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exponentielle complexe

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Texte intégral

(1)

UPMC Séries de fonctions et intégrales dépendant d’un paramètre 2M261 printemps 2017

Amphi B, feuille d’exercices no1 : exponentielle complexe, produit de Cauchy, normes et topologie sur Kn, exponentielles de matrices

Exercice 1 (Exponentielle complexe). Pour tout réel ton notecosptq etsinptq les parties réelle et imaginaire deexppitq. D’après le cours, on a|exppitq| “1,

cosptq “1´t2 2 `t4

4!` ÿ

3

p´1qn t2n

p2nq! (:)

sinptq “t´t3 6 ` ÿ

2

p´1qn t2n`1

p2n`1q! (;)

etcosetsinsont dérivables sur R, de dérivéescos1ptq “ ´sinptqet sin1ptq “cosptq. 1. Montrer que pour toutnPN˚ ettP s0,2son a tn

n! ą tn`2 pn`2q!.

2. En utilisant que les sériesp:q etp;qsont à termes de signes alternés, en déduire que pour tout tP s0,2s on a

sinptq ět´t3

6 ą0 et cosptq ď1´t2 2 `t4

4!.

Par conséquent, la fonctioncosdécroît strictement surr0,2s. Donc pour touttP r0,2sla fonction cosest une bijection décroissante der0, tssurrcosptq,1s, et donc l’image parsÞÑexppisqder0, ts est l’arc de cercle situé dans le demi-plan y ě0 au-dessus du segment rcosptq,1s, cf. la figure ci-dessous :

p0,0q cosptq sinptq

i

Le but de l’exercice est de montrer qu’il existe un unique α P r0,2s tel que e “ i, puis que tÞÑexppitq est périodique de période 4α.

3. En utilisant ce qui précède, montrer que cosp2q ă ´1

3 ă 0. En déduire qu’il existe un uniqueα P r0,2stel que cospαq “0, et qu’alors on a :

(a) sinpαq “1 et donc exppiαq “i.

(b) L’image partÞÑexppitqder0, αsest le quart de cercleCjoignant les nombres complexes 1 eti.

4. Montrer quee4 “1, puis que exppipt`4αqq “exppitq pour tout tPR.

1

(2)

Réciproquement, soit β PR` tel que exppiβq “ 1. Remplaçant β par β´4kα, où k est le plus grand entierě0tel que4kαďβ, on peut supposer que0ďβ ă4α. Posons alorsz“exppiβ{4q. 5. Montrer, d’une part, quez P t˘1,˘iu et, d’autre part, que cospβ{4q ą0. En déduire que

z“1, puis que β“0.

Ce qui précède montre que la période de i ÞÑ exppitq est exactement 4α. On définit π par 2π“4α, d’oùα“π{2.

6. Montrer que l’application z ÞÑ iz, c.-à-d. x`iy ÞÑ ´y`ix est une bijection de C sur le quart de cercleC1 joignantià ´1. En particulier, on aexppiπq “ ´1.

On noteDle demi-cercle supérieur et D1 le demi-cercle inférieur.

7. En utilisant queD1 “ t´z|zPDu, montrer que l’applicationtÞÑexppitqest un morphisme de groupessurjectifdeRsur le cercle unitéS1, et que son noyau est le sous-groupe2πZ. 8. Montrer que tout zPCˆ s’écrit sous la forme z“ρexppiθq, avec ρPR˚` unique etθPR

unique modulo2πZ.

9. En utilisant que exppa`ibq “exppaqexppibq pour touta, bPR, montrer que l’application zÞÑ exppzq est un morphisme de groupes surjectif de C sur Cˆ et que son noyau est le sous-groupe 2iπZ. (Commencer par observer que si exppzq “ 1 alors |exppzq| “ 1, puis utiliser la question (7).)

Exercice 2 (Produit de Cauchy). Soit A la sérieř

1

p´?1qn n .

1. Montrez queA est convergente, mais pas absolument convergente.

2. Pour tout ně2, on pose cn “ p´1qnř1 k“1

? 1 k?

n´k. Montrer que |cn| ě 1 pour tout ně2. Que peut-on en déduire ?

Exercice 3 (Normes sur Rn et Cn). On utilise la lettre Kpour désigner R ou C et pour tout λP K on note |λ|sa valeur absolue. Soit E un K-espace vectoriel. Une norme sur E est une application N :E ÑR` vérifiant les trois propriétés suivantes :

(i) @uPE, Npuq “0ôu“0.

(ii) @uPE, λPK, Npλuq “ |λ|Npuq.

(iii) (Inégalité triangulaire) @u, vPE, Npu`vq ďNpuq `Npvq.

1. Montrer que l’application N8 : Kn Ñ R`, x “ px1, . . . , xnq ÞÑ maxi“1,...,n|xi| est une norme sur Kn. On l’appelle « norme du sup » ou « norme 8».

2. On considère surRn le produit scalaire standard, défini par px |yq “řn

i“1xiyi, et pour toutx“ px1, . . . , xnq PRn, on poseN2pxq “a

px|xq “a

x21` ¨ ¨ ¨ `x2n. On « rappelle » que le produit scalaire est symétrique, i.e. py |xq “ px |yq, linéaire en chaque variable, i.e.pλx`x1 | yq “ λpx | yq ` px1 | yq et de même pour la seconde variable, et vérifie

2

(3)

px|xq ą0pour tout x­“0. En utilisant ces propriétés, montrer que pour toutx, yPRn avec y­“0, on a

0ďN2

ˆ

x´px|yq py|yqy

˙2

“ px|xq ´px|yq2 py|yq avec égalité si et seulement si x“ px|yq

py|yqy. En déduire l’inégalité de Cauchy-Schwarz : p˚q @x, yPRn, |px|yq| ďN2pxqN2pyq,

avec égalité si et seulement si y“0 ou x“ px|yq

py |yqy. En utilisant p˚q, montrer que :

@x, yPRn, N2px`yq ďN2pxq `N2pyq.

En déduire que N2 est une norme surRn, appelée la norme euclidienne.

3. Soient x“ px1, . . . , xnq ety“ py1, . . . , ynqdansRn. Montrer que ˇ

ˇ ˇ ˇ ˇ

n

ÿ

i“1

xiyi ˇ ˇ ˇ ˇ ˇ

ď

˜ n ÿ

i“1

x2i

¸1{2˜ n ÿ

i“1

y2i

¸1{2

.

Dans quels cas a-t-on égalité ?

4. Pour tout z “ pz1, . . . , znq P Cn, on pose N2pzq “a

|z1|2` ¨ ¨ ¨ ` |zn|2. Montrer que N2

est une norme sur Cn. Indication : pour l’inégalité triangulaire, observer qu’en écrivant zk“ak`ibk avecak, bkPR, on a

N2pzq “ b

a21`b21` ¨ ¨ ¨ `a2n`b2n

donc, si l’on identifieCnàR2nviapz1, . . . , znq “ pa1, b1, . . . , an, bnqalorsN2coïncide avec la norme euclidienne sur R2n.

5. Pour toutx“ px1, . . . , xdq PRd, montrer que N8pxq ďN2pxq ď?

nN8pxq.

6. SoitpukqkPNune suite d’éléments de Rd. Montrer que les conditions suivantes sont équi- valentes : (a) la série ř

0N2pukq converge ; (b) la série ř

0N8pukq converge. Si ces conditions sont vérifiées, on dit que la série ř

0uk est absolument convergente.

7. Montrer que si la sérieř

0ukest absolument convergente, elle est convergente. (Utiliser que Rdest complet.)

Soient I un intervalle de R, f une application I Ñ Rd et f1, . . . , fd ses composantes, i.e.fptq “ pf1ptq, . . . , fdptqq pour touttPI. Soit t0PI.

8. On dit quef estcontinueent0si pour toutεą0il existeδą0tel queN8pfptq´fpt0qq ă ε pour tout tPI tel que|t´t0| ăδ. Montrer quef est continue en t0 si et seulement si chaque fi l’est.

3

(4)

9. On dit quef est dérivableen t0, de vecteur dérivéu“ pu1, . . . , udq PRd si

tÑtlim0

t­“t0

1 t´t0

`fptq ´fpt0

“u

c.-à-d. si pour tout εą0il existe δą0 tel que N8´ 1

t´t0

`fptq ´fpt0

´u¯ ăε

pour tout tPI tel que|t´t0| ă δ. Montrer que ceci est le cas si et seulement si chaque fi est dérivable ent0, de dérivée ui.

Exercice 4 (Boules ouvertes et ouverts). Soient E un R-espace vectoriel, N une norme sur E.

Pour toutu0PE etrPR˚

`, on pose

BNpu0, rq “ tuPE|Npu´u0q ăru

et on l’appelle la boule ouverte de centre u0 et de rayonr. On définit de même la boule fermée : BNpu0, rq “ tuPE|Npu´u0q ďru.

1. DansR2, dessiner les boules de centre u0 “ p0,0q et de rayons 1et ?

2, pour les normes N2 etN8.

2. On dit qu’une partie U de E est un ouvertsi pour tout u PU il existe r PR˚

` tel que la boule Bpu, rq soit contenue dans U. Montrer que toute boule ouverte est un ouvert.

(Utiliser l’inégalité triangulaire.)

Exercice 5 (Exponentielles de matrices). On utilise la lettre K pour désigner R ou C. Pour toute matriceA“ paijq PMdpKq on pose :

}A} “N8pAq “ max

1ďi,jďd|aij|.

1. Pour tout A, B P MdpKq, montrer que }AB} ď d}A} }B}. En déduire que, pour tout nPN˚, on a}An} ďd1}A}nďdn}A}n.

2. Montrer que la série exppAq “ ř

0

An

n! est absolument convergente, donc convergente (cf. exercice 3).

3. Pour tout R P R˚`, montrer que la série de fonctions fn : t ÞÑ ptn{n!qAn converge nor- malement sur r´R, Rs. Puis montrer que l’application R Ñ MdpKq, t ÞÑ expptAq est continue.

4. Montrer que, pour touts, tPR, on aexppps`tqAq “exppsAqexpptAq.

5. Montrer que l’applicationRÑMdpKq,tÞÑexpptAqest dérivable en0, puis en touttPR.

4

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