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Quelques aspects du problème du magnétisme

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(1)

HAL Id: jpa-00205385

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Submitted on 1 Jan 1929

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Quelques aspects du problème du magnétisme

Walther Gerlach

To cite this version:

Walther Gerlach. Quelques aspects du problème du magnétisme. J. Phys. Radium, 1929, 10 (8),

pp.273-282. �10.1051/jphysrad:01929001008027300�. �jpa-00205385�

(2)

I.E

JOURNAL

DE

PHYSIQUE

ET

LE RADIUM

QUELQUES

ASPECTS DU

PROBLÈME

DU

MAGNÉTISME

Par WALTHER

GERLACH,

Professeur à la Faculté des Sciences de

Tübingen (1).

SÉRIE VI.

ToME

X. AOUT 1929

N° 8

C’est pour

moi,

à la fois un

appréciable

honneur et une

grande

joie

que de traiter des

problèmes

du

magnétisme,

dans

le pays

qui

a vu se

développer

avec

Ampère

la

première

théorie

atomistique

du

ferromagnétisme

et avec Curie,

Langevin,

Weiss et la notion du

magnéton

et la

première

théorie du

paramagnétisme.

L’étude du

magnétisme qui

avait autrefois pour

objet

à peu

près

unique

la réalisation de machines de

plus

en

plus

importantes,

est devenue

progressivement,

depuis

le début de ce

siècle,

un

précieux

moyen

d’investigation

de la structure de l’atome et

même,

pouvons-

nous dire

aujourd’hui,

de celle du noyau de l’atome et de l’électron.

On

peut

distinguer

trois stades dans cette évolution : en

premier

lieu

l’époque

de l’étude

expérimentale

des

}Jlténornènes

magnétiques,

c’est-à-dire

l’époque

où se sont formées

nos connaissances relatives aux réactions des corps vis-à-vis des forces

magnétiques.

Le second stade serait

marqué

par les tentatives

d’Ampère

et de Weber pour mettre en

évidence un

rapport

entre l’aimantation des corps et le moment

pris

par un

solénoïde,

en

s’appuyant

sur

l’hypothèse

des courants moléculaires à l’intérieur des corps

ferroma-gnétiques, hypothèse qui

se trouve maintenant

singulièrement

renforcée

depuis

les travaux de

Richardson,

Einstein et de Haas. Enfin la troisième

époque

de cette évolution

corres-pondrait

à la

généralisation

de cette même

hypothèse

à tous les corps, par

eut

par

Bohr,

grâce

à l’introduction de cette théorie du

magnéton

qui joue

un rôle d’une si

grande

importance

dans la théorie des

quanta

sous sa forme la

plus

récente.

Tandis que Pierre Weiss cherchait à déterminer le

magnéton,

la

quantité

élémentaire

ou l’unité de moment

magnétique,

par des mesures

expérimentales

de l’aimantation moyenne, de la même manière que

Stoney

et Helmholtz avaient calculé la

charge

de ,

l’électron par les

expériences

sur

l’électrolyse,

Otto Stern et

moi-même,

nous cherchions à réaliser une mesure directe du moment

magnétique

d’un seul

atome,

analogue

à la

mesure de Millikan sur la

quantité

élémentaire d’électricité.

1. Les moments

atomiques

et la

quantification spatiale. -

Je

traiterai,

en

premier

lieu,

des mesures directes du moment d’un atome libre. Le

principe

de ces

expériences

repose sur les recherches de M.

Dunoyer

relatives aux rayons

atomiques :

c’est-à-dire aux atomes

qui

se

déplacent rectilignement

dans un vide extréine avec la vitesse

d’agitation thermique.

C’est cette

ingénieuse

idée de L.

Dunoyer

qui

a

permis

de

vérifier la théorie

cinétique

des gaz, d’étudier l’émission de la lumière

spectrale

d’un

atome

indépendamment

de l’effet

Doppler (direction

d’observation

perpendiculaire

à la direction du mouvement du

projectile

atomique),

les

propriétés

magnétiques

et

élec-triques

des atomes et des molécules et enfin de vérifier la théorie des ondes matérielles de L. de

Broglie.

@

. (1) Conférence faite le Il mai 1929 à la Société française dru Physique.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM. - SÉRIE

VI. -

T. X. - I~° 8. - AOÛT ~9~~. 18.

(3)

Un atome d’un

type

semblable à celui de l’atome

d’hydrogène,

tel que le

sodium,

le

potassium, l’argent,

le

cuivre,

l’or, possède

d’après

la théorie

primitive

de Bolr un moment

magnétique

b q de

grandeur P-B

g N -

1. ~ .~,

provenant

de la circulation de l’électron sur

2x

GJmc 1

sa

trajectoire.

D’autre

part,

selon la théorie de Goudsmit et

Uhlenbeck,

l’électron

possède

lui-même un moment

magnétique

d’une unité de Bohr.

D’après

les

règles

de la

spectros-copie,

le moment

total j

de l’atome est donné par les deux moments de l’électron s et de la

trajectoire 1, qui

se

composentet

s’orientent dans le

champ

de telle manière que le moment

total devienne un

magnéton

de Bohr

(fig. 1).

Sous l’action d’un

champ magnétique

on observe l’effet Zeeman

et,

d’après

Sommerfeld et

Debye, l’apparition

de ces raies

séparées

correspond

à une orientation des

atomes dans

quelques

directions

privilégiées

par

rapport

aux

lignes

de force du

champ.

Dans le cas

particulier

des atomes

précédents,

on a pour le moment

magné-tique ’

rra = ~j . g . ~.$ = ~ u,~

c’est-à-dire

(d’après

la

figure 1),

seulement deux

positions possibles

pour les atomes : l’une

parallèle,

l’autre

antiparallèle

à la direc-tion du

champ.

Dans un

chainp

d’une

non-homogénité

assez

grande,

les deux sortes d’atomes seront déviées dans deux directions

opposées.

On

peut

observer cet

effet en mettant un rayon de

Dunoyer

assez fin entre les

pièces polaires

d’un électroaimant : un tel rayon

atomique

se trouve

séparé

en deux

parties.

Les

figures

2 a,

b,

représentent

les détails de l’instal-lation de

l’appareil.

La

figure

3 est la

reproduction

de

quelques

micro-photographies

des

dépôts

d’atomes obtenus

après

le parcours dans le

champ magnétique. L’argent

et le cuivre

portent

un seul

magnéton

de Bohr tandis que le

plomb

et l’étain ont un moment nul.

D’autre

part

on observe dans certains cas des

phéno-mènes de Zeeman

plus compliqués,

dont

l’interprétation

conduit à admettre l’existence d’atomes

possédant

plus

d’un

magnéton.

Nous avons ainsi examiné le cas du

bismuth,

du

nickel,

du fer et du cobalt. En

fait,

on

1.

1.

observe

plusieurs

composantes

dans le rayon

atomique

à

;Fl .

1.

la sortie du

champ inagnétique.

Mais la discussion de

ces

expériences

est très délicate. Le rayon

atomique

con-tient

toujours

des molécules de toutes les vitesses

possibles ;

les atomes lents sont déviés beau-coup

plus

fortement que les atomes

rapides.

On obtient donc un

spectre

de vitesse et un

élargissement

du rayon dévié.

Quand

on a affaire à des atomes de moments

1,

2,

3,

en

chaque

point

de la

plaque

réceptrice

on recueillera des atomes

lents,

avec un moment

faible et des atomes

rapides

de moment élevé. C’est

pourquoi

on ne doit pas s’attendre à une résolution du

dépôt

des atomes en

plusieurs lignes,

même

quand

on a des atomes de

moments clifférents.

Pour le bismuth on trouve sensiblement un

et]trois

magnétons.

On

ne’voit

la

séparation

que d’un seul côté : cela

provient

de la

dissymétrie

du

champ

non]homogène .

Dans le cas

du cobalt on a trouvé pour le moment

maximum!:

6 N.B.

Pour le -fer nous avions annoncé

primitivement

un moment nul. Mais ce n’est pas

exact. On a, en

effet,

un si

grand

nombre de moments

~différents

que le

pouvoir

de résolution de

l’appareil

ne suffisait pas pour

séparer.

Je ne peux pas dire

pourquoi,

contrairement à la théorie

simple,

on observe la

(4)

les atomes de moment élevé modifient la direction des atomes lents et de faible moment. Par l’effet de leur vitesse faible ceux-ci se trouvent alors déviés

plus

que les autres

atomes et tombent ainsi sur les

pièces

polaires.

On

pourrait

dire

également

que dans les conditions de

l’expérience,

on a surtout

une

orientation selon le moment maximum. Nous

nous proposons de vérifier cette

hypothèse.

Je crois

qu’on

se trouve ici en

présence

d’un fait encore obscur mais très

remarquable.

Par un

procédé analogue,

Stern,

Taylor,

Rabbi et Wredc ont déterminé les moments

des atomes :

H,

K, Li,

et ils ont trouvé avec une

grande

exactitude un

magnéton

de Bohr.

2.

Expériences magnéto-optiques

et

symétrie

des atomes

magnétiques.

-Ayant

constaté l’existence d’une

quantification

d’orientation

spatiale,

nous en avons cherché une preuve

optique.

On

pouvait

supposer, en

premier lieu,

que l’orientation d’atomes

pourvus d’un

magnéton

de

Bohr,

dans des directions

parallèle

et

antiparalléle

par

rapport

au

champ magnétique,

donnait lieu à une

biréfringence

du

gaz. Mais

des

expériences

très

soigneuses

de M. Schlitz conduisent au résultat

qu’on

n’a

point

d’effet

optique

pour un gaz

paramagnétique

aimanté

(N0 ,

O2,

Na).

On n’observe aucune

biréfringence :

pour

l’oxygène,

on devrait trouver une différence des indices de

réfraction,

parallèlement

etnormalement au

champ

magnétique,

de 6

X 10-11,

et,

pour la vapeur de sodium de

6 X

10-9,

tandis

qu’on calcule,

en

supposant

un atome

d’un

type

analogue

au modèle de

l’hydrogène, d’après Debye,

un ordre de

grandeur

de 10-6 à ~0‘ ~ .

On doit remarquer que ce sont là des

expériences

sur la

dispersion

normale. Il est

important

de

distinguer

la

dispersion

normale des effets

magnéto-optiques

dans une

région

de

dispersion anormale,

c’est-à-dire dans le

voisinage

d’une raie

spectrale d’absorption

où l’on a les effets de Zeeman ou de Macaluso et Corbino. Nous reviendrons sur ce

sujet

en

parlant

de la saturation

paramagnétique.

Les résultats tout à fait

négatifs

de ces

expériences

nous

permettent

de faire une

autre constatation

remarquable

au

point

de vue de la constitution des atomes. On sait que

dans l’effet de Cotton-Mouton on

peut

mettre en évidence une

anisotropie

des molécules par des

expériences magnéto-optiques,

c’est-à-dire une

anisotropie optique,

due à une

force

magnétique.

Si l’on ne trouve pas cet

effet,

par

exemple

pour la vapeur de

sodium,

on a ainsi démontré la

symétrie slJhérique

de ces atomes, fait

important

dans la théorie de

l’atome.

Dans le même ordre d’idées nous mentionnerons des

expériences

lnagnéto-optiques

tentées en vue de déterminer le des

atomes,

et de démontrer que de telles

mesures

magnétiques

peuvent

conduire à

d’importants

résultats au

point

de vue de la constitution des atomes. Si l’on a un gaz à

pression

très

petite

dans un

champ magnétique

longitudinal,

on observe dans le

voisinage

d’une raie

ct abSOljJtion

la

magnéto-rotation.

Nous avons

montré,

M. Schütz et

moi-même, qu’on peut

observer cet

effet,

dans le voisi-nage immédiat de la

fréquence d’absorption

du sodium ou du

polassium,

avec des

champs

magnétiques

d’un seul gauss

(ou

moins)

aux

pressions

d’à peu

près

un dix-millième de

millimètre de mercure. Par l’addition d’un autre gaz

inerte,

par

exemple

de

l’hélium,

il résulte un

élargissement

de la raie

spectrale

d’absorption

et,

en

conséquence,

un affaiblis-sement

apparent

de la rotation par le

champ

magnétique. Quand

on

dispose

le gaz aimanté

entre des nicols

croisés,

la

magnétorotation

donne lieu à un éclaircissement du

champ

d’observation. Par

l’élargisssement

de la

région

d’absorption

de la raie D du

sodium,

la

grandeur

de l’éclaircissement est diminuée. Pour détruire tout à fait l’effet

magnéto-optique,

on devait introduire

quelques

millimètres d’hélium. Le même

élargissement

de la raie

d’absorption, peut

être

provoqué

par une

augmentation

de la

pression

de la vapeur de sodium : mais

l’élargissement

devient

beaucoup plus grand

en

augmentant

la

pression

du sodium que par addition d’un autre gaz, de sorte que l’introduction de sodium sous une

pression

de

1/100 mm Il-

correspond

à

quelques

millimètres d’un autre gaz.

(5)

d’action

(Wirkungsradius)

d’un atome sur un autre atome de la mêmc

espèce,

fait

qui

est devenu

important

dans

beaucoup

de

problèmes optiques

et

magnétiques

(1).

Peut-être

peut-on mentionner,

en relation avec ces

expériences, qu’on

ne trouve pas. ,

d’influence de l’introduction d’un gaz sur la de la

magnétorotation,

hors de la

région

de la raie

d’absorption (J.

3. Le

magnéton

de Weiss et la

quantification spatiale. -

L’autre

méthode due

détermination des moments

atomiques

est la méthode de

Weiss,

à

partir

des mesures de

susceptibilité

et de la constante de Curie. On trouve ainsi le

magnéton

de

Weiss,

unité presque

cinq

fois

plus petite

que l’unité de Bohr. Je ne veux m’attacher ni aux méthodes ni aux

résultats,

mais seulement à savoir s’il est

possible,

dès maintenant. de trouver un

lien entre ces deux

quantités atomiques

si différentes.

Nous

partirons

d’une remarque sur la saturation

paramagnétique

du sulfate de

gadolinium.

Les mesures de

Kamerlingh

Onnes ont fourni une vérification assez bonne

de la théorie de

Langevin,

basée sur

l’hypothèse

que les

ions,

dans uu

cristal, peuvent

prendre

toutes les directions par

rapport

au

champ,

seulement modifié dans le

rapport

de

l’énergie magnétique

g à

l’énergie thermique k

l’. En introduisant a - -

‘,H

on trouve la i l’ . relation

Si l’on détermine maintenant l’aimantation maxima cr 00 , on trouve pour le moment

de l’ion

Gd+ ++ 38,65

ou

39,82

magnétons

de Weiss. La théorie des termes

spectros-copiques

de Hund laisse

prévoir

pour l’ion Gd+ +--1- le moment

total j

=

et le facteur 2

=2.

Le moment maximum vrai de

l’atome,

c’est-à-dire le moment

qu’on

mesurerait directement par

exemple

avec un rayon

atomique,

est

Mais si l’on ne détermine pas directement le moment

atomique,

mais ’indirecten1ent en

employant

une méthode

qui

mesure

{J2,

on

doit,

d’après

les lois’de la

quantification

spatiale

et les

règles

de la

spectroscopie,

avoir ~ 1

On trouve

ainsi pour

le moment

apparent 7,94

P.B au lieu de N

39,3 lJ.

Weiss. Le

quotient

de

ces valeurs est

4,87

ou

~02,

c’est-à-dire sensiblement le

rapport

que l’on observe entre le

magnéton

de Bohr et celui de Weiss. On

peut

aussi calculer de la manière suivante

d’après

la

règle

de Sommerfeld : si l’on trouve îîw

magnétons

de

Weiss,

le nombre n h des

magné-tons de Bohr

correspondant

est donné par :

c’est-à-dire :

7,8~~,9.

Nous avons ici un cas, où l’on

s’explique

l’aimantation

paramagnétique :

vraisembla-blement elle

provient

des

sept

électrons extérieurs de

Gd+++,

en

adoptant

pour

chaque

électron les valeurs normales

-(~) En faisant des mesures quantitatives de l’élargissement t d’une raie d’absorption par cette méthode

magnéto-optique très sensible, M. Schütz a obtenu une détermination exacte de la largeur naturelle d’une raie spectrale.

(6)

1B’1. Schïltz a calculé ensuite la courbe

defll’aimantation

en fonction de a, en

prenant

le

moment

spectroscopique

et les

règles

de

la,

quantification spatiale.

Il trouve :

au lieu de :

La courbe

théorique

de Schütz est en accord avec les mesures de

Kamerlingh

Onnes,

aussi bien que la formule de

Langevin.

Mais elle

exige

que l’aimantation pour a = 8 soit

déjà

97 pour 100 de la

saturation,

au lieu de 87 pour 100

d,’après

la théorie de

Langevin.

En

fait,

la courbe

expérimentale paraît

démontrer

qu’on

est

plus

voisin de la saturation

qu’on

ne

pouvait

le penser

d’après

la formule de

Langevin.

Il y a

quelques mois,

J.

Becquerel

a

publié

de nouvelles

expériences remarquables

sur

la saturation

paramagnétique,

par des mesures non pas

magnétiques,

mais

ïîtagnéto-optiqztes.

Il mesure la

magnétorotation

de la

tysonite

en fonction de a, et il trouve une courbe de saturation

qui

est en excellent accord avec la loi

tgh

2013,.

En ce

qui

concerne le

moment p.

de

I

,

cette

substance,

il trouve un

magnéton

de

Bohr, c’est-à-dire,

en

langage spectroscopique

l’effet

magnéto-optique

est dû à un seul électron.

Il n’est pas douteux que la p q mesure

magnétique

g fournisse la même loi

tgh î7-

g pour la

1_ T p

courbe de saturation et il faut vivement souhaiter que J.

Becquerel

et W.-H. Keesom fassent de telles mesures. On trouverait là pour la

première

fois une preuve à la fois

magnétique

et

optique

de la

quantification spatiale.

Il

apparaît

maintenant avec netteté la différence

qui

existe entre les

expériences

néga-tives de Schütz pour démontrer la

quantification spatiale

par un effet de

biréfringence

normale et les autres

expériences

de

Becquerel :

tandis que Schütz cherchait un effet de

dispersion

normale,

on a, dans les

expériences

de

magnéto -rotation,

des effets

d’absorption

dépendant

de

qualités spécifiques

de

l’atome.

4. La

susceptibitité

des vapeurs alcalines. - Malheureusement nous ne

possédons

pas encore de mesures du moment d’un atome à la fois par la méthode des rayons

atomiques,

et par celle de Weiss. Nous avons

essayé

de mesurer directement

suscepti-bilité de la val)eur de Mais ces mesures sont très difficiles et la

pression

de la vapeur en fonction de la

température

n’est pas connue avec une certitude suffisante dans les environs de 2 à 50 Inm. Néanmoins nos mesures

permettent

déjà

de dire que la

susceptibilité

(ou

mieux la constante de

Curie)

doit être calculée selon les

règles

de la

quantification

spatiale.

Prenant pour la valeur du moment

atomique

du

potassium

un seul

magnéton

de

Bohr,

conformément aux mesures de

Stern,

on calcule une constante de Curie

égale

à

0,3, ,

tandis que les mesures directes fournissent des valeurs

comprises

entre

0,26

et

0,40.

Si l’on

calculait,

d’après

la formule de

Langevin,

en utilisant le moment trouvé

expéri-t

mentalement poui

l’atome,

on obtiendrait =

0,12.

Mais en considérant les

règles

3R

de calcul de la

quantification spatiale,

c’est-à-dire

d’après

la

relation u2

= j ( j

+

on trouve pour la formule de

Langevin

avec j

= 1,

_ pour le

potassium

2 3

(7)

Enfin,

d’après

la méthode de

Weiss,

on trouverait pour un atome de

potassium

environ huit

magnétons

de Weiss ! 1

J’espère

qu’il

sera bientôt

possible

d’améliorer la méthode et de déterminer exactement. la constante ci e Curie des vapeurs

paramagnétiques.

5. Le moment d’un atome est-il

toujours

constante

-- Une variation du moment

magnétique

a été mise en évidence par

Weiss,

Cabrera,

Théodoridès,

etc. dans

plusieurs

cas. On doit

distinguer

entre eux deux cas : la variation par effet

thermique

et la variation par modification de la constitution. Le

premier

cas se trouve être celui du

nickel,

du

platine,

du

palladium.

Mais dans ces

exemples

les

singularités

sont tout à fait différentes : le

moment du

nickel,

déterminé d’une

part

par la saturation au zéro

absolu,

d’autre

part

par

la constante de Curie au-dessus du

point

de

Curie,

passe de trois

magnétons

de Weiss

jusqu’à

huit

magnétons

de Weiss 2013 la différence étant exactement un

magnéton

de Bohr. Pour le

platine

et le

palladium, j’ai

cherché à comparer les

expériences

de

Kamerlingh

Onnes aux

températures

les

plus

basses et les résultats de

liopp

aux

températures

normales

et très élevées. Bien que les mesures ne soient pas encore assez

précises,

on

parvient

cependant

aux intéressants résultats suivants :

Un autre

exemple

de variation est fourni par les mesures de Théodoridès sur les cristaux

pulvérisés.

Il est très curieux de constater que la variation se limite à un intervalle

de

température

très

petit.

De

plus,

la

grandeur

de la variation est

égale

à un

magnéton

de Weiss.

Je

désignerai

le second cas de variation du moment comme un effet de variation de la constitution. Par

exemple,

on trouve pour le sel

CoCl2,

les nombres de

magnétons

22, 23,.

2~25, 26,

27.

Les différences sont

égales

à un

magnéton

de

Weiss,

et la différence totale

représente-un

magnéton

de Bohr. Il est

jusqu’ici

tout à fait

impossible

d’expliquer

ce résultat. Nous

conduisons, parallèlement,

en ce moment à

Tübingen

des

expériences

optiques

et des

expé-riences

magnétiques,

car on sait que certaines solutions de

COCI,

sont rouges, et d’autres.

bleues. Il m’est

impossible

de dire

quoi

que ce soit sur la variation de couleur

provoquée

par

exemple

par l’addition de IICI ou de LiCI : la teinte varie continuelLernent du rouge au

bleu,

comme on le constate par l’étude du

spectre

d’absorption.

Mais il y a une

grande

difficulté à faire des mesures

magnétiques,

en vue de déterminer la constante de Curie : en effet la solution rouge se

change

en une bleue

pendant

l’élévation de la

température.

Que

devons-nous attendre de la théorie des

quanta.

au

sujet

de la variation des

moments?

D’abord,

on ne

peut

plus

dire que la théorie des

quanta exige

dans tous les cas

des nombres entiers de

magnétons

pour un atome. Un atome

possédant

plusieurs magnétons.

de Bohr

peut,

en

effet,

s’orienter dans un

champ magnétique

suivant

plusieurs

directions

différentes,

données par la théorie des

spectres

et de l’effet de Zeeman. Donc la mesure

magnétique

donnera seulement une valeur moyenne.

Mais ce n’est pas encore tout. Si l’on a affaire à un

multiplet

avec des différences peu

importantes

entre les différents états de

l’atome,

chaque

état

correspondra

à un moment

magnétique

différent,

et le nombre des atomes dans l’un ou l’autre état

dépendra

de la

(8)

J.

Becquerel

et

Kamerlingh

Onnes ont étudié

l’absorption

de certains cristaux dans un

champ magnétique

aux basses

températures.

La

ligne d’absorption

devisent si

fine,

que l’on

peut

observer clairement l’effet de Zeeman : mais

quand

la

température diminue,

on ne

voit

plus

le doublet de l’effet

longitudinal,

mais seulement la raie

d’absorption

correspon-dant à l’état

énergétiquement

le

plus

bas des deux états

pris

dans le

champ magnétique

Enfin il est

possible qu’on puisse

se trouver en

présence

de deux

espèces

d’une même molécule

qui

se trouveraient métastables à la

façon

du para- et de

l’ortho-hydrogène

et

qui

se

changent

très lentement l’une dans

l’autre,

comme me le faisait remarquer M. Schütz. Vous voyez à

quel point

la recherche dans ce domaine est à son commencement : il

faut s’attendre à trouver des résnltats fondamentaux très

simples

en combinant les don-nées des

spectres

avec les mesures de Weiss.

6. Le

diamagnétisme

des gaz. -

Après

avoir montré l’existence de l’orientation des

atomes

paramagnétiques

dans

un

champ

magnétique,

on

pou-vait se demander si l’on

trou-verait un effet

analogue

dans

les gaz

diamagnétiques,

dont

on ne connaissait ni la

dépen-dance de la

pression

ni la

dépendance

de la

température.

W. BVien et A. Glaser

trouvaient des effets nouveaux

résultant d’une variation de la

pression :

quelques

gaz

dia-magnétiques

montraient aux

pressions

basses une

augmen-tation de la

susceptibilité

dia-magnétique.

Nous

reproduisons

l’en-semble des résultats obtenus

avec

l’oxyde

de carbone : la

susceptibilité spécifique

en

fonction de la

pression,

d’a-près

Glaser et

d’après

Lehrer

(voir fig. 4).

Nous avons cherché à

éprouver

ces résultats par une

méthode nouvelle. Je veux faire

remarquer tout de suite que

nous n’avons rien trouvé de l’effet

prévu.

En

premier

lieu voici le

prncipe

de la nouvelle méthode :

quand

un gaz se trouve dans

un

champ

magnétique,

une

moitié du gaz se trouvant à la

température 7B,

l’autre moitié à

la

température Tt,

il existe une

pression

magnétique qui

est donnéc par la différence des

(9)

on lrouve pour la

pression magnétique

Cette

pression

donne lieu à un courant constant de gaz, si le tube contenant le gaz est fermé sur lui-mème. En introduisant un manomètre pour déceler le courant gazeux et en

calibrant ce manomètre en unités

absolues,

on mesurera directement la force

magnétique.

Pour un

mélange

de gaz

diamagnétique

et

paramagnétique,

on a la

susceptibilité

moyenne

et la

pression

Lu,

pression

sera nulle. pour

Nous avons déterminé de cette manière la

susceptibilité

/~ des gaz avec

beaucoup

de

précision,

en fonction de la constante de Curie de

l’oxygène.

Le manomètre était un miroir de très

petites

dimensions,

à peu

près

un millimètre de

hauteur et deux millimètres de

largeur, suspendu

à un fil de

quartz.

Derrière lui se trou-vaient deux tubes de laiton très

minces,

qui

étaient réunis avec les deux extrémités du

tube,

contenant le gaz : les orifices de ces tubes de laiton

pénétraient

dans de très

petits

cylindres

d’aluminium fixés au miroir.

On

peut

ainsi arriver à une sensibilité

extraordinaire;

c’est ainsi

qu’on peut

atteindre

une déviation constante d’un millimètre sur une échelle à une distance de deux mètres du

miroir,

pour un courant de 1010 molécules par seconde.

Les résultats des

expériences

de M.

Lehrer,

faites par cette

méthode,

sont

reproduits

sur les

figures 5

et 6 : on trouve dans tous les cas une droite

parfaite

aussi bien en variant

la différence des

températures

à

pression

constante

(fig. 5),

qu’en

variant la

pression

à différence de

température

constante

(fig. 6).

En d’autres

termes,

la

susceptibilité spécifique

des gaz

diamagnétiques

est

indépendante

de la

température

et de la

pression.

En ce moment on

répète

à

Tübingen

de nouvelles

expériences

dans des

champs

magné-tiques plus

faibles. Car les

expériences

de,Glaser

ont eu lieu dans des

champs

de

quelques

milliers de gauss tandis que Lehrer

opérait généralement

au

voisinage

de

vingt

mille gauss. Mais au moins

d’après

les

premières

mesures, on ne trouve aucune

anomalie,

même dans

des

champs

de deux mille gauss.

Ainsi,

il reste à trouver la raison des résultats curieux des

expériences

de Glaser. Ce dernier

employait

la méthode

classique

de

Faraday :

on mesure la force

s’exerçant

sur une

petite

barre de verre dans un

champ

non

uniforme,

force

qui dépend

de la différence de

susceptibilité

de la barre et du gaz.

M. Hammer

qui

a travaillé dans le laboratoire de Millikan estime

qu’il

s’agit

de minces couches

d’eau,

dont

l’épaisseur

varie avec la

pression

du gaz. Mais M. Glaser annonce des

expériences

montrant que l’effet reste le même en desséchant le gaz ou en introduisant de l’eau dans

l’appareil.

Nons avons

répété

les

expériences

de Glaser avec

l’oxygène.

Glaser ne trouvait pas

(10)
(11)

Fig. 2 a. -

a, Partie arrière du four émetteur des atomes, qui se trouve lui-même à l’intérieur du

réfri-gérant b ; r, jonction du four avec les pièces polaires; d, fente collimatrice; e, pièce polaire en forme de coin

(l’autre

est enlevée pour les besoins de la photographie). Le rayon atomique se propage le

long du coin; f, jonction avec la pompe. Dans l’intérieur du tube se trouve la plaque servant au dépôt

des rayons atomiques.

[La

partie a - d se trouve dans le vide (fig.

2 b)].

Fig 2 b. -

Disposition générale de l’appareil. (Une bobine de l’électroaimant est enlevée). ’

(12)

Fig. 3 a. Fig. 3 b.

(13)
(14)

très

petite,. de

l’ordre de

grandeur

de celle du gaz. Nous obtenons alors des résultats

vraiment curieux : -. l’existence d’un effet anormal

dépendant

de la vitesse avec

laquelle

on fait les

expériences.

En faisant varier

rapidement

la

pression,

on observe une variation de la force

magné-tique,

en variant très

lentement,

on a au contraire à peu

près

la même force à toutes les

pressions :

c’est-à-dire,

une couche de gaz sur la barre variable avec la

pression.

Il est

possible

d’autre

part

qu’on puisse

faire une autre

critique

aux

expériences

de

Glaser. Si la barre de verre contient des substances

paramagnétiques

et

diamagnétiques,

on a

seulement

une

susceptibilité

moyenne, par

exemple

+ Z -

(+

y, -

~2).

En modifiant la

température

on ne doit pas

corriger d’après

la loi de

Curie /

T,

mais on doit

(d’après

une

"

Fig.

6.

opinion

de M.

Buchner)

considérer que seule la

portion paramagnétique

varie avec la

température. M.

Little et moi nous avons mesuré le coefficient de

température

de nombreux

verres,

diamagnétiques

et

paramagnétiques,

M. Buchner . de son côté a calculé la variation

apparente

de la

suceptibilité

du gaz en

supposant

qu’on puisse

la réduire à une variation

de la

température.

La variation de la

susceptibilité

est de l’ordre de

grandeur

de 10-9 par

degré,

la

susceptibilité

du gaz

diamagnétique

à

pression

réduite à peu

près

c’est-à-dire

qu’il

suffit d’une variation de

température

de

quelques

centièmes de

degré

pour

expliquer

l’effet de Glaser. Et il semble

impossible

de maintenir cette constance

pendant

plusieurs

heures. Je crois

qu’on

peut

conclure

maintenant,

que les

diai?aagnétiques

ont une

suscepti-bilité tout à

fait indépendante

et de la

tem}Jérature

et de la

I)ression.

7. Problèmes

atomiques

et

électroniques

du

ferromagnétisme. - Jusqu’ici

nous n’avons

envisagé

que les

problèmes

de l’aimantation

atomique

et nous avons vu

qu’on

peut

espérer

trouver une même cause aussi bien aux effets

simples qu’aux

effets

compliqués :

l’existence d’un moment total

j,

composé

des moments 1 et s de l’atome et de

l’électron,

selon les

règles

de la

Richtungsquantelung,

basées sur toutes nos connaissances de la

spec-troscopie.

Dans ce

système,

nous n’avons pas encore fait

place

au

ferromagnétisme :

mais on

peut

démontrer

qu’on

n’a

point

besoin de nouveaux

po)~-teurs

pour le

ferromagnétisme,

qu’il

suffit d’attribuer le moment même du corps

ferromagnétique

à l’électron. Le moment

(15)

dix

unités,

c’est-à-dire le même moment

qu’on

trouve dans le cas d’un gaz

composé

d’élec-trons libres. De

plus,

l’effet

gyromagnétique

de Richards on- E in stein-de Haas fournit

une preuve tout à fait directe : on trouve exactement le moment

magnétique

de l’électron 1

d’après

Goudsmit

et Uhlenbeck s

= ,

avec le facteur de

Landé q -

2.

Enfin,

la variation de toutes les

propriétés qui

sont dues aux électrons libres au

point

de

Curie,

nous

obligent

à

attribuer le

ferromagnétisme

aux électrons

libres,

ce que Dorfmann a pu démontrer pour la

chute de la chaleur

spécifique

et de la force

thermoélectrique.

Il est donc très vraisemblable

que les

porteurs

du

ferrontagnétisme

ne sont que les électrons lib)-es : c’est l’électron

qui

fournit le moment

magnétique.

Mais le fait

qu’on

a des électrons

libres,

ne suffit pas pour

l’explication

du

ferro-magnétisme :

ainsi il existe des électrons libres dans tous les

métaux,

et

cependant

il n’existe que peu de substances

ferromagnétiques.

Mais il y a

plus :

le gaz d’électrons

libres doit avoir un

paramagnétisme

très faible et

indépendant

de la

température d’après

la

statistique

de Fermi et la loi de Pauli, dans

laquelle

le gaz d’électrons

grâce

à sa masse

petite

doit être

analogue

à un gaz à

température

très

élevée ;

l’existence d’un

parama-gnétisme

de telle sorte est

prouvée

p. ex. pour le

sodium,

l’étain,

le chrome.

Pour

expliquer

les

phénomènes

ferromagnétiques,

on doit introduire des forces entre

les électrons

qui

donnent le

champ

moléculaire de P. Weiss. C’est la théorie de

Heisenberg,

basée sur la théorie de London des valences

homopolaires,

pour

laquelle

on ne

peut

plus

donner de

modèle,

en utilisant

d’après

la

mécanique

ondulatoire les «

Austauschphano-mene » ; ou en d’autres

termes,

les

phénomènes

de résonance.

Nous avons donc deux

espèces

de

magnétisme :

le

magnétisme

basé sur le moment de

l’électron,

qui

fournit ou le

paramagnétisme

indépendant

de la

température,

ou le

ferromagnétisme.

L’autre

espèce

est le

paramagnétisme

dépendant

de la

température

d’après

la loi de

Curie,

dû aux atomes ou aux

ions,

réglé

par le moment total

,j,

le

nombre q

et les

règles

de la

quantification spatiale..

Mais il se

présente

une nouvelle difficulté : les métaux

ferromagnétiques

ont au-dessus du

point

de Curie un

paramagnétisme

obéissant à la loi de Curie. Il existe aussi des

élec-trons

libres,

et c’est

pourquoi

on doit

dire,

que ce

paranlagnétisnle est d’une

esj)èce

tout à

fait différente du paranlagnétisme

des ions et des Ce

paramagnétisme

n’est

qu’un

reste du

ferromagnétisme,

il

exige

encore « un

champ

moléculaire », et la

loi

(T- 0) - C

exprime

seulement que la

dépendance

de l’aimantation de la

température

est inverse de la

dépendance

du

champ

extérieur. La validité de cette loi doit être restreinte à un domaine

déterminé de

température.

J’en citerai un

exemple

très intéressant : le cas du

magnétisme

du chrome sous l’effet d’une addition de nickel. Le chrome pur

possède

un

paramagnétisme indépendant

de la

température,

c’est-à-dire le

paramagnétisme métallique

normal. En

ajoutant

un faible

pour-centage

de

nickel,

le

paramagnétisme

commence à se trouver sous l’influence de la

tempé-rature et avec 8 pour 100 de nickel -

pour la molécule 1’i Car8 - on atteint la loi de

Curie,

et au-dessus de 8 pour 100 on a des

alliages ferromagnétiques.

Le fer y, c’est-à-dire

après

la transformation du

cristal,

a un

paramagnétisme

indépendant

de la

température.

Malheureusement on n’a pas encore de mesures des réseaux

cristallins des

alliages

Cr - Ni.

Malgré cela,

nous sommes extrêmement

éloignés

de la connaissance

complète

et

théorique

des

phénomènes

si

compliqués

du

ferromagnétisme,

c’est seulement la

possibilité

de l’existence du

ferromagnétisme,

que les théoriciens ont découvert. Et ils se trouvent .donc à peu

près

dans le même état que les

expérimentateurs,

il y

a un

siècle,

après

la

découverte de la loi de Coulomb.

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