TS La fonction logarithme népérien
Plan du chapitre :
I. Rappels
II. Commentaires
III. Propriétés immédiates (conséquences de la définition)
IV. Propriété liée à l’ordre
V. Propriétés algébriques
VI. Dérivée de la fonction logarithme népérien
VII. Étude de la fonction logarithme népérien
VIII. Limites de référence
IX. Fonctions associées à la fonction logarithme népérien
X. Fonctions logarithmes de base quelconque
XI. Puissances réelles
Au XVIIe siècle, on déterminait la position des grands voiliers par des calculs astronomiques qui étaient facilités par l’usage des tables de « logarithmes ». Ces tables permettaient de « changer » des calculs avec des multiplications en calculs avec des additions.
Le livre dans lequel figuraient ces tables servait ainsi à déterminer et à noter sa position mais aussi à noter d’autres informations : la météo, l’état du navire, le moral de l’équipage… Ce journal de bord s’appelait un
« log-book ». On a conservé ce terme et lorsque son support a changé, que ce journal s’est écrit sur Internet, il s’est dénommé « web-log » qui par contraction a donné le mot « blog ».
John Napier (1550-1617) est un mathématicien écossais plus connu sous le nom francisé de Néper.
Il lui a fallu près de 20 ans pour mettre au point sa découverte des logarithmes. Il publie sa découverte en 1614 et donne une table des logarithmes.
I. Rappels 1°) Définition
On a démontré dans le chapitre sur la fonction exponentielle que la fonction exp est strictement croissante sur
, et queex x etexx 0.
D’après la version généralisée du TVI qui sera vue plus tard, on peut donc dire que pour tout réel y0, il existe un unique réelx tel que exy.
Ce nombrex est appelé lelogarithme népérien dey. On le noteln y.
2°) Exemples e01 donc ln1 0 . e1e donc ln e1.
e est appelé lenombre de Néper ou labase du logarithme népérien.
Pour d’autres valeurs, on utilise la calculatrice (qui donne en général des valeurs approchées).
On n’utilise pas de parenthèses lorsque l’on a un nombre seul.
3°) Remarque
Le logarithme népérien d’un réel négatif ou nul n’existe pas dans (la calculatrice affiche un message d’erreur du type « erreur : non real answer » lorsque l’on est en mode réel ; néanmoins, lorsque l’on est mode complexe, la calculatrice affiche un résultat complexe lorsqu’on lui demande le calculer le logarithme d’un réel
strictement négatif*, ce résultat sera interprété beaucoup plus tard dans le supérieur lors de l’étude des fonctions complexes). Ce résultat est un nombre complexe qui sera interprété plus tard dans le supérieur avec les fonctions complexes.
*Par exemple, le calcul de ln – 1 sur la calculatrice en mode réel donne « erreur : non real answer ».
4°) Exercice
Donner l’ensemble de définition des fonctions : f :xln 3– x
g :xln
x– 1
x4
f x
existeÛ3 x 0Ûx3
; 3
f D
g x
existeÛ
x1
x4
0Ûx 4 ou x1 (tableau de signes non utile)
; 4
1 ;
g D
Il est intéressant de tracer les courbes représentatives des fonctionsf etg ; on peut ainsi vérifier d’une certaine manière, les ensembles de définition que l’on a trouvé précédemment.
5°) Vocabulaire
La fonction exp établit une bijection de dans*.
Cela signifie que tout élément de* admet un unique antécédent dans par la fonction exp.
La fonction ln est la bijection réciproque de la fonction exp ; elle est définie sur* à valeurs dans.
exp x y ln La fonction ln « renverse » les flèches.
On peut déjà observer graphiquement sur l’écran de la calculatrice que les courbes des fonctions exponentielles et logarithme népérien sont symétriques par rapport à la première bissectrice dans le plan muni d’un repère normé (a fortiori orthonormé). Cette propriété est générale pour une bijection et sa bijection réciproque.
II. Commentaires 1°) Aspect historique
Historiquement, la fonction logarithme népérien est apparue avant la fonction exponentielle. La fonction logarithme népérien est apparue au XVIIe siècle avec Néper et Briggs. La fonction exponentielle est apparue au XVIIIe siècle avec Euler.
La fonction ln a été inventée à la fin du XVIe siècle pour aider les astronomes dans leurs calculs à une époque où les moyens de calcul étaient très limités (il n’y avait pas de calculatrice !) : elle permettait de transformer toute multiplication en addition comme nous le verrons avec la propriété fondamentale.
John Néper publie son ouvrageMirifici logarithmorum canonis descriptio en 1614.
L’ouvrage a un retentissement considérable dans le monde scientifique.
Néper a mis vingt ans pour calculer ses tables de logarithmes.
2°) Expression
Nous admettrons que, comme la fonction exp*, la fonction ln n’admet pas d’expression à l’aide des symboles usuels.
*Remarque : Avec les limites, il existe pourtant une « expression » :
0
e lim
!
k n k x
n k
x k
mais cette « formule » n’est pas considérée comme une formule explicite.On dit que la fonction ln est une fonctiontranscendante. Elle n’a pas de formule explicite par opposition aux fonctions algébrique (les mathématiciens ont démontré qu’il n’existe pas de formule explicite, résultat difficile).
C’est ce qui fait la complexité de cette fonction (et ce qui explique qu’elle ne soit étudiée qu’à partir de la terminale). Les mathématiciens ont certainement été troublés par cela.
On retiendra que la fonction ln fait partie de la famille des fonctions transcendantes comme les fonctions sinus, cosinus, tangente, Arccosinus, Arcsinus, Arctangente…
Nous verrons plus tard dans le cours que la fonction ln a pour dérivée la fonction « inverse »x 1 x sur
0 ;
qui, elle, est algébrique et même rationnelle (ce qui est remarquable). On dit qu’elle fait partie de la famille des fonctions transcendantes à dérivée rationnelle.3°) Calculatrice et logarithme népérien
La calculatrice utilise un algorithme de calcul (algorithme C.O.R.D.I.C.) pour donner le début de l’écriture décimale du logarithme népérien d’un réel.
4°) Utilisation
La fonction logarithme népérien, comme la fonction exponentielle, est une fonction d’une très grande importance.
Les fonctions logarithme népérien et exponentielle ont de nombreuses applications aussi bien en mathématiques (primitives, calculs d’aires…) qu’en sciences physiques (radioactivité, pH d’une solution…). Les applications mathématiques de la fonction logarithme népérien et exponentielle seront vues dans la suite du cours.
III. Propriétés immédiates (conséquences de la définition) 1°) Propriété 1 [équivalence fondamentale]
x *
y ylnxÛeyx
2°) Propriété 2
x *
elnxx
On dit, en mauvais langage, que le e « annule » le ln.
Cette propriété permet de simplifier des expressions.
Exemple : eln 22
3°) Propriété 3
x ln exx
On dit, en mauvais langage, que le ln « annule » le e.
Cette propriété permet de simplifier des expressions.
Exemple :
2ln e 2
IV. Propriété liée à l’ordre 1°) Propriété
a b,
* 2 lnalnb Ûab lnalnb Ûab 2°) Démonstration
lnalnbÛelnaelnb (propriété de la fonction exponentielle) Ûab
lnalnbÛelnaelnb Ûab 3°) Interprétation
La deuxième inégalité de la propriété permet de dire que la fonction ln est strictement croissante sur*. Nous le reverrons avec la dérivée dans le paragrapheVII.
Cette propriété est liée à la notion de bijection.
4°) Application aux équations et inéquations avec ln
Exemple 1 :
Résoudre dans l’équation lnx2 (1).
Condition d’existence : On doit avoir x0.
On résout l’équation (1) dans*. (1)Û xe2 qui convient care20
Soit S1 l’ensemble des solutions de (1).
21 e
S
Exemple 2 :
Résoudre dans l’équationln 2
x 1
ln 5
x
(2).Conditions d’existence : On doit avoir 2 1 0
5 0
x x
soit
1 2 5 x x
soit enfin 1 2 x 5.
On résout l’équation (2) dans l’intervalle 1 2; 5
. (2)Û2x 1 5 x
Û3x6
Ûx2 qui convient car 1
2 ; 5
2
Soit S2 l’ensemble des solutions de (2).
2
2 S Exemple 3 :
Résoudre dans l’inéquation ln
x21
ln
x3
(3).Conditions d’existence : On doit avoir
2 1 0 (toujours vrai) 3 0
x x
soit x 3.
On résout l’inéquation (3) dans l’intervalle
3 ;
. (3)Ûx21x3Ûx2 x 2 0 Ûx– 1 ou x2
Soit S3 l’ensemble des solutions de (3).
3 3 ; 1 2 ;
S
Exemple 4 :
Résoudre dans l’équation
lnx22 lnx 8 0 (4).Conditions d’existence :
On résout l’équation (4) dans l’intervalle*. On pose Xlnx.
(4) s’écrit X22X 8 0 (4').
(4')Û X 4 ou X2 Or Xlnx.
Donc :
(4)Ûlnx 4 ou lnx2 Û xe4 ou xe2
Soit S4 l’ensemble des solutions de (4).
4 2
4 e ; e
S
Exemple 5 :
Résoudre dans l’inéquation
lnx22 lnx 8 0 (5).Conditions d’existence :
On résout l’inéquation (5) dans*. On pose Xlnx.
(5) s’écrit X22X 8 0 (5').
(5')Û X 4 ou X2 Or Xlnx.
Donc :
(5)Ûlnx 4 ou lnx2 Û xe4 ou xe2
Soit S5 l’ensemble des solutions de (5).
4 2
5 0 ; e e ;
S Bilan :
On retiendra que pour les équations et inéquations avec ln on doit commencer par chercher l’ensemble de résolution.
On fera bien la distinction entre la notion d’ensemble de résolution d’une équation avec la notion d’ensemble de définition d’une fonction (même s’il y a une similitude entre les deux).
5°) Signe du logarithme népérien d’un nombre
Si x1, alors lnx0.
Si 0 x 1, alors lnx0.
Si x1, alors lnx0.
Signes d’expression : lnx1
On peut utiliser deux inéquations et une équation ou utiliser le signe d’une expression de la forme f x
f a
ou f a
f x
oùf est une fonction strictement monotone sur un intervalleI et a est un élément deI.V. Propriétés algébriques
1°) Propriété 1 (propriété fondamentale)
· Énoncé
a b,
* 2 ln
ab lnalnbOn dit que le logarithme népérien transforme les produits en sommes (alors que l’exponentielle transforme les sommes en produits).
· Exemple
ln 3 ln 4 ln 3 4 ln12
On peut utiliser la propriété dans les deux sens.
· en exercice
Vérifier quea0 etb0.
Sia0 etb0, alorsab est strictement positif et ln
ab ln
a bln
a ln
b .On peut dire que poura etb non nuls de même signe (strictement positif ou strictement négatif), lnabln ab ln a ln b .
On a la même chose pour la racine carrée d’un produit :
Poura etb de même signe (positifs ou nuls ou négatifs ou nuls), on a ab ab a b .
ln ab existe dans le cas oùab0 c’est-à-dire dans les deux cas suivants :
·a0 etb0 ;
·a0 etb0.
Il faut prendre garde queln
ab n’existe pas dans le cas où ab0 c’est-à-dire dans les deux cas suivants :·a0 etb0 ;
·a0 etb0.
Il est important de bien prendre conscience de ce point.
· Démonstration
elnab ab
ln ln ln ln
e a be ae bab
D’après la propriété d’égalité de deux exponentielles,ln
ab lnalnb.· Généralisation
a b c, ,
* 3 ln
abc lnalnblnc
a a1, 2, ...,an
* n ln
a a1 2 ... an
lna1lna2 ... lnan2°) Propriété 2
· Énoncé a *
1
ln ln a
a
· Exemple ln1 ln 2
2
· Démonstration
1 1
a a
ln a 1 ln1
a
prop. 1 propriété lna ln1 0
a On en déduit que 1
ln lna
a . 3°) Propriété 3
· Énoncé
a b,
* 2 lna ln ln
a b
b
· Exemple ln3 ln 3 ln 2
2
· en exercice
Vérifier quea0 etb0.
Sia0 etb0, alors lna ln a ln
a ln
bb b
· Démonstration 1 a a b b
ln 1
ln a
b a
b
prop. 1
ln l 1
n n
l a
b b
a
prop. 2 ln
lna a ln b b
4°) Propriété 4
· Énoncé a *
n ln
an nlna· Exemple
2ln 9ln 3 2 ln 3
· Démonstration 1er cas :n0
fois n ...
n
a a aa
ln an ln a a ... a prop. 1
termes
ln ln .. n
n .
l n l
n
a a a
a
nn l
l an n a 2e cas :n0 On pose :m n. On am0.
n m 1
a a m
a
1ln an ln m a
prop. 2
ln n
l an am
0
m donc le 1er cas s’applique.
nln an ml a
nn l
l an n a 3e cas :n0
0 1
a (par définition)
0ln a ln10
On peut donc écrire :ln
a0 0 lnaBilan : n ln
an nlna5°) Propriété 5
· Énoncé a *
1
ln ln
a2 a
· Exemples ln 3 1ln 3
2 0 a etb0
ln 1ln
a b 2 a b
· Démonstration
On a
a 2a donc, par passage au logarithme népérien,
2ln a lna prop. 4
2 ln alna ce qui donne immédiatement 1
ln ln
a2 a. N.B. :Nous verrons plus tard que pour tout réela0, on a :
1
aa2.
La propriété de ce paragraphe est une généralisation de la règle donnée au 4°) pour les exposants entiers relatifs.
Généralisation aux racines n-ièmes :
Pourn entier naturel supérieur ou égal à 2 eta réel strictement positif, on a 1 lnna lna
n .
6°) Formulaire récapitulatif
ln ab lnalnb ln1 ln a
a lna ln ln
a b
b
ln an nlna
ln 1ln
a2 a
7°) Application aux puissances du nombre e
n ln ennln en ln1 1
e ln e 1
2
8°) Application à la résolution d’inéquations avec des puissances (fonction logarithme et valeur seuil) Exemple :
Déterminons les entiers naturelsn tels que
0, 9 12
n (1).
Méthode :
On « prend » le logarithme népérien des deux membres.
On a l’impression que l’on complexifie mais en fait on simplifie le problème (comme souvent en mathématiques, on complexifie pour simplifier).
(1)Ûln
0,9 ln12
n
Û 1
ln 0, 9 ln n 2
: ln 0, 9 ( ln 0, 90 car 00, 9 1 ) Û
ln1 2 ln 0,9 n
Avec la calculatrice, on trouve ln1
2 6, 578...
ln 0, 9 . Or n.
Donc les entiers naturelsn cherchés sont supérieurs ou égaux à 7.
VI. Dérivée de la fonction logarithme népérien
1°) Rappel [définition d’une fonction dérivable en un réel et du nombre dérivé]
On dit qu’une fonctionfest dérivable ena lorsque le quotient f x
f a
x a
admet une limite finie lorsquex tend versa.
Dans ce cas, la limite est appelée le nombre dérivé def ena.
On la note f'
a .Le rapport f x
f a
x a
est appelé taux de variation def entrea etx.
2°) Démonstration
lnf x x
On considère un réela fixé dans*.
On forme le rapport f x
f a
x a
oùx est un réel strictement positif avec xa.
ln lnf x f a x a
x a x a
f x f a x a
y b x a
en posant ylnx etblna
ey eb f x f a
x a
y b
1ey eb f x f a
x a
y b
Lorsquex tend versa,y tend versb (obtenu grâce à la continuité de la fonction logarithme népérien qui est admise cette année).
e e
exp'
y b
y b b
y b
car la fonction exp est dérivable sur, donc en particulier enb.
Or exp'exp (la dérivée de la fonction exponentielle est elle-même).
Doncexp'
b exp
b eba.Donc ey eb
y b a
y b
et par suite,
1x a
f x f a
x a a
.
Comme le résultat de la limite est finie, on en déduit que la fonction ln est dérivable ena et que le nombre dérivé de ln ena est 1
a. Ainsi,ln'
a 1a Autres démonstrations :
- Dans le supérieur, on verra le théorème de dérivation d’une bijection réciproque qui permet de démontrer plus rapidement que la fonction ln est strictement croissante et dérivable.
- En admettant que la fonction ln est dérivable et en utilisant la relation
lnexp
x x. 3°) PropriétéLa fonction ln est dérivable sur* et x * f'
x 1x.
Il est surprenant de voir qu’une fonction aussi compliquée que la fonction logarithme népérien (fonction transcendante) puisse avoir une dérivée aussi simple (la fonction inverse x1
x est une fonction rationnelle.
Il existe d’autres fonctions transcendantes dont la dérivée est rationnelle.
C’est le cas par exemple le cas de la fonction Arctangente qui sera étudiée dans le supérieur.
Sa dérivée est la fonctionx
2
1 1x .
VII. Étude de la fonction logarithme népérien 1°) Définition
La fonction logarithme népérien est la fonctionf :x lnx.
2°) Domaine de définition
* ln
D
« à valeurs dans » (sans talon) On peut noter f : *
x lnx
« a pour image » (avec talon) 3°) Dérivée
Nous avons démontré que la fonctionf est dérivable sur* et que x * f'
x 1x.
4°) Tableau de variation
x 0 + Signe de f'
x +Variation de la fonctionf
+
– 5°) Limite en +
lim ln
x x
Démonstration : On se donne un réelA.
On pose BeA.
Si xB, alors lnxlnB c’est-à-dire lnxA. Par définition, on obtient lim ln
x x
. 6°) Limite en 0+
lim ln0
x x
Démonstration :
On effectue un changement de variable.
On pose 1
Xx Û 1 x X (x® 0+) Û (X® +)
lnx ln 1
X prop. 2
lnx lnX
lim ln
X X
(d’après le5°)) D’où
0
lim ln
x
x
Conséquence graphique : La courbe représentative de la fonction logarithme népérien admet la droite d’équation x0 c’est-à-dire l’axe des ordonnées pour asymptote verticale.
7°) Tableau de valeurs (avec la calculatrice)
x 0,1 0,5 1 2 3 4 5
lnx
(valeurs arrondies au dixième) – 2,3 – 0,7 0 0,7 1,1 1,4 1,6 8°) Représentation graphique
O 1 e
1
i j
9°) Tangente particulière au point d’abscisse 1
ln ' 1 1 1 1
La tangente au point d’abscisse 1 a pour coefficient directeur 1.
10°) Tangente particulière au point d’abscisse e
L’équation réduite de la tangente au point d’abscisse e s’écrit :
ln ' e e
ln ey x
1 e 1
ye x e 1 1 y x
e yx
Cln : ylnx
Cette tangente passe donc par l’origine du repère.
D’où le tracé de la tangente (on joint l’origine du repère au point d’abscisse e).
11°) Symétrie Propriété :
Dans le plan muni d’un repère orthonormé (ou normal, c’est-à-dire dont les deux vecteurs de base ont la même norme), les courbes
C
exp etC
ln sont symétriques par rapport à la droited’équation yx.Rappel : Dans un repère normal
O, ,i j
, la droite d’équation yx est la bissectrice intérieure de l’angleO
x y (qui est un angle aigu ou obtus).
Démonstration :
Pour tout réela strictement positif, on a : elnaa.
Donc les points M
a; lna
et N
ln ;a a
sont symétriques par rapport à la droite et appartiennent respectivement aux courbes représentatives de la fonction ln et de la fonction exp.Cette propriété est à relier au fait que les fonctions exp et ln sont réciproques l’une de l’autre.
Il en est de même des courbes des fonctions « carré » et « racine carrée » sur
0 ;
.VIII. Limites de référence
1°) 1ère limite de référence (croissance comparée) lim ln 0
x
x
x
Démonstration :
On rencontre une F.I. du type «
», on va utiliser une méthode par changement de variable.
On pose ylnx Ûxey (x® + ∞)Û (y® + ∞)
ln ey x y x
1 ey y
D’après le cours sur la fonction exponentielle
2 , on a : lim eyy y donc ln
lim 0
x
x
x .
Interprétation graphique :
La limite ln
lim 0
x
x
x permet de dire que la courbe représentative de la fonction logarithme népérien admet une branche parabolique de direction (Ox) en +.
2°) 2e limite de référence
0
lim ln 0
x
x x
Démonstration :
On rencontre une F.I. du type « 0 ».
1ère méthode :
On va utiliser une méthode par changement de variable.
On pose 1
Xx Û 1 xX (x® 0+) Û (X® +)
Réécriture : 1 1
ln ln
x x
X X
1 lnX
X lnX
X
lim ln 0
X
X
X
D’où
0
lim ln 0
x x x
2e méthode :
On pose ylnx Û xey (x® 0+) Û (y® –)
ln ey x xy
D’après le cours sur la fonction exponentielle, on a : ylim
yey 0 donc
0
lim ln 0
x
x x
.
3°) 3e limite de référence : utilisation du nombre dérivé de la fonction ln en 1
0
limln 1 1
h
h
h
On rencontre une FI du type « 0 0 ».
Démonstration :
On procède par une méthode par taux de variation.
On considère la fonctionf :x lnx.
On effectue une réécriture.
ln 1 h f 1 h
h h
Or ln1 0 .
On l’introduit de force pour faire apparaître un taux de variation.
ln 1 h f 1 h f 1
h h
Or comme la fonctionf est dérivable sur
0 ;
, par définition du nombre dérivé def en 1, on a :
0
1 1
lim ' 1
h
f h f
h f
.
Or x
0 ;
f'
x 1x donc f' 1
1Conclusion :
0
limln 1 1
h
h
h
On peut aussi retenir
0
lim ln 1 1
h
x
x
.
IX. Fonctions associées à la fonction logarithme népérien
On considère une fonctionu : I® (fonction définie sur I à valeurs dans) dérivable telle que I
x u x
0 (on dit queu est à valeurs strictement positives).On s’intéresse à la fonctionf : I® . xlnu x
1°) Propriété (découle de la formule de dérivée d’une composée)
u est une fonction définie et dérivable sur un intervalle I telle que x I u x
0. La fonctionf :xlnu x
est définie et dérivable sur I et x I
' u x'
f x
u x . On retient :
lnu ' u' u . On pourra noter que f lnu. Démonstration :
Rappel de la formule de dérivation d’une composée.
u etv sont deux fonctions définies et dérivables sur des intervalles.
On notef la fonction définie par f x
v u x
.On suppose quef est définie sur un intervalle I.
La fonctionf est alors dérivable sur I et la dérivée def est donnée par f'
x u x'
v u x'
.On prend ici pourv la fonction ln.
On sait quev est dérivable sur* et que x * v x'
1x.
On en déduit que x I f'
x u x'
u x1 soit x I
' u x'
f x
u x iu.
2°) Vocabulaire
Le quotient u'
u est appelé ladérivée logarithmique deu (vieux nom, que l’on utilisait beaucoup autrefois en sciences physiques avec les calculs d’erreurs en particulier).
On n’oubliera pas queu désigne une fonction dans cette formule.
3°) Exemple f :xln
x2 x 1
x x2 x 1 0 (en effet, x2 x 1 est un polynôme du second degré dont le discriminant est égal à – 3 donc strictement négatif, et par conséquent, toujours du signe de x2 c’est-à-dire strictement positif) doncf est définie sur.
D’après la règle,f est dérivable sur et x
22 1
' 1
f x x x x
.
4°) Cas particulier
a etb sont deux réels tels quea0.
On notef la fonction définie par f x
ln
ax b
.(f x
existe si et seulement siax b 0)La fonctionf est dérivable sur son intervalle de définition et x
D
f f'
x aax b
.
On retiendra ln
ax b
' a ax b
.
5°) Extension à un cas plus général
u est une fonction définie et dérivable sur un intervalle I telle que x I u x
0.f :xln u x
f est définie sur I.
Commeu est dérivable sur I,u est continue sur I, doncu est de signe constant sur I.
1er cas : x I u x
0I
x f x
lnu x
I x
' u x'
f x
u x 2e cas : x I u x
0I
x f x
lnu x
On pose v x
u x
. lnf v
On applique le 1°).
I
x
' v x'
f x
v x
' u x u x
' u x
u x
On remarque que, dans les deux cas, on obtient la même expression sans valeur absolue.
I
x
' u x'
f x
u x
On retient :
ln 'u
uu' ou
ln u
'uu'.6°) Cas particuliers
·f :xln x
* f
D
f'
x 1x
(Faute à ne pas faire : f'
x 1 x )
·f :xln axb (oùa etb sont deux réels tels quea0)
f \
b a
D
fest dérivable sur \ b a
.
\ b
x a
f'
x aax b
·Attention
S’il n’y a pas de ln, on a un problème pour la dérivée de la fonctionf :x x21 .
2 1
x si x
; 1
1 ;
f x
2 1
x six
1 ; 1
On se place sur
; 1
,
1 ; 1
et
1;
.On étudie ensuite directement la dérivabilité en 1 et en – 1.
X. Fonctions logarithmes de base quelconque 1°) Définition
a est un réel strictement positif tel quea1.
On appellefonction logarithme de base ala fonction loga:x ln ln x a.
On a donc : ln
loga ln x x
a. 2°) Cas particuliers
ae ln e1 x *
e ln
log ln
ln e x x x
Lafonction logarithme de base e est la fonction logarithme népérien.
Le nombre de Néper e s’appelle d’ailleurs aussi la base du logarithme népérien.
a10 x *
10 ln
log ln10
x x
log10x est noté log x.
(logarithme décimal de x) log ln
ln 10 x x
Sur calculatrice, on utilise la touche de calcul log . Application en chimie :
Le potentiel hydrogène d’une solution aqueuse est défini par pH log H O 3 , la concentration en ions hydronium devant être exprimée enmol.L1.
3°) Propriété
Énoncé :
On a :loga
a 1.Plus généralement, n loga
an n. Démonstration :
lnlog 1
a ln a a
a
ln lnlog ln
n n a
a n a
a a
lna n
Cas particulier du logarithme décimal :
On retiendra que log10 1 et que n log 10
n n.3°) Propriétés algébriques
x et y sont deux réels strictement positifs.
n
loga xy logaxlogay loga1 logax
x
logax loga loga
x y
y
loga xn nlogax
log 1log
a x2 ax
Exemple de démonstration :
ln
ln ln ln lnlog log log
ln ln ln ln
a a a
xy x y x y
xy x y
a a a a
N.B. : On peut remplacera par n’importe quel nombre strictement positif différent de 1.
4°) Exercice
Résoudre l’équationlog 2x3 (1).
Conditions d’existence : On doit avoir x0. On résout l’équation (1) dans l’intervalle
0 ;
.Résolution :
(1) Û ln ln 2 3
x Ûlnx3ln 2 Ûlnxln 23 Ûx8
Donc l’ensemble des solutions de (1) estS
8 .5°) Sens de variation
Sia1, la fonction loga est strictement croissante sur *.
Si 0 a 1, la fonction loga est strictement décroissante sur *. 6°) Une application du logarithme décimal
Le but de ce paragraphe est de trouver une formule donnant le nombre de chiffres d’un entier naturel.
Les nombres entiers naturels à 1 chiffre sont compris entre10 (large) et0 10 (strict).1 Les nombres entiers naturels à 2 chiffres sont compris entre101 (large) et102 (strict).
….
Les nombres entiers naturels àn chiffres sont compris entre10n1 (large) et 10n (strict).
Par exemple, 1032317 10 4.
On considère un entier naturel non nul A àn chiffres (n1).
On a :10n1A10n (1).
(1) donne log 10
n1
log A log10n car la fonction log est strictement croissante sur*. On a donc :n–1log An (2).(2) permet de dire que n 1 E log A
d’oùnE log A
1.On retiendra le résultat suivant dont il demandé de retenir la démonstration :
Le nombre de chiffres de l’écriture en base 10 dixd’un entier naturel A non nul est égal àE log A
1.Exemples d’utilisation :
A2540 log A40 log 2555, log A 9176
Le nombre de chiffres de A est égal à 55 1 56 . On aurait pu obtenir ce résultat avec la calculatrice.
En effet, avec la calculatrice, on obtient l’affichage suivant pour le calcul de A :8.271806126 10 55. Il suffit d’ajouter 1 pour trouver qu’il y a 56 chiffres.
B22013 log B2013 log 2605,9 3
log B 73
Le nombre de chiffres de B est égal à 605 1 606 .
Pour B, il n’est pas possible d’utiliser la calculatrice pour trouver le nombre de chiffres de l’écriture en base 10 de B. Celle-ci est en dépassement de capacité.
Exercice :
1°) Quel est le nombre de chiffres (0 ou 1) noté
n du développement d’un entiern1 en base 2 ? 2°) Exemple : Calculer
2019
.XI. Puissances réelles 1°) Définition
Pour touta0 et tout réel b, on noteab le réeleblna. On retiendra que :abeblna.
2°) Exemples
2
Par définition,2eln 2.
Avec la calculatrice en utilisant directement la touche d’exposant, on trouve : 28,8249...
2La formule n’est pas applicable car 2 0 ;
2 n’existe pas. La définition permet de définir en particulier des exposants fractionnaires (par exemple,
1
x3 ou
5
x7 pour 0
x ). Cela sera revu dans le cours sur les racinesn-ièmes.
En particulier, pour x0, on a :
1
x2 x.
3°) Cas des exposants entiers, lien avec la définition de 4e n est un entier relatif quelconque.
ln ln
en ae anan n
Pour un entier relatif, la définition du 1°) coïncide avec la définition connue.
4°) Signe d’une puissance réelle
a b, * ab0
5°) Logarithme népérien d’une puissance
a b, * ln
ab ln e
blna blna6°) Cas particuliers
· ae exln eex
· a1
ln1 0
1xex e 1
7°) Propriétés algébriques
a et b sont deux réels strictement positifs.
x et y sont deux réels strictement quelconques.
x y x y
a a a
ax yaxy
ab xa bx xx x
x
a a
b b
1 x
x a
a
x x y y
a a
a
Démonstration de la 1ère propriété :
ln ln
e e
x y x a y a
a a
ln ln
y ex y
x a a
a a
ln
x y ex y a
a a
x
x y y
a a a
8°) Lien avec le logarithme de base a x *
y
*\ 1 a
logaxyÛ ln ln
x y a Û ylnalnx Ûlnxln
ayÛ xay
logaxy Ûxay
(xlnyÛyex)
Les fonctions loga etxax sont réciproques l’une de l’autre.
Cas particulier 10 a
log
y x Ûx10y
Application en chimie :
Le potentiel hydrogène d’une solution aqueuse est défini par pH log H O 3 , la concentration en ions hydronium devant être exprimée enmol.L1.
On a donc pHlog H O 3 . Par suite,H O3 10pH.