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Rekazator : Analyse harmonique discrète

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Rekazator : Analyse harmonique discrète

1 Les développements

Analyse harmonique sur un cube.

Voici un exercice préliminaire :

Exercice 1.1(Exercice préliminaire -Analyse harmonique discrète).Soit V une représentation (complexe) d’un groupe fini G et α un endomor- phisme de représentation de V.

1. On suppose que, pour tout i ∈ Irr(G), les multiplicités de i, dans la représentationV, sont toutes égales à 0ou1. Dit autrement, on suppose que V est somme directe de représentations irréductibles non isomorphes entre elles. Montrer que α se restreint en une ho- mothétie de rapport λi, i ∈ Irr(G), sur chacune des composantes irréductibles. En déduire que

αn = X

i∈Irr(G)

λniπi, exp(α) = X

i∈Irr(G)

exp(λii.

2. On suppose, de plus, que V = CX, muni de sa base canonique (ex)x∈X, est la représentation par permutation pour l’action de G sur un ensemble (fini)X. Montrer que l’action est transitive et que le projecteur de V sur sa composante triviale est donné par

πtriv(v) = µvX

x∈X

ex, avec µv := 1

|X|

X

x∈X

vx,

avecv = (vx)x∈X.

Soluce

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1. On sait que α respecte toutes les composantes isotypiques. Or, par hypothèse, toutes les composantes isotypiques sont irréductibles. Par le lemme de Schur, α se restreint donc en une homothétie sur chacune de ces composantes irréductibles.

Les deux dernières formules sont des conséquences directes.

2. Tout d’abord, on sait que la composante triviale a pour dimension le nombre d’orbites deGsurX. Comme, par hypothèse, la représentation triviale apparaît avec multiplicité0ou1, on obtient que la multiplicité est forcément 1, et donc, que l’action de G est bien transitive.

On sait que le projecteur πtriv sur la composante triviale vérifie

πtriv(ex) = 1

|G|

X

g∈G

eg·x,

pour toutxdansX. Or, comme l’action est transitive, pour toutydans X, il existe g0 dans G tel que g0 ·x = y et l’ensemble des g vérifiant cette propriété est g0Gx, où Gx est le stabilisateur de x. On en déduit

πtriv(ex) = |Gx|

|G|

X

y∈X

ey = 1

|X|

X

y∈X

ey,

ce qui donne l’assertion demandée.

Exercice 1.2 (Analyse harmonique sur un cube). On place des nombres x1, . . . , x6 sur les six faces d’un cube. Tous les jours, on remplace, sur chaque facei, le nombre marqué par la moyenne arithmétique des nombres inscrits sur les quatre faces adjacentes à la face i. En utilisant l’exer- cice 1.1, trouver les nombres qui seront inscrits au n-ième jour.

Soluce

Nous allons tout d’abord modéliser ce problème : l’inscription de nombres (complexes) sur toutes les faces du cubes sera considérée comme un élément de V := CF, où F désigne l’ensemble des faces du cube. Le groupe G des isométries positives du cube est isomorphe à S4 et il agit sur l’ensemble des faces du cube. On récupère donc une représentation par permutation deGsur V =CF. Maintenant, si l’on considère l’applicationα qui envoie un élément v := (vi)i∈F deCF sur l’élément(wi)i∈F, tel que wi = 14P

j↔ivj, alors le but de l’exercice est de calculer αn(v). Pour cela, nous constatons que :

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1. α est un morphisme de représentations.

En effet, α est linéaire, et le reste provient du fait que G respecte l’adjacence des faces, dit autrement, si l’on notei↔j pour dire que la face i est adjacente à la face j, alors,

i↔j si et seulement si g·i↔g·j.

On a donc d’une part

α(g·v)

i = 1 4

X

j↔i

(g·v)j = 1 4

X

j↔i

vg−1·j,

et d’autre part

g·α(v)

i = α(v)

g−1·i = 1 4

X

k↔g−1·i

vk= 1 4

X

g·k↔i

vk.

L’égalité α(g·v)

i = g·α(v)

i se voit alors en posant j =g·k.

2. Avec les notations de la table de caractères de S4, on a V = Vtriv ⊕ Vφ⊕Vstd.

Pour montrer cette décomposition on calcule le caractère de la G- représentation V, c’est-à-dire, pour chaque élément g de G, le nombre de faces invariantes par g. Avec les notations précédentes de la table de caractères, il vient

|Cg| 1 6 3 8 6

S4 Id (12) (12)(34) (123) (1234)

χtriv 1 1 1 1 1

χstd 3 −1 −1 0 1

φ 2 0 2 −1 0

χV 6 0 2 0 2

Effectivement, les rotations (non triviales) ayant pour axe les droites passant par les centres des faces opposées du cube, ont deux faces in- variantes et les autres rotations non triviales ne laissent fixe aucune face. On voit les multiplicités par un calcul de produit hermitien. Par exemple

std, χVi= 1

24(3×6−3×2×1 + 6×2×1) = 1

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3. On note σ : v 7→ v l’application qui envoie (vi)i∈F sur (vi)i∈F, où i désigne la face opposée à i. Les projecteurs πtriv, πφ et πstd vérifient alors

πtrivφ = 1

2(Id +σ), πstd= 1

2(Id−σ).

En effet : soit P, resp. I, le sous-espace de V constitué des v tels que vi =vi, resp. vi =−vi. Alors,P⊕I =V, et 12(Id +σ), resp. 12(Id−σ), sont des projecteurs sur P, resp. surI. De plus, commeg·(i) = (g·i) pour toutg deG,P etI sont des sous-représentations deV. Elles sont toutes deux de dimension 3, c’est-à-dire, le nombre de paires de faces opposées du cube. Comme Vtriv ⊂ P, une considération de dimension et l’unicité de la décomposition en isotypiques forcent à avoir P = Vtriv ⊕Vφ et I = Vstd. Ceci implique les formules annoncées sur les projecteurs.

4. Les rapports d’homothéties assurés par l’exercice 1.1 sont donnés par λtriv = 1, λφ=−12 etλstd = 0.

En effet, il est clair que α se restreint en l’identité sur Vtriv, et donc λtriv = 1. Notons maintenant que, dans la base canonique(ei)i∈F deCF, la matrice deαn’a que des zéros sur la diagonale ; on a donctr(α) = 0.

On voit de la même manière, en prenant pour base de P, resp. I, la base (ei+ei), resp.(ei−ei), quetr(α|P) = 0, resp. tr(α |I) = 0. On a donc λtriv+ 2λφ= 0 et 3λstd = 0.

Au final, on obtient bien la formule explicite

αntriv+ (−1 2)n 1

2(Id +σ)−πtriv

, n >0.

Tout y est explicite, puisque πtriv est donnée l’opérateur « moyenni- sant », donné par l’exercice 1.1. La suite tend, comme on pouvait s’y attendre, vers πtriv.

Remarque. Ceci est un ravissant toy model de l’application de la théorie des représentations à la physique lorsque l’on travaille sur un système possé- dant une certaine symétrie. Il est inspiré du livre [?] d’Alexandre « Sachanx » Kirillov. Attention, tout de même ! Nous n’avons fait ici que diagonaliser une matrice de taille 6; nous n’avions pas besoin spécialement de la théorie des représentations. Mais le problème illustre l’utilisation de la théorie, princi- palement en physique, et l’idée de l’utilisation d’un groupe qui conserve la structure d’un objet en évolution et qui permet d’interpréter efficacement la diagonalisation en termes de sous-représentations, tout en ayant un accès gratuit aux projecteurs spectraux.

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