Partie I - Angles d'Euler
1. Par dénition des rotations :
r2(−→
i) =−→u , r1(−→u) =−→u , r3(−→u) =−→ i1
⇒ r3◦r2◦r1(−→ i) =−→
i De même
r2(−→
k) =−→ k , r1(−→
k) =−→ k1, r3(−→
k1) =−→ k1
⇒ r3◦r2◦r1(−→ k) =−→
k1. La rotation composée transforme la base orthonormée directe(−→
i ,−→ j ,−→
k)en une base orthonormée directe(−→
i1,−→w ,−→
k1). La seule base orthonormée directe dont le premier et le troisième vecteur sont−→
i1 et−→ k1 est (−→
i1,−→ j1,−→
k1). On en déduit r3◦r2◦r1=r
2. La fonction R = f ◦r−→w ,α◦f−1 est une rotation car elle est composée de plusieurs rotations (les rotations forment un groupe pour la composition). On va montrer que c'est une rotation d'angleαautour de l'axef(−→w).
On vérie facilement queR(f(−→w)) =f(−→w). Pour montrer que l'angle estα, on utilise la formule de changement de base.
Soit U = (−→u ,−→v ,−→w) une base orthonormée directe et V = (f(−→u), f(−→v), f(−→w)). La familleV est également orthonormée directe carf est une rotation. Alors :
MatUr−→w ,α=
cosα −sinα 0 sinα cosα 0
0 0 1
On peut alors regarder la matrice def comme une matrice de passage entre deux bases (elle exprime les vecteurs deV en fonction de ceux de U) puis utiliser la formule de changement de base.
MatUf =PVU⇒MatVR=PU V MatUR PVU
=PU V MatUf MatUr−→w ,αMatUf−1 PVU
= (PU VPVU) MatUr−→w ,α(PU VPVU) = MatUr−→w ,α La forme de cette matrice montre queRest la rotation d'angleαautour def(−→w).
3. On remarque querϕetrψ sont des rotations de même axe. Elles vont donc commuter.
Commer1et Rθ sont des rotations d'angle θmais respectivement autour de−→u et −→ i avec−→u =rϕ(−→
i), la question précédente montre que r1=rϕ◦Rθ◦r−1ϕ De même, commer1(−→
k) =−→ k1 :
r3=r−→
k1,ϕ =r1◦rϕ◦r1−1 On en déduit :
r=r3◦r1◦r2=r1◦rψ◦r−11 ◦r1◦r2=r1◦rψ◦r2
=rϕ◦Rθ◦rϕ−1◦rψ◦rϕ=rϕ◦Rθ◦rψ carrϕetrψcommutent. Le point intéressant dans cette décomposition est que les axes des trois rotations soient dirigés par les vecteurs−→
i et−→
k de la base de départ.
Partie II - Quaternions
Les questions de cette partie se traitent par de simples vérications. Leur correction ne sera pas détaillée.
Partie III - Multiplications
1. La vérication de ce queS,gq,dq,Cqsont des endomorphismes ne pose pas de diculté.
Bien remarquer qu'il s'agit d'une structure deR-espace vectoriel.
Soitq0 un quaternion quelconque, on peut écrire : dq−1(q0) =q0q−1= 1
N(q)q0q= 1 N(q)qq0 donc
dq−1= 1
N(q)S◦gq◦S De même :
Cq =gq◦dq−1 = 1
N(q)gq◦S◦gq◦S
2. a. Pour former la matrice de gq, on exprime les images des vecteurs de base en fonction de(1H,−→
i ,−→ j ,−→
k). On peut se permettre de ne pas écrire complètement certaines matrices car on sait qu'il s'agit de quaternions.
gq(1) =α1H+δ−→ i +γ−→
j +β−→ k
gq(−→ i) =
a −b b a
0 i i 0
=
−ib . ia .
=
−iγ−δ . iα+β .
=−δ1H+α−→ i +β−→
j −γ−→ k
gq(−→ j) =
a −b b a
0 −1 1 0
= −b .
a .
=
−γ+iδ . α−iβ .
=−γ1H−β−→ i +α−→
j +δ−→ k
gq(−→ k) =
a −b b a
i 0 0 −i
= ia .
ib .
=
iα−β . iγ−δ .
=−β1H+γ−→ i −δ−→
j +α−→ k On en déduit :
MatB gq=
α −δ −γ −β
δ α −β γ
γ β α −δ
β −γ δ α
b. La matrice précédente s'écrit avec des blocs2×2 A,B : detgq =
A −B
B A
Ce déterminant n'est pas modié par des opérations élémentaires sur les blocs : detgq=
A −B+iA B A+iB
=
A i(A+iB) B A+iB
=
A−iB 0 B A+iB
=|det(A+iB)|2=
α+iγ −δ+iβ δ+iβ α−iγ
2
=|(α+iγ)(α−iγ)−(δ−iβ)(δ+iβ)|2= (α2+β2+γ2+δ2)2=N(q)2
On en déduit :
detgq =N(q)2 3. L'égalité entre applications linéaires
Cq = 1
N(q)gq◦S◦gq◦S
se traduit par l'égalité suivante entre les déterminants (attention, l'espace est de di- mension4) :
detCq = 1
N(q)4(detgq)2(detS)2 Or(detS)2= 1carS◦S est l'identité. On en déduit :
detCq = 1
Partie IV - Produit scalaire
Dans cette partie −→u et −→v sont deux quaternions purs respectivement de coordonnées (γ, δ, β)et(γ0, δ0, β0)dans la base(−→
i ,−→ j ,−→
k).
−
→u =γ−→ i +δ−→
j +β−→ k =
iβ −γ+iδ γ+iδ −iβ
−
→v =γ0−→ i +δ0−→
j +β0−→ k =
iβ0 −γ0+iδ0 γ0+iδ0 −iβ0
1. Pour vérier que (./.) dénit un produit scalaire, formons le produit matriciel des quaternions.
−
→u−→ u0 =
−ββ0−γγ0−δδ0+i(δγ0−γδ0) .
−δβ0+βδ0+i(γβ0−γ0β) .
On en déduit l'expression du produit scalaire (−→u /−→v) = 1
2tr(−→u−→v) =ββ0+γγ0+δδ0 Ceci montre en même temps que(−→
i ,−→ j ,−→
k)est une base orthonormée. Elle est directe par dénition de l'orientation de l'espaceE des quaternions purs.
2. Dans l'espace vectoriel euclidien oriené E, le calcul en coordonnées (dans une base orthonormée directe) du produit vectoriel−→u−→v donne
δ γ β
∧
δ0 γ0 β0
=
γβ0−γ0β βδ0−β0δ δγ0−δ0γ
On retrouve des expressions gurant dans le produit matriciel calculé plus haut, on en déduit :
−
→u−→v =−(−→u /−→v)1H+−→u ∧ −→v
Les autres expressions demandées par l'énoncé en découlent immédiatement.
Parties V - Rotations
1. a. On doit montrer que l'image par l'applicationCqd'un quaternion pur−→u est encore un quaternion pur. On utilise la conjugaison (un quaternion est pur lorsqu'il est égal à l'opposé de son conjugué).
Cq(−→u) = 1 N(q)q−→u q Cq(−→u) = 1
N(q)q−→u q = 1
N(q)q(−−→u)q=−Cq(−→u) On en déduit queCq(−→u)est un quaternion pur.
b. On notecq la restriction deCq àE. CommeCq(1H) = 1H, la matrice deCq)dans la base(1H,−→
i ,−→ j ,−→
k)est de la forme
1 0 0 0
0 0 0
Mat(−→ i ,→−
j ,−→ k)cq
D'après la dénition du déterminant d'une matrice (ou en développant suivant la première colonne), on obtient
detcq = detCq = 1
c. Commecq est de déterminant 1, pour montrer que c'est une rotation, il sut de montrer qu'il conserve le produit scalaire.
(cq(−→u)/cq(−→v)) =−1
2tr(cq(−→u)cq(−→v)) =−1
2tr(q−→u q−1q−→v q−1)
=−1
2tr(q−→u−→v q−1) =−1
2tr(−→u−→v q−1q) =−1
2tr(−→u−→v) = (−→u /−→v) en utilisant le fait que la trace d'un produit de deux matrices ne change pas si on les permute
2. a. Rappelons que q=
a −b b a
, q=
a b
−b a
cq(−→ i) = 1
N(q)q 0 i
i 0
q= 1 N(q)q
−ib ia ia ib
= 1 N(q)
. .
−ib2+ia2 0
(cq(−→ i)/−→
i) = Im(−ib2+ia2)
N(q) = α2−β2−γ2+δ2 N(q) cq(−→
j) = 1 N(q)q
0 −1 1 0
q= 1 N(q)q
b −a a b
= 1 N(q)
. . b2+a2 0
(cq(−→ j)/−→
j) =Re(b2+a2)
N(q) = γ2−δ2+α2−β2 N(q)
cq(−→ k) = 1
N(q)q i 0
0 −i
q= 1 N(q)q
ia ib ib −ia
= 1 N(q)
i|a|2−i|b|2 .
. .
(cq(−→ k)/−→
k) =Im(i|a|2−i|b|2)
N(q) =α2+β2−γ2−δ2 N(q) b. On déduit de la question précédente que
trcq =3α2−β2−γ2−δ2 α2+β2+γ2+δ2 Cette trace est égale à 3 si et seulement si
3α2−β2−γ2−δ2= 3(α2+β2+γ2+δ2) c'est à dire lorsqueβ2+γ2+δ2= 0ou encore queq∈Vect(1H).
3. Lorsqueq6∈Vect(1H),cq n'est pas l'identité car la trace decq n'est pas égale à la trace de l'identité (qui est 3). De plus :
Cq(q) =qqq−1=q Cq(q) = 1
N(q)qq−1q−1= 1
N(q)q−1=q cq(−→
Vq) =1
2Cq(q−q) = 1
2(q−q) =−→ Vq
4. En utilisant les calculs de la partie IV et les décompositions q=α1H+−→
Vq, q=α1H−−→
Vq
on obtient
q−→u q=α2−→u + 2α−→
Vq∧ −→u −(−→
Vq∧ −→u)∧−→ Vq
q−→u q=α2−→u −2α−→
Vq∧ −→u −(−→
Vq∧ −→u)∧−→ Vq
(cq−c−1q )(−→u) = 4α N(q)
−
→Vq∧ −→u
On sait déjà quecq est une rotation, cette rotation est un demi-tour lorsquecq◦cq est l'identité c'est à dire lorsquecq =c−1q . Comme−→
Vq n'est pas nul, ceci se produit si et seulement siα= 0c'est à dire lorsqueq∈E (qest un quaternion pur).
On suppose dans toute la suite que q 6∈ Vect 1H et q 6∈ E. Il existe alors un unique θ∈]−π, π[tel quecq=rθ,−→
Vq carcq est une rotation qui n'est pas un demi-tour.
5. a. Lorsque cq = rθ,−→V
q la matrice de cq dans une base orthonormée directe de la formeU = (−→a ,−→
b , 1
N(→− Vq)
−
→Vq)est
MatU cq
cosθ −sinθ 0 sinθ cosθ 0
0 0 1
b. On déduit de la matrice précédente et du calcul de la trace decq (V.2) que : trcq =2 cosθ+ 1 = 3α2− k−→
Vqk2 α2+k−→
Vqk2 cosθ=α2− k−→
Vqk2 α2+k−→
Vqk2 =α2− k−→ Vqk2 N(q)
Dans la baseU, la matrice de−→u →−→
Vq∧ −→u se calcule avec l' expression usuelle du produit vectoriel :
0 0 k−→
Vqk
∧
x y z
=
−k−→ Vqky k−→
Vqkx 0
la matrice cherchée est donc :
0 −k−→ Vqk 0 k−→
Vqk 0 0
0 0 0
En identiant les expressions des matrices decq−c−1q dansU obtenues à partir de a. et de V.4., on obtient
sinθ= 2αk−→ Vqk N(q) c. On utilise
tanθ
2 = sinθ 1 + cosθ On en déduit
tanθ
2 = 2αk−→ Vqk N(q) +α2− k−→
Vqk
= k−→ Vqk
α
Cette expression détermine un unique θ2 dans ]− π2,π2[ donc un unique θ dans ]−π, π[.
Partie VI - Quaternions et angles d'Euler
1. Lorsqueqest de la forme q=
eiω 0 0 e−iω
= cosω1H+ sinω−→ k cq est une rotation d'axe−→
k (carsinθ >) et d'angleθ∈]−π, π[déni par : tanθ
2 = sinω
cosω = tanω Lorsquecosω6=π2.
siω∈]0,π2[:cq =r−→k ,2ω.
siω=π2 :cq est le demi-tour d'axeVect−→ k. siω∈]π2, π[:cq =r→−
k ,2ω−2π=r−→k ,2ω Lorsqueqest de la forme
q=
cosω isinω isinω cosω
= cosω1H+ sinω−→ i siω=π2 :cq est le demi-tour d'axeVect−→
i. siω∈]0, π[−{π2},sinω >0:cq=r−→i ,2ω
2. Eectuons le calcul matriciel qui donne la matrice d'une rotation en fonction de ses angles d'Euler :
eiϕ2 0 0 e−iϕ2
cosθ2 isinθ2 isinθ2 cosθ2
"
eiψ2 0 0 e−iψ2
#
=
eiϕ2 0 0 e−iϕ2
"
cosθ2eiψ2 isinθ2e−iψ2 isinθ2eiψ2 cosθ2e−iψ2
#
=
"
cosθ2eiϕ+ψ2 . sinθ2eiψ−ϕ2 .
#
3. Commeqest un quaternion de norme 1 :|a|2+|b|2= 1, il existe donc un réelλ∈]0,π2[ qui permet d`'exprimer les modules sous forme trigonométrique.
|a|= cosλ,|b|= sinλ Introduisons des argumentsµetν dans[0,2π]:
a= cosλeiµ,|b|= sinλeiν Il ne reste plus qu'à identier les deux matrices :
θ
2 =λ, ϕ+ψ
2 =µ, ψ−ϕ
2 =ν
θ= 2λ, ψ=µ+ν, ϕ=µ−ν