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1 Master Mathématiques et Applications 1

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Texte intégral

(1)

1 Master Mathématiques et Applications 1

`ere

année Aix-Marseille Université Année 2014-2015

Analyse fonctionnelle. Devoir à la maison 2

Correction

Préliminaire

Soit 1 ≤ p ≤ 2 et Φ ∈ (L

p

)

0

. Si g

1

et g

2

sont deux fonctions de L

p0

telles que Φ(v) =

Z

g

1

v dx =

Z

g

2

v dx ∀v ∈ L

p

(Ω).

On a donc

Z

(g

1

− g

2

)v dx = 0, ∀v ∈ L

p

(Ω).

On prend v = sgn(g

1

− g

2

) ∈ L

(Ω) ⊂ L

p

(Ω) dans cette formule et on obtient

Z

|g

1

− g

2

| dx = 0,

et donc g

1

= g

2

.

I Dual de L

2

(Ω)

1. Nous écrivons

J (v) ≥ 1

2 kvk

2L2

− |Φ(v)| ≥ 1

2 kvk

2L2

− kΦk

(L2)0

kvk

L2

, et utilisons l’inégalité de Young

ab ≤ 1 2 a

2

+ 1

2 b

2

, pour obtenir

J(v) ≥ − 1

2 kΦk

2(L2)0

. 2. Comme J (0) = 0, et d’après la question précédente, nous avons bien

− 1

2 kΦk

2(L2)0

≤ I ≤ 0.

3. Comme I est fini, pour tout n ≥ 1, la quantité I +

n1

n’est pas un minorant de J ce qui signifie qu’il existe une fonction u

n

∈ L

2

(O) telle que

I ≤ J (u

n

) ≤ I + 1

n , ∀n ≥ 1.

Par le théorème des gendarmes, on a bien lim

n→∞

J (u

n

) = I.

4. L’identité du parallélogramme donne 1

4 ku

n

− u

n+p

k

2L2

= 1

2 ku

n

k

2L2

+ 1

2 ku

n+p

k

2L2

u

n

+ u

n+p

2

2

L2

= J(u

n

) + J (u

n+p

) − 2J

u

n

+ u

n+p

2

≤ J(u

n

) + J (u

n+p

) − 2I,

où on a utilisé la linéarité de Φ et le fait que J

u

n+un+p

2

≥ I.

F. B

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- V

ERSION DU

15

SEPTEMBRE

2015

(2)

2

Pour tout ε > 0, il existe n

0

tel que

J(u

n

) − I ≤ ε, ∀n ≥ n

0

.

Et ainsi, pour tout n ≥ n

0

et tout p ≥ 0, nous avons 1

4 ku

n

− u

n+p

k

2L2

≥ 2ε.

Ainsi la suite (u

n

)

n

est bien de Cauchy dans L

2

(Ω).

5. Comme L

2

(Ω) est complet, la suite (u

n

)

n

est donc convergente et on note g sa limite. La fonction J est continue, car la norme est continue ainsi que la forme linéaire Φ (par hypothèse). Ainsi, nous avons

I = lim

n→∞

J (u

n

) = J (g).

6. Comme g minimise J , nous avons pour tout t ∈

R

et tout v ∈ L

2

(Ω) J(g + tv) ≥ J(g),

ou encore, en développant les termes dans J, J (g) + t

Z

gv dx − Φ(v)

+ t

2

2 kvk

2L2

≥ J(g).

On a donc affaire à un polynôme de degré 2 en t, nul en t = 0 et qui est toujours positif. Sa dérivée en 0 est donc nulle c’est-à-dire

Z

gv dx − Φ(v) = 0.

Ceci étant vrai pour tout v, on a bien le résultat attendu.

Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz nous avons

|Φ(v)| ≤ kvk

L2

kgk

L2

, ∀v ∈ L

2

(Ω),

et donc

kΦk

(L2)0

≤ kgk

L2

.

7. Il s’agit simplement de calculer I = J(g) = 1

2 kgk

2L2

− Φ(g) = 1

2 kgk

2L2

Z

|g|

2

dx = − 1 2 kgk

2L2

.

La question 1 donne alors

− 1

2 kgk

2L2

≥ − 1

2 kΦk

2(L2)0

, ce qui fournit l’inégalité manquante

kgk

L2

≤ kΦk

(L2)0

.

II Le cas 1 < p < 2

1. Il s’agit juste d’une application de l’inégalité de Hölder avec les exposants conjugués 2/p et 2/(2 − p)et les fonctions |v|

p

et 1 :

kvk

pLp

=

Z

|v(x)|

p

dx ≤

Z

(|v(x)|

p

)

2p

dx

p2 Z

1 dx

2−p2

= kvk

p

L2

|Ω|

2−p2

.

F. B

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SEPTEMBRE

2015

(3)

3 2. (a) On voit immédiatement que

T

n

v(x) =





v(x) si −n ≤ v(x) ≤ n n si v(x) > n

−n si v(x) < −n et toutes les propriétés en découlent.

(b) D’après la propriété iv) on a convergence simple de T

n

v vers v et par ailleurs on a la majoration

|T

n

v(x) − v(x)|

p

≤ 2

p

|v(x)|

p

,

qui donne une domination uniforme en n par une fonction intégrable. Le théorème de convergence dominée donne ici

kT

n

v − vk

pLp

=

Z

|T

n

v(x) − v(x)|

p

dx −−−→

n→∞

0.

On a bien construit une suite d’éléments de L

2

qui converge vers n’importe quel v dans L

p

ce qui montre bien la densité de L

2

dans L

p

.

3. La restriction d’une forme linéaire est encore linéaire, il s’agit d’en montrer la continuité. On utilise la première question, pour tout v ∈ L

2

(Ω)

|Φ(v)| ≤ kΦk

(Lp)0

kvk

Lp

≤ |Ω|

2−p2p

kΦk

(Lp)0

kvk

L2

.

Donc Φ est continue sur L

2

. On peut appliquer la première partie et obtenir une représentation de Φ sur L

2

par une fonction g ∈ L

2

. Il faut maintenant étendre la formule de représentation à l’espace (plus gros !) L

p

(Ω).

4. Nous utilisons les propriétés précédentes (en particulier le fait que T

n

préserve le signe)

Z

|v

n

|

p

dx ≤

Z

|v

n

||g|

(p−1)(p0−1)

dx =

Z

|g||v

n

| dx =

Z

gv

n

dx,

5. Comme v

n

∈ L

2

(Ω) pour tout n, nous avons Φ(v

n

) =

Z

gv

n

dx,

et donc la question précédente nous donne

Z

|v

n

|

p

dx ≤ Φ(v

n

) ≤ kΦk

(Lp)0

kv

n

k

Lp

,

et donc

kv

n

k

p−1Lp

≤ kΦk

(Lp)0

.

6. Comme |v

n

| est mesurable positive et converge presque partout vers |g|

p0−1

, on peut utiliser le lemme de Fatou et l’inégalité précédente

Z

|g|

p(p0−1)

dx ≤ lim inf

n→∞

kΦk

p p−1

(Lp)0

, qui donne, avec p(p

0

− 1) = p

0

, l’inégalité

Z

|g|

p0

dx ≤ kΦk

p p−1

(Lp)0

,

et donc, en particulier, g ∈ L

p0

(Ω) et

kgk

Lp0

≤ kΦk

(Lp)0

.

7. Comme on vient de montrer que g ∈ L

p0

, on sait (d’après l’inégalité de Hölder) que l’application Ψ : v ∈ L

p

(Ω) 7→

Z

vg dx,

est linéaire et continue sur L

p

.

Par construction, elle coïncide avec Φ sur L

2

(Ω) qui est un sous-espace dense de L

p

(Ω) (question 2) et donc Φ = Ψ sur L

p

tout entier, ce qu’il fallait démontrer.

8. C’est juste l’inégalité de Hölder.

F. B

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(4)

4

III Le cas p = 1

1. Soit v ∈ L

p

(Ω), p > 1. Nous avons, avec l’inégalité de Hölder,

|Φ(v)| ≤ kΦk

(L1)0

kvk

L1

≤ kΦk

(L1)0

|Ω|

p10

kvk

Lp

,

ce qui montre que Φ est continue sur L

p

avec l’inégalité attendue.

2. Il suffit d’appliquer les résultats de la partie précédente.

3. On suppose par exemple que p

1

< p

2

nous avons

Z

(g

p1

− g

p2

)v dx = 0, ∀v ∈ L

p2

(Ω) ⊂ L

p1

(Ω).

On peut alors prendre v = sgn(g

p1

− g

p2

) et obtenir

Z

|g

p1

− g

p2

| dx = 0,

et donc g

p1

= g

p2

.

4. D’après la question 1) et l’égalité des normes prouvée dans la partie II, nous avons kgk

Lp0

= kΦk

(Lp)0

≤ |Ω|

p10

kΦk

(L1)0

.

Il suffit maintenant de passer à la limite supérieure quand p → 1, ou encore quand p

0

→ ∞.

5. Nous écrivons

kgk

qLq

=

Z

|g|

q

dx ≥

Z

Aε

|g|

q

dx ≥ (kΦk

(L1)0

+ ε)

q

|A

ε

|,

et donc

kgk

Lq

≥ (kΦk

(L1)0

+ ε)|A

ε

|

1q

.

Si la mesure de A

ε

est non nulle, on peut passer à la limite supérieure quand q → ∞ donne lim sup

q→∞

kgk

Lq

≥ kΦk

(L1)0

+ ε.

Ceci contredit la question 4 et donc la mesure de A

ε

est bien nulle.

Ceci montre bien que g est dans L

(Ω) et que

kgk

L

≤ kΦk

(L1)0

+ ε, ∀ε > 0.

Le résultat suit par passage à la limite quand ε → 0.

6. Il suffit d’utiliser le fait que L

2

(Ω) (par exemple) est dense dans L

1

(Ω).

F. B

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