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L’espace des arcs L(X )

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Int´ egration motivique

Michel Raibaut

Laboratoire J-A Dieudonn´e, Universit´e Nice Sophia Antipolis, Nice

R´esum´e

L’int´egration motivique a ´et´e ´elabor´e par Kontsevich pour montrer que deux vari´et´es de Calabi-Yau birationnellement ´equivalentes ont les mˆemes nombres de Hodge. Ce probl`eme provient de la th´eorie des cordes et a tout d’abord ´et´e r´esolu par Batyrev par des m´ethodes p-adiques. Kontsevich cr´ea la mesure motivique sur l’espace des arcs d’une vari´et´e alg´ebrique, `a valeurs dans le groupe de Grothendieck des vari´et´es alg´ebriques. La th´eorie a par la suite ´et´e consid´erablement d´evelopp´ee par Denef et Loeser.

L’espace des arcs L(X )

Soit X une vari´et´e alg´ebrique de Cn par exemple :

X = {(x1, ..., xn) ∈ Cn | Pi(x1, ..., xn) = 0, i = {1, .., k}, Pi ∈ C[X1, ..., Xn]} . Pour une C-alg`ebre A (comme les s´eries formelles C[[t]] ou les s´eries tronqu´ees C[[t]] \ (tk+1)) on note

X(A) = {(x1, ..., xn) ∈ An | Pi(x1, ..., xn) = 0, i = {1, .., k}} , ce sont les points de X `a coordonn´ees dans A.

L’espace des arcs de X, L(X), est une vari´et´e alg´ebrique sur C d´efinie par :

L(X) = {points de X `a coordonn´ees dans C[[t]]}. L’espace des arcs tronqu´es `a l’ordre k, Lk(X), est une vari´et´e alg´ebrique sur C d´efinie par :

Lk(X) =

points de X `a coordonn´ees dans C[t]

(tk+1)

. Des exemples :

• X = {(x, y) ∈ C2 | y2 − x3 = 0}

L0(X) = n

(a0, b0) ∈ C2 | b20 = a30o L1(X) = n

(a0 + a1t, b0 + b1t) | (b0 + b1t)2 = (a0 + a1t)3 mod t2o L(X) =





X

k=0

aktk,

X

k=0

bktk

 |

X

k=0

bktk

2

=

X

k=0

aktk

3



 .

• X = Cn

Lk(X) = n

(a(1)0 + ... + a(1)k tk, ..., a(n)0 + ... + a(n)k tk)o

≃ C(k+1)n L(X) = n

(a(1)0 + a(1)1 t + .., ..., a(n)0 + a(n)1 t + ...)o

≃ C[[t]]n. On a toujours L0(X) = X et dans le cas lisse, L1(X) = T X le fibr´e tangent `a X.

On notera πn le morphisme de troncation de L(X) `a Ln(X).

Certaines parties de L(X) formeront les mesurables motiviques.

L’anneau des valeurs de la mesure : l’anneau de Grothendieck des vari´et´es

On note V arC la cat´egorie des vari´et´es alg´ebriques sur C.

L’anneau de Grothendieck des vari´et´es est engendr´e par les symboles [X] avec les relations :

“Si X est isomorphe `a Y alors [X] = [Y ].“

“Si Y est un ferm´e de X alors [X \ Y ] + [Y ] = [X].“

“[X ×C Y ] = [X][Y ].“

On note

1 = [point] et L = [C].

Par la suite on travaille dans l’anneau localis´e en L,

MC = K0 (V arC) 1

L

.

Invariants additifs

On appelle invariant additif toute fonction ϕ : V arC → A o`u A est un anneau, telle que

“Si X est isomorphe `a Y alors ϕ(X) = ϕ(Y ).“

“Si Y est un ferm´e de X alors ϕ(X \ Y ) + ϕ(Y ) = ϕ(X).“

La caract´eristique d’Euler et les nombres de Hodge hp,q cit´es plus haut sont des invariants additifs.

Le groupe de Grothendieck v´erifie la propri´et´e universelle suivante :

“Si [X] = [Y ] alors pour tout invariant additif ϕ on a ϕ(X) = ϕ(Y )“

“En particulier si [X] = [Y ] alors h(p,q)(X) = h(p,q)(Y )“

La mesure motivique

Les vari´et´es de Calabi-Yau ´etant en particulier des vari´et´es lisses, on se restreint ici aux vari´et´es lisses.

Soit X une vari´et´e lisse sur C de dimension d.

On dit qu’une partie A de L(X) est mesurable si et seulement si A est de la forme πn−1(C) o`u C est une partie constructible de Ln(X).

Les parties mesurables forment une tribu et v´erifient la propri´et´e fondamentale :

pour tout n ≥ m, [πm(A)]

Lmd = [C]Lnd. On pose alors

µ(A) := [C]Lnd.

“µ est par d´efinition la mesure motivique sur L(X).“

On d´efinit alors l’int´egrale motivique par :

soit A un mesurable et α : A → Z ∪ {∞} telle que pour tout n, α−1(n) soit mesurable, Z

L(X)

L−αdµ = X

n∈Z

µ(α−1(n))L−n. Exemple fondamental :

Dans notre cas X est lisse, on peut alors montrer que L(X) = π0−1(L0(X)) et donc Z

L(X)

1dµ = µ(L(X)) = [L0(X)] = [X].

Le th´eor`eme de Kontsevich

Th´eor`eme de Kontsevich :

“Si X et Y sont deux vari´et´es de Calabi-Yau birationnellement ´equivalentes alors [X] = [Y ].“

Principe de la preuve : Les vari´et´es de Calabi-Yau sont en particulier lisses donc [X] = R

L(X) 1dµ et [Y ] = R

L(Y ) 1dµ.

Il existe une formule de changement de variables qui avec l’hypoth`ese Calabi-Yau entraˆıne R

L(X) 1dµ = R

L(Y ) 1dµ donc [X] = [Y ].

References

[DL01] Jan Denef and Fran¸cois Loeser. Geometry on arc spaces of algebraic varieties. In European Congress of Mathematics, Vol. I (Barcelona, 2000), volume 201 of Progr. Math., pages 327–348. Birkh¨auser, Basel, 2001.

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