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Étude de l'aimantation initiale en fonction de la température
Doctoral Thesis Author(s):
Freudenreich, Jean de Publication date:
1918
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https://doi.org/10.3929/ethz-a-000092325 Rights / license:
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ETUDE
L'AIMANTATION INITIALE
FONCTION DE LA TEMPERATURE
THESE
PRESENTEE A LECOLE POLYTECHNIQUE FEDERALE A ZURICH POUR LOBTENTION DU TITRE DE DOCTEUR ES SCIENCES TECHNIQUES
JEAN DE FREUDENREICH
de Borne.
Rapporteur
: M. le Prof. P. Wmss.Co-Bapporteur
: M. le Prof.Aug.
Piccakd.*s~&*^->
196.
GKNEVE
Imprimkkie Albert Kundig
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-Vide
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A
machère mère.
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ETUDE
VF.
L'AIMANTATION INITIALE
EN
FONCTION DE LA
TEMPÉRATURE
BUT DU TRAVAIL
Les propriétés magnétiques
des substancesferromagnétiques
dansles
champs
faiblesontétél'objet
de nombreuses recherchesqui
ontétérésuméesàplusieurs reprises
dansdesexposés
d'en¬semble1. Un travail dans
lequel
LordRayleigh2
étudie l'ai¬mantation initiale à la
température ordinaire,
abeaucoup
con¬tribuéà mettreen lumière la nature des
phénomènes
etàbienposerle
problème expérimental.
Ilenrésulte,
commed'ailleurs aussi des mesures dequelques-uns
de sesprédécesseurs,
que le lieu descycles
d'aimantation, que l'onappelle
souventcourbe decommutation,
peut
êtrereprésenté
par:I = «H + hïV , (I)
où I est
l'aimantation,
H lechamp
et a et b des coefficients constants. Lasusceptibilité
k=^ est doncunefonctionlinéaire duchamp
k= a + hïï . (2)
Il est
remarquable
que les deux coefficients aetb,
donnés par1 Voir notamment: Ewing. Magnetic Induction in Iron and other Metals, 3e éd., p. 124. Winkelmann. Handbuch, Vol. Magnetismus.
Chwolsott. Traité de Physique, éd. française, t. IV, p. 883. Parmi les travaux plus récents voir: Gumlich et Rogowski, Ann. d. Phys., 1911,
t. 34, p. 234.
2 LordRayleigh. PMIMag., 1887,p. 225. Œuvres, t. II,p. 579.
6 ÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE
la même
expérience,
ontunesignification
essentiellement diffé¬rente. Tandis que le
premier
mesure lapartie
réversible de l'aimantation dansleschamps
faiblesqui
n'entraîneaucunedis¬sipation d'énergie,
le secondest lamesuredu travail transforméen chaleur dans les
petits cycles.
Ce travailperdu
dansuncycle d'amplitude
II est eneffet' :W —~blP . (3)
De même que l'aimantation initialeen fonction du
champ,
lavariation de l'aimantationavecla
température
est connue parun
grand
nombre de travaux. Parmieux setrouvent des séries de mesures dans leschamps faibles,
mais il n'avait pas été faitjusqu'à
cesdernierstemps,
de déterminationsystématique
des deux coefficients aetbenprenant
soin de s'assurerà toutes lestempératures
que l'on se trouve dans larégion
de variation linéaire delasusceptibilité.
Cette étudea
pris
unintérêt nouveauà lasuite d'untravail*dans
lequel
une valeur de lasusceptibilité
a été déduite del'hypothèse
duchamp
moléculaire. Dans les corpsanisotropes,
cette
hypothèse s'exprime
à l'aide de trois coefficientsN,,
N»N3,
relatifsà trois directionsprincipales
etl'ontrouveenadmet¬tant que la substance est formée de cristaux orientés en tous sens,pour la
susceptibilité
initialeSi donc les coefficientsdu
champ
moléculaire sont constants,commel'admet la théorie sous sa
première forme,
lasuscepti¬
bilité initiale doit elle-même être
indépendante
de latempé¬
rature.
Le contrôle
expérimental
de cettepropriété
a étéentrepris
àlademande de P.
Weiss,
par Radovanovic3 sur le nickel et1 Lord Rayleigh. Loc. cit. Voir aussi: Recueil de Constantes de la SociétéFrançaisedePhysique, p. 662.
2 P. Weiss. L'hypothèse du champ moléculaire et la propriété ferro¬
magnétique,J.dePhys., 1907,4e série,t. 6,p. 661.
3 Radovanovic.Thèse, Zurich, 1911, Arch-, (4), 1911, t. 32,p. 315.
ÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE 7 par
Renger
' sur leferet lamagnétite.
Ces études ont montréquela loi
simple, suggérée
parl'hypothèse
duchamp
molécu¬laire,
n'estpas vérifiée et que,parconséquent,
le mécanisme desphénomènes
dans leschamps
faibles est différent de celuiqui
avait été
supposé.
Maiselles ont révélé aussi des relations d'unesimplicité frappante
des coefficients a et & entre eux et avecl'intensité d'aimantation à saturation. Ainsi Radovanovic a
trouvé pour le nickella relation:
Il atrouvé en outre que lecoefficient
b,
et parsonintermédiaire le coefficientas'expriment
au moyen de l'intensité d'aimanta¬tion à saturationI. On a eneffet:
b =
2,18~°-p-
. (6)où
I0 représente
lavaleur de 1 au zéroabsolu.Laformule
(5)
sembledépasser
laportée
d'une formuleempi¬
rique
etrendprobable
l'existence d'unmêmemécanisme encore inconnu dontdépendent
lapartie
réversible et lapartie
irré¬versible de l'aimantation initiale. La formule
(6)
montrequeb,
et parsuitea, doivent s'annulerau zéro absolu.Les
expériences
deRadovanovic
n'ayant
pas été étendues au-dessous de latem¬pérature ordinaire,
cetteconséquence
reposesur uneextrapola¬
tion. Ellea étéconfirméepar les
expériences
de Perrier et deKammerlingh-Onnes2
àlatempérature
de20°absolu^
obtenuepar
l'hydrogène liquide.
Les
expériences
deRenger
ontrévélé,
pourlefer et lamagné¬
tite, des
propriétés analogues
mais nonidentiques
à celle du nickel. Il y a encore, pour lamagnétite
dans tout l'intervallecompris
entre latempérature
de l'airliquide
et le Point deCurie,
pour le fer dans un intervalle s'étendant de 200° auPoint de
Curie,
unerelationpotentielle
entrea etb. Seulementl'exposant
n'est pas le même que pour le nickel. Onapour la1 Kenger. Thèse, Zurich, 1913. P. Weiss et K. Renger. Archiv fur Elektrotechnik, 1914,t.2,p.406.
2 Comm. Leiden, No126, 1912.
8 ÉTUDE DE l/AIMANTATION INITIALE
magnétite
:12
b =
AaT
, (7)où A estuncoefficientconstant. Cette relation estd'autant
plus remarquable
que chacune desquantités
aet& subit desvaria¬tions
compliquées qui suggèrent
l'existence de diverschange¬
ments d'état et
qui
rendent peuprobable
une relationsimple
de l'une ou de l'autre avec l'intensité d'aimantation
qui, elle,
varie d'unemanière continue.
Pourle feron a :
5
b =
Aa1
, (8)où A
prend
des valeurs différentes suivant l'état de recuitde la substance.Renger
trouve pour a une relation avec l'intensité d'aimantationà saturation de mêmeforme quecelle queRado¬vanovicavait trouvée pour le nickelentre betcette
quantité.
Il donne:oùCestuneconstante. Cette formule ne
peut prétendre
àunegrande précision.
Le but du
présent
travail est d'étendre à de nouvelles sub¬stancesl'étude
méthodique
despropriétés
des coefficientsaetb.Nous nous sommes
proposé
notamment de voir si laloipoten¬
tielleseretrouveraitet, dansce cas, si les
exposants
continue¬raientà êtredes
rapports
rationnelssimples,
danslalimite delaprécision
desexpériences.
Les substances dont l'examens'impose
sont le cobalt et les deux combinaisons définies
Fe2Ni, Fe2CO.
Enfin il ya désaccord entre Radovanovic et
Renger
sur la variation des coefficients a et 6 dans levoisinage
immédiat du Point de Curie. Lesexpériences
deRadovanovic semblent indi¬quer quecescoefficientsdeviennent extrêmement
grands
dansle
voisinage
de cepoint;
la formule(6)
donne même unevaleurinfinie; puis
ils tombentbrusquement
àzéro.Renger,
au con¬traire,
atrouvé,
pour le fer et lamagnétite,
àquelques degrés
au-dessous du Point deCurie,
un maximum et ensuite unechute moins
rapide
que celle que Radovanovicindique
pour le nickel.Nousavons,pour trancher laquestion, repris
lesmesuresÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE 9 surle nickel
même,
dont Radovanovic s'était servi enperfec¬
tionnant
beaucoup
la mesurede latempérature
afin depouvoir
suivre exactementla marche duphénomène.
Nous allons décrire en détail la
préparation
desalliages,
la méthode de mesure et les résultats que nous ont donné nosexpériences.
Pour terminer nous montrons comment onpeut expliquer quelques phénomènes (notamment
la variation de ben fonction de la
température)
en modifiant leshypothèses
faites antérieurement.
I. - LA
PRÉPARATION
DES ALLIAGESNous décrironsen
détail,
dans cequi
suit,lesopérations
effec¬tuées pour
préparer
lesferrocobalts,
pourlesquels
nous avonsfait le
plus grand
nombre d'essais. Elles ont été conduites defaçon
à atteindreun double but. Nousavonscherchéàfaire,
enmême
temps
que les anneaux faisantl'objet
de notretravail,
despièces polaires
d'électro-aimants pour l'obtention deschamps
élevés. C'est cette dernière
application qui
a dicté les dimen¬sions du culotàobtenir.
A la
température ordinaire,
le ferrocobalt a, comme cela résulte des mesures dePreuss',
une aimantation à saturation de9%
environsupérieure
à celle dufer,
si on larapporte
à l'unité demasse. La densité du ferrocobaltétant de 1% supé¬
rieure àcelledufer, le
gain
devient de 10%
Pour l'aimanta¬tion à saturation
rapportée
à l'unité de volume.La mesuredecette saturation est un critérium commode de la réussite de
l'opération.
Nous allons décrire d'abordcette mesure.Mesure del'aimantation àsaturation.
La mesure se fait en
comparant l'alliage
avec du fer deKohlswa dont l'aimantationà saturation a été mesurée exacte¬
mentpar M. P. Weiss2.
Entre les
pôles
d'un électro-aimantA,
excité par les bobines1 Preuss. Diss., Zurich,1911.
2 P. Weiss. J. dePhys., 1910, 4« s., t. XI,p. 373.
10 ÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE
B,
setrouveunepetite
bobine6,
danslaquelle
onintroduitrapi¬
dement l'échantillon à mesurer c,
qui
a la forme d'unpetit cylindre
de 12mm. delong
et de 2 mm. de diamètre. Il estfixé à unetige
decuivrenonmagnétique
t,solidaire d'unepièce
debois
f glissant
dans la cavitécylindrique
de lapièce polaire.
Labobine est reliée à un
galvanomètre balistique,
dont la sen-sibilité est
réglable
parunerésistanceRj.
Au moment de l'in¬troduction de
l'échantillon,
le fluxmagnétique passant
par la bobineaugmente
et la déviation instantanée dugalvanomètre
est
proportionnelle
à cetteaugmentation.
Lamesure consisteà observer successivement lesimpulsions
dugalvanomètre
pro¬duites par
l'alliage
etparle fer de Kohlswa et àprendre
leurrapport après
les avoir ramenées à des masseségales
de sub¬stance. Le
champ
del'électro-aimantemployé
était deplusieurs
ÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE 11 milliers de gauss, on
pouvait
donccompter
que la saturation étaitatteinte.Les échantillons quel'onsepropose de comparer doivent tou¬
jours
occuper la mêmeposition
à l'intérieur de la bobine. Laplus
favorable est celle donnant l'effet d'inductionmaximum,
carcelui-ci estalorspeu influencé parune
[petite
erreur sur laposition
de lasubstance,
surtoutquand
la bobine b est notable¬ment
plus longue
que l'échantillon. Un butoirempêche
que lapièce f
nedépasse
cetteposition
au moment de l'introduction.L'électro-aimant avait l'inconvénient de s'échauffer
rapide¬
ment;de cefait le
champ
étaitdiminué,
cequi produisait
unedéviationdu
galvanomètre.
Pour rendre inoffensifscescourantsd'induction,
nous avonsajouté
une bobine decompensation D,
miseen
parallèle
avec la bobine b. La sensibilité dudispositif
n'en est pas
trop
diminuée si cette bobine decompensation
aune
grande
résistance. Elle a été construite avec ungrand
nombre detours, cequi
apermis
de mettre en série avec elleunerésistance de 4400.fi. En variant cette résistance on
peut régler
lacompensation
pour tous leschamps employés.
Alliages
obtenuspar l'aluminothermic.Dans le
procédé aluminothermique
on réduitlesoxydes
par de l'aluminium ; le métal est obtenu à l'étatliquide.
La ther¬mite fournie par soninventeur Goldschmidt est de
l'oxyde
deferet de l'aluminium en
poudre
fine. Lagrande quantité
de chaleurdégagée pendant
laréaction, qui porterait
latempéra¬
ture de la thermite à
2500°,
permetd'obtenir la fusion non seu¬lement du fer fournipar la
thermite,
mais encorecelle d'autres métauxqu'on
yajoute
avantl'opération.
A cause du violentbouillonnement
qui
seproduit,
onpeut
être certain quele bras¬sage de la matière estsuffisant.Ce
procédé
extrêmementsimple
semblaittoutindiqué
pour des essais delaboratoire;
il n'a mal¬heureusement pas donné de bons résultats.
Avant de fondre de grosses
piècees
nous avonsprocédé
àdesessais
préliminaires
avec desquantités
de 300 à 400 gr., enajoutant
à la thermite du cobalt à 98-99°/0
de Merck. Les fu¬sions étaientfaites dans des creusetsen terre réfractaire. Ceux-
12 ÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE
ci cassaient àces hautes
températures
et il fallut les enterrer dans du sable pourempêcher
le métal de serépandre.
Il étaitfacile dediminuerou
d'augmenter
la durée durefroidissement,
maisnousn'avons pas constaté dedifférenceprovenant
decefait.Pourles
premières pièces
depetites
dimensions nous avons obtenulesrésultats suivants:Echantillon °/oCoévalue
par synthèse Gain °/o
1 37,0 7,3
2 35,0 6,8
!i 37,0 7,5
\ 35,0 7,1
5 35,5 6,2
6 35,5 6,6
7 35,0 6,7
8 34,5 7,2
9 34,5 7,0
10 3i,0 6,5
Le
gain
moyen est de6,9 %,
alors que nous aurions dû atteindre9%.
Les échantillons contenaient
beaucoup
de soufflures. Nousavons
opéré
sur desquantités plus grandes
dematière, comp¬tant
qu'une partie
au moins dulingot
seraitassezhomogène
pour ytailler des
pièces polaires
d'un électro-aimant. Cespièces
ontdonné un
gain
de 2%
>tandis quedes échantillonsprélevés
dans le même
lingot
donnaient 4,5%•
Cette nouvelleperte
de 4,5%
à2% provient
enpartie
de laprésence
de nombreux trous, et aussi du faitqu'une partie
seulement du circuitma¬gnétique
de l'électro-aimant est construite en ferro-cobalt. Ce résultat était peu satisfaisantetnous avonstâché de faire dis¬paraître
les souffluresenlaissant lespièces
serefroidirplus
ou moins viteaprès
lafusion,
mais sans obtenir dechangement
notable. Lesimpuretés
del'alliage
sontlaprincipale
cause desmauvais résultats. Une
analyse chimique
faiteobligeamment
par M. S. àPratoa donné les résultats suivants:
Fer 62,5 "/„
Coball 33,5 %
Aluminium 2,0 °/
Silicium et autres impuretés . . 2,0 °/0
ETUDE DE LAIMANTATION INITIAL» 13
% Dotw-pviLtEex
ihq.Jl£ I
A cette occasionnous avons cherchéà nous procurerune vue d'ensemble sur l'influence des
impuretés
sur l'aimantation à saturation du fer. Un travailde R.-A. HadfiedetB.Hopkinson
«renseigne
avec une exactitude suffisante surl'influence ducar¬bone seul dans le fer. Il se
produit
unabaissement de l'inten¬sitéd'aimantation à saturation
proportionnel
à laquantité
decarboneà raisond'une
perte
de 6°/0
pour 1%
decarbone. Nousavons cherché à dé¬
duire un
renseigne-
x-ment
analogue
sur l'influencedusiliciumen mesurant nous- mêmes l'aimantation àsaturation d'unesé¬
rie de fers contenant des
quantités
gra¬duéesde silicium. Ces derniers
provenaient
d'untravailantérieurfait parM.
Guggenheim2.
Malheureusement cesalliages
conte¬naient en
quantités notables,
outrelesilicium,
d'autres élémentsétrangers
tels quelecarbone etlemanganèse.
Il estd'autantplus
difficile d'entenir
compte
qued'après
lesexpériences
de Had-fiel et
Hopkinson
l'effet de deuximpuretés
simultanées n'est pastoujours égal
à lasommedes effets de chacune d'elles. Nousavons
néanmoins,
tantbien quemal,
déduit deces mesures une loidevariation linéaire de l'intensité d'aimantation à satura¬tion enfonction de la teneur en silicium. Elleest
représentée,
ainsi que l'influencedela teneur en
carbone,
dans lafig.
2.Les 4
% d'impuretés indiqués
dansl'analyse
ci-dessusexpli¬
quent
doncle déficit d'animatation. Onne connaît pasquanti¬
tativement l'influence de
l'aluminium,
maisles résultats obtenus par l'aluminothermie semblent aussi montrerqu'il
est trèsnuisible.
Voyant qu'il
étaitimpossible d'empêcher
l'aluminium d'en-1 Hadfield, R.-A. et Hopkinson. B. Proc. Inst. Ekctr. Engineers, 1911, part. 206,vol.46, p. 235.
2 Gtiggenheim. Diss. Zurich, 1910.
14 ÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE
trerdans
l'alliage,
nous avons dû abandonner l'aluminothermie etchercher àfondre les métaux au moyen d'unesource de cha¬leur
indépendante.
Toutd'abordnous avons
essayé
un four àchalumeauoxhy¬
drique
deMorgan.
Pour lescreusets nous nousétionsadressésà la maison Méker à Paris. Le four que nous avions à notre
disposition
ne chauffait pas lecreusetd'unefaçon
uniformeet celui-ci se fendaitmalgré
toutes lesprécautions.
En outre lecreuset fondait à l'endroit oùil recevait la flammeetétait
rongé
parl'oxyde
de fer. Ces difficultésnous décidèrentà abandonner aussi ceprocédé
età construireun fourélectrique.
Le
four électrique.
Le four
électrique, représenté
dans lafig.
3, est un fouràrésistance. Un
cylindre
de charbon Cde 30cm. de hautetde10 cm. de diamètreavec 1 cm.
d'épaisseur
deparoi
estporté
àune
température
de 1800° à 2000°par un courantélectrique
de 2000 amp. Il est isoléthermiquement
par de lapoudre
demagnésite1
Metplacé
sur unebrique
Bdansuneboîte de laiton Lfermanthermétiquement.
L'opération
aexigé
la miseaupoint
des détails suivants:1.Réalisation d'un bon contact entrele charbonetles conduc¬
teurs. Noussommesarrivés àun résultatsatisfaisantensoudant lesconducteurs àunecouche de cuivre
déposée
parélectrolyse
surles extrémités du charbon. Pour éviter la fusion de lasou¬
dureon achoisi comme conducteurs des tubes de cuivre par¬
courus intérieurement par un courant d'eau. Larésistance de
cetube doitêtre
petite
pourqu'il
nes'y perde
pastrop
d'éner¬gie;
ladisposition
suivante semble laplus
satisfaisante: les deux bouts du tube entrentdans legrostuyau D,
l'un letraver¬sant
complètement
et l'autre ydébouchant peuaprès
l'entrée.On obtient ainsi deux tubes
concentriques
où la circulation d'eausefaitcomme cela est
indiqué parles
flèches dans lafig.
3. Uneperte
de chaleurassezconsidérable résulte du fait que les extré-' Lesmatériaux demagnésite employés dans cetravail ont été fournis à titre gracieux par M. Cari Spàter des « Veith'sche Magnesitwerke »,
Coblenz/Rhein àquinous adressonsnosremerciements.
ETUDE DE LAIMANTATION INITIALE 15 mités du charbon sont maintenues à la
température
del'eau; avec uncharbonqui
consomme 15kw. elle est de20 à30%-
2. Le choix des creusets. L'action néfaste du carboneet du
Rû3-
silicium en limite le choix.
Après
bien desessais,
nous noussommesarrêtésà des creusetsen
magnésite, qui
ne contiennent nicarboneni siliciumetne fondent pas, même àdestempéra¬
tures
supérieures
à2000°;
malheureusement ils sefendent fré¬quemment, malgré
toutes lesprécautions prises.
Nousavons pu10 ÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE
parer à cet inconvénient en
prenant
un creuset c dont le dia*mètre est
plus petit
que le diamètre intérieur du charbonet enremplissant
l'intervalleavec unepâte
P faiteavecde lapoudre
de
magnésite
et de l'eau additionnée d'un peu de silicate de soude. Cette masse devienttrès dure aux hautestempératures
etdecette
façon,
en casderupture,
lemétalnepeut
serépandre
hors ducreuset.
Avant de
placer
surle creuset,préalablement rempli,
le cou¬vercle Gr, fait lui-même avec cettemême masse, on metun peu de
pâte
au-dessous decelui-ci,
et on obtient alorsun ensemble formantunseulblocavecP.Lemétalestainsi bien isoléduchar¬bon. Le couvercleest traverséparuntube de
porcelaine
t fermépar une
plaque
de micatransparente.
Pai' le tube latéral b onpeut
introduire soit de l'azotesoitdel'hydrogène
pourempêcher l'oxydation.
Engénéral,
nous avonsemployé
del'azote,
maismêmesans cette
précaution, l'oxydation
n'ajamais
atteint undegré
nuisibleà labonne marche del'expérience.
Avec cefour nousavons fondu des culots de800 gr. de ferro- cobaltetdeferronickel dans
lesquels
on aputailler desanneaux pourdes mesures desusceptibilité
initialed'après
la méthodedeRowland. Le fouraensuite servi à fondre d'autres
alliages
de
fer,
de cobaltetde nickelpourdesmesures de chaleurspéci¬
fique
et de coefficients de dilatation. Le ferrocobalta étécom¬paré magnétiquement
à du fer de Kohlswa et legain
a ététrouvé voisin de 9
%.
Ilvariaitpour les différents échantillons entre8,2%
et8,7%-
Ce résultat étaitencourageant. Ayant
besoin degrandes pièces polaires
pourélectro-aimants,
nousdécidâmes la construction d'un four de
plus grandes
dimen¬sions.
L'énergie disponible
était fournie parun transformateur de 20kw.,
les dimensions du charbon étaient de ce fait détermi¬nées.Nousavons
pris
des charbons de20cm. de diamètre etde 30cmde hauteuravec 2 cm.d'épaisseur
deparoi. L'expérience
amontré
qu'il
eût étéplus avantageux
deprendre
la hauteurun peu
plus grande,
pour diminuer l'abaissement detempéra¬
ture du culot par la circulation d'eau. Le four a été construit de la même
façon
quele modèleplus petit-
Suivantnos
prévisions,
lafragilité
descreusets aétélaprin-
ÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE 17
cipale
difficulté. Nousavons,du reste,tentéd'appliquer
lemêmeprocédé
que pourlepetit
fouretd'intercaler dans lepetit
espace entre lecharbon et le creuset de lapâte
demagnésite
; cepro¬cédéne nousa
plus
donné satisfaction parce que les creusets,ayant
un coefficient de dilatationbeancoup plus grand
quele charbon, faisaientsauter ce dernier. Il fallait donctrouverunematière convenable
qui
diminuât de volumequand
onlachauf¬fait. La
magnésie
calcinée a cettepropriété;
unmélange
de celle-ci avec de lapoudre
demagnésie,
dosé dans de bonnesproportions,
aétéparfait.
Commenousl'avons
dit,
laperte
de chaleur par la circulation d'eau était trèsgrande
et letransformateuradû êtresurchargé
à 40
kw.,
c'est-à-direau double de sapuissance
normale. Poursupporter
cettesurcharge,
ila étérefroidi parunpuissant
ven¬tilateur ; en
outre,
l'enroulement secondaire constitué par des lames de cuivre non isolées a été refroidi au moyen d'unjet
d'eau. Sans cette
précaution,
latempérature
du cuivre attei¬gnait
200° en 5 à 10 minutes.L'énergie perdue
était de40 à60
%
) cequi augmentait
debeaucoup
la durée del'opération.
On
commençait
par chauffer lentementpendant
six àhuit heu¬respourque le creuset ne sefendît pas dès le commencement, ensuite ilfallait encore8 à 10 heurespourterminer
l'opération
en
envoyant
dans lefourtoutel'énergie
nécessaire,soit4000 amp.sous 10volts. On s'assurait de la fusion
complète
dumélange
à l'aide d'unetige
dequartz qu'on plongeait
dans le métalliquide.
On
pouvait espérer
obtenir deslingots plus homogènes
en nerefroidissant le métal fondu que par le
bas,
de manière à per¬mettre le
dégagement
des bulles par la surface. Dans cebutnous avons
interrompu
lacirculation d'eau dans le tubesupé¬
rieur dès que la fusion aété
complète
; letuyau
d'enhaut était sacrifiéparceprocédé
; il fondait enquelques
secondes.Avec ce four il nous a été
possible
de fondre deux blocs de 20kg.
chacun; lepremier
a étéinutilisable, ayant trop
de souf¬flures;leseconda serviàmunir de
pièces polaires
unpremier
électro-aimant1.
L Weiss,P. Comptes rendus, 1913, t. 156, p. 1970.
2
18 ÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE
II. -
MÉTHODE
DE MESUREDescription
desappareils.
Nous avons
employé
la méthodeclassique
de Rowland1 etlamême
disposition
desappareils
queRenger.
Lesalliages
ontété
préparés
en fondant des matièrespremières
au four élec¬trique;
les culots n'étaientjamais exempts
de soufflures etil étaitassezdélicatd'y
tourner des anneaux. Pour obtenir unegrande sensibilité,
il est nécessaire de rendre la section aussigrande
quepossible, cependant
le rayon intérieur ne doit pasêtretrop
petit,
carle nombre de tours quepeut
recevoir l'an¬neau lui est
approximativement proportionnel.
Si cesconsidé¬rations entraient seulesen
jeu,
il serait facile de déterminer la section donnantle maximum desensibilité,
mais engénéral
lessoufflures nous
imposaient
d'autres dimensions. PourleFe2Co
etle
Fe2Ni,
pourtirer lemeilleurparti possible
du culot nousavonschoisiunesection
trapézoïdale,
à laplace
de la sectionrectangulaire
apriori plus
rationnelle. Le calcul des coefficientsaet ba étéconduit de manière à tenir
compte
de la forme decette section.
L'enroulementaétéfaitavec dufil
d'argent quand
latempé¬
raturenedevait pas
dépasser
500°. Auxtempératures plus
éle¬véesnousavons fait usagede fildenichrome
qui
nes'oxyde
pas etrésistejusqu'à
1300°. Comme isolant nous avonsemployé
le micaqui
isole bienjusque
vers800°. Pour le ferro-cobalt dont lepoint
de transformation estplus élevé,
nous nous sommes ser¬vis de deux boîtes annulaires
concentriques
ensilicefondue. Lapremière qui portait
extérieurement l'enroulement secondaire emboîtait directementl'anneau. La seconde emboîtait l'anneauavec son enroulement secondaireet
portait
extérieurementl'en¬roulement
primaire.
On n'aguère gagné qu'une cinquantaine
dedegrés,
la silicecommençant
àprendre
une conductibilité notable au-dessusde 800°.Le
four électrique.
Pour les mesures sur le ferronickel nous1 Rowland. Phil. Mag., 1373, vol. XLVI, p. 151.Voir aussi: Ewnra.
Loc. cit., p. 59.
ÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE 19 avons d'abord
employé
le four décrit parRenger. Ensuite,
commela
température
ne nous semblait pas assez constante etqu'elle
nedépassait
pas350°,
nous avonsplongé
l'anneau dansunbain d'huile chauffé par un courant
électrique
; cettedispo¬
sition assuraitune
température
facilementréglable
etuniformedanstoute l'étendue del'anneau. Pour les autres
alliages
nousavons construitun nouveau four
électrique remplissant
touteslesconditions
exigées,
c'est-à-dire unetempérature rigoureuse¬
ment uniformeen
chaque point
de l'anneau et une constance presque absoluependant
ladurée dela mesure.Untube de
quartz
A(voir fig. 4)
de32cm.delong
etde12cm.de diamètre est munide deux enroulements defil de nichrome de 1 mm.de
diamètre, disposés
comme cela estindiqué
engg'.
On
supprime ainsi,
comme on leferait avec l'enroulement bifi¬laire
ordinaire,
lechamp produit
à l'intérieur du four par le courantdechauffeetl'on évite en outre ledanger
des courts-circuits. Ce
cylindre
est isoléthermiquement
par de la terre d'infusoires B etplacé
dans une boîte de laitonL,
dont lapartie
inférieureestrefroidie par une circulation d'eaud,
pourprotéger
contrela fusion lessupports
isolantsplacés
au-dessous.On uniformise la
température
enplaçant
à l'intérieur du fourunechemise
métallique
m en cuivre ou en nickel suivant lestempératures auxquelles
onopérait.
L'étude de ce four a étéfaite en
grande partie
par M. A. Piccard àqui
nous devonsnotamment le choixrationnel des dimensions de cette chemise
métallique qui,
contrairement à cequi
avait eu lieu dans lesconstructions
précédentes,
aétéprise
notablementplus
courteque le
bobinage
du co.urant de chauffe. La chemise est fermée pardeuxplaques métalliques m',
m'defaçon
àobtenirune boîteclose à l'intérieur de
laquelle
estplacé
l'anneau à étudier c.Cetteboîte
métallique
estportée
parungrostube deporcelaine
E àl'intérieurduquel passent
lesfils conducteurs isoléspar des tubes deporcelaine plus
fins. Le bas dufourest ferméparuneplaque
d'amiante 0 pourempêcher
unecirculation d'air nuisible à l'uniformité de latempérature.
Pour lamême raison l'extré¬mitéinférieure du tube Ea été ferméeavecde l'amiante. Nous avons contrôlé les variations de
température
à l'intérieur de cetteboîteavecuncouple thermo-électrique
dont la force électro-20 étude de l'aimantation initiale
motrice était mesurée àl'aide d'un
potentiomètre
et d'ungal¬
vanomètretrès sensible*. A la
tempéraure
de 600°pourlaquelle
les mesures ont été
faites,
une variation de 1°correspondait
àunedéviation du
galvanomètre
de18mm.L'appareil
était doncsensible àun dix-millième de
degré.
Surtoutelapartie qu'occu¬
pait
l'anneau il n'a pu être constaté aucunevariation ; au haut et au bas de laboîte,
l'écartatteignait 0,2°.
Deplus,
commeÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE 21 l'anneauparsaconductibilité tendàuniformiser la
température,
on
peut
êtrecertainqu'elle
est la mêmedanstoutesonétendue.Lamesurede la
température.
Pourlesmesuresdelatempéra¬
ture nous nous sommes servis d'un
couple thermo-électrique platine-platine
rhodié pour lestempératures dépassant
500° etargent-constantan
pour lestempératures
moins élevées. Cescouples
ont étéétalonnés parcomparaison
avec descouples
de mêmeespèce,
munis decertificats de la Reichsanstalt.Le
galvanomètre.
Pour toutes lessubstances,
le ferrocobaltexcepté,
nous avons punousservir d'ungalvanomètre balistique
àaimantfixéetà bobine mobile. Pour le ferrocobaltnous avons été
obligés
d'avoirrecoursàungalvanomètre
de LordKelvin,
à
aiguilles
verticales'.L'ampère-mètre.
Lecourantprimaire
a été mesuré avec unampère-mètre
deprécision
Siemens &Halske,
que nous avons étalonnéàl'aide d'une résistance étalonetd'un élémentWeston.Marche des opérations.
1. Traitement
thermique
avant les mesures. Dans toutes lesmesures d'aimantation dans les
champs
faibles ilfautsemettreà l'abri de
perturbations
causées par deschangements
d'étatdelasubstance
qui
setraduisent par des irréversibilités ther¬miques
etqui
sontconnus sousle nomdephénomènes
de recuitou de vieillissement. Nous avons
adopté
un modèle de traite¬ment,
employé déjà
parRadovanovic etRenger
etqui
a pour effet de réduire à un minimum l'irréversibilitéthermique.
Ilconsiste à chauffer le corps
vingt
ou trente fois au-dessus du Point deCurrie,
en le maintenantchaque
fois à cettetempéra¬
ture
pendant quatre
à six heures et en le laissant ensuite se refroidir. Lephénomène
est alorsplus approximativement
fixé pour touteslestempératures.
Nous reviendronssur cepoint
dansladiscussion des résultats.
2.Mesure de la
susceptibilité
pourunchamp faible
enfonction
de la
température.
Nous avons mesuré lasusceptibilité
pour unchamp
aussi faiblequepossible
etcommenous n'étions pas tout1 P.Weiss. Un galvanomètre extrêmement sensible. J. de Phys., 1895,
3*s.,t. 4,p. 212.
22 ÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE
àfait certainsa
priori
de la réversibilitéthermique,
nousn'avonsen
général
faitvarierlatempérature
quedansunsens,enchauf¬fantou enrefroidissant. Ilest nécessaire que réchauffementse
fasse trèslentement pour que la
température
soit la même àchaque point
de l'anneau et à la soudure ducouple.
Dans levoisinage
du Point de Curie, la variation de l'aimantation est excessivementrapide
et le fait d'une différence detempérature
à l'intérieur del'anneau fausserait considérablement les résul¬
tats. Le four
électrique
nous a donnépleine
satisfaction à cepoint
de vue; pour lenickel,
parexemple,
il a étépossible
defranchir d'une
façon
continue unintervalle de8°,
cequi
a per¬mis desuivre
point
parpoint
la marche de l'alimentation. Une batterie d'accumulateurs degrande capacité
a donné un cou¬rant suffisammentconstant.
3. Mesure de la
susceptibilité
enfonction
duchamp
pourdestempératures
déterminées. Pources mesures ilimportait
quelatempérature
nevariât paspendant
toute la durée del'opéra¬
tion, qui
était de dix àquinze
minutes. A cet effet on faisait passer un courant constant dans le four;lerégime
étaitétabliaubout de
quatre
àsix heures. Pour déterminerexactement la droite h=a -\-6H,
il seraitavantageux
deprendre
ungrand
nombre de
points,
mesurés chacun d'unefaçon précise.
Mais decefait le
temps
nécessaire aux mesures excéderait facilement celuipendant lequel
il estpossible
de maintenir latempérature
constante.Il adonc fallu choisir un moyen terme, variant sui¬
vantla
région
destempératures
danslaquelle
onopérait. Quand
la
susceptibilité
ne varie que peu en fonction de latempérature,
on
peut
déterminerbeaucoup
depoints
de ladroite;
par contre, danslevoisinage
du Point deCurie,
oùcettevariationestextrê¬mement
rapide,
il fautsecontenter d'un nombreplus
restreint.Avant
chaque
mesurel'anneau aété désaimantéetpourchaque point
nous avons commuté le courantprimaire
unevingtaine
de fois avant la mesure. La constante dugalvanomètre
a étédéterminéeavant et
après
lesmesurespourchaque température.
4. Détermination des
coefficients
aetb. Pour déduire ces coef¬ficients des observations sans l'intervention d'aucun facteur
d'appréciation personnelle,
il eûtétéindiqué d'employer
la mé¬thode des moindres carrés. Maiseu
égard
autrèsgrand
nombre24 ÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE
Ces
analyses
nous ont étécommuniquées
par lesmaisonsqui
nous ontfourni les matériaux. Nous avons fondu ces matières
aufour
électrique
danslesproportions théoriques
etnousavons obtenu un culot dont le bas était trèshomogène;
on a pu y tailler un anneau sanssoufflures. Les deux enroulementsaufild'argent
ont étéisolésavecdu mica.1. Mesure de l'aimantation initialeen
fonction
de latempéra¬
ture.
Après
avoir fait subir au métal le traitementthermique
indiqué ci-dessous,
nous avons d'abord mesuré l'intensitéd'ai¬mantationenfonction de la
température
pourunchamp
cons¬tant de
0,05345
Gauss. Aveccechamp
lesplus petites
déviations dugalvanomètre
étaient de 40mm et assuraientuneprécision
suffisante.Les résultatssont
portés graphiquement
dans lafig.
5.Si l'onchauffe très lentement en mettant huità dix heures pour
parcourir
l'intervalle detempérature
ordinaireà 400°, lasusceptibilité
suit lacourbe 1, si l'on chauffeplus
vite(quatre
heurespourparcourir l'intervalle)
elle suit la courbe 2 et pourunedurée encore
plus
courte(deux heures)
la courbe 3. Lasusceptibilité
neprend
donc pas immédiatement la valeurcor¬respondant
à unetempérature
donnée. Mais sipartant
d'unÉTUDE DE L'AIMANTATION INITIALE 23 de droites que
comprend
cetravail,
cette manière deprocéder
eût été très laborieuse. Nous avons
préféré
mener, aujugé,
unedroite autraversdes
points
d'une série d'observations de manière à lareprésenter
le mieuxpossible.
Cette droiteaservi à trouver les valeursnumériques
de a et b. Nous avons con¬servé ces
premières valeurs,
alors même que par des droites menéesd'unemanièreun peudifférente,
on eûttrouvédes loisplus régulières
toutenreprésentant
aussiexactementles obser¬vations.Nous avons
procédé
de même pour les droitesrepré¬
sentantles relationsentre
log
a etlog
b dont il seraquestion plus
loin.III. - MESURES ET
RÉSULTATS
1. —Lefeeeonickel
Fe5Ni.
Les
expériences
deHegg
* ontmontré que, pour la combinai¬sondéfinie
Fe5Ni,
l'aimantation à saturation suit exactement la loithéorique
donnée parl'hypothèse
duchamp
moléculaire.On
pouvait espérer,
pour cetteraison,
que l'aimantation initiale dece corps seraitparticulièrement
accessible à la discussion et donneraitpeut-être
unindice révélantla natureduphénomène.
Nous sommes
partis
de matièrespremières
aussi pures quepossible.
Le nickel nous aété fourni parla «Mond Nickel C*»; il consistaitenpetites sphères
d'environun centimètre de dia¬mètre,
forméesde couchesconcentriques
provenant de la dé¬composition
dunickel-carbonyle. L'analyse
adonné:Cuivre 0,004 °/()
Fer 0,04 %
Carbone 0,045 »/
Silicium 0,008 °/„
Total. . . 0,097 %
Demême nous devons le fer
électrolytique
àl'obligeance
dela « Société Le Fer» de
Grenoble,
il contientCarbone 0,004 %
Silicium 0,007 %
Soufre 0,006 °/„
Phosphore 0,011 °/0
Total. . . 0,028 °/0
' Hegg.ThèseZurich, 1910.