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Centrale Maths 2 MP 2020 — Corrigé

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Academic year: 2021

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© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 1/24

Centrale Maths 2 MP 2020 — Corrigé

Ce corrigé est proposé par Rémi Pellerin (ENS Lyon) ; il a été relu par Julie Gau- thier (professeur agrégé) et Benjamin Monmege (enseignant-chercheur à l’université).

Ce sujet traite d’espaces à noyau reproduisant, qui sont des espaces préhilber- tiens réels de fonctions d’un intervalle I vers R pour lesquels toutes les applica- tions f 7→ f(x) sont des formes linéaires continues et tels que pour tout x I, il existe une fonction kx : IR représentant toutes les fonctionsf par le biais de l’égalitéf(x) =hkx, fi. Il est composé de quatre parties.

Dans la première, on montre une propriété élémentaire sur les vecteurs propres des endomorphismes autoadjoints. La question 5 sera plusieurs fois utile par la suite.

La partie II introduit un opérateur T défini avec une intégrale dont on obtient une expression analytique. Pour cela, le sujet propose une étude exhaustive de ses éléments propres. La dimension de l’espace ambiant est infinie, ce qui rend la chose un peu délicate.

La partie suivante étudie trois exemples d’espaces à noyau reproduisant et un contre-exemple en utilisant l’opérateur T de la partie II. Signalons que la dernière question est la plus difficile car elle demande de la créativité.

La partie IV contient deux sous-parties et propose d’établir des résultats gé- néraux sur les espaces à noyau reproduisant. On commence par montrer que tous les éléments d’un tel espace sont continus, puis on voit comment construire un espace à noyau reproduisant à partir d’une généralisation de l’opérateur T introduit en partie II.

Ce sujet est très long et assez répétitif. Il était impossible de le terminer dans le temps imparti, même en rédigeant de façon très lapidaire ! Le jour de l’épreuve, il ne fallait pas hésiter à traiter en priorité les questions les plus simples. Les parties, et même les sous-parties, sont assez indépendantes et ne sont pas rangées par difficulté croissante. Les questions 14 et 16 sont longues et calculatoires. Il fallait aussi prendre garde à ne pas confondre les différents produits scalaires et normes manipulés au cours de l’épreuve.

Ce sujet permet de revoir les notions essentielles concernant les espaces préhil- bertiens réels et de travailler certaines subtilités entre dimensions finie et infinie.

Le chapitre d’intégration est lui aussi à l’honneur car il constitue la base de chaque exemple à l’exception de celui sur les séries entières. Enfin, certaines questions de la partie II demandent une bonne maîtrise des équations différentielles, notamment dans leur aspect calculatoire.

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© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 2/24

Indications

Partie I 2 Développer l’expression deϕ(t).

3 Montrer que 0 est un extremum local pourϕ.

4 Utiliser la formule établie à la question 2.

5 Remarquer queustabilise (Rx0).

Partie II

7 Introduire

={(s, t)[ 0 ; 1 ]2|t < s} et +={(s, t)[ 0 ; 1 ]2|t > s}

et établir la continuité de K en tout point de la diagonale{(s, s)[ 0 ; 1 ]2}.

10 Commencer par établir que

∀kN ∀s[ 0 ; 1 ] T(pk)00(s) =−sk

12 La fonctionks n’étant pas dérivable ens, découper l’intégrale en deux sur [ 0 ;s[ et ]s; 1 ].

14 Raisonner par analyse-synthèse.

16 Utiliser la question 13 pour justifier que T n’admet pas 0 pour valeur propre.

SoitλRune valeur propre de T. Résoudre l’équation différentielle y00+1

λy= 0

en discutant suivant le signe de λ. Montrer, en utilisant les résultats des ques- tions 11 et 15, que siλ <0 ou queλπN, alorsλn’est pas valeur propre.

17 Remarquer que ∀(f, g)E2 hT(f), gi=hT(f),T(−g)00i 18 Utiliser les questions 1, 5 et 17.

19 On rappelle que

∀(p, q)R2 cos(p)cos(q) =−2 sin p+q

2

sin pq

2

21 Utiliser la question 16 pour obtenir une expression de T(gk) puis la question 20.

22 On rappelle qu’une famille de vecteurs (xi)i∈Iest totale dans l’espace vectoriel E si, par définition,

Vect{xi |iI}= E Utiliser la question 8.

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© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 3/24 Partie III

25 Attention, on n’a pas a priori T(f00) = T(f)00. Montrer directement en intégrant par parties que T(f00) =−f.

26 La démarche suggérée par l’énoncé, à savoir utiliser le résultat de la question 25, semble vouée à l’échec ou du moins, assez délicate... Calculer plutôt directe- ment U(f)(s) pour f E1 et s [ 0 ; 1 ] en découpant l’intégrale suivant une subdivision bien choisie contenants.

28 Construire une suite de fonctions (fn) qui converge vers 0 pour la norme associée au produit scalaire mais qui ne converge pas simplement vers la fonction nulle.

On pourra par exemple imposerfn(0) = 1 pour toutnN. 30 Établir que ∀(x, y)R2 x2+y2>2 |x y|

33 Remarquer que :∀(x, y)R2 min(x,·)0(y) =

1 siy < x 0 siy > x 34 Chercher un produit scalaire de la forme

h·,·i:

E4 −→R (f, g)7−→

Z a 0

ω(t)f0(t)g0(t) dt ω: [ 0 ;a]Rest une application à déterminer.

Partie IV 35 Commencer par montrer que N(Vx)6p

hkx, kxipour tout xI. Pour conclure à l’égalité, distinguer les cas kx = 0 et kx 6= 0. On pourra étudier la fonc- tionf :x7→kx/kkxk.

36 Remarquer que : ∀f E ∀xI f(x) :x7→ h·, fi ◦kx

37 Rappelons que si F est un sous-espace vectoriel de E de dimension finie, alors F est un supplémentaire. Utiliser le théorème du rang.

38 Commencer par montrer que pour toutx[ 0 ; 1 ], A(x,·)(Ker T) où l’ortho- gonal est pris au sens du produit scalaire h·,·i. Introduire un élément fxIm T tel que S(fx) = A(x,·).

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© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 4/24

I. Préliminaires

1 SoitxF. Montrons queu(x)F. PouryF, hu(x), yi=hx, u(y)i= 0

caru(y)F etxF. Ainsi,u(x)F, ceci pour toutxF. Par conséquent, Si F est stable par ualors F l’est aussi.

Un endomorphismeuvérifiant la propriété

∀(x, y)E2 hu(x), yi=hx, u(y)i est ditautoadjoint.

2 Pour tR,

ϕ(t) = hu(x0cos(t) +ysin(t)), x0 cos(t) +y sin(t)i

=hcos(t)u(x0) + sin(t)u(y), x0 cos(t) +y sin(t)i (uest linéaire) ϕ(t) = cos2(t)hu(x0), x0i+ sin2(t)hu(y), yi+ 2 cos(t) sin(t)hu(x0), yi ceci carhu(x0), yi=hx0, u(y)iet par bilinéarité du produit scalaire. Ainsi,ϕest une combinaison linéaire de fonctions de classeC1donc

L’applicationϕest de classeC1surR. 3 SoittR. On a alors

kγ(t)k2 =hγ(t), γ(t)i

=hx0cos(t) +y sin(t), x0 cos(t) +y sin(t)i

= cos2(t)kx0k2+ sin2(t)kyk2 (x0y)

= cos2(t) + sin2(t) (x0 ety étant unitaires) kγ(t)k2 = 1

Ainsi, ∀tR kγ(t)k= 1

De ce fait, ∀tR ϕ(t) =hu(γ(t)), γ(t)i6hu(x0), x0i

ce qui prouve que ϕ a un maximum global donc local en 0. L’application ϕ étant dérivable au voisinage de 0 d’après le résultat de la question 2, il s’ensuit que

ϕ0(0) = 0

4 Dérivons l’expression de ϕobtenue à la question 2. Pour touttR, ϕ0(t) =−2 cos(t) sin(t)hu(x0), x0i+ 2 cos(t) sin(t)hu(y), yi

−2 sin2(t)hu(x0), yi+ 2 cos2(t)hu(x0), yi

Par conséquent,ϕ0(0) = 2hu(x0), yi. Or,ϕ0(0) = 0 d’après le résultat de la question 3.

Il s’ensuit quehu(x0), yi= 0 puis que

Les vecteursy etu(x0) sont orthogonaux.

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