Exercice
1. Avec la dénition,
c(1, 1, 2, 2, 3, 3) =
1 2
1 3
1 4 1 3
1 4
1 5 1 4
1 5
1 6
Le facteur 60
3permet de faire disparaitre les dénominateurs en multipliant chaque colonne par 60 .
60
3c(1, 1, 2, 2, 3, 3) =
30 20 15 20 15 12 15 12 10
=
10 5 3
5 3 2
15 12 10
(L
1← L
1− L
2, L
2← L
2− L
3)
=
0 −1 −1
5 3 2
0 3 4
(L
1← L
1− 2L
2, L
3← L
3− 3L
2) = −5(−4 + 3) = 5
2. a. Le résultat de l'opération élémentaire L
2← L
2− L
1est la ligne
1a2+b1
−
a 11+b1 1
a2+b2
−
a 11+b2
=
a1−a2
(a2+b1)(a1+b1)
a1−a2
(a2+b2)(a1+b2)
Cette opération ne change pas le déterminant et permet de factoriser par (a
1−a
2) dans L
2, par
a1+b1 1dans C
1et par
a1+b1 2dans C
2conduisant à la forme indiquée puis à
c(a
1, b
1, a
2, b
2) = (a
1− a
2)(b
2− b
1)
(a
1+ b
1)(a
1+ b
2)(a
2+ b
1)(a
2+ b
2) b. Le coecient j de L
i− L
1est
1
a
i+ b
j− 1
a
1+ b
j= a
1− a
i(a
i+ b
j)(a
1+ b
j)
c. On soustrait la ligne L
1à toutes les autres. La question précédente montre que cela permet de factoriser par a
1− a
idans la ligne i pour i de 2 à n . On peut ensuite factoriser par
a1+b1 jdans la colonne C
jpour j de 1 à n ce qui conduit à la forme demandée.
d. On procède de manière analogue avec le déterminant de la question précédente.
On enlève la colonne C
1à toutes les autres. Cela permet de factoriser les (b
1− b
2) · · · (b
1− b
n) dans colonnes de 2 à n . On développe alors suivant la première ligne et dans le déterminant d'ordre n − 1 restant on peut factoriser par
ai+b1 1avec i entre 2 et n ce qui montre la formule de récurrence.
3. a. Par dénition,
F (x) =
1 x+b1
1
x+b2
· · ·
x+b1n
1 a2+b1
1
a2+b2
· · ·
a 12+bn
... ... ...
1 an+b1
1
an+b2
· · ·
a 1n+bn
Comme un déterminant est une somme de produits, la fonction F est rationnelle en x et ses pôles sont −b
1, · · · , −b
n. Le développement suivant la première ligne exprime F comme une somme de fractions de degré −1 . On en déduit que le degré de F est inférieur ou égal à −1 . On peut remarquer que ce développement est en fait la décomposition en éléments simples de F mais ce n'est pas utile dans cet exercice.
b. En réduisant au même dénominateur, on obtient F (x) = λ A(x)
B(x) avec λ ∈ R , B = (x + b
1) · · · (x + b
n) et A un polynôme unitaire tel que
deg(F ) = deg(A) − deg(B) ⇒ deg(A) − n ≤ −1 ⇒ deg(A) ≤ n − 1 Or l'expression de F (x) comme déterminant montre que F (a
2) = · · · = F (a
n) car la même ligne se retrouve alors deux fois. On en déduit que
A(x) = (x − a
2) · · · (x − a
n)
Quant au λ , à cause des degrés, c'est la limite en +∞ de xF (x) . Or
xF (x) =
x x+b1
x
x+b2
· · ·
x+bxn
1 a2+b1
1
a2+b2
· · ·
a 12+bn
... ... ...
1 an+b1
1
an+b2
· · ·
a 1n+bn
est une combinaison linéaires des termes de la première ligne qui tendent tous vers 1 . La limite est donc le déterminant obtenu en remplaçant la première ligne par une ligne de 1 .
c. Considérons la fraction rationnelle obtenue à partir de λ en remplaçant le b
1par une variable x . Ses pôles sont −a
2, · · · , −a
nmais le développement suivant la première colonne montre cette fois qu'elle est de degré 0 . Par répétition de colonnes, elle est nulle en b
2, · · · , b
ndonc il existe µ ∈ R tel que
G(x) = µ (x − b
2) · · · (x − b
n) (a
2+ x) · · · (a
n+ x)
On en déduit que µ est la limite de G(x) en +∞ ce qui conduit à rempla- cer le bas de la première colonne par des 0 conduisant ainsi au déterminant c(a
2, b
2, · · · , a
nb
n) d'ordre n − 2 .
Problème
I. Généralités
1. L'ensemble X
ns'identie aux fonctions de J 1, n K
2
dans {0, 1} , il est donc ni et de cardinal
2
(n2)2. Exprimons le déterminant avec des permutations
|det(M )| =
X
σ∈Sn
ε(σ) Y
j∈J1,nK
m
σ(j)j≤ X
σ∈Sn
|ε(σ)| Y
j∈J1,nK
|m
σ(j)j|
Tous les facteurs sont entre 0 et 1 donc tous les n! termes de la somme sont plus petits que 1 d'où | det(M )| ≤ 1 .
3. Soient A et B dans Y
net λ entre 0 et 1 . Considérons M
λ= λA + (1 − λ)B . Ses coecients vérient
terme i, j de M
λ= λa
i,j+ (1 − λ)b
i,j∈ [0, 1]
Donc M
λ∈ Y
nce qui prouve que Y
nest convexe.
4. Comme la colonne propre X est non nulle, il existe un indice i tel que 0 < |x
i| ≥ |x
j| pour tous les autres j . On en déduit, en examinant la ligne i du produit M X :
|λ||x
i| ≤
n
X
j=1
|m
i,j|
| {z }
≤1
|x
j|
|{z}
≤|xi|
≤ n|x
i| ⇒ |λ| ≤ n
Si M est la matrice ne contenant que des 1 et X la colonne ne contenant que des 1 , on a M X = nX . Il est donc possible d'obtenir des valeurs propres de module n . 5. a. Parmi les 16 matrices d'ordre 2 formées de 0 et de 1, on liste d'abord celles qui ne
contiennent ni ligne ni colonne nulle en considérant les premières lignes possibles (il y en a 3) :
0 1 1 0
, 0 1
1 1
, 1 0
0 1
, 1 0
1 1
, 1 1
0 1
, 1 1
1 0
, 1 1
1 1
On élimine la dernière qui est de rang 1 . Il en reste donc 6 . A =
0 1 1 0
, B = 0 1
1 1
, I = 1 0
0 1
, C = 1 0
1 1
, D = 1 1
0 1
, E =
1 1 1 0
,
b. Elles engendrent les matrices élémentaires car
E
1,1= E − A, E
1,2= D − I, E
2,1= C − I, E
2,2= B − A
Dans le cas général de l'ordre n . Si i 6= j , la matrice I
n+ E
i,jest une matrice d'opérations élémentaire donc dans X
n0. Ceci montre que E
i,j∈ Vect(X
n0) . Pour les E
i,i, on utilise la matrice D avec des 1 sur mauvaise diagonale ( d
i,j= δ
n−j+1,i) car D +E
i,iest encore inversible. On engendre ainsi tous les E
i,isauf E
p,plorsque n = 2p + 1 . On pourra également l'obtenir comme combinaison mais avec plus de deux matrices. La propriété reste donc vraie à l'ordre n . Par exemple
0 0 0 0 1 0 0 0 0
= D + 2I −
1 0 0 0 1 0 1 0 1
−
1 0 1 0 1 0 0 0 1
II. Maximisation du déterminant
1. Comme X
nest ni, l'ensemble des déterminants l'est aussi donc il admet un plus grand élément.
L'ensemble Y
nest inni donc on ne peut armer que l'ensemble des déterminants soit ni. En revanche, on sait d'après I.2. qu'il est majoré. Comme toute partie de R non vide et majorée il admet une borne supérieure y
n.
2. Le nombre y
n+1est un majorant de {det(M ), M ∈ Y
n} . En eet, pour toute M ∈ Y
n, on peut former une matrice M
0∈ Y
n+1de même déterminant en la bordant par des 0 avec seulement un 1 en position 1, 1 . Comme y
nest le plus petit des majorants, on en déduit y
n≤ y
n+1.
3. Notons X
1, · · · , X
nles colonnes de la base canoniques des matrices colonnes et C la colonne qui ne contient que des 1 . On peut alors écrire
C
j(J) = C − X
jDéveloppons le déterminant de M par multilinéarité par rapport aux colonnes. Seuls contribuent les distributions où C gure au plus une fois. On en déduit
det(M ) = (−1)
ndet(I) + (−1)
n−1n
X
j=1
det(X
1, · · · , X
j−1, C, X
j+1, · · · , X
n)
= (−1)
n−1(n − 1) Ces matrices montrent que la suite des y
ndiverge vers +∞ pour les n impairs. Pour les n pairs, il sut de modier la matrice en permutant deux lignes ou colonnes.
4. a. On suppose n
i0,j0∈ ]0, 1[ , considérons le développement du déterminant selon la colonne j
0. Dans ce développement, le coecient n
i0,j0intervient seulement dans le terme
n
i0,j0C
i0,j0où C
i0,j0désigne le cofacteur. Si ce cofacteur est positif ou nul, en remplaçant n
i0,j0par 1 , on augmente le déterminant. Si le cofacteur est strictement négatif, en remplaçant cette fois n
i0,j0par 0 on l'augmente aussi. On peut donc former une matrice N
0comme le demande l'énoncé.
b. Pour une matrice M quelconque dans Y
n, en procédant systématiquement comme dans la question précédente, on peut remplacer tous les coecients dans l'inter- valle ouvert par des 0 ou des 1 et obtenir nalement une matrice M
0∈ X
ntelle que det(M ) ≤ det(M
0) . On en déduit que x
nest un majorant de y
ndonc que x
n= y
n.
III. Matrices de permutations
1. Voir exercice sur les matrices de permutation. On trouve P
σP
σ0= P
σ◦σ0 tP
σ= (P
σ)
−1= P
σ−12. On utilise la dénition de O
net les propriétés du déterminant.
t
A A = I
n⇒ det(
tA A) = det(I
n) ⇒ (det(A))
2= 1
3. Une matrice de permutation ne contient que des 0 et des 1 donc elle est dans X
n. Elle est aussi orthogonale car
P
σtP
σ= P
σP
σ−1= P
Id= I
nRéciproquement, soit M une matrice orthogonale ne contenant que des 0 et des 1 . Comme elle est othogonale, chaque ligne i
0contient au moins un 1 . Soit j
0tel que m
i0,j0= 1 .
Pour tous les j 6= j
0, le terme j, j
0de
tM M est nul :
∀j 6= j
0,
n
X
k=1
m
k,jm
k,j0= 0 ⇒ m
i0,j= 0
si les 1 se trouvaient la somme ne pourrait pas être nulle. On en déduit que m
i0,j0est le seul terme non nul de la ligne i
0.
Cela permet de dénir une fonction ϕ de J 1, n K dans lui même telle que m
i,ϕ(i)soit le seul terme égal à 1 de la ligne i . Si cette application n'était pas injective, une même ligne se trouverait deux fois ce qui est en contradiction avec le fait que la matrice est inversible. On en déduit que chaque colonne contient un seul 1 et que M = P
ϕ−1. 4. a. Introduisons la colonne
X
ω=
1 ω ω
2...
ω
n−1
On vérie facilement que
P
cX
ω= ωX
ωCe qui montre que ω est une valeur propre complexe de P
cde vecteur propre X
ω. De même, pour tout u ∈ U
n,
X
u=
1 u u
2...
u
n−1
⇒ P
cX
u= uX
ub. Une permutation quelconque se décompose en cycles disjoints. Pour chaque cycle (disons de longueur r ), on peut trouver r vecteurs propres formés comme au dessus avec des éléments de U
r(chacun étant attaché à une valeur propre élément de U
r) mais seulement pour les indices du support du cycle et des 0 pour les autres.
5. On se donne une matrice M à coecients dans N telle que l'ensemble des coecients de toutes les M
kavec k ∈ N
∗soit ni. On en déduit que l'ensemble
M
k, k ∈ N est ni. L'application k 7→ M
kne peut pas être injective car N
∗est inni. Il existe donc k < k
0tels que
M
k= M
k0⇒ M
k0−k= I
nOn en déduit que M est inversible et que son inverse M
0est une puissance de M donc il est aussi à coecients dans N. On peut alors raisonner comme pour les matrices orthogonales à partir de M
0M .
Pour tout j
0, il existe i
0tel que m
0i0,j06= 0 car M
0est inversible. Pour tout i 6= i
0, le terme i
0, i de M
0M est nul d'où :
n
X
k=1
m
0i0,km
k,i= 0 et m
0i0,j06= 0 ⇒ m
j0,i= 0
Autrement dit la ligne j
0de M contient au plus un coecient égal à 1 . Comme elle doit en contenir un pour être inversible elle en contient un seul et c'est une matrice de permutation.
IV. Matrices aléatoires
A. Génération par une colonne aléatoire
1. Lorsque toutes les lois prennent la même valeur, celle ci peut être 0 ou 1 les deux événements sont incompatibles et les variables sont indépendantes donc
P (X
1= X
2= · · · = X
n) = p
n+ (1 − p)
n2. La variable S suit une loi binomiale de paramètres n et p . Voir cours sur une variable binomiale comme somme de variables de Bernoulli indépendantes.
3. Pour tous les couples (i, j) , les variables X
i,j= X
iX
jne prennent que les valeurs 0 et 1 . Comme elles sont mutuellement indépendantes, si i 6= j , la variable X
i,jsuit une loi de Bernoulli de paramètre p
2. En revanche X
i,i= X
i2= X
isuit une loi de Bernoulli de paramètre p .
4. a. Le terme i, j de M (ω) est X
i(ω)X
j(ω) = X
i,j(ω) ∈ {0, 1} . Donc M (ω) appartient à X
n. La variable aléatoire M est à valeurs dans X
n.
b. La diagonale de M contient n coecients tous dans {0, 1} donc tr(M ) ∈ J 0, n K.
Les colonnes de M (ω) sont X
1(ω)U (ω), · · · , X
n(ω)U (ω) . Elle sont toutes dans Vect(U(ω)) donc le rang est inférieur ou égal à 1 .
c. On utilise l'associativité du produit matriciel et le fait qu'un produit ligne × colonne est un élément du corps donc peut se factoriser. De plus, ici
t
U (ω) U(ω) =
n
X
k=1
X
k(ω)
2=
n
X
k=1
X
k(ω) = S(ω)
En transposant l'expression de M , on s'aperçoit que M est symétrique et M
2= U
tU U
tU = S U
tU = SM
On en déduit la caractrisation proposée.
5. D'après l'expression de M , tr(M ) = S qui est suit une loi binomiale de paramètres n et p donc son espérance est np et sa variance np(1 − p) .
Comme le rang est 0 ou 1 , il s'agit d'une variable de Bernoulli. Son paramètre est la probabilité que la colonne U ne soit pas nulle c'est à dire 1 − (1 − p)
npuisque la probabilité de l'événement contraire (la colonne est nulle) est (1 − p)
n.
6. On a déjà vu que M
2= SM . On en déduit par récurrence que
∀k ≥ 2, M
k= S
k−1M
Pour une issue ω , S(ω) ∈ J 0, n K donc la suite géométrique S(ω)
kk∈N
est convergente si et seulement si S(ω) ∈ {0, 1} . La probabilité de cet événement est
(1 − p)
n+ np(1 − p)
n−1= (1 − p)
n−1(1 + (n − 1)p)
B. Génération par remplissage aléatoire
1. La matrice départ ne contient que des 0 donc N
1est une somme de m = n
2variables de Bernoulli de paramètre p . On en déduit que N
1suit une loi binomiale de paramètres m et p .
Pour la deuxième vague, si i coecients ont pris la valeur 1 , il en reste m−i modiables donc la loi conditionnelle de N
2sachant N
1= i est binomiale de paramètres m − i , p . Les variables N
1et N
2ne sont pas indépendantes. En eet,
P ((N
1= m) ∩ (N
2= 1)) = 0 6= P ((N
1= 3)) P ((N
2= 1))
car si toutes les valeurs ont été passées à 1 lors de la première vague, aucune ne peut l'être lors de la seconde alors que P ((N
1= 3)) et P ((N
2= 1)) sont non nulles.
2. Comme les passages de 0 à 1 pour les coecients sont indépendants, P (T
i,j= k) = q
k−1p
Le coecient n'a pas été changé lors des k −1 premiers passage puis il l'a été au k -ème.
3. D'après la question précédente
P (k ≤ T
i,j≤ s) = q
k−1p + q
kp + · · · + q
s−1p = q
k−1p 1 + q + · · · + q
s−kPour s en +∞ , elle converge vers
P (T
i,j≥ k) = q
k−1p 1
1 − q = q
k−14. La variable S
rreprésente le nombre de 1 dans la matrice aléatoire après r passages.
Elle prend ses valeurs dans J 0, m K. Pour un k ∈ J 0, m K, évaluons P (S
r= l) . Classons les issues suivant l'ensemble des l places de la matrice contenant un 1 à la n. On obtient ainsi
mlévénements qui ont la même probabilité.
Quelle est cette probabilité ? Fixons un ensemble d'indices I ⊂ J 1, n K
2
à l éléments.
On cherche la probabilité de l'événement
\
(i,j)∈I
(T
i,j≤ r)
∩
\
(i,j)/∈I
(T
i,j> r)
Par hypothèse, les T
i,jsont indépendants et suivent la même loi d'où P (S
r= l) =
m l
p + qp + · · · + q
r−1p
| {z }
avecp=1−q
l