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(1)

SESSION 2008

CONCOURS COMMUN POLYTECHNIQUE (ENSI) FILIERE PC

MATHEMATIQUES 1

Partie I

I.1. La matriceS=diag(λi)1≤i≤n est une matrice carrée réelle positive et symétrique dont la famille des valeurs propres est(λi)1≤i≤n

I.2. a)Puisque Mest d’ordre2,χM=X2−Tr(M)X+det(M) =X2− (−1+1)X+ (−1)×1=X2−1.

b)La matriceS=

0 1 1 0

est positive et symétrique. De plus, χS =X2−1 et donc les deux valeurs propres deSsont

−1et 1.

I.3. La matriceS=

0 1 0 1 0 0 0 0 0

est positive et symétrique. De plus,χS= −X(X2−1)et donc les trois valeurs propres deSsont−1,0et 1.

I.4. La matriceS=

0 1 0 0 1 0 0 0 0 0 0 1 0 0 1 0

est positive et symétrique. De plus, un calcul par blocs montre queχS= (X2−1)2 et donc les quatre valeurs propres deSsont−1,−1,1 et1.

I.5. La trace de Sest positive et est égale à la somme des valeurs propres deS.

Comme(−1) + (−1) +0= −2 < 0,Sne peut admettre (−1,−1, 0)pour famille de valeurs propres.

I.6. a)Soitn≥2.Hest symétrique réelle et donc diagonalisable. On en déduit que toutes les valeurs propres deHsont réelles et que l’ordre de multiplicité de multiplicité de chaque valeur propre est égale à la dimension du sous-espace propre correspondant.

•Si b=0, H=aIn et doncHadmetapour valeur propre d’ordren.

• Si b6= 0, H− (a−b)In est la matrice dont tous les coefficients sont égaux à b. Par suite, rg(H− (a−b)In) = 1 ou encore dim(Ker(H− (a−b)In)) =n−1.Hadmet donc a−bpour valeur propre d’ordren−1.

La dernière valeur propreλest fournie par la trace deH:na=Tr(H) =λ+ (n−1)(a−b)et doncλ=a+ (n−1)b.

En résumé, sin ≥2, Hadmeta−bpour valeur propre d’ordre n−1 et a+ (n−1)b pour valeur propre simple et si n=1,Hadmetapour valeur propre simple.

b)Pour n≥2, on prendb= −1 eta=n. Les valeurs propres deHsontn+1d’ordren−1et 1 d’ordre1. Les valeurs propres deHsont donc toutes positives maisHn’est pas positive puisqueb < 0.

Donc, sin≥2, une matrice symétrique réelle d’ordren dont toutes les valeurs propres sont positives ou nulles n’est pas nécessairement positive.

Par contre, sin=1, le résultat devient vrai car l’unique valeur propre de la matrice est son unique coefficient.

Partie II

II.1. a)Soit(X, Y)∈(Mn,1(R))2. En identifiant une matrice carrée de format1 et son unique coefficient, on a

tXY=tYX= Xn

i=1

xiyi= (X|Y)n.

http ://www.maths-france.fr 1 c Jean-Louis Rouget, 2008. Tous droits réservés.

(2)

b)Soient(X, Y)∈(Mn,1(R))2etS∈ Sn(R). D’après a), (X|SY)n=tXSY et aussi (SX|Y)n=t(SX)Y=tXtSY=tXSY.

c)SoientX∈ Mn,1(R)etP∈ On(R). On a donctPP=In puis kPXkn=pt

(PX)(PX) =√t

XtPPX=√t

XX=kXkn.

II.2. a)(Z|T)n+p= Xn

i=1

ziti+

n+pX

i=n+1

ziti= Xn

i=1

xiyi+ Xp

i=1

uivi= (X|Y)n+ (U|V)p.

b)SiXetYsont orthogonaux dansRnetUetVsont orthogonaux dansRp, alors(Z|T)n+p= (X|Y)n+ (U|V)p=0+0=0 etZet T sont orthogonaux dansRn+p.

c) On prend X= (−1, 0, . . . , 0), Y = (1, 0, . . . , 0), U= (1, 0, . . . , 0) et V = (1, 0, . . . , 0). On a alors(X|Y)n = −1 6= 0 et (U|V)p=16=0mais(Z|T)n+p= −1+1=0. La réciproque du b) est donc fausse.

II.3. a)SoitY= (yi)1≤i≤n∈ Mn,1(R).

(DY|Y)n = ((λiyi)1≤i≤n|(yi)1≤i≤n)n= Xn

i=1

λiy2i ≤α Xn

i=1

y2i =αkYk2n.

b)D’après le théorème spectral, il existe P∈ On(R)telle queS=PDtP. En posantY =PXpour X∈ Mn,1(R)donné, on a

(SX|X)n =tXSX=tXPDtPX=t(PX)D(PX) =tYDY= (DY|Y)n≤αkYk2n=αkPXk2n=αkXk2n. Si de plusX6=0,kXk2n> 0et donc (SX|X)n

kXk2n

≤α.

∀X∈ Mn,1(R)\ {0}, (SX|X)n

kXk2n

≤α.

c)NotonsB= (ei)1≤i≤nune base orthonormée de vecteurs propres deSassociée à la famille de valeurs propres(λi)1≤i≤n. Notons encoreIl’ensemble des indicesitels que λi< α(pour les indices restants, on aλi=α).

SoitXun vecteur colonne non nul. Posons X= Xn

i=1

xiei.

On aSX= Xn

i=1

λixieipuis, comme Best orthonormée,(SX|X)n= Xn

i=1

λix2i etkXk2n= Xn

i=1

x2i. On a alors

(SX|X)n =αkXk2n⇔ Xn

i=1

λix2i =α Xn

i=1

x2i ⇔ Xn

i=1

(α−λi)x2i =0⇔X

i∈I

(α−λi)x2i =0.

Dans cette dernière somme, tous lesα−λi sont strictement positifs. Donc, ou bien l’un desxi, i∈I, est non nul et dans ce cas,

Xn

i=1

(α−λi)x2i > 0ou bien tous lesxi,i∈I, sont nuls et dans ce cas Xn

i=1

(α−λi)x2i =0. En résumé,

(SX|X)n

kXk2n

=α⇔(SX|X)n =αkXk2n⇔X

i∈I

(α−λi)x2i =0

⇔∀i∈I, xi=0⇔X∈Vect(ei)i∈J1,nK\I⇔Xvecteur propre de Sassocié àα.

II.4. a)Pour j∈J1, nK, notonsEj l’ensemble des vecteurs colonnesXdont laj-ème composantexj est positive.

Pour j ∈ J1, nK, l’application fj : X = (xi)1≤i≤n 7→ xj est continue sur Mn,1(R) car linéaire de Mn,1(R) dans R, Mn,1(R)étant de dimension finie surR.

CommeEj=f−1j ([0,+∞[)et que[0,+∞[est un fermé deR(car son complémentaire] −∞, 0[est un ouvert deR),Ejest un fermé deMn,1(R)en tant qu’image réciproque d’un fermé par une application continue. Mais alors,Eest un fermé de Mn,1(R)en tant qu’intersection de fermés deMn,1(R).

Eest un fermé deMn,1(R).

(3)

b)Σest bien sûr borné.Σest aussi fermé en tant qu’image réciproque du fermé{1}par l’application continueX7→kXkn. Mais alorsCest fermé en tant qu’intersection de fermés et borné car contenu dansΣqui est borné.

Cest un fermé borné deMn,1(R).

c)PosonsS= (si,j)1≤i,j≤n.

ϕ(X) = Xn

j=1

Xn

i=1

si,jxi

!

xj= X

1≤i,j≤n

si,jxixj.

Maintenant, chaque application X 7→ xixj est continue sur Mn,1(R) en tant que produit d’applications continues sur Mn,1(R)et doncϕest continue surMn,1(R)en tant que combinaison linéaire d’applications continues surMn,1(R).

ϕest continue surMn,1(R).

d)ϕ est continue sur le compact Cà valeurs dansR.ϕ admet donc un maximum sur C. On en déduit l’existence de µ puis l’existence d’un vecteurX0deCtel que ϕ(X0) =µ.

e) D’après la question II.3.b), α est un majorant de {ϕ(X), X ∈ C}. Puisque µ est le plus petit des majorants de

{ϕ(X), X∈C}, on a donc

µ≤α.

II.5. a)

i)W est positif et d’autre partkWkn= v u u t

Xn

i=1

|xi|2= v u u t

Xn

i=1

x2i =kXkn=1et doncW∈C.

ii)PuisqueS est positive

|ϕ(X)|≤ X

1≤i,j≤n

|si,j||xi||xj|= X

1≤i,j≤n

si,j|xi|×|xj|=ϕ(W).

iii)PuisqueXest un vecteur propre unitaire deS associé à la valeur propreα,|ϕ(X)|=|(SX|X)n|=|α|(X|X)n =|α|.

On en déduit que|α|=|ϕ(X)|≤ϕ(W)≤µ et donc

|α|≤µ.

b) Ceci montre déjà queµ≥0 et donc, puisqueα≥µ, on a aussi α≥0. Mais alors, |α|=α et les questions II.4.e) et II.5.a)iii) fournissentα≤µ≤αet doncα=µ≥0.

Le vecteurX0 défini à la question II.4.d) est donc un vecteur positif vérifiant (SX0|X0)n

kX0k2n

= (SX0|X0)n =αet la question II.3.c) montre queX0est un vecteur propre associé à la valeur propreα.

α≥0et il existe un vecteur propre deS associé àαqui est positif.

c) Soiti ∈J1, nK. Le travail de la question II.5. peut être appliqué sur un vecteur propre unitaire Xassocié à la valeur propreλi et comme en II.5.a)iii), on obtient|λi|≤µ=α.

∀i∈J1, nK, |λi|≤α.

(4)

Partie III

III.1. Soit 2 ∈J1, nK. Puisque (X1, . . . , Xn)est orthonormée, on a tX1Xi = (X1|Xi)n =0. Un calcul par blocs fournit alors

MsZi=

AXi

sY1tX1Xi

=

αiXi

0

i

Xi

0

iZi. De même, pourj∈J1, pK,

MsTj=

sX1tY1Yj

BYj

= 0

βjXj

j

0 Yj

jTj.

∀i∈J2, nK(resp.∀j∈J1, pK),Zi (resp.Tj) est vecteur propre deMsassocié àαi (resp.βj).

III.2. a)D’après II.2.a)

kV(θ)k2n= (V(θ)|V(θ))n+p= (cosθX1|cosθX1)n+ (sinθY1|sinθY1)p=cos2θkX1k2n+sin2θkY1k2p

=cos2θ+sin2θ=1.

V(θ)est unitaire dansRn+p. b)Un calcul par blocs fournit

χM0A×χB = (−1)n+p Yn

i=1

(X−αi) Yn

j=1

(X−βj).

Sp(M0) = (α1, . . . , αn, β1, . . . , βp).

c) i)Puisques6=0,

p(α1−β1)2+4s2>p

1−β1)2=|α1−β1|≥α1−β1, et doncβ1−α1+p

1−β1)2+4s2> 0. En particulier, tanθ16=0 et donc θ16=0.

(ii)On en déduit queθ2∈]0, π[\{π

2}et donc tanθ2existe puis (tanθ1)(tanθ2) = (tanθ1)

− 1 tanθ1

= −1.

iii)tanθ1est solution de l’équation du second degrésX2+(α1−β1)X−s=0. Le produit des solutions de cette équation vaut

−1et donc l’autre solution est− 1 tanθ1

=tanθ2. Ainsiθ1etθ2sont solutions de l’équationstan2θ+(α1−β1)tanθ−s=0 ou aussi de l’équationα1tanθ+stan2θ=β1tanθ+sou enfin de l’équationα1+stanθ=β1+ s

tanθ (puisque tanθ1

et tanθ2ne sont pas nuls).

iv)D’après la question précédente, pour i∈{1, 2},α1+stanθi1+ s tanθi

et donc

MsV(θi) =

cosθiAX1+ssinθiX1tY1Y1

scosθiY1tX1X1+sinθiBY1

=

α1cosθiX1+ssinθiX1

scosθiY11sinθiY1

=

1+stanθi)cosθiX1

( s tanθi

1)sinθiY1

!

=

1+stanθi)cosθiX1

1+stanθi)sinθiY1

= (α1+stanθi)V(θi),

(5)

et doncMsV(θi) = (α1+stanθi)V(θi). De plus,V(θi)est unitaire et doncV(θi)n’est pas nul. Finalement

V(θ1)(resp.V(θ2)) est vecteur propre deMs associé à la valeur propreµ11+stanθi (resp.µ=α1+stanθ2).

v)• Pouri∈J2, nK,kZikn+p=kXikn=1et de même pourj∈J2, pK,kTjkn+p=kYjkp=1. Enfin, V(θ1)etV(θ2)sont unitaires d’après la question II.2.a).

•D’après la question II.2.b), lesZi sont deux à deux orthogonaux, lesTjsont deux à deux orthogonaux et chaqueZi est orthogonal à chaqueTj.

•Pouri∈J2, nK,X1est orthogonal àXiet0est orthogonal àY1. Donc, toujours d’après la question III.2.b), tout vecteur V(θ)est orthogonal à toutZi,2≤i≤n, et de même est orthogonal à toutTj,2≤j≤p.

Finalement, les vecteursV(θ1),V(θ2,Z2, . . . ,Zn,T2, . . . ,Tpforment une base orthonormée deRn+p.

D’après les questions III.1 et III.2.c)iv), tous ces vecteurs sont des vecteurs propres deMs et on a donc trouvé toutes les valeurs deMs.

La famille des valeurs propres deMsest (µ1, µ2, α2, . . . , αn, β2, . . . , βp).

vi)Quands=0,µ1 s’écrit formellementα1+0×tanθ11(bien que tanθ1ne soit pas défini). De même pourµ2.

Partie IV

IV.1. La matrice de format1 A= (λ1)est un élément deS1(R+)admettantλ1pour valeur propre.

IV.2. a)a=λ1n+1≥−λ2−. . .−λn ≥0. D’autre part,a+λ2+. . .+λn ≥0.

En résumé,a≥0 ≥λ2≥. . .≥λn et a+λ2n ≥0. Par hypothèse de récurrence, il existeA∈ S(R+)tel quea, λ2, . . . ,λn soient les valeurs propres deA.

b)a est la plus grande valeur propre deAqui est symétrique réelle et positive. D’après la question II.5.b), Aadmet un vecteur propre positif associé à la valeur proprea. En normant ce vecteur, on obtient un vecteur propre unitaire positif X1deAassocié à la valeur proprea.

c) i)SoitBla matrice nulle de format1 et Y1le vecteur de R1égal à 1. On aBY1=0 et doncY1est un vecteur propre deBassocié à la valeur propreβ1=0.

Ainsi,Ms est de la forme (1) avecp=1, B= (0)∈ M1,1(R)et Y1= (1)∈ M1,1(R).

ii) Les valeurs propres de Asont a, λ2, . . . ,λn et 0 est l’unique valeur propre de B. D’après la question III.2.c)v), les valeurs propres deMs sontµ1=a+stanθ12=a+stanθ22, . . . ,λn.

iii)Sis=√

−λ1λn+1, alors p(α1−β1)2+4s2=p

1n+1−0)2−4λ1λn+1=p

1−λn+1)21−λn+1(carλ1≥λn+1), et donc

stanθ1= 1

2(0−a+λ1≥λn+1) = 1

2(−λ1−λn+11−λn+1) = −λn+1 puisµ1=a+stanθ11n+1−λn+11. Ensuite, d’après la question III.2.c)iii)

µ2=a+stanθ2=a− s tanθ1

=a− (a+stanθ1) = −stanθ1n+1. Les valeurs propres deMssont doncλ1, . . . ,λnn+1quands=√

−λ1λn+1. Maintenant, pour ce choix deS, la matrice Ms est une matrice clairement symétrique et positive ce qui démontre que(Pn+1)est vraie.

On a ainsi montré par récurrence que la propriété(Pn)est vraie pour tout entier naturel non nuln.

IV.3. Exemple a)En développant suivant la première colonne, on obtient

χA=

1−X 2 3

2 1−X 3

3 3 −X

= (1−X)(X2−X−9) −2(−2X−9) +3(3X+3) = −X3+2X2+21X+18= (X+1)(−X2+3X+18) = −(X+1)(X+3)(X−6).

(6)

Les valeurs propres deAsonta=6,λ2= −1 etλ3= −3.

b) Aest une matrice positive et symétrique et ses valeurs propres de Avérifienta≥0 ≥λ2 ≥λ3 et a+λ23 ≥0.

D’autre part,λ14=6=a.

On a mêmeλ1≥0≥λ2≥λ3λ4et λ1234≥0. Le nombresde la question c)iii) estp

−9(−3) =3√ 3.

Déterminons un vecteur propreX1deAassocié à la valeur propre6, unitaire et positif.

PosonsX= (x, y, z).

X∈Ker(A−6I3)⇔



−5x+2y+3z=0 2x−5y+3z=0 3x+3y−6z=0



y= −x+2z

−5x+2(−x+2z) +3z=0 2x−5(−x+2z) +3z=0

y= −x+2z

x=z ⇔x=y=z.

Le vecteurX1= 1

√3(1, 1, 1)convient. La matriceMsde la question précédente s’écrit alors

1 2 3 3 2 1 3 3 3 3 3 3 3 3 3 0

 .

La matriceB=

1 2 3 3 2 1 3 3 3 3 3 3 3 3 3 0

convient.

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