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Spectres de quelques molécules simples dans l'infrarouge lointain

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Spectres de quelques molécules simples dans l’infrarouge

lointain

Armand Hadni

To cite this version:

(2)

417.

SPECTRES DE

QUELQUES MOLÉCULES

SIMPLES DANS L’INFRAROUGE LOINTAIN Par ARMAND

HADNI,

Laboratoire de Recherches physiques, Sorbonne, Paris (France).

LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM.

TOME 15,

MAI

1954,

La

spectrom6trie

dans

l’infrarouge lointain, long-

temps

consideree comme extremement

difficile,

est

maintenant d’un usage un peu

plus

ais6. Le

grand

progres

est sans doute la mise en service

d’amplin-cateurs basse

frequence qui,

non seulement

permettent

1’emploi d’enregistreurs

a

plume

a la

place

des

galva-nometres moins

pratiques,

mais surtout ne laissent

passer que le courant

6lectrique

alternatif

produit

dans la

thermopile

par le seul

rayonnement

infrarouge

module

qui

nous int6resse. La

derive,

due a de lentes

variations de

temperature

entre les deux soudures du

thermocouple,

et une

partie importante

de la

lumi6re

parasite,

sont ainsi 61imin6es.

Sur ce

principe,

nous avons construit un

spectro-metre

enregistreur

a

réseau,

qui

permet

de couvrir

le domaine

18-60 1J.,

en

travaillant,

suivant la

region,

ans les

spectres

du

premier

ou du deuxi6me ordre

[1].

Les

spectres

de gaz et de vapeurs que nous

pr6sen-tons ici sont les

premiers

obtenus et ne peuvent

evidemment suffire pour

juger

deja compl6tement

de

I’appareil.

Ils montrent n6anmoins que la resolution

atteint et

parfois

d6passe

I cm-1

(CH30H)

et que la

lumi6re

analysée

est assez pure pour redonner des

spectres deja

connus

[2] : CH31 (fig. i), S02 (fig. 2),

CH30H ( fig.

3,

la courbe

sup6rieure

seulement,

les

deux autres de 26 a 4 3 g 6tant in6dites a notre

connais-sance ; elles montrent que cette

absorption

de

CH30H,

ininterrompue

sur

plus

de 20 (1,

presente

un maximum A

285,4 cm-1;

c’est sans doute lh

qu’il

faudrait situer

l’oscillation de torsion du

groupement OH,

en assez

bon accord avec un

spectre

non

publié

de J. R. Lawson

et H. M.

Randall, qui

la

placerait

vers 270

cm-1).

Le

spectre

de

NH3

et celui de

GS2,

que nous donnons ci-dessous ont pu etre

partiellement

interprétés :

Spectre

de

CS2

(flg. 4).

- io La bande

comporte

trois

branches, P, Q, R,

caractéristiques

de la

vibra-tion de deformation de la

molecule,

consideree comme

(3)

418

lineaire. La branche

Q

est loealisée avec

precision

a

39 5,8

cm-1.

20 11 restait a situer exactement les sommets des branches P et R et a

interpreter,

d’une

part

la

large

bande a

382,5

cm-1 et, d’autre

part,

les

petites

bandes

aiguës qui

viennent se

surimposer

sur

1’enveloppe

de la bande fondamentale.

Pour

celles-ci,

nous avons

suppose qu’il s’agissait

de branches

Q, provenant

de transitions subsidiaires

partant

de niveaux vibrationnels

deja

excit6s :

V1

= i

(vibration

de valence

sym6trique

dont la fondamentale est situ6e a

656,5 em-1);

V2

= io, I1, 2°, 21

(vibration

de deformation dont

nous venons de localiser la fondamentale a

3g5,8

cm-1).

Cette

hypoth6se

semble vraisemblable pour

plu-sieurs raisons que nous donnerons bri6vement

[1] :

a. Ces niveaux initiaux bien

qu’excit6s,

sont encore assez bas pour avoir une

population importante

de

molecules a la

temperature

ambiante ;

b. La bande de deformation de

CO2

vers

667,3 cm-1,

molecule elle aussi lin6aire et-

symétrique,

est formée par la

superposition

de transitions

partant

de Fetal fondamental et d’etat

excites ;

c. Au

point

de vue

quantitatif, I’hypoth6se

est assez

bien v6rifi6e :

d. Cette

hypoth6se

conduit a une

largeur

du doublet:

Ll =

13,5 cm-1,

satisfaisante.

e. La

large

bande

382,5

cm-1

s’interprète

comme une branche

P,

dont la branche

Q

est

signal6e

sur le tableau a

389,7

cm-1.

Spectre

de

NH3’ -

Le

spectre

de rotation pure de 1’ammoniac a d’abord ete 6tudi6 avec un

spec-trographe

Perkin,

equipe

d’un

prisme

en bromo-iodure de thallium. Nous avons obtenu

cinq

larges

« raies », situ6es vers

274,

292,

312,

334 et 356 cm-x. Elles

correspondent

a des transitions A J = + I

conduisant

respectivement

aux niveaux

J" = 14,

15,

16, 17, 18.

Notre

spectrographe

a reseau nous a

permis

de

mettre en evidence leur structure fine. Pour les

« raies »

J"= i£

et J" =

15,

déjà

6tudi6es,

nous

retrouvons sensiblement les resultats de Randall

et un assez bon accord avec la theorie

developpee

par Dennison

[3].

Il etait donc int6ressant

d’appliquer

ces memes calculs aux « raies » J" = 16, 17, 18,

qui

n’avaient pas encore ete r6solues.

Je

rappelle

que cette structure fine a deux causes : 10 L’ effet dit « de tunnel »,

qui

donne deux

compo-santes a

et p

distantes de 1,32

cm-1;

20 La force

centrifuge,

qui decompose

chacune

en J « raies » :

I>

== Ig,8gJ - o,oo2g4JoJ+

0,00279 JK2.

K = o, 1, 2, ...

(J - i), quantifie

le moment

ein6-tique

suivant I’axe de

symetrie

ternaire de la molecule.

Par suite :

a. Si J est

petit,

on a deux

paquets

distincts de

« raies » formant les

composantes

oc

et p

de la raie

de

rotation;

b. Si J est

grand,

les deux groupes s’6tendent et

finissent par chevaucher. Ils forment alors une seule

bande

compacte

que le

spectrom6tre

a

prisme

ne

peut

analyser.

Nous avons calcule la

position

et l’intensit6 des

2J- i .(«raies » élémentaires des bandes J" =

1 6,

17, 18.

Puis nous avons calcule le centre de

gravite

des raises

trop

voisines pour n’etre certainement pas

s6par6es

par

I’appareil.

Je donne ci-contre les resultats obtenus pour la raie J" = 17.

L’accord est assez

satisfaisant,

mais on aurait interet a refaire cette etude avec une resolution encore meilleure.

BIBLIOGRAPHIE.

[1] HADNI A. - C. R. Acad.

Sc., 1953, 236, 1761 et 1953, 237, 317.

[2] BARKER E. F. et PLYLER E. K. - J. Chem.

Phys., 1935, 3, 367.

BARKER E. F. 2014 Rev. Mod.

Physics, 1942, 14, 198. BORDEN A. et BARKER E. F. 2014 J. Chem.

Phys., 1938, 6, 553. [3] SLAWSKY Z. I. et DENNISON D. M. - J. Chem.

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