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Equations différentielles

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

le 18 F´evrier 2010 UTBM MT12

Arthur LANNUZEL http ://mathutbmal.free.fr

Equations diff´ erentielles

K=Rou C.

1 Forme g´ en´ erale.

D´efinition 1.1 Soit n∈N fix´e.

i) On appelle´equation diff´erentielle d’ordrenen y: R K, r´esolue en y(n), l’´equation (E) : y(n) =ϕ(x, y, y, ..., y(n1))

o`u ϕ:R×Kn−→K une fonction.

ii) On appellesolution de (E) toute fonctionf :If R−→K (If intervalle),n fois d´erivable telle que

∀x∈I, f(n)(x) = ϕ(x, f(x), f(x), ..., f(n1)(x)).

Une solution est donc toujours associ´ee `a un intervalle If R. La solution f de (E) est dite maximale ssi il n’existe pas de solution g surIg telle que If ⊂Ig et If ̸=Ig et∀x∈If, f(x) = g(x).

Remarque 1.2 i) Si ϕ est continue alors les solutions appartiennent `a Cn(If,K).

ii) La repr´esentation graphique d’une solution s’appelle courbe int´egrale de (E).

Exemples 1.3 i) (E) : y =y2. ii) (E) : y = 2

y (y≥0) iii) (E) : y′′ey = 2.

Probl` eme de Cauchy en un point.

D´efinition 1.4 Soit (E) : y(n) =ϕ(x, y, y, ..., y(n1)).

On dit quef estune solution au probl`eme de Cauchy au point (x0, y0, y0, ..., y(n0 1)) R×Kn ssi f est solution de E et f(x0) =y0, f(x0) =y0, ..., f(n1)(x0) =y0(n1) (conditions initiales).

(2)

Th´eor`eme 1.5 (th´eor`eme de Cauchy-Lipschitz) (admis)

Soit(E) : y(n) =ϕ(x, y, y, ..., y(n1)), une ´equation diff´erentielle avecϕ:I×J1×...×Jn−→R C1 (i.e. d´eriv´ees partielles continues) et I, J1, ..., Jn ouverts.

Si (x0, y0, y0, ..., y(n0 1))∈I ×J1 ×...×Jn alors il existe une unique solution maximale au probl`eme de Cauchy au point (x0, y0, y0, ..., y(n0 1)) sur I.

Exercice 1.6 (voir exemple 1.3) i)

{ y = 2. y

y(0) = 0 avec ϕ(x, y) = 2√

y∈ C1(R×[0,+[,R) (intervalle non ouvert).

V´erifier que l’on a plusieurs solutions maximales.

ii)

{ y = 2.√y

y(0) = 1 avec ϕ(x, y) = 2√

y ∈ C1(R×]0,+[,R) (intervalle ouvert).

On n’a qu’une seule solution maximale :

y(x) = (t+ 1)2 si t∈]1,+[.

2 Equations du premier ordre ` a variables s´ epar´ ees.

D´efinition 2.1 On appelle´equation du premier ordre `a variable s´epar´ees, les ´equations qui se ram`enent `a une ´equation du type :

f(y).y =g(x).

(On les r´esout en int´egrant de chaque cˆot´e) Exemples 2.2 i) Soit (E) : x2.y =ey. ii) xyln(x) = (3 ln(x) + 1)y sur I =]1,+[.

3 Equations diff´ erentielles lin´ eaires d’ordre 1.

On appelle ´equation diff´erentielle lin´eaire d’ordre 1, une ´equation de la forme : (E) : a(x).y +b(x).y−c(x) = 0⇔a(x).y+b(x).y =c(x)

o`ua, b, csont des fonctions donn´ees deRdansK.cs’appelle lesecond membrede l’´equation.

Supposons connue une solution particuli`ere y0(x) de (E).

Soit y, une solution de (E). Posons y(x) =y0(x) +Y(x) alors y =y0+Y et a(x).(Y+y0) +b(x).(Y +y0) = c(t)⇔a(x).Y+b(x).Y = 0.

Conclusion 3.1 Les solutions de (E) s’obtiennent en ajoutant toutes les solutions de (Eh) `a une solution particuli`ere de (E) o`u

(Eh) : a(x).y+b(x).y = 0 est l’´equation homog`ene associ´ee `a (E).

(3)

3.1 Cherchons toutes les solutions de (E

h

).

On suppose a, b continues sur les intervalles que l’on consid`ere.

(Eh) : a(x).Y+b(x).Y = 0⇔a(x).Y =−b(x).Y

⇐⇒ Y

Y =−b(x)

a(x) sur Ia o`uIa est un intervalle sur lequel a(x)̸= 0, donc

(Eh)⇐⇒ln|Y|=

−b(x)

a(x)dx+K (K K) sur Ia

⇐⇒Y =c.e

b(x) a(x)dx

(cK)sur Ia. Donc {Y =c.e

b(x) a(x)dx

, c K} est l’ensemble des solutions de (Eh) sur un intervalle Ia. C’est un espace vectoriel sur Kde dim. 1.

Conclusion 3.2 Les solutions de (E) sur Ia est {y =y0+c.e

b(x) a(x)dx

, c∈K}. Exemples 3.3

Trouver la solution de l’´equation diff´erentielle y+xy= 0 qui v´erifie y(0) = 12.

3.2 Recherche d’une solution particuli` ere de (E ) par la m´ ethode de la ”variation de la constante”.

Soit {y(x) = k.f(x), k K} l’ensemble des solutions de l’´equation homog`ene (Eh).

On recherche une solution de (E) en faisant varier la constante : c’est `a dire, on cherche une solution de la formey0(x) = k(x).f(x).

Donc y0(x) = k(x).f(x) +k(x).f(x). En rempla¸cant dans (E), on obtient a(x).(k(x).f(x) +k(x).f(x)) +b(x).k(x).f(x) = c(x)

⇐⇒a(x).k(x).f(x) = c(x)

⇐⇒k(x) = c(x)

a(x).f(x) sur lintervalle Ia

⇐⇒k(x) =

c(x)

a(x).f(x)dx sur Ia

Conclusion 3.4 L’ensemble des solutions de (E) sur Ia est {y(t) =

c(x)

a(x).f(x)dx.e

b(t) a(t)dt

+k.e

b(t) a(t)dt

, k K}. Exemples 3.5 i) y+y= sin(x).

(4)

ii) xy +y=ex.

iii) Soit (E) : (x2+ 1).y−x.y =

x2+ 1.

4 Equations diff´ erentielles lin´ eaires de d’ordre 2.

4.1 Sans second membre.

(E) : y′′+a(x).y+b(x).y = 0

Supposons que l’on connaisse d´ej`a une solution y1 non nulle de (E) (ne s’annulant pas sur I) et cherchons toutes les solutions de la formey =y1.z. On a

y =y1.z+y1.z et

y′′ =y1.z+y1.z′′+y1.z+y′′1.z donc, en rempla¸cant dans (E), on obtient

y′′ =y1.z+y1.z′′+y1.z+y′′1.z+a(t).(y1.z+y1.z) +b(t).y1.z = 0

⇐⇒y1.z′′+ (2.y1 +a(t).y1).z+ (y′′1 +a(t).y1 +b(t).y1).z = 0.

Or y1′′+a(t).y1 +b(t).y1 = 0, donc l’´equation pr´ec´edente est ´equivalente `a y1.z′′+ (2.y1 +a(t).y1).z = 0.

Que l’on sait r´esoudre en posant Z = z (´equation diff´erentielle lin´eaire du premi`ere ordre homog`ene).

Conclusion 4.1 L’ensemble des solutions de (E) sur I est {y(x) =k1.

g(x)dx.y1(x) +k2.y1(x), k1, k2 K}

o`u g est une solution de

y1.Z+ (2.y1 +a(t).y1).Z = 0.

C’est un espace vectoriel de dimension 2 (il suffit donc de trouver 2 solutions ind´ependantes pour avoir une base).

Exemples 4.2 R´esoudre (E) : (x+ 1).y′′(2x1).y + (x2).y = 0.

On a une solution ´evidente : y1 :x7→ex

4.2 Equations diff´ erentielles lin´ eaires d’ordre 2 sans second mem- bre ` a coefficients constants.

Soit a, b∈R.

(E) : y′′+a.y+b.y = 0

1 - Si a=b= 0, l’ensemble des solution de (E) est {y(x) =λ.x+µ, λ, µ∈R}(d´efinies surR).

(5)

2 - Si = 0 oub ̸= 0, on d´efinitPE(r) :=r2+a.r+b lepolynˆome caract´eristique de (E).

Soit ∆ :=a2 4.b.

Alors :

i) Si ∆>0, PE(r) admet deux racines distinctes r1 etr2. Alors er1.x et er2.x sont des solutions ind´ependantes de (E) donc l’ensemble des solutions de (E) est

{y(x) = λ.er1.x+µ.er2.x, λ, µ∈R}.

ii) Si ∆ = 0,PE(r) admet une racinesr1. Alors er1.xet x.er1.xsont des solutions ind´ependantes de (E) donc l’ensemble des solutions de (E) est

{y(x) = (λ.+µ.x).er1.x, λ∈R}.

iii) Si ∆ < 0, PE(r) admet deux racines complexes distinctes (conjugu´ees) r1 = α+ et r2 =α−i.β. Alors eα.x.cos(β.x) eteα.x.sin(β.x) sont des solutions ind´ependantes de (E) donc l’ensemble des solutions de (E) est

{y(x) = (λ.cos(β.x) +µ.sin(β.x)).eα.x, λ, µ∈R}.

Exercice 4.3 R´esoudre les ´equations diff´erentielles : 1) y′′+ 2y+ 5y = 0,

2) y′′+ 4y+ 4y = 0.

3) y′′−y 2y= 0. Donner la solution qui v´erifie y(0) = 0 et y(0) = 1.

4.3 Equations diff´ erentielles lin´ eaires d’ordre 2 avec second membre.

On veut r´esoudre

(E) : y′′+a(x).y+b(x).y =c(x).

On r´esout tout d’abord l’´equation homog`ene

(Eh) : y′′+a(x).y+b(x).y = 0 par les m´ethode pr´ec´edentes.

L’ensemble des solution de (Eh) est {y(x) =λ.f(x) +µ.g(x), λ, µ∈R}.

Remarque 4.4 De la mˆeme fa¸con que pour les ´equations diff´erentielles lin´eaires du premier degr´e, on montre que l’ensemble des solutions de (E) s’obtient en ajoutant `a une solution particuli`ere de (E) toutes les solutions de (Eh).

4.3.1 Recherche d’une solution particuli`ere de (E) par la m´ethode de la ”variation de la constante”.

On recherche une solution de (E) en faisant varier la constante : c’est `a dire, on cherche une solution de la forme y0(x) =λ(x).f(x) +µ(x).g(x).On impose de plus λ.f +µ.g = 0(il suffit de trouver unesolution particuli`ere).

(6)

Donc

y0 =λ.f+λ.f +µ.g+µ.g =λ.f +µ.g y′′0 =λ.f +λ.f′′+µ.g+µ.g′′. En rempla¸cant dans (E), on obtient

λ.f+λ.f′′+µ.g+µ.g′′+a(x).λ.f+a(x)µ.g+b(x).λ.f+ (

¯

x).µ.g =c(x)

⇐⇒λ.f+µ.g =c(x).

Il suffit donc de trouver une solution du syst`eme :

{ λ.f +µ.g =c(x) λ.f +µ.g = 0

On trouve alors un λ(x) et un µ(x) et l’ensemble des solution de (E) est alors {y(x) =λ(x).f(x) +µ(x).f(x) +λ.f(x) +µ(x).g(x), λ, µ∈R}. Exemples 4.5 R´esoudre (E) : y′′−y=ex.

4.4 Recherche d’une solution particuli` ere de (E) dans le cas de co- efficients constants et d’un second membre ”simple”.

a - Si c(x) est un polynˆome de degr´e n.

3 cas se pr´esentent :

- Si b ̸= 0, on recherche une solution de (E) sous la forme d’un polynˆome de degr´e n.

Exemples 4.6

R´esoudre y′′+y+ 2y=x3+ 1.

- Si b = 0 et a ̸= 0, on recherche une solution de (E) sous la forme d’un polynˆome de degr´e n+ 1.

- Si b =a= 0, on trouve une solution facilement.

b- Si c(x) est de la forme emx.Q(x) (m C), Q(x) ´etant un polynˆome de degr´e n.

On pose y = emx.z, ce qui nous donne z′′ +α.z +β.z = Q(x) que l’on sait r´esoudre comme ci-dessus.

Exercice 4.7

i) y′′5y+ 6y=ex

ii) y′′+ 2.y+ 2.y =x.ex.sin(x).

(7)

b- Si c(x) est de la forme λ.cos(βx) +µ.sin(βx).

on recherche une solution de (E) sous la forme a.cos(βx) +b.sin(βx).

Exercice 4.8 R´esoudre y′′+y+y= 13 cos(2x).

Remarque 4.9 Pour trouver une solution particuli`ere dey′′+a.y+b.y =c1(x)+c2(x), il suffit de faire la somme d’une solution de y′′+a.y+b.y =c1(x)et d’une solution de y′′+a.y+b.y= c2(x).

5 Syst` eme d’´ equations diff´ erentielles lin´ eaires.

K=Rou C.

Soit le syst`eme den ´equations diff´erentielles lin´eaires `an inconnues :

(S) :







∂y1

∂t = a1,1.y1 +a1,2.y2 ... +a1,n.yn +c1(t)

∂y2

∂t = a2,1.y1 +a2,2.y2 ... +a2,n.yn +c2(t)

... ... ... ... ... ...

∂yn

∂t = an,1.y1 +an,2.y2 ... +an,n.yn +cn(t)

En posant A= (ai,j)1i,jn,Y(t) =



y1(t) y2(t) ...

yn(t)



et C(t) =



c1(t) c2(t) ...

cn(t)



, on obtient

(S) : ∂Y

∂t =A.Y +C(t)

Supposons A trigonalisable (ou diagonalisable) d’o`u A = P.T.P1 avec T triangulaire (ou diagonale), alors

(S) ∂Y

∂t =P.T.P−1.Y +C(t)

⇐⇒P1.∂Y

∂t =T.P1.Y +P1C(t)

⇐⇒ ∂(P1.Y)

∂t =T.P1.Y +P1C(t).

PosonsZ :=P1.Y alors

(S)(S2) : ∂Z

∂t =T.Z+P1.C(t).

Or on sait r´esoudre (S2). Pour avoir les solutions de (S), il suffit de multiplier celle de (S2) par P.

Remarque 5.1 Si C(t) est nul, le calcul de P1 n’est pas n´ecessaire.

(8)

Exercice 5.2 R´esoudre le syst`eme diff´erentiel :

(S) :



∂x

∂t = −x−y+ 2z

∂y

∂t = −x+z

∂z

∂t = 2x−y+ 3z o`u x, y, z sont des fonctions d´efinies et d´erivables sur R. Exercice 5.3 R´esoudre le syst`eme diff´erentiel :



∂x

∂t = −x−y+ 2z+ 1

∂y

∂t = −x+z+t

∂z

∂t = 2x−y+ 3z+t o`u x, y, z sont des fonctions d´efinies et d´erivables sur R.

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