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Borne de Bézout

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Borne de Bézout

2013 – 2014

Théorème.

Soitk un corps infini et P, Qk[X, Y] deux polynômes de degrés totaux res- pectifsd etd0. On suppose que P etQ sont premiers entre eux. Alors|V(P)∩ V(Q)| ≤dd0, avec V(P) :={(x, y)∈k2|P(x, y) = 0}.

Démonstration. DéfinissonsR(X) := ResY(P, Q) etS(Y) := ResX(P, Q). Mon- trons d’abord que|V(P)∩V(Q)|<+∞.

Si (α, β) ∈ V(P)∩V(Q), alors R(α) = 0 et S(β) = 0. Or P et Q sont premiers entre eux donc les polynômes R et S sont non nuls. On en déduit

|V(P)∩V(Q)| ≤deg(R) deg(S).

Montrons que deg(R)≤dd0. On commence par écrire

P(X, Y) =

p

X

k=0

Pk(X)Yp−k et Q(X, Y) =

q

X

k=0

Qk(X)Yq−k

avecpetq les degrés enY respectifs deP et Q. On a degPkdp+k, 0≤kp

degQkd0q+k, 0≤kq.

NotonsM la matrice de Sylvester deP etQcomme polynômes enY, on a

M =

P0 · · · Pp 0 · · · 0 0 P0 · · · Pp . .. ...

... . .. . .. . .. 0

0 · · · 0 P0 · · · Pp

Q0 · · · Qq 0 · · · 0 0 Q0 · · · Qq . .. ... ... . .. . .. . .. . .. ...

... . .. . .. . .. 0

0 · · · 0 Q0 · · · Qq

.

Pour 1≤iq, on a

Mi,j =

Pj−i si 0≤jip

0 sinon

1

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donc pour toutj∈ {1, . . . , p+q},deg(Mi,j)≤dp+ji.

De même, pourq+ 1≤ip+q, on a

Mi,j=

Qj−i+q si 0≤ji+qq

0 sinon

donc pour toutj∈ {1, . . . , p+q},deg(Mi,j)≤d0q+ji+q=d0+ji.

On applique alors la formule du déterminant :

R= X

σ∈Sp+q

ε(σ)

q

Y

i=1

Mi,σ(i) p+q

Y

i=q+1

Mi,σ(i)

| {z }

Rσ

.

Or, pour toutσ∈Sp+q, on a

deg(Rσ)≤

q

X

i=1

(d−p+σ(i)i) +

p+q

X

i=q+1

(d0+σ(i)i)

=q(dp) +pd0+

p+q

X

i=1

(σ(i)−i)

| {z }

=0

=q(dp) + (pd)d0+dd0

= (q−d0)(d−p) +dd0

dd0.

On en déduit que deg(R) ≤dd0 et, par le même raisonnement, deg(S)≤dd0. Donc|V(P)∩V(Q)| ≤(dd0)2.

Nous allons maintenant affiner cette borne. Notons (α1, β1), . . . ,(αr, βr) les différents points d’intersection deV(P) et V(Q). Si tous les αi sont distincts alors, puisque lesαisont racines deR,|V(P)∩V(Q)|=r≤deg(R)≤dd0. Si ce n’est pas le cas, on va effectuer un changement de variables pour s’y ramener.

Soituktel que

∀i6=j∈ {1, . . . , r}, αi+i6=αj+j.

Un teluexiste car les droites d’équationy=αi+i ont deux à deux au plus un point d’intersection donc il existe un nombre fini de points dans l’intersection de deux droites, etk est infini.

Effectuons alors le changement de variables X0=X+uY

Y0=Y

et notons ˜P(X0, Y0) =P(X, Y),Q(X˜ 0, Y0) =Q(X, Y). On a alors (α, β)∈V(P)∩V(Q) ⇐⇒ P(α, β) =Q(α, β) = 0

⇐⇒ P˜(α+uβ, β) = ˜Q(α+uβ, β) = 0

⇐⇒ (α+uβ, β)V( ˜P)V( ˜Q),

2

(3)

d’où|V(P)∩V(Q)|=|V( ˜P)V( ˜Q)|.

Soit (x, y)∈ V( ˜P)∩V( ˜Q), alors (xuy, y)V(P)∩V(Q) donc il existe i∈ {1, . . . , r} tel que αi =xuy et βi =y,i.e. x=αi+i et y =βi. Par définition deu, pour un telxil y a unicité deiet donc dey. Les abscisses des points d’intersection deV( ˜P) etV( ˜Q) sont donc distinctes et on a

|V(P)∩V(Q)|=|V( ˜P)∩V( ˜Q)| ≤dd0.

Références

[1] Philippe Saux Picart, Cours de calcul formel : Algorithmes fondamentaux, Ellipses, 1999, page 157 exercice 8.

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Références

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