudinales se propageant suivant 1’axe de sym6-

trie quaternaire a une forme particulierement simple ; elle s’ecrit :

en se limitant aux sixi6mes voisins; ni est la masse

de I’atome, et les oc, B, 8 sont les constantes intera-

tomiques se rapportant aux voisins successifs d’un atome. D’autre part, j’ai d6velopp6 en s6rie de

Fourier la courbe exp6rimentale representant les

carr6s des frequences des oscillations longitudinales

se propageant suivant 1’axe de sym6trie quaternaire

en fonction du vecteur d’onde ; 1’expression de

ce d6veloppement est :

Les coefficients suivants sont respectivement ; - 2,55 ; 0,29 ; -1,38 ; 1,65 ; - 0,43 ; - 0,22

pour le dixieme coefficient, 0,50 pour le 12e, 0,36

pour le 14e, 0,059 pour le 16e ; 0,20 pour le 18e :

0,057 pour le 20e, etc... Comparons les coefficients des equations (1) et (2) : le terme constant fait

intervenir tous les voisins d’un.atome ; il est 6gal

a (M.7r2 X 10+24 X 129), soit 5,93 X 104 dynes cm-1 ; dans le terme d’ordre 1 interviennent les

premiers voisins puis ceux d’ordre impair ; il est 6gal a (m.7t2 X 10+24 X 113) soit 5,20 X 104 dynes cm-I ; Ie terme d’ordre 2 fait intervenir les deuxi6mes voisins puis les voisins d’ordre superieur pair ; il est 6gal a (M. 7C2 X 10+24 X 11,9) soit 0,55 X 104 dynes, cm-1 ; et ainsi de suite jusqu’au quatrieme terme qui fait intervenir au moins les

quatriemes voisins puis ceux d’ordre pair a partir

des sixiemes ; pour les termes d’ordre plus eleve;

la regle est modifiée ; ainsi dans le terme d’ordre n,

ce ne sont pas necessairement les nil-e voisins qui

interviennent les premiers, cela peut etre des voi- sins d’ordre superieur a n (mais jamais inferieur

a n), ce qui explique la décroissance irrégulière des

coefficients d’ordre élevé. Nous voyons que le terme d’ordre 2 est 10 fois plus petit que celui d’ordre 1

auquel les premiers voisins apportent la contri- bution la plus grande ; ensuite la décroissance est

beaucoup plus lente ; le terme d’ordre 5 dans

lequel aucun voisin d’ordre inférieur a 5 n’inter- vient est 45 fois plus petit que le premier.

Cette etude montre que la contribution des atomes premiers voisins a la force globale agissant

sur un atome est de loin prépondérante ; cependant

il n’est pas suffisant d’en tenir compte ; et nous

avons vu qu’un mod6le de champ de forces agissant

a tres courte distance entre atomes rigides ne

suffit pas a rendre compte des resultats experi- mentaux ; il est plus satisfaisant, au contraire, de

calculer les frequences des oscillations thermiques a

partir de champs de forces qui tiennent compte de

la polarisabilite des atomes et par suite des inter-

actions électrostatiques s’exerçant a une distance grande relativement a la distance des atomes con-

tigus : les divergences entre les frequences éva1uées

par Kucher et celles que j’ai mesur6es ne d6passent jamais les 6carts dus aux erreurs expérimentales.

Manuscrit regu le 18 juin 1964.

(9)

932

BIBLIOGRAPHIE

[1] LAVAL (J.), Bull. Soc, franç. Minér., 1941, 64, 1.

[2] FREEMAN (A. J.), Acta Crsyt., 1959, 12, 929.

[3] BROCKHOUSE (B. N.), Phys. Rev. Letters, 1959, 2, 256.

[4] DOLLING (G.), Lattice vibrations in crystals with the

Diamond structure, septembre 1962, non publié.

[5] CORBEAU (J.), « Étude de la diffusion des rayons X par

des monocristaux de silicium de 77 à 580 °K » Thèse, décembre 1963.

[6] MCSKIMIN (H. J.), J. Appl. Physics, 1953, 24, 988.

[7] KUCHER (T. I.), Fizika Tverdogo Tela, 1962, 4, 992 (Soviet Phys. Solid State, 1962, 4, 729).

[8] HERMAN (F.), J. Phys. Chem. Solids, 1959, 8, 405.

ERRATA

Dans l’article sur « Le lissage optimise n, par M. TOURNARIE, J. Physique, 1964, 25, 909, page 910,

equation (14) ; au lieu de : _, lire : # ; equation (17) : au lieu de : qkl, lire : 8kl ;

2e colonne, ligne 19, au lieu de : S2 I-J, lire : cr- f

page 911,

equation (22), a la fin ; au lieu de : yl, lire : qk, page 912,

equation (44) : deuxieme membre,

au lieu de : G2, SS* dT, lire : f G2 0 SS* dT ;

ire colonne, lignes 10 et 13, et 2e colonne, ligne 8, dans les formules,

au lieu de : x, lire : X ;

ligne 31, au lieu de : (50), lire : (51) ; equation (53), deuxieme membre :

au lieu de : vl 1 g k -1

f1, 7. M g k - b au lieu de : 1 g (k 1) fL, 1 Y Y lire 1 g (k b) tj z Y Y fl ;

2e colonne, 16e ligne a partir du bas,

1 a-1

au lieu de : x,

=

(2 / 7r) (a--l)/2, lire : - 7t 2 2 ;

equations (58) : au lieu de : x, lire : X,

page 913,

equation (60) : au lieu de : V(p), lire : V(y)

et quatre lignes plus bas :

au lieu de : f FF* dT, lire : f (w + SS*) dT

page 914, legende de la figure 3 :

au lieu de : (y

-

2 + c), lire : (y

-

2 + C),

au bas de la 1re colonne, sous l’accolade :

au lieu de : (£ - 2,22), lire : x - 2,22 ;

dans Ie tableau 2 :

permuter les rappels de note (1) et (2),

4e ligne apres Ie tableau 2 :

au lieu de : (26), (28) et (27), lire : (34), (36) et (35),

page 915, 1re colonne, 3e ligne :

au lieu de V’

=

yV(y - 1), lire : V’

=

yVJ(y - 1),

page 916, dans la liste des symboles :

au lieu de : G(x), lire : G(X) ;

au lieu de : Qk2, lire : CPk;

supprimer les 3 dernieres lignes.

Références

Documents relatifs

- L’équation d’ondes élastiques qui décrit les vibrations d’un corps élastique excitées par le passage d’une onde gravitationnelle est.. déduite à partir de

6. Passons main tenant au problème traité par M. Roy, où les deux extrémités x == o, oc === / de la barre sont libres de toute pression sensible et maintenues à la température

( — ) ^ qui commence par être positive, ^annulera cerUunemenl.. SUR L'ÉQUATION DES VIBRATIONS TRANSVERSALES DES VERGES ÉLASTIQUES. Il arrivera donc un moment où les points è'et

Lorsqu'on emploie des fils fins, on s'aperçoit promptement que la position des nœuds n'est pas fixe pendant toute la durée du mouve- ment. Au début, lorsque l'amplitude des

Les directions dont il s'agit coïncident, dans le cas d'une conique, avec les directions de ses axes, et elles ont pour une courbe quel- conque, comme pour les coniques, la

S’il est facile d’imaginer la configuration de l’énoncé, sa construction effec- tive demande

Il a donc un centre de sym´ etrie qui est confondu avec O puisqu’il est le point de concours des parall` eles aux c´ eviennes ` a mi-distance entre les c´ eviennes et les hauteurs

Ce qui manque à ce paon : c'est bien voir, j'en conviens ; Mais votre chant, vos pieds, sont plus laids que les siens, Et vous n'aurez jamais sa queue. Jean-Pierre Claris de