PCSI
Corrigé du devoir surveillé 6
Exercice 1
1. La fonction exponentielle est de classeCŒ surR. La fonctionx‘æ1≠xest de classeCŒet ne s’annule pas sur ]≠ Œ; 1[et sur]1; +Œ[. Orf est le quotient de ces deux fonctions. Doncf est de classeCŒsur]≠ Œ; 1[et sur ]1; +Œ[.
2. Introduisons la suite de polynômes définie parP0= 1et par la relation de récurrence Pn+1= (1≠X)PnÕ + (n+ 2≠X)Pn.
Pour tout entier natureln, on introduit l’assertionHn : "pour toutxœR\ {≠1}, f(n)(x) = (1≠x)exPn(x)n+1."
Pour toutxœR\ {≠1},f(0)(x) =f(x)et e(1≠xP0x)(x)1 =f(x)donc l’assertionH0est vraie.
SoitnœN. SupposonsHn vraie.
SoitxœR\ {≠1}.
f(n+1)(x) =f(n)Õ(x)
=(exPn(x) +exPnÕ(x))(1≠x)n+1+ (n+ 1)(1≠x)nexPn(x) (1≠x)2n+2
=ex(Pn(x)(1≠x+n+ 1) +PnÕ(x)(1≠x)) (1≠x)n+2
= exPn+1(x) (1≠x)n+2. Donc l’assertionHn+1 est vraie.
Finalement, le principe de récurrence assure que l’assertionHn est vraie pour toutnœN. 3. On aP0= 1,P1= (1≠X)P0Õ+ (2≠X)P0= 2≠X et
P2= (1≠X)P1Õ+ (3≠X)P1=X≠1 + (3≠X)(2≠X) =X2≠4X+ 5.
4. Pour tout entier natureln, on introduit l’assertionHn " le polynôme Pn est de degrén, de coefficient dominant (≠1)n etPn(1) =n!"
L’assertionH0 est vraie. Soitnun entier naturel. SupposonsHn vraie.
On sait que
Pn+1= (1≠X)PnÕ + (n+ 2≠X)Pn. DoncPn+1(1) = (n+ 2≠1)Pn(1) = (n+ 1)n! = (n+ 1)!d’aprèsHn.
De plus, le polynômePnÕ est de degré strictement inférieur au polynômePn donc le polynôme (1≠X)PnÕ est de degré strictement inférieur au polynôme(n+2≠X)Pn. Donc le degré dePn+1est égal au degré de(n+2≠X)Pn
c’est-à-dire deg(Pn)+1 =n+1. Le coefficient dominant dePn+1est égal au coefficient dominant de(n+2≠X)Pn. C’est donc l’opposé du coefficient dominant dePn, c’est-à-dire≠(≠1)n= (≠1)n+1.
Par conséquent, l’assertion Hn+1 est vraie.
Finalement, le principe de récurrence assure que l’assertionHn est vraie pour tout entier natureln.
5. SoitxœR\ {1}.
(x≠1)fÕ(x)≠(x≠2)f(x) = (x≠1)3
exP1(x) (1≠x)2
4
≠(x≠2) ex 1≠x= 0 carP1(x) = 2≠x.
6. Soient get hdeux fonctionsnfois dérivables sur un intervalle I. Alors la fonctiongh est n fois dérivable surI et la formule de Leibniz assure que pour toutnœN,
(gh)(n)(x) = ÿn k=0
3n k 4
g(k)(x)h(n≠k)(x).
7. La fonctiong:x‘æ(x≠1)fÕ(x)≠(x≠2)f(x)est nulle surR\ {1}.Doncgest de classeCŒet sa dérivée à tout ordre est nulle également. SoitnœNú. Puisque toute les fonctions en jeu sont de classeCŒ, d’après la formule donnant la dérivéen-ième d’une somme et la formule de Leibniz, on obtient pour toutxœR\ {1},
g(n)(x) = (x≠1)fÕ(n)(x) +3n 1 4
fÕ(n≠1)(x)≠(x≠2)f(n)(x)≠ 3n
1 4
f(n≠1)(x).
Ainsi, pour toutxœR\ {1},
0 = (x≠1)f(n+1)(x) +nf(n)(x)≠(x≠2)f(n)(x)≠nf(n≠1)(x).
Donc, pour toutxœR\ {1},
0 = (x≠1)exPn+1(x)
(1≠x)n+2 + (n≠x+ 2) exPn(x)
(1≠x)n+1 ≠nexPn≠1(x) (1≠x)n et puisqueex”= 0, on a également
0 =Pn+1(x)≠(n+ 2≠x)Pn(x)≠n(x≠1)Pn≠1(x).
Le polynômePn+1≠(n+ 2≠X)Pn≠n(X≠1)Pn≠1 admet ainsi une infinité de racines (tous les nombres réels distincts de1), donc ce polynôme est le polynôme nul, ce qui prouve quePn+1= (n+ 2≠X)Pn+n(X≠1)Pn≠1. 8. Soit nœ Nú. On sait que Pn+1 = (1≠X)PnÕ + (n+ 2≠X)Pn. Or Pn+1 = (1≠X)PnÕ + (n+ 2≠X)Pn donc
(1≠X)PnÕ =n(X≠1)Pn≠1 et par conséquent,PnÕ =≠nPn≠1.
9. Supposons que Pn admette une racine multiple notée a. Alors Pn(a) = 0 et PnÕ(a) = 0 Donc Pn(a) = 0 et Pn≠1(a) = 0. Pour toutkœJ0;nK, on introduit l’assertionHk : "Pn≠k(a) = 0"
On a montré que les assertionsH0 etH1 sont vraies.
SoitkœJ0;n≠2K. SupposonsHk etHk+1 vraies. AlorsPn≠k(a) = 0et Pn≠k≠1(a) = 0. Or Pn≠k = (n≠k≠1≠X)Pn≠k≠1+ (n≠k≠1)(X≠1)Pn≠k≠2
donc (n≠k≠1)(a≠1)Pn≠k≠2(a) =Pn≠k(a)≠(n≠k≠1≠a)Pn≠k≠1(a) = 0.
Or a”= 1caraest racine dePn et1 n’est pas racine dePn d’après la question 4. Donc(n≠k≠1)(a≠1)”= 0.
Ainsi,Pn≠k≠2(a) = 0doncHk+2est vraie.
Finalement, le principe de récurrence assure que l’assertionHk est vraie pour tout kœJ0;nKet en particulier, Hn est vraie doncP0(a) = 0.
Or P0= 1, donc ce résultat est absurde.
Par conséquent,Pn n’admet pas de racine multiple.
Exercice 2
Partie I : questions préliminaires 1. SoityœR.
y= 2y
1 +y2 ≈∆y
31≠ 2 1 +y2
4= 0≈∆y(y2≠1) = 0
L’ensemble des solutions de l’équation est donc{0,≠1,1}. 2. SoityœR.
1≠ -- -- 2y
1 +y2 --
--= 1 +y2≠2|y|
1 +y2 =(1≠|y|)2 1 +y2 Ø0 ce qui montre que
-- -- -
2y 1 +y2
-- --
-Æ1, ou encore 2y
1 +y2œ[≠1; 1].
Partie II : étude de la fonction Argth
3. Les fonctionschet sh sont définies surR, etchne s’annule jamais, donc la fonction th est définie surD=R. SoitxœR. Alors≠xœRet th(≠x) = sh(≠x)
ch(≠x)= ≠sh(x)
ch(x) =≠th(x): la fonction th est impaire.
4. Quotient de fonctions dérivables sur leur domaine de définition dont le dénominateur ne s’annule pas, th est dérivable surD, avec pour toutxœD, thÕ(x) = ch21(x)= 1≠th2(x).
5. D’après la question précédente, thÕ= ch12 >0, donc th est strictement croissante surR, et th est continue, donc, d’après le théorème de la bijection, th réalise une bijection deDsurI=th(D) =] lim
≠Œth; lim
+Œth[. Or, pourxœR, th(x) = sh(x)
ch(x)= ex≠e≠x
ex+e≠x =1≠e≠2x 1 +e≠2x Puisque lim
xæ+Œe≠x= 0, alors lim
xæ+Œth(x) = 1. De même, on obtientlim
≠Œth=≠1. Ainsi, th réalise une bijection deRsurI=]≠1; 1[.
6. SoitxœI. Alors,≠xœI, et th étant impaire :
th(≠Argth(x)) =≠th(Argth(x)) =≠x=th(Argth(≠x)) th étant bijective, alors Argth(≠x) =≠Argth(x), ce qui montre que Argth est impaire.
7. On sait que th réalise une bijection deD surI, que th est dérivable surD et que thÕ ne s’annule pas surD. Le théorème de dérivabilité d’une réciproque assure alors que Argth est dérivable sur I, avec pour toutxœI:
ArgthÕ(x) = 1
thÕ(Argth(x))= 1
1≠th2(Argth(x)) = 1 1≠x2 8. SoitxœI.
1
1≠x2 = ≠1
(x≠1)(x+ 1) = 1
2(x≠1)+ ≠1 2(x+ 1) Ainsi, Argth etf:x‘æ 12ln1|x≠1|
|x+1|
2sont des primitives surI dex‘æ 1≠1x2, elles diffèrent donc d’une constante.
Or, Argth(0) = 0 car Argth est impaire, etf(0) = 12ln(1) = 0. Ainsi, Argth=f :
’xœI, Argth(x) =1
2ln31≠x 1 +x 4
Partie II : étude d’une équation différentielle
9. x‘æxne s’annule pas sur l’intervalle J, donc l’équation(E)est équivalente à yÕ+3
xy= 1 x(1≠x2)
x ‘æ 3 ln(x) est une primitive sur J de x ‘æ x3, donc les solutions de l’équation homogène associée sont les fonctions
J æ R
x ‘æ ⁄e≠3 ln(x) c’est-à-dire les fonctionsx‘æx⁄3 lorsque⁄parcourtR.
Cherchons une solution particulière de l’équation complète à l’aide de la méthode de variation de la constante.
Soit ⁄ une fonction dérivable surI et yp:x‘æ ⁄(x)x≠3. yp est solution de (E) sur J si et seulement si pour tout xœ J, xypÕ(x) + 3yp = 1≠1x2, ce qui équivaut à ⁄Õ(x) = 1≠x2x2, ou encore à ⁄Õ(x) = 1≠1x2 ≠1. La fonction
⁄: x‘æArgth(x)≠xconvient par exemple, et ainsi,yp:x‘æ Argth(x)x3 ≠x12 est une solution de(E).
L’ensemble des solutions de(E)surJ est alors :
; J æ R
x ‘æ Argth(x)≠x+⁄
x3
-- --⁄œR
<
Partie III : étude d’une équation fonctionnelle
10. th est définie surRet à valeurs dansR, dérivable en0, et pour toutxœR: th(2x) =sh(2x)
ch(2x)= e2x≠e≠2x e2x+e≠2x 2th(x)
1 +th2(x) =2(ex≠e≠x)
ex+e≠x ◊ 1 1 + (e(exx≠e+e≠x≠x))22
= 2 (ex≠e≠x)(ex+e≠x)
(ex+e≠x)2+ (ex≠e≠x)2 = 2 (ex)2≠(e≠x)2
e2x+ 2 +e≠2x+e2x≠2 +e≠2x = e2x≠e≠2x e2x+e≠2x ce qui montre que th(2x) =1+th2th(x)2(x), et ainsi, thœE.
11. Soit f une fonction constante. Notons aœ Rla valeur constante de f. Alors f appartient à E si et seulement si a= 1+a2a2 ce qui équivaut àaœ{≠1,0,1} d’après la partie I. Les fonctions constantes appartenant àE sont donc les fonctionsx‘æ1,x‘æ0 etx‘æ ≠1.
12. (a) Puisquef œE, alorsf(2◊0) = 1+f(0)2f(0)2, doncf(0)1
1≠1+f(0)2 2
2= 0, c’est-à-diref(0)œ{≠1,0,1}d’après la partie I.
(b) Soitaœf(R): il existexœR tel quea=f(x). Alors puisquef(x) =f(2x2), on aa= 1+f2f(2x2()x2). Or, pour toutyœR, 1+y2y2 œ[≠1; 1]. En particulier, pour y=f(x2), on obtientaœ[≠1; 1].
On a montré l’inclusionf(R)µ[≠1; 1].
(c) ≠f est elle aussi définie surRà valeurs réelles et dérivable en0. De plus, pour xœR,
≠f(2x) =≠ 2f(x)
1 + (f(x))2 = 2(≠f(x)) 1 + (≠f(x))2 ce qui montre que≠f œE.
13. (a) Si pour tout réelx,f(x) =f(0), alorsf serait constante, ce qui est absurde. Ainsi, il existe un réelx0tel quef(x0)”=f(0).
(b) La suite de terme général2≠nx0converge vers 0, etf est dérivable en0donc continue en0. La caractérisation séquentielle de la limite assure alors de la convergence de la suite de terme généralf(2≠nx0)versf(0). Ainsi, la suiteuconverge et sa limite estf(0) = 1.
(c) Soit nœN.un =f!22n+1x0 "= 2f(2n+1x0 )
1+f2(2n+1x0 ) = 1+u2un+12n+1.
(d) Puisque1 +u2n+1>0, alorsun etun+1 sont de même signe : la suiteuest donc de signe constant.
(e) Soit nœN.
un+1≠un=un+1≠ 2un+1
1 +u2n+1 = un+1(u2n+1≠1) 1 +u2n+1
D’après la question 12b,un+1œ[≠1; 1], doncu2n+1≠1Æ0. Par ailleurs, on sait que la suiteuest convergente et de signe constant. Par passage à la limite dans les inégalités larges, on en conclut que uest du même signe que sa limite. Orlimu= 1, donc la suiteuest à termes positifs. Ainsi, un+1≠unÆ0: la suiteuest donc décroissante.
(f) La suiteuétant décroissante, pour tout entier naturel n,un Æu0. La suiteuétant convergente de limite 1, par passage à la limite, on obtient1Æu0. Oru0=f(x0)”= 1, donc, puisquef est à valeurs dans[≠1; 1], u0<1. C’est donc absurde. On en conclut que sif(0) = 1, alorsf est la fonction constante égale à 1.
14. Supposons quef(0) =≠1. Puisque≠f œE, d’après la question précédente, puisque≠f(0) = 1, alors≠f est la fonction contante égale à 1, donc f est la fonction constante égale à ≠1.
15. (a) PournœN, notons Hn l’assertion "f(2≠nx) = 1".
L’assertionH0 est vraie par hypothèse. SoitnœN tel queHn est vraie. D’après la relation fonctionnelle, f(2≠nx) = 1+f2f(22(2≠(n+1)≠(n+1)x)x, donc 2f(2≠(n+1)x) = 1 +f2(2≠(n+1)x), donc (f(2≠(n+1)x)≠1)2 = 0, donc f(2≠(n+1)x) = 1, ce qui prouveHn+1. Le principe de récurrence assure alors que pour tout entier naturel n,f(2≠nx) = 1.
Puisque la suite de terme général2≠nxconverge vers0 et que f est continue en0, alors la suite de terme généralf(2≠nx) converge versf(0). Or cette suite étant constante égale à1, sa limite vaut 1. Ce qui est absurde puisquef(0) = 0.
(b) D’après la question a, pour tout xœ R, f(x)”= 1. De même, en considérant la fonction≠f qui est aussi élément deE et prend la valeur0 en0, on montre que pour toutxœR,f(x)”=≠1. Finalement, pour tout réelx,|f(x)|”= 1.
(c) i. Soit xœR. On sait que thœE, donc :
th(2g(x)) = 2th(g(x))
1 +th2(g(x))= 2f(x) 1 +f2(x)
car Argth est la réciproque de th, donc th(g(x)) =f(x). Puisquef œE, alors th(2g(x)) = 2f(x). D’où l’on déduit que2g(x) =Argth(2f(x)), c’est-à-dire :2g(x) =g(2x).
ii. f œ E, donc f est dérivable en 0. Par ailleurs, f(0) = 0, et Argth est dérivable sur ]≠1; 1[ donc en f(0). Par composée,g est donc dérivable en0.
iii. La suite de terme général 2≠nx converge vers 0. On sait que g est dérivable en 0 et que g(0) = Argth(f(0)) =Argth(0) = 0, donc lim
xæ0 g(x)
x = lim
xæ0
g(x)≠g(0)
x =gÕ(0). La caractérisation séquentielle de la limite assure alors de la convergence de la suite de terme généralvn =g(22≠≠nnxx) versgÕ(0).
iv. Soit xœRú. SoitnœN. Alorsg(2≠nx) =g(2◊2≠(n+1)x) = 2g(2≠(n+1)x), donc g(2≠nx)
2≠nx = 2g(2≠(n+1)x)
2≠nx =g(2≠(n+1)x) 2≠(n+1)x
La suite de terme général vn = g(22≠≠nnxx) est donc constante. Sa limite est donc égale à son premier terme. Par unicité de la limite, on déduit de la question précédente quegÕ(0) = g(x)x . Ainsi, on a montré l’existence d’un réela(a=gÕ(0)) tel que pour tout réelxnon nul,g(x) =ax, et cette égalité est encore vraie six= 0carg(0) = 0. La fonctiongest donc linéaire.
16. D’après ce qui précède, on a montré : E µ
; R æ R
x ‘æ th(ax) --
--aœR< € ; R æ R x ‘æ 1
< € ; R æ R x ‘æ ≠1
<
Il reste à vérifier l’autre inclusion.
D’après la question 11, la fonction constante égale à 1 et la fonction constante égale à≠1sont éléments deE. Soitf une fonction telle qu’il existeaœRtel que pour tout réelx,f(x) =th(ax). Il est clair quef est dérivable en 0, et pour tout réelx, f(2x) =th(2ax) = 1+th2th(ax)2(ax) car thœE ; ainsi, f(2x) = 1+f2f(x)2(x), ce qui montre que f œE. Par double inclusion, on a donc prouvé :
E =;
R æ R x ‘æ th(ax)
--
--aœR< € ; R æ R x ‘æ 1
< € ; R æ R x ‘æ ≠1
<